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  • il y a 3 mois
Comment piloter une restructuration en faisant le moins de dégâts possibles dans les rangs des salariés ? Au-delà de la question du maintien de l’emploi, le dialogue social est particulièrement sensible quand l’entreprise est confrontée à la perspective d’une réorganisation profonde.

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Transcription
00:00Générique
00:00...
00:00Le cercle RH pour parler des restructurations.
00:15C'est un mot qui balaye l'actualité depuis presque 30 ans.
00:19On en parle beaucoup, ces entreprises qui ferment, qui se restructurent,
00:22qui ferment leurs portes ou qui se transforment.
00:24Récemment, on a parlé de Duralex, repris dans une scope.
00:27On a parlé de Brandt, toujours dans le Loiret d'ailleurs.
00:30Brandt qui fabrique des fours et qui va peut-être trouver une solution grâce à une scope.
00:34On a parlé d'ArcelorMittal dans l'idée d'une nationalisation de l'entreprise.
00:38Bref, ce sont des entreprises qui sont bousculées.
00:40Et il y a plein d'autres entreprises qui se sont restructurées et qui ont créé des plans sociaux.
00:44On en parle avec mes invités, des experts, pour débattre de ce sujet.
00:50D'abord, une avocate, Christine Illig-Poudving.
00:52Vous êtes avocate en droit social associé cabinet YARVS.
00:55Et vous accompagnez les entreprises dans l'accompagnement d'un PSE.
01:01Tant sur le plan juridique, mais on parlera aussi du plan émotionnel,
01:03de l'impact aussi sur la santé des dirigeants.
01:07Et on parlera de la santé des salariés.
01:09Avec nous, Nadia Godban.
01:10Ou Godban, peut-être ?
01:11Godban.
01:12Godban.
01:12Je suis ravi de vous accueillir, chère Nadia.
01:14Ex-DRH, c'est Jennifer.
01:15Vous avez traversé trois PSE.
01:17Quand on est DRH, vous qui nous regardez, vous voyez ce que ça veut dire.
01:21De pression, de difficulté.
01:24Et on en parlera avec vous sur, je dirais, l'impact que ça peut provoquer aussi sur une DRH.
01:30Et sur la complexité juridique d'un PSE.
01:32Parce qu'il faut quand même être très très fort en droit pour comprendre comment ça marche.
01:35Et avec nous, Christian Lambert.
01:36Bonjour Christian.
01:37Bonjour.
01:37Vous êtes le vice-président stratégie relations sociales, c'est Schneider Electric.
01:41Très très grande et belle entreprise.
01:43Et c'est vous qui êtes en charge d'organiser le dialogue social au sein de l'entreprise.
01:49Et donc peut-être, alors Schneider n'a pas de PSE en vue.
01:53En cours, si.
01:53En cours.
01:54Un PSE en cours.
01:55Dans une filiale.
01:56Dans une filiale.
01:57Que vous gérez donc.
01:59Exactement, tout à fait.
02:00Comment ça se passe ?
02:01Racontez-nous, parce qu'en mettant les pieds dans le plat.
02:02Puis Caroline est avec nous, puisqu'elle était au début de l'émission.
02:04Caroline de Seineville, journaliste, décideur RH.
02:08Et qui a travaillé dans le cadre d'un guide sur les meilleurs cabinets d'avocats.
02:11Et le classement des meilleurs cabinets.
02:12Justement sur le dossier.
02:14Sur le dossier.
02:14Comment interroger Christian Gilles.
02:16Et vous êtes dedans.
02:17Comment ça se passe au quotidien là ?
02:19C'est une épreuve quand même.
02:21Alors peut-être, juste un peu de contexte.
02:23Côté Schneider Electric.
02:25Donc nous sommes un groupe de 160 000 collaborateurs dans le monde.
02:28Dont 15 000 en France.
02:29Donc répartis sur environ 25 entités sur le territoire France.
02:33On est passé donc sur environ 30 ans de différentes étapes.
02:38Donc sur des PSE quasi systématiques.
02:41C'est-à-dire lorsqu'on devait faire des évolutions d'organisation.
02:44C'était l'outil traditionnel à l'époque.
02:47Ensuite, on a introduit une nouvelle méthodologie en 2008.
02:51Donc qui était le recours à ce qu'on appelait à l'époque la GPEC.
02:54Gestion prévisionnelle des emplois.
02:55Et des compétences avec différents outils assez imaginatifs.
03:00Donc c'était les premiers départs discutés, négociés avec les partenaires sociaux sur la base du volontariat.
03:07On cartographie les salariés.
03:08Puis ensuite, ils sont...
03:09Exactement.
03:09Tout à fait.
03:10Et donc là, depuis 8 ans, on a plus une GEPP anticipative.
03:16C'est-à-dire qu'on va anticiper, donner de la vision sur l'impact de l'évolution de la stratégie.
03:21Et que chacun et chacune puissent travailler, notamment sur son employabilité.
03:25Donc très en amont pour le coup.
03:26Très en amont, exactement.
03:28Après, on l'a toujours dit en vis-à-vis de nos partenaires sociaux qu'en interne,
03:32l'ensemble de cette méthodologie n'exclut pas, dans certains cas,
03:36c'est ce que je vais vous parler dans quelques secondes,
03:38d'un recours au PSE, donc plan de sauvegarde de l'emploi.
03:42L'un n'empêchant pas l'autre.
03:42Exactement.
03:43Donc il faut vraiment partir du principe que le législateur a mis en place
03:47et a donné cette possibilité aux entreprises d'avoir recours à différents outils,
03:51que ce soit la GEPP, que ce soit le PSE, que ce soit la rupture conventionnelle collective.
03:54Et là, sur le cas d'espèce, donc d'une entité générale électrique filiale,
03:59donc basée en Ardèche,
04:01on a eu une problématique, notamment de fin d'activité annoncée.
04:07Et donc là, on a eu recours, notamment au lancement d'un plan de sauvegarde de l'emploi,
04:11en septembre de cette année.
04:13Donc nous sommes en cours et le PSE devrait se terminer dans sa négociation
04:17avec nos partenaires sociaux en décembre.
04:20Et s'il est validé, donc déploiement sur l'année qui suit.
04:22Juste un mot, c'est-à-dire que vous réfléchissez quand même à maintenir les salariés dans le groupe
04:26ou pour certains d'entre eux, il n'est pas possible de les maintenir ?
04:29Alors, c'est le principe.
04:31Nous, l'engagement qu'on a pris, donc certes, il y a un engagement, une obligation légale en France,
04:35c'est de proposer les emplois disponibles.
04:38Côté Schneider, on l'a fait, et je viens juste de terminer une négociation avant de venir ici,
04:43d'y aller notamment par palier.
04:46Déjà, la première des choses, c'est de s'engager pour chaque collaborateur
04:49à leur proposer une solution positive de reclassement dans le groupe, sur le territoire, France.
04:55Ce qui implique, dans certains cas, des déménagements, un accompagnement,
04:59ce qu'on négocie avec nos partenaires sociaux.
05:01L'autre point, et ça a été une innovation, et donc là, on réutilise un système
05:06qui avait fait ses preuves il y a trois ans, puisqu'on avait déjà fait un PSE il y a trois ans,
05:11ce qu'on appelle, de négocier au rang du groupe, un système d'accord de recade,
05:14c'est-à-dire que des gens...
05:15J'avais dit court, Christian, quand même, hein ?
05:17Je vais faire court.
05:17Voilà, mais allez-y, hein !
05:19N'hésitez pas !
05:20Le thème est passionnant.
05:20Oui, bien sûr, vous êtes lancé sur les autres de grands toboggans.
05:23En un mot, l'idée, c'est que vous accompagnez, en tout cas,
05:26autant faire ce peu les collaborateurs.
05:27Exactement.
05:28Et je vous redonne la parole, évidemment, Christian, ça va sans dire.
05:31Nadia, juste, vous l'avez vécu à travers trois PSE,
05:34alors j'ai le sentiment qu'ils sont des PSE un peu différents
05:35de celui qui est évoqué sur de l'anticipation, sur des marchés qui se transforment.
05:40Comment vous l'avez vécu, vous, je dirais, dans votre chair, humainement ?
05:43Et après, on parlera un peu de technique, parce qu'il y a quand même pas mal d'enjeux techniques.
05:45Oui, trois PSE, c'est à chaque fois un nouveau combat et un nouveau PSE.
05:51Le premier PSE que j'ai vécu, c'était dans le cadre de la sauvegarde de compétitivité,
05:57sur un réseau de magasins, en fait...
06:00C'est du retail, Jennifer.
06:01C'est du retail, Jennifer, effectivement.
06:04Donc, des magasins qui n'étaient plus performants, qui cannibalisaient d'autres.
06:07Donc, c'était une vingtaine de magasins, 66 collaborateurs.
06:11Donc, on était dans la sauvegarde de compétitivité.
06:14Ça n'a rien à voir avec ce que j'ai pu vivre sur les deux derniers.
06:18Un PSE dans le cadre d'un redressement judiciaire.
06:21Et le dernier dans le cadre d'une liquidation.
06:23Là, c'est vraiment douloureux d'accompagner...
06:25Psychologie, je pense, c'est très dur.
06:26Oui, c'est très dur.
06:27C'est un deuil collectif, en fait.
06:28Bien sûr.
06:28Parce qu'on ferme une entreprise.
06:29Et c'est un PSE pour l'ensemble de ceux qui n'ont pas été repris.
06:34Dans lequel vous êtes intégrés et vous tirez la porte en éteignant la lumière.
06:38Exactement.
06:38C'est ça.
06:39Vous êtes les derniers à partir, l'équipe RH.
06:41Et vous disiez dans vos interviews que vous aviez monté une chaîne de messagerie
06:45pour l'ensemble des personnes concernées, pour pouvoir se soutenir.
06:48Tout à fait.
06:48On a encore ce groupe WhatsApp qui existe.
06:50C'était WhatsApp.
06:51Oui, c'est ça.
06:52Et qui s'appelle Jennifer Forever, pour ceux qui ont voulu y rester.
06:55Et on garde encore le lien pour partager encore ensemble.
07:00Donc il en reste à la fois du lien social, puisque c'est un peu l'objet du sujet,
07:04du lien social externe, mais aussi une souffrance.
07:07On voit quand même que c'est lourd.
07:08C'est lourd.
07:08Il faut en sortir.
07:09Il faut en sortir.
07:10C'est un deuil.
07:11C'est exactement ça.
07:13C'est vraiment un deuil collectif qu'on a vécu et traversé ensemble.
07:17Et on est à différentes étapes de cette courbe du deuil.
07:21Oui, c'est quelque chose que je ne souhaite à aucun DRH, en tout cas.
07:23C'est vrai.
07:24C'est vrai, quand on parle à des DRH en off, lors de déjeuner,
07:26il vous explique la lourdeur où des personnes en charge des relations sociales,
07:30la difficulté humaine aussi, qui représente d'accompagner.
07:33On les connaît.
07:33On n'a pas envie qu'ils s'en aillent pour certains.
07:35Et il va falloir accepter cela.
07:37Vous, l'avocat, tiens, l'enjeu est juridique, évidemment.
07:40C'est le conseil juridique, à travers toutes les options évoquées tout à l'heure par Christian Lambert.
07:43Il y a plusieurs outils sur la table.
07:45Ça, c'est la première étape, j'imagine, leur donner les bons outils.
07:48Puis après, il y a un soutien psychologique, il y a un soutien stratégique.
07:52C'est quoi le rôle de l'avocat dans le PSE ?
07:55Alors, ça dépend de l'équipe que vous avez en face de vous.
07:57Au niveau technique ?
07:58Oui, parce que si vous avez des personnes qui ont déjà fait des PSE,
08:02ça va être plus simple, qu'ils connaissent l'exercice.
08:05En revanche, si c'est la première fois, il va y avoir un travail de formation,
08:08qui va être long, parce qu'il faut assimiler, lire un PSE.
08:12La procédure.
08:12C'est long à comprendre, comprendre les mécanismes, oui, toute la procédure, tout expliquer.
08:17Donc, il y a un travail de formation en amont qui va être plus important
08:20que si vous avez en face de vous une équipe qui maîtrise le sujet.
08:24Donc, ça peut vraiment, enfin, c'est ce que j'explique à mes clients,
08:28chaque PSE est différent.
08:29C'est une histoire différente à chaque fois.
08:30C'est une histoire différente à chaque fois.
08:31Enfin, c'est le même cadre, mais il y a une histoire dedans.
08:33C'est le même cadre juridique.
08:34Il faut rester très humble.
08:35C'est long, c'est long et fastidieux quand même.
08:39C'est long et fastidieux en phase de préparation.
08:42Mais c'est long aussi une fois qu'on démarre,
08:44puisqu'il y a une procédure d'information-consultation du CSE
08:47qui va durer entre deux et quatre mois.
08:49C'est ça.
08:50Puis, il y a la période, une fois que vous avez la validation
08:53ou l'homologation de la DRIZ, vous allez mettre en œuvre.
08:56Et là aussi, ce n'est pas facile.
08:57Sans compter les recours possibles qu'a le CSE
08:59pour demander des expertises ou contre-expertises.
09:02Nous sommes d'accord.
09:02Ça, les expertises, elles sont de droit et elles sont quasi toujours demandées.
09:07Moi, je ne connais pas un PSE où on n'a pas eu d'expertise.
09:10Mais à la rigueur, c'est bien.
09:12En revanche, après, oui, soit c'est un recours devant le tribunal administratif
09:15contre le PSE, la décision d'homologation, de validation,
09:19soit ensuite des recours individuels devant le conseil de prud'homme.
09:22Ça, c'est encore autre chose.
09:23Caroline, vous avez travaillé sur le cas,
09:25c'est le plus récent, mais il y en a eu d'autres,
09:27mais le cas Auchan, Retail, très intéressant,
09:29parce que là, il soumet, il y a des enjeux autour des RPS,
09:33des préventions en santé mentale,
09:34et quand les entreprises ne jouent pas complètement le jeu,
09:36ou qu'elles oublient, dans le cas d'Auchan,
09:38de signer sur les cinq piliers du groupe.
09:42Ah, erreur, ils n'ont pas signé sur l'un des cinq, ça retoque.
09:45C'est pour ça que le tribunal administratif de Lille a invalidé le PSE en septembre
09:49en invoquant le fait que l'ensemble des représentants syndicaux n'a pas été sollicité.
09:54– Les enjeux RPS, parce que ça, c'est un sujet qui rentre RPS et prévention RPS,
09:58parce que c'est intéressant, les RPS existent depuis longtemps,
10:00la prévention est un peu plus récente.
10:02Comment on l'intègre quand on est en charge des relations sociales ?
10:04Parce qu'avant, un PSE, c'était effectivement,
10:06la boîte, il n'y a plus d'activité, on sépare des collaborateurs
10:09et on essaie de les accompagner du mieux que l'on peut
10:11pour une sortie correcte, pour faire simple.
10:13Là, aujourd'hui, il y a une autre donnée,
10:15c'est est-ce que vous avez bien pris soin du collab ?
10:17Est-ce qu'il a impacté psychologiquement ?
10:19Est-ce qu'il va partir en burn-out ?
10:21C'est ça, le sujet qui est posé ?
10:22– C'est un point relativement récent,
10:26avant même l'annonce d'un PSE.
10:28C'est-à-dire qu'il faut, c'est ce qu'on fait,
10:30notamment côté Schneider,
10:31dans un certain laps de temps avant,
10:33où il y a un groupe de travail
10:34qui va inclure un certain nombre de personnes,
10:38de cabinets également,
10:39pour déjà détecter, pendant tout le déroulement du PSE,
10:43que ce soit sur l'élaboration, sur l'annonce,
10:46sur le déploiement de ce PSE,
10:48quels vont être les différents impacts,
10:49les différents risques,
10:51et quelles actions, nous, Schneider Electric,
10:53on va mettre en place.
10:54– Parce qu'il faut un plan d'action,
10:55c'est bien beau de faire une photo,
10:56mais il faut agir.
10:57– Exactement, là on parle des salariés,
11:00donc après la question se pose aussi des managers,
11:02c'est-à-dire lorsqu'on va dire pour la première fois
11:05avant l'annonce officielle aux managers,
11:07qu'ils vont devoir gérer notamment l'annonce
11:10d'un PSE et des déployés.
11:11– C'est dur pour eux aussi.
11:12– C'est déjà le premier point,
11:14et ça il faut déjà prendre soin de nos managers.
11:17Ensuite il y a le jour de l'annonce,
11:19c'est-à-dire comment ça se passe,
11:20donc tout doit être orchestré.
11:22Et ensuite, sur les jours qui suivent,
11:25et je rejoins ce qui vient de se dire,
11:27on peut tout imaginer,
11:28notamment dans la phase de préparation,
11:30mais généralement il y a une grosse partie
11:32qui ne se passe pas comme on l'a imaginé.
11:34Et c'est là où il faut qu'on soit
11:35très agile, flexible,
11:38et de toujours travailler dans l'anticipation
11:40avec des cabinets extérieurs aussi,
11:42qui nous aiguillent sur un certain nombre de points.
11:45– Dans les PSE successifs,
11:46vous avez eu un accompagnement psychologique,
11:48c'est-à-dire on détecte un signeau faible,
11:50on voit un collaborateur qui va mal,
11:51on voit une DRH qui s'isole
11:53et qu'on voit moins souvent.
11:54Comment ça se passe ?
11:56– Écoutez, nous on a été accompagnés
11:57sur nos trois PSE par le cabinet Cali Social,
12:01dont le dirigeant est Camille Puech.
12:03Ils nous ont vraiment accompagnés en amont
12:07pour former, sensibiliser les collaborateurs,
12:10les managers.
12:12On a mis en place une cellule d'écoute psychologique
12:14très rapidement,
12:15de la présence aussi sur le terrain.
12:17Des psychologues sont venus au siège,
12:18sont venus à l'entrepôt.
12:20– Utiles ?
12:20– Oui, utiles, vraiment utiles.
12:23Et on a pu aussi mettre en place
12:26des fiches réflexes pour les managers.
12:28Vous disiez que, oui, les managers, c'est aussi…
12:32– C'est quoi, une sorte de code de la route,
12:33de règles, un peu de posture aussi ?
12:35– De posture.
12:36– Parce que c'est important aussi la posture.
12:37– De posture et toujours de renvoyer
12:40vers la cellule psychologique ou le psychologue
12:42ou les RH et de ne pas prendre…
12:46– Enfin, il prend, mais il faut qu'il puisse déposer.
12:48– Voilà.
12:49– Parce que quoi qu'il arrive, il prend.
12:50– Oui, il prend, mais quand il ne sait pas,
12:53– Il renvoie.
12:54– Il renvoie.
12:54– Et ça, c'est important.
12:55– Donc, former les managers.
12:56Maître, c'est important, ça ?
12:58– Oui, c'est important, mais ce n'est pas que ça.
13:00L'accompagnement, ce n'est pas que les risques psychosociaux.
13:04Il y a une note à rédiger.
13:06Et c'est très compliqué parce qu'il faut identifier précisément
13:10dans les postes qui sont supprimés
13:12les tâches qui vont être attribuées à d'autres salariés.
13:16Et ça, c'est un travail très fin, très compliqué,
13:18parce que ça nécessite de parfaitement bien connaître les postes,
13:21quelles sont les tâches, quelles sont les tâches qui restent,
13:24quelles sont les tâches qui disparaissent, qui les récupèrent.
13:27Donc, c'est aussi ce travail-là.
13:28Ce n'est pas que le psychologue, la cellule psychologique,
13:31c'est aussi ce travail.
13:32– La charge de travail à transférer.
13:34– Exactement.
13:35– Évidemment, oui.
13:36– Alors, quand c'est une fermeture de site, c'est plus simple,
13:38parce qu'il n'y a rien qui reste.
13:39– Voilà, c'est réglé.
13:39– Mais quand c'est un PSE avec des salariés qui restent…
13:42– Oui, on répartit les tâches.
13:43– On répartit.
13:44Et ça, c'est un travail très compliqué sur lequel on est challengé.
13:47– On l'a fait en 2023 lors du redressement.
13:50Donc, effectivement, ce qu'on appelle le livre 4.
13:54Et ça, effectivement, il faut travailler avec l'équipe RH,
14:00avec les opérationnels également,
14:03et les directeurs de départements.
14:06Mais là aussi, on a été accompagnés, nous aussi,
14:08par le cabinet Cali Social sur ce livre 4.
14:12Et c'est vrai que ça demande du temps et de la connaissance.
14:14– Et de la connaissance, c'est cette connaissance,
14:17il faut qu'elle soit accessible,
14:18puisque c'est encore confidentiel au moment où on rédige ce livre 4.
14:22Donc, ce n'est pas toujours facile d'avoir l'information.
14:24– Juste en préparant l'émission, au-delà de l'aspect très quotidien,
14:27c'est-à-dire ce que vous vivez dans votre quotidien professionnel,
14:29ou ce que vous avez vécu, la réalité du livre 4,
14:32cette procédure, les documents envoyés,
14:35tout ce qu'on doit faire d'une manière légale.
14:38J'ai lu des papiers très intéressants,
14:40et dont certains viennent d'avocats ou d'experts,
14:42qui disent « Mais notre modèle français,
14:43il est complètement grippé par une forme de technostructure
14:47très lourde, avec des livres, des documents,
14:50il faudrait qu'on soit sur un modèle beaucoup plus souple,
14:52parce qu'en fait, les restructurations étouffent les investissements. »
14:55En un mot, c'est tellement lourd à gérer
14:57qu'on tue les entreprises d'une manière indirecte.
14:59Alors, évidemment, c'est un débat politique qu'on pose sur la table.
15:02– C'est lourd en amont, mais pas nécessairement après.
15:04Moi, j'ai fait déjà des réorganisations dans plusieurs pays.
15:08On était le mauvais élève dans la période de préparation,
15:11parce que nous, voilà.
15:12– Voyez !
15:13– En amont, mais en revanche, on a terminé plus vite que d'autres pays.
15:16– Parce que c'était plus fluide après.
15:18– Après, c'était plus fluide.
15:19Alors, voilà, c'était il y a quelques années.
15:21Mais voilà, chaque pays a ses contraintes en Europe.
15:24– Non, mais vous en pensez quoi ?
15:25Parce que vous le dites, vous l'avez dit au début de l'émission,
15:28la boîte est tellement grande qu'assez régulièrement,
15:29en fonction de l'activité, de pan d'activité qui disparaissent,
15:32vous êtes en permanence dans des transphos.
15:36Est-ce qu'on est assez souple ou pas ?
15:37Parce que quand je vois Microsoft qui fait rentrer,
15:38qui fait sortir, peut-être mauvais exemple,
15:40ou Amazon, vous allez me dire,
15:41oh là là, mais vous vous rendez compte de ce que vous dites ?
15:43Ça rentre, ça sort.
15:44C'est-à-dire un modèle plus anglo-saxon, plus américain,
15:46où l'emploi est plus fluide.
15:48Est-ce qu'on n'est pas en train de se tirer une balle dans le pied ?
15:51– Oui et non.
15:52Après, il faut repartir du principe de ce qui a été dit en début de discussion,
15:58le PSE, ça doit rester l'exception.
16:00En France, que ce soit avec les ordonnances Macron,
16:03on a introduit un certain nombre d'outils avant,
16:06donc il y avait eu aussi une réforme des licenciements pour motifs économiques.
16:10Aujourd'hui et à date, en France, on a un certain nombre d'outils
16:13que, avant d'arriver au PSE, qui est lourd, qui prend du temps,
16:17c'est un investissement également financier.
16:19– Il y a autre chose dans la boîte à outils.
16:20– Il y a autre chose avant, qui est beaucoup plus flexible,
16:22que ce soit la RCC, RQC collectif, que ce soit la GEPP.
16:26Et là, nous poser la question, quel est le plus facile,
16:30après ça va dépendre du dialogue social,
16:33mais certes, aujourd'hui, il est plus facile de discuter,
16:36de négocier une GEPP avec un dialogue social qui tourne bien dans l'entreprise,
16:40que de passer par le PSE, qui est rythmé par l'administration,
16:44qui est rythmé par un certain nombre de choses.
16:45– Oui, il s'appelle Olivier Coste, je voudrais quand même citer la source.
16:48Il dit, en Europe, les coûts de restructuration étouffent l'investissement
16:50dans l'innovation de rupture, qui est là, qui est directement Schneider,
16:54qui est une entreprise qui est un leader mondial sur notamment l'énergie.
16:57Et il dit, là où l'échec est fréquent, c'est-à-dire qu'il y a quand même
16:59cette espèce d'enjeu de… – Bien sûr.
17:00– On fige un peu, on bloque au lieu de fluidifier,
17:04et donc de permettre le flux d'investissement.
17:06Caroline, est-ce que vous voulez compléter ?
17:07– Peut-être que vous avez évoqué en introduction sur le modèle de la Scope,
17:10dans le dossier, on a interviewé aussi François Marseillano de Duralex,
17:14qui est sorti d'une belle période de tourmente,
17:16et en septembre 2024, les salariés ont repris l'entreprise
17:20grâce à ce dispositif pour construire le projet.
17:23En tout, il y a 148 salariés qui ont adhéré en échange d'un investissement de 500 euros.
17:26– Brandt est sur la même pente, dans le Loiret,
17:30avec la même stratégie, région, département,
17:33avec un peu d'aide de l'État et une Scope.
17:36– Et ils sont en train de remonter la pente,
17:37et ils ont notamment lancé récemment une levée de fonds
17:40qui a explosé le plafond en très peu de temps,
17:43pour pouvoir relancer un peu les outils de production.
17:45Donc c'est un beau succès.
17:46– En 15 jours, je crois qu'ils ont atteint les 3 millions.
17:47– En 48 heures, ils ont atteint plus de 19 millions d'euros.
17:51– 19 millions, mais je crois qu'ils ne peuvent en utiliser qu'une partie.
17:53– Oui, que 5.
17:53– Qu'est-ce que 5 millions.
17:54– Qu'est-ce que vous en pensez, Maître ?
17:56Alors vous allez me dire, moi, mon métier, c'est d'accompagner les PSE.
17:59– C'est assez exceptionnel, c'est très positif, effectivement.
18:04C'est vrai que ce n'est pas le cadre dans lequel on a l'habitude d'intervenir,
18:08mais c'est une belle…
18:10On va voir sur la durée ce que ça va donner après, mais…
18:12– On vous sent, sans le dire, avoir quelques doutes sur le modèle de la Scope.
18:16On a l'idée que les salariés sont actionnaires, qu'est-ce que…
18:19– Non, non, je n'ai pas de doute.
18:21Encore une fois, je ne l'ai pas pratiqué, donc je n'ai pas de recul réellement.
18:26C'est assez, pour moi, assez exceptionnel, mais je trouve ça effectivement très positif.
18:30– Il faut vous rappeler que sur le dossier du Ralex, la CGT n'avait pas validé.
18:33J'en ai parlé à la secrétaire, à la première secrétaire de la CGT il y a quelques temps,
18:39et elle m'a dit que la CGT ne validez pas,
18:41parce que pas de certitude de rentabilité et entreprise vieillissante sur le plan de l'organisation.
18:48Comment vous regardez, vous, l'après, là ?
18:50Parce que vous nous avez parlé d'un deuil, vous êtes sorti de votre deuil,
18:54excusez-moi de passer du Ralex à votre vie personnelle,
18:56mais on sent que vous êtes affecté par ce qui s'est passé.
19:00Ça y est, c'est derrière, et là, vous êtes tourné vers devant.
19:02– Oui, je suis tournée vers l'avenir.
19:04Après, je n'oublie pas, parce que c'est quelque chose dans une carrière, quand même, qui marque.
19:09– Et qui fait grandir aussi, d'une certaine manière.
19:10– Et qui fait grandir, on apprend énormément.
19:14Et du coup, je suis tournée, bien évidemment, vers l'avenir,
19:16parce qu'il faut rester positif, et qu'il y a encore du travail et de belles années,
19:22j'espère, encore devant moi.
19:24– Caroline, juste avant de nous quitter, rappelons le guide,
19:27parce que c'était intéressant, le travail que vous avez effectué,
19:29sur le guide, le classement des meilleurs cabinets d'avocats.
19:33– Oui, c'était un dossier dans le cadre de notre guide 2025
19:36des relations sociales et droits du travail.
19:38– Qu'on peut trouver ?
19:38– En ligne, sur notre site de leadersleague.com,
19:41on a tous les classements de ce guide,
19:43et le dossier sur le site de Décide.h.
19:45– Avant de nous quitter, Christian Lambert,
19:47tout à l'heure, je vous ai interrompu comme ça en plein vol,
19:49et je m'en excuse encore, mais la fin pour vous, c'est quoi ?
19:53C'est la fin de ce PSE dont vous avez parlé en province, c'est quoi ?
19:57C'est dans six mois ?
19:58Vous dites, voilà, j'ai encore quatre mois de tunnel ?
20:01– Non, de toute façon, les négociations se terminent le 18 décembre.
20:05– Ça, c'est date butoir ?
20:06– C'est date butoir, c'est issu d'un accord de méthode
20:08quand on a négocié et signé avec l'ensemble des parties.
20:09– Les négo, c'est quoi ?
20:10C'est les indemnisations ?
20:11C'est la manière dont ils vont être indemnisés pour partir ?
20:13C'est quoi, là, le cœur de la négo ?
20:15– C'est très large.
20:16Une négociation d'un PSE, ça peut être,
20:19je prends l'exemple de chaîne électrique,
20:21ça va être des mesures, ce qu'on appelle d'âge,
20:22c'est-à-dire d'accompagner des collaborateurs les plus âgés,
20:25dit autrement, c'est un système de pré-retraite.
20:27Ça va être l'accompagnement géographique,
20:30des gens qui vont déménager,
20:32des conjoints, conjointes, où il faut accompagner,
20:34retrouver un travail.
20:34– L'humain, encore l'humain.
20:35– L'humain, c'est des coûts de la vie différents.
20:38Et le troisième palier, ça va être l'accompagnement en externe
20:41pour les gens qui ne retrouvent pas de travail.
20:44– Le sujet du début, c'est un plaisir de partager ce débat avec vous,
20:47sujet essentiel, parce qu'il n'est pas que technique,
20:49on le voit, il est quand même éminemment humain,
20:52tourné autour de l'accompagnement des humains.
20:54Merci à vous, Christine Hélique-Poudvingne,
20:56d'être venue nous rendre visite,
20:57avocate en droit social associée, cabinetnaire,
20:59on vous retrouve d'ailleurs dans le dossier
21:01réalisé par les équipes de Caroline de Seineville.
21:05Merci à Christian Lambert, le VP Schneider électrique,
21:08en charge des relations sociales et donc de ce PSE
21:12dont vous nous avez parlé longuement.
21:13Merci à Nadia Dogban, vous êtes ex-DRH Jennifer
21:16et vous êtes aujourd'hui à la recherche d'un emploi de DRH.
21:19Et donc, voilà, n'hésitez pas à réagir.
21:22On a été très heureux de vous accueillir
21:23et merci à vous, chère Caroline de Seineville,
21:25de partager cette émission avec moi chaque semaine.
21:28Merci à vous, merci à Nicolas Juchat,
21:29on est très en retard, il va me tirer les oreilles.
21:30Merci à la réalisation, merci à Paul Hausson
21:32et merci à Charles à la réalisation.
21:35Merci à vous pour votre fidélité,
21:36je vous dis à très bientôt.
21:37Bye bye.
21:37Sous-titrage Société Radio-Canada
21:43Sous-titrage Société Radio-Canada
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