Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 3 mois
Lyna Khoudri, actrice, est l'invitée de Sonia Devillers, elle sera dans “Les aigles de la république” de Tarik Salah et “Le gang des amazones” de Melissa Drigeard, au cinéma tous les deux le 12 novembre. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-grand-portrait/le-grand-portrait-du-lundi-03-novembre-2025-5350980

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:0033 ans, 22 longs métrages au compteur, le 12 novembre, Lina Koudry sera à l'affiche de deux films.
00:07Dans Les Aigles de la République, thriller, sur les coulisses du cinéma égyptien, elle joue en arabe.
00:12Dans Le Gang des Amazones, histoire vraie de femmes qui braquent parce qu'elles sont dans la dèche, elle joue en français.
00:18Elle est née à Alger, elle a grandi à Aubervilliers.
00:21Parler de double culture ou de double identité avec elle est évidemment bateau.
00:25Mais comment faire autrement avec une actrice qui interprète Constance Bonacieux dans Les Trois Mousquetaires,
00:29sommet du patrimoine français et qui reçoit un César du meilleur espoir quand dans Papicha, elle défie les islamistes en Algérie ?
00:38Comment faire autrement avec cette fille incroyablement jolie qui a joué des rôles pourtant très politiques ?
00:44Avec cette franco-algérienne qui doit donner du fil à retordre à tous les racistes d'un côté et de l'autre de la Méditerranée
00:49parce que vous savez quoi ? Elle a la gueule de tous les emplois.
00:54Portrait numéro 39.
00:59Les aigles de la République, c'est le très très beau film remarquablement écrit qui vire presque au thriller de Tarek Saleh.
01:25Mais Tarek Saleh qui ne peut plus tourner en Égypte tant ses films sont des brûlots contre le régime du président Al-Sissi.
01:32La critique est féroce.
01:35Alors c'est l'histoire d'un grand acteur égyptien qui est obligé de se mettre au service du régime
01:40et de tourner un film de propagande à la gloire du président.
01:43Bonjour Lina Koudry.
01:44Bonjour.
01:45Des films engagés, des films politiques, vous en avez joué beaucoup, mais ça c'est peut-être la première fois que vous le faites en paillettes, en robe à paillettes et en talons aiguilles.
01:55C'est vrai, c'est vrai. C'était une proposition de Tarek et ça allait bien avec le rôle et je me suis amusée.
02:02Vous jouez la maîtresse du grand acteur, vous jouez la jeune aspirante actrice, c'est ça ?
02:09Oui c'est ça, elle rêve de devenir actrice et donc elle se colle un petit peu trop à ce grand acteur joué par Fares Fares.
02:18Grand acteur et grand dragueur, c'est ça ?
02:21Il y a beaucoup de femmes autour de lui.
02:24Donc oui, c'est marrant de jouer une actrice en rôle.
02:30Je ne l'avais jamais fait, c'est une mise en abyme assez intéressante et en plus une actrice qui n'est pas très bonne.
02:38Et donc il fallait trouver ce ton qui... Vraiment je me suis beaucoup amusée sur ce tournage.
02:43C'est ça parce que là par exemple on vous écoute, ça c'est votre voix dans le film.
02:47Qu'est-ce qui se passe dans cette scène ? Vous êtes en tête à tête avec Fares Fares.
02:59Oui, il me fait répéter une scène de casting dans laquelle je me prends la tête un peu avec ma soeur.
03:09Donc là il me donne la réplique.
03:11Vous êtes vraiment pas bonne ?
03:12Et je suis vraiment pas bonne.
03:13Je me demandais quel arabe vous parlez tous les deux ?
03:19Parce que lui c'est un très grand acteur qui est né au Liban.
03:24Et je me suis demandé quel arabe vous parlez.
03:25On parle égyptien.
03:26Là vous parlez l'égyptien.
03:27Lui et moi on parle égyptien.
03:29Fares Fares c'est plus facile pour lui parce que le Libanais se rapproche plus de l'égyptien.
03:34Mais quand même ce n'est pas de l'égyptien donc il lui fallait aussi un coach.
03:37Et moi c'est un peu plus lointain l'algérien, c'est du Darija donc c'est pas le même arabe.
03:42Mais on se comprend, les bases sont les mêmes, les conjugaisons etc.
03:47Sauf que dans le vocabulaire c'est assez, même parfois très très différent.
03:51Très très différent.
03:52Et la question, vous avez tourné avec beaucoup de réalisateurs d'origine algérienne.
03:57Donc la question ne se posait pas.
03:58Là la question de quel arabe on parle à l'écran elle se pose.
04:02Oui, c'était primordial pour Tarek.
04:08D'autant plus que c'est un film qui parle vraiment du gouvernement égyptien, de l'état de la société égyptienne, du cinéma égyptien, de la culture égyptienne.
04:17Donc dans un film de Tarek Saleh c'est un peu compliqué de ne pas utiliser la langue originale.
04:23D'ailleurs je me suis doublée en français il n'y a pas très longtemps pour le film.
04:27J'ai trouvé ça très particulier comme exercice.
04:30Mais voilà, c'est de l'égyptien.
04:32Vous avez des points communs avec Tarek Saleh.
04:34Vous avez grandi tous les deux en Europe, lui en Suède, vous en France.
04:38Vous êtes tous les deux fils d'intellectuels, de pères qui ont dû fuir leur pays.
04:43Le père de Tarek Saleh a dû fuir l'Egypte, le vôtre a dû fuir l'Algérie.
04:49Et vous avez peut-être ce même rapport à ces blessés, à ces critiques, à ces pays d'origine et en même temps très ancrés, très forts.
04:56Oui c'est vrai.
04:57Mais c'est pour ça qu'avec Tarek on s'est vraiment rencontrés en trois minutes.
05:02On savait qu'on allait travailler ensemble.
05:03On s'est rencontrés pour ce film, mais on n'a pas parlé du film pendant tout le rendez-vous.
05:09C'est ça, vous avez parlé de vos histoires.
05:10On s'est parlé de toutes nos vies, on s'est reconnus.
05:13Et puis on est exactement au même endroit dans nos métiers, dans ce qu'on a envie de partager, de faire.
05:21Et oui, on prend aussi ça un petit peu comme un devoir.
05:23Et puis de toute façon c'est un moteur.
05:26Et alors vous qui jouez tantôt en arabe, tantôt en français, quel rapport vous avez à chacune de ces langues ?
05:32Je l'expliquais déjà sur Papicha, c'est que c'est vraiment des manières de se mouvoir et de s'emparer de mes dialogues qui est très différente.
05:43Pourquoi ?
05:44Parce que l'arabe c'est une langue beaucoup dans le corps, plus grave.
05:51J'ai une voix plus grave quand je parle en arabe, je ne sais pas pourquoi.
05:55Moi non plus.
05:56Et c'est Mounia Médour qui me l'avait fait remarquer.
05:59Qui était la réalisatrice de Papicha.
06:01Exactement.
06:02C'était une histoire de jeune fille à Alger au moment de la montée de la décennie noire, au moment où les terroristes islamistes,
06:08au moment où la pression devient absolument invivable sur les femmes.
06:12Et votre personnage organise envers et contre tout un défilé de mode.
06:16Oui, voilà.
06:20Exactement.
06:20Et dans le film vous passiez de l'arabe au français ?
06:23Oui, qui est la langue qu'on parle à Alger.
06:26Et dans les grandes villes en Algérie, on parle encore le français, il reste des traces de l'Algérie française.
06:34Et donc ça raconte aussi toute l'histoire du pays, le langage.
06:38Je trouve que le langage, on peut raconter l'histoire du monde à travers le langage.
06:41Et Mounia était venue voir la projection de Novembre à Cannes, je me souviens.
06:47Qui est un film de Cédric Jiménez.
06:48Qui est un film de Cédric Jiménez.
06:50Et elle m'avait dit, mais il y a un truc que je ne comprends pas.
06:54Je dis, mais moi non plus, parce que je sens que dans ton regard, elle me dit, c'est super, j'adore le film et tout.
06:59Mais ta voix, elle est beaucoup plus aiguë en français.
07:02Et c'est elle qui me l'a fait remarquer.
07:03Et effectivement, il y a des choses, je ne sais pas, dans le corps, j'imagine, je pense que le corps bouge différemment.
07:10Je pense que le visage bouge différemment.
07:12Et alors vous, vous étiez toute petite quand votre famille a dû quitter l'Algérie.
07:17Vous aviez quoi, un an, deux ans ?
07:18Oui, un an et demi.
07:20Un an et demi, quelque chose comme ça.
07:23Forcément, ce départ-là, il s'est vécu, ça a été un moment violent.
07:26C'est pareil, c'est le début de la décennie noire.
07:29Votre père est un intellectuel, un journaliste algérien qui est menacé à ce moment-là.
07:34Ça se vit dans la violence, dans la peur.
07:35Alors, est-ce qu'il y a quelque chose de cette période-là qui s'est imprimé en vous ?
07:40Même si on est trop petit pour avoir des souvenirs ?
07:43Je pense qu'on est le fruit d'où on vient.
07:45Donc forcément, forcément.
07:50Vous sauriez dire ce qui s'est imprimé en vous, de ce moment-là ?
07:53Non, de ce moment-là particulièrement, je ne sais pas, parce que j'étais évidemment trop petite.
07:56Mais je crois qu'on est constitué de tout ce qu'on est, tout ce qui raconte notre histoire, d'où je viens.
08:07Évidemment, ce n'est pas anodin d'être la seule de ma famille à être partie, à avoir été obligée de le faire.
08:15Il y a un déracinement, mais j'ai l'impression de le dire beaucoup.
08:21Est-ce que vous vous souvenez comment vos parents parlaient du pays quand vous étiez petite ?
08:26Parce qu'ils ne pouvaient pas y retourner, pas tout de suite.
08:29Bon, on y a été, on est retourné très vite en Algérie.
08:31C'est-à-dire ?
08:32Peut-être quatre ans après notre arrivée.
08:35Et ça, vous vous en souvenez ?
08:37Oui, parce que j'étais un petit peu grande, j'étais en CP, ça va, je m'en rappelle un petit peu.
08:43Mais non, on n'a jamais coupé le cordon, jamais.
08:46Ça a toujours été notre pays.
08:49Et pour votre père, c'était une évidence de repartir là-bas ?
08:52Oui, mais comme je vous le dis, ça n'a jamais été...
08:54C'est même pas repartir.
08:55Je pense qu'il a fait un temps en France et puis à un moment, il a eu envie de...
09:01Quand ça s'est calmé, il n'a pas volontairement quitté son pays.
09:05Et il a pu retrouver son métier ?
09:06Et il a pu retrouver son métier.
09:08Oui, qu'il exerce encore ?
09:09Oui.
09:11Et vous, quand vous vous retrouvez en Algérie, vous vous sentez comment ?
09:14Vous vous sentez qui ?
09:15Vous vous sentez une exilée ?
09:16Vous vous sentez une étrangère ?
09:18Ou pas ?
09:19Je me sens complètement chez moi.
09:20Complètement, oui.
09:21Je me sens vraiment chez moi en Algérie.
09:23Je suis très émue à chaque fois que je vais à Alger.
09:24C'est la ville où je suis née.
09:26Donc, c'est chez moi.
09:29Et vous auriez envie de tourner en Algérie ?
09:31De tourner du cinéma algérien en Algérie.
09:35Toujours ?
09:35Toujours.
09:36J'ai eu envie de tourner du cinéma en Algérie avant de tourner du cinéma en France.
09:40Et d'ailleurs, je ne sais pas d'où ça vient.
09:42Je me souviens avoir rencontré Merzak Alouache, un réalisateur algérien qui a fait des films que j'adore.
09:49Les terrasses, Normale, Madame Courage, Chouchou.
09:52Et je lui avais dit, j'étais très jeune, j'étais à la fac encore et je l'avais rencontré à une avant-première au Luxor.
10:00Et je lui avais dit, j'adore vos films, j'aimerais tourner avec vous.
10:04Et il m'avait dit, mais pourquoi ?
10:05Vous êtes en France, pourquoi vous voulez tourner avec moi en Algérie ?
10:08Je lui avais dit, je veux, j'ai envie et j'ai besoin, je crois, de raconter l'histoire de mon pays.
10:14Et il m'avait regardé, je me souviens, avec un oeil un peu ahuri en me disant, mais qu'est-ce qu'elle raconte ?
10:19Et finalement, c'est ce que j'ai fait. J'ai commencé par tourner des films en Algérie avant de tourner en France.
10:25Et puis naturellement, j'ai tourné en France des films après, mais ça a toujours été un besoin viscéral pour moi.
10:31Vous avez très, très vite été reconnue, saluée, plébiscitée par la profession.
10:36Très vite, vous tournez, vous vous retrouvez à Venise, sur scène.
10:39Vous recevez le prix Horizonti de la meilleure interprète.
10:43On vous écoute sur scène parce que vous, comment dire, vous rendez un hommage très puissant aux femmes et à toutes les femmes.
10:52Et ça se conclut comme ça.
10:54Merci à ma mère, ma reine, d'avoir si longtemps été un homme. Je t'aime, maman.
11:00Ça vous fait sourire parce que vous étiez toute jeune.
11:03Oui, j'étais toute jeune, je me prenais pour une poète.
11:05Mais vous ne lui dites pas « bravo d'avoir été une femme », vous lui dites « bravo d'avoir été un homme ».
11:13Pourquoi ?
11:14Parce qu'on oublie que parfois dans la vie, il y a des circonstances qui font que les femmes endossent les deux rôles.
11:21Et ma mère, elle l'a été dans ce cas pendant des années.
11:25Parce qu'un déracinement, évidemment, en découle plein d'autres situations.
11:29Et c'est vrai que je l'ai vue longtemps faire des métiers qu'elle ne devait pas faire au départ de sa vie.
11:36Elle n'avait pas du tout prévu.
11:37Elle a été vigile, elle a fait des choses caissières.
11:42Alors qu'elle aussi, c'était une artiste.
11:45Oui, voilà.
11:46Mais c'est plus des métiers que moi j'imaginais en tant qu'enfant pour les hommes.
11:52Je la voyais se démener tous les jours.
11:54Et je trouve que les femmes, aujourd'hui, là je parle de ma mère parce que c'est mon premier prix et que j'avais envie de lui rendre hommage.
12:03Mais c'était une manière de parler de toutes les autres, de tous les destins que j'ai croisés.
12:08Et qui au quotidien, vraiment au quotidien, dans les bureaux de France Inter, je suis sûre qu'on trouve 14 histoires dans ce couloir.
12:16Oh oui !
12:16Donc c'était une vraie envie de juste partager.
12:21Mais moi je me suis demandé, quand on a une maman qui s'est sacrifiée, qui a travaillé beaucoup pour élever sa fille,
12:28quand on a des parents qui se sont sacrifiés pour protéger leur famille,
12:33comment on fait pour sécher le lycée ?
12:36Comment on fait pour sécher le lycée ?
12:38C'est vrai que j'étais très très futée.
12:43En fait, c'est très simple, je n'ai jamais été scolaire.
12:46Jamais, j'ai jamais compris.
12:48Alors j'ai un problème avec l'autorité aussi, donc vous l'avez vu, je suis arrivée vraiment 30 secondes avant.
12:5530 secondes avant.
12:55Ça m'arrive très souvent.
12:58Et donc c'était compliqué pour moi.
13:00C'est-à-dire qu'au lycée, c'était pareil ?
13:01Quand il y avait maths à 8h, vous arriviez à 8h02 ?
13:05Au lycée, j'étais un peu plus rock, donc j'arrivais à 10h.
13:09D'accord.
13:11C'était déjà comme ça.
13:12Donc il y a un problème avec l'autorité.
13:14Mais on n'a pas peur de décevoir ses parents, quand on a des parents qui donnent autant de mal ?
13:20J'ai eu peur à plusieurs reprises de vraiment pas faire les bons choix.
13:25Bon, on ne sait pas, à 18 ans, 20 ans, à l'orée de sa vie, on est un peu dans le trouble.
13:32Mais non, j'avais très foi en l'avenir et en ce que la vie pouvait m'offrir.
13:40J'avais la chance d'avoir un environnement assez pluriel,
13:47parce que des professeurs qui nous apprenaient plein de choses,
13:50des camarades autour de moi qui étaient très ouverts aussi.
13:54Et donc je me disais, la vie, ça ne peut pas...
13:57Alors, le 12 novembre, j'ai dit, vous êtes à l'affiche d'un deuxième film
14:00qui s'appelle Le Gang des Amazones.
14:02Donc là, vous êtes une tripotée de filles, c'est d'après un fait divers
14:06qui s'est passé dans les années 90 en France.
14:08C'est l'histoire vraie de filles qui sont aussi des mères pour certaines d'entre elles,
14:12qui n'ont pas un rond, qui ne peuvent pas boucler les fins de mois
14:15et qui décident de faire des braquages.
14:18Voilà, donc vous êtes un peu la chef de gang de cette histoire.
14:22On vous entend, là, dans cet extrait, répéter le moment
14:26où il va falloir assumer le braquage face à des otages.
14:29Personne ne bouge tout le monde à terre. C'est un hold-up.
14:33Personne ne bouge tout le monde à terre, c'est un hold-up.
14:36C'est un hold-up. Personne ne bouge.
14:39Toi, là.
14:40Baisse la tête, baisse la tête, baisse la tête, là.
14:42Bonjour.
14:43C'est un hold-up. Personne ne bouge.
14:46Ah, vas-y, là.
14:50Ouvre le coffre.
14:53Ouvre le coffre, tu dis.
14:54C'est quoi, là ?
14:57Ouvre ton putain le coffre et ça va bien se passer.
15:01Vous êtes seule face à un miroir.
15:03Vous vous prenez pour Robert De Niro dans Taxi Driver.
15:05Oui.
15:06Oui.
15:07Robert De Niro, d'ailleurs, lui-même,
15:09il serait arrivé 30 secondes avant l'antenne.
15:11Ah, ben, voilà.
15:11Il ne se serait pas levé à 6h du matin
15:13pour être à l'heure à France Inter.
15:17Non, mais c'est vrai, oui, oui.
15:18Avec...
15:19Avec...
15:21Jouard, en plus.
15:22C'est-à-dire que je crois que j'ai toujours rêvé
15:24de faire cette...
15:25Peut-être.
15:25Robert De Niro.
15:26Robert De Niro dans Taxi Driver.
15:27Oui.
15:28Je me suis dit
15:29qu'Acelle l'a fait.
15:31Pourquoi pas.
15:33Non, mais c'était écrit dans le scénario.
15:35J'ai eu très peur, d'ailleurs,
15:36du clin d'œil.
15:38Et je me suis dit
15:38comment reprendre ce skills.
15:42Mais je crois qu'on l'a tous fait, en fait.
15:45Plus ou moins.
15:45Tous dans nos vies, plus ou moins,
15:46à se regarder devant un miroir.
15:48Donc, je fais des interviews sur France Inter.
15:49Vous, oui.
15:50Et donc, du coup, vous montez les marches.
15:52Alors, tous les acteurs, peut-être.
15:53Voilà.
15:53Tous les futurs acteurs.
15:55Est-ce qu'il y a dans ces femmes
15:57des femmes avec lesquelles vous avez grandi,
16:01vous, en Seine-Saint-Denis,
16:03des femmes qui se battent,
16:05des femmes qui sont dans la débrouille,
16:06des femmes qui, à un moment,
16:08passent le cap parce qu'il n'y a plus le choix, en fait ?
16:10Bien sûr.
16:11Oui, oui.
16:12Mais oui.
16:14J'ai évidemment grandi dans un milieu
16:17où c'était des choses que j'entendais autour de moi.
16:21C'était plus un truc de mec,
16:23mais en tout cas,
16:25je n'ai pas entendu des femmes qui ont braqué.
16:27C'était bien la première fois que j'entendais ça.
16:31Et donc, ça méritait un film, je crois.
16:33Mais j'ai grandi avec, oui,
16:35des femmes qui ont grandi dans un environnement
16:37qui était le mien et qui était un environnement assez violent.
16:40parfois très joyeux,
16:42d'autres fois,
16:43mais parfois très violent.
16:44Donc, les extrêmes,
16:45on pouvait les toucher du doigt.
16:48Et j'ai vu ce genre de récit.
16:53Alors, je voudrais qu'on dise un dernier mot
16:54avant de se quitter sur les vraies braqueuses.
16:57Parce qu'en fait,
16:58elles sont au cœur du film,
16:59même si elles sont interprétées par des actrices.
17:02Vous les avez rencontrées
17:02et pas que rencontrées.
17:04Elles étaient avec vous sur le tournage, parfois.
17:06Et là, il est là, le vrai choc des cultures.
17:08C'était très...
17:12Alors, au début,
17:13pas déroutant,
17:14mais un peu...
17:16On perdait un peu l'équilibre
17:17parce que je n'avais jamais été dans cette situation
17:20de me retrouver devant la personne que j'interprète.
17:24Surtout quand c'est des braqueuses.
17:27Donc, au début,
17:28on les appréhendait un peu.
17:29Elles nous appréhendaient aussi
17:30parce que pour elles,
17:31on était des actrices.
17:32Un espèce d'objet...
17:34Qui arrive un peu toujours en retard.
17:36Un peu bizarre.
17:36Et en fait, finalement,
17:40ça s'est passé magnifiquement bien.
17:43L'osmose a pris tout de suite.
17:46Cathy est rentrée dans mon cœur
17:47à la seconde où je l'ai vue.
17:48C'est votre personnage.
17:50Le personnage que j'interprète.
17:51Hélène aussi,
17:52qui était là,
17:54toujours sur le tournage.
17:55Et elles sont extraordinaires.
17:57Je n'ai pas d'autres mots.
17:58Elles sont extraordinaires.
17:59Vraiment.
17:59Même si elles ont pris des flingues.
18:01Elles sont extraordinaires.
18:02Lina Coudry.
18:05Elle dit ce qu'elle pense.
18:06Elle a raison.
18:07Merci d'être venue sur France Inter.
18:10Merci à vous.
18:11Donc, je rappelle que le 12 novembre,
18:13il y a deux films absolument magnifiques.
18:15Les aigles de la République de Tarek Saleh.
18:18C'est un film France Inter.
18:19Et puis, d'après cette histoire vraie,
18:21hallucinante,
18:22qui a vraiment marqué les esprits,
18:23le gang des Amazones.
18:24On peut citer les autres.
18:26Mélissa Drijard, on dit ?
18:28Oui, Mélissa Drijard,
18:29qui réalise.
18:30Voilà, qui réalise.
18:31Isia Higelin,
18:32Laura Felpin,
18:33Malorie Venek.
18:34Et Elsa Fortas.
18:35Et Elsa Fortas.
18:36Voilà.
18:37C'est ça, le gang.
18:38Merci Lina Coudry.
18:39Merci à vous.
18:39Merci à vous.
Commentaires

Recommandations