- il y a 5 semaines
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00:00On ne va pas faire le point sur les blocages. C'est Antoine Forestier qui est sur l'A64 pour BFM TV avec Antoine, des agriculteurs, des éleveurs bien décidés à ne pas bouger.
00:00:12Oui, ils sont déterminés déjà à l'image du mouvement qu'ils avaient lancé il y a deux ans. A l'époque, ils étaient restés neuf jours ici à Carbone sur l'autoroute A64.
00:00:21Cela fait déjà trois nuits qu'ils passent ici. Il y a des échanges entre Jérôme Baye, le leader de ce mouvement, les Ultra 64, comme ils s'appellent désormais, et la ministre.
00:00:29On sait qu'il est régulièrement au téléphone avec elle ou par SMS. Il y a également cette lettre qui a été envoyée à la ministre avec toutes les revendications, les mesures sanitaires qu'ils veulent voir évoluer,
00:00:39notamment sur le protocole. Une fois qu'un cas a été trouvé dans un cheptel, Jérôme Baye veut que l'abattage massif s'arrête. C'est en tout cas ce que disent tous les agriculteurs avec qui on échange.
00:00:49Ils ont de quoi rester longtemps ici. Il y a beaucoup de vivres qui sont installés. On va vous montrer. Certains dorment ici le soir. Il y a des matelas qui sont présents ici.
00:00:58Il y a une dizaine, une quinzaine à dormir ici tous les soirs. Le mouvement n'est pas prêt de s'arrêter si jamais il n'y a pas de satisfaction de la part de la ministre Annie Gennevard
00:01:07avec des débats, des discussions qui vont avoir lieu dans les prochaines minutes et qui ont même déjà eu lieu hors caméra. Le leader du mouvement, Jérôme Baye, échange continuellement avec la ministre
00:01:17qui est désormais au courant que si elle n'évolue pas sur ces protocoles, notamment, eh bien ici, ils ne bougeront pas de cette autoroute.
00:01:25Merci Antoine Forestier avec Mathieu Lepigny en direct pour BFM TV. Quant à Lola Balle, elle est à Cassis-Labrande en Haute-Garonne.
00:01:32Et Lola, vous avez pu échanger avec des agriculteurs qui ont eux-mêmes rencontré la ministre de l'Agriculture.
00:01:38On est plus exactement avec Christian Cé, chez qui la ministre de l'Agriculture s'est rendue aux alentours de 15h.
00:01:47Christian, vous me disiez tout à l'heure que vous avez été prévenu à la dernière minute, c'est ça, à 13h45.
00:01:51Vous avez 507 vaches qui ont été vaccinées ce matin. Finalement, cet échange, qu'est-ce que vous êtes dit avec madame la ministre ?
00:01:58Déjà, c'est 507 animaux en tout, pas vaches. Des vaches, il n'y a que 220. Ensuite, la ministre est venue pour, comme on a un ayant vacciné ce matin, pour voir qu'on s'était passé et avoir notre ressenti.
00:02:20Vous avez pu exprimer aussi, vous me disiez tout à l'heure, vos craintes, votre colère ?
00:02:24Oui, comme tout le monde, on est préoccupés par la situation. On a peur que la maladie arrive sur l'exploitation.
00:02:32Et du coup, on passe des nuits compliquées. Tous les matins, quand on arrive, on a la peur au ventre de trouver un animal malade.
00:02:46Comment ça s'est passé, finalement, vous en ressortez ? Elle a été réceptive, madame la ministre ?
00:02:50Oui, tout à fait. Enfin, réceptive, elle l'a été. Après, moi, je ne suis pas scientifique. Je ne suis pas délégué syndical pour faire des revendications.
00:03:06La solution la meilleure, je ne la connais pas. Et voilà. Mais après, elle a été à l'écoute de ce qu'on lui a dit.
00:03:13Vous disiez tout à l'heure qu'il y avait un point en particulier qui revenait. C'est en cas d'abattage que, finalement, vos collègues ne pourraient pas forcément se relever ?
00:03:23Honnêtement, je ne vois pas comment on peut se relever en cas d'abattage au total.
00:03:27Même s'il y a des indemnités, pour trouver les animaux, aujourd'hui, il manque des animaux un peu partout, pour repartir avec un troupeau de niveau équivalent, pour moi, c'est impossible.
00:03:43Est-ce que la vaccination, vous avez vous-même, du coup, vacciné vos vaches, ça vous rassure ?
00:03:48Tout à fait, oui. Par contre, il reste encore les 40 jours à attendre, en espérant qu'il n'y ait pas de cas qui se déclarent d'ici là.
00:03:55Vous avez été convaincu de ce rendez-vous avec Mme la ministre ?
00:04:01Convaincu, pas plus qu'avant qu'elle vienne, ni qu'après qu'elle soit partie. On est à peu près au courant de la situation.
00:04:08Et maintenant, on croise les doigts en espérant que ça n'arrive pas. Sachant que si ça arrive, c'est un sacrifice pour sauver les élevages d'à côté.
00:04:18Aujourd'hui, on en est là.
00:04:20Vous attendez du concret ?
00:04:21Oui, oui, tout à fait. Et en espérant que cette période passe le plus vite possible.
00:04:28Et après, le deuxième point qu'on a abordé, c'est le blocage des mouvements. On ne peut plus vendre pendant trois mois minimum.
00:04:36Donc pendant trois mois, on n'aura pas de rentrée de tout ça, oui.
00:04:39Vous-même, vous êtes prêt à bloquer ? Vous êtes prêt à bloquer s'il faut ?
00:04:42Non, non, mais quand je parle bloquer, on est bloqué pour vendre les animaux.
00:04:46D'accord. Et vous-même, vous allez sur les blocages alors ou pas ?
00:04:50Ben oui, oui, oui, oui, oui, oui.
00:04:54Merci beaucoup. Merci pour votre confiance. C'était en primeur sur BFM TV.
00:04:58L'éleveur qui a rencontré Madame la Ministre cet après-midi s'est exprimé.
00:05:02Vous voyez, ce sont ces vaches, ces vaches qui ont été vaccinées ce matin, des blondes d'Aquitaine.
00:05:07Et on entend, si vous en savoir, beaucoup de pudeur et aussi beaucoup d'angoisse et d'inquiétude.
00:05:11Merci, Le Labal, donc à Cassie Labrande pour BFM TV.
00:05:15La Ministre Gennevard sera donc en direct sur BFM TV dans quelques minutes,
00:05:19en direct de la préfecture de Haute-Garonne à Toulouse.
00:05:22Marie Chantret, c'était un déplacement à haut risque pour la Ministre après la contestation,
00:05:28après les heurts entre agriculteurs et forces de l'ordre,
00:05:31après aussi ce barrage qui tient toujours à carbone sur l'autoroute à 64.
00:05:34La Ministre doit convaincre que les scientifiques ont raison et qu'il n'y a pas non plus 50 000 stratégies possibles.
00:05:41Oui, effectivement, remarteler une nouvelle fois le message qu'elle tente de faire passer depuis des jours maintenant,
00:05:47avec, même si dans son entourage en conteste, une volonté aussi de changer un peu de stratégie, du moins de communication.
00:05:54Il était dans un premier temps question d'une visioconférence.
00:05:56Finalement, on a appris qu'elle se déplaçait directement sur place.
00:06:00Cette rencontre avec cet agriculteur dont aucune image d'infiltré.
00:06:03Grâce à l'olabail, on a finalement la manière dont s'est tenu cet échange.
00:06:08Cet agriculteur a fait particulièrement touchant parce que très inquiet de l'avenir aussi de son troupeau et de son cheptel,
00:06:14mais pas d'image.
00:06:15Et donc cette rencontre, là, à haut risque avec des professionnels,
00:06:18des représentants de différents syndicats, des vétérinaires,
00:06:21des professionnels du secteur à la préfecture de Toulouse
00:06:23où l'attendent vraisemblablement à une communauté d'accueil un peu chauffée à blanc.
00:06:27Donc oui, il faut tenter de convaincre pour la ministre de l'Agriculture,
00:06:32d'autant qu'on y reviendra sans doute.
00:06:34S'ajoute à cela, à hasard du calendrier, aussi une inquiétude quant à la signature
00:06:38et la ratification du traité du Mercosur.
00:06:40Le président de la République en a parlé aujourd'hui.
00:06:42Absolument, il en a reparlé.
00:06:44Et il se rendra à Bruxelles jeudi.
00:06:47Le chef de l'État, son Premier ministre, qui estime et qui considère qu'à date,
00:06:51les négociations ne sont pas satisfaisantes.
00:06:54Quand l'État, ça ne peut pas être signé, volonté de rassurer la profession,
00:06:58c'est milliers d'agriculteurs aujourd'hui qui craignent une concurrence déloyale.
00:07:02Mais dans les faits, là encore une fois, il s'agira d'y revenir ensemble.
00:07:05Mais ce sont, aux yeux de beaucoup de commentateurs, des déclarations d'intention.
00:07:09Parce que de dire, le compte n'est pas, est-ce qu'il peut être suivi par ces homologues européens
00:07:16à ce qu'on sait des négociations ? Certainement pas.
00:07:19En tout cas, on voit en direct, là, les images provenant de Tours avec la mobilisation des agriculteurs.
00:07:25Alors, pas de tous les agriculteurs.
00:07:26Ce sont deux syndicats qui se mobilisent, la coordination rurale et la confédération paysanne.
00:07:31La FNUSA est plutôt du côté de la stratégie gouvernementale.
00:07:34Mais François Pitrel, l'idée, là, c'est de lancer une vaste campagne de vaccination.
00:07:39C'est pour ça que la ministre est sur le terrain, avec à terme près d'un million de bêtes vaccinées.
00:07:44Oui, un million de bêtes vaccinées sur toute la zone pyrénéenne.
00:07:48Parce qu'on a un petit peu aménagé ce protocole, finalement, la semaine dernière.
00:07:53Puisque la base de la stratégie, c'était un cas de dermatose.
00:07:58On tue tous les animaux de l'élevage.
00:08:00Et on fait une bulle de 50 km autour de cet élevage.
00:08:04Et on vaccine dans cette bulle.
00:08:06Cette stratégie a donc un peu évolué, vendredi dernier.
00:08:09Et donc, c'est tous les départements de cette zone pyrénéenne.
00:08:13Donc, ça va des Pyrénées-Orientales jusque dans les Landes.
00:08:16Tous les animaux vont être vaccinés.
00:08:17Ça fait un million, à peu près, de doses.
00:08:19Ça ne pouvait pas être fait de manière préventive, cette vaccination ?
00:08:22Parce que la crise sanitaire a démarré au mois de juin dernier.
00:08:25Oui, mais parce que la stratégie jusque-là avait plutôt fonctionné sans vraiment de contestation.
00:08:31En Savoie, ça s'est passé plutôt calmement.
00:08:34Même si, évidemment, c'était un choc pour chaque agriculteur qui était concerné.
00:08:37et ça a permis de faire en sorte qu'en plein été,
00:08:41c'est-à-dire au moment où il y a le plus d'insectes dehors
00:08:43qui vont disséminer encore plus...
00:08:44Parce que c'est transmis par la mouche, il faut le rappeler.
00:08:46Par le temps et des mouches qui vont piquer les animaux,
00:08:50qui vont pomper le sang et qui vont ensuite transmettre la maladie à d'autres animaux.
00:08:54Et donc, c'est vraiment en été qu'il y a le plus d'insectes.
00:08:56Et donc, en hiver, il y en a un peu moins.
00:08:57Et en plein été, on a réussi à contenir cette maladie en Savoie.
00:09:02C'est pour ça que jusque-là, il n'y avait pas vraiment eu beaucoup d'opposition.
00:09:04– 3300 bovins battus depuis le mois de juin, 113 foyers détectés.
00:09:09La ministre dit que pour le moment, la situation est sous contrôle.
00:09:12– Oui, c'est sous contrôle.
00:09:13Il y a un ou deux cas qui ont été décelés les derniers jours.
00:09:17Mais ça n'a rien à voir avec, encore une fois,
00:09:21les multiples élevages qui ont été touchés l'été dernier.
00:09:25Après, on est en hiver, en effet.
00:09:27Donc, c'est le moment de l'année où il y a moins d'insectes
00:09:30et donc moins de propagation de vecteurs et donc des maladies de ce type.
00:09:36Et puis, la question qui se pose aujourd'hui,
00:09:39c'est comment ces élevages sont contaminés.
00:09:42C'est vrai que là, on manque un peu d'informations.
00:09:44Comment un élevage dans les Pyrénées-Orientales ou en Ariège a été contaminé,
00:09:48sachant qu'à priori, ils étaient au-delà de ces zones,
00:09:53ces bulles de 50 kilomètres dont on a parlé.
00:09:55Est-ce que ce sont des déplacements d'animaux illicites ?
00:09:58Enfin, voilà, ça fait partie des questions qui sont aujourd'hui sur la table
00:10:01pour qu'on comprenne comment cette maladie se diffuse, même en plein hiver.
00:10:04– On voit bien qu'il y a une bataille syndicale,
00:10:06une bataille politique sur cette crise sanitaire.
00:10:09Des syndicats qui sont divisés et des agriculteurs qui sont divisés entre eux.
00:10:13– Oui, et on l'entend d'ailleurs depuis maintenant ce week-end sur notre antenne.
00:10:17Sur, en effet, d'un côté, vous en parliez, notamment la FNSEA,
00:10:22l'un des plus gros syndicats agricoles de France.
00:10:24Le premier avec son président Arnaud Rousseau,
00:10:27qui effectivement valide plus ou moins la stratégie gouvernementale,
00:10:31complètement même, qui consiste donc à abattre le cheptel contaminé,
00:10:36de créer cette bulle.
00:10:38Et puis de l'autre côté, notamment la coordination rurale,
00:10:42la confédération paysanne, très active d'ailleurs sur le terrain,
00:10:45à l'origine de nombreux ces blocages,
00:10:48qui ont des voix qui portent énormément,
00:10:50et qui considèrent que mettre à l'abri un animal infecté
00:10:54suffit sans doute à endiguer la propagation de la maladie,
00:10:58qui consiste à dire aussi, parce que ce sont des histoires,
00:11:00on l'a vu sur notre antenne tout au long de ces journées,
00:11:03des histoires humaines terribles de ces agriculteurs,
00:11:06obligés de voir leur bête mourir.
00:11:08Donc c'est ça aussi que la ministre doit entendre,
00:11:11même si du point de vue du gouvernement,
00:11:13la stratégie aujourd'hui entreprise est la bonne et est efficace.
00:11:17Mais il va falloir qu'elle passe son message avec les mots et les bonnes paroles.
00:11:21Mais on n'est pas au niveau de mobilisation qu'on a connue l'an dernier.
00:11:24Là, ça reste quand même localisé.
00:11:26C'est-à-dire que ce n'est pas un mouvement qui est en train de s'étendre.
00:11:29Non, pas encore.
00:11:31Et d'ailleurs, c'est intéressant, quand on regarde la cartographie,
00:11:34ça part du même endroit, à peu près,
00:11:37donc Jérôme Bayle déjà à l'époque.
00:11:39Mais on n'a pas de mouvement, par exemple, en Bretagne,
00:11:42qui est pourtant une terre d'élevage.
00:11:43Oui, parce que le sud-ouest, ce n'est pas là où il y a le plus de bovins.
00:11:46Non, pas du tout.
00:11:46C'est vraiment la Bretagne, la Normandie,
00:11:49c'est l'ouest de la France qui est le plus concerné, finalement,
00:11:52par cette question des matos.
00:11:54Et pour l'instant, il n'y a pas de véritable mobilisation.
00:11:57Alors, est-ce que les accords du Mercosur, dans quelques jours,
00:12:00vont là aussi peut-être réveiller les ardeurs
00:12:03de ces militants de la FNSEA ou FDSEA ?
00:12:06Le calendrier, c'est le suivant.
00:12:07Là, on a la crise de la dermatose nodulaire,
00:12:12mais à partir de samedi,
00:12:13c'est ce que veut faire Ursula von der Leyen,
00:12:16c'est samedi prochain, et je crois que ça se passe au Brésil.
00:12:18Absolument.
00:12:18Elle voudrait, elle, paraffer cet accord du Mercosur.
00:12:21Alors, ça peut paraître un peu barbare quand on dit Mercosur,
00:12:24mais c'est Argentine, Brésil, Uruguay, Paraguay
00:12:27qui deviendraient la zone de libre-échange
00:12:29avec l'Europe, dans ces cas-là.
00:12:31Et avant cela, cette ratification qui aurait lieu aussi à Bruxelles,
00:12:36à l'occasion de jeudi et vendredi prochains,
00:12:38ça va se terminer très tard, vraisemblablement, dans la nuit,
00:12:41Conseil européen, les 27 réunis,
00:12:45et là aussi, une bataille, un tirage entre certains pays,
00:12:49ils sont peu nombreux à l'instar de la France,
00:12:52qui considèrent aujourd'hui que ce qui a été négocié
00:12:55n'est pas à la hauteur,
00:12:57que les exigences françaises n'ont pas été remplies,
00:12:59mais la France est très seule dans ce combat.
00:13:04Et Ursula von der Leyen...
00:13:04C'est-à-dire que Emmanuel Macron peut très bien dire non,
00:13:07mais une fois qu'il a dit non, ça ne suffira pas.
00:13:09Ça ne suffira pas à ne pas faire adresser.
00:13:10Il faut une minorité de blocage,
00:13:12mais on n'est pas suffisamment nombreux pour cette minorité de blocage.
00:13:14Il y a peut-être l'Italie qui pourrait nous rejoindre.
00:13:16Il faut circuler en effet cette position italienne via des médias internationaux,
00:13:21position pas confirmée du tout à cette heure.
00:13:24Et en effet, au moment où l'on se parle,
00:13:26on voit une France bien seule sur ce dossier du Mercosur,
00:13:30avec des pays européens, à l'image de l'Allemagne,
00:13:33très enclins à signer et aller plus loin avec ces pays du Mercosur,
00:13:38considérant qu'économiquement, c'est une très bonne affaire.
00:13:41Maintenant, pour les agriculteurs, ça pourrait leur coûter très cher.
00:13:44Emmanuel Macron joue gros parce que, dans un premier temps,
00:13:49il était opposé au Mercosur.
00:13:51Au Brésil, il semblait être beaucoup plus favorable.
00:13:53Finalement, il est revenu sur une position plus dure
00:13:56parce qu'il voit bien la situation du pays,
00:13:58avec des agriculteurs qui, au-delà de cette crise sanitaire,
00:14:02pensent que le compte n'y est pas par rapport aux promesses faites
00:14:05après la crise de 2024.
00:14:07Il y a le salon de l'agriculture qui arrive en février.
00:14:09Donc, ce n'est pas le moment.
00:14:10On veut gagner du temps du côté de l'Elysée,
00:14:12essayer de reporter le plus possible.
00:14:14C'est d'accord ?
00:14:15Oui, reporter.
00:14:17D'ailleurs, la demande de report a été formulée.
00:14:20Il y a un communiqué.
00:14:20On ne peut pas dire que ça.
00:14:21C'est-à-dire que ça ne veut pas dire
00:14:22que le Mercosur ne sera pas adopté à un moment donné.
00:14:24Oui, mais même ces demandes de report,
00:14:26vraisemblablement, n'auraient aucun effet,
00:14:29et très peu de chance, en effet, qu'elles n'aboutissent.
00:14:32Donc, on est isolés.
00:14:33En matière de communication, c'est même assez dangereux et périlleux.
00:14:37Parce que ce communiqué a été publié hier soir.
00:14:40S'il n'est suivi d'aucun effet cette semaine...
00:14:42Ça va faire naître un faux espoir.
00:14:43Exactement.
00:14:44Alors, il y a une volonté d'éteindre, sans doute,
00:14:46et de faire entendre, de faire que cette colère soit entendue
00:14:49de la part des agriculteurs.
00:14:50Inquiétude, sans doute légitime.
00:14:52D'ailleurs, quand on lit et quand on entend l'entourage du chef de l'État.
00:14:55Mais est-ce que cela aura une application réelle ?
00:14:58À cette heure, on peut vraiment en douter.
00:14:59Ces questions qu'on posera à la ministre de l'Agriculture,
00:15:02elle sera dans quelques minutes, notre invitée, l'invité de BFM TV.
00:15:05Petit retard dans l'agenda, elle est encore en rendez-vous.
00:15:08Mais on parle beaucoup de l'Europe.
00:15:10Et justement, on va voir ça avec vous maintenant, Nargis Adji.
00:15:13La France n'est pas le seul pays à faire face à la dermatose nodulaire.
00:15:17Les pays européens ont dû l'affronter.
00:15:20Comment est-ce qu'ils s'en sont sortis ? Dites-nous.
00:15:22D'abord, l'Italie.
00:15:23Le point de départ est en Sardaigne, précisément.
00:15:25Nous sommes le 25 juin 2025.
00:15:27Et le pays confirme le tout premier foyer européen de dermatose nodulaire contagieuse en 2025.
00:15:34Le virus se propage très vite et plusieurs foyers supplémentaires sont détectés.
00:15:38Le pays décide d'instaurer des zones réglementées.
00:15:42Il décide également d'interdire les mouvements de bovins et lance une vaccination d'urgence.
00:15:47Fin octobre 2025, l'Italie observe une baisse des nouveaux cas attribués notamment à cette vaccination massive.
00:15:53En Espagne, le 3 octobre 2025, le premier cas est confirmé.
00:15:58C'est en Catalogne, près de la frontière française, avec 123 vaches infectées sur le premier site.
00:16:04Ce qui a entraîné l'abattage complet de l'élevage face au risque de propagation.
00:16:08Les autorités ont réagi très vite.
00:16:10Elles mettent en place des zones de restrictions, mais aussi de surveillance.
00:16:14Une interdiction temporaire d'exporter.
00:16:16Et une campagne de vaccination est très large.
00:16:18Elle est d'abord lancée en octobre avant d'être étendue.
00:16:22La Suisse, enfin, à l'été 2025, en voyant la progressie en Italie, en France, en Espagne,
00:16:28a rendu la vaccination obligatoire.
00:16:30Dans un premier temps, dans les cantons frontaliers, c'est-à-dire Genève, Vaud ou encore Valais.
00:16:35En décembre 2025, aucun cas de dermatose nodulaire n'est confirmé sur le territoire.
00:16:39Et de l'autre côté de la Méditerranée, il y a aussi des cas de dermatose nodulaire contagieuses
00:16:44qui ont été repérés en Tunisie, en Algérie et en Libye.
00:16:48Merci Nargis Hadji.
00:16:50Dans quelques instants, la ministre de l'Agriculture.
00:16:53On va d'abord aller à Tours, retrouver Igor Saïry en direct pour BFM TV.
00:16:58Tours du côté d'Indre-et-Loire, où là aussi les agriculteurs veulent se faire entendre.
00:17:03Il n'y a qu'à voir les tas de fumiers, les pneus qui sont derrière vous, devant la préfecture, il me semble.
00:17:09Oui, absolument Alain.
00:17:11Je vais vous planter le décor.
00:17:12Nous sommes devant la préfecture de Touraine, en place d'entrevilles de Tours.
00:17:16Et voilà, des tracteurs avec des remorques ont installé, ont déchargé du foin, du fumier ainsi que des pneus.
00:17:25Et puis vous le voyez, sur le portail de cette préfecture, il y a des personnages en forme de paysans qui sont pendus.
00:17:32Puisque c'est ça aussi la réalité du monde paysan aujourd'hui en France.
00:17:36C'est beaucoup, beaucoup de suicides.
00:17:37J'ai d'ailleurs participé à ce convoi depuis 14 heures, qui est parti de la banlieue de Tours,
00:17:44avec un agriculteur qui a vu trois de ses amis se suicider.
00:17:47Lui qui a fait un AVC et à 39 ans qui est prêt à arrêter.
00:17:50Alors c'est vrai que ce mouvement aujourd'hui ne connaît pas de virus dans la région.
00:17:56Il n'empêche qu'il voulait mener ses actions coups de poing en soutien à leurs collègues d'Occitanie
00:18:02pour éviter à tout prix ce protocole d'abattage massif et total et plutôt procéder à des vaccinations les plus complètes possibles,
00:18:11même s'il faut attendre le délai d'incubation, c'est-à-dire environ un mois.
00:18:15Et puis surtout, écouter tendre l'oreille aux agriculteurs.
00:18:19Et c'est ceux-là qu'ils sont venus demander à la préfecture, puisqu'un rendez-vous est actuellement en cours
00:18:24avec le préfet et une délégation d'agriculteurs de ce département de Touraine,
00:18:30en attendant peut-être des actions un peu plus tard et dans les prochains jours.
00:18:34Mais ça veut dire, attendez, Igor, un dernier mot, ça veut dire qu'ils sont partis pour rester toute la nuit,
00:18:39là devant la préfecture, voilà, qu'ils bloquent l'accès, on est d'accord.
00:18:42– Écoutez, à ce stade, oui, j'ai posé la question au président de la coordination rurale
00:18:51qui comène cette action avec la coordination paysanne.
00:18:56Et à ce stade, effectivement, il se pourrait que l'action se prolonge un peu plus tard.
00:19:01Tout dépendra, m'a-t-il dit, du rendez-vous avec le préfet actuellement en cours.
00:19:05Donc pour l'instant, il est compliqué de dire que ça va durer toute la soirée et toute la nuit.
00:19:09Il n'empêche que ce n'est pas exclu, car beaucoup ici sont déterminés,
00:19:13comme les agriculteurs qui se mobilisent en Occitanie.
00:19:16– Merci, Igor Saïry, donc en direct de Tour devant la préfecture,
00:19:19avec ces tas de pneus et de fuyers qui sont devant les grilles.
00:19:23– Et à l'instant, on apprend que la FNSEA du Gard rejoint le mouvement.
00:19:26On disait que la FNSEA, qui est le premier syndicat agricole, soutenait plutôt la stratégie gouvernementale.
00:19:32Eh bien, la branche départementale de ce syndicat dans le Gard rejoint le mouvement dans la nuit.
00:19:37Donc le risque d'extension du mouvement qui se confirme.
00:19:41– Nous sommes avec madame la ministre de l'Agriculture, Annie Gennevard.
00:19:44Bonsoir madame la ministre.
00:19:45Donc on apprend à l'instant que la FNSEA du Gard appelle à des actions, à rejoindre le mouvement.
00:19:53Là, vous êtes en direct.
00:19:54Quelles garanties vous pouvez donner aux agriculteurs pour que la tension retombe ?
00:19:59Est-ce que vous allez arrêter les abattages ?
00:20:03– Bon, alors d'abord, je voudrais dire que je suis ici à Toulouse, en Occitanie.
00:20:08C'est la dixième fois que je viens dans cette région magnifique.
00:20:12J'y viens dans des conditions un peu particulières,
00:20:15puisque bien sûr, cette région est désormais touchée par l'arrivée de la dermatose nodulaire contagieuse bovine.
00:20:21Et je viens en ce premier jour de vaccination des troupeaux.
00:20:26Et chaque fois que la dermatose est apparue, que ce soit dans les Savoies, dans le Jura,
00:20:32je suis toujours venue le premier jour de la vaccination,
00:20:34parce que c'est un moment où on peut espérer que la protection de nos cheptels,
00:20:41que l'accompagnement de nos éleveurs, puisse dessiner un chemin d'espoir.
00:20:46Voilà, donc c'est très important.
00:20:48On va vacciner massivement une partie de cette région.
00:20:53Et d'ores et déjà, j'ai entendu ce que m'ont dit les agriculteurs.
00:20:57Ils m'ont demandé qu'on puisse élargir le territoire de la vaccination.
00:21:03Et je les ai entendus.
00:21:04C'est la raison pour laquelle nous avons établi un cordon sanitaire,
00:21:08d'une part pour vacciner plus largement,
00:21:12et puis aussi protéger le reste du territoire national.
00:21:15Parce que je voudrais rappeler un chiffre, deux chiffres.
00:21:18Nous avons 125 000 éleveurs en France, 16 millions de têtes de bovins.
00:21:22Moi, je veux être aux côtés des éleveurs d'Occitanie
00:21:26qui malheureusement ont été touchés par la maladie ou qui craignent de l'être.
00:21:30Mais je veux protéger aussi l'intégralité du cheptel français.
00:21:35Madame Genevard, il y a donc un changement de stratégie.
00:21:37Jusqu'à présent, la consigne est vaccinée dans un rayon de 50 km,
00:21:41autour du cas infecté.
00:21:45Vous élargissez ce rayon pour vacciner plus largement ?
00:21:49Exactement. C'est un premier rafléchissement du protocole.
00:21:54Il était attendu par plusieurs organisations syndicales.
00:22:00Et j'ai souhaité y répondre.
00:22:02C'est la raison pour laquelle nous vaccinerons entre 600 000 et 1 million de bovins,
00:22:06dans un délai que j'espère le plus court possible.
00:22:09Et je voudrais dire à quel point nous comptons sur les vétérinaires,
00:22:13une profession qui est stratégique dans la lutte contre cette maladie.
00:22:19Et je demande à chacun de bien respecter les vétérinaires.
00:22:22Parce qu'aujourd'hui, il y a eu parfois des propos à leur rencontre
00:22:25qui ne sont pas acceptables.
00:22:27Il faut vraiment s'appuyer sur eux.
00:22:29Ils ont une très grande expertise.
00:22:31Donc on a élargi la zone de vaccination
00:22:33en répondant déjà à une première demande
00:22:36des éleveurs, des syndicats, des chambres d'agriculture.
00:22:40– Et pourquoi ne pas l'élargir à l'ensemble du pays, Madame la Ministre ?
00:22:45– Alors ça, c'est un autre sujet.
00:22:49Là, on est au front dans les régions qui connaissent la maladie.
00:22:53Il faut déjà se concentrer sur ce premier objectif.
00:22:57On a aujourd'hui une épreuve.
00:23:00C'est une épreuve que traverse notre pays.
00:23:02Nos éleveurs français, la France est un immense pays d'élevage.
00:23:06Nous avons des cheptels magnifiques.
00:23:07J'étais tout à l'heure dans une exploitation.
00:23:11Et on voit que l'enjeu, c'est vraiment de protéger...
00:23:14– Justement, Madame Genevard, vous avez vu que c'est parti
00:23:16du mois de juin de la Savoie, de la Haute-Savoie.
00:23:19Maintenant, c'est dans le sud-ouest.
00:23:20Ça peut très bien monter un petit peu plus haut sur l'ouest,
00:23:24sur la zone Bretagne et autres.
00:23:26Pourquoi ne pas étendre la campagne ?
00:23:27– Je voudrais dire, d'abord, on a des cafoyers.
00:23:33Aujourd'hui, nous n'avons plus en France un seul cafoyer
00:23:36de dermatose nodulaire contagieuse.
00:23:39Donc la situation est sous contrôle.
00:23:41Elle est apparue en Savoie, essentiellement en Savoie et en Haute-Savoie.
00:23:45Et nous l'avons vaincue.
00:23:46Nous l'avons éradiquée, cette maladie.
00:23:48Et la vie a repris dans ses élevages.
00:23:51Je veux le dire parce que, évidemment, pour le moment,
00:23:55les éleveurs occitans vivent très douloureusement et sont inquiets.
00:24:01Mais la vaccination doit redonner espoir et doit redonner des perspectives.
00:24:07Je voudrais revenir à l'exemple des Savoies.
00:24:09Aujourd'hui, les élevages sont repeuplés.
00:24:12Les veaux naissent à nouveau.
00:24:14L'espoir est revenu.
00:24:16Des éleveurs me l'ont dit.
00:24:18Donc il faut aussi que nous soyons dans l'espoir de vaincre cette maladie.
00:24:25Et nous pouvons le faire.
00:24:26D'autres pays l'ont fait.
00:24:27L'Espagne est en ce moment en train de la combattre comme la France.
00:24:32C'est très important.
00:24:33Donc voilà ce que je veux dire.
00:24:36Mais aujourd'hui, je suis...
00:24:38La France a-t-elle suffisamment de doses de vaccins ?
00:24:43Alors, nous avons suffisamment de doses de vaccins
00:24:47pour vacciner déjà cette large zone de vaccination.
00:24:52Zone réglementée, zone vaccinale.
00:24:54Je viens de recommander un million de doses de vaccins
00:24:59pour pouvoir faire face aux besoins de vaccination sur ce territoire.
00:25:05Bien sûr, nous sommes prêts à vacciner la totalité de la zone concernée.
00:25:13Mais Mme la ministre, ce qui inquiète les agriculteurs,
00:25:15c'est l'abattage du cheptel.
00:25:17Est-ce qu'aujourd'hui, cette campagne, quand il y a un cas, on abat,
00:25:21est-ce que ça s'est terminé ?
00:25:22Alors, je voudrais d'abord vous reprendre,
00:25:27parce que j'entends en boucle sur les chaînes,
00:25:30quand il y a un cas, est-ce qu'il faut tout dépeupler ?
00:25:33Généralement, quand il y a un cas visible, il y en a d'autres autour.
00:25:38Je n'ai jamais vu un seul cas,
00:25:41depuis que nous connaissons cette maladie,
00:25:43depuis la fin du mois de juin.
00:25:45Il y a toujours, évidemment, plusieurs cas dans une même exploitation,
00:25:49même si cette maladie, qui est terrible, parce qu'elle est parfois asymptomatique,
00:25:54elle infecte largement autour d'elle.
00:25:58Ce que je voudrais dire aussi, si vous me le permettez,
00:26:00et vous donner quelques chiffres,
00:26:01la gestion de la maladie jusqu'à présent a coûté 0,02% du cheptel bovin français.
00:26:12C'est-à-dire que nous avons protégé la quasi-totalité du cheptel bovin français.
00:26:17Donc, évidemment, pour ceux qui sont touchés, c'est un drame.
00:26:23Et moi, je veux dire à quel point je le ressens avec eux.
00:26:26Je viens d'une région d'élevage.
00:26:28Je suis élue d'un territoire où on élève des bovins,
00:26:32avec tout l'amour que les éleveurs ont pour leurs animaux.
00:26:35Mais il faut bien comprendre que,
00:26:38pour que cette maladie n'emporte pas tout le cheptel,
00:26:40il faut la combattre avec la dernière énergie et avec efficacité.
00:26:45Donc, j'entends que les éleveurs ici...
00:26:49Donc, les abattages, il pourra y avoir des abattages encore.
00:26:53Madame la ministre, c'est important.
00:26:54Les éleveurs sont en train de vous regarder là en direct.
00:26:56Il pourra donc y avoir encore des abattages ?
00:26:58Mais je vais vous répondre.
00:27:03Aujourd'hui, on a un protocole qui est solide et qui fonctionne et qui protège.
00:27:06J'entends aussi ce que me disent les professionnels de l'élevage ici en Occitanie,
00:27:13qui me disent qu'il faut infléchir le protocole.
00:27:16Ils ont fait plusieurs propositions, d'ailleurs.
00:27:17Il n'y a pas qu'une proposition de changement de protocole.
00:27:20Il y en a plusieurs.
00:27:22Nous allons les regarder.
00:27:23Mais moi, je ne peux pas, à ce stade, c'est la science qui nous dira les choses.
00:27:27Quel type de proposition, par exemple ?
00:27:29Moi, je n'ai pas décidé dans mon bureau unilatéralement de ce protocole.
00:27:37Je me suis appuyée sur une démarche collégiale dans un parlement, le parlement de l'élevage,
00:27:42qui est composé de professionnels, de syndicats et de scientifiques, de vétérinaires,
00:27:48de ceux qui connaissent le fonctionnement, la propagation de cette maladie
00:27:51et qui sont en mesure de nous dire « voilà comment on protège au mieux ».
00:27:56Alors, bien sûr, c'est extrêmement exigeant et c'est traumatisant, bien sûr.
00:28:03Et c'est la raison pour laquelle les éleveurs ici espèrent un autre protocole qui soit moins coûteux en vie animale.
00:28:09Alors, justement, il y a beaucoup d'éleveurs qui disent, Madame Gennevard,
00:28:13il y a beaucoup d'éleveurs qui nous disent, qui disent aux caméras de BFMTV qui sont déployés sur le terrain,
00:28:19finalement, on pourrait imaginer de confiner les animaux qui ne sont pas touchés,
00:28:27attendre un certain temps pour voir s'ils sont contaminés ou pas, avant de les abattre.
00:28:32Est-ce que ça, c'est possible ?
00:28:35Ce que dit la science, ce que disent les scientifiques, c'est que le mode de contamination de cette maladie,
00:28:42c'est par des mouches, des stomachs, qui sont de véritables seringues à virus.
00:28:48Vous confinez des animaux, bien sûr, c'est possible de confiner des animaux,
00:28:52mais comment confinez-vous des mouches ? Comment confinez-vous des temps ?
00:28:56C'est là toute la difficulté.
00:28:58Et l'autre difficulté, c'est que cette maladie, elle peut être non seulement asymptomatique,
00:29:03mais indétectable au test.
00:29:05Donc, c'est vraiment une immense difficulté.
00:29:10Je veux dire aux éleveurs qui nous écoutent, bien sûr, leurs propositions seront soigneusement étudiées,
00:29:16mais chacun doit avoir conscience que ce qu'il faut, c'est choisir la stratégie qui sera la plus efficace.
00:29:26Et je vous assure que moi, je n'ai pas accepté ce poste de ministre de l'Agriculture pour abattre des animaux.
00:29:32Je vois des cheptels magnifiques et franchement, la perspective d'avoir à s'en séparer pour lutter contre la maladie est un déchirement.
00:29:40Et je le comprends, c'est tellement humain que je comprends qu'ils espèrent une alternative.
00:29:48Mais dans cette affaire, il faut bien regarder pour prendre les bonnes décisions qui soient les plus protectrices.
00:29:54Parce que je vais vous dire, le scénario catastrophe, quel serait-il ?
00:30:01Ce serait qu'on ne parvienne pas à lutter contre cette maladie et que ça plonge des milliers d'éleveurs dans la détresse de la maladie
00:30:08et dans la ruine économique.
00:30:10Et ça, ce n'est pas possible.
00:30:12Il faut écouter ce que je vais faire.
00:30:16Il faut écouter ce que je vais faire, écouter et expertiser leurs propositions.
00:30:21Très bien, donc vous dites, c'est campagne de vaccination massive, vous recommandez des vaccins pour un million de doses.
00:30:30Mais comme vous voulez mettre tous les atouts de votre côté, c'est vaccination, on est temps, et les abattages s'il le faut, ça continuera aussi.
00:30:38Écoutez, cette stratégie de lutte qu'ont adopté, oui, non mais ce sont des sujets compliqués.
00:30:50Donc je sais bien qu'on pourrait faire de la simplification, mais ce sont des sujets compliqués.
00:30:55La stratégie repose sur trois piliers.
00:30:57D'abord, la surveillance des cheptels et la biosécurité.
00:31:04Pas de déplacement, pas de déplacement, pas de déplacement dans une zone réglementée.
00:31:09Parce que si on déplace des animaux, il y a sa maladie.
00:31:12Vous insistez sur les déplacements, ça veut dire que pour certains, ce n'est pas respecté.
00:31:19Pour certains, ce n'est pas respecté.
00:31:21Et ils font courir un risque à tout le monde.
00:31:24Un seul manquement à la consigne fait courir un risque immense à tout le monde.
00:31:29Et je peux vous dire que les contrôles se multiplient et que les sanctions seront sévères.
00:31:34La deuxième chose, c'est effectivement le protocole pour accueillir des bovins au mois de février.
00:31:40Si vous dites qu'il ne faut surtout pas déplacer les bêtes, est-ce qu'il ne faut pas revoir le salon de l'agriculture au mois de février ?
00:31:48Nous verrons où nous en serons au mois de février.
00:31:51Si les choses se passent comme elles se sont passées dans le territoire des Savoies, j'ai l'espoir que nous soyons indemnes de cette maladie.
00:32:01Mais à date, je ne peux pas le dire.
00:32:02Le deuxième pilier, c'est effectivement le dépeuplement.
00:32:05Et le troisième pilier, c'est la vaccination.
00:32:08Aujourd'hui, c'est le protocole.
00:32:09Alors, les éleveurs, des éleveurs, évidemment, et on peut les comprendre, voudraient une alternative.
00:32:17Ils ont fait plusieurs propositions différentes.
00:32:20Elles seront expertisées scientifiquement parce que je respecte, je les respecte.
00:32:25Je ne veux pas leur dire, voilà, circuler, il n'y a rien à voir.
00:32:30Mais je ne peux pas, à date, abandonner une stratégie qui fonctionne sans savoir si les alternatives qu'ils proposent fonctionnent.
00:32:37Alors, c'est quand ? Quand auront-ils une réponse ?
00:32:39C'est une question de responsabilité.
00:32:41Quand auront-ils une réponse ? Quand aura lieu cette expertise ?
00:32:44Eh bien, écoutez, elle est en cours.
00:32:47La science parlera.
00:32:48Moi, la science parlera.
00:32:50Moi, je ne suis pas vétérinaire.
00:32:52Je ne suis pas scientifique.
00:32:53Et la décision, en tout cas, sera collégiale avec les représentants de la profession, avec ceux qui savent de quoi ils parlent, ceux qui connaissent aussi le fonctionnement de cette maladie dans d'autres pays, la façon d'y résister et de lutter contre.
00:33:11Et je vous rappelle que nous ne sommes pas seuls dans cette situation.
00:33:15L'Italie l'a connue, l'Espagne la connaît en ce moment.
00:33:18Tout le monde applique le protocole qui est actuellement en vigueur.
00:33:21Voilà.
00:33:22Parce que c'est un protocole robuste qui a fait ses preuves.
00:33:25Maintenant, je suis, je le répète, je suis une femme de dialogue.
00:33:30Donc, je veux écouter ce qu'ils ont à me dire.
00:33:32Parce que rien ne serait pire que de leur dire, je suis sourde à leur détresse et à leur proposition.
00:33:41Voilà ce que, à ce stade, je peux vous dire.
00:33:43Une dernière question, Madame Genevard, sur le Mercosur.
00:33:46Je répète la consigne, pas de déplacement.
00:33:49Pas de déplacement.
00:33:50Une dernière question, Annie Genevard.
00:33:52On sait que votre temps est compté, que vous êtes attendu en réunion juste sur le Mercosur, parce que ça tombe en pleine négociation.
00:33:58Le président de la République, Emmanuel Macron, le Premier ministre, a demandé un report de l'examen de l'accord.
00:34:02Est-ce réaliste ? Qu'est-ce que vous y croyez encore ?
00:34:08Écoutez, vous connaissez ma position sur ce projet d'accord avec les pays du Mercosur.
00:34:13Je considère que tel qu'il a été adopté, enfin, ce projet d'accord a été adopté il y a un an à Montevideo, n'est pas bon.
00:34:20Et qu'il faut le refuser.
00:34:22Il est trop exposant pour des filières sensibles.
00:34:26Voilà.
00:34:26Donc, il ne tourne pas.
00:34:28Et c'est pourquoi la France a pris la tête d'une coalition de pays qui considère qu'il faut à la fois des clauses de sauvegarde robustes
00:34:38qui nous protègent des déséquilibres de marché,
00:34:41et qu'il nous faut des mesures miroirs qui garantissent une réciprocité des normes.
00:34:45Parce que ça, c'est un point fondamental pour les agriculteurs.
00:34:48On leur impose des normes, des contraintes, des exigences.
00:34:51On leur interdit l'usage de certaines substances.
00:34:53À juste titre, d'ailleurs, l'Union européenne a abandonné certains pesticides depuis très longtemps
00:34:58qui sont encore utilisés dans les pays du Mercosur.
00:35:01Comment peuvent-ils l'admettre ?
00:35:02Donc, il faut des mesures miroirs.
00:35:04Et puis, il faut enfin des contrôles.
00:35:05Parce que toutes les règles du monde ne valent rien si on ne peut pas les contrôler.
00:35:09Et c'est la raison pour laquelle nous voulons à la fois des contrôles dans les pays émetteurs,
00:35:13dans les pays du Mercosur, et puis également aux frontières de l'Europe.
00:35:16À date, que je sache, nous n'avons pas de garantie que ces exigences soient honorées.
00:35:21Et c'est la raison pour laquelle, et le Président de la République, le Premier ministre, le gouvernement l'ont dit inlassablement,
00:35:28le compte n'y est pas.
00:35:29Donc, c'est la raison pour laquelle le Premier ministre a fait cette demande à Ursula von der Leyen.
00:35:36À date, je ne peux pas vous dire ce qu'il en est.
00:35:38Mais, en tout cas, il est clair qu'en tout état de cause, l'avis du Conseil ne sera pas la fin de l'histoire.
00:35:44Parce qu'il y a le Parlement européen qui devra se prononcer.
00:35:48Il y aura une séquence parlementaire qui est fondamentale.
00:35:52Et moi, je dis aux parlementaires de l'Union européenne, vous aurez votre carte à jouer à ce moment-là.
00:35:58Et ce sera préalable à une éventuelle ratification.
00:36:03Mais nous ne sommes pas à la fin de l'histoire.
00:36:05Et je vous rappelle que le Conseil européen devait s'exprimer sur le Mercosur dès la fin du mois de juin.
00:36:12La France n'a pas cessé de faire pression.
00:36:15Et elle a obtenu des reports successifs, de sorte que nous puissions avoir des garanties.
00:36:21Parce que si nous n'avons pas de garantie, à un moment aussi délicat, aussi difficile pour notre agriculture,
00:36:27les agriculteurs français ne le comprendraient pas.
00:36:30Et moi, je l'ai toujours dit, je suis aux côtés des agriculteurs.
00:36:33Et je suis la ministre des agriculteurs en même temps que de l'agriculture.
00:36:38Et mon rôle, c'est de les défendre.
00:36:39Merci Madame la Ministre, Annie Gennevard.
00:36:41Merci d'avoir été avec nous en direct de Toulouse du Plex Assuré par Nils Cambier et Angile Ouattin.
00:36:48On va vous laisser continuer vos rendez-vous avec les agriculteurs.
00:36:50Dans un instant, on ira sur l'autoroute à 64 parce qu'on a vu ces images.
00:36:54On les voit encore en direct sur le barrage de carbone.
00:36:58Ils ont écouté et regardé la ministre sur BFM TV.
00:37:01Mais on va donner la parole à Patrick Legras, qui est le président de la coordination rurale des Hauts-de-France.
00:37:06La coordination rurale qui est en pointe dans la mobilisation.
00:37:09Vous venez d'écouter Madame Gennevard. Est-ce que vous avez été convaincu ?
00:37:13Il faut être clair, la voix est douce, mais il faut changer le magnétophone.
00:37:18Parce que, comme on a dit, c'est la bagarre, c'est la bataille, ce qu'elle ne comprend pas.
00:37:24C'est David contre Goliath.
00:37:25Mais David a marqué des points parce que, comme vous dites,
00:37:28des départements au niveau de la base ont basculé avec la coordination rurale et la Confédération paysanne.
00:37:33Je vais vous en donner d'autres.
00:37:34La Bretagne, la Camargue ne supporteront pas et n'accepteront pas l'abattage total.
00:37:40Mais en fait, c'est une bagarre économique.
00:37:43Et là-dessus, c'est l'agro-industrie de la vente des veaux vivants et de la viande
00:37:48contre les petits producteurs et les vendeurs de viande locaux.
00:37:52– Pardon, M. Legras, ce soir, Mme la ministre a surtout insisté sur la vaccination.
00:37:57Près d'un million de bêtes vont être vaccinées.
00:38:00La vaccination, vous la soutenez ?
00:38:02– On soutient la vaccination, mais, bon, Mme Genevard a été un bon professeur,
00:38:07mais nous, on n'est pas des bons élèves.
00:38:08Parce que, depuis le mois de juin, on pouvait démarrer ça.
00:38:11On a perdu six mois.
00:38:12Il n'y a aucune reconnaissance d'erreur.
00:38:14Le discours, aujourd'hui, est toujours le même sans dire qu'on aurait pu démarrer plus tôt.
00:38:18Et aujourd'hui, quand vous posez les très bonnes questions et votre démarche est tout à fait à point,
00:38:25il y a un million de doses.
00:38:26On va en avoir un deuxième million.
00:38:28Moi, je vais vous dire une chose.
00:38:29Pour avoir les 16 millions, il faut un an.
00:38:31Alors, comment on va faire ?
00:38:32On va tuer tous les moustiques ?
00:38:34Donc, il faut arrêter les conneries.
00:38:35On a perdu six mois.
00:38:36On a perdu six mois.
00:38:38Et aujourd'hui, il faut…
00:38:39Si on avait écouté la coordination rurale, la confédération paysanne
00:38:42et un grand nombre de vétérinaires qui ont la pression par l'organisme des vétérinaires
00:38:47qui doivent fermer leur gueule, on ne serait pas dans la merde dans laquelle on est là.
00:38:50Il faut être clair.
00:38:50C'est-à-dire que vous, ce que vous attendiez de la ministre, c'est qu'elle dit
00:38:53on arrête les abattages, quoi.
00:38:54Vous ne voulez plus aucun abattage.
00:38:56On arrête les abattages.
00:38:57Voilà.
00:38:57Mais comme j'ai dit tout à l'heure, j'ai vu la sous-préfète du Pas-de-Calais,
00:39:02quand vous êtes à un stop, que vous avez un accident,
00:39:05bon, ben, c'est tout.
00:39:05Il y en a deux.
00:39:06Mais au bout de 50 accidents, ben, on change la méthode.
00:39:08Soit on fait un rond-point ou quelque chose.
00:39:10Là, il a fallu attendre 110 accidents, 110 massacres pour dire
00:39:13ah ben oui, on va vous écouter un peu plus.
00:39:15Non, mais c'est quoi ?
00:39:16Il faut arrêter.
00:39:17Le problème aujourd'hui, c'est...
00:39:19Aujourd'hui, on se rend bien compte que c'est le négoce des bêtes
00:39:22avec les 1 million de têtes qui partent dans les autres pays
00:39:25qui bloquent aujourd'hui le changement du protocole.
00:39:27On le sait.
00:39:28Monsieur Legras, je comprends bien.
00:39:29Il y a peut-être un protocole à changer au niveau européen,
00:39:32des règles à changer, mais la ministre, elle met en avant surtout la science,
00:39:36les arguments scientifiques.
00:39:38Est-ce que vous les acceptez, ces arguments ?
00:39:40Alors, la science, je vais vous dire un dossier que vous avez bien connu,
00:39:43c'est sur la loi Duplon.
00:39:44La science a dit que c'était plus la peine d'utiliser l'acépritamide.
00:39:49Eh ben, aujourd'hui, l'ensemble des producteurs et l'ensemble...
00:39:52La science dit que c'est une erreur.
00:39:53Alors, la science, parfois, elle se trompe.
00:39:54Mais le problème de la science, c'est qu'elle est intelligente
00:39:57et que les paysans, ils sont cons.
00:39:58Mais ils sont cons, mais ils sont motivés.
00:40:00On ne va pas lécher de l'affaire.
00:40:01Et de toute façon, ça se voit très bien.
00:40:03L'ensemble des agriculteurs, et ça, c'est un syndical,
00:40:05vont nous rejoindre dans les semaines qui viennent.
00:40:07Donc, soit on trouve un deal en ce moment,
00:40:09et quand je dis un deal, c'est de dire, voilà, on lâche l'affaire
00:40:12et on laisse faire à tout le monde les bonnes fêtes de fin d'année,
00:40:15soit ça va monter, et je peux vous dire que ça ne va pas s'arranger
00:40:18dans les semaines qui viennent.
00:40:19Donc, ça veut dire que les blocages vont continuer.
00:40:20Mais une dernière question, Patrick Levin,
00:40:22parce que la ministre a insisté aussi en disant
00:40:24pas de déplacement.
00:40:25Arrêtez les déplacements.
00:40:26Ça veut dire que certains ne respectent pas les consignes chez vous aussi ?
00:40:29– Je pense que la première personne qui doit arrêter les déplacements,
00:40:33c'est madame la ministre, et puis se mettre autour d'une table
00:40:35pour essayer de prendre tout le monde et de trouver une sortie de crise.
00:40:38Ça, ça serait une bonne chose.
00:40:39– Elle a dit qu'elle allait quand même examiner ce que proposent les syndicats.
00:40:42Il y aura une expertise scientifique de vos propositions.
00:40:45– Absolument, et c'est ce que j'ai proposé.
00:40:48Et d'ailleurs, je l'ai dit sur votre plateau,
00:40:50en demandant une tierce personne qui prenne de la hauteur
00:40:54et qui soit négociatrice entre le service vétérinaire
00:40:57qui veut bien nous recevoir, madame la ministre,
00:40:59et les syndicats, et l'ensemble des syndicats.
00:41:01C'est tout à fait ce qu'il faudrait faire,
00:41:02mais on a perdu, je vous répète, six mois.
00:41:04– Merci, monsieur Legrin.
00:41:05Patrick Legrin, président de la coordination urale des Hauts-de-France.
00:41:08Avant de revenir sur les propos de madame la ministre Annie Gennevar,
00:41:12qui était en direct avec nous sur BFM TV,
00:41:14elle a été suivie sur les barrages, bien évidemment,
00:41:17où se trouvent les équipes de BFM TV,
00:41:18en particulier sur l'A64.
00:41:21Nous retrouvons Antoine Forestier en direct,
00:41:23avec justement des agriculteurs sur place
00:41:26qui ont écouté attentivement la ministre.
00:41:28Qu'en disent-ils alors, Antoine ?
00:41:29– Oui, vous les avez vus, on les a mis en double fenêtre,
00:41:34comme on dit la ministre d'un côté,
00:41:35Damien et Mathilde de l'autre,
00:41:36qui étaient sur leur téléphone
00:41:37et qui ont suivi cette interview de la ministre il y a quelques minutes.
00:41:40On commence avec vous, Damien,
00:41:41qu'est-ce que vous retenez de cette intervention
00:41:44d'Annie Gennevar à l'instant ?
00:41:45– Alors pour moi, je pense qu'elle a tourné autour du pot
00:41:49des revendications qu'on veut ici avec les ultras de l'A64,
00:41:51c'est-à-dire qu'on arrête l'abattage de tous les troupeaux
00:41:56et elle n'a pas parlé, elle a tourné autour du pot,
00:41:59elle a dit qu'il fallait voir avec les scientifiques et tout,
00:42:01mais bon, pour nous, pour l'instant,
00:42:03je pense que ça ne veut rien dire du tout.
00:42:05Donc si ça continue comme ça,
00:42:07je pense qu'on restera là pendant un petit moment.
00:42:10Et voilà, après, je trouve ça quand même désolant
00:42:12de voir tous ces agriculteurs ici aujourd'hui avec nous
00:42:15pour être contre ce massacre, on va dire,
00:42:18de l'élevage français, quoi.
00:42:19– Vous en attendiez plus de sa part ?
00:42:21– Oui, alors on savait que ça n'allait pas trop bouger,
00:42:23voilà, parce que ça ne fait pas trop longtemps qu'on bloque,
00:42:25mais de là, nous ne pas donner de réponse concrète aujourd'hui,
00:42:29c'est un peu désespérant vis-à-vis de la ministre, quoi.
00:42:33– Merci Damien, on va demander à Mathilde,
00:42:35j'imagine que votre avis ne diffère pas trop,
00:42:37on en a parlé un petit peu hors antenne,
00:42:39concrètement, ce que vient de dire la ministre,
00:42:41il manque des garanties pour vous,
00:42:43il manque des évolutions dans le protocole ?
00:42:45– Tout à fait, un discours, je trouve, un peu,
00:42:48enfin, très vague, très non concret, vraiment.
00:42:52Et voilà, il faut bien comprendre que dans cette situation
00:42:55de mise en mort des animaux, d'autres scènes, d'autres pas scènes,
00:43:00bien sûr, tout à fait, il y a des cas qui sont positifs,
00:43:04mais bon, je veux dire, on détruit le travail d'une vie,
00:43:07on détruit des familles, on détruit des générations de travail,
00:43:09enfin, là, aujourd'hui, il faut vraiment que ça s'arrête.
00:43:12Et tant qu'il y aura cette mise en mort,
00:43:14enfin, vraiment, de tout en, enfin, de tout troupeau,
00:43:17on sera là et on restera là,
00:43:19et jusqu'à ce que ça s'arrête, quoi.
00:43:21– Vous l'avez entendu, la vaccination a été abordée également,
00:43:23elle dit qu'il y aura suffisamment de doses
00:43:25pour vacciner toutes les vaches, ça, ça vous satisfait ?
00:43:28Vous pourriez qu'il faut accélérer là-dessus ?
00:43:30Est-ce que les doses, est-ce que les vaches
00:43:31sont suffisamment vaccinées dans le département ?
00:43:33– Bon, je pense qu'il va falloir accélérer,
00:43:35mais bon, après, voilà, comme chez lui-même, voilà,
00:43:38est-ce que le vaccin va servir à arrêter tout ça ?
00:43:41Je ne sais pas, voilà.
00:43:43– Merci beaucoup, Mathilde et Damien,
00:43:45qui font partie de ceux qui, ici,
00:43:47ont suivi l'intervention de la ministre,
00:43:49alors que le mouvement continue,
00:43:50ils sont de plus en plus nombreux ce soir,
00:43:51à peu près 200 personnes présentes sur ce blocage.
00:43:54Pour rappel, c'est déjà la troisième nuit
00:43:56qu'ils nous ont passé ici,
00:43:57on s'oriente vers la quatrième nuit sur la 64 à Carbone.
00:43:59– Merci Antoine Forestier avec Mathieu Le Peigny pour BFM TV.
00:44:03– Visiblement pas convaincus, ceux qui sont sur le terrain.
00:44:06François Pitrel, néanmoins, Madame Genevart,
00:44:07a changé un peu sa stratégie.
00:44:10Désormais, la vaccination va être beaucoup plus large,
00:44:13elle a été limitée à un rayon de 50 km
00:44:15autour de l'animal contaminé,
00:44:18là, on va vacciner plus largement.
00:44:20– Oui, c'est sur toute cette zone pyrénéenne,
00:44:22jusqu'au Lande, des Pyrénées-Orientales jusqu'au Lande.
00:44:24Donc ça, c'est un arrêté préfectoral
00:44:26qui avait été donné vendredi matin,
00:44:29donc ce changement de stratégie date de vendredi.
00:44:32Les doses sont en train d'arriver,
00:44:34parce que c'est un problème logistique aussi,
00:44:35cette vaccination élargie.
00:44:37Il faut trouver et les bras pour le faire,
00:44:39et les doses pour vacciner tous ces animaux.
00:44:41– Elle a commandé un million d'eau supplémentaire.
00:44:43– Mais par contre, elle a bien dit,
00:44:45ça se limite pour l'instant à cette zone-là.
00:44:47Pas de question d'aller plus loin pour l'instant,
00:44:50parce que l'idée, c'est de contenir la maladie
00:44:53dans la zone pyrénéenne,
00:44:54et on espère que cette vaccination suffise
00:44:57pour éviter qu'elle se propage.
00:44:58– Il faut rappeler quand même que la vaccination,
00:45:00ce n'est pas anodin d'un point de vue économique,
00:45:02parce qu'une fois qu'on vaccine une vache,
00:45:05on ne peut plus l'exporter.
00:45:07– Alors certains pays ont commencé à accepter
00:45:09les vaches vaccinées,
00:45:11notamment ces broutards, ces veaux
00:45:13qui sont ensuite engraissés dans d'autres pays.
00:45:15Donc par exemple, l'Italie, la négociation a abouti.
00:45:18L'Espagne, c'est en cours.
00:45:19La Suisse aussi.
00:45:20Mais ça, en effet, c'était un des blocages
00:45:23qui faisait qu'on ne voulait pas vacciner,
00:45:24parce qu'il fallait avoir un pays indemne de maladies
00:45:28pour pouvoir exporter ces animaux.
00:45:29Mais on voit que c'est en train de bouger là aussi.
00:45:32L'information aussi que nous donne la ministre,
00:45:34c'est que le protocole alternatif proposé
00:45:38par les éleveurs qui bloquent les routes en ce moment,
00:45:40eh bien, il va être étudié,
00:45:42il va être même peut-être lors d'un conseil national sanitaire
00:45:46qu'on appelle le CNOPSAV,
00:45:48qui va être en janvier,
00:45:50donc remis sur la table pour voir
00:45:51si on ne peut pas changer le protocole actuel
00:45:53et peut-être accéder à certaines de leurs propositions.
00:45:56– Dans tous les cas, le début de garantie
00:45:59qu'a donnée la ministre, le changement de stratégie,
00:46:02ça ne convient pas sur les barrages.
00:46:04Donc on est vraiment dans le bras de fer, là,
00:46:05qui doit continuer.
00:46:07– Mais la ministre qui est en train de présider une réunion
00:46:09à la préfecture.
00:46:10– À la préfecture, en effet, à Toulouse,
00:46:11oui, le bras de fer va continuer,
00:46:13parce que si elle avance sur le fait
00:46:14que le protocole puisse être infléchi,
00:46:17notamment concernant l'abattage,
00:46:19pour le moment, la doctrine reste la même.
00:46:21et vous avez des agriculteurs qui disent
00:46:23« Nous avons des propositions à vous faire,
00:46:25nous pouvons les appliquer le plus rapidement possible,
00:46:27mais on sent aussi, de la part des autorités,
00:46:30légitimement, sans doute,
00:46:31une grande prudence quant à l'application, sans doute,
00:46:35et à l'infléchissement des protocoles à venir. »
00:46:38La ministre qui est clairement, aujourd'hui,
00:46:39sous une très grande pression
00:46:40quand on entend les uns et les autres
00:46:42à cette heure, à quelques jours de Noël.
00:46:44– Concernant le Mercosur,
00:46:45elle a également réaffirmé sa position depuis le début.
00:46:48Elle est contre cet accord de libre-échange.
00:46:50– Un accord qui n'est pas bon, dit-elle.
00:46:51– Alors, elle dit quand même
00:46:52que ce qui va se passer au sommet européen cette semaine
00:46:56n'est pas le dernier match.
00:46:59Il y aura ensuite le Parlement.
00:47:01Ça veut dire quand même,
00:47:02elle semble assez pessimiste
00:47:03sur ce qui va se passer en fin de semaine.
00:47:05La Commission européenne va ratifier cet accord.
00:47:07– Oui, mais elle le dit aussi,
00:47:09ce n'est pas la fin de l'histoire.
00:47:11Alors, après, ses propos n'engagent qu'elle
00:47:14et évidemment le gouvernement français.
00:47:16mais clairement, la fin de la semaine
00:47:18pour les autorités françaises,
00:47:20pour l'agriculture française,
00:47:22ne va sans doute pas dans le sens
00:47:23qu'elle aurait souhaité,
00:47:25elle, le Président de la République,
00:47:26le Premier ministre,
00:47:27sans doute préparant les esprits,
00:47:29mais considérant en effet
00:47:30que cela pourra être revu,
00:47:32que ce devra être ratifié
00:47:34par le Parlement européen.
00:47:36Mais elle le dit et redit.
00:47:38Ce n'est pas un bon accord.
00:47:39Et en l'État,
00:47:40ce qui a été demandé notamment
00:47:41par le gouvernement français,
00:47:43ses clauses miroirs et ses clauses sauvegardes,
00:47:46ne sont pas suffisamment respectées
00:47:48à la hauteur de ce que demandaient
00:47:51les autorités et les agriculteurs français.
00:47:53– Alors, puisqu'on parle de l'Europe,
00:47:55autant en discuter avec Pascal Canfin,
00:47:56député européen Ensemble.
00:47:58Il est à la Commission de l'environnement,
00:48:00de la santé publique
00:48:00et de la sécurité alimentaire au Parlement.
00:48:03Bonsoir, M. Canfin.
00:48:04– La ministre était il y a quelques minutes avec nous
00:48:07pour parler des blocages des agriculteurs.
00:48:10Elle annonce que la campagne de vaccination
00:48:12va s'amplifier,
00:48:14mais qu'on ne renonce pas pour autant aux abattages.
00:48:17Vous avez choisi votre camp.
00:48:18Vous êtes dans le camp du gouvernement
00:48:20ou dans le camp des agriculteurs aujourd'hui ?
00:48:22– Je ne pense pas qu'on puisse dire,
00:48:25comme vous venez de le faire,
00:48:26qu'il y a deux camps.
00:48:27On voit bien qu'une partie du monde agricole
00:48:30est aussi favorable aux protocoles sanitaires
00:48:33parce qu'ils voient bien que
00:48:34si jamais cette épidémie prend de l'ampleur,
00:48:38ça aura des conséquences économiques
00:48:40très, très négatives
00:48:42pour l'ensemble de la filière.
00:48:44Et donc, une partie du monde agricole
00:48:45est totalement en soutien aux protocoles sanitaires.
00:48:48Si on peut amender, aménager ces protocoles sanitaires
00:48:53tout en faisant en sorte qu'ils restent efficaces,
00:48:55formidable, évidemment.
00:48:56Mais il ne faut pas céder sur l'essentiel,
00:48:59à savoir, il faut éradiquer les foyers
00:49:02qui existent aujourd'hui
00:49:03pour éviter un problème encore plus grand
00:49:06demain pour l'ensemble des éleveurs français.
00:49:08– Mais tuer des animaux sains,
00:49:10ce n'est quand même pas la loi de la nature.
00:49:11Est-ce qu'on n'aurait pas dû réagir plus tôt,
00:49:13notamment dès cet été,
00:49:15et commencer à vacciner le plus tôt possible ?
00:49:19– Bien sûr.
00:49:20Mais vous voyez bien qu'aujourd'hui,
00:49:22toutes les questions qui se posent sur la vaccination,
00:49:24est-ce qu'il faut le faire ?
00:49:25Est-ce que, vous venez de le dire il y a quelques minutes,
00:49:27est-ce que les pays vers lesquels on exporte
00:49:29auraient quand même accepté,
00:49:31alors qu'il n'y avait pas encore de crise ?
00:49:32Vous voyez, c'est très compliqué,
00:49:34ce sont des questions complexes
00:49:35qu'on ne peut pas régler avec des slogans
00:49:36ou des positionnements simplistes.
00:49:38Donc il faut faire le travail,
00:49:40faire la vaccination,
00:49:41c'est le meilleur outil dont on dispose,
00:49:43il n'est pas parfait,
00:49:43et on sait très bien qu'il y a un temps d'incubation
00:49:46qui fait que, malheureusement,
00:49:48personne n'est satisfait de cette situation,
00:49:51malheureusement, on est quand même obligé
00:49:52d'abattre certains animaux malgré la vaccination.
00:49:56Par ailleurs, juste un mot,
00:49:58il faut aussi s'interroger sur les causes.
00:50:00Là, on ne parle que des traitements
00:50:01et de la gestion des conséquences de la crise,
00:50:03et c'est bien normal,
00:50:04il ne faut jamais oublier la cause.
00:50:06La cause, pourquoi on a cette maladie maintenant,
00:50:08alors qu'on ne l'avait pas avant,
00:50:09et elle est en France, elle est en Espagne,
00:50:11elle est en Sardaigne, elle est en Grèce,
00:50:13tout simplement à cause du réchauffement climatique,
00:50:15à cause du fait que certaines espèces d'insectes
00:50:18qui étaient présentes uniquement en Afrique
00:50:20et au Moyen-Orient migrent
00:50:22parce que les températures changent chez nous.
00:50:24Voilà une conséquence concrète du dérèglement climatique.
00:50:27Mais M. Canfin, aujourd'hui,
00:50:29il y a ce problème de la dermatose nodulaire,
00:50:32mais il y a aussi le Mercosur.
00:50:34Alors est-ce que la France a les moyens de dire non
00:50:36et de ne pas signer le Mercosur ?
00:50:38On a l'impression que là, malheureusement,
00:50:39on est coincé.
00:50:41Alors, au moment où on parle,
00:50:45nous sommes lundi soir,
00:50:46et vous savez que la signature potentielle du Mercosur,
00:50:50c'est à la fin de la semaine.
00:50:51Néanmoins, pour que la présidente de la Commission européenne
00:50:54puisse aller comme elle en a l'intention,
00:50:58signer le Mercosur au Brésil à la fin de la semaine,
00:51:01il faut que cet accord soit ratifié par les États membres.
00:51:06Ensuite, on parlera du Parlement dans quelques secondes.
00:51:07Mais cette semaine, ce sont les États membres.
00:51:09Or, au moment où on parle, ça peut encore changer,
00:51:13mais au moment où on parle,
00:51:14les deux réunions,
00:51:16qui sont les deux seuls moments où les États peuvent dire oui ou non,
00:51:19c'est-à-dire le moment de vérité,
00:51:21où on dit qu'on ne se cache pas derrière des conditions,
00:51:23son petit doigt, etc.,
00:51:24c'est soit je suis à bord, soit je ne suis pas à bord.
00:51:26Ces réunions, c'est demain et mercredi.
00:51:29Au moment où on parle, l'ordre du jour de ces réunions
00:51:33ne prévoit pas la ratification ou non du Mercosur.
00:51:37Le Mercosur n'est pas à l'ordre du jour de ces réunions,
00:51:40ni demain, ni mercredi.
00:51:42Ce qui veut dire que la position française consistant à dire
00:51:45il faut repousser, faire en sorte que l'on puisse se mettre d'accord
00:51:50sur des clauses de sauvegarde agricole plus ambitieuses.
00:51:54Et ça, c'est le vote au Parlement qui a lieu lui-même demain.
00:51:57Et la position française qui a été exprimée par la voix du Premier ministre ce week-end,
00:52:03c'est possible, c'est possible qu'on emporte cette bataille à court terme
00:52:07de façon à ce que le Mercosur ne soit pas ratifié cette semaine.
00:52:11Oui, mais là, vous jouez avec la montre.
00:52:12Ce qui serait bien évidemment une première d'un temps.
00:52:14Vous essayez de gagner du temps parce que ça tombe mal
00:52:17par rapport au calendrier et à cette crise sanitaire.
00:52:20Mais est-ce que vous n'êtes pas en train de faire naître de faux espoirs ?
00:52:24Alors, je suis, moi, totalement hostile au fait que la France ratifie le Mercosur.
00:52:29Donc, je ne suis pas du tout en train de gagner du temps
00:52:31puisque moi, au Parlement européen, ici même à Strasbourg où je suis,
00:52:34je voterai contre cet accord.
00:52:37Bien sûr, c'est pour ça qu'on a plusieurs actions.
00:52:41La première action, c'est d'essayer de faire en sorte, au Conseil,
00:52:44avec d'autres États, l'Italie, la Pologne, la Belgique,
00:52:47de constituer ce qu'on appelle une minorité de blocage pour bloquer l'accord.
00:52:51Au moment où on parle, on a cette minorité de blocage.
00:52:54Et c'est d'ailleurs pour ça que ça n'est pas inscrit cette semaine
00:52:57à l'ordre du jour des réunions dont je vous parle à l'instant.
00:53:01Ça peut changer car ça dépend d'un seul État qui basculerait.
00:53:04L'État le plus fragile, c'est Giorgia Meloni, c'est l'Italie.
00:53:07Si l'Italie bascule et dit finalement je suis prêt à voter l'accord,
00:53:10alors nous, Français, nous perdons notre minorité de blocage.
00:53:13Néanmoins, tout n'est pas perdu,
00:53:15parce qu'ensuite il faut que ce soit ratifié au Parlement européen.
00:53:18Et là, je peux vous dire que ce sera extrêmement serré.
00:53:20Je pense pouvoir vous dire que si le vote devait avoir lieu aujourd'hui,
00:53:24si le vote devait avoir lieu aujourd'hui, nous gagnerions,
00:53:27c'est-à-dire que le Mercosur ne serait pas ratifié.
00:53:29L'image qu'on va voir samedi, c'est la présidente de la Commission européenne
00:53:33en train de ratifier au Brésil le traité.
00:53:37Je crois que je viens de vous dire exactement le contraire, monsieur,
00:53:39donc je le réaffirme.
00:53:40Évidemment, si les réunions n'ont pas lieu ni demain ni après-demain,
00:53:45si le Mercosur n'est pas à l'agenda,
00:53:48il va de soi que la présidente de la Commission ne peut pas aller ratifier l'accord
00:53:52puisqu'elle n'aura pas eu de majorité pour le faire.
00:53:55Donc ce qui est en train de se jouer,
00:53:56ce n'est pas simplement pour la galerie,
00:53:59c'est est-ce que, oui ou non,
00:54:01le Mercosur est cette semaine ratifié par une majorité d'États membres
00:54:06ou est-ce qu'il y a une minorité de blocage avec la France, l'Italie et quelques autres
00:54:10ou est-ce que, finalement, la présidente de la Commission
00:54:13accède à la demande française de ne pas mettre cela cette semaine
00:54:17et ensuite, lorsque ce sera éventuellement voté par les États membres,
00:54:20est-ce que le Parlement le vote, lui,
00:54:22et aujourd'hui, si le vote devait avoir lieu aujourd'hui,
00:54:25je pense que nous gagnerions contre le Mercosur.
00:54:27Donc, oui, on est très très loin, très très loin d'en avoir fini
00:54:31et d'avoir lâché, en quelque sorte, ce combat que nous menons.
00:54:34Merci, M. le député Canfin.
00:54:35Merci d'avoir été en direct avec nous.
00:54:38On file aux portes de Bordeaux sur l'autoroute La 63.
00:54:42Retrouvez Clémence Renard en direct pour BFM TV.
00:54:45Clémence, vous êtes avec les agriculteurs.
00:54:47Un viticulteur qui a suivi l'intervention de la ministre.
00:54:52On est, nous, sur La 63 au sud de Bordeaux.
00:54:56Juste pour vous expliquer pourquoi on bloque ici les agriculteurs
00:54:59qui sont arrivés hier soir aux alentours de 22h.
00:55:02En fait, pour vous expliquer, de ce côté-là, c'est l'Espagne.
00:55:05On est en direction de Bordeaux.
00:55:06Et donc, Ludovic, vous êtes vigneron.
00:55:09Et surtout, vous êtes coprésident de la coordination rurale de la Gironde.
00:55:14Pourquoi vous vous êtes installé là ?
00:55:15C'est pour bloquer, en tout cas, cibler les camions qui viennent d'Espagne et du Portugal.
00:55:18Oui, pour cibler les camions qui arrivent de l'étranger et faire des barrages filtrants un peu plus haut.
00:55:23Parce qu'ils sortent avant, du coup, et ils sont obligés de repasser en haut et de ressortir plus loin.
00:55:27Et donc, hier soir, on en a fait quelques-uns.
00:55:30On n'a rien trouvé.
00:55:31C'était juste des camions de passage.
00:55:33Donc, on a abandonné.
00:55:34On va recommencer ce soir.
00:55:36Ils transitent beaucoup la nuit.
00:55:37Et le message que vous voulez faire passer, c'est pour dénoncer la surtransposition des normes françaises, notamment ?
00:55:42Oui, surtransposition et tout ce qui arrive à l'étranger, ils n'ont pas les mêmes normes que nous.
00:55:47Et nous, on nous empêche des produits, des phytosanitaires.
00:55:52Et au final, on fait venir des produits de l'étranger et qui ont beaucoup plus de produits que nous.
00:55:57Une autre question avec cette fois votre autre casse-tête de viticulteur.
00:56:00Pourquoi vous êtes de nouveau mobilisé depuis hier ?
00:56:03Eh bien, en tant que viticulteur, on nous a promis une prime de 130 millions d'euros.
00:56:09et ça a été dit 70 millions d'euros de suite, 60 millions d'euros plus tard.
00:56:15Et au final, ça sera au moment de voter le budget.
00:56:19Et comme ils se tirent tous dans les pattes, le budget n'est pas prêt d'être fait.
00:56:22Donc, aujourd'hui, on n'a toujours pas de réponse sur la prime d'arrachage.
00:56:25Ça fait 25 ans que vous êtes viticulteur.
00:56:27Comment vous voyez-vous votre avenir ?
00:56:29Je le vois très mal.
00:56:31Sur trois structures, j'en ai une en redressement judiciaire.
00:56:34Et qu'on a anticipé, bien sûr.
00:56:37Mais je vois mal l'avenir.
00:56:41Et là, vous allez rester donc mobilisé ?
00:56:43Vous allez bloquer cette autoroute encore combien de temps ?
00:56:45Le maximum qu'on peut jusqu'à ce que le préfet décide de nous virer.
00:56:49Jusqu'à être délogé.
00:56:51Merci beaucoup d'avoir été avec nous.
00:56:52Voilà plusieurs dizaines d'agriculteurs et de tracteurs
00:56:54qui sont donc mobilisés depuis hier soir sur cette A63 en direction de Bordeaux.
00:56:58Et vous l'avez entendu, ils resteront mobilisés encore ces prochains jours.
00:57:02Merci Clémence Renard en direct de l'A63 pour BFMTV.
00:57:08Annie Gennevard, la ministre de l'Agriculture était en direct avec nous.
00:57:11Elle a annoncé ce qu'il faut maintenant, c'est privilégier la vaccination et son extension.
00:57:15On va l'écouter.
00:57:16Aujourd'hui, nous n'avons plus en France un seul cas foyer de dermatose nodulaire contagieuse.
00:57:23Donc la situation est sous contrôle.
00:57:24Il faut aussi que nous soyons dans l'espoir de vaincre cette maladie.
00:57:31Et nous pouvons le faire.
00:57:32D'autres pays l'ont fait.
00:57:33Nous avons suffisamment de doses de vaccins pour vacciner déjà cette large zone de vaccination.
00:57:41Zone réglementée, zone vaccinale.
00:57:43Je viens de recommander un million de doses de vaccins
00:57:48pour pouvoir faire face aux besoins de vaccination sur ce territoire.
00:57:54On va en parler maintenant avec notre invité David Quint
00:57:57qui est président du syndicat national des vétérinaires d'exercice libéral.
00:58:00La vaccination, c'est la solution ?
00:58:02Ah oui. C'est le moyen le plus efficace de protéger les animaux à proximité des foyers
00:58:09pour éviter justement l'extension de la maladie.
00:58:12Donc c'est le préalable à toute autre discussion sur le changement de mesure.
00:58:19C'est-à-dire que, pour le coup, on entend beaucoup les contestations
00:58:23sur les abattages totaux des unités épidémiologiques,
00:58:26c'est-à-dire des lots contaminés au contact des foyers, dans les foyers.
00:58:31Et la vaccination, c'est ce qui permettra peut-être d'ouvrir le débat
00:58:36sur un changement des mesures.
00:58:38D'éviter l'abattage.
00:58:40Alors, en fait, il y a des études qui ont été menées dans des épisodes précédents
00:58:46de la maladie, notamment dans les Balkans.
00:58:48Et il y a une étude qui a été faite par l'autorité européenne sanitaire
00:58:56qui montre que, quand on a une immunité suffisamment développée auprès des animaux,
00:59:05il y aurait...
00:59:06Alors, c'est une modélisation, donc ce n'est pas sur des données réelles,
00:59:10mais ça a le mérite d'exister quand même.
00:59:12Il y aurait potentiellement peu de différences ou pas de différences
00:59:16entre un abattage sélectif et un abattage total.
00:59:18Mais à l'heure actuelle, ce n'est pas du tout d'actualité
00:59:21puisqu'on n'est pas dans cette situation avec une immunité suffisamment déployée
00:59:25auprès des animaux autour des foyers.
00:59:27– Oui, mais reconnaissez qu'abattre des animaux sains, ce n'est pas naturel.
00:59:30– Mais malheureusement, ils ne sont pas tous sains.
00:59:32– Oui, mais on ne le sait pas, donc c'est un peu...
00:59:34– Pardon, mais la méthode paraît un peu moyenâgeuse.
00:59:38C'est-à-dire qu'aujourd'hui, il y a beaucoup d'éleveurs qui disent
00:59:41« Mais pourquoi ne pas confiner les animaux qui ont peut-être été en contact
00:59:45avec la vache contaminée, mais qui ne sont évidemment peut-être pas malades ? »
00:59:49On attend quelques jours et on voit ce qui se passe
00:59:51avant de décider d'abattre totalement le troupeau.
00:59:53– Alors, il y a plusieurs choses dans ce que vous dites.
00:59:56La première des choses, c'est qu'il faudrait qu'on soit en capacité
00:59:59de distinguer les animaux malades des animaux sains.
01:00:01– Les tests ne sont pas suffisamment précis ?
01:00:03– Non, tout à fait.
01:00:05Il y a les tests...
01:00:07Bon, quand un animal est positif, quand on a des lésions
01:00:09et qu'on prélève ces lésions-là, avec les analyses qu'on a,
01:00:14on est capable de savoir si oui ou non, c'est bien la DNC.
01:00:17Après, il y a tous les animaux qui n'ont pas de symptômes et pour lesquels...
01:00:21– Mais qui sont contaminés.
01:00:22– Mais qui sont contaminés.
01:00:24Et donc, on sait, en condition expérimentale,
01:00:27on sait qu'il y en a à peu près autant qui sont contaminés
01:00:30que ceux qui sont malades.
01:00:31et après, il y a effectivement les animaux qui ne sont pas contaminés.
01:00:35Mais aujourd'hui, les tests ne nous permettent pas de distinguer un animal
01:00:37sans symptômes d'un animal sain.
01:00:42Et donc, aujourd'hui, ce n'est pas possible de distinguer ces choses-là.
01:00:45Et quand vous parlez d'isolement, comme c'est une maladie vectorielle,
01:00:49c'est-à-dire c'est une maladie qui est transmise par les piqûres de mouches,
01:00:52il faudrait qu'on puisse s'assurer que la mouche ne vient pas au contact
01:00:57des animaux qu'on a isolés.
01:00:59Et dans les conditions des élevages actuellement, ce n'est pas possible.
01:01:02En laboratoire peut-être, dans un élevage, ce n'est pas possible.
01:01:05– Il y a quelques minutes, le député Pascal Canfin disait
01:01:09qu'il faut s'interroger aussi sur pourquoi cette maladie vient ici, en France.
01:01:14On sait pourquoi, pourquoi est-ce qu'elle arrive ?
01:01:17Parce que ce n'est pas une maladie qui revient tous les ans.
01:01:19Alors, il a dit que c'est à cause du réchauffement climatique, ça notamment.
01:01:21Est-ce que c'est vrai ou pas ?
01:01:22– Alors, c'est une maladie qui a été découverte en Afrique,
01:01:28donc avec des conditions climatiques qui sont bien différentes de celles de l'Europe.
01:01:31Et effectivement, dans le temps, elle a remonté,
01:01:35donc elle est passée par la Grèce, puis par les Balkans.
01:01:39Donc effectivement, on peut fortement suspecter
01:01:42que le réchauffement climatique et les mouvements des vecteurs,
01:01:45donc des types de mouches, puissent expliquer ça.
01:01:48– Ça veut dire que l'hiver qui arrive, c'est plutôt une bonne chose ?
01:01:51– Alors, c'est plutôt une bonne chose, sauf que dans les étables, il fait bon.
01:01:55Et malheureusement, pour lutter contre les vecteurs,
01:01:58il faudrait lutter contre tous les sites où ils nichent les larves, les œufs.
01:02:03Et c'est très compliqué.
01:02:04Dès qu'il fait beau, il y a une évolution des stades larvaires vers la mouche adulte.
01:02:09Et du coup, on peut avoir une reprise de l'activité vectorielle très tôt.
01:02:12– Juste sur la logistique, un million,
01:02:16est-ce que vous, en tant que professionnel, vétérinaire…
01:02:19– Un million de quoi ?
01:02:20– Un million de doses de vaccins, donc un million de vaccination.
01:02:23Est-ce que dans les temps impartis, dans la manière dont se propage la maladie,
01:02:27la France est équipée ?
01:02:29– Vous êtes suffisamment nombreux pour vacciner ?
01:02:31– Alors, jusque-là, on n'a pas fait défaut.
01:02:34Ce ne sont pas les vétérinaires qui ont fait défaut.
01:02:35– Mais là, on change de dimension, c'est ce qu'a dit la ministre.
01:02:38– On change de dimension.
01:02:39Jusque-là, on a réussi à vacciner en quelques semaines,
01:02:43à chaque fois, dans les zones contaminées.
01:02:46C'est ce qui a permis d'arriver à la stabilisation de la situation
01:02:51et à la disparition des foyers dans les Savoies.
01:02:55Et si on n'avait pas ces bons de 100 km à chaque fois,
01:03:00on n'aurait pas de raison de craindre qu'on n'y arrive pas.
01:03:02– Mais parce que, question de profane, pardonnez-moi,
01:03:04mais ça prend du temps à vacciner un cheptel ?
01:03:06– Un cheptel, non.
01:03:07La totalité des cheptels, vous prenez l'exemple,
01:03:10en Savoie, il y a eu 350 000 bovins à vacciner.
01:03:13Dans la zone du Rhône et de Lens, il y en avait autant.
01:03:17Dans le Jura et le Doubs, on doit être largement à ça.
01:03:22Et là, dans la zone de l'Occitanie…
01:03:24– Ça prenait combien de temps ?
01:03:25– La vaccination dans les Savoies, par exemple,
01:03:29pour les 350 000 premiers bovins,
01:03:32on a commencé le 18 juillet,
01:03:35et fin août, on avait un très haut taux de couverture.
01:03:40Et partout où on est passé, c'est à peu près comme ça que ça s'est passé.
01:03:43– Donc vacciner la France, ça prendrait…
01:03:45– Alors c'est plus compliqué, parce qu'il faut avoir la totalité des doses.
01:03:48– 16 millions à duchés, 16 millions de bovins.
01:03:50– Aujourd'hui, les laboratoires qui produisent les vaccins
01:03:53nous disent que pour produire la totalité des doses,
01:03:55il faudrait entre 7 et 12 mois.
01:03:57– Une dernière question, est-ce que les agriculteurs,
01:04:00certains agriculteurs continuent de vous faire confiance,
01:04:02à vous les vétérinaires et aux vaccins, ou il y a une défiance ?
01:04:05– Alors, les agriculteurs, la plupart font confiance aux vétérinaires,
01:04:09mais il y a eu effectivement un certain nombre de problématiques
01:04:13dans les derniers foyers.
01:04:16Dans le Doubs, on l'a vu, il y avait des menaces
01:04:18qui ont été proférées à l'encontre des vétérinaires.
01:04:21Là, actuellement, dans le cas de l'Ariège, ça a été le cas aussi.
01:04:26Donc c'est très désagréable.
01:04:27Moi, je comprends que mes consoeurs et mes confrères
01:04:29ne se sentent pas en sécurité.
01:04:31Et je veux rappeler que ceux qui vont faire les dépeuplements,
01:04:36c'est les mêmes qui vaccinent.
01:04:37Donc c'est ceux qui vont protéger les cheptels,
01:04:40c'est ceux qui sont là pour aider l'élevage,
01:04:41et c'est ceux qui sont au quotidien aux côtés des éleveurs.
01:04:44Et quand je reçois des menaces de mort,
01:04:48je pense qu'on a beaucoup de mal à continuer à discuter
01:04:53dans ces conditions-là.
01:04:54Vous restez avec nous.
01:04:56Vous vous expliquerez justement quel type de menace
01:04:58dans quelques minutes.
01:05:00On va retourner à Tours,
01:05:02retrouver Igor Saïry en direct pour BFM TV.
01:05:04Igor, avec un point de blocage que vous nous avez fait vivre
01:05:08devant la préfecture.
01:05:09Et point de blocage, Alain, toujours maintenu.
01:05:14Vous le voyez, il y a toujours ces pneus,
01:05:16ce foin et ce fumier devant la porte de la préfecture.
01:05:18Une réunion est en cours avec une délégation
01:05:20de la Coordination Rurale et de la Confédération Paysanne.
01:05:24Et l'issue de cette réunion déterminera sans doute
01:05:27aussi les prochaines heures en matière d'action
01:05:31pour soutenir les agriculteurs de l'Occitanie.
01:05:35Je suis avec deux jeunes, deux jeunes de 19 ans.
01:05:38Il s'agit de Flavie et de Zoé.
01:05:40Regardez, Zoé porte d'ailleurs la pancarte
01:05:42« Souvent nos éleveurs ».
01:05:43Flavie et Zoé sont en BTS, dans un lycée agricole,
01:05:47en production animale.
01:05:48Et Flavie, vous teniez absolument à vous mobiliser,
01:05:52vous aussi, malgré votre jeune âge, aujourd'hui.
01:05:54Oui, je tenais à mobiliser pour défendre nos droits
01:05:56en tant qu'éleveurs.
01:05:57J'ai de la famille dans l'élevage qui est très inquiète
01:05:59aujourd'hui face à cette DNC
01:06:00et à l'abattage des troupeaux massifs.
01:06:03Et donc, vous vous défendez quelque part un petit peu
01:06:06l'avenir aussi du monde paysan,
01:06:08mais aussi votre famille qui est dans un élevage bovin.
01:06:11Tout à fait, j'aimerais m'installer plus tard en bovin
01:06:12et notre avenir, aujourd'hui, il est un peu incertain
01:06:15face à tout ça.
01:06:16En fait, ce qu'il faut bien comprendre, effectivement,
01:06:18c'est qu'ici, en Touraine, on a peur
01:06:20que cette dermatose arrive ici, jusqu'au département.
01:06:23C'est ça ?
01:06:24Oui, c'est exactement ça.
01:06:25C'est vrai que ça nous inquiète vraiment
01:06:27de perdre nos cheptels, finalement.
01:06:30On voit ce qui se passe dans le Sud.
01:06:32C'est alarmant.
01:06:34On a beaucoup d'empathie pour eux
01:06:35et on ne veut vraiment pas que ça nous arrive.
01:06:37Quel message vous avez envie de faire passer
01:06:38en tant qu'étudiante en BTS ?
01:06:40Vous me disiez tout à l'heure que vous avez manifesté
01:06:42ce matin dans votre lycée agricole.
01:06:44Tout cela vous concerne, finalement.
01:06:45Oui, exactement.
01:06:46Nous, en plus, on est vraiment des classes
01:06:48de production animale, donc ça nous concerne directement.
01:06:51Mais en plus, ce matin, il y avait vraiment
01:06:52toutes les classes de manifester pour nous,
01:06:54simplement parce que le milieu agricole
01:06:56est, je pense et j'espère, solidaire.
01:06:58Et vraiment, on est très désemparés
01:07:00face à ce qu'on a vu aux informations
01:07:02toute la semaine dernière et tout ce week-end.
01:07:05Merci beaucoup.
01:07:05En tout cas, on va vous suivre, évidemment,
01:07:07dans les prochaines heures.
01:07:08Je le disais, la réunion va être déterminante.
01:07:10Par ailleurs, en discutant aussi un petit peu
01:07:11avec les gens mobilisés ici,
01:07:13il y a ce traité du Mercosur.
01:07:14Peut-être signé au Conseil européen
01:07:16d'ici la fin de la semaine
01:07:17et qui inquiète évidemment tout le monde
01:07:19parce qu'il y a la dermatose,
01:07:20mais il y a aussi tout le reste
01:07:21et notamment les normes européennes
01:07:22et cette concurrence illégale,
01:07:25enfin, en tout cas, qu'il considère comme illégale
01:07:27depuis les pays d'Amérique du Sud
01:07:29et à qui il ne pèse absolument pas ici.
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