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  • il y a 2 jours
Ce jeudi 27 novembre, Jean-Pierre Petit, président des Cahiers Verts de l'économie, et Pierre Sabatier, économiste et fondateur de PrimeView, sont revenus sur l'intelligence artificielle qui propulse Wall Street et la consolidation de l'or, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Avec ce matin, Pierre Sabatier qui nous rejoindra dans un instant, économiste et fondateur de PrimeView,
00:05et déjà en plateau avec nous, Jean-Pierre Petit, président des Cahiers Verts de l'économie.
00:09Bonjour Jean-Pierre.
00:10Bonjour Etienne.
00:10Merci d'être avec nous ce matin.
00:12Bon, avec vous, on va se poser des questions sur le Bitcoin, sur l'or, mais également sur l'intelligence artificielle.
00:19L'intelligence artificielle qui propulse bien sûr Wall Street, quand on voit, on en parlait en début d'émission,
00:24Alphabet qui a doublé en l'espace de six mois.
00:25Des valeurs comme Nvidia également, qui ont franchi ces derniers jours les 5 000 milliards de capitalisation boursière,
00:31même si le titre perd 10 à 15% depuis le début du mois.
00:34Est-ce que pour vous, il faut parler d'une bulle dans cette IA, pour faire simple ?
00:38Oui, on peut parler d'une bulle, mais ça ne me dérange absolument pas.
00:41Nous vivons en économie de bulle, depuis très longtemps, depuis une quarantaine d'années.
00:45Il y a des bulles qui se forment assez fréquemment.
00:48La question, elle n'est pas de savoir s'il y a une bulle ou pas.
00:51La question, pour l'investisseur, c'est de détecter un sommet de bulle.
00:54Voilà, c'est ça qui est très très important.
00:57Et il faut trouver des indicateurs pertinents qui ont été concomitants avec des sommets de bulles boursières,
01:03parce que là on parle de l'IA, parce qu'il y a des bulles dans d'autres classes d'actifs.
01:07Et là, on peut regarder 1929, on peut regarder le 10 mars 2000, etc.
01:14Et on a toute une série d'indicateurs qui existent.
01:16Nous, on a une revue spécialisée là-dessus, au Cahier Vert,
01:20qui suit un certain nombre d'indicateurs clés caractéristiques d'un sommet de bulle, et pas de bulle.
01:26Et il n'y a pas que la valorisation absolue est relative.
01:28Il y a plein de choses dans les sommets de bulle.
01:30Tu vois, par exemple, des flux d'investisseurs individuels, un nombre record d'IPO, par exemple.
01:36Et puis, dans les sommets de bulle, par exemple, on s'aperçoit que l'indice progresse
01:42à partir d'une base de plus en plus étroite de valeurs.
01:47Par exemple, entre 1999 et 2000, sur les marchés mondiaux,
01:51il y avait plus de valeurs qui baissaient, qui montaient.
01:55Et pourtant, l'indice progressait.
01:57C'est-à-dire que la base, la base de la hausse de l'indice
02:02était faite, réalisée sur une base de plus en plus étroite.
02:08Et ça, c'est un indicateur de fragilité extrême qu'on voit dans les sommets de bulle.
02:12On le voyait en 29 et on le voyait en 2000, par exemple, à travers les Mico.
02:16À l'époque, ce n'étaient pas les Mac 7, c'étaient les Mico, Microsoft, Intel, Cisco, Oracle.
02:21Voilà. Donc, c'est ça qu'il faut regarder.
02:23Et nous, on a un indicateur qui mentionnait 79% d'état d'avancement
02:29par rapport à un sommet de bulle théorique.
02:31Et donc, on a décidé d'alléger.
02:33Mais il peut y avoir des corrections qui ne sont pas aussi catastrophiques
02:39qu'en 29 ou en 2000.
02:40On se souvient tous de 2000-2002, le Nasdaq perd 77%
02:45et on se souvient tous de 29, même si on n'était pas là,
02:49entre le 3 septembre 1929 et le 8 juin 1932.
02:54Mais aujourd'hui, ces boîtes-là réalisent des profits.
02:55On a moins 87 pour le Dow Jones, tu vois.
02:57Quand vous voyez qu'Alphabet fait plus de 100 milliards de profits annuels,
03:00idem pour Nvidia.
03:01Non, mais c'est-à-dire qu'aujourd'hui, en termes de cherté,
03:03bon, c'est des valeurs qui se payent 25-30 fois.
03:06Non, ah oui.
03:08À condition que l'année prochaine, dans les exercices à suivre, elles continuent.
03:11Les Mac 7 sont à 30.
03:13Les Mico, en mars 2000, étaient à 60.
03:15Donc, tu vois, tiens, il n'y a pas forcément…
03:18Si c'est justifié, pas le problème.
03:20Simplement, tu as des petits faisceaux d'alerte.
03:23Dernièrement, la hausse de la dette pour les hyperscalers, par exemple.
03:27Les problèmes d'Oracle.
03:28Le fait que la tech, par exemple, dans le high yield,
03:30c'est 11% du high yield.
03:32C'était 6% il y a 10 ans.
03:33Tu vois, il y a des petits…
03:35Et puis, alors, l'économie circulaire, les liens entre NVIDIA, OpenAI,
03:40et puis les hyperscalers, etc., du point de vue des engagements d'achat
03:44ou des participations au capital, voire des prêts.
03:47Donc, tout ça donne l'impression aux investisseurs d'un lien un peu malsain
03:54entre toute la chaîne de valeur de l'IA.
03:57Et donc, ça a généré des craintes.
03:59Mais tu peux très bien avoir des corrections.
04:00Par exemple, on l'a oublié, mais le Nasdaq Composite a baissé de 38%
04:03entre novembre 2021 et décembre 2022.
04:08Tout le monde l'a oublié.
04:09Correction de moins 13, par exemple, à l'été 2024.
04:12Et cette année, entre la mi-février et le 8 avril 2025, moins 24.
04:17Oui, c'est un bear market.
04:17C'est un bear market au sens statistique du terme,
04:19selon notre définition.
04:21Pierre Sabatier, chez Prime, vous pensez qu'il y a une bulle également aujourd'hui sur l'IA ?
04:24Alors, je vais dire de manière très claire.
04:25Pour moi, c'est une respiration.
04:26Vous savez, en fait, même statistiquement,
04:28on a découpé le marché depuis sur très très longue période,
04:30quels que soient les indices qu'on peut regarder.
04:31Et ensuite, on les qualifie, en fait, en fonction de bull market, bear market, wave market,
04:35même dans un bull market.
04:36Et ça, il faut l'avoir en tête.
04:37Après une séquence de hausse qui dure pendant longtemps
04:40et qui atteint une certaine ampleur, 25, 30, 35%,
04:43on sait ce qui va se passer.
04:45Parce que les investisseurs sont, même si, évidemment, il y a des machines derrière,
04:48mais les investisseurs, ça reste des êtres humains
04:49qui, à un moment donné, finissent par avoir un petit peu le vertige.
04:52Et en gros, après, en fait, une phase de hausse d'une ampleur et d'une intensité forte,
04:56sans aucune respiration, on sait que statistiquement,
04:58les mouvements ne sont jamais en ligne droite.
04:59Et même en bull market, on a des respirations.
05:02Et on peut même les évaluer.
05:04La respiration médiane dans ce type d'environnement en bull market,
05:07d'au moins 5%, c'est à peu près 7 à 8%.
05:09Et on sait qu'au bout de 7 à 8%,
05:11les investisseurs vont finir par oublier les arguments
05:14qu'ils ont utilisés pour pouvoir, finalement,
05:16entraîner cette respiration-là,
05:18pour réenclencher une séquence de hausse.
05:21C'est la position dans laquelle on est, vous savez.
05:22Alors là, c'est facile, parce qu'à l'heure actuelle,
05:25les marchés ont déjà un peu rebondi.
05:26Oui, mais c'est ce qu'on disait la semaine dernière,
05:28quand les marchés avaient perdu 5, 6, 7% pour le Nasdaq.
05:31Et concrètement, pour nous, c'est d'abord et avant tout une respiration,
05:34parce que je crois qu'effectivement, comme il dit des empires,
05:35il y a une forme de confusion.
05:37On utilise en fait des référentiels historiques
05:39qu'on veut calquer sur la période actuelle.
05:41La vraie différence, c'est que s'il fallait trouver une analogie,
05:43malheureusement, on a peu de données sur le sujet.
05:45On est surtout et avant tout pas que sur une bulle de tech.
05:48On est sur une bulle de trust.
05:49Et ça, c'est fondamentalement différent.
05:50Qu'est-ce que ça nous ramène à la fin du 19e, début du 20e ?
05:54Et c'est ça le sujet majeur.
05:55Et c'est la raison pour laquelle nous, on pense que ça va durer plus longtemps.
05:57Ça ne s'arrêtera que quand il y aura en fait un changement profond de règle du jeu.
06:00C'est ça qu'il faut avoir en tête.
06:02La notion de trust, qu'est-ce que c'est ?
06:03C'est quand finalement on a un cash tel que quoi qu'il se passe,
06:06on offre aux investisseurs la visibilité microéconomique,
06:09la visibilité d'économie réelle.
06:11C'est ça que les gens ont oublié.
06:12Ces valeurs-là, elles s'appuient sur une réalité concrète,
06:15à savoir continuer à afficher les plus fortes croissances bénéficiaires
06:18de l'ensemble du marché américain.
06:21Et c'est grâce à cela en réalité qu'on peut continuer.
06:23Et pourquoi elles le font ?
06:24Elles ne le font pas que parce qu'elles sont technophiles,
06:25elles ont des capacités technologiques.
06:27Elles le font aussi parce qu'elles sont, entre guillemets,
06:30alimentées par une réserve de cash colossale.
06:32Donc ce qu'on regarde, et c'est là où on peut être un peu attentif,
06:35un peu plus attentif dans la période actuelle par rapport au passé,
06:37c'est justement comment ces très grosses boîtes,
06:39il n'y en a pas non plus 50, il y en a 4, 5, 6 en réalité,
06:42ces vrais trusts technophiles financent les investissements actuels.
06:47Et toutes ne se valent pas parmi les valeurs.
06:49Il y en a qui utilisent plus de dettes qu'autre chose.
06:51Et donc là où on peut avoir un petit changement,
06:53c'est que jusqu'à maintenant, ces trusts technophiles
06:55offraient évidemment une capacité technique,
06:58en gros vendre du rêve avec la croissance future,
07:00mais surtout alimentée par un trésor de guerre
07:02qui lui permettait d'offrir la visibilité aux investisseurs.
07:05Attention aux entreprises qui continueront à jouer le jeu des capex très élevés
07:09sans en avoir forcément les moyens.
07:11Et là, on devient sensible au marché.
07:13A savoir, si on a besoin des autres pour investir,
07:15ce n'est plus la même musique.
07:16Aujourd'hui, toutes ne sont pas dans ce cas-là.
07:18Si il faut en pointer une par rapport à d'autres,
07:20celle qui nous paraît financièrement la plus fragile, c'est Meta.
07:23Parce qu'aujourd'hui, au regard du poids en fait de ces investissements
07:26dans son logiciel d'affaires et de la manière, entre guillemets,
07:27d'elle finance aujourd'hui ces investissements,
07:29on estime qu'elle est par rapport aux autres un peu limite
07:31et qu'elle risque peut-être, à un moment donné,
07:34de perdre ce statut de trust technophiles.
07:35On est très tôt dans cette mécanique-là.
07:37Je crois vraiment qu'on est face à une mécanique de marché
07:39mais tellement traditionnelle, à un moment donné,
07:41après 25 ou 30% de hausse, 75% de hausse
07:44depuis le début du market aux Etats-Unis,
07:46depuis le début 2023, presque 1000 jours de hausse
07:49où on reste en fait dans cet environnement-là.
07:52Ça fait beaucoup, c'est long et à un moment donné,
07:54les gens en fait veulent simplement reprendre leur respiration
07:56pour repartir.
07:57On est plutôt sur, pour le coup, vraiment une respiration
07:59plutôt qu'un changement de cycle.
08:00Avec un ASDAQ qui est à moins de 3-4% de son record.
08:03Donc c'est vraiment une respiration, c'est un tout petit sourd.
08:06Les gens vont oublier tout ce qu'on se dit là en fait
08:07d'ici 3-4 jours si ça continue.
08:08– Jean-Pierre Petit, aujourd'hui, au cahier vert de l'économie,
08:11vous dites quoi à vos clients ?
08:12Sous-performez la tech américaine ?
08:14– Non, on est revenu sur la tech américaine fin avril
08:16et progressivement au fur et à mesure de l'expansion
08:19parce qu'il y a une question aussi de momentum purement technique.
08:22Il faut savoir que les bulles, avant le sommet, elles accélèrent.
08:25C'est pour ça qu'elles surprennent même les bullishs,
08:27c'est-à-dire les gens favorables.
08:29Et alors, pour donner dans l'anecdote,
08:32on l'a vu en 29, on l'a vu dans d'autres bulles,
08:35c'est quand les bearish capitulent.
08:36C'est-à-dire qu'ils reconnaissent, enfin ils se disent
08:38« Ah bah non, excusez-nous, on s'est trompés ».
08:40Irving Fischer, c'est l'économiste le plus célèbre,
08:43il annonce une bulle à l'été 2026,
08:45il dit « Il y a une bulle sur la bourse américaine »
08:47et puis pendant trois ans, elle monte très très fortement.
08:51Et donc, il déclare à nouveau, à l'été 1929,
08:57que « Ah bah non, je me suis trompé, finalement,
08:59elle va rester sur un plateau ».
09:00Deux mois après, ça s'effondre,
09:03donc il a pris la porte de sa lune
09:04et il n'ose plus parler de ça.
09:06Donc, même les gens, la force d'une bulle,
09:08moi ce que j'ai toujours remarqué,
09:10c'est que ça pousse les gens, pourtant très cultivés,
09:12très intelligents, à dire des absurdités
09:14du strict point de vue boursier.
09:16Et donc, c'est très puissant une bulle.
09:19C'est très très très puissant.
09:21Est-ce que vous pouvez comparer la bulle d'aujourd'hui
09:22avec la bulle Internet, dans le sens où,
09:24aujourd'hui, les profits sont là quand même,
09:26les perspectives ?
09:27Oui, c'est pour ça que la valorisation,
09:29quel que soit le mode de calcul de la valorisation,
09:33elle n'est pas au niveau standard.
09:35Mais un sommet de bulle,
09:36ce n'est pas qu'un problème d'excès de valorisation.
09:38Il faut regarder aussi la prime de risque,
09:40les taux d'intérêt, il faut regarder plein d'autres choses.
09:42Et pour aller dans ce sens-là,
09:43beaucoup de gens utilisent le niveau de valorisation
09:45comme « c'est trop cher » ou « c'est intéressant ».
09:47En fait, le niveau de valorisation,
09:49c'est un niveau d'altitude.
09:51Ce n'est pas parce qu'un marché est cher
09:52qu'il va se casser la figure.
09:54Ça dit simplement que si demain,
09:56il y a des déceptions,
09:57c'est-à-dire qu'en fait,
09:58les raisons pour lesquelles il est cher aujourd'hui
10:01finissent par être altérés,
10:02là, évidemment, ça vous donne une idée
10:04de l'ampleur de la chute.
10:05Parce qu'en fait, les fondations s'éronent.
10:07De la même manière, un marché n'est pas cher.
10:08Beaucoup de gens vous diraient
10:09« c'est pas cher d'en qu'acheter ».
10:10Mais non, ce n'est pas suffisant.
10:11Il y a des raisons pour lesquelles
10:11les marchés par soi sont pas chers.
10:13Il faut pour ça, pour invalider cette tendance,
10:15lorsqu'un marché n'est pas cher,
10:16évidemment, si les fondations changent
10:19et deviennent plus positives,
10:24parce qu'avec Jean-Pierre, on est insupportables
10:27parce qu'en fait, on prend la parole,
10:28mais c'est pas grave.
10:30Mais simplement pour vous dire, selon nous,
10:31ça s'arrête, et je reprends le XXe siècle,
10:33ça s'arrête avec de la radicalité
10:34dans le changement de règles du jeu.
10:36Pour nous, elles sont soit fiscales,
10:37soit avec des programmes politiques
10:38qui finiront par être un peu comme
10:40ce qu'a fait Taudor Roosevelt en 1901.
10:42La seule ligne de son programme,
10:43c'est « je découperai les gros ».
10:44Et tant qu'on n'a pas ça,
10:45on est face à des acteurs
10:46qui sont tellement devant sur la ligne de départ
10:48qu'ils ne peuvent plus être attrapés.
10:50Ça explique la concentration nazique des indices,
10:52ça explique la surpondération,
10:54la contribution de ces grandes valeurs
10:55à la performance des indices,
10:57et ça ne s'arrêtera que lorsqu'il y aura
10:59une perspective de changement de règles du jeu.
11:01Or, sur ce point, il faut avoir en tête
11:03que si Trump est très radical,
11:05en termes de politique extérieure,
11:06en termes de politique intérieure,
11:09il est très, très conventionnel
11:10et très procyclique.
11:12Et donc, il n'a rien fait aujourd'hui
11:13pour altérer, finalement,
11:14la marche en avant de ces grandes valeurs-là.
11:17Donc, pour nous, véritablement,
11:18on n'est pas encore au moment
11:19où la musique va s'arrêter de...
11:21Il nous reste cinq minutes.
11:22Vous ne faites pas, du coup, Jean-Pierre Petit,
11:23vous achetez de l'or aujourd'hui ?
11:24On voit l'once d'or, là,
11:25qui gagne quand même 50%
11:26depuis le début de l'année.
11:27Je vous donne un tout petit point sur la bulle.
11:28En 1996, il y a des gens
11:29qui trouvent que le marché est surévalué.
11:32Et ils coupent les actions.
11:34Et pendant trois ans,
11:35trois ans et demi, ils ont tort.
11:36Ils perdent leur boulot, d'ailleurs.
11:38Parfois, ils perdent leur boulot.
11:39Donc, ce n'est pas la valorisation
11:40qui compte.
11:42Et n'oubliez pas que
11:43toutes les bulles boursières
11:44sont générées par des innovations.
11:46Les chemins de fer, l'électricité.
11:48Dans les années 20, c'était l'auto,
11:49c'était la radio, la téléphonie.
11:51C'était des innovations
11:52que tout le monde voyait, en plus.
11:53Les gens y croyaient.
11:54Voilà.
11:55Et donc, on ne sait pas
11:56quel va être le niveau limite de la demande.
11:58Le CEO de Nvidia,
12:00j'ai écouté ce qu'il racontait.
12:01Il raconte, il défend sa boîte,
12:03c'est normal.
12:04Mais en fait, il ne sait pas au-delà
12:05quelle va être la demande de semi-conducteurs.
12:07Voilà.
12:07Alors, sur l'or,
12:08alors là, on pourrait se poser aussi...
12:10Alors ça, c'est plus dur,
12:10une bulle de l'or,
12:12même si on a le momentum.
12:13Le momentum est extrêmement puissant.
12:15Alors, comment valoriser l'or ?
12:16On ne peut pas le valoriser en absolu
12:17puisqu'il n'y a pas de dividendes,
12:18d'intérêts, etc.
12:19Donc, on le valorise en relatif
12:20par rapport au PIB nominal américain,
12:22par rapport au prix américain,
12:23par rapport aux autres matières premières,
12:25par rapport à la capi boursière, etc.
12:26Ça, de ce point de vue,
12:27c'est un peu cher.
12:29On peut le regarder à court terme,
12:30les positions spéculatives nettes,
12:32elles sont élevées quand même.
12:33Voilà.
12:33Mais sinon,
12:34le grand vecteur de la hausse de l'or,
12:36comme on le pense depuis 10 ans,
12:38parce qu'en fait,
12:38l'or monte depuis 2015-2016,
12:40après l'invasion de la Crimée
12:42par la Russie, etc.,
12:43l'augmentation des banques centrales
12:45émergentes,
12:47émergentes,
12:47c'est surtout les émergentes,
12:48en or.
12:49Et quand on regarde
12:50toutes les banques centrales,
12:51elles reconstituent des réserves d'or,
12:53c'est 17-18% de leurs réserves.
12:55Mais on est très loin
12:56de la période d'avant-guerre-froid,
12:58d'avant-fin de la guerre froide,
13:00avant la chute du mur de Berlin,
13:01on était à 30%,
13:02donc ça peut encore augmenter.
13:04Voilà.
13:04Alors, est-ce que j'achète ?
13:05Alors, je vais répondre directement
13:06à la question.
13:07Nous restons surpondérés en stratégique.
13:09On a allégé.
13:10On a allégé,
13:11et on n'exclut pas des corrections,
13:12des consolidations.
13:13Mais sur le moyen terme,
13:15je pense que le monde
13:16de conflictualité
13:17dans lequel nous sommes aujourd'hui,
13:18et ce n'est pas seulement
13:19la conflictualité commerciale,
13:21militaire,
13:22c'est aussi technologique,
13:23énergétique,
13:24matières premières,
13:25ressources rares,
13:26minéraux,
13:27critiques,
13:28voire sanitaires,
13:28alimentaires,
13:29alimentera encore
13:31la montée de l'or.
13:32Et pour aller dans ce sens-là,
13:34nous, on est pareil,
13:34grosso modo,
13:35on est stratégique,
13:36en fait, surpondérés,
13:36mais pas depuis aujourd'hui,
13:37depuis longtemps,
13:38parce qu'en réalité,
13:38c'est une toile de fond.
13:39Et ça joue quoi ?
13:40Ça joue simplement plutôt
13:41dans le champ.
13:43Il y a des choses
13:43qu'on achète pour gagner de l'argent.
13:45Il y a des choses
13:45qui servent d'assurance.
13:46Aujourd'hui,
13:47l'or, c'est une forme
13:48d'assurance monétaire
13:49contre, dans une période
13:50de très grands conflits,
13:52des politiques monétaires
13:52qui sont devenues exotiques,
13:54dont on maîtrise mal
13:54les conséquences à long terme.
13:55Ce qui n'est pas le cas du bitcoin,
13:56qui a été vendu
13:57comme une valeur au flux.
13:58Je termine quand même sur l'or,
13:58parce qu'il nous reste une minute,
14:00mais on va quand même du bitcoin.
14:01On est à moins 20%
14:02depuis un mois,
14:03moins 30 même.
14:05Ce n'est pas la même chose,
14:05mais juste pour dire pour l'or,
14:06en réalité, c'est une assurance.
14:07Et j'ai toujours tendance
14:08à vous demander,
14:09est-ce que parce qu'une assurance
14:10est chère, vous la vendez ?
14:11La réponse est non.
14:12Donc stratégiquement parlant,
14:13on doit rester surpondérés
14:14sur l'or dans le contexte actuel.
14:16C'est surtout une visée assurantielle.
14:17Les actions peuvent progresser
14:19en même temps que l'or,
14:20comme en 2003-2007,
14:21comme à plein de périodes
14:22de l'histoire.
14:22Ce n'est pas contradictoire.
14:23Non.
14:24Voilà.
14:24Le bitcoin,
14:25personne ne s'est le valorisé.
14:26Il n'y a pas de méthode.
14:27Simplement,
14:28ça commence à devenir
14:28un instrument de réserve
14:29dans les pays
14:30à système bancaire pourri
14:32où il y a des hyperinflations
14:33comme l'Argentine,
14:34la Turquie,
14:34le Liban, etc.
14:35Donc là,
14:35ça commence un petit peu
14:36à se développer.
14:37Et en poids,
14:383 500 milliards de dollars.
14:403 500 milliards de dollars,
14:41c'est quoi ?
14:41C'est 3% de la capitalisation
14:43boursière mondiale ?
14:44À peu près.
14:45Donc,
14:45ce n'est pas énorme.
14:47Voilà.
14:47C'est 3 à 3,5.
14:48Donc,
14:48ça peut encore progresser.
14:50Et ce qui est intéressant,
14:51c'est que ça vient
14:51en complément de l'or.
14:52En fait,
14:53on a fait des tests
14:54de grangeurs
14:54sur l'or et le bitcoin.
14:57En fait,
14:57ça ne cannibalise pas l'or.
14:59Et c'est l'or qui cause.
15:00C'est un actif aujourd'hui
15:03un peu hybride
15:03qui peut servir
15:04effectivement un peu
15:05de monnaie de réserve.
15:07On en est quand même
15:07vraiment au tout départ.
15:09Mais de l'autre côté,
15:09ça reste aussi un actif
15:10qu'on considère un peu
15:11comme un actif à bêta
15:12supérieur à 1.
15:13À savoir quand les actions,
15:15quand les actifs risqués montent,
15:16le bitcoin va monter.
15:17Lorsqu'il baisse,
15:18on voit qu'il surréagit
15:18notamment aussi à la baisse.
15:20Donc,
15:20pour l'instant,
15:21il ne faut pas appréhender
15:22en tout cas,
15:22selon nous,
15:22aujourd'hui le bitcoin
15:23comme un actif équivalent
15:25à l'actif assurantiel
15:26que peut constituer l'or aujourd'hui.
15:2791 460 dollars ce matin
15:29pour le bitcoin
15:30qui a rebondi
15:30depuis le début de la semaine.
15:31M'austéry beaucoup,
15:32Bire Sabatier nous a raccompagné
15:33ce matin,
15:34économiste et fondateur
15:34de PrimeView
15:35avec Jean-Pierre Petit,
15:36président des Cahiers Verts
15:37de l'économie
15:38pour parler donc de l'IA,
15:39de l'or
15:40et également du bitcoin.
15:41de l'économie.
15:42Sous-titrage Société Radio-Canada
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