- il y a 11 minutes
Chaque week-end, l’émission pilotée par Pauline Revenaz, consultante police/justice BFMTV, traite d’un événement majeur de la semaine, ainsi que d’autres affaires qui sont revenues sur le devant de la scène.
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00:01Générique
00:10Bonjour à tous, nous sommes dimanche, il est 13h, bienvenue dans Affaires suivantes, au programme cette semaine,
00:16l'incroyable scénario après l'explosion de Monaco, un colis piégé, trois blessés et un assassinat en Ukraine.
00:22Qui se cache derrière tout ça ? Quelles sont les pistes d'enquête privilégiées ?
00:25On vous dira tout depuis Kiev et avec nos meilleurs experts.
00:29Les aveux partiels de Cédric Jubilard, ce coup de théâtre, cette onde de choc et toutes les conséquences que cela
00:34provoque sur le plan judiciaire.
00:35Comment ces avocats ont réussi à le faire parler ? Que contient cette lettre d'aveu ?
00:40Pourra-t-on bientôt retrouver le corps de Delphine Jubilard, son épouse, nous serons en direct de Toulouse et sur
00:45ce plateau avec l'avocate de la mère de Cédric Jubilard.
00:48Affaire suivante, c'est tout de suite, ne bougez pas.
00:52Bienvenue si vous nous rejoignez dans Affaires suivantes. Ce dimanche, le général Daous m'accompagne dans cette émission.
00:56Ravi de vous accueillir de ce côté de la table, le général.
00:58C'est une affaire totalement rocambolesque, digne d'un scénario de Polar.
01:02Un colis piégé qui vise une famille d'oligarques ukrainiennes, une chasse à l'homme ou plutôt une chasse à
01:07la femme et un assassinat en Ukraine.
01:10Qui est donc cette femme au chapeau, recherchée d'abord par toutes les polices, retrouvée assassinée en Ukraine ?
01:16Portrait signé Pierre-Louis Boussin.
01:20Presque deux semaines d'enquête, deux découvertes, deux questions.
01:23Mais à ce stade, toujours pas de mobile concernant l'explosion du 29 juin à Monaco.
01:28Pas de certitude non plus sur le rôle précis joué par cette femme, Anastasia Berezovska,
01:33une Ukrainienne de 39 ans soupçonnée d'avoir déclenché l'engin explosif ayant fait trois blessés,
01:39dont un oligarque originaire d'Ukraine également.
01:41Sur ces images de vidéosurveillance, on aperçoit la suspecte près de la frontière avec la principauté,
01:47venue acheter une batterie externe chez un réparateur de téléphone, quelques heures seulement avant la détonation.
01:53Ça m'a un peu étonné du coup quand j'ai vu que c'était de la suspecte,
01:57parce que quand elle est rentrée, elle ne parlait pas du tout anglais déjà,
02:01elle avait un peu de mal et apparaissait totalement normale.
02:05La dernière image d'elle à Monaco, la voici, grimée en homme, coiffée d'un bob.
02:09Pendant plus d'une semaine, aucune trace d'elle.
02:12Anastasia Berezovska est finalement retrouvée morte en Ukraine le 7 juillet.
02:17Son corps porte des blessures par balle à la tête.
02:20Deux hommes sont arrêtés le même jour, un ancien membre des forces de l'ordre
02:24et un employé du renseignement militaire ukrainien.
02:27Ils sont suspectés de meurtre.
02:30Il a été interpellé chez lui. J'étais d'ailleurs présent à ce moment-là.
02:34Des actes d'enquête ont été menés à son domicile, en l'occurrence une perquisition.
02:38Et en vertu de la procédure 28, il a été placé en détention.
02:44Selon la police, les deux hommes ont aussi effectué plusieurs virements bancaires
02:48au bénéfice d'Anastasia Berezovska et pourraient être impliqués dans l'explosion de Monaco.
02:52Le suspect travaillant pour le renseignement militaire ukrainien a reconnu le meurtre
02:56et dit avoir agi sans en informer ses supérieurs.
03:00Alors tout est mystérieux dans cette histoire.
03:02J'accueille sur le plateau et avec plaisir Cyril Gellipteur.
03:05Merci d'être avec nous, docteur en histoire et expert en renseignement.
03:09Boris Carlamot, journaliste police-justice de BFM TV.
03:12Le plus frappant dans cette histoire, peut-être démarrons avec vous Boris,
03:16c'est l'épilogue ou c'est le déclenchement.
03:18Tout est incroyable, je le disais, depuis l'explosion de Monaco.
03:21Et Boris, vous avez eu la chance d'aller sur le lieu.
03:23Oui absolument, nous sommes le 29 juin dernier, peu avant 21h,
03:27il y a un individu qui va déposer un colis piégé en l'espèce un cabas
03:31sur le perron d'un immeuble du centre de Monaco
03:34à quelques dizaines de mètres de la frontière française et de la commune de Beau-Soleil.
03:38Et on va s'apercevoir sur les vidéosurveillances que cet individu porte un bob
03:41qu'il est en train de prendre la fuite direction la frontière française et la commune de Beau-Soleil.
03:47Il y a trois personnes qui vont être blessées dans l'explosion de ce colis.
03:52Il y a eu une véritable honte de choc puisque l'explosion a été entendue
03:56à des dizaines et des dizaines de mètres de l'endroit où l'on se trouvait là.
04:00Et puis donc on va vite s'apercevoir, un peu plus de 48h, 53h, si ma mémoire est bonne,
04:05que cet individu, cet homme, finalement c'est une femme.
04:07C'est une femme qui a fait des repérages en amont.
04:09Les jours précédents l'explosion et le jour même, elle va repérer cette famille.
04:14Ce soir-là, elle va suivre la famille, elle va la devancer,
04:17elle va attendre que la famille pénètre dans l'immeuble
04:19et à ce moment-là, à l'aide d'une télécommande, elle va déclencher l'engin explosif.
04:23L'enfant de 13 ans va pénétrer dans l'immeuble, c'est pour ça qu'il sera le moins blessé,
04:27entre guillemets.
04:28Et puis c'est au moment où la compagne de l'oligarde passe que la bombe explose.
04:32Puis cette femme va prendre la direction de la France en fuite.
04:35L'Italie remontée jusqu'à l'Allemagne.
04:36Pourquoi l'Allemagne ?
04:37Parce qu'elle est domiciliée là-bas et de là, une fiche Interpol,
04:40le notice rouge va être émise jusqu'à ce qu'on retrouve sa trace.
04:43C'était le 6 juillet dernier, non pas en Europe, mais en Ukraine.
04:48Elle aura été retrouvée morte près de Kiev.
04:51Alors moi, honnêtement, j'ai quelques questions à poser.
04:54Parce qu'on dit que la justice a besoin de temps, que les enquêtes sont compliquées.
04:59Là, nous sommes dans une enquête internationale.
05:01Nous avons des services dont on ne sait pas trop qui fait quoi et pour qui.
05:07Et on arrive déjà, le procès est terminé, on a trouvé la victime, tout est ficelé.
05:13Est-ce qu'on ne nous a pas donné un paquet cadeau face à tout le monde ?
05:16En nous disant, ben voilà, c'est terminé, circulé, il n'y a plus rien à voir.
05:20Que c'est un peu plus compliqué que ce qu'on en a vu.
05:23Alors, pour précision, là en fait, c'est en quelque sorte une audience, entre parenthèses, préliminaire.
05:27C'est-à-dire que là, l'enquête va se poursuivre.
05:30Et c'est toujours le maintien en détention, je crois que c'est 2-3 mois.
05:33Et dans 2-3 mois, on va revenir en fait avec un nouveau procès pour décider s'il faut...
05:39C'est comme ça que les Ukrainiens procèdent, je le vois dans les décisions de justice ukrainiennes.
05:43Comme vous, j'ai un doute.
05:44Comme vous, j'ai un doute énorme sur cette affaire.
05:47Car l'un des interpellés, qui n'est pas seulement officier du renseignement militaire ukrainien,
05:52c'est un officier de l'unité A2772.
05:55C'est-à-dire que c'est le centre d'entraînement des forces spéciales ukrainiennes.
05:58C'est quand même un peu un profil un peu différent.
06:00beaucoup plus opérationnel pour justement mener des opérations spéciales.
06:04Il nous dit, j'ai agi sans en informer ma hiérarchie dans mon coin.
06:09Excusez-moi, mais c'est en violation complète de toutes les procédures
06:13mises en œuvre par les forces spéciales, peu importe, ukrainiennes, françaises.
06:17Au contraire, vous êtes impliqué dans une telle affaire,
06:20vous vous rendez compte à votre hiérarchie.
06:22Mais je voyais aussi qu'il chargeait son comparse.
06:24Beaucoup.
06:24Alors, il faut rappeler le profil de la première victime.
06:28Qui est cet homme visé à Monaco, Vadim Hermolaïf ?
06:32Pourquoi est-ce qu'il était visé et qui a voulu l'assassiner ?
06:35C'est ça la question qu'il faut se poser au départ, avant de remonter en Ukraine.
06:38Alors, on va aller en Ukraine parce que la clé du mobile se trouve nécessairement en Ukraine.
06:43Cyril Amoursky, vous êtes le correspondant de BFM TV.
06:45Quels sont les éléments dont vous disposez dans cette enquête ?
06:48Et qu'est-ce que vous savez de plus sur les auteurs de l'assassinat de cette femme au chapeau
06:53dont on parle depuis quelques instants en plateau ?
06:56Alors, ce qu'on sait, c'est qu'effectivement, il y a deux personnes qui ont été arrêtées.
06:59Il s'agit de deux suspects différents.
07:00Le premier, c'est un employé, un ancien employé du SBU, donc les services secrets ukrainiens.
07:05Et il y a également une autre personne qui a été interpellée.
07:08C'est quelqu'un qui travaille toujours, en tout cas jusqu'à son arrêt,
07:11dans les renseignements militaires ukrainiens, comme cela a été rappelé par vos deux invités.
07:16Et ce qu'on sait aussi, c'est qu'effectivement, le corps a été retrouvé le 6 juillet.
07:21Elle aurait été tuée le 3 juillet, deux jours seulement après avoir pu revenir en Ukraine.
07:26Rappelons que le crime a été commis le 29 juin.
07:28Deux jours plus tard, elle a pu traverser la frontière ukrainienne.
07:32Elle est placée sur la liste d'Interpol le lendemain, le 2 juillet.
07:36Son corps est retrouvé le 6 et elle est assassinée le 3.
07:39On la retrouve dans une petite commune qui est dans la région de Kiev.
07:43Il s'appelle Yuriv.
07:44Et comment on a fait pour retrouver ce corps ?
07:46Eh bien justement, le procureur, la police a interrogé les deux suspects
07:49et ils ont montré la route qu'ils ont prise avec notamment une BMW noire
07:53pour pouvoir aller chercher la victime.
07:57Ils l'ont assassinée pendant une conversation.
07:58Et puis ensuite, pas très loin du lieu du crime, ils l'ont enterrée.
08:02On ne sait pas exactement pour quelle raison est-ce que ce crime a été commis.
08:07Ce qu'on sait, c'est qu'apparemment, il a été commis effectivement
08:10sans que la hiérarchie n'ait été prévenue.
08:12En tout cas, c'est ce qui a été annoncé pendant la phase préliminaire du jugement des deux suspects.
08:18Et par rapport à Yermolayev, si vous me permettez, c'est un profil en réalité qui est assez commun.
08:24C'est une personne qui a fait sa fortune notamment lors des années 90, des années 2000 en Ukraine.
08:29Quelqu'un qui a fait beaucoup d'argent notamment dans des projets immobiliers dans sa ville natale de Dnipro.
08:34Il a construit énormément de centres commerciaux, de Grathelle par exemple.
08:38Et en fait, en 2019, il a décidé d'abandonner la nationalité ukrainienne pour accepter la nationalité chypriote.
08:43Il s'est ensuite exilé à l'étranger, notamment à Monaco.
08:46Et il a été placé sur la liste de sanctions ukrainiennes, donc de son propre ancien pays, en 2023.
08:52Parce qu'en réalité, après 2014, après l'annexion de la Crimée,
08:55un business qu'il possédait sur la péninsule, qui produisait du vin,
08:59a continué à faire du business, à faire des affaires.
09:02Et cela s'est encore renforcé à partir de 2022 dans le reste des territoires occupés.
09:06Pour autant, ce n'est pas une cible classique pour les Ukrainiens,
09:10tout simplement parce que ce n'est pas un profil qui était très connu,
09:13ce n'était pas un profil qui était médiatisé.
09:15Il était peut-être connu à Dnipro et dans la région de Dnipro.
09:17Mais globalement, le pays n'en avait pas beaucoup entendu,
09:19ne serait-ce que dans une enquête qui s'appelle le Bataillon Monaco.
09:23C'est le surnom que l'on donne justement à ces exilés riches qui ont décidé de vivre à l
09:26'étranger
09:27et non pas combattre ou bien contribuer à l'effort de guerre.
09:29Mais du grand public, c'était globalement une personnalité.
09:32Enfin, c'est une personnalité qui est franchement méconnue.
09:35Alors, Général, il y a quoi comme mobile possible sur la table ?
09:38On nous parle d'un mobile personnel, on parle de criminalité organisée
09:42ou on parle d'ingérence ? Qu'est-ce qui est possible ?
09:44Je dirais les trois, tout simplement.
09:48Les trois, mon général.
09:49Parce qu'on voit avec le fait de continuer de faire des affaires avec les Russes
09:54à travers la prescrite là-bas.
09:58Et on veut punir, on veut récupérer, on veut montrer.
10:03Est-ce que c'est une action gouvernementale ?
10:05Est-ce que c'est une action isolée ?
10:07Est-ce que c'est une action mafieuse pour récupérer les intérêts ?
10:11Et qui pourrait être aussi, après tout, on peut aller même au-delà de la frontière ukrainienne.
10:16Et il y a des oligarques russes qui seraient très intéressés
10:19pour récupérer les business de Crimée et dans les territoires occupés.
10:23Donc, on voit bien qu'on est dans une nébuleuse d'intérêts, de motifs.
10:28À voir s'il y a un petit peu de motifs politiques nationels derrière, pourquoi pas.
10:34Mais là-dessus, on sent bien que ces intérêts,
10:38peut-être que suivant lors de l'enquête,
10:42bien la crypto-monnaie et les paiements de la victime,
10:47qui n'a été finalement qu'un petit soldat, un pion,
10:49qui vite a été éliminé,
10:53pourront apporter quelque chose.
10:55Mais ça, spécialistes renseignements pourront nous le dire.
10:57Oui, parce qu'il y a des virements en crypto-monnaie,
10:59des auteurs présumés vers cette femme au chapeau, c'est ça ?
11:02C'est ça. Et c'est comme ça que les enquêteurs disent qu'ils seraient remontés.
11:07Je suis dit en passant qu'ils seraient remontés aussi vite.
11:09Alors, ça ne m'étonne pas complètement.
11:11Vous avez de grosses guéguerres entre le SBU d'une part,
11:14le contrat supérieur ukrainien,
11:15et le GOUR, le renseignement militaire.
11:17Nous l'avons vu même au début du conflit.
11:19Si vous vous souvenez de cette personne qui participait aux négociations,
11:23qui s'appelait Kyriev, côté ukrainien,
11:27qui était contrôlé par le renseignement militaire ukrainien,
11:31et qui a été abattu, car considéré comme traître, par le SBU.
11:35Je ne sais pas si vous vous souvenez de cette affaire.
11:37Sur les motifs, je veux le reconnaître que moi-même, je patauge.
11:40Ah, c'est honnête de le reconnaître.
11:42Je préfère le dire, parce que j'ai du mal à comprendre.
11:44Je veux dire, effectivement, Irmaïlaïev n'était pas le plus gros des poissons,
11:50la cible la plus importante.
11:53Autre motif possible, éventuel, faire peur, justement,
11:57à ces Ukrainiens qui se sont enfuis,
11:59ce qu'on appelle le bataillon Monaco.
12:01Vous avez des hommes d'affaires, des hommes politiques aussi.
12:03Vous avez des anciens hommes politiques qui sont partis s'installer
12:05dans le sud de la France, du côté de Monaco,
12:09qui ont acheté depuis très longtemps,
12:13des résidences là-bas, parfois avec de l'argent pas très propre.
12:16Et sur les temps passant, Irmaïlaïev apparaissait dans des affaires,
12:19des call centers, son fils qui a été mis en cause,
12:22qui a été extradé, si je comprends bien, vers un des Pays-Bas,
12:24je crois, Glistonie, mais je ne suis pas sûr.
12:27Enfin, il y avait effectivement beaucoup de louches.
12:29Mais même sur ces...
12:30Il y a beaucoup de louches, vous dites.
12:31Oui.
12:31Boris Karlamas, qu'est-ce que peut faire la justice désormais ?
12:35Et notamment à Monaco, le procureur journal a tenu une conférence de presse.
12:38Absolument.
12:39Donc il y a désormais une coopération entre le parquet général ukrainien
12:41et les autorités monégasques.
12:43Il y a eu des premiers rendez-vous, des premiers échanges éléments.
12:45Mais désormais, tout se passe en Ukraine.
12:47Monaco n'a pas la main forcément à ce qui se passe sur le territoire ukrainien.
12:51On va rappeler qu'il y a eu une coopération européenne,
12:53avec notamment l'appui de plusieurs services de police judiciaire français,
12:56à savoir le SIPJ des Alpes-Maritimes
12:58et la police technique et scientifique de Marseille.
13:01Ce sont ces policiers marseillais qui ont procédé au relevé,
13:04aux constatations sur place.
13:05Donc voilà, il y a plusieurs services français, allemands, ukrainiens et monégasques
13:10qui sont désormais à la recherche du moins d'indices
13:13qui permettraient d'avoir un début d'explication.
13:15Alors il y a quelques jours, une source proche du dossier a indiqué à BFM TV
13:18bien qu'il y avait deux pistes sur la table.
13:20L'ingérence, forcément.
13:21Et puis la criminalité organisée.
13:23On va rappeler que lorsque la bombe est déclenchée,
13:27c'est au moment où la femme, la compagne pardon, la compagne de l'oligarque passe.
13:31Donc il existe un petit doute.
13:32Est-ce cette femme-là, Anna Nazobina, qui était visée finalement ?
13:36Ou est-ce la famille ou l'oligarque ?
13:37On n'en est qu'au début des investigations.
13:38On va reprendre la direction de Kiev parce que Cyril Amorski a sans doute
13:41une remarque ou une question à nous soumettre.
13:45Je pense que la plupart des choses ont déjà été mentionnées.
13:47Mais ce qui interpelle aussi, c'est que finalement, à ce stade,
13:49nous avons encore plus de questions que de réponses.
13:52On a trouvé deux suspects.
13:53Mais pourquoi ces deux personnes-là ?
13:55Pourquoi aussi rapidement ?
13:56Et surtout, comment est-ce qu'elle a réussi, Anastasia Berezovska,
13:58à franchir toutes ses frontières européennes
14:00et ensuite franchir la frontière entre un pays européen et l'Ukraine ?
14:04Je rappelle que par exemple, lorsque vous voulez rentrer depuis la Hongrie
14:06ou depuis la Pologne ou depuis un autre État de l'Union européenne en Ukraine,
14:10vous devez forcément déposer vos empreintes, tout simplement.
14:14Donc il y a plusieurs questions à ce niveau-là.
14:15Comment elle a fait pour rentrer ?
14:17Comment est-ce qu'on n'a pas pu l'interpeller entre-temps ?
14:19Alors évidemment, il y avait la notice rouge qui a été émise le lendemain,
14:24en fait, de son arrivée sur le territoire ukrainien.
14:26Mais pourquoi elle a commis ce crime ?
14:28Comment est-ce qu'elle a fait pour être préparée de façon aussi professionnelle ?
14:32Et surtout, quel est vraiment l'intérêt de cibler Yarmolaïev ?
14:35On l'a mentionné.
14:36Il y avait donc cette affaire de gros projets de construction
14:40dans la ville de Nipo et dans la région.
14:42Mais cela ne pose pas vraiment de problème.
14:43Ensuite, il y avait la question de son business qui a été sanctionné en Crimée.
14:46Mais ça, par contre, c'est un sujet qui est compliqué.
14:48Mais disons que ça n'en fait pas non plus une cible prioritaire.
14:52Malheureusement, il y a de nombreux autres profils de personnes qui ont continué
14:55à commercer avec la Russie ou bien en territoire occupé.
14:58Ensuite, il y a effectivement la question des call centers.
15:00Mais ça n'en fait pas non plus une cible prioritaire.
15:02Et si on parle des motifs politiques, Yarmolaïev n'est pas quelqu'un
15:05qui est particulièrement connu pour ses prises de position,
15:07pour son soutien à tel ou tel profil politique.
15:10C'était vraiment quelqu'un qui était dans le milieu des affaires.
15:12Mais de ce qu'on sait, ce n'était absolument pas quelqu'un
15:14qui avait un positionnement pro-russe ou quoi que ce soit.
15:16Donc vraiment, on ne sait pas à quel niveau est-ce que c'est un règlement de compte.
15:20On pense maintenant, désormais, avec le profil des suspects,
15:23que c'est quand même une affaire, disons, ukrainienne.
15:25Mais est-ce que c'est quelque chose de lié directement à l'État ukrainien
15:28ou bien est-ce qu'il s'agit d'une action mafieuse criminelle ?
15:31Pour l'instant, on n'a vraiment pas la réponse à ce niveau-là.
15:33Ce que disent les suspects, c'est qu'ils n'avaient absolument pas informé leur hiérarchie.
15:36Maintenant, une fois de plus, on a eu tous ces éléments
15:38de façon vraiment très subite et très rapide.
15:41Donc il y a encore plus de questions que de réponses.
15:43Merci beaucoup, Cyril. J'ai une question pour vous.
15:45Bonjour, Cyril. J'ai une question.
15:47Par hasard, si tu as eu à suivre le jugement de maintien en détention
15:54des deux personnes interpellées et aussi, qu'est-ce qu'ils ont dit sur les raisons ?
16:00Est-ce qu'ils ont parlé des raisons ?
16:02Pourquoi ils ont décidé de commanditer l'attentat ?
16:06Et s'ils en ont parlé eux-mêmes de l'attentat de Monaco, je parle ici ?
16:11Alors, je n'étais pas présent au tribunal le lendemain de leur arrestation.
16:14Par contre, ce qu'ils ont expliqué, une fois de plus,
16:16c'est qu'ils n'ont pas donné de raisons précises.
16:18Ce qu'ils ont expliqué, c'est que leur hiérarchie n'était pas au courant.
16:22Ils ont réagi de façon indépendante.
16:24Effectivement, ils ont organisé des paiements via des moyens de crypto-monnaie.
16:28Et ensuite, ils ont raconté comment ils l'ont tué, en fait, cette femme.
16:32Ils l'ont d'abord retrouvée dans une maison dans la ville de Bioborot,
16:34que d'ailleurs, ce n'est pas très loin de là où je me trouve en ce moment.
16:36Ensuite, ils ont récupéré cette femme dans une BMW de couleur noire.
16:40Et quasiment 40 minutes plus tard, en transport,
16:44ils l'ont déposée dans une petite commune qui s'appelle Yurif,
16:47qui est également dans la région de Kiev.
16:50Et après une conversation, ils ont décidé de l'assassiner
16:52et puis ils l'ont enterré vers le même lieu.
16:54Merci.
16:55Juste rapidement, les crypto-monnaies, ils ont versé avant qu'elles reviennent en Ukraine
16:59ou une fois son retour juste après l'attentat ?
17:04Je n'ai pas accès à cette information,
17:05mais peut-être que Boris en sait plus que moi.
17:07C'est avant.
17:08Avant.
17:09Merci beaucoup à tous pour vos lumières.
17:11On suivra ce dossier avec beaucoup d'attention.
17:13Vous avez compris, il y a plus de questions que de réponses à l'heure où on se parle.
17:15Restez avec nous.
17:16Dans un instant, nous allons plonger dans un autre dossier, le dossier Jubilard.
17:19Des aveux dans une lettre de Cédric Jubilard passée à cet avocat.
17:22Ne bougez pas, on revient dans un très court instant.
17:25Il est 13h30.
17:26Bienvenue si vous nous rejoignez dans l'affaire suivante.
17:28C'est l'un des dossiers criminels qui nous captivent depuis maintenant 5 ans l'affaire Jubilard.
17:31Et quand le principal suspect, Cédric Jubilard, déjà condamné à 30 ans de prison en première instance,
17:36passe aux aveux partiels, ça change pas mal de choses.
17:39Des aveux et après, comment ce coup de théâtre s'est produit ?
17:42Quelles conséquences sur le dossier ?
17:43Quelle onde de choc ?
17:44Les réponses avec Pierre-Louis Bousset.
17:47Cédric Jubilard l'assure.
17:49C'est après une dispute conjugale qu'il aurait donné la mort à son épouse Delphine.
17:53Le peintre plaquiste n'a pas donné plus de détails,
17:55mais il affirme ne jamais avoir eu l'intention de tuer la mère de ses enfants.
18:00Quand il a réalisé ce qu'il avait fait, il a tout de suite pensé à ses enfants.
18:05Et donc très rapidement, pour ne pas dire immédiatement,
18:07il a pris la décision de déplacer le corps de Delphine avec le véhicule.
18:12Des aveux qui résonnent comme un coup de théâtre,
18:15moins de 3 mois avant la date prévue de son procès en appel.
18:18Les avocats des partis civils saluent un pas de plus vers la vérité,
18:22tout en y voyant le début d'une nouvelle stratégie de défense.
18:25Il a compris avec le procès, en changeant d'avocat,
18:30qu'il n'avait aucune chance d'être acquitté, donc il laissait autre chose.
18:35D'autres mystères planants sur cette nuit fatidique du 15 au 16 décembre 2020
18:40doivent encore être levés,
18:41notamment sur les circonstances précises de la mort de Delphine Jubilard,
18:45sur les moyens utilisés par son mari pour dissimuler la vérité,
18:48et surtout sur l'emplacement du corps de la mère de famille.
18:52Jusqu'à pas si loin, Cédric Jubilard était de ceux qui prétendaient
18:56qu'elle était encore en vie ailleurs,
18:59et qu'elle avait pu abandonner ses enfants.
19:01Il faut qu'on puisse récupérer son corps pour pouvoir se recueillir devant lui.
19:06À ce stade, le procès en appel reste programmé au 21 septembre,
19:09mais il pourrait être repoussé le temps de mener de nouvelles investigations.
19:15Avec nous en plateau, j'accueille Géraldine Valla,
19:18avocate de la mère de Cédric Jubilard.
19:20Merci d'avoir accepté notre invitation.
19:21Mélanie Vecchio, journaliste PJ de BFM TV, merci d'être là.
19:25D'abord, des aveux sous forme de lettres,
19:27et un long cheminement probablement vers la vérité judiciaire.
19:30Frédéric Abella, vous êtes journaliste à la dépêche du midi.
19:33C'est vous qui avez révélé cette information,
19:35cette lettre qui a été passée aux avocats.
19:37Comment tout ça est arrivé, finalement ?
19:41C'est arrivé, bonjour.
19:43C'est arrivé de manière très surprenante,
19:45puisque ce jubileur a pris tout le monde de court,
19:49puisqu'on ne s'attendait absolument pas qu'il passe aux aveux.
19:52Alors, comme on l'a répété toute cette semaine,
19:55dans cette lettre, il revient sur la chronologie,
19:58il explique ce qui s'est passé lors de cette fameuse nuit
20:01du 15 au 16 décembre d'un hiver à Canet-Clinic.
20:04Il discute, une énième dispute,
20:07et puis un coup visiblement fatal,
20:09une dispute fatale à Delphine Jubilard.
20:11Alors, ce qu'il faut savoir sur ces aveux,
20:15c'est que ce ne sont pas des aveux
20:16qui relèvent, si vous voulez, du simple coup de tête
20:20ou de phrases jutées en l'air comme ça,
20:22comme ça a pu se produire par le passé.
20:24C'est le fruit aussi d'un long travail,
20:26d'un long travail engagé avec une neuropsychologue
20:29depuis six mois,
20:30une femme qui le rend visite depuis tout ce temps
20:34et qui nous permet de sortir de cet enfermement.
20:37Lorsque ces nouveaux avocats sont arrivés en janvier de 2026,
20:43ils ont repris ce travail également,
20:45c'était un travail d'équipe en quelque sorte,
20:47et Cédric Jubilard, ils ont senti que Cédric Jubilard
20:49était venu quelque part à une espèce de maturation d'esprit
20:53et qu'il lui fallait véritablement vider en quelque sorte son sac
20:59et puis surtout soulager sa conscience.
21:02Et c'était vital pour lui, pour sa santé mentale
21:04et pour retrouver une espèce de rééquilibre psychologique
21:08après cinq ans d'enfermement.
21:09Alors quand je dis ça, bien sûr, je ne cherche pas à l'excuser,
21:11loin de là, je ne suis pas là pour le plaindre ou quoi que ce soit,
21:16je dis simplement l'état actuel,
21:17voilà, ce qui se passe, à l'heure où on parle,
21:21dans quel état d'esprit il se trouve,
21:23c'est un homme qui est dans une vraie démarche de transparence
21:26et qui veut se mettre à la disposition,
21:30à la entière disposition de la justice pour aller retrouver le corps
21:33de Delphine Jubilard, il est prêt à donner les lieux,
21:36il est dans une véritable démarche de vérité.
21:39Et tout ce travail, encore une fois,
21:42ça ne s'est pas fait du nouveau lendemain,
21:44c'est le résultat de la semaine des deux semaines de travail
21:48et de la véritable introspection qu'il a entrepris,
21:51et lui, avec ses accompagnements.
21:53Alors vous allez rester avec nous,
21:54on va en discuter tous autour de la table,
21:56est-ce que ce sont des aveux sincères,
21:57est-ce que la clé du mystère se trouve dans cette lettre,
21:59est-ce que c'est une mise en scène de ces avocats,
22:01maître Géraldine Vallat ?
22:02Bonjour, alors je ne suis pas là, moi,
22:06pour tirer sur les stratégies X ou Y des confrères,
22:10simplement je pense que Cédric Jubilard aurait pu écrire lui-même
22:14cette lettre à la presse, finalement l'envoyer de lui-même,
22:17finalement pour permettre de réserver ses aveux aux magistrats,
22:21aux enquêteurs et in fine à la cour,
22:24parce qu'il pouvait effectivement laisser les victimes
22:28entendre ses paroles en fait,
22:30dans le seul cadre en fait,
22:31légitime, naturel,
22:33et qui importe aujourd'hui la justice.
22:37Je rappellerai, parce que j'en profite,
22:38parce que je suis ici devant vous,
22:41le secret professionnel de l'avocat,
22:43ce n'est pas une règle de confort,
22:45c'est un principe fondamental,
22:46qui protège le client,
22:48qui protège l'avocat,
22:49et aujourd'hui ce secret professionnel est mis à mal,
22:52mais surtout c'est un principe
22:54qui aurait asserré la sérénité et la dignité,
22:57parce qu'aujourd'hui on a une absence finalement de dignité
22:59dans ce qui se passe,
23:00à l'endroit des partis civils.
23:03Elles ont été oubliées, c'est quoi Mélanie ?
23:04Parce qu'il faut dire que quand Maître de Buisson
23:07fait sa conférence de presse,
23:09quand la dépêche du midi sort son information,
23:11le scoop des aveux de Cédric Jubilard,
23:14et les partis civils,
23:15dont vous faites partie,
23:16puisque vous représentez la maman de Cédric Jubilard,
23:19et la justice,
23:21en la présence de la cour d'appel de Toulouse,
23:23du parquet général,
23:24personne n'est au courant.
23:26Personne n'est au courant,
23:27et finalement ça donne le sentiment,
23:30si vous voulez,
23:31que la justice se joue devant les caméras,
23:33ce qui est extrêmement problématique en réalité,
23:35puisque ce jour-là,
23:36on se réveille tous,
23:38et on apprend par voix de presse,
23:40finalement,
23:41que celui-ci passe aux aveux.
23:42Je ne sais pas si vous imaginez
23:44l'hémorragie émotionnelle.
23:46De votre cliente, par exemple.
23:48C'est parti civil,
23:49il n'y a pas de hiérarchie,
23:50mais surtout ces enfants.
23:52Vous vous rendez compte,
23:52c'est des enfants qui lisent la presse,
23:54qui ont un âge de comprendre en réalité.
23:56Donc voilà,
23:57moi c'est, voilà,
23:58je parlerais d'absence de dignité.
24:00Je pense qu'aujourd'hui,
24:00c'est les mots qu'il faut prononcer.
24:02Est-ce qu'on peut parler général
24:03d'une inversion de la charge ?
24:04Parce qu'aller à écouter
24:05cette conférence de presse,
24:06on a l'impression que Cédric Jubilard
24:08en fait est victime,
24:09est victime de l'institution judiciaire
24:11et qu'à croire ses avocats,
24:12il aurait pu livrer cette vérité
24:14beaucoup plus tôt
24:14si on l'avait laissée
24:15dans de meilleures conditions.
24:16Oui, c'est une impression
24:17qui a été la première
24:18de beaucoup de monde
24:20qui a été de dire
24:21on est en train d'écrire
24:24une nouvelle histoire.
24:26C'est-à-dire,
24:26comme vous le disiez,
24:29il est victime,
24:30on n'a pas su l'écouter,
24:32il ne demandait qu'à parler
24:33et heureusement que nous étions là
24:36parce que nous avons pu enfin
24:39tirer la parole,
24:40la vraie, la vérité
24:42et on voit déjà se dessiner
24:43beaucoup de choses.
24:44C'est-à-dire qu'on est en train
24:46de rendre une humanité
24:47à un jubileur
24:48qu'il n'avait pas perdue.
24:49C'était un homme
24:49qui était condamné
24:50mais il avait toujours
24:51son humanité.
24:52Mais là,
24:53c'est d'une manière...
24:55Les avocats ont été très forts
24:56dans les mots employés.
24:58Ils ont mis à mal
24:59la chaîne pénale,
25:00les magistrats,
25:02les experts,
25:02les enquêteurs
25:03d'une manière très forte.
25:05La chaîne judiciaire
25:07met dans la chaîne au bout
25:08en disant
25:09regardez,
25:10on drogue notre client
25:11alors que je rappelle
25:12que c'est sous contrôle médical
25:14que se font
25:15les distributions
25:17de remèdes
25:18dans les
25:20maisons d'arrêt.
25:21Donc,
25:22beaucoup de choses
25:22pour montrer que finalement
25:24c'était un homme
25:25en désarroi,
25:26en perdition
25:27et derrière,
25:28on oublie une chose,
25:29c'est que finalement,
25:31on efface au fur et à mesure
25:33la victime.
25:34Delphine Jubilard.
25:35Delphine Jubilard
25:36qui ne serait,
25:38et le corps,
25:39s'il nous le rend,
25:40ça montre bien
25:41toutes ses bonnes intentions,
25:43mais ne serait que finalement
25:45le fait revaloir
25:46de l'humanité
25:47de Cédric.
25:47On a une inversion
25:48totale
25:49de tout ce qui est
25:50dans la réalité
25:51de ce procès
25:52qui a eu lieu
25:52et de celui
25:53à venir
25:54tel que
25:55les maîtres
25:57Debuisson
25:57et Debuisson
25:58veulent nous le présenter.
26:00Alors,
26:00Frédéric Abella,
26:01moi j'ai deux questions.
26:02Est-ce que dans cette lettre,
26:03il y a des précisions
26:03sur l'endroit
26:06détaillé
26:06de l'emplacement
26:07possible
26:08du corps
26:08de Delphine Jubilard ?
26:09Est-ce que cette lettre,
26:10vous l'avez vue ?
26:12Alors,
26:12tout ça,
26:13il dit qu'il le réserve
26:15à la justice,
26:15il dit qu'il est,
26:16encore une fois,
26:17à la disposition
26:17de la justice
26:18et qu'il est prêt
26:19à livrer la localisation
26:20de la dépouille
26:21de son épouse.
26:23Et vous le croyez,
26:23je veux dire,
26:24vous le croyez-vous sincère
26:25dans cette déclaration-là ?
26:27Moi,
26:27je n'ai pas à le croire sincère
26:28ou pas.
26:29Je veux dire,
26:29il y a des faits,
26:30voilà,
26:30il y a une lettre
26:31qui existe,
26:32il y a des aveux
26:33qui sont formulés
26:33pour la première fois
26:34sur écrit.
26:38Il ne reviendra pas dessus,
26:39visiblement.
26:40Il est déterminé.
26:41Il veut aller au bout
26:42de son processus.
26:43D'ailleurs,
26:43s'il ne va pas au bout,
26:45je veux dire,
26:45ça ne sert à rien.
26:47Donc,
26:48voilà,
26:49aujourd'hui,
26:49on en est là.
26:51Encore une fois,
26:52il est vraiment,
26:53il faut bien comprendre
26:54qu'il est vraiment
26:54dans une toute autre démarche.
26:57Voilà.
26:58À partir de là,
27:00je ne vois pas
27:00pourquoi il reviendra
27:05en arrière.
27:05Ça serait contre-productif
27:07et surtout incohérent
27:08par rapport à tout
27:09ce qu'il a engagé
27:09pendant six mois,
27:10pendant des semaines
27:11et des semaines,
27:12pendant son travail.
27:14Et il avait vraiment besoin
27:16de livrer sa conscience
27:18et de soulager sa conscience
27:20et de dire enfin les choses.
27:22Et encore une fois,
27:23quand je dis ça,
27:24je ne lui cherche pas
27:25des circonstances avénuantes
27:26et je ne minimise pas
27:29ce qu'il a fait.
27:31Moi,
27:31je vous donne simplement
27:32les éléments que j'ai là
27:33à l'heure actuelle
27:35au moment présent
27:36parce que j'ai cru comprendre
27:37qu'on veut faire passer
27:38encore Cédric Jubilat
27:39pour quelqu'un
27:40qui maîtrise l'horloge,
27:41qui est maître du temps.
27:43On en fait,
27:43je ne sais pas quoi,
27:44une espèce de personnage
27:48surdimensionné
27:48qui veut se mettre
27:49encore au centre du jeu,
27:50etc.
27:51Une nouvelle mise en scène.
27:53Enfin, voilà.
27:53Moi, je crois
27:54qu'il est plutôt
27:54dans toute autre chose
27:56et qu'il a abandonné
27:58tout ce costume
27:59de faux innocent,
28:02de quelqu'un
28:05qui sera un jour
28:08reconnu innocent
28:08alors que, voilà.
28:09Non, maintenant,
28:10il est dans toute autre chose.
28:12Il a compris tout ça.
28:14Il me semble que
28:15tout le travail
28:16qu'il fait aujourd'hui
28:16va dans ce sens-là.
28:18Alors maintenant,
28:18après, stratégie,
28:19pas stratégie,
28:20je ne veux pas rentrer là-dedans.
28:21Je ne suis pas son avocat.
28:22Enfin, ses avocats,
28:24je ne suis pas non plus...
28:25Voilà,
28:26c'est ses conseils.
28:27Donc, moi,
28:29tout ce que je peux vous dire,
28:30c'est que les éléments factuels
28:31dont je dispose actuellement,
28:32voilà, ce sont ceux-là.
28:33Merci.
28:34Alors, on va écouter
28:34tout de suite
28:36un extrait
28:37de la conférence de presse
28:38de ses avocats,
28:39maître De Buisson,
28:40père et fils,
28:41notamment sur l'emplacement
28:43et les indications
28:43qu'il a données
28:44concernant la dépouille
28:45de Delphine Jubilard.
28:46On en parle tout de suite après.
28:48Quand il a réalisé
28:49ce qu'il avait fait,
28:50il a tout de suite
28:52pensé à ses enfants.
28:53Il s'est dit
28:54il ne faut pas
28:54qu'il ne voit ça,
28:55donc je dois déplacer le corps.
28:56Il a pensé aussi,
28:58parce qu'il s'agit
28:59d'un être humain,
28:59mes enfants m'en voudront,
29:01ils ne me le pardonneront pas.
29:03Et donc,
29:03très rapidement,
29:04pour ne pas dire immédiatement,
29:05il a pris la décision
29:06de déplacer le corps
29:07de Delphine
29:09avec le véhicule.
29:10Et en ce qui nous concerne,
29:11nous espérons
29:11que tout sera fait
29:12avec l'aide
29:13de Cédric Jubilard
29:14pour retrouver
29:15le corps de Delphine.
29:16Il n'y a rien
29:16de plus important aujourd'hui.
29:18Pourquoi est-ce que
29:18cette découverte,
29:19elle est cruciale,
29:20maître Valat ?
29:21Pour faire le deuil,
29:22tout simplement.
29:23Pour ses enfants ?
29:24C'est ce qu'on doit
29:25à toute sa famille,
29:26en réalité.
29:27Mais moi,
29:27je veux revenir
29:28sur quelque chose
29:28d'assez important
29:29qui n'a pas tellement été dit.
29:31C'est qu'en réalité,
29:31on parle de pression médiatique
29:33qui l'aurait empêché
29:34de s'exprimer,
29:35de prise de médicaments,
29:36etc.
29:36Ce qui est faux,
29:37parce que moi,
29:37j'assiste à la première instant,
29:38je pense que mes confrères
29:39sont suffisamment aguerris
29:41pour considérer
29:41que leur client
29:42n'est pas sous camisole chimique.
29:43On va commencer par ça.
29:44Et ensuite,
29:45moi, je suis là
29:45depuis le début
29:46de ce dossier.
29:47Et il faut se souvenir
29:48quand même
29:49que Cédric Jubilard,
29:50pendant les six premiers mois,
29:51il est parti civil
29:52dans ce dossier.
29:53Il n'a aucune pression,
29:55en fait.
29:55Donc, il aurait pu dire.
29:57Exactement.
29:57Il n'a aucune pression.
29:59Je veux dire,
29:59il a même accès
30:00à la procédure,
30:01en fait.
30:02C'est-à-dire qu'on est
30:03dans quelque chose
30:04où, en fait,
30:05on a le sentiment
30:06qu'aujourd'hui,
30:07finalement,
30:07le temps,
30:08il va jouer en sa faveur.
30:09C'est plutôt ça,
30:10la matrice dans laquelle
30:10il s'est mis.
30:11Parce qu'en fait,
30:12Cédric Jubilard,
30:12la pression,
30:13il l'a peut-être eue
30:14à compter de sa mise en examen,
30:15c'est-à-dire six mois
30:16après l'ouverture
30:17de l'information judiciaire.
30:18Mais il ne l'avait pas
30:19les six premiers mois.
30:20Il n'était pas
30:21sous main de justice.
30:23Il était parti civil.
30:24Et qu'est-ce qu'il a fait
30:26les six premiers mois ?
30:26Non, mais ce que je veux
30:27vous expliquer par là,
30:28c'est que si les aveux,
30:30il aurait pu les faire
30:31à ce stade,
30:32en fait.
30:32Et ça,
30:32on ne l'a pas assez dit.
30:33Parce qu'il parle de pression,
30:34qu'il aurait empêché
30:35d'avouer, etc.
30:36Est-ce qu'il avait la pression
30:37les six premiers mois ?
30:38Je ne pense pas.
30:39Il était plutôt...
30:40Il était parti civil,
30:41je le répète.
30:42Il a été constitué
30:43très rapidement dans le CIE
30:43en février, de mémoire.
30:45Alors là, en plus,
30:46Mélanie Viqueux,
30:46ce sont des aveux partiels
30:47qui, pour l'instant,
30:48n'ont aucune valeur juridique.
30:50Qu'est-ce que dit
30:50la Cour d'appel à ce sujet ?
30:52Alors, la Cour d'appel,
30:53elle dit avoir reçu
30:54un mail de maître de Buisson,
30:57de Pierre de Buisson.
30:58Mais sans la lettre ?
30:59Alors, pas de lettre,
31:00pour l'instant.
31:01À ce jour,
31:01on n'a toujours pas la lettre.
31:02Il n'y a aucun contradictoire.
31:05Donc, dans ce mail,
31:07il explique, Pierre de Buisson,
31:08qu'il existe donc
31:10des aveux écrits.
31:11Mais il ne joint pas la lettre.
31:13Il ne l'envoie pas.
31:13En tout cas, pour l'instant.
31:15Et la Cour dit que ce mail,
31:17en plus de la conférence de presse,
31:19a fait office d'éléments nouveaux.
31:21Pourquoi ?
31:22Parce qu'il faut justement
31:23un élément nouveau au dossier
31:25pour pouvoir relancer
31:26les investigations.
31:28Maintenant, tout est entre les mains
31:29de la présidente
31:30de la Cour d'assises de Toulouse.
31:31Elle va pouvoir décider plusieurs choses.
31:34Soit on en reste là.
31:35Ce sont des aveux, finalement,
31:36qui n'ont pas grand intérêt
31:38ou elle les trouve un peu
31:40fantaisistes,
31:40ubuesques,
31:41ce qui est fort peu probable,
31:42bien évidemment.
31:43Et on en reste là.
31:44Elle ne rouvre pas.
31:45Elle ne lance pas
31:46de nouvelles investigations.
31:47Soit elle peut demander,
31:48elle peut le faire elle-même.
31:49Elle peut lancer de nouveaux actes.
31:50Soit demander ces nouveaux actes
31:52à des assesseurs
31:52ou à des juges d'instruction.
31:55Quels sont ces nouveaux actes ?
31:56Ça peut être, tout simplement,
31:57et la première chose,
31:58ça peut être l'audition
31:59de Cédric Jubilard.
32:00puisqu'il dit
32:02qu'il va donner des indications
32:04à la justice
32:04pour dire
32:05où il a placé le corps.
32:06Donc,
32:07il peut le faire
32:08lors d'une audition.
32:09Une fois que cette audition
32:10est faite
32:10et qu'il a donné
32:12des indications,
32:12elle peut aussi
32:14lancer des fouilles.
32:15Une fois que les fouilles
32:15sont lancées,
32:16si des ossements sont retrouvés,
32:18si un corps est retrouvé,
32:19lancer des analyses ADN,
32:20lancer une autopsie
32:22pour savoir
32:22de quoi est décédée
32:23Delphine Jullard,
32:24puisque ça fait encore partie,
32:25bien évidemment,
32:26de toutes les zones d'ombre
32:27qui entourent cette enquête.
32:29Et il peut y avoir,
32:31bien évidemment,
32:32l'audition d'autres témoins,
32:34une reconstitution,
32:35parce que maintenant,
32:36on va avoir,
32:37et c'est l'avocat
32:38de Cédric Jubilard
32:39qui le dit,
32:39la version,
32:40la vérité
32:41de Cédric Jubilard
32:42et pas la vérité
32:43telle qu'elle a été
32:44écrite, entre guillemets,
32:46par les enquêteurs
32:46tout au long
32:47de cette instruction.
32:48Général ?
32:49Alors, tout à fait.
32:51Et il y a aussi
32:52l'environnement,
32:53parce que suivant
32:54où on retrouve le corps,
32:55c'est est-ce que
32:56c'était préparé
32:57ou pas préparé ?
32:58La question de la préméditation.
33:00Exactement,
33:00ça va changer la perspective,
33:02parce qu'on a bien entendu
33:03Maître Debusson
33:04nous parler de crimes passionnels
33:05qui n'existent pas en droit.
33:07Qui est un gros mot juridique.
33:09Ah mais oui, oui, oui.
33:10On parle de féminicide
33:11et on parle de circonstances
33:12aggravantes
33:13lorsqu'il s'agit d'un jour.
33:14Exactement.
33:15Ça saigne un peu.
33:15Article 221-4,
33:18quatrièmement terre
33:19du Code de procédure pénale,
33:20c'est une circonstance aggravante
33:21qui fait que la peine,
33:23c'est la perpétuité
33:25pour avoir tué
33:26sa conjointe.
33:27Et non pas un geste malheureux
33:30tel qu'on a pu l'entendre
33:31où on voit bien derrière
33:32une certaine résonance
33:34où on attend
33:35la vérité
33:36de Cédric Jubilard,
33:38mais on a un jalonnement
33:40de cette vérité
33:41qui est déjà donnée
33:42par ses conseils.
33:43D'ici qu'ils nous mettent en avant
33:45l'excuse
33:46de provocation
33:49de par l'attitude
33:49de Delphine Jubilard,
33:51il n'y a pas loin.
33:52Moi, sincèrement,
33:54comme beaucoup de personnes,
33:54j'ai été choqué
33:56et je rejoins
34:00sur notre plateau
34:01parce que
34:02je me suis dit
34:03mais la déontologie
34:04d'un avocat,
34:05ce n'est pas
34:06d'être comme ça.
34:08Dire
34:08on a des aveux
34:10et on va travailler ensemble,
34:11mais déjà
34:14instrumentaliser
34:14la victime,
34:16la vraie victime,
34:16Delphine,
34:17pour humaniser
34:19celui qui l'a tué,
34:21ça ne marchait pas.
34:22Alors,
34:22Maître Vallat,
34:23il faut aussi rappeler
34:24que Cédric Jubilard,
34:25il avait déjà fait part
34:26de son intention
34:27de tuer Delphine,
34:29notamment auprès
34:29de votre cliente
34:30précédemment.
34:31Donc,
34:31en fait,
34:31tous ces mots
34:32qui résonnent,
34:33crime passionnel,
34:34énième dispute,
34:35est-ce que ça,
34:36c'est crédible selon vous ?
34:37Est-ce qu'il faut le prendre
34:38avec énormément
34:38de précaution ?
34:40Et comment est-ce que
34:41vous analysez
34:42ces mots choisis ?
34:43Ces mots choisis
34:44ont été versés
34:45en procédure
34:45dès le départ.
34:47Donc,
34:47ça n'a pas été non plus
34:48un coup de théâtre
34:48au stade de la première instance.
34:50Donc,
34:51voilà,
34:51parce que j'ai cru comprendre
34:52que c'était dingue
34:54que sa mère
34:55puisse rapporter
34:56ces propos-là,
34:56etc.,
34:57qui étaient ancrés
34:57en procès verbal
34:58depuis le début.
35:00Non,
35:00mais je tiens quand même
35:00à le préciser,
35:01ça n'a pas été
35:02un effet de manche
35:02quoi que ce soit,
35:03parce que je pense
35:04qu'on a été assez discrètes
35:05lors de ce procès.
35:08Vous comprendrez aussi
35:09les raisons pour lesquelles
35:10ça a été le cas.
35:12Mais oui,
35:13aujourd'hui,
35:13ce sont des semi-aveux,
35:15mais il y en a eu d'autres
35:15dans le dossier,
35:16en fait.
35:16Donc,
35:16quand on parle d'aveux,
35:17moi j'ai envie de dire,
35:18il y en a eu.
35:19Il a parlé aussi
35:21à son codesseur.
35:22Il y a eu plusieurs fois
35:23des phrases très fortes
35:24comme ça dans ce dossier
35:25qui ont circulé
35:26et qui ont pu faire penser
35:27qu'effectivement,
35:28voilà,
35:28les gens pouvaient avoir
35:29une intime conviction
35:30concernant ce dossier.
35:31Bien sûr,
35:32ce n'est pas...
35:33Général.
35:34Oui,
35:34mais là,
35:34je vais rendre hommage
35:35à Dominique qui n'est pas là,
35:36Dominique Grisé,
35:37qui tout au long
35:38de cette affaire
35:39a toujours dit,
35:40elle a dit,
35:41c'est toujours étonnant
35:43avec Cédric Jubilard,
35:44il dit quelque chose
35:46mais il ne va pas
35:47jusqu'au bout.
35:48Il s'arrête toujours
35:49au milieu du guet ?
35:50Au milieu du guet.
35:51Et pourquoi ?
35:52C'est peut-être
35:53sa personnalité
35:54mais apparemment,
35:55là maintenant,
35:56sa personnalité,
35:57sa vraie personnalité
35:58se serait révélée.
35:59donc j'attends de voir
36:00la suite
36:03pour imaginer
36:04ou plutôt voir
36:05comme tout le monde
36:06qu'est-ce que va nous dire
36:08Cédric Jubilard,
36:09dans quels détails
36:10et quelle est l'histoire
36:11qu'il va raconter réellement,
36:13sa vérité,
36:14sa catharsis
36:15qui va dire
36:17un petit peu
36:18ce qu'il a fait
36:20ou pas fait.
36:20Mais Cédric Jubilard
36:21se joue-t-il encore
36:22de la justice ?
36:23Si on se met
36:23dans sa matrice,
36:24alors violence
36:24ayant entraîné la mort
36:25sans intention
36:26de la donner,
36:27Mélanie,
36:27est-ce que c'est tenable ?
36:28Est-ce que ça veut dire
36:29du coup que dans l'idée
36:30c'est pour écarter
36:31la préméditation ?
36:34Oui, en tout cas
36:34c'est ce qui laissait
36:38transparaître
36:39les avocats
36:39à la défense
36:40de Cédric Jubilard
36:41lors de cette conférence
36:42de presse.
36:43Cédric Jubilard
36:44a donné la mort
36:46à Delphine
36:47mais il ne l'a pas fait
36:49intentionnellement.
36:50C'est ce qui ressort,
36:51c'est ce qu'a dit
36:51sur notre antenne aussi
36:53Guy Debusson
36:54quand on l'a interrogé
36:55là-dessus.
36:56Donc qu'est-ce que ça
36:57veut dire ?
36:57Ça veut dire que
36:58toute la notion
36:59d'homicide volontaire,
37:00toute la notion
37:01d'assassinat,
37:02de préméditation,
37:04eh bien tout ça
37:05est éludé
37:07et on voit
37:08se dessiner aussi
37:09la stratégie
37:10qui va peut-être
37:11qui se profile
37:12pour ce procès
37:13en appel.
37:13C'est-à-dire que
37:14effectivement,
37:15Cédric Jubilard
37:15il passe aux aveux,
37:17il est responsable
37:18de la mort
37:18d'Alphine Jubilard
37:20mais il ne l'a pas
37:21tué volontairement.
37:22Est-ce que c'est
37:23tenable ou pas ?
37:24On revient toujours
37:25au même mot,
37:27ce mot de préméditation.
37:30On l'a dit tout à l'heure,
37:31il avait parlé
37:33de manière
37:33plus ou moins décomplexée,
37:35il en avait parlé
37:35de manière plus ou moins
37:36décomplexée
37:37à votre cliente
37:38en disant
37:39qu'il souhaitait
37:41la disparition
37:42de son épouse
37:43à certains de ses amis,
37:44un certain Sofiane
37:45à qui il avait dit
37:47je vais tuer Delphine.
37:48Donc il y a cette notion
37:49de préméditation aussi
37:51qui se dessine
37:52en filigrane
37:52dans toutes les déclarations
37:55avant la disparition
37:56de Delphine Jubilard.
37:57Donc voilà,
37:58on est curieux
37:59de savoir
38:00quelle va être
38:01la stratégie de défense,
38:02comment vont défendre
38:03les avocats
38:04de Cédric Jubilard,
38:05comment vont-ils le défendre
38:06face à cela ?
38:06Frédéric Abelard,
38:07qu'est-ce qui va se passer
38:08maintenant ?
38:08Est-ce qu'il y a une chance
38:09que le procès s'ouvre
38:10le 21 septembre
38:11où il y a trop de choses
38:12à faire cet été
38:12pour la justice,
38:13pour caricaturer ?
38:14Il n'y a pas le temps
38:15de rester dans les clous
38:16du 21.
38:17Qu'est-ce que vous pensez, vous ?
38:21En tout état de cause,
38:22la Cour d'appel
38:23a fait savoir
38:23dans un communiqué
38:24que le procès
38:25est toujours programmé
38:26pour le 21 septembre
38:272026.
38:29Donc il peut se passer
38:31que le 21 septembre,
38:33la présidente
38:34regarde des nouveaux
38:35éléments d'enquête.
38:36Si toutes les expertises
38:38n'ont pas pu être
38:41diligentées,
38:41notamment si on retrouve
38:42une dépouille,
38:43si on retrouve un corps,
38:44il y aura certainement
38:45la suite des expertises
38:47complémentaires
38:48qui pourraient être demandées.
38:49Je suppose que la Défense
38:50va également solliciter
38:52une nouvelle expertise
38:53psychologique
38:53de celle-là.
38:54Elle va peut-être aussi
38:56demander une reconstitution,
38:57pourquoi pas ?
38:58Donc tous ces actes
38:59risquent de prendre du temps.
39:00Est-ce que le 21 septembre,
39:02tous les éléments
39:03seront sur la table
39:04pour en discuter ?
39:06Donc voilà,
39:06ce sera au cours
39:07d'un débat contradictoire
39:09que tout va se jouer.
39:11Alors sur la présidente
39:12décide qu'on juge quand même,
39:13c'est vrai que je lui large
39:14sur la base
39:15de ces nouveaux éléments,
39:17même si tout n'est pas rentré
39:20en bonne et due forme.
39:21On peut le juger
39:22malgré tout
39:24en prenant en compte
39:24ses aveux.
39:25Est-ce que le format
39:26de quatre semaines prévue
39:27ne sera pas trop long
39:29du coup parce qu'on peut
39:30se passer,
39:31j'imagine,
39:32de tous les témoins
39:33qui étaient prévus ?
39:33Le procès avec des aveux
39:35est normalement
39:37plus court en théorie.
39:39ou soit
39:41la présidente décide
39:42qu'au regard de tous
39:42ces éléments,
39:43on ne peut pas encore
39:44le juger
39:44et elle donnera
39:46une date
39:47pour plus tard.
39:49Voilà.
39:49Donc tout reste ouvert
39:50à vous écouter.
39:51Vous avez entendu
39:51le débat autour de la table
39:52sur la préméditation
39:53et sur les explications
39:55qui ont été fournies
39:56par Cédric Jubilard
39:57et ses avocats.
39:58Qu'est-ce que ça vous inspire ?
40:00Est-ce que c'est
40:00une stratégie de défense ?
40:02Est-ce que le crime passionnel
40:03et les violences
40:04ayant entraîné la mort
40:05sans intention de la donner,
40:06c'est ce chemin vers lequel
40:07il veut aller
40:08pour atténuer sa peine,
40:10pour que les lignes bougent
40:11ou est-ce que c'est vraiment
40:12le chemin de vérité
40:13qui s'offre à lui ?
40:15Je pense que d'abord
40:16le chemin c'est sa santé mentale
40:18d'abord
40:18et soulager sa conscience
40:20et essayer de retrouver
40:22un équilibre psychologique
40:23en premier lieu
40:24et ensuite stratégie ou pas
40:26je pense que les enjeux
40:28du nouveau débat judiciaire
40:29qui s'ouvre
40:30ça sera sur l'intention homicide.
40:32C'est là où tout va se jouer.
40:33Est-ce qu'au regard
40:34de ce qu'il va raconter
40:35la magistrate,
40:35ça va coller
40:37d'une part
40:37aux constatations techniques
40:39et matérielles
40:40de cette enquête ?
40:41Est-ce que ce qu'il dira
40:42sera compatible
40:43à tout ce qui a été relevé ?
40:45Est-ce qu'il a donné
40:46un coup volontairement
40:48ou pas volontairement ?
40:48Est-ce qu'il l'a étranglé
40:49ou pas étranglé ?
40:50Est-ce que c'est un coup
40:52de trop ?
40:53Est-ce qu'elle est mal tombée ?
40:55Est-ce que ça sera là
40:56aujourd'hui ?
40:58On peut s'attendre
40:58à ce que les prochains jours
41:01le nouveau débat judiciaire
41:03va s'articuler
41:04autour de cette notion
41:04d'interprétation,
41:05de prélimitation,
41:06d'assassinat,
41:07sachant qu'il n'a pas été condamné
41:08en première instance
41:09pour assassinat
41:09et que ce chef
41:10n'a pas été reconnu
41:13lorsqu'il a été renvoyé
41:14aux assassines
41:15en première instance.
41:16Voilà,
41:16donc tout est ouvert là aussi
41:18et je pense que ces avocats
41:20préparent aussi forcément
41:21les terrains.
41:22Donc voilà,
41:23ça me paraît de stratégie
41:24parce que je ne suis pas
41:25encore une fois
41:26à ces avocats.
41:26mais on peut évidemment
41:30logiquement
41:32penser que ça va se jouer
41:34autour de ces notions-là.
41:36Merci beaucoup Frédéric Abella.
41:38En plateau avec nous,
41:39Maître Vallat,
41:40est-ce que c'est possible
41:42de le poursuivre
41:43pour quelque chose
41:44pour lequel il n'était pas
41:45poursuivi en première instance ?
41:46Techniquement, ça peut pas...
41:47Non, il faut rester
41:47sur un meurture conjoint,
41:49circonstances aggravantes,
41:51les qualifications
41:52ne vont pas bouger.
41:53Les qualifications
41:54ne vont pas bouger.
41:55Qu'est-ce qui va bouger
41:55dans les prochaines semaines
41:56selon vous ?
41:57Je ne suis pas dans la tête
41:59de mes compétences en défense
42:00mais j'imagine que oui,
42:01ils vont peut-être essayer
42:01de revoir à la baisse
42:03et de rentrer dans des qualifications.
42:04Non, je ne vous parlais pas de ça,
42:05c'est qu'est-ce qui va se jouer
42:06entre maintenant
42:06et le 21 septembre,
42:07tous ces actes d'enquête ?
42:08Il y a beaucoup de travail
42:09donc je pense que la justice
42:10va se mobiliser
42:11en tout état de cause.
42:13C'est le pouvoir discrétionnaire
42:14de la Cour aujourd'hui
42:15donc je crois qu'il faut
42:15que ça reste une affaire
42:16de justice,
42:17il faut que ça reste
42:18une affaire de justice
42:19parce que la justice
42:20elle se rend dans les tribunaux.
42:23Donc pas une affaire
42:23de communication
42:24si on vous a bien suivi.
42:25Une affaire de communication
42:25sur la justice
42:26ne peut pas être un jeu.
42:28Mais la Cour l'a dit,
42:29elle veut aller vite,
42:29elle l'a dit très extrêmement
42:31et de manière très claire
42:32on veut aller vite
42:33parce qu'il y a justement
42:34ce procès qui se profite
42:35le 21 septembre
42:36donc commencer à démarrer
42:39des actes.
42:39En revanche,
42:40si vous écoutez
42:40la conférence de presse
42:42des avocats de Cédric Jubilard,
42:43pour eux c'est impossible
42:44que le 21 septembre
42:45débute le procès en appel
42:47il faut rappeler
42:47que ces avocats
42:48ils ont été initiés
42:50au dossier en janvier.
42:51C'est très très peu
42:52six mois pour préparer
42:53une défense
42:54qui vient juste de changer.
42:56La stratégie vient juste de changer.
42:57Donc il est tout aussi
42:58important pour eux
43:00de voir ce procès
43:01et bien justement
43:03être reporté
43:04pour qu'ils puissent préparer
43:05une défense plus solide
43:06pour Cédric Jubilard.
43:07J'avais une question
43:09un peu plus personnelle maître
43:10c'est votre cliente
43:12face à tous ces bouleversements
43:14toutes ces communications
43:16c'est la grand-mère
43:17des enfants
43:18elle voit son fils
43:20qui a l'air
43:21de se confesser
43:23quel est son état d'esprit ?
43:26Qu'est-ce qu'elle attend ?
43:27Comment elle vit tout ça ?
43:28Comment elle vit tout ça ?
43:46moins une pensée pour ces petits
43:47qui aujourd'hui lisent
43:48comprennent
43:49analysent la situation
43:51pour les frères et sœurs
43:52de Delphine Jubilard
43:53les cousins
43:53enfin toutes les parties civiles
43:54en fait.
43:55Non moi si je vous parle
43:56de sa mère
43:56c'est que
43:57c'est une femme meurtrie
43:59et elle le restera
44:00de toute façon.
44:01Et au moment où on se parle
44:02voilà
44:02elle le fait
44:03et je le replaiderai
44:05à l'envie
44:06évidemment
44:07parce que ce combat-là
44:08elle le mène pour eux.
44:09Mais quand elle a entendu
44:10ses aveux partiels
44:11et bien aujourd'hui
44:12cette lettre
44:12ses aveux partiels
44:13même si c'est pas
44:14la bonne forme
44:14de communication.
44:16C'est la stupéfaction
44:18bah oui
44:18mais si ça va ensemble
44:19en fait
44:19parce que c'est la stupéfaction
44:21si vous voulez
44:21parce que
44:22si ces aveux-là
44:23ils avaient été réservés
44:25à la cour
44:26si ces aveux-là
44:27avaient eu pour fonction
44:30de laisser les victimes
44:31d'entendre les paroles
44:32de ce dernier
44:33ça aurait pas eu
44:34le même impact.
44:35Là on est sur
44:36quelque chose
44:36d'extrêmement stupéfiant
44:38unique
44:38historique
44:40voilà
44:40tout le monde
44:41est boulevé
44:42en disant
44:43et c'est très déstabilisant
44:44pour votre cliente
44:45comme pour toutes les autres
44:46évidemment
44:46puis elle a pensé
44:46tout de suite
44:47à ses petits-enfants
44:48en considérant
44:48qu'ils pouvaient eux-mêmes
44:49ouvrir leur téléphone
44:50ce matin-là
44:51et lire dans la presse
44:53ce qui s'est passé
44:54je sais pas si vous vous rendez compte
44:55c'est compliqué
44:57émotionnellement
44:58c'est très compliqué
44:58d'où ma question
44:59parce qu'il y a une charge
45:01émotionnelle terrible derrière
45:02et le découvrir autrement
45:04et par les médias
45:06dont les médias
45:07qui sont dans leur rôle
45:07là-dessus
45:08mais de cette façon
45:09et porté par
45:11ces conseils
45:12d'une manière
45:13aussi forte
45:14je pense que
45:15ça fait des dégâts
45:17psychologiques
45:18pour toute la famille
45:20autour
45:21est-ce qu'on sait
45:22comment ils vont
45:22les enfants
45:23alors moi
45:24je me prononcerai pas
45:25pour
45:26M. Charny
45:27il a très bien fait
45:27il souhaitait
45:29en tout cas
45:30M. Boguet
45:31l'un des avocats
45:31des enfants
45:33souhaitait
45:34faire témoigner
45:35Louis
45:35l'aîné
45:36à ce procès
45:37il avait écrit
45:38une lettre
45:38justement
45:39en demandant
45:40à son père
45:40de dire la vérité
45:41et ce qui est
45:43ce qui est notable
45:43c'est qu'on a pu parler
45:44justement à l'avocate
45:47des enfants
45:48M. Charny
45:49M. Charny
45:49voilà tout à fait
45:50qui nous disait
45:51qu'elle l'a donc appris
45:52par la presse
45:53par la presse
45:54comme nous tous
45:55et sa première réaction
45:57a été d'appeler
45:59Stéphanie
46:00la sœur de Delphine Jubilard
46:01qui a donc la garde
46:02de ses deux enfants
46:03en lui disant
46:04éteint vite la télé
46:05n'ouvre pas la télé
46:07voilà
46:07pour que les enfants
46:09ne puissent pas voir
46:10la violence
46:11la violence
46:12merci
46:12merci à tous
46:13de vos lumières
46:14de vos réflexions
46:14et de vos éclairages croisés
46:16merci Général
46:16de m'avoir accompagnée
46:17lors de cette émission
46:18de m'avoir accompagnée
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