- il y a 5 semaines
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00On va continuer d'évoquer la crise agricole, les blocages en ce moment, pour dire un stop aux abattages, pour contrer la dermatose nodulaire.
00:09La ministre de l'Agriculture était il y a quelques minutes l'invité de BFMTV, Annie Gennevard, qui est du côté de Toulouse, elle poursuit ses réunions avec les agriculteurs.
00:17On va retrouver Angile Ouata sur place pour BFMTV parce que, justement, elle tient à maintenir ce dialogue de la ministre avec les représentants syndicaux agricoles.
00:26– Oui, exactement, c'est ce qu'on ressort d'une journée sur le terrain pour Annie Gennevard, la ministre de l'Agriculture.
00:35Effectivement, alors on sait qu'elle s'est rendue cet après-midi, notamment, auprès d'éleveurs.
00:39Maintenant, le lieu est resté secret et tout ce qu'on a pu savoir en discutant, notamment avec l'entourage de la ministre,
00:45c'est que c'était une séquence empreinte d'émotions, avec énormément d'émotions et surtout un dialogue et une oreille attentive aux propositions qui peuvent être faites.
00:55Maintenant, la stratégie, à l'heure qu'il est, elle reste vaccinale, elle ne change pas énormément et notamment sur la question des abattages.
01:03Je vous propose d'écouter la ministre qui était sur notre antenne il y a quelques minutes.
01:07– Des éleveurs, évidemment, et on peut les comprendre, voudraient une alternative.
01:12Ils ont fait plusieurs propositions différentes. Elles seront expertisées scientifiquement, mais je ne peux pas, à date, abandonner une stratégie qui fonctionne
01:21sans savoir si les alternatives qu'ils proposent fonctionnent. Ce qu'il faut, c'est choisir la stratégie qui sera la plus efficace.
01:31Et je vous assure que moi, je n'ai pas accepté ce poste de ministre de l'Agriculture pour abattre des animaux.
01:37Je comprends qu'ils espèrent une alternative, mais dans cette affaire, il faut bien regarder pour prendre les bonnes décisions qui soient les plus protectrices.
01:48– Voilà, sur l'abattage, la ministre parle même, effectivement, d'événements traumatisants.
01:53Ce sont les mots qu'elle a utilisés tout à l'heure. Maintenant, voilà, les réunions se poursuivent.
01:59Elle est actuellement en préfecture de Haute-Garonne, entourée de vétérinaires.
02:03– Alors, Gilles Ouattin, en direct de Toulouse pour BFM TV.
02:06– Alors, on va continuer, bien sûr, de parler de ce qu'a annoncé la ministre Genevard, à savoir la vaccination.
02:14Priorité à la vaccination, près d'un million de bêtes vaccinées, c'est l'objectif.
02:20Dans les régions concernées, est-ce que c'est la bonne stratégie ?
02:23On accueille le porte-parole de la Confédération Paysanne.
02:26Il y a deux syndicats qui sont mobilisés ce soir, c'est la Confédération Paysanne et la Coordination Rurale.
02:30On voit aussi que certains responsables de la FNSEA sont en train de rejoindre le mouvement.
02:35On sera dans le Gard dans un instant.
02:36Mais vous avez été convaincu, Thomas Ghibert, par les propos de la ministre ?
02:40– Non, malheureusement, on voit bien qu'elle reste sur le même dogme d'une politique sanitaire
02:47qui est basée sur l'abattage total, alors même qu'on a des preuves scientifiques
02:53et qu'avec une couverture vaccinale large, il n'y a pas.
02:58– Mais malheureusement, nous, ça fait des mois qu'on réclame l'extension de cette vaccination.
03:03On nous a pourris en disant qu'on était inconscients,
03:08alors qu'on voit bien que la solution, c'est le vaccin.
03:12– Donc on a tardé à réagir depuis le mois de juin lors du vacciné plus massivement ?
03:15– Mais bien sûr, et c'est terrible.
03:16Et surtout qu'une seule voix a été entendue, c'est celle des responsables de la FNSEA,
03:22alors même que nous étions une majorité du monde paysan
03:26à demander cette couverture vaccinale sur l'ensemble du territoire.
03:29– Mais attendez, il y a 16 millions de bovins.
03:31On ne vaccine pas comme ça du jour au lendemain 16 millions de bovins.
03:34– Excusez-moi, mais ce n'est pas la première fois qu'on a une crise de DNC
03:38sur le territoire français, je tiens à le rappeler.
03:40Il y a déjà eu une crise à La Réunion en 1992,
03:45et figurez-vous qu'à ce moment-là, les militaires avaient été appelés
03:50pour cette campagne de vaccination.
03:53– Mais c'est une île, il y a beaucoup moins d'animaux.
03:53– Oui, mais pourquoi ne peut-on pas…
03:55– On n'avait pas abattu les troupeaux à l'époque ?
03:58– Et les troupeaux n'étaient pas abattus,
04:01enfin étaient envoyés à l'abattoir pour la consommation humaine.
04:05Ensuite, les éleveurs avaient une indemnité de 1800 euros à l'époque par animal,
04:10et surtout quand on demande aux éleveurs et aux éleveuses de La Réunion,
04:15cette crise sanitaire n'a pas été un traumatisme.
04:18Et ça, c'est vraiment ça aussi qu'on veut mettre en avance,
04:21c'est qu'il y a une autre manière de le faire.
04:23– Alors, est-ce qu'on a tardé ?
04:27En fait, la problématique…
04:28Bon, ce n'est pas une question qui concerne les vétérinaires,
04:31à savoir si le choix stratégique de la filière
04:34était de perdre le statut indemne de la France,
04:36ça ne concerne pas les vétérinaires.
04:38Pour le coup, la vaccination, quand on vaccine,
04:40on sait qu'on ne garde pas le statut indemne du cheptel français.
04:45Donc c'est effectivement un des éléments qui a été dans la balance,
04:48et la décision de la stratégie, elle a été établie…
04:51– Donc il y a des considérations économiques, il faut le dire aussi.
04:54– Oui, tout à fait.
04:54Mais encore une fois, c'est des considérations
04:56pour lesquelles les vétérinaires n'ont pas rentré en ligne de compte.
04:59– Mais ça peut expliquer un retard dans la vaccination.
05:02– Mais du point de vue sanitaire, c'était ce qu'il fallait faire ?
05:05– Alors, du point de vue sanitaire, en ayant l'objectif fixé
05:08par la réglementation européenne d'éradication de la maladie
05:11sur le territoire national,
05:12effectivement, la stratégie qui a été mise en place,
05:16en tenant l'objectif de garder le statut indemne de la France,
05:20est une stratégie qui était cohérente.
05:24– Donc d'ailleurs, on l'a bien vu dans les Savoies,
05:27en quelques semaines, le problème a été réglé, entre guillemets.
05:29On a eu un certain nombre de foyers,
05:31et quand l'immunité vaccinale a été mise en place,
05:33et pour répondre à votre question tout à l'heure,
05:35oui, le vaccin, c'est la première des mesures à mettre en place.
05:39Pour autant, dans les objectifs qui étaient fixés,
05:42l'abattage des troupeaux pour éteindre, entre guillemets,
05:45les sources virales au sein des foyers,
05:47c'était la solution qui correspondait à la recherche de l'objectif poursuivi.
05:52– On a assez de vaccins disponibles,
05:54la ministre a dit entre 800 000 et 1 million de bêtes
05:57seront vaccinées dans les prochains jours,
06:00on a vraiment les doses ?
06:01– Alors, je n'ai pas été vérifier…
06:03– Et les hommes et les femmes pour vacciner ?
06:05– Je n'ai pas été vérifier le stock des vaccins dans les frigos,
06:07ce que je peux vous dire, c'est qu'effectivement,
06:09jusque-là, ça n'a pas posé de difficulté la mise en place du vaccin,
06:13c'est même plutôt bien accepté par les éleveurs,
06:15puisque pour le coup, ça fait partie du pilier des mesures,
06:18et ça fait partie du pilier des mesures
06:19que tous les éleveurs appellent de leur vœu,
06:23c'est la mise en place de la vaccination.
06:24Donc ça, ça ne pose pas…
06:25– C'est un vaccin qui est sûr, qui est efficace ?
06:27– Alors, c'est un vaccin qui a quelques effets secondaires,
06:29qu'on ne peut pas nier,
06:30mais c'est un vaccin qui est sûr, qui est efficace aujourd'hui,
06:33on l'a bien vu dans les Savoies aujourd'hui.
06:35– Qui est produit par qui ?
06:36– Alors, c'est un laboratoire américain,
06:38et on avait un laboratoire sud-africain au tout début de l'arrivée,
06:43c'était un stock stratégique de l'Union européenne.
06:46– Juste pour qu'on ait un ordre d'idée,
06:47vous qui êtes vétérinaire,
06:49des vaccins dans le frigo,
06:50vous en avez pour combien de bêtes là, par exemple ?
06:53– Ah non, mais on est livré exprès par l'État…
06:55– C'est pour savoir comment ça fonctionne ?
06:57– On est livré en fonction du nombre de cheptels qu'on a à vacciner.
07:00– On va aller sur l'A64,
07:02retrouver Marion Russel en direct pour BFMTV.
07:04Alors l'A64, c'est vraiment le point stratégique névralgique,
07:07c'est du côté de la Haute-Garonne,
07:09– C'est carbone, c'est là que parlent le mouvement,
07:13les derniers mouvements,
07:14avec la tête d'affiche qui est Jérôme Bayle.
07:17Qu'est-ce qu'on dit là-bas ce soir, Marion ?
07:20– Eh bien, vous le voyez juste derrière moi,
07:24il n'y a pas vraiment de signe qu'on est prêt à lever le camp.
07:26Ici, malgré les mots d'Agini Gennevard,
07:28eh bien, ils n'ont pas vraiment convaincu.
07:30Quelques agriculteurs l'ont suivi sur les téléphones
07:32des manières qu'ils pouvaient ici sur place.
07:35Mais vous voyez, la mobilisation, elle continue,
07:36et elle ne faible pas.
07:37Je suis avec Jean, qui est éleveur, lui, de brebis,
07:41donc pas concerné par la DNC directement,
07:44mais vous êtes venu en soutien.
07:45Vous, vous avez connu aussi avec vos brebis
07:47une crise sanitaire, c'est important d'être ici ?
07:49– Oui, nous, voilà, on a été en difficulté
07:50l'année passée avec la fièvre catarale,
07:53donc on a lutté contre cette maladie.
07:55Donc, c'est une maladie qu'on ne connaît plus
07:56et qu'on s'est un peu mieux gérée.
07:58Mais voilà, là, en solidarité vis-à-vis des copains,
08:00des voisins, c'est sûr que c'est important d'être là,
08:03de montrer qu'on est quand même un monde agricole
08:05qui reste à une petite échelle vis-à-vis du nombre
08:08de personnes en France.
08:09Mais si nous, on n'est pas solidaires entre nous,
08:13ça devient compliqué d'avoir de la solidarité autour.
08:15– Annie Gennevard dit, il y a assez de vaccins,
08:17on va vacciner plus,
08:19tout en refusant de vacciner toutes les bêtes.
08:23Est-ce que pour vous, c'est une réponse qui est entendable ?
08:24Est-ce que c'est quelque chose qui vous satisfait ou pas du tout ?
08:28– Ben, six mois de retard, dirons-nous,
08:30puisqu'il y a des cas depuis juin.
08:31Donc, pourquoi n'a-t-on pas vacciné partout ailleurs ?
08:34N'a-t-on pas vacciné ici dès le premier cas
08:36qui est arrivé il y a quelques semaines ?
08:38Voilà, alors oui, des vaccins,
08:40c'est ce qui a été réclamé ici.
08:42Je rappelle que la semaine dernière,
08:43les arriégeois ont demandé les vaccins,
08:45on leur a refusé, et trois jours après,
08:46on leur a dit, vous allez être obligés de vacciner.
08:48Donc, bon, voilà, je pense que c'est un peu...
08:53Elle essaye de mettre un couvercle sur la marmite,
08:57mais le problème, c'est qu'au bout d'un moment,
08:58le couvercle, il risque à s'envoler.
09:00Donc, voilà, il faut...
09:02C'est entendable, oui,
09:04mais est-ce que ça va calmer les choses ?
09:06Ça, c'est quasiment sûr que non.
09:07– Et on vous entend bien cette colère
09:08qui continue de s'exprimer ici sur la 64,
09:11endroit symbolique de la contestation agricole,
09:13mais il y a aussi d'autres gens,
09:14des civils qui viennent aussi pour témoigner de leur soutien.
09:16On a vu aussi des restaurateurs venir pour apporter à manger,
09:19par exemple, et vous le voyez ici,
09:20on est en train de s'organiser pour passer la soirée,
09:22le repas du soir est en train d'être préparé,
09:24les lits de corps en train d'être installés
09:25pour occuper la place et rester toute la nuit
09:27et être encore là demain.
09:28– Merci, Mario Ressam.
09:29Et Thomas Giver, par rapport à la Confédération Paysanne,
09:32tout à l'heure, il y avait des viticulteurs
09:33qui arrivaient du côté de Bordeaux aussi.
09:35Ça veut dire que le mouvement qui est parti
09:36pour des éleveurs, il peut s'étendre ?
09:38– Bien sûr.
09:40Clairement, le fond de toute cette crise-là,
09:44ça reste la colère agricole
09:45qui a commencé déjà il y a deux ans.
09:47Et je voulais revenir sur le choix de cette politique sanitaire
09:51qui a été faite en fonction de considérations économiques.
09:54En réalité, il a été fait sur une certaine vision de l'économie,
09:59c'est-à-dire il a été basé sur le dogme du libre-échange
10:02qui fait qu'on a basé notre élevage sur l'exportation
10:07et qui, du coup, impose des politiques sanitaires
10:11qui sont inhumaines et drastiques et inefficaces.
10:15– Mais qu'est-ce que vous proposez, vous ?
10:16Parce que vous avez entendu la ministre qui a dit
10:17on va étudier scientifiquement les contre-propositions
10:22des syndicats qui sont contre cette stratégie.
10:25Alors qu'est-ce que vous proposez concrètement ?
10:27– Nous, clairement, c'est toujours l'élargissement
10:29de la vaccination sur l'ensemble du territoire,
10:31c'est quelque chose d'assez basique,
10:33et l'abattage ciblé des animaux malades.
10:38– Quand vous dites ciblé, c'est-à-dire que,
10:41comment on cible en fait ?
10:43À quelle distance ?
10:44– C'est que dès qu'on voit qu'il y a un animal malade,
10:47on va l'euthanasier.
10:49– Donc on vous abattez uniquement l'animal touché, contaminé ?
10:53– Oui, tout à fait.
10:53– Du coup, on passe à côté des animaux asymptomatiques,
10:56or c'est 30 à 50% des animaux.
10:58– Mais justement, parlons-en des animaux asymptomatiques.
11:00Le problème de l'abattage total, c'est que, par exemple,
11:03il peut y avoir très bien des voisins
11:05qui auraient des animaux asymptomatiques
11:07et qu'on ne va pas voir.
11:11Et pourtant, on aura abattu totalement le troupeau d'à côté.
11:15En fait, ça n'a pas de sens.
11:16– C'est déjà un mis au risque.
11:18– Non, puisqu'en réalité, il reste des animaux
11:21potentiellement asymptomatiques.
11:23– Non, mais il est quand même très peu probable
11:25qu'il y ait des animaux asymptomatiques.
11:26Attendez, je veux répondre à votre question.
11:29Non, non, mais si le voisin a des animaux asymptomatiques,
11:33il est très peu probable qu'il ait des animaux sans lésions.
11:35Pour le coup, les données scientifiques montrent
11:39qu'on a à peu près autant d'animaux asymptomatiques
11:41que d'animaux à lésions.
11:42Donc si dans un élevage, il y a des animaux asymptomatiques,
11:44il doit y avoir des lésions.
11:46– Oui, mais il peut très bien y avoir des élevages
11:48où l'ensemble des animaux sont asymptomatiques.
11:50– Tout est possible, mais…
11:51– Oui, voilà, c'est ça que je dis.
11:52Donc la maladie continuera, malgré l'abattage total,
11:56à se diffuser, alors même qu'on a fait de l'abattage total.
12:00Et ça, ce n'est pas compréhensible.
12:01– Oui, mais pardon, mais comment vous confinez…
12:02Attendez, attendez, comment vous confinez
12:04les animaux qui n'ont pas encore été contaminés ?
12:08Enfin, en tout cas, il y a un doute,
12:09parce qu'on sait que ça passe par les mouches.
12:11La mouche, elle ne va pas se confiner.
12:13– Et combien de temps ?
12:13– Et voilà, donc c'est ça aussi la limite de ce scénario.
12:16– Il faut bien sûr éviter le transport des animaux,
12:19ça c'est la règle numéro un.
12:20Ça, on est tous d'accord là-dessus.
12:21– Mais le confinement, comment vous l'organisez
12:24concrètement dans une exploitation ?
12:26– Concrètement, dans une exploitation,
12:28on enferme les animaux jusqu'à ce que le temps
12:32à partie nécessaire est fait.
12:35Je suis désolé, mais il faut que je revienne sur la…
12:37– Non, non, non, mais c'est important,
12:38parce que là, il faut être concret,
12:39on va laisser les arguments…
12:41– On ne peut pas les isoler des vecteurs,
12:42on ne peut pas les isoler des mouches.
12:44Vous savez très bien que dans une exploitation,
12:45on ne peut pas les isoler des mouches.
12:46– Je ne comprends pas la question.
12:48– On sait que la maladie est transmise
12:50par des insectes piqueurs,
12:51donc en l'occurrence des mouches.
12:53Donc vous les isolez, ok,
12:54mais comment vous faites pour que les mouches
12:55ne les atteignent pas ?
12:56– Non, ce que l'on fait,
12:58c'est qu'on évite le transport des animaux
13:00sur la zone concernée.
13:01– Oui, mais il n'empêche que la mouche…
13:02– Non, mais la mouche,
13:03elle peut venir le piquer
13:04et venir piquer les animaux du voisin.
13:07– On fait beaucoup plus de contrôle
13:10sur le transport des animaux
13:11et surtout, en fait, l'abattage total,
13:15il fait tellement peur aux paysans et aux paysannes
13:18que parfois, ça pousse à faire des conneries.
13:22Et en fait, il est contre-productif dans bien des cas
13:25parce qu'en réalité, on a plus peur
13:27de ce protocole sanitaire que de la maladie.
13:30– Non, mais vous êtes dans une démarche qui est politique.
13:31– Excusez-moi, c'est qu'est-ce que ça veut dire quoi ?
13:34– Parce que vous êtes contre le libre-échange.
13:36– Il est logique, mais vous plaisantez, j'espère.
13:38– Mais non, mais attendez,
13:39parce que là, il y a simplement le fait
13:40qu'un vétérinaire vous dit
13:42vous pouvez mettre les animaux,
13:43les conflits dans une étable,
13:44les mouches, elles sortiront toujours
13:46et elles pourront aller dans une étable
13:47à quelques centaines de mètres voisines.
13:49Et elles pourront contaminer aussi
13:50et passer partout par l'étable.
13:54Et ça, ça n'a rien à voir avec le libre-échange.
13:56Ça peut se faire d'une ferme à l'autre
13:57à 300 mètres de distance.
13:59– Non, mais soyons clair,
14:00il y a d'autres manières de faire avec le groupe.
14:02– C'était bien ça la démonstration, pardon.
14:03– En tout cas, ce n'est pas une mesure protectrice
14:05de les isoler.
14:06– En tout cas, ce que l'on veut dire…
14:07– Ce qui n'a rien à voir avec le libre-échange.
14:09– Je veux bien, mais en tout cas,
14:11ce que je veux dire,
14:11c'est qu'au-delà d'être une crise sanitaire,
14:14c'est aussi une crise politique
14:15et de gestion et de gouvernance du monde agricole.
14:19Clairement, encore une fois,
14:20une seule voix a été écoutée
14:22pour la gestion de cette crise agricole,
14:24celle des dirigeants de la FNSEA
14:25qui ne suivent clairement pas leur base
14:28puisque, je rappelle, sur les blocages,
14:30il y a de plus en plus d'adhérents de la FDSEA
14:34et des jeunes agriculteurs qui sont avec nous.
14:38Et aujourd'hui, ce que l'on veut dire,
14:39c'est que ce n'est plus possible
14:41que le seul interlocuteur du ministère
14:43soit ses dirigeants de la FNSEA,
14:45sachant que la coordination rurale
14:46et la confédération paysanne,
14:48nous sommes majoritaires au sein du monde agricole.
14:50– Mais on voit quand même
14:51qu'il y a une question politique,
14:52une question économique,
14:53que cette crise sanitaire n'est pas la première
14:56qui frappe les agriculteurs.
14:58Donc, c'est une succession de crises.
15:01Et on voit bien que la moindre étincelle
15:02peut faire allumer un incendie.
15:04Alors, la ministre, elle est prudente.
15:05On l'a entendu dans ses propos.
15:07Elle est à l'écoute.
15:08Elle dit qu'elle va examiner les contre-propositions.
15:10Mais en même temps, elle dit,
15:11voilà, il faut aussi écouter la science.
15:14Et donc, voilà.
15:15Et pour l'instant,
15:15la science nous demande de faire cela.
15:17– Oui, c'est difficile
15:18parce qu'elle défend des arguments
15:20rationnels, scientifiques,
15:22mais dans un débat qui est très émotif
15:24avec un lourd passif pour les agriculteurs.
15:27Et ça, elle est la première à le reconnaître.
15:29Il y a une crise qui a été mal étante,
15:30celle de 2024,
15:32parce que là où le gouvernement dit
15:34les trois quarts des propositions
15:35qui avaient été faites à l'époque
15:36ont été mises en place,
15:37les agriculteurs disent que,
15:39que ce soit sur leur problème de trésorerie
15:42ou sur la simplification des normes,
15:44ils tardent énormément à voir la différence
15:48et qu'ils ont toujours les mêmes souffrances.
15:50Donc, ça rajoute encore des difficultés, cette crise.
15:53Et il faut dire que les autres acteurs politiques
15:55mettent de l'huile sur le feu assez sciemment.
15:59Jean-Luc Mélenchon dit par exemple
16:00que l'abattage systématique des troupeaux
16:03si une bête est contaminée est absurde.
16:06Je le cite mot à mot.
16:07Marine Le Pen dit que le gouvernement
16:09n'a pas suffisamment communiqué avec les agriculteurs.
16:13Donc, après, la ministre a beau essayer
16:15de se défaire de tout cela,
16:18elle part avec un a priori négatif.
16:19Et il faut bien dire aussi
16:20que les agriculteurs sont de plus en plus convaincus,
16:23notamment par le Rassemblement national
16:25qui a gagné auprès d'eux
16:28une certaine approbation.
16:30Et donc, ils sont plus sensibles
16:32à des arguments venus de ces camps-là.
16:33Mais jusqu'à présent,
16:34le premier syndicat agricole, la FNSEA,
16:37soutient cette stratégie.
16:39Les dirigeants.
16:39Avec un reproche en disant
16:42que le gouvernement a trop tardé à réagir
16:43sur les dissidents.
16:44On va aller lui dire,
16:45vous le disiez à l'instant,
16:46qu'il y a de plus en plus localement
16:48des dissidents.
16:49Des dissidents.
16:50C'est Frédéric Cavagna
16:51qui est avec nous,
16:52président de la FDSEA du Gard.
16:54Bonsoir, M. Cavagna.
16:56Vous avez décidé de rejoindre
16:57la contestation, le blocage.
16:59Pourquoi ?
17:02Première rectification,
17:03je suis le secrétaire général
17:05du Gard.
17:07On a décidé,
17:10parce que déjà,
17:11première chose,
17:12tout agriculteur ne peut pas accepter
17:13de voir les images qu'on a vues
17:15et ce qui s'est passé
17:16dans la Rièche,
17:18première main.
17:19On ne traite pas les agriculteurs
17:21comme on les a traités.
17:23Ça, ça ne passe pas du tout.
17:24Vous voulez parler des blindés,
17:26des hélicoptères,
17:27des grenades lacrymogènes,
17:28ce qu'on a vu ce week-end ?
17:31Tout à fait.
17:32Alors, quand on voit
17:32ce qui se passe, nous,
17:33dans la ville de Nîmes et tout,
17:35et qu'on n'arrive pas
17:36à arrêter un trafic
17:38et on envoie des moyens
17:40comme ça
17:41qui sont disproportionnés
17:42sur les agriculteurs
17:44qui défendent leur bistec
17:46tous les jours
17:47pour essayer de survivre
17:48parce qu'aujourd'hui,
17:49le problème de l'agriculture,
17:50c'est qu'on ne vit plus
17:51de l'agriculture.
17:52Et quelle agriculture
17:53que ce soit,
17:54elle est en souffrance
17:55depuis des mois
17:56et maintenant des années.
17:58On voit que rien n'avance.
18:00Et aujourd'hui,
18:01ça a été,
18:03dans mon département,
18:04la goutte
18:05qui a fait déborder le vase.
18:07Mais pourquoi,
18:08aujourd'hui,
18:10vous ne suivez pas,
18:12finalement,
18:12les consignes
18:13d'Arnaud Rousseau,
18:15le président de la FNSA,
18:16qui dit,
18:16mais attendez,
18:18il y a un consensus scientifique,
18:21il faut le suivre.
18:22Alors,
18:24malheureusement,
18:27comme je vous ai dit
18:28tout à l'heure,
18:29la dermatose,
18:30c'est la goutte
18:31qui a fait déborder le vase.
18:32Nous,
18:32ça fait des mois,
18:33des années
18:34qu'on est en pleine souffrance.
18:35Alors,
18:36sur le problème
18:37de la vaccination,
18:39on a un sujet
18:40dans le département,
18:41c'est le taureau de Camargue.
18:42C'est une race
18:44très petite.
18:45Donc,
18:46on demande la vaccination
18:47pour la protéger.
18:48C'est notre patrimoine,
18:49premièrement.
18:50Et puis,
18:50après,
18:51on a d'autres sujets
18:52où je pense
18:53que tout le monde
18:54est en attente.
18:55Il y a un problème
18:56de loi en Occitanie.
18:58On n'a jamais eu de réponse.
18:59Il n'y a pas un projet
19:00qui est sorti du coup.
19:02Tout le monde,
19:03moi,
19:03tout le monde m'appelle,
19:04me dit,
19:04maintenant,
19:05ça suffit.
19:06On ne les croit plus.
19:06Ça fait deux ans
19:07qu'on a eu des promesses
19:08et elles ne sont pas là.
19:10On a un plan
19:11pour la viticulture.
19:12Mais aujourd'hui,
19:13il faut que ça aille vite.
19:14La viticulture,
19:15ça fait des mois,
19:17des années
19:17qu'elle est prise.
19:20Et aujourd'hui,
19:20il faut que l'État
19:22aille vite.
19:24On sait déjà
19:25comme on dit chez nous,
19:26on fume la pandaye
19:27un petit moment.
19:29Les collègues,
19:30ils sont à bout.
19:31Merci, M. Cavagna,
19:33président de la FDSEA du Gard.
19:34On voit bien
19:35que cette crise
19:35de la dermatose nodulaire
19:36est révélatrice
19:37d'une crise agricole
19:38beaucoup plus large que ça.
19:41On va retrouver Clémence Renard
19:43en direct de Bordeaux
19:44pour BFM TV,
19:45juste aux portes
19:46de la cité Girondine
19:47sur l'autoroute.
19:48Là aussi,
19:49il y a un point de blocage.
19:50Clémence ?
19:51Oui,
19:53il y a un point de blocage
19:54qui s'est installé
19:55hier soir.
19:56Il y a plusieurs dizaines
19:57d'agriculteurs et tracteurs
19:58qui sont toujours sous place.
19:59Des agriculteurs
19:59qui vont encore une fois
20:01passer la nuit ce soir.
20:03Moi,
20:03je suis avec Sébastien.
20:04Bonjour,
20:04merci d'être avec nous.
20:05Vous êtes éleveur laitier.
20:07Vous,
20:07ce qui vous a fait sortir
20:08de chez vous une nouvelle fois
20:09depuis hier,
20:10c'est la DNC
20:11qui vous inquiète particulièrement
20:12parce que vous,
20:13vous aviez déjà vécu
20:14la tuberculose en 2022.
20:16Et on avait abattu
20:16vos vaches aussi ?
20:17Exactement,
20:18oui,
20:18voilà,
20:18en 2022,
20:19on nous a abattu
20:20les vaches,
20:20164 vaches,
20:224 de contaminées.
20:23Donc,
20:24aujourd'hui,
20:25je pense que
20:26l'abattage,
20:27c'est plus possible.
20:30Donc,
20:30en fait,
20:31on est tous là
20:31pour essayer
20:32de défendre
20:33ce cause.
20:34Je pense que
20:35aujourd'hui,
20:36l'abattage
20:37intégral
20:39des troupeaux,
20:41je pense qu'il faut
20:42que ça s'arrête.
20:44Voilà.
20:44Il y a 160 vaches
20:46aujourd'hui,
20:47des vaches laitières.
20:49Tout à l'heure,
20:49Annie Gennevard
20:50a pris la parole,
20:51a annoncé que
20:51dans les prochains jours,
20:52les prochaines semaines,
20:53entre 600 000
20:54et 1 million
20:54de vaches seront vaccinées.
20:56Mais votre département
20:58n'est pas concerné,
20:59en tout cas pour le moment,
21:00par cette vaccination
21:00et ça,
21:01ça vous inquiète aussi ?
21:02Oui,
21:02ça vous inquiète
21:03parce qu'en fait,
21:04aujourd'hui,
21:04la tube,
21:05la DNC,
21:08moi,
21:08aujourd'hui,
21:09comme je vous dis,
21:10j'ai 160 vaches.
21:12Quoi faire ?
21:14Je ne sais plus.
21:15Dans 15 jours,
21:17trois semaines,
21:17je dois refaire
21:18un test de la tuberculose
21:20avec les pieds de mon clès
21:23sur la tête
21:23et en fait,
21:25on a peur,
21:26on a peur que ça
21:27rearrive
21:27et aujourd'hui,
21:29tout le monde,
21:30c'est pour ça
21:30qu'on est là aujourd'hui.
21:31donc on défend.
21:33Je pense qu'en Raillage,
21:34ça a été compliqué.
21:37Je pense qu'il fallait,
21:39pour ma part,
21:39je parle pour ma part,
21:42je pense qu'il fallait
21:42écarter les vaches
21:45et faire un confinement.
21:47Voilà,
21:47un confinement
21:47comme le Covid
21:48et voir l'évolution
21:51que ça prenait
21:52et je pense que c'était
21:53la solution
21:54pour voir
21:55ce que ça allait donner.
21:57Vous,
21:58sur la vaccination,
21:58vous demandez
21:59l'élargissement
21:59de la zone concernée ?
22:00Oui,
22:01bien sûr,
22:01bien sûr.
22:02Un million,
22:03un million,
22:04un million de doses.
22:05Aujourd'hui,
22:05il y a 16 millions,
22:07il y a 16 millions
22:08de vaches.
22:10Ça va demander
22:10trois semaines,
22:11un mois.
22:13Bon,
22:13mais dans trois semaines,
22:14un mois,
22:15qu'est-ce qui va devenir ?
22:16On est aux portes
22:17du Gers,
22:19des Landes.
22:21Bientôt,
22:21ça va être en Gironde.
22:23Il n'y en aura pas assez
22:24et ça va demander
22:25trop de temps,
22:25quoi.
22:26Trop de temps.
22:27Merci beaucoup
22:27d'avoir été avec nous.
22:29Voilà,
22:29les agriculteurs
22:30qui sont donc
22:30mobilisés,
22:31je vous le disais,
22:31ils nous disent
22:32et on va rester
22:33jusqu'à ce qu'on soit
22:34délogés.
22:35Donc,
22:35on peut s'attendre
22:35à ce que ce point
22:37de blocage reste ici
22:38encore pendant
22:38plusieurs jours.
22:39Merci,
22:40Clémence Renard.
22:41En direct de Sestas,
22:42donc,
22:42en Gironde,
22:43Clémence,
22:44qui est avec Hugo
22:45d'Orsemaine.
22:45On va continuer
22:46d'évoquer la crise
22:47agricole,
22:47mais là,
22:47les points de blocage,
22:48ça concerne la dermatose
22:49contagieuse.
22:51Là,
22:51on va regarder
22:52la crise agricole
22:53via le Mercosur.
22:55Parce que normalement,
22:55samedi,
22:56Ursula von der Leyen,
22:57la présidente
22:57de la Commission européenne,
22:59devrait signer.
23:00Sauf que les négociations
23:01continuent.
23:02Écoutez,
23:02elle se propose
23:03ce qu'en disait
23:03la ministre de l'Agriculture,
23:04Madame Genevard.
23:05Elle était notre invitée
23:06tout à l'heure
23:06en début d'émission.
23:08Ce projet d'accord
23:09a été adopté
23:10il y a un an
23:11à Montevideo
23:11n'est pas bon
23:12et qu'il faut le refuser.
23:15Il est trop exposant
23:16pour des filières sensibles.
23:17On leur impose
23:18des normes,
23:18des contraintes,
23:19des exigences.
23:20On leur interdit
23:20l'usage de certaines substances.
23:22À juste titre,
23:23d'ailleurs,
23:23l'Union européenne
23:25a abandonné
23:26certains pesticides
23:26depuis très longtemps
23:27qui sont encore utilisés
23:29dans les pays du Mercosur.
23:30Comment peuvent-ils l'admettre ?
23:31Donc il faut des mesures miroir.
23:33Et puis il faut enfin
23:33des contrôles
23:34parce que
23:35toutes les règles du monde
23:36ne valent rien
23:37si on ne peut pas les contrôler.
23:38s'il y a un des contrôler.
23:39Sous-titrage Société Radio-Canada
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