- il y a 2 mois
Le Grand portrait de Sonia Devillers est Raï, footballeur, fondateur d'une association de lutte contre l’illettrisme au Brésil. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-grand-portrait/le-grand-portrait-du-lundi-15-decembre-2025-5323247
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Rai est une légende du Paris Saint-Germain, champion de France, vainqueur d'une coupe européenne,
00:05de la coupe de France, de la coupe de la Ligue dans les années 90.
00:09Un Brésilien restait gravé dans le cœur du club parisien, champion du monde en son pays aussi.
00:16Après une légion d'honneur, la France a fini par le naturaliser, immense fierté.
00:21L'homme a depuis raccroché les crampons, il ne marque plus de but, il en poursuit.
00:26Et je ne joue pas sur les mots, à lire son autobiographie, on se demande si Rai est devenu footballeur par passion ou par nécessité.
00:34Une chose est sûre, toute sa vie, il a couru derrière autre chose qu'un ballon.
00:40L'idée qu'on doit partager, ce qu'on a reçu, l'éducation, la culture, la pensée politique, la conscience de l'histoire
00:46et l'inébranlable conviction que l'accomplissement de chacun passe par le collectif.
00:52C'est ça, d'avoir été le petit dernier d'une grande fratrie.
00:56Pas d'humanité, sans fraternité.
00:58Rai, portrait numéro 63.
01:10Toujours là, le PSG va perdre le match contre le Monaco de Fabien Barthez.
01:14Mais tout le monde s'en fout.
01:16L'important, c'est de célébrer Rai.
01:18Bonjour Rai.
01:32Bonjour, c'est un plaisir d'être là.
01:34Nous, ça nous fait plaisir que vous soyez là.
01:37Il n'y a pas un supporteur du PSG qui ne vous ait pas parlé de ce moment hallucinant
01:43où il y a un plan, la caméra vous prend en contre-plongée, vous êtes sur le bord du terrain,
01:48vous pleurez tellement que vous avez le visage enfoui dans votre maillot.
01:54C'est vrai, et en plus c'était tellement spontané.
01:56Quand vous parlez de la caméra, on a l'impression que c'est une fiction en film.
02:00C'était vrai.
02:02Et en plus, c'était un sentiment.
02:04Et c'est à chaque fois qu'il y a des supporters qui ont vécu ça, qui ont suivi,
02:08et qui me parlent de ça, ils ont presque l'âme aux yeux aussi.
02:11Je crois que c'était une émotion qui a été partagée.
02:13Parce que c'était tellement spontané.
02:15Et que ça représentait aussi cinq ans que j'ai passé ici.
02:19Une période de ma vie importante, une période de la vie du club importante,
02:23de la ville aussi, pourquoi pas.
02:27Paris Saint-Germain, c'est un représentant de la ville aussi.
02:31Et moi, j'étais le capitaine, un peu symbolique.
02:35Et donc là, c'était un moment qui a représenté tout un partage.
02:37Et ce Parc des Princes, parce que vous le dites, Ray,
02:40ce Parc des Princes, il n'a rien à voir avec un stade brésilien.
02:44C'est très particulier.
02:45Vous vous dites, en fait, il a une acoustique étonnante
02:48qui empêche les sons de s'envoler vers les cieux.
02:51Ça veut dire quoi ?
02:52Ça veut dire qu'on est enfermé dans cette boîte de football ?
02:56Oui, il y a une acoustique particulière aussi.
02:59Il y a cette architecture aussi, son histoire de béton.
03:03Et c'est vrai que quand on a l'ambiance, on a l'impression que ça reste,
03:08que ça continue, qu'il y a une séquence.
03:12Quand il y a une vraie ambiance du sport, du foot, des passions,
03:17on a l'impression que c'est une symphonie de continuité.
03:21Une symphonie de continuité.
03:23Le Parc des Princes.
03:24Alors, vous publiez les buts de ma vie, un homme engagé sur tous les terrains,
03:28aux éditions Face Cachée, évidemment.
03:30Il y a une préface de Michel Denizot, c'est lui qui vous a fait venir au PSG dans les années 90.
03:34C'est lui qui dirigeait le club à l'époque.
03:38Un but, je l'ai dit, c'est pas qu'un ballon qui entre dans une cage.
03:41Alors, on va refaire l'histoire des buts que vous avez poursuivis toute votre vie.
03:45Vous êtes né en 1965, vous êtes le sixième de six garçons.
03:49Vous êtes né dans le Nord-Esté, à Fortaleza.
03:52A l'époque, au Brésil, on écoutait ça.
04:08La bossa.
04:09Ce qui est intéressant, c'est que vous êtes né à un moment de ferveur footballistique absolument fou.
04:19Vous naissez en 1965.
04:21Le Brésil est champion du monde en 1958.
04:23Le Brésil est re-champion du monde en 1962.
04:27Le Brésil est re-champion du monde en 1970.
04:30C'est-à-dire que le pays entier ne vibre que pour ça ?
04:33Oui, c'était un moment particulier parce que 1962-1958, ça représentait un moment du Brésil aussi optimiste,
04:40le pays du futur qu'on parlait.
04:42Il y avait la bossa nova, il y avait Niemeyer sur l'architecture.
04:45Il y avait un cinéma nouveau aussi au Brésil.
04:49Il y avait plein...
04:49Oscar Niemeyer, c'est ça, sur l'architecture.
04:51Oscar Niemeyer, et des artistes partout.
04:56Le Brésil, ça devenait, on parle aussi d'un syndrome de la colonie, d'être la colonie.
05:05Là, on est en train d'être autonome, d'avoir un futur.
05:07C'était un pays qui s'émancipait.
05:08Et qui aussi, je crois, qui touchait les autres pays, les autres pays qui accompagnaient cette culture vivante,
05:15des mélanges qu'on vit au Brésil, festifs aussi qu'on vit au Brésil.
05:21Et du coup, la seule chose, c'est qu'en 65 et 64, il y a eu le coup d'État.
05:26On va en parler ?
05:27Oui, entre les trois groupes du monde.
05:30Il y a le coup d'État.
05:31Deux, la fête, et après, en 70, ça commençait à être un peu compliqué.
05:36C'est ça. Mais vous, vous racontez que quand vous êtes petit, il y a un couloir à la maison, chez vos parents.
05:43Vos parents qui sont des gens tout à fait modestes, des autodidactes, qui travaillent dans l'administration.
05:48Il y a un couloir.
05:49Et c'est là que vous apprenez vos premiers gestes de foot.
05:53C'est avec vos frères, dans le couloir.
05:55Oui, je suis né déjà, je plaisante en disant que je suis né déjà d'une équipe de foot.
06:01C'est en six garçons.
06:02Chez le plus petit, qui était fou du sport.
06:05On était tous fou du sport.
06:07Il y a eu une basketeur professionnelle.
06:08Il y a eu une autre qui était footballeur professionnelle aussi, Socrates.
06:12Et bien sûr que je jouais dans la rue aussi.
06:15Mais comme j'avais cinq frères chez moi, c'était comme ça, avec un ballon, parfois des balles de tennis, avec des chaises après le déjeuner.
06:26On jouait et c'est comme ça que j'ai commencé à prendre.
06:28Et c'est l'un de vos grands frères, Reymar, je ne sais pas comment ça se prononce.
06:31Oui, c'est le qui était le peu proche, Reymar.
06:33Voilà, Reymar, qui vous emmène chez le coiffeur.
06:36Vous avez dix ans et qui dit au coiffeur, celui-là, c'est un futur champion.
06:41Oui, on demande toujours parce qu'il y avait déjà un joueur, un très bon joueur qui commençait à être connu au Brésil, mon frère Socrates.
06:50Et tout le monde demandait, est-ce qu'il y a un autre qui peut devenir de ça ?
06:54Dans la famille.
06:54Et mon frère qui m'a suivi toute ma carrière et depuis le départ, lui répondait ça.
07:01Il voyait déjà en avance et il s'énervait parce qu'il commençait à perdre le plus jeune.
07:07Mais quand on vous lit, c'est ça qui est assez étonnant, c'est-à-dire que vous naissez dans cette passion du football,
07:12vous avez déjà votre grand frère sur les terrains Socrates, il va vite devenir une légende du foot.
07:17Mais en même temps, vous devenez papa à l'âge de 17 ans, votre petite copine à 16 ans, vous êtes un père très très jeune,
07:23vous devez travailler du travail, vous devez nourrir votre petite famille.
07:27Et on se demande si vous êtes devenu footballeur parce qu'il fallait trouver un job,
07:31ou si vous êtes devenu footballeur parce que c'était une religion et c'était une passion.
07:34On ne sait pas trop.
07:35Oui, je suis un passionné, j'étais toujours passionné par le sport en général, le foot, bien sûr, j'étais doué.
07:42Mais je ne pensais pas être pro à l'époque, c'était à cause que ma copine à l'époque a tombé enceinte,
07:50je devais trouver un boulot.
07:51Je dis toujours que j'étais un rêveur à l'époque, donc je croyais, je crois que je ne serais pas footballeur professionnel,
07:59ce n'était pas cette histoire, c'était le destin.
08:03Et je rigole un peu en disant aussi que c'était un peu le joueur malgré lui.
08:08Le joueur malgré lui, c'est ça.
08:10Mais heureusement que j'avais du...
08:11Comme le médecin malgré lui de Molière, c'est ça.
08:13Exactement.
08:13C'est ça, c'est ça.
08:15Alors, vous l'avez dit, 31 mars 1964, le Brésil va basculer dans la dictature.
08:21Avec l'appui de la plupart des chefs militaires, l'opposition vient de passer aux actes.
08:26Partie de l'état de Minas Gerras, la rébellion a fait tâche d'huile jusqu'aux portes du palais présidentiel
08:30que M. Goulart a dû abandonner pour se réfugier avec sa famille en Uruguay.
08:35La seule façon de l'armée qu'on bat actuellement au Brésil, c'est réellement la torture.
08:39Moi-même, j'ai été torturé très violemment pendant un mois et demi.
08:44Ils ont battu mon frère, ils lui ont attaché les bras derrière le dos et ils l'ont tué de 13 coups de revolver.
08:50Ray, vous êtes né avec la dictature au Brésil.
08:52Oui, je suis né de...
08:53Vous êtes né avec la dictature.
08:55C'est toute votre enfance, c'est toute votre adolescence, c'est votre jeunesse, c'est 20 ans.
09:00Ensuite, de joues militaires sur le Brésil.
09:05Et c'est 20 ans qui vont marquer dans la chair votre famille et notamment votre père.
09:12Oui, mon père qui venait du nord-est du Brésil, une région très pauvre.
09:18Et lui, il s'en sort bien dans sa vie.
09:22Mais il était fonctionnaire, mais en même temps, quelqu'un qui était plutôt progressiste des gauches.
09:28Je rappelle qu'il avait, parce que c'était très violent, surtout les premières années de la dictature.
09:33Et lui, chez nous, je raconte ça dans un livre, il a dû brûler des livres parce qu'il avait peur pour ses enfants.
09:40Il a brûlé une partie de sa bibliothèque, il avait une immense bibliothèque.
09:43Une immense bibliothèque.
09:44Il y avait des livres qui étaient dangereux.
09:45Oui, il y avait dangereux pour l'extrême droite, qui a peur du savoir, qui a peur de la liberté, d'expression.
09:55Et c'est des livres qu'il lisait, c'est pour ça que les premiers trois frères, ça s'appelait Socrates, Sosten et Sophocle.
10:05Ils n'ont que des noms de philosophes grecs, de penseurs grecs.
10:08Lui, il était autodacte, mon père, et à chaque 1-2 ans, il prenait un thème et il allait au bout.
10:14C'était comme mes frères sont nés, mais après il y a lu sur Freud, d'autres choses, la révolution française.
10:21Il y avait discuté avec ses enfants, c'est pour ça qu'il nous provoquait.
10:24Je disais que lui, il mettait le nom, un enfant.
10:28Socrates, pour moi, c'est quelqu'un, la raison, c'était qu'il y avait provoqué ses enfants pour réfléchir.
10:34Alors justement, vous, vous dites que Socrates, je l'ai dit, ça a été une légende du football.
10:37On l'appelait le docteur parce qu'il a mené de parallèle ses études de médecine et sa carrière de jeune footballeur.
10:46Vous vous dites, à mes yeux, c'est ma référence absolue, c'est mon modèle.
10:50Mais vous dites aussi, c'est la continuité de notre père.
10:53Oui, c'est la continuité.
10:55Je me rappelle, il y a des passages assez intéressants.
10:59Mon père, son rêve, c'était de venir, bien mieux la politique, mais de venir un peu avocat.
11:07D'échanger les lois.
11:09Donc il voulait être aussi, et son rêve, c'était d'être un député constitutionnel.
11:14D'y penser à la constitution, ce qui a été fait en 88.
11:17Et lui, il pensait que Socrates pouvait devenir ça à son image.
11:22Donc là, c'était un exemple comment c'était une continuité.
11:25Socrates qui s'est engagé politiquement, qui a toujours lutté pour le retour de la dictature,
11:32qui a mené une expérience absolument incroyable dans son club de Sao Paulo.
11:36C'est une expérience d'autogestion où même les salaires étaient partagés.
11:39C'est un truc unique dans l'histoire du foot.
11:42C'est un truc unique dans l'histoire du foot.
11:43Et c'était en pleine dictature.
11:45C'est ça.
11:45Donc c'est la démocratie corinthienne.
11:47C'était son club.
11:49Donc il lance un modèle de démocratie à l'intérieur d'un club.
11:53Un des clubs les plus populaires au Brésil, en pleine dictature.
11:58Donc ça, c'était...
11:58Et alors vous, vous allez donc rentrer.
12:02D'abord, vous avez un petit job dans le club.
12:04Ensuite, vous êtes titulaire.
12:05Ensuite, vous devenez élié.
12:07Et puis, petit à petit, vous allez passer numéro 10.
12:09Passer numéro 10.
12:11Rail, pour ceux qui ne connaissent pas le foot, ça veut dire passer de premier violon à chef d'orchestre.
12:16Passer de premier violon à maestro.
12:19Ça veut dire que plus que faire des centres éblouissants, ça veut dire que le sélectionneur, l'entraîneur sait que vous avez une vision globale du jeu.
12:30C'est ça ?
12:30Oui, c'est quelque chose qui a influencé dans ma vie aussi, devenir un numéro 10.
12:34Moi, quand j'étais 14, 15 ans, un peu timide, tout ça, avec mon talent, ça m'a donné des confiances.
12:40Et je devenais, au fur et à mesure, ma façon d'être aussi avec les autres, un leader.
12:45C'était quelque chose que je ne connaissais pas.
12:47Et je me rappelle la première fois que je jouais avec la 10.
12:50Je rentre au Véchéac, j'ai vu toutes les affaires rangées comme ça, le numéro 10.
12:54C'est une image que je n'avais jamais oubliée.
12:57D'abord, le numéro 10 au Brésil, c'est Pelé.
12:59C'est Pelé.
13:00Le synonyme de 10, c'est quelqu'un qui est important dans son équipe, qui a meneur de jeu, qui crée le jeu, mais aussi qui doit être un leader.
13:12Et là, ça a bousculé aussi, encore une fois.
13:16Ça vous a transformé.
13:16Quand on parle, ça m'a transformé, quand je suis devenu un footballer professionnel, un peu par hasard.
13:21Et ça m'a transformé, quand je suis devenu un numéro 10.
13:23Parce que là, j'ai assumé un poste pour mon équipe, après pour l'équipe national.
13:29Mais aussi, je crois que dans la société aussi, quelque chose qui m'a poussé.
13:33J'avais un frère qui était très engagé.
13:35Donc c'est quelque chose, d'être numéro 10, c'est quelque chose qui a changé mon parcours.
13:40Le numéro 10, c'est Messi, c'est vous, c'est Zidane, c'est Maradona.
13:45C'est Pelé, attention !
13:46Attention, attention, attention !
13:48Et vous allez devenir, petit à petit, parce que ce n'était pas le cas au départ, une machine à marquer des buts.
13:54Et ça, c'est très important, parce que c'est le titre que vous donnez au livre, Les buts de ma vie.
13:58Vous vous dites, je vais enfin goûter à cette extase absolue de marquer le but.
14:03Alors le but, c'est toujours la grande question.
14:05Et évidemment, quand on parle à un footballeur, un télo de gauche engagé, qui est le fils de son père, qui est le petit frère de Socrates,
14:12est-ce que le but, c'est l'accomplissement individuel par excellence ?
14:17Ou est-ce que c'est le résultat d'un travail collectif ?
14:20C'est la pire question à poser à Raël.
14:23Non, c'est encore plus que ça.
14:24C'est l'accomplissement d'un travail collectif.
14:27C'est quelque chose d'individuel aussi.
14:30Mais en même temps, partager avec, quand on est dans le foot, avec un public, c'est ce qui donne l'ecstasy.
14:37Ce n'est pas seulement le but, parce que c'est le résultat collectif qui est le responsable à ce moment-là de boucler un travail.
14:49Mais aussi, ça vient à une émotion pour l'équipe, pour les joueurs, mais aussi partager avec ça.
15:00Quand on apprend aussi ce plaisir, quand la balle rentre, il touche le filet, nous, on attend déjà le bruit.
15:12Et là, on s'envole dans ces fréquences.
15:20Alors, racontez-nous, parce que les débuts à Paris ont été difficiles.
15:24Vous arrivez à Paris, d'abord, il fait assez vite, il fait froid.
15:28Non, mais vous, vous n'aviez jamais vu la neige.
15:30C'est la première fois de ma vie, oui.
15:31Je suis arrivé, parce que j'ai joué encore en 93, l'éliminatoire pour la Coupe du Monde 94.
15:38Et donc, je suis arrivé un peu après le début de saison, c'était octobre, presque septembre-octobre.
15:45Et au début de novembre, il neigeait.
15:47Je n'avais jamais vu de neige, les pieds gélés, les terrains gélés, les moches gélés.
15:54Mais ça a été difficile.
15:55Au début, vous êtes sifflé, vous êtes mal aimé, vous n'êtes personne, surtout à Paris.
16:00Les Français ne connaissent pas très bien.
16:02Et même au Brésil, on ne connaît pas très bien le championnat français.
16:04Et là aussi, il y a un but, quand le ballon va toucher, va rentrer dans la cage, ça va tout changer.
16:12C'est un pénalty, dont vous allez vous emparer, parce que vous n'êtes pas vraiment le buteur attitré du PSG à ce moment-là.
16:17Dont vous allez vous emparer, vous êtes face à Monaco, décidément, PSG Monaco, ça aura marqué votre histoire au PSG.
16:24Ce pénalty, il va rentrer.
16:27Comment, pourquoi et surtout, qu'est-ce que ça change ?
16:29Non, c'est parce que c'était, bon, j'ai passé une période de cinq, six mois très difficile, sifflé, c'est ça.
16:34Et je me sentais déjà commencer à me sentir un peu mieux.
16:37Mais bon, l'image, c'était quelque chose, un échec jusqu'au moment.
16:42Et il y a des moments dans la vie qu'il faut prendre les responsabilités,
16:46sans se sentir un peu plus en confiance, surtout.
16:48Et il y avait un conflit entre les dirigeants de Paris Saint-Germain à cette époque-là,
16:54pour des questions de violence et ça, et les supporters.
16:58Donc, depuis le début du match, les supporters sifflaient, sifflaient le club, les joueurs,
17:04mais pas à cause du match.
17:06Et là, il y avait 0-0, il y a eu une pénalty à la fin,
17:09et les supporters, ils sifflaient.
17:11Les PSG, au parc, ils sifflaient pour tirer le pénalty.
17:16Et ce n'était pas forcément moi à tirer.
17:19Moi, j'ai pris le ballon, je dis, maintenant, c'est moi.
17:21Maintenant, j'y vais.
17:21Moi, je suis bon, je vais.
17:24Et là, c'était pour le club, c'était pour montrer aux supporters,
17:28mais c'était pour moi-même aussi.
17:29Et là, j'ai pris le supporter de mon club qui sifflait.
17:34J'avais, j'ai tiré, j'ai marqué.
17:35Et après, tout a changé.
17:36Je dis, maintenant, ça y est.
17:37C'est vrai qu'en 2020, quand il y a eu le classement
17:40des meilleurs joueurs du PSG, dans le cœur du PSG,
17:43vous êtes arrivés tout en tête.
17:44C'est-à-dire que vous êtes restés quand même.
17:46Mais vraiment, il y a un amour fou,
17:48il y a une passion, Raï, à Paris.
17:52Et alors, là, maintenant que vous avez rejoint le Paris FC,
17:56ce petit club, ce deuxième petit club parisien
17:59sur lequel des grandes fortunes, comme la famille Arnaud,
18:01commencent à miser beaucoup.
18:03Vous vous dites quoi ?
18:03Que pour la première fois, il y aurait de la place
18:05pour deux clubs à Paris ?
18:07Dans la capitale et dans votre cœur, à vous ?
18:10Oui, oui, bien sûr.
18:12Bien sûr, il y a chacun son histoire.
18:15Bien sûr, j'ai une longue histoire avec le PSG.
18:17Je commence une belle histoire avec le Paris FC.
18:20Mais c'est surtout le foot, c'est la passion du foot.
18:22Et la passion pour Paris.
18:24Même si on est parisien, pourquoi pas ?
18:26La ville mérite aussi un deuxième club.
18:28Mais vous savez, dans dix ans, le Paris FC pourrait être face à face au PSG
18:31et défier le PSG.
18:33Oui, dans dix ans, on verra ça.
18:37On aura le temps.
18:38Mais j'ai pris le soin de communiquer aux supporters de Paris Saint-Germain aussi.
18:41C'était un projet à construire.
18:44Je suis arrivé au Paris FC comme ambassadeur.
18:47J'ai toujours l'ambassadeur pour aider le club, promouvoir le club.
18:50Et je suis content qu'on est arrivé en Ligue 1.
18:54Et d'ici le futur, on verra.
18:56Allez, rail, préfacé par Michel Denisot, les buts de ma vie.
18:59Si vous voulez vous replonger dans tous ces moments d'histoire du foot et de légende du foot,
19:04vous achetez ça, c'est paru aux éditions Face Cachée.
19:06Merci immensément d'être venu sur France Inter.
Commentaires