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  • il y a 6 heures
Chaque week-end, l’émission pilotée par Dominique Rizet, consultant police/justice BFMTV, et Pauline Revenaz, traite d’un événement majeur de la semaine, ainsi que d’autres affaires qui sont revenues sur le devant de la scène.

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Transcription
00:00:03Générique
00:00:12Bonjour à tous, nous sommes dimanche, il est 13h, bienvenue dans votre émission Affaires Suivantes.
00:00:16Ravi de vous accueillir avec mon complice Dominique Rizet.
00:00:19Bonjour Pauline, bonjour à tous.
00:00:21Nous avons décidé de consacrer tout ce numéro à l'affaire Jubilard,
00:00:24des aveux partiels à la découverte d'ossements au milieu d'un champ.
00:00:26Nous allons revenir ensemble sur ces derniers jours où tout s'est accéléré.
00:00:30Comment Cédric Jubilard a-t-il coopéré ? Qu'a-t-il dit sur place pour guider les recherches ?
00:00:35A-t-il une stratégie ?
00:00:36Oui, 5 ans et demi après la disparition de Delphine Jubilard, un début de dénouement, bientôt une sépulture.
00:00:42Une fois les analyses scientifiques terminées, comment réagissent les proches de Delphine Jubilard, ses deux enfants ?
00:00:49Le procès en appel sera-t-il reporté ? Y aura-t-il une reconstitution ? On va répondre à
00:00:54toutes ces questions.
00:00:55Toutes les questions que l'on se pose encore, elles sont nombreuses.
00:00:57Nous allons tenter d'y répondre avec vous, nos experts, nos invités.
00:01:00Affaire suivante, c'est tout de suite, ne bougez pas.
00:01:03Bienvenue à tous dans Affaire suivante, il est 13h06.
00:01:05Merci Dominique de m'accompagner pour ce dernier numéro de la saison.
00:01:08C'est un bonheur Pauline.
00:01:09Un bonheur.
00:01:09Alors je vous présente mes invités.
00:01:10Karine Dabadi, médecin légiste, co-autrice de Corcorcor, carnet du médecin légiste aux éditions Globe.
00:01:16Merci d'être avec nous.
00:01:18Jacques-Charles Fonbonne, général de gendarmerie.
00:01:21On ne le présente plus.
00:01:22Ancien commandant de la section de recherche d'Orléans.
00:01:24Et vous avez aussi été un peu du côté de l'IRCGN.
00:01:27Vous nous expliquerez cela.
00:01:28Johanna Rosenblum, psychologue, clinicienne, consultante pour BFMT.
00:01:32Merci d'être tous les trois avec nous ici pour nous éclairer sur ce dossier jubilard
00:01:37qui s'est accéléré effectivement ces trois derniers jours.
00:01:40des ossements en cours d'analyse à l'IRCGN à Pontoise.
00:01:44L'identification est en cours.
00:01:45On n'a pas encore de résultats.
00:01:46On va en parler avec François Daouz qui est avec nous.
00:01:49Merci d'être là François aussi.
00:01:51Pourquoi est-ce que c'est aussi long ?
00:01:53Pourquoi est-ce qu'il faut attendre plusieurs jours ?
00:01:55Et y aura-t-il des résultats ?
00:01:58Toute la question est là.
00:02:00Alors il faut comprendre que les os ont été retrouvés
00:02:03après que le corps ait stagné pendant plusieurs années dans un tas de fumier.
00:02:09c'est-à-dire de matières organiques en décomposition.
00:02:13Et la décomposition de ces matières accélère le processus de décomposition
00:02:19de tout ce qui est rajouté.
00:02:21À partir de cet instant, les os ont été retrouvés dans un état eux-mêmes
00:02:26où ils étaient rongés par la décomposition.
00:02:29Ce qui fait qu'il y a un grand risque à ce que la moelle osseuse à l'intérieur de
00:02:34l'os,
00:02:34le fémur qui est pourtant le plus solide et le plus hermétique,
00:02:37aient pu être elles aussi en décomposition.
00:02:41Et à ce moment-là, les bactéries anaérobiques
00:02:44qui font cette décomposition massive des fumiers
00:02:47s'attaquent à l'ADN.
00:02:49Et il pourrait ne pas y avoir d'ADN qui permettrait de confirmer.
00:02:52Donc ce sont des traitements très longs, complexes,
00:02:56pour essayer d'avoir au moins un petit noyau d'une cellule
00:03:02qui permettrait de dupliquer cet ADN et surtout d'en sortir un profil.
00:03:07Donc, en général, il est possible qu'on ne sache jamais
00:03:12si ce sont bien les restes du corps de Delphine.
00:03:16Il est tout à fait possible, au regard de la décomposition et de l'état des os,
00:03:21qu'on ne puisse pas confirmer à 100% que ce soit le corps de Delphine ou Saguel.
00:03:28Alors, on a une autre question concernant ce milieu acide.
00:03:33Vous en avez parlé, une décomposition qui s'accélère,
00:03:36mais aussi cet environnement fait que ces os,
00:03:39vous pouvez nous le confirmer, sont extrêmement dégradés,
00:03:42donc difficiles à lire d'une certaine manière.
00:03:44Tout à fait.
00:03:45Ça, c'est le cas de tous ces compost, terreaux, lisiers ou autres
00:03:52qui, par les bactéries anaerobiques qui sont à l'intérieur
00:03:56et qui font cette décomposition naturelle
00:03:59et qui montent en azote cet ensemble de masses et de matériaux
00:04:06qui servira d'engrais, parce que c'est l'azote qui est le meilleur engrais pour tout.
00:04:10Et ça accélère, ça acidifie toute décomposition,
00:04:15y compris les os qui risquent de devenir poreux
00:04:20et dès lors, avec le risque de détérioration complète de la moelle osseuse.
00:04:26Alors, Général Daouz, vous restez bien sûr avec nous,
00:04:28vous intervenez à tout moment.
00:04:30Karine Dabadi, j'ai une question pour vous.
00:04:33Qu'est-ce qu'on cherche encore ?
00:04:35Et vous avez des confrères, des collègues qui ont été sur place
00:04:39et qui ont aidé justement à l'extraction de ces ossements
00:04:42et qui ont déjà commencé ce travail extrêmement minutieux,
00:04:46ce travail de fourmis sur place dans les derniers jours ?
00:04:48Oui, on cherche.
00:04:50Le problème, c'est qu'on n'a retrouvé que deux fémurs à ce jour
00:04:53et peut-être quelques autres ossements.
00:04:55Et ce n'est pas encore en entier.
00:04:57Donc, c'est vrai que là, le travail qui est fait sur les deux fémurs
00:05:01qui sont effectivement des os qui sont longs, solides
00:05:04et dans lesquels, théoriquement, on a le plus de chances de trouver de l'ADN.
00:05:08Mais là, on a très bien compris les limites
00:05:10du fait effectivement de la déléguration par le milieu extérieur
00:05:13qui est extrêmement importante.
00:05:16Donc là, la seule réponse qu'on pourra avoir, essayer d'avoir aujourd'hui,
00:05:19c'est est-ce que c'est bien Delphine Jubilard ou pas Delphine Jubilard ?
00:05:22C'est effectivement une question importante.
00:05:24Par contre, sur toutes les questions que l'on peut se poser sur les causes du décès,
00:05:28on comprend bien que ce que l'on a retrouvé
00:05:32ne pourra pas nous permettre de répondre à cette question
00:05:34et d'autant plus qu'on n'a pas l'ensemble du squelette
00:05:37puisque pour pouvoir répondre à ce type de questions,
00:05:39il aurait fallu qu'on ait l'ensemble du squelette
00:05:41tout en sachant que sur des os, on peut répondre à certaines questions
00:05:44mais pas aux autres questions.
00:05:45Il nous aurait fallu un corps avec effectivement des tissus mous, des muscles
00:05:48pour savoir pouvoir répondre à toutes les questions sur les causes du décès,
00:05:51ce que l'on n'a pas.
00:05:52On ne peut pas partir de ces ossements, ces deux fémurs
00:05:56et autrement qu'avec l'ADN, dire cette aile,
00:05:59je ne sais pas si elle avait eu une fracture à une jambe,
00:06:02est-ce qu'on pourrait, ou même en mesurant,
00:06:04enfin je ne sais pas, mais voilà, on a tous des tailles différentes,
00:06:09on connaît sa taille, est-ce qu'à partir du fémur,
00:06:11on peut dire avoir une orientation sans que ce soit forcément l'ADN ?
00:06:14Je ne sais pas si je suis très clair.
00:06:16Si, mais le fémur va permettre effectivement de donner une idée
00:06:19de la taille de la personne, mais plusieurs personnes peuvent avoir la même taille,
00:06:22donc ça ne permet pas de l'identifier.
00:06:23Pour l'identification, on a différentes choses, effectivement.
00:06:26Théoriquement, si on a l'ensemble de la mâchoire avec les dents,
00:06:29on peut comparer un panoramique dentaire.
00:06:31Si on avait eu les dents, on aurait pu aussi rechercher de l'ADN dans les dents,
00:06:34parce que c'est très bien aussi de rechercher de l'ADN.
00:06:37Avec le bassin, si on avait le bassin, on pourrait dire si c'est un homme ou une femme,
00:06:40mais tout ça, ce n'est pas Delphine Jubilard.
00:06:43Nous, ce qu'on veut, c'est la preuve que ce soit bien elle.
00:06:45Donc la seule façon, effectivement, on ne peut plus faire d'empreintes digitales non plus.
00:06:49Il y a différentes façons d'identifier la personne.
00:06:51Alors, effectivement, tout est important quand on veut identifier un corps.
00:06:54On regarde les tatouages, on regarde la couleur de la peau, les cheveux,
00:06:58le moindre petit détail, le moindre antécédent chirurgical.
00:07:00Si elle avait eu, par exemple, une prothèse dans les hanches avec un numéro de série,
00:07:04on pourrait aussi aller rechercher.
00:07:06Mais on n'a pas ça a priori.
00:07:07Donc il y a énormément de façons d'identifier.
00:07:10Là, les choses sont compliquées,
00:07:12parce qu'effectivement, la seule chose que l'on a retrouvée à ce jour,
00:07:14ce sont deux faits mûrs, et en plus, en très mauvais état.
00:07:17Mais François Daouz, est-ce que du coup, on n'est pas face à un cas d'école
00:07:20pour l'IRCGN et ses analyses en cours ?
00:07:23Parce que je sais qu'ils ont réalisé des tas d'analyses et des tas de choses compliquées.
00:07:26Mais là, en se parlant tous autour de la table,
00:07:28on se dit que d'abord, on a eu infiniment de chances, si je puis dire,
00:07:31de trouver d'abord ces deux faits mûrs.
00:07:33Mais ensuite, le plus dur commence maintenant.
00:07:36Le plus dur commence maintenant, effectivement, Pauline,
00:07:38parce qu'on a quelque chose qui nous permet de dire qu'il y a un corps
00:07:43et on est face à presque une aporie, c'est-à-dire une impossibilité,
00:07:48si jamais on n'arrive pas à extraire de l'ADN.
00:07:51C'est-à-dire qu'on a toutes les statistiques et les probabilités
00:07:54qui nous laissent supposer que c'est bien le corps de Delphine Ossaguel,
00:07:59mais on ne pourra pas l'affirmer avec derrière plein de points d'interrogation
00:08:04qui disent, mais bon, on s'en doute bien,
00:08:06mais on a besoin maintenant de ces preuves formelles,
00:08:09alors qu'il y a 50 ans, le fait de simplement dire c'est là aurait pu suffire.
00:08:14On n'en est plus là, on a besoin toujours de ces preuves scientifiques
00:08:18et effectivement, le cas école, c'est surtout un cas scientifique
00:08:23à trouver les bons éléments et la bonne parcelle d'os
00:08:29qui permettra d'extraire l'ADN.
00:08:31Donc là, je pense que des forages, des carottages dans les deux fémurs
00:08:36il y a dû y en avoir au moins une bonne cinquantaine,
00:08:40voire si ce n'est pas le double, pour essayer de la trouver,
00:08:43de la mettre en culture et après en PCR.
00:08:47– Oui, c'est ça, on en est à quel stade là ?
00:08:50Vous dites de le mettre en culture, c'est-à-dire qu'on a carotté dans l'os,
00:08:53on a cherché de la matière, cette matière on la met dans un appareil spécial,
00:08:58qu'est-ce qui se passe et on en a à quel stade là ?
00:09:00– Alors, on met dans des appareils, selon l'endroit de l'os qui a été foré,
00:09:06on va faire des broyats, c'est-à-dire qu'on va écraser toutes les cellules osseuses
00:09:10qui sont avec du calcium, du potassium, etc., etc.,
00:09:15avec un petit peu de matière, on espère, à l'intérieur,
00:09:17et en plus du résidu de moelle osseuse qui est peut-être au centre du fémur.
00:09:24Mais chaque carottage va être pris individuellement et on va être mis,
00:09:30alors la culture ce sont des éléments qui permettent des enzymes
00:09:34pour dupliquer l'ADN s'il existe, c'est voir si c'est noyé de bactéries,
00:09:40si c'est noyé de bactéries c'est mort.
00:09:42Ça veut dire que les bactéries comme les champignons ou les moisissures
00:09:45dévorent l'ADN et il ne reste plus rien.
00:09:48Donc chacun va être traité de façon à pourvoir
00:09:52s'il y en a une chance d'extraire de l'ADN.
00:09:54Mais si on n'arrivait pas à l'identifier, François Daoud,
00:09:57vous avez cette option en tête, il y a une obligation de moyens,
00:10:00il y a une obligation presque morale du résultat,
00:10:03mais si la science n'y arrivait pas ?
00:10:05Alors si la science n'y arrivait pas, ce sera la justice de se prononcer.
00:10:10Il faut savoir qu'il y a en France énormément de corps
00:10:15qui sont découverts sous X et intérêts sous X,
00:10:18mais parfois il y a des accidents où on suppose que la personne,
00:10:22ça ne pouvait pas être une autre personne que celle-là.
00:10:25Et c'est la justice qui va déclarer que cette personne décédée
00:10:29est bien la personne auquel on pense.
00:10:31Donc là-dessus c'est encore une autre procédure,
00:10:35c'est une procédure civile avec le parquet civil
00:10:37qui va se greffer à côté du parquet pénal
00:10:40pour arriver à dire oui, on donne cette identité à ses ossements.
00:10:45– Alors c'est très intéressant parce que François Daouz,
00:10:48vous restez avec nous, les recherches phase 1,
00:10:51si l'on peut dire Dominique, se sont achevées vendredi.
00:10:53Donc il faut juste expliquer à nos téléspectateurs,
00:10:56jeudi matin on a une alerte, des fouilles sont entreprises dans un champ,
00:11:00sur indication de Cédric Jubilard, on va retrouver ses ossements,
00:11:03ce champ va être exploré, on va comprendre que selon ses dires,
00:11:07il a enfoui le corps de Delphine dans ce compost, ce terreau,
00:11:12mais vendredi à 16h, c'est un peu la superaction pour nous,
00:11:15on apprend que les recherches sont terminées.
00:11:17– Oui, en fait ça a été assez rapide et on a appris aussi jeudi
00:11:22qu'en fait on avait que les enquêteurs n'avaient découvert
00:11:25qu'une partie basse du corps de Delphine,
00:11:28donc évidemment on s'est posé toutes les questions,
00:11:30comment c'est possible, comment se fait-il qu'on ait retrouvé
00:11:32une partie basse et pas le haut du corps,
00:11:35on imagine que cet homme-là n'a pas découpé sa femme,
00:11:37donc on a ces éléments et puis on va comprendre assez rapidement
00:11:42que ce corps a été déposé du terreau, du lisier,
00:11:50du fumier mais c'est difficile de le dire
00:11:52et qu'effectivement ce tas de terreau a été épandé,
00:12:00dispersé dans le champ par l'agriculteur
00:12:02et pas forcément uniquement dans ce champ-là
00:12:04puisque cet agriculteur il a 200 hectares.
00:12:07donc il peut même en avoir donné à d'autres agriculteurs
00:12:12donc il a fallu que les gendarmes, en 48 heures,
00:12:14et ça a quand même été rapide,
00:12:16voilà, posent des questions à cet agriculteur.
00:12:19C'est intéressant ce qu'on voit là, regardez,
00:12:21janvier 2021, c'est le champ dans lequel on a retrouvé
00:12:24le corps de Delphine et on voit ce tas de terreau-là.
00:12:28On est trois semaines après la disparition de Delphine
00:12:32dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020.
00:12:34Ce qui veut dire, et on peut supposer que le corps de Delphine
00:12:38se trouve à cet endroit-là en janvier 2021.
00:12:41En mars 2023, donc on est deux ans plus tard,
00:12:44il reste juste la partie droite de ce tas de terreau,
00:12:48parce qu'il a été épandé, il a été dispersé.
00:12:50Donc comprenons que la partie gauche a été épandée,
00:12:53utilisée par l'agriculteur qui a été entendu d'ailleurs depuis
00:12:55et qui a expliqué qu'il n'avait pas conscience
00:12:57qu'il y avait probablement un corps sous ce tas de terreau.
00:13:00Voilà, ensuite mars 2026, c'est maintenant,
00:13:03il n'y a plus rien dans le champ.
00:13:04C'est important parce que les enquêteurs,
00:13:05vous dites vendredi à 16h, ils sont partis,
00:13:09parce qu'ils ont compris qu'il n'y avait plus rien à espérer,
00:13:11plus rien à trouver.
00:13:13Déjà ces deux fémurs, c'est miraculeux.
00:13:15C'est miraculeux que ces ossements aient été retrouvés.
00:13:18Alors, Johanna Rosenblum, ce qui est intéressant aussi,
00:13:21au-delà de ces investigations,
00:13:22c'est qu'on a le sentiment quand même que Cédric Juillard
00:13:24reste un peu le maître du jeu,
00:13:26parce que c'est lui qui donne les indications,
00:13:29c'est lui qui, et vous le voyez sur la photo de mars 2026,
00:13:33il ne reste plus rien.
00:13:34Donc sans lui, on n'a pas l'emplacement.
00:13:36Sans lui, on n'a pas les deux faits mieux.
00:13:37Et sans lui, on ne serait pas là tous autour de la table
00:13:39à en discuter aujourd'hui.
00:13:40Donc la question, c'est, est-ce que c'est toujours lui qui a la clé ?
00:13:43Dans quelle position nous met-t-il ?
00:13:46Inconsciemment, consciemment, je ne sais pas.
00:13:47C'est toujours la même, Pauline, depuis le début.
00:13:49C'est lui le chef, c'est lui le patron et le maître des horloges.
00:13:53Au début, il nous disait qu'il ne savait pas,
00:13:55il gardait le silence, il pleurait.
00:13:57Et aujourd'hui, il va nous expliquer comment penser
00:13:59et comment comprendre ce qui s'est passé le soir du drame,
00:14:05que la dispute a mal tourné, qu'il a dégoupillé.
00:14:10Il a dégoupillé, c'est son terme exact.
00:14:12Et c'est très intriguant, ce terme,
00:14:14parce qu'il va dire « j'ai dégoupillé »,
00:14:16mais il ne va pas expliquer.
00:14:17Il y a toute l'ellipse, toute l'ellipse de la scène de crime.
00:14:21Inversion de la culpabilité, minimisation des faits.
00:14:24Ce sont les propos qui sont aussi rapportés par son avocat.
00:14:28Il aurait, par empathie pour ses enfants,
00:14:30déplacé le corps de sa femme
00:14:31pour leur éviter de voir le corps de leur mère gisant sur le sol.
00:14:35Donc oui, ça dit tout de sa personnalité
00:14:37depuis le départ, c'est-à-dire un homme manipulateur,
00:14:42pervers, avec un défaut d'empathie majeur,
00:14:45capable des pires atrocités,
00:14:47et qui n'exprime aucun remords, aucun regret,
00:14:50uniquement de la manipulation, encore et encore, jusqu'à aujourd'hui.
00:14:53– Donc le chapitre qu'on nous sert via sa défense,
00:14:56que c'était un moyen de satisfaire une demande pressante
00:15:01de ses enfants, qu'il le faisait au nom de ses enfants,
00:15:05Dominique, crédible, pas crédible ?
00:15:08– Alors, moi, j'ai pas envie d'y croire,
00:15:10parce qu'on connaît tellement bien maintenant
00:15:13Cédric Jubilard, qui s'est invité dans l'actualité
00:15:15il y a cinq ans et demi,
00:15:16et on a tellement commenté sa vie,
00:15:19ses gestes, ses comportements.
00:15:22J'ai pas envie d'y croire,
00:15:23j'ai pas envie de croire qu'il a rendu service à qui que ce soit,
00:15:26à commencer par ses enfants, non.
00:15:29Moi, je...
00:15:29Je veux dire, il y a des choses qui sont dérangeantes.
00:15:32Alors, ses avocats, Guy et Pierre de Buisson,
00:15:36sont des pénalistes,
00:15:37qui ont fait le job,
00:15:38qui ont réussi à le faire parler.
00:15:39Donc, c'est...
00:15:40– Ça, c'est déjà énorme.
00:15:41– C'est déjà énorme.
00:15:42Mais, ensuite, dans le système de défense,
00:15:44il y a quelque chose...
00:15:45On a l'impression qu'il y a une deuxième victime
00:15:47dans l'affaire Jubilard.
00:15:48Il y avait Delphine,
00:15:49et maintenant, il y a Cédric Jubilard.
00:15:51– Et ses enfants aussi.
00:15:51– C'est la version des avocats qui disent,
00:15:54quand même, les enquêteurs se sont très mal,
00:15:56Général Fonbonne, comportés avec lui,
00:15:58ils lui ont mis la pression.
00:16:00En prison, c'est une victime,
00:16:02il est à l'isolement, il ne vit plus.
00:16:05On le bourre de médicaments,
00:16:06donc, il est arrivé à l'audience,
00:16:08il ne sait même plus comment il s'appelait.
00:16:09Vous voyez, on a l'impression
00:16:10que lui aussi est une victime,
00:16:11maintenant, dans ce dossier.
00:16:12Victime de la justice,
00:16:14victime des enquêteurs.
00:16:14– C'est classique, vous allez le dire.
00:16:16– Non, mais elle est insupportable,
00:16:17cette tendance à humaniser le diable en personne.
00:16:21Moi, je vais vous dire,
00:16:22ce que disaient les comportementalistes
00:16:24experts de la gendarmerie,
00:16:25et ce que nous, on sait,
00:16:27en travaillant avec des victimes
00:16:29d'hommes aussi violents,
00:16:30c'est que, très souvent,
00:16:31et ce que disait la gendarmerie,
00:16:33et c'est le cas pour Cédric Jubilard,
00:16:35il n'y a pas de psychose,
00:16:36il n'y a même pas de troubles
00:16:38de la personnalité.
00:16:39On est dans la violence pure.
00:16:41Ils ont parlé d'un homme arrogant,
00:16:43ils ont parlé d'un homme
00:16:44complètement éteint,
00:16:46anesthésié, émotionnellement.
00:16:47Ce qu'il faut savoir,
00:16:48c'est que la violence,
00:16:49ce n'est pas une maladie,
00:16:50c'est un choix, OK ?
00:16:51Il a le choix de tuer ou pas sa femme,
00:16:54de violer ou pas sa femme,
00:16:55de protéger ou pas ses enfants.
00:16:56À chaque fois, il a pris la décision.
00:16:58– Je voudrais que vous le répétez
00:16:59à chaque fois, Joana,
00:16:59c'est important de le dire.
00:17:00– Donc quand on parle d'un homme
00:17:02qui pourrait être un dommage,
00:17:04une victime collatérale,
00:17:06d'un conflit amoureux,
00:17:07quand on parle d'un homme
00:17:08à qui on peut attribuer
00:17:09une remise de peine
00:17:10pour bonne conduite,
00:17:11c'est ne pas comprendre
00:17:13du tout, du tout,
00:17:14la personnalité et le mindset
00:17:16de ces personnalités criminelles.
00:17:18Ce ne sont pas des personnes
00:17:18qui se remettent en question,
00:17:21douées d'empathie,
00:17:23d'autocritique,
00:17:24pas du tout, du tout, du tout.
00:17:25Ce sont des manipulateurs
00:17:27et il faut arrêter
00:17:28de parler d'aveu.
00:17:28Il n'a pas de conscience
00:17:29à laver ces drugs jubilards.
00:17:31C'est une stratégie
00:17:32qui ne va lui servir
00:17:33qu'à lui,
00:17:34soit pour transformer ce crime
00:17:36en homicide involontaire,
00:17:38soit pour espérer sortir
00:17:39un petit peu plus tôt,
00:17:40soit pour se faire passer
00:17:40pour une co-victime.
00:17:41– François Daouz,
00:17:42vous voulez intervenir ?
00:17:43– Oui, je rejoins tout à fait
00:17:46Joana là-dessus.
00:17:48Il ne faut pas oublier
00:17:49que dans les faits
00:17:49et dans son histoire,
00:17:51il a été violent
00:17:51avec ses enfants.
00:17:53Il peut être violent
00:17:54avec d'autres personnes
00:17:55à l'extérieur.
00:17:56et moi, je trouve
00:17:58qu'il y a une violence
00:17:59dans le geste.
00:18:00Au-delà du crime,
00:18:03c'est mettre son épouse
00:18:05dans un tas de fumiers.
00:18:07Je sais que Dominique
00:18:08a hésité à le dire
00:18:10par précaution, etc.
00:18:11mais le geste est violent
00:18:13là aussi.
00:18:14– C'est très symbolique déjà.
00:18:16– Exactement.
00:18:17– Jacques Fonbonne,
00:18:18vous l'aviez évoqué
00:18:19sur ce plateau hier déjà.
00:18:22– Oui, alors,
00:18:22j'aurais complété
00:18:23parce qu'il me vient l'idée
00:18:24sur la personnalité
00:18:25de Cédric Jubilard
00:18:26et sur son besoin
00:18:27d'être le maître du jeu.
00:18:29J'en arrive à me demander,
00:18:30mais c'est vraiment
00:18:32une réflexion
00:18:33qui ne repose pas
00:18:34sur grand-chose
00:18:34si ce n'est sur l'instinct.
00:18:36J'en arrive à me demander
00:18:38dans l'hypothèse
00:18:39où il aurait été acquitté
00:18:39en première instance.
00:18:40Vous savez que l'autorité absolue
00:18:42de la chose jugée
00:18:43fait que,
00:18:43quels que soient les éléments
00:18:44qui surviennent ensuite,
00:18:46on ne revient pas.
00:18:47J'en arrive à me demander
00:18:48si après quelques semaines,
00:18:49quelques mois,
00:18:50il n'aurait pas avoué
00:18:51sous le prétexte
00:18:52d'apaiser sa conscience,
00:18:54sous le prétexte
00:18:55de donner une sépulture
00:18:56à sa femme,
00:18:57simplement parce que
00:18:58je suis le maître du jeu
00:19:00jusqu'au bout,
00:19:01je suis arrivé à vous tromper
00:19:02jusqu'au bout
00:19:03et j'en apporte la preuve.
00:19:05– Donc stratégie toujours ?
00:19:06– Donc stratégie,
00:19:06mais une stratégie
00:19:07qui n'est pas là,
00:19:08une stratégie,
00:19:09une stratégie,
00:19:10ce n'est pas facile à dire,
00:19:11judiciaire,
00:19:11mais en fait,
00:19:13une stratégie psychologique.
00:19:14Je vous ai eus
00:19:15jusqu'au bout,
00:19:16j'ai commis non seulement
00:19:17le crime parfait,
00:19:18mais en plus,
00:19:18je n'ai pas été condamné.
00:19:21– Général,
00:19:22on se posait la question
00:19:22tout à l'heure
00:19:23avec Pauline
00:19:24en préparant l'émission,
00:19:25on se disait,
00:19:27comment vous,
00:19:27gendarme,
00:19:28vous avez été patron
00:19:29d'une ESR à Orléans,
00:19:30c'est la ESR de Toulouse
00:19:31qui travaille sur le dossier,
00:19:33on se demandait
00:19:33comment vous vivez
00:19:35les attaques
00:19:35de ces avocats,
00:19:36parce que ce sont
00:19:37des attaques frontales,
00:19:38qui remettent en cause
00:19:39le boulot des gendarmes,
00:19:41ce que le job
00:19:41n'a pas été fait,
00:19:42qu'en 48 heures,
00:19:43on aurait dû découvrir
00:19:44toute l'affaire,
00:19:45comment vous vivez ça ?
00:19:46Quand on est enquêteur,
00:19:46comment on vit ça ?
00:19:47D'ailleurs,
00:19:47vous ne pouvez même pas répondre,
00:19:48les enquêteurs,
00:19:49enfin,
00:19:49eux ne peuvent pas se défendre.
00:19:52Je dirais qu'on le vit plutôt bien
00:19:54parce que c'est assez habituel.
00:19:56Maître Dubuis
00:19:56fait son travail d'avocat,
00:19:59vous savez,
00:20:00ce n'est même pas son droit,
00:20:01c'est son devoir d'avocat
00:20:03de mettre en avant
00:20:04tous les éléments
00:20:05qui peuvent sauver son client,
00:20:07qui peuvent...
00:20:07Non, mais d'ailleurs,
00:20:08il le fait,
00:20:09c'est son droit le plus strict
00:20:10et on ne va pas critiquer...
00:20:12Non, non,
00:20:12mais les gens n'ont pas fait
00:20:13leur boulot.
00:20:14L'argument majeur,
00:20:15et je pense en fait,
00:20:16mais j'en parlerai peut-être
00:20:17tout à l'heure,
00:20:17qu'il se retourne
00:20:18contre son client,
00:20:19c'est de dire
00:20:20le corps a été déposé
00:20:22entre 10 et 15 kilomètres
00:20:24du domicile
00:20:25de Cédric Jubilard.
00:20:27Pourquoi les gendarmes
00:20:28sur 15 kilomètres,
00:20:29alors qu'ils ont cherché
00:20:30pendant des semaines,
00:20:32n'ont pas trouvé le corps ?
00:20:33Sauf que,
00:20:34ce n'est pas les Champs-Élysées,
00:20:35c'est-à-dire qu'on ne cherche pas
00:20:36dans le caniveau
00:20:37ou contre le trottoir
00:20:39un corps à droite ou à gauche.
00:20:40Si on fait rapidement le calcul,
00:20:4215 kilomètres,
00:20:43ça définit un cercle
00:20:44de 700 kilomètres carrés.
00:20:46C'est 7 fois la région parisienne
00:20:47avec des bois
00:20:49avec des lacs,
00:20:50avec des champs,
00:20:51des maisons abandonnées,
00:20:52avec des mines.
00:20:53Cagnac,
00:20:53les mines,
00:20:54c'est là d'où venait Jaurès.
00:20:55Il y a des mines partout.
00:20:58Ça veut dire
00:20:58que ce sont des zones
00:20:59à explorer
00:21:00qui sont extrêmement difficiles.
00:21:01Et puis,
00:21:02il prend son risque,
00:21:02pardon Dominique,
00:21:03il prend son risque
00:21:04parce que,
00:21:04souvenons-nous,
00:21:05la nuit du drame,
00:21:06on est en plein confinement,
00:21:08on n'a pas le droit
00:21:08de sortir de chez soi.
00:21:10À l'écouter,
00:21:11il charge Delphine Jubilard
00:21:13d'une voiture,
00:21:13il roule tout feu éteint
00:21:14et il va rouler
00:21:15pendant 10,
00:21:1615 minutes,
00:21:16il laisse ses deux enfants
00:21:17tout seuls,
00:21:18à la maison,
00:21:19il va l'enfuir
00:21:20sous ce tas de terreau,
00:21:21il aurait pu se faire arrêter
00:21:22n'importe quoi.
00:21:23Oui, mais après,
00:21:24ça dépend.
00:21:24C'est-à-dire qu'on peut,
00:21:26alors évidemment,
00:21:26c'est dangereux,
00:21:27mais encore une fois,
00:21:29il y a une dimension
00:21:30de jeu,
00:21:31il y a une dimension
00:21:32de risque.
00:21:33Je dis des choses
00:21:34extrêmement triviales,
00:21:35mais si le corps
00:21:36est dans le coffre,
00:21:38c'est-à-dire une situation
00:21:39qui est complètement anormale,
00:21:40évidemment,
00:21:41s'il y a un contrôle,
00:21:43il risque d'avoir
00:21:44des ennuis.
00:21:45mais admettons
00:21:46qu'elle soit simplement
00:21:48allongée sur la banquette arrière
00:21:50avec une couverture.
00:21:52Il se fait arrêter
00:21:52par les gendarmes.
00:21:53Ma femme est mourante.
00:21:55Je vais à l'hôpital.
00:21:56Elle est tombée.
00:21:56Je vais à l'hôpital.
00:21:58Je n'ai pas le papier,
00:21:58l'autorisation de circuler.
00:22:00Je n'ai prévenu personne
00:22:01parce que je suis parti
00:22:02dans la panique.
00:22:03Il y a un risque,
00:22:04mais il est jouable.
00:22:06Donc,
00:22:06oui,
00:22:07pourquoi pas ?
00:22:08Donc,
00:22:09à se mettre
00:22:09dans son esprit
00:22:11à lui ?
00:22:11Tout est jeu ?
00:22:12Tout est calcul ?
00:22:14Oui,
00:22:14moi,
00:22:14je pense qu'il y a
00:22:15quelque chose
00:22:15de très intéressant
00:22:16dans cette affaire.
00:22:17C'est qu'on a vu
00:22:19dans un premier temps
00:22:20qu'il donnait
00:22:22des éléments
00:22:23qui,
00:22:23finalement,
00:22:24allaient en faveur
00:22:25de sa culpabilité.
00:22:26Je l'ai enterré,
00:22:27j'ai commis le crime parfait,
00:22:28mais ce ne sont
00:22:29que des expressions.
00:22:30Il n'y a pas
00:22:30de détail matériel
00:22:31qui mettent
00:22:32les enquêteurs
00:22:33sur la piste.
00:22:34Une autre question
00:22:35pour vous.
00:22:36À la cote
00:22:37dès 1667
00:22:38du dossier,
00:22:40on parle
00:22:41de la voiture.
00:22:43À l'intérieur
00:22:43de l'habitacle
00:22:44et de la malle arrière,
00:22:45le constat est identique.
00:22:46Le pavé de commande
00:22:47de la portière conducteur
00:22:48arrachée,
00:22:49l'intérieur du véhicule
00:22:50est particulièrement sale.
00:22:52On ne va pas le dire
00:22:53in extenso,
00:22:53mais globalement,
00:22:54qu'est-ce qu'on y dit ?
00:22:54Dans cette voiture,
00:22:56il y a sur le tapis de sol
00:22:57de la terre.
00:22:59Il y a de la terre.
00:23:00Donc,
00:23:00question qu'on se pose
00:23:01et qu'on vous pose,
00:23:03si cette terre
00:23:04est analysée
00:23:04à l'IRCG,
00:23:06on va trouver
00:23:07de la matière fécale
00:23:08animale,
00:23:09s'il est là-bas
00:23:10qu'il a posé ses pieds,
00:23:11on va retrouver
00:23:12des particules de paille
00:23:14en général,
00:23:15on va retrouver
00:23:15de la terre végétale
00:23:17et on va se dire
00:23:19quand même
00:23:20que c'est de ce côté-là
00:23:21qu'il faut aller chercher.
00:23:22Donc,
00:23:23si le job est bien fait
00:23:24au départ,
00:23:24on ne va pas aller chercher
00:23:25dans les rivières,
00:23:26dans les lacs,
00:23:27dans les mines
00:23:27et dans les bâtiments
00:23:29désaffectés
00:23:30parce que ce n'est pas là
00:23:31qu'on va trouver du fumier.
00:23:34Est-ce que les gens
00:23:35sont passés à côté ?
00:23:36C'est des argiles rouges,
00:23:37c'est un terrain
00:23:38de grès
00:23:39et puis du charbon
00:23:40qui est quasiment le même
00:23:41sur le département
00:23:43et sur la zone.
00:23:44Je pense
00:23:46qu'il y a des éléments
00:23:47dans cette démarche
00:23:48que suit
00:23:49Cédric Jubilard
00:23:50qui consiste évidemment
00:23:51et c'est normal
00:23:51à essayer
00:23:52de minimiser les faits,
00:23:53il y a une démarche
00:23:54qui finalement
00:23:55se retourne contre lui.
00:23:56Il nie
00:23:57avec un dossier
00:23:57qui est accablant
00:23:58même s'il n'y a pas de corps.
00:23:59Vous ne répondez pas là ?
00:24:00Si, parce que je vais y répondre
00:24:01mais parce qu'elle est
00:24:01dans la logique du raisonnement.
00:24:03Il est condamné,
00:24:04il se rend compte
00:24:05forcément
00:24:05que ce n'est pas
00:24:06la bonne méthode.
00:24:07Donc, l'idée étant
00:24:08de changer
00:24:09de qualification pénale
00:24:10et de reconnaître
00:24:11des faits
00:24:12qui sont moins punis
00:24:13pour lesquels
00:24:14il risque 20 ans.
00:24:15Il donne des éléments.
00:24:16Il donne des éléments
00:24:17qui d'abord
00:24:17en font un collaborateur
00:24:18de la justice
00:24:19ce qui est toujours bien
00:24:20et il l'emmène
00:24:21sur les lieux.
00:24:21Qu'est-ce qu'on constate ?
00:24:22Sur les lieux
00:24:23on est à 10-15 kilomètres
00:24:25comme je l'évoquais.
00:24:26C'est-à-dire qu'on est
00:24:27suffisamment prêt
00:24:28pour qu'il puisse faire le retour
00:24:29l'aller et le retour
00:24:30et poser le corps
00:24:31sans l'enterrer
00:24:32dans un délai logique.
00:24:34Ensuite,
00:24:35il place le corps
00:24:36sous un tas de fumier.
00:24:38Effectivement,
00:24:39outre l'aspect psychologique
00:24:41ça sent très fort.
00:24:42Ça veut dire
00:24:43qu'à part les chiens
00:24:43qui seraient spécialisés
00:24:45dans la recherche de cadavres
00:24:46ça va être extrêmement difficile
00:24:48et avec la dégradation du corps
00:24:49ça va même
00:24:50rendre la tâche
00:24:51des chiens impossible
00:24:51et puis surtout
00:24:52et j'en arrive là
00:24:53après cette hyperbole
00:24:54à votre question Dominique
00:24:56c'est du fumier
00:24:58ça sent très fort
00:24:59il y a de la paille
00:25:00il y a de la matière fécale animale
00:25:02vous vous doutez bien
00:25:03que les gendarmes
00:25:04ont fait l'exploitation
00:25:06on se rappelle
00:25:07de l'affaire Lelandais
00:25:07où Lelandais avait
00:25:09lavé la voiture au Karcher
00:25:10et l'IRCG
00:25:11a retrouvé une goutte de sang.
00:25:12Pourquoi ne retrouve-t-on pas
00:25:14de fumier, de paille ?
00:25:16Mon raisonnement d'enquêteur
00:25:17mais je le prends
00:25:17avec des pincettes
00:25:18et au conditionnel
00:25:19c'est qu'a priori
00:25:20avant de remonter
00:25:21dans la voiture
00:25:22il s'est changé
00:25:22et s'il s'est changé
00:25:24ça pose vraiment
00:25:25la question de la préméditation.
00:25:28Alors, on va avancer
00:25:30c'est très intéressant
00:25:31on va avancer
00:25:32on va revenir
00:25:33dans la foulée
00:25:34sur le récit du meurtre
00:25:35et toutes les questions
00:25:36qu'on se pose avec nous
00:25:37en direct
00:25:38on est avec Maître Batik
00:25:40l'avocat d'une partie
00:25:42de la famille
00:25:43de Delphine Jubilard
00:25:43on va le retrouver
00:25:44dans quelques instants
00:25:47la préméditation
00:25:47l'espace de jeu
00:25:50en fait
00:25:50c'est quoi ?
00:25:51c'est qu'il y a quelque chose
00:25:52à jouer sur le plan pénal
00:25:53on a compris
00:25:54pour aller très précisément
00:25:56et de manière pédagogique
00:25:57il va plaider
00:25:58coups et blessures
00:25:59sans intention de la donner
00:26:00violence
00:26:01et entreter la mort
00:26:02sans intention
00:26:03sur le plan pénal
00:26:04ça vaut 15 ans
00:26:05mais 20 ans
00:26:06et 20 ans
00:26:07parce que c'est son conjoint
00:26:07exactement
00:26:08alors que si c'est un homicide volontaire
00:26:10c'est 30
00:26:10un meurtre
00:26:11si c'est un assassinat
00:26:13c'est perpétuité
00:26:14très bien
00:26:15alors
00:26:16pourquoi
00:26:16ce dossier
00:26:17nous fascine autant ?
00:26:18on va prendre
00:26:19je vous propose de prendre
00:26:20la direction des Etats-Unis
00:26:21on va poser la question
00:26:22à Henri Arnault
00:26:23notre correspondant
00:26:24parce que sur la côte ouest
00:26:25figurez-vous que les Américains
00:26:26se passionnent pour l'affaire Jubilat
00:26:27elle éclaire d'autres dossiers
00:26:28chez eux
00:26:29des meurtres longtemps
00:26:30non élucides
00:26:31écoutez
00:26:32oui aux USA
00:26:33aussi l'affaire Jubilat
00:26:35passionne
00:26:36les grandes chaînes de télévision
00:26:37comme CBS
00:26:38suivent ce dossier de près
00:26:40et pour cause
00:26:41une affaire presque miroir
00:26:43se joue ici
00:26:43en Californie
00:26:44l'individu s'appelle
00:26:45Larry Millett
00:26:46il est accusé
00:26:48d'avoir tué son épouse
00:26:49Maya
00:26:50disparue
00:26:51depuis 5 ans
00:26:52là aussi
00:26:53aucun corps
00:26:53n'a été retrouvé
00:26:54malgré des fouilles
00:26:56acharnées
00:26:56dans de nombreux
00:26:57canyons de Californie
00:26:58comme celui qui se trouve
00:26:59juste derrière moi
00:27:01le FBI
00:27:01et même le NCIS
00:27:03la police judiciaire
00:27:04de la marine américaine
00:27:06ont mené
00:27:06des fouilles
00:27:07désespérément
00:27:08pour retrouver
00:27:09le corps
00:27:10de cette femme
00:27:11sans aveu
00:27:11ni preuve directe
00:27:12la justice
00:27:13s'est appuyée
00:27:14sur un faisceau
00:27:15d'indices glaçants
00:27:16du poison
00:27:17retrouvé à leur domicile
00:27:18mais aussi
00:27:19l'individu
00:27:20qui a parcouru
00:27:20des centaines de kilomètres
00:27:22dans sa voiture
00:27:22au lendemain
00:27:23de la disparition
00:27:24aujourd'hui
00:27:25comme en France
00:27:26un espoir subsiste
00:27:28que Larry Millett
00:27:29à son tour
00:27:30finisse par craquer
00:27:32et révèle enfin
00:27:33où se trouve
00:27:34le corps de son épouse
00:27:35Alors de France
00:27:36aux Etats-Unis
00:27:37rapidement Johanna
00:27:37pourquoi ça nous fascine
00:27:38autant cette histoire ?
00:27:39On a une fascination
00:27:40naturelle
00:27:41pour le mal
00:27:42pour ce qui est interdit
00:27:43pour ce qu'on ne comprend pas
00:27:44et ça a été entretenu
00:27:46aussi par la littérature
00:27:48par les médias
00:27:49regardez
00:27:49on a longtemps parlé
00:27:51de la femme de Jubilard
00:27:52de Delphine Jubilard
00:27:53sans connaître vraiment
00:27:54son nom de famille
00:27:55on commence à la nommer
00:27:56maintenant Delphine
00:27:57au saguel
00:27:57comme si elle avait
00:27:58une identité
00:27:58seulement maintenant
00:27:59parce qu'on retrouve
00:28:00des éléments de son corps
00:28:01c'est quelque chose
00:28:02qui existe depuis toujours
00:28:04quand vous regardez
00:28:05des séries à la télé
00:28:06c'est sur les auteurs
00:28:09de féminicides
00:28:09les auteurs de crimes
00:28:10très rarement
00:28:11sur le profil des victimes
00:28:12cette tendance comme ça
00:28:14à ce qui touche
00:28:16à l'interdit en fait
00:28:17qui nous fascine
00:28:18parce qu'on n'a pas
00:28:19de réponse
00:28:19on n'a pas d'explication
00:28:20Alors Dominique
00:28:22Je vais vous poser
00:28:22une question à Johanna
00:28:24quand il va arriver
00:28:25devant la cour d'assises
00:28:26ça va plus être
00:28:27le même Cédric Jubilard
00:28:28c'est un homme neuf
00:28:30qui est passé aux aveux
00:28:31qui a rendu service
00:28:32à la justice
00:28:34qui a coopéré
00:28:37est-ce qu'on va le regarder
00:28:39différemment ?
00:28:40Mais pourquoi
00:28:40c'est plus le même ?
00:28:42Pourquoi c'est un homme
00:28:42qui est passé aux aveux ?
00:28:43Je vous pose la question
00:28:43Mais c'est le même
00:28:45il est dans la continuée
00:28:46de sa stratégie
00:28:46il a juste changé
00:28:47de stratégie
00:28:48comme au poker en fait
00:28:49il avait une façon
00:28:50de jouer
00:28:52jusqu'avant
00:28:53le féminicide
00:28:54de sa femme
00:28:55une façon de jouer
00:28:56pendant 5 ans
00:28:56derrière
00:28:58le mari qui pleure
00:28:59qui cherche sa femme
00:29:00qui n'a rien fait
00:29:01et là il change de stratégie
00:29:02c'est tout
00:29:02c'est toujours le même
00:29:03il n'y a pas de transformation
00:29:04de ce côté-là
00:29:05on est sur un continuum
00:29:06d'une personnalité
00:29:07perverse
00:29:07et manipulatrice
00:29:09l'information change
00:29:10le temps évolue
00:29:11il s'adapte
00:29:12mais lui ne change pas
00:29:12absolument pas
00:29:13alors avec nous en direct
00:29:14on va retrouver
00:29:14Maître Mourad Batik
00:29:15l'avocat d'une partie
00:29:16de la famille
00:29:17de Delphine Ossaguer
00:29:18justement on en parlait
00:29:19à l'instant
00:29:19bonjour
00:29:19merci d'être avec nous
00:29:20Maître
00:29:21vous entendez les échanges
00:29:22sur le plateau
00:29:23et notamment les propos
00:29:24de Johanna
00:29:25qui explique qu'il est le même
00:29:26il n'a pas changé
00:29:27simplement il change de stratégie
00:29:29vous partagez cette lecture ?
00:29:31Oui oui parfaitement
00:29:32je partage complètement
00:29:34la lecture
00:29:36qu'a fait Johanna
00:29:37c'est simplement
00:29:39une évolution
00:29:41de la stratégie
00:29:42et autre qu'une évolution
00:29:44de la stratégie
00:29:45en réalité
00:29:46ce que Cédric Jubilard
00:29:48fait depuis le départ
00:29:49c'est qu'il adapte
00:29:50sa stratégie
00:29:51à ce qui lui sied le mieux
00:29:53à ce qui est le mieux
00:29:54pour lui
00:29:55et uniquement pour lui
00:29:56c'est une énième
00:29:57mise en scène
00:29:58de sa propre personne
00:30:00qui n'a qu'une volonté
00:30:01qui n'a qu'une vocation
00:30:02c'est servir
00:30:03ses propres intérêts
00:30:04dès lors que Cédric Jubilard
00:30:06sert ses intérêts
00:30:07il fait évoluer sa stratégie
00:30:09et ça n'est que pour lui
00:30:11par lui
00:30:12et uniquement
00:30:13dans un objectif
00:30:14qui est le sien
00:30:15Dominique Criset
00:30:16en a parlé
00:30:16il veut évoluer
00:30:18et venir
00:30:19comme une espèce
00:30:19de Jubilard nouveau
00:30:20devant la cour d'assises
00:30:22en réalité
00:30:22il ne viendra
00:30:23devant la cour d'assises
00:30:24pas comme un Jubilard nouveau
00:30:26mais comme un Jubilard
00:30:27qui a évolué
00:30:28et dont personne n'est dupe
00:30:29les fiscales
00:30:30sont extrêmement grossières
00:30:31sur la façon
00:30:33dont il présente
00:30:33sa stratégie nouvelle
00:30:35qui n'a qu'une vocation
00:30:36c'est de diminuer la peine
00:30:38et ça
00:30:38personne n'en est dupe
00:30:39alors maître
00:30:40est-ce que
00:30:40vous pouvez imaginer
00:30:41vous
00:30:41il a été condamné
00:30:42à 30 ans
00:30:43est-ce que vous pouvez
00:30:44imaginer vous
00:30:44qu'il puisse
00:30:45
00:30:46lors d'un prochain
00:30:47procès aux assises
00:30:48être condamné à 25
00:30:51alors c'est évidemment
00:30:53l'objectif
00:30:54de la défense
00:30:55en expliquant
00:30:56que le procès
00:30:58a été dur
00:30:59que le procès
00:30:59l'a fait évoluer
00:31:00et que finalement
00:31:01s'il n'a pas pu dire
00:31:02toute chose là avant
00:31:04pendant un an
00:31:05deux ans
00:31:05trois ans
00:31:05quatre ans
00:31:06cinq ans
00:31:06c'est simplement
00:31:07parce qu'il était écrasé
00:31:08sous le poids des médias
00:31:10sous le poids
00:31:10des enquêteurs
00:31:12qui ne lui ont pas permis
00:31:13d'expliquer
00:31:14et d'exprimer
00:31:15sa vérité
00:31:16je rappelle
00:31:17une chose
00:31:18c'est que Cédric Jubilard
00:31:20pendant les six premiers mois
00:31:21et ça doit vous rappeler
00:31:22un procès
00:31:23ça doit vous rappeler
00:31:24une affaire
00:31:24ça vous rappelle
00:31:25le dossier d'Aval
00:31:25il est parti civil
00:31:27Cédric Jubilard
00:31:28pendant six mois
00:31:28est victime
00:31:29Cédric Jubilard
00:31:30pendant six mois
00:31:31n'a aucune pression
00:31:32on l'amène
00:31:34on le pousse
00:31:35à effectivement dire
00:31:36ce qu'il sait
00:31:37et pendant six mois
00:31:38il va pleurer
00:31:39il va participer
00:31:40du bout des doigts
00:31:41aux recherches
00:31:42il va expliquer
00:31:42que c'est un amant
00:31:43c'est probablement l'amant
00:31:44c'est probablement
00:31:45un départ en Syrie
00:31:46c'est probablement
00:31:47une conversion
00:31:48aux témoins de Jéhovah
00:31:49et donc pendant six mois
00:31:50il n'a aucune pression
00:31:51et il va quand même
00:31:53décider de s'enfermer
00:31:54de s'enfermer
00:31:55dans des mensonges indignes
00:31:57dans des mensonges ignobles
00:31:58dans des mensonges odieux
00:31:59pourquoi est-ce que je parle
00:32:00de mensonges indignes
00:32:02ignobles et odieux ?
00:32:03parce qu'aujourd'hui
00:32:04cinq ans et demi plus tard
00:32:05quasiment six ans plus tard
00:32:06qu'est-ce qu'on retrouve
00:32:07de Delphine
00:32:08de Fémur
00:32:09planquée
00:32:10dans un tas
00:32:11de fumier
00:32:12dans un tas de terreau
00:32:14et donc l'impossibilité
00:32:16définitive
00:32:16pour la famille
00:32:17aujourd'hui
00:32:18de pouvoir se recueillir
00:32:20sur une tombe
00:32:21digne de ce nom
00:32:22qu'est-ce qui manque
00:32:23selon vous
00:32:23dans ce dossier
00:32:26en forme de puzzle
00:32:26si je puis dire
00:32:27parce que si à vous écouter
00:32:28tout a été calculé
00:32:30alors j'imagine
00:32:31que la douleur
00:32:31est immense
00:32:32pour les proches
00:32:33de Delphine Jubilard
00:32:34parce que de sépulture
00:32:35ils en ont besoin
00:32:36et on l'a souvent répété ici
00:32:38et il faut avoir
00:32:39une pensée pour eux
00:32:39mais qu'est-ce qui manque
00:32:40maintenant selon vous ?
00:32:43Il ne manque plus rien
00:32:44on n'a que des regrets
00:32:46des remords
00:32:46on ne peut que regarder
00:32:47dans le rétroviseur
00:32:49en se disant
00:32:49si les choses
00:32:51avaient été faites
00:32:51autrement
00:32:53et bien évidemment
00:32:53nous ne serions pas
00:32:55dans cette situation
00:32:56aujourd'hui
00:32:57et donc
00:32:58cette situation
00:32:59on a parlé
00:33:00de regrets
00:33:01et de remords
00:33:02nous ne sommes pas
00:33:03face à des regrets
00:33:04et des remords
00:33:04nous sommes face
00:33:05à une colère
00:33:06à une vraie colère
00:33:07de la famille
00:33:08à une vraie colère
00:33:08des partis civils
00:33:10que je représente
00:33:12pardon
00:33:12désolé
00:33:13les aléas du direct
00:33:13s'il te plaît
00:33:14merci
00:33:17les intérêts
00:33:18de la famille
00:33:18que vous représentez
00:33:19effectivement
00:33:20de la douleur
00:33:20de la colère
00:33:22on l'a entendu
00:33:23maître Batik
00:33:24Dominique
00:33:24vous avez une question ?
00:33:26Non
00:33:26non
00:33:26je n'ai pas
00:33:29de question
00:33:30moi j'imagine
00:33:31juste
00:33:32cette surprise
00:33:33si la condamnation
00:33:35passe de 30 à 25
00:33:36ou à moins même
00:33:38comment ça va réagir ?
00:33:39En fait
00:33:40nous ne souhaitons pas
00:33:42qu'il y ait
00:33:43une réduction
00:33:44parce que
00:33:45ça voudrait dire
00:33:46que depuis le début
00:33:47Cédric Jubilard
00:33:48impose son tempo
00:33:49depuis le début
00:33:50Cédric Jubilard
00:33:50est le maître des horloges
00:33:51j'ai d'ores et déjà
00:33:53utilisé cette expression
00:33:54et donc ça voudrait dire
00:33:55qu'à partir du moment
00:33:56où monsieur Jubilard
00:33:58décide de nous donner
00:33:59ce qu'il reste
00:34:00du corps de Delphine
00:34:01et bien il y aurait
00:34:02une forme de crédit
00:34:03à lui accorder
00:34:03non je suis désolé
00:34:05aujourd'hui
00:34:05trop c'est trop
00:34:06nous ne pouvons accepter ça
00:34:07Je vais vous choquer
00:34:08mais est-ce que la justice
00:34:10ne peut pas considérer
00:34:12qu'il a quelque part
00:34:14rendu
00:34:16je mets des guillemets
00:34:17partout
00:34:18rendu un service
00:34:19et que la justice
00:34:21doit dire
00:34:21voilà
00:34:21nous aussi
00:34:22on doit
00:34:24montrer l'exemple
00:34:25quelqu'un
00:34:26qui est capable
00:34:27de faire des aveux
00:34:29ça va peut-être aussi
00:34:29donner des idées
00:34:30à d'autres
00:34:30on va réduire sa peine
00:34:32parce qu'on considère
00:34:33qu'il a fait un pas en avant
00:34:35parce que la justice
00:34:36ne peut pas aussi fonctionner
00:34:37comme ça
00:34:38non mais j'aurais probablement
00:34:39vous savez
00:34:41cher Dominique
00:34:42la position
00:34:43qui est la mienne
00:34:43j'essaie d'être toujours
00:34:44dans une forme
00:34:45de justesse
00:34:46et dans une forme
00:34:47de mesure
00:34:47quand je prends
00:34:48la parole
00:34:50et j'aurais évidemment
00:34:51presque plaidé
00:34:52pour le cas
00:34:53de Cédric Jubilard
00:34:54s'il nous avait rendu
00:34:55le corps au bout
00:34:55de 6 mois
00:34:56au bout d'un an
00:34:56au bout d'un an et demi
00:34:57on connaît ces systèmes
00:34:58où on s'enfer
00:34:59où on se bloque
00:35:00dans un système
00:35:01de mensonge
00:35:02mais là
00:35:02vous voyez bien
00:35:03qu'il avait
00:35:04des possibilités
00:35:05multiples et infinies
00:35:06et qu'il ne les a pas saisies
00:35:08et que donc
00:35:08ne pas avoir saisi
00:35:10ces opportunités
00:35:11c'est quoi au final
00:35:11pour nous ?
00:35:12et bien c'est avoir
00:35:13deux fémurs
00:35:14qu'ils sont aujourd'hui
00:35:15déterrés
00:35:16d'un tas de fumiers
00:35:17et ça
00:35:18ça ne peut pas être
00:35:19porté à son crédit
00:35:20on ne peut pas porter
00:35:21à son crédit
00:35:21ce que l'on a trouvé
00:35:22aujourd'hui
00:35:23en disant
00:35:23bon bah
00:35:24on a trouvé
00:35:25deux fémurs
00:35:26pardon de parler aussi
00:35:27trivialement
00:35:28mais c'est ça
00:35:28la réalité de ce dossier
00:35:29c'est qu'on a trouvé
00:35:30deux tas de fémurs
00:35:31et pour ces deux fémurs
00:35:32dans un tas de fumiers
00:35:33et que donc
00:35:34pour cela
00:35:34on doit lui accorder
00:35:35un crédit
00:35:35des réductions de peine
00:35:37non je crois
00:35:37que ça n'est pas audible
00:35:38et que ça n'est pas convenable
00:35:39alors j'entends
00:35:40du côté de la défense
00:35:41on se gargarise
00:35:42en parlant de moments historiques
00:35:43en parlant de réconciliation
00:35:44en parlant de jubilards nouveaux
00:35:46nous ne nous inscrivons pas
00:35:47dans cette lecture
00:35:49face à cette lecture
00:35:50et évidemment
00:35:51c'est une lecture
00:35:51que nous repoussons
00:35:54très fortement
00:35:55et très formement
00:35:55j'ai parlé de colère
00:35:57du côté des partis civils
00:35:58c'est évidemment une colère
00:35:59qui ne se dissipera
00:36:01pas de si tôt
00:36:02j'ai entendu votre indignation
00:36:04maître
00:36:05maître
00:36:06Mourad Batik
00:36:07mais j'ai entendu aussi
00:36:08une autre expression
00:36:09que vous avez utilisée
00:36:10et qui m'interpelle moi
00:36:11si les choses
00:36:12avaient été mieux faites
00:36:13est-ce que vous pouvez
00:36:15préciser votre pensée
00:36:16et vers qui
00:36:17à qui pensez-vous précisément ?
00:36:20pas forcément
00:36:21cathédrique jubilard
00:36:23non mais les choses
00:36:24du côté des partis civils
00:36:26on n'aurait rien pu faire
00:36:27de plus
00:36:28du côté du procureur
00:36:29des magistrats instructeurs
00:36:31pour le coup
00:36:31il faut le dire
00:36:32ils ont été traînés
00:36:33dans la boue
00:36:33tout le long
00:36:34du dossier
00:36:35en expliquant
00:36:35que c'était à cause d'eux
00:36:36et que
00:36:37ils participaient
00:36:38et que je participais
00:36:39que nous participions
00:36:40à une énorme erreur judiciaire
00:36:42que le dossier était vide
00:36:43que c'est drôle jubilard
00:36:44pour rien
00:36:45et on nous a dit
00:36:46pendant 3, 4, 5 ans
00:36:48alors que je venais
00:36:48notamment sur votre plateau
00:36:50expliquer que le dossier
00:36:51n'était pas vide
00:36:51que je me trompais
00:36:52donc effectivement
00:36:53de ce côté-là
00:36:53nous ne pouvions
00:36:54rien faire de mieux
00:36:55rien faire de plus
00:36:56nous avons strictement
00:36:57rien fait d'autre
00:36:59que lire le dossier
00:36:59de dire ce qu'il y avait
00:37:01du dossier
00:37:01et d'essayer
00:37:02de faire en sorte
00:37:03que c'est drôle jubilard
00:37:03évolu
00:37:04et jusqu'au procès
00:37:05de première instance
00:37:06il a décidé
00:37:07de rester bloqué
00:37:09dans ses dénégations
00:37:10et donc aujourd'hui
00:37:12il devra en assumer
00:37:13la responsabilité
00:37:15et malheureusement
00:37:16malheureusement
00:37:17nous assumerons
00:37:18avec lui
00:37:19la responsabilité
00:37:20de ses choix
00:37:20puisqu'aujourd'hui
00:37:21je dois dire
00:37:22à mes clients
00:37:22qu'ils seront
00:37:23dans l'impossibilité définitive
00:37:25de se recueillir
00:37:26de pleurer
00:37:27et de parler à Delphine
00:37:28alors vous restez avec nous
00:37:29maître Patik-Jacques Fombone
00:37:31une remarque
00:37:31sur le risque aux assises
00:37:33c'est un jury populaire
00:37:35on n'est pas
00:37:36on n'est pas au droit
00:37:37on est davantage sur les faits
00:37:38on a tous autour
00:37:39de cette table
00:37:39des dizaines d'exemples
00:37:41où des gens
00:37:41ont été condamnés
00:37:42à perpétuité
00:37:43en première instance
00:37:44et où la cour d'assises
00:37:45d'appel
00:37:45les a acquittés
00:37:47sur les mêmes faits
00:37:48avec les mêmes témoins
00:37:49avec les mêmes éléments
00:37:50l'acquittement
00:37:51je pense quand même
00:37:52on peut l'éloigner
00:37:53non mais pour situer
00:37:54l'enjeu
00:37:54en termes de différence
00:37:56là qu'est-ce qui se passe
00:37:57il se réhumanise
00:37:59en quelque sorte
00:38:00c'est-à-dire
00:38:01qu'il quitte
00:38:02l'habit
00:38:03du monstre
00:38:04qui a tué
00:38:05la mère de ses enfants
00:38:06avec les enfants
00:38:08dans la pièce à côté
00:38:09et il devient
00:38:11un homme
00:38:11bafoué
00:38:12trompé par sa femme
00:38:14qui pourrait avoir
00:38:15une réaction
00:38:16alors ça reste un féminicide
00:38:17je le dis
00:38:18non
00:38:18Johanna Rosenblum
00:38:19fait non de la tête
00:38:20la réaction c'est
00:38:21voilà
00:38:21oui bien sûr
00:38:22mais ce que je veux dire
00:38:22c'est que du point de vue
00:38:24des jurés
00:38:24c'est-à-dire du point de vue
00:38:26des gens qui seront
00:38:27dans cette cour d'assises
00:38:28ça peut appeler quelque chose
00:38:31qui est un sentiment
00:38:32certes
00:38:33complètement inacceptable
00:38:34mais qui est un sentiment
00:38:35humain
00:38:36c'est-à-dire quelque chose
00:38:37que le commun des mortels
00:38:38et je prends toutes les précautions
00:38:40pour le dire évidemment
00:38:41que le commun des mortels
00:38:43pourrait ne pas accepter
00:38:45mais comprendre
00:38:46alors que personne ne comprend
00:38:47qu'on puisse tuer
00:38:48la mère de ses enfants
00:38:49avec ses enfants à côté
00:38:51c'est ça que je veux dire
00:38:52et à partir de là
00:38:53on peut plaider
00:38:54effectivement
00:38:55l'accident
00:38:56l'accident mortel
00:38:57ayant suivi
00:38:59des violences volontaires
00:38:59même si chacun sait
00:39:01que c'est le système
00:39:02de défense
00:39:02qui est toujours le même
00:39:03de la part des féminicides
00:39:05Johanna
00:39:06oui je comprends
00:39:08ce que dit Jacques
00:39:08et j'imagine
00:39:10assez facilement
00:39:11en fait que certaines personnes
00:39:12pourront avoir cette lecture
00:39:13de l'histoire
00:39:13parce que
00:39:14c'est ce qu'on a toujours
00:39:15dans les violences
00:39:15c'est ce qu'on a toujours
00:39:16dans les violences
00:39:16faites aux femmes
00:39:17aux enfants
00:39:17ah il a commis un inceste
00:39:19mais lui-même
00:39:19avait été victime
00:39:21de violences sexuelles
00:39:21dans l'enfance
00:39:21ah mais il est violent
00:39:22à l'égard de sa femme
00:39:23et son enfant
00:39:24mais bon il a été placé
00:39:24dans un foyer
00:39:25quand il était petit
00:39:26donc on a tout le temps
00:39:27cette capacité
00:39:27à rationaliser
00:39:28minimiser
00:39:28mais là franchement
00:39:30là franchement
00:39:31ça dit juste
00:39:32quelque chose
00:39:32de l'horreur
00:39:33de la violence
00:39:34et de la prédation
00:39:35de cet homme là
00:39:36en fait pour moi
00:39:37il n'y a rien
00:39:38de réhumanisant
00:39:39c'est encore plus humiliant
00:39:41encore plus atroce
00:39:42et macabre
00:39:43que ce qu'on aurait pu
00:39:44même imaginer au départ
00:39:45je trouve
00:39:45oui moi je me permets
00:39:47de vous intervenir
00:39:48on prend en charge
00:39:49effectivement
00:39:49notre grosse activité
00:39:50aussi en tant que médecin légiste
00:39:51c'est aussi
00:39:52les vivants en fait
00:39:53et entre autres
00:39:54les femmes victimes
00:39:55de violences conjugales
00:39:56et les violences
00:39:58sur les enfants
00:39:59moi la lecture que j'ai
00:40:01effectivement
00:40:01de ce dossier
00:40:02c'est qu'on n'a
00:40:03que la démonstration
00:40:05de la violence
00:40:06qu'a pu subir
00:40:08cette femme
00:40:09tout au long
00:40:09de sa vie
00:40:10avec cet homme
00:40:11en fait
00:40:11et ce petit garçon
00:40:13souvenez-vous
00:40:14s'il l'avait dit
00:40:14avec cette position
00:40:17extrêmement courageuse
00:40:17parce que ces enfants
00:40:18on dit toujours
00:40:19quand on les prend en charge
00:40:20souvent les femmes
00:40:21nous disent
00:40:21non mais les enfants
00:40:22ils n'ont pas vu
00:40:23ou pas entendu
00:40:23les enfants
00:40:24ils entendent toujours
00:40:25et ils voient toujours
00:40:26ce qui se passe dans la maison
00:40:27et quand on voit
00:40:28les images même
00:40:29de la maison
00:40:29c'est un peu chaotique
00:40:31en fait
00:40:31ce qui se passait dedans
00:40:32mais en fait
00:40:32c'était la traduction
00:40:33du quotidien
00:40:34de ces enfants
00:40:35et de cette femme
00:40:36et le fait
00:40:37d'aller mettre ce corps
00:40:38pour moi en fait
00:40:40ce nid de fumier
00:40:41en quelque sorte
00:40:42ce n'est que pour moi
00:40:44un facteur aggravant
00:40:45parce qu'en fait
00:40:46c'est vraiment
00:40:47montrer
00:40:48jusqu'au dernier moment
00:40:49il lui a pris sa vie
00:40:50il lui a pris son corps
00:40:52il lui a pris sa façon
00:40:53de penser
00:40:53et là
00:40:54il va lui prendre
00:40:55même en fait
00:40:56le droit
00:40:57de partir
00:40:58en fait
00:40:59dignement
00:40:59elle n'est plus
00:41:00à la surface de la terre
00:41:01il l'a supprimé
00:41:02de la surface de la terre
00:41:03mais vous savez
00:41:03pour moi
00:41:04la vraie info
00:41:05ce n'est pas
00:41:05qu'on arrive
00:41:06à découvrir
00:41:06chez cet homme
00:41:07une once d'humanité
00:41:08vous savez
00:41:09en France
00:41:09on est très fort
00:41:10pour compter les mortes
00:41:11ah les mortes
00:41:12de féminicides
00:41:12on les compte
00:41:13il suffit d'aller
00:41:13sur les sites d'association
00:41:14mais repérer
00:41:15les hommes dangereux
00:41:17les prédateurs
00:41:18on ne sait pas faire
00:41:19vous prenez l'exemple
00:41:20dans l'IANA
00:41:20il faut arriver
00:41:21jusqu'au bout
00:41:22du bout du bout
00:41:22pour se dire
00:41:23ah mais oui lui
00:41:24il y avait des signaux
00:41:25mais bon sang
00:41:26on est sur un continuum
00:41:27quand il s'agit de violences
00:41:28on part des petits délits
00:41:30de la manipulation
00:41:31des violences psychologiques
00:41:34au coup
00:41:35et au coup
00:41:35on commence à
00:41:37à créer un climat
00:41:38anxiogène
00:41:39et violent dans la maison
00:41:40et on brutalise les enfants
00:41:41et on menace
00:41:42et on tue
00:41:43on est sur un continuum
00:41:44pour des années
00:41:45justement
00:41:45on voudrait vous en parler
00:41:46des enfants
00:41:46on voudrait vous en parler
00:41:47hier
00:41:48c'est dans l'air
00:41:49l'émission d'Auralie Cass
00:41:51sur France 5
00:41:52il y avait une consoeur journaliste
00:41:54Nathalie Pérez
00:41:55qui travaille à France Télé
00:41:56et qui a raconté une anecdote
00:41:58et je voudrais que vous nous disiez
00:41:59enfin on voudrait que vous nous disiez
00:42:00ce que vous en pensez
00:42:01il nous a raconté
00:42:02que le petit garçon
00:42:03Louis
00:42:03qui a aujourd'hui 11 ans
00:42:04et bien au mois de juin
00:42:06c'est elle
00:42:06qui raconte ça
00:42:07parce qu'elle est en contact
00:42:08avec la famille
00:42:09qui élève maintenant
00:42:11les deux enfants
00:42:12et bien au mois de juin
00:42:13il a fugué
00:42:15il a fugué
00:42:15Louis a fugué de l'école
00:42:16avec une copine
00:42:18de son âge
00:42:19laquelle copine
00:42:20lui a raconté
00:42:21que son papa était violent
00:42:22qu'il la battait
00:42:23et Louis
00:42:24a emmené cette petite fille
00:42:26parce que lui-même
00:42:27qui était victime
00:42:27a emmené cette petite fille
00:42:29il a fugué avec elle
00:42:30pour les retrouver
00:42:31qu'est-ce que vous pensez de ça ?
00:42:32Oui il a reçu le récit
00:42:34de cette camarade d'école
00:42:35et il a fugué avec elle
00:42:36pour la protéger
00:42:37de son père violent
00:42:38ça dit deux choses
00:42:40c'est-à-dire qu'on est
00:42:41non seulement
00:42:44dans une prise en charge
00:42:45d'enfants endeuillés
00:42:46qui vont commencer
00:42:47un vrai deuil
00:42:48parce que jusqu'à présent
00:42:49on était dans ce qu'on appelle
00:42:50en psychologie
00:42:50un deuil ambigu
00:42:51c'est-à-dire on va te dire
00:42:52oui ta maman est morte
00:42:53mais bon en vérité
00:42:54il n'y a pas de corps
00:42:55il n'y a pas de sépulture
00:42:56donc est-ce que maman
00:42:57elle n'a pas préféré partir
00:42:58pour s'occuper d'autres enfants ?
00:42:59Est-ce que maman finalement
00:43:00elle ne préfère pas
00:43:01une autre famille ?
00:43:02Est-ce qu'elle n'est pas cachée
00:43:02quelque part ?
00:43:02Est-ce qu'elle ne va pas
00:43:03décider de revenir ?
00:43:04Donc c'est des deuils impossibles
00:43:05donc il y a un travail psychologique
00:43:06à faire sur le deuil
00:43:07mais il y a un travail à faire
00:43:08sur le psychotrauma
00:43:09et l'anecdote
00:43:10le récit que fait Dominique
00:43:11illustre vraiment ça
00:43:13c'est des enfants
00:43:13qui sont polytraumatisés
00:43:15il ne faut pas croire
00:43:15qu'ils n'ont rien vu
00:43:16comme le dit Karine
00:43:17ils ont tout vu
00:43:18tout perçu
00:43:19tout senti
00:43:20de la souffrance de leur mère
00:43:22et de la violence de leur père
00:43:23donc c'est une prise en charge
00:43:25qui est extrêmement complexe
00:43:26qui va continuer à croître
00:43:28parce qu'eux ils grandissent
00:43:29ils lisent
00:43:30ils ont accès aux réseaux sociaux
00:43:31à la presse
00:43:32c'est facile d'aller sur internet
00:43:34et de faire des recherches
00:43:35donc c'est une prise en charge
00:43:36extrêmement complexe
00:43:37et très sérieuse
00:43:39comme des centaines de milliers
00:43:41d'enfants en France
00:43:43qu'on n'entend pas
00:43:43qui parlent et qu'on n'entend pas
00:43:45Mourad Batik
00:43:46vous voulez intervenir
00:43:47vous partagez cette lecture
00:43:48sur le plateau ?
00:43:53Vous m'entendez ?
00:43:55Mourad Batik
00:43:57Oui
00:43:58Oui je vous entends
00:43:59je ne sais pas si vous me recevez
00:44:02Je partage complètement cette lecture
00:44:04Johanna a parfaitement raison de le dire
00:44:06peut-être qu'au bout
00:44:08de l'imaginaire
00:44:10de certains de mes clients
00:44:11ils imaginaient peut-être
00:44:12qu'un jour on la retrouverait
00:44:14puisqu'il n'y avait pas de corps
00:44:15donc peut-être que ces thèses
00:44:17de départ en Syrie
00:44:18de témoin de Jéhovah
00:44:19de départ volontaire
00:44:21d'un amant
00:44:21qui aurait eu raison d'elle
00:44:24et bien peut-être que tout ça conduisait
00:44:26dans certains rêves
00:44:27à ce qu'on puisse
00:44:28la retrouver un jour
00:44:29aujourd'hui c'est très dur
00:44:31parce qu'on sait
00:44:32de manière définitive
00:44:33qu'on ne la retrouvera pas
00:44:34et on ne retrouvera
00:44:35même pas son corps
00:44:36je le dis depuis plusieurs jours
00:44:38en droit de la guerre
00:44:39quand vous faites la guerre
00:44:41à un ennemi
00:44:42c'est régi par le droit de la guerre
00:44:43vous devez rendre
00:44:44le corps
00:44:45de l'ennemi
00:44:46décédé
00:44:47et Cédric
00:44:48a été plus loin
00:44:49qu'une guerre
00:44:50il a confisqué
00:44:51définitivement
00:44:52le corps de Delphine
00:44:53qu'on ne retrouvera
00:44:54vraisemblablement
00:44:54jamais
00:44:55et c'est terrible
00:44:56pour l'annihiler en fait
00:44:57c'est ce qu'on ne comprend
00:44:58pour l'effacer
00:45:00est-ce que c'est ça
00:45:01cette stratégie ?
00:45:02il l'a dit
00:45:04à plusieurs reprises
00:45:05si Delphine
00:45:06ne m'appartient pas
00:45:07elle n'appartiendra
00:45:08à personne
00:45:09et force est de constater
00:45:10qu'elle n'appartiendra
00:45:11à personne
00:45:11ni de son vivant
00:45:13ni même de sa mort
00:45:15écoutez
00:45:15à quel point
00:45:16c'est grave
00:45:17à quel point
00:45:17c'est dur
00:45:18elle n'appartiendra
00:45:19à personne d'autre
00:45:20qu'à lui
00:45:21ni de son vivant
00:45:22ni de sa mort
00:45:24il l'a tué deux fois
00:45:27il l'a tué deux fois
00:45:28il l'a tué deux fois
00:45:30une fois de la vie
00:45:31à la mort
00:45:31et une deuxième fois
00:45:32de la mort
00:45:33au néant
00:45:34à l'inexistence
00:45:35est-ce que vous pensez
00:45:36dans ces conditions
00:45:37maître Batik
00:45:38qu'une reconstitution
00:45:39est certes nécessaire
00:45:41mais à tout ce qu'on se dit
00:45:42sur le plateau
00:45:43est-ce que
00:45:45Cédric Jubilard
00:45:45il sera en capacité
00:45:47d'expliquer
00:45:49de refaire les gestes
00:45:50depuis cette maison
00:45:51qu'on voit
00:45:52d'ailleurs
00:45:53sur notre écran
00:45:55la scène de crime
00:45:56cette maison
00:45:57emmurée
00:45:57en chantier
00:45:59où il n'y a rien
00:46:00qui est droit
00:46:00si je puis dire
00:46:01jusqu'à
00:46:02ce champ
00:46:03et ce monticule
00:46:05qui aujourd'hui
00:46:05n'existe plus
00:46:06est-ce qu'il
00:46:06peut-être en capacité
00:46:08de le faire
00:46:08et surtout
00:46:09qu'est-ce qu'on peut
00:46:10attendre de cet acte
00:46:11d'enquête
00:46:13Moi je n'attends
00:46:13rien de Cédric Jubilard
00:46:15je pars du principe
00:46:15et du postulat
00:46:16que tout ce qu'il va dire
00:46:17sera faux
00:46:18ou ne sera dit
00:46:20que pour servir
00:46:21ses propres intérêts
00:46:22donc ce que va nous dire
00:46:23Cédric Jubilard
00:46:24maintenant que l'on n'a pas
00:46:25de corps
00:46:25maintenant que l'on n'a pas
00:46:26de scène de crime
00:46:27maintenant que l'on n'a rien
00:46:28qui nous permettra
00:46:29de corroborer
00:46:34ces faits
00:46:35et ça
00:46:38il va nous dire
00:46:39Ok, on a un petit problème
00:46:40de liaison avec Maître Bati
00:46:41qu'on vous retrouve
00:46:42dans quelques instants
00:46:43Je complète
00:46:44Alors deux choses
00:46:45T'en plus du procédural
00:46:48Nul n'a l'obligation
00:46:49de s'auto-incriminer
00:46:50ce qui veut dire
00:46:51qu'il peut être extrait
00:46:52de sa prison
00:46:53arriver dans le camion
00:46:55de la gendarmerie
00:46:55et dire finalement
00:46:56je ne descends pas
00:46:57parce que je vais reproduire
00:46:58des actes
00:46:59qui m'accusent
00:47:00et je ne veux pas le faire
00:47:01et puis ensuite
00:47:02l'intérêt d'une reconstitution
00:47:04c'est toujours
00:47:04une reconstitution
00:47:05de détails
00:47:06c'est-à-dire qu'on sait
00:47:07ce qui s'est passé
00:47:08mais on va vérifier
00:47:09un exemple trivial
00:47:11que l'auteur dit
00:47:13qu'il a tiré
00:47:13sur cette victime
00:47:14et en fait
00:47:14on s'aperçoit
00:47:15qu'il y a un meuble
00:47:15qu'il y a un objet
00:47:16qui fait qu'il ne nous dit
00:47:17pas la vérité
00:47:17là on ne sait absolument rien
00:47:19donc un
00:47:20il est tout à fait en droit
00:47:22de ne pas y participer
00:47:23et ensuite
00:47:24il pourra
00:47:25sur les faits
00:47:26sur la scène de crime
00:47:27et jusqu'au moment
00:47:28du dépôt du corps
00:47:30raconter
00:47:30comme le dit Maître Bati
00:47:31c'est pour ça
00:47:31que je voulais compléter
00:47:32ce qu'il veut
00:47:33et ce sera de toute façon
00:47:35invérifiable
00:47:35et ce qu'on dit
00:47:36depuis une heure
00:47:36c'est qu'effectivement
00:47:38il ne va pas y aller
00:47:39sans y avoir réfléchi
00:47:40il va y aller
00:47:40en proposant aux enquêteurs
00:47:42il irait en proposant
00:47:43aux enquêteurs
00:47:46la version minimum
00:47:47des faits
00:47:48qui sera encore une fois
00:47:49c'est pour lui
00:47:50Docteur
00:47:50quand on a un corps
00:47:52une expertise
00:47:53réalisée par le légiste
00:47:55et bien
00:47:55on peut la confronter
00:47:57on peut l'opposer
00:47:58à la version
00:47:59de celui qui participe
00:48:00à la reconstitution
00:48:01et là on n'a pas de corps
00:48:02c'est le principe
00:48:02de la reconstitution
00:48:03d'ailleurs
00:48:04puisqu'on participe
00:48:05nous aussi
00:48:05en tant que médecin légiste
00:48:06aux opérations
00:48:07de reconstitution
00:48:09et donc
00:48:10on va pouvoir
00:48:12confronter
00:48:12notre version
00:48:13c'est-à-dire nous
00:48:14ce qu'on a pu
00:48:14trouver sur le corps
00:48:15parce que nous
00:48:17tout ce qu'on dit
00:48:18c'est ce qu'on constate
00:48:19c'est ce qu'on voit
00:48:20et ce que je veux dire
00:48:22c'est qu'il ne peut pas
00:48:23avoir de choses
00:48:24imaginées
00:48:25d'interprétation
00:48:26des choses
00:48:26on a telle lésion
00:48:27on a telle cause
00:48:29du décès
00:48:29on a telle personne
00:48:31on a telle arme
00:48:32a priori
00:48:33qui a été utilisée
00:48:33voilà
00:48:34on va pouvoir dire
00:48:34mais c'est concret
00:48:35et on va pouvoir
00:48:36confronter
00:48:37lors de la reconstitution
00:48:38effectivement
00:48:38à ce que dit
00:48:40l'auteur des faits
00:48:41ou le supposé
00:48:42auteur des faits
00:48:42puisqu'à ce stade
00:48:43il est supposé auteur
00:48:44cependant
00:48:45là on n'a pas de corps
00:48:46parce que
00:48:47deux faits murs
00:48:48comme on dit
00:48:49ça ne nous permettra
00:48:50de répondre
00:48:51à aucune question
00:48:53sur les causes
00:48:54du décès
00:48:55ça c'est certain
00:48:56donc effectivement
00:48:57il n'y aura que sa version
00:48:59confrontée
00:48:59aux données de l'enquête
00:49:01mais les données de l'enquête
00:49:02après
00:49:02sur ce point là
00:49:03il n'y en a pas
00:49:04voilà exactement
00:49:05sur le point du transport
00:49:06entre le lieu
00:49:08où se passeraient les faits
00:49:09et le lieu de découverte
00:49:10de ces deux faits murs
00:49:11parce qu'après
00:49:12on ne trouve que deux faits murs
00:49:13on a compris
00:49:14pourquoi effectivement
00:49:16on peut se dire
00:49:16il y a l'épandage
00:49:17il y a le fumier
00:49:18il y a cette décomposition
00:49:19et tout ça
00:49:21il y a aussi
00:49:21a priori
00:49:22d'autres petits ossements
00:49:23on ne sait pas
00:49:23ce qu'ils auraient été retrouvés
00:49:25avec le fémur
00:49:25mais on peut se poser aussi
00:49:27beaucoup de questions
00:49:28est-ce que c'est la totalité
00:49:29du corps aussi
00:49:29qui a été déposée
00:49:31sous ce tas de fumier
00:49:32parce qu'on n'a fait
00:49:32que des parties
00:49:33qui sont non identifiantes
00:49:34par rapport à des faits criminels
00:49:36on avait une autre question
00:49:37aussi là-dessus
00:49:38est-ce que la reconstitution
00:49:40elle pourrait permettre
00:49:41s'il y faisait une gaffe
00:49:44de prouver
00:49:45qu'il a prémédité son geste
00:49:47une gaffe vous dites
00:49:48une gaffe
00:49:49s'il faisait une gaffe
00:49:49au moment de la reconstitution
00:49:51tout est toujours possible
00:49:52mais je me fais
00:49:54j'allais dire l'avocat du diable
00:49:55mais l'avocat de Jubilard
00:49:57en disant
00:49:57attendez
00:49:58il a eu une confusion de parole
00:49:59il a tourné à gauche
00:50:00au lieu de tourner à droite
00:50:01il a dit que la voiture
00:50:03était dans l'autre sens
00:50:05il a expliqué des éléments
00:50:06qui militeraient
00:50:08en faveur de son innocence
00:50:10mais monsieur Rizet
00:50:11on est dans une situation
00:50:12extrêmement anxiogène
00:50:14il y a un juge d'instruction
00:50:15il y a un médecin légiste
00:50:16il y a le procureur de la république
00:50:17il a un gilet pare-balles
00:50:18il a les gendarmes
00:50:19de chaque côté
00:50:20c'est une situation
00:50:21extrêmement anxiogène
00:50:24monsieur Rizet
00:50:25vous êtes accusé
00:50:26d'un meurtre
00:50:26vous êtes accusé
00:50:27d'une infraction
00:50:28qui va bouleverser
00:50:29le reste de votre vie
00:50:30est-ce que dans cette situation
00:50:32vous n'auriez pas
00:50:33vous aussi
00:50:34commis cette erreur bénigne
00:50:35qu'on va maintenant
00:50:36reprocher à mon client
00:50:39évidemment
00:50:39qu'on aura encore une fois
00:50:41le doute
00:50:41mais c'est ce que disait
00:50:42François tout à l'heure
00:50:43on arrive devant la cour d'assises
00:50:45c'est ce que je voulais dire
00:50:46avec la perception
00:50:47qu'il veut donner
00:50:48de sa psychologie
00:50:49au moment des faits
00:50:50on arrive devant une cour d'assises
00:50:51devant des citoyens
00:50:52et c'est ça
00:50:53je dirais la réalité
00:50:54de la justice
00:50:55de la république
00:50:56de la justice du peuple
00:50:57c'est à dire que c'est
00:50:59vous savez
00:50:59c'est l'article 253
00:51:01du code de procédure
00:51:01l'impression qu'on fait
00:51:03sur les jurés
00:51:04les éléments de l'accusation
00:51:06et les moyens
00:51:06qu'il a rapportés
00:51:07pour sa défense
00:51:08et ça n'est que ça
00:51:14le procès le 21 septembre
00:51:16il paraît intenable
00:51:17Dominique à cette date là
00:51:18vu au regard
00:51:20de tout ce qu'il faut faire
00:51:21notamment cette reconstitution
00:51:23en temps réel
00:51:24enfin dans les mêmes conditions
00:51:26en décembre peut-être
00:51:27c'est ce qu'on peut imaginer
00:51:28ça ce serait l'idéal
00:51:30la reconstitution de l'affaire
00:51:32dans la nuit du 15 au 16 décembre
00:51:34dans les mêmes conditions
00:51:35à la même heure
00:51:36la ville sera vide
00:51:39à 23h
00:51:40je crois que c'est 23h
00:51:40que les voisines entendent
00:51:4123h
00:51:42c'est le 7h
00:51:42entendent des cris
00:51:44dans la reconstitution
00:51:45on fera aussi
00:51:47les voisines seront là
00:51:48et
00:51:49tout le monde sera là
00:51:50et quelqu'un
00:51:50quelqu'un va
00:51:51va mimer
00:51:53va mimer
00:51:54enfin
00:51:54va prendre la place
00:51:55de Delphine Jubilard
00:51:56ce sera sans doute
00:51:57une femme gendarme
00:51:58et donc c'est un cri
00:51:59on verra
00:52:00on entendra
00:52:00mais là il y a une scène
00:52:02qui est susceptible
00:52:02d'être dynamique
00:52:03dans la maison
00:52:04donc ça sera forcément
00:52:06quelqu'un
00:52:06alors ça c'est la scène de crime
00:52:07donc reconstitution
00:52:08sur place
00:52:09mais alors ça
00:52:10ce qui est intéressant aussi
00:52:11c'est après
00:52:12le trajet en voiture
00:52:13qu'il a parcouru
00:52:14c'est 10-15 km
00:52:16lumière éteinte
00:52:16puisque la voiture
00:52:17de sa femme
00:52:18est un vieux modèle
00:52:18on peut rouler
00:52:19sans l'éveilleuse
00:52:20et sans rien
00:52:21donc aller jusque là-bas
00:52:23et puis
00:52:23est-ce qu'on peut imaginer
00:52:24donc ça
00:52:25et que sur place
00:52:26on lui dise
00:52:27voilà monsieur
00:52:27maintenant
00:52:28grattez
00:52:29grattez
00:52:30dans le terreau
00:52:31et montrez-nous
00:52:32comment vous avez
00:52:33attendez bougez pas
00:52:34parce qu'il y a un maître
00:52:34pas maître
00:52:35François Daouz
00:52:36personne ne bouge
00:52:37non François Daouz
00:52:38qui est à distance
00:52:38et qui veut intervenir
00:52:39parce que comme il nous entend
00:52:41évidemment il veut participer
00:52:43merci Pauline
00:52:44il y a un peu là pour ça
00:52:46exactement
00:52:47il y a
00:52:48vous parliez tout à l'heure
00:52:49d'éléments d'enquête
00:52:50par rapport aux gestes
00:52:52qu'il avait pu faire
00:52:52ou ne pas faire
00:52:53et qu'il n'y avait pas grand chose
00:52:54il n'empêche que
00:52:56il y a deux témoignages
00:52:59dont notamment sa compagne
00:53:00pendant qu'il était en détention
00:53:02qui donne énormément
00:53:04qui a donné tous les éléments
00:53:05où était le corps
00:53:07comment il était
00:53:07et surtout
00:53:08comment il l'avait tué
00:53:10alors attendez attendez
00:53:11attendez c'est moi qui vais vous couper
00:53:12on va l'écouter
00:53:13parce qu'on parle de Jennifer
00:53:14l'ex-compagne effectivement
00:53:17de Cédric Jubilard
00:53:18qui avait accordé une interview
00:53:19il y a quelques mois
00:53:20à Maxime Branchetter
00:53:22et qui effectivement
00:53:23revient sur ce point précis
00:53:24on l'écoute
00:53:24et on en parle avec vous après
00:53:27il m'explique
00:53:28qu'il passe à l'acte
00:53:29en me disant
00:53:30qu'il a étranglé
00:53:31parce que le lendemain
00:53:32c'est un jour
00:53:33de reconfinement
00:53:34et en fait
00:53:36il me dit
00:53:37que c'est le soir parfait
00:53:38et
00:53:40moi il m'a dit
00:53:41qu'ils ne se sont pas disputés
00:53:43qu'en fait
00:53:44elle allait vers le canapé
00:53:45et qu'il a étranglé
00:53:47et qu'elle n'a pas pu
00:53:49pousser de cris
00:53:50en fait
00:53:51je ne sais pas
00:53:52comment ça se fait
00:53:53mais en fait
00:53:53du coup
00:53:54elle avait
00:53:55la couette
00:53:56la housse de couette
00:53:59sous elle
00:54:00après
00:54:00et qu'il ne savait pas
00:54:02mais en l'étranglant
00:54:03elle a fait ses besoins
00:54:04sur la couette
00:54:05et la housse de couette
00:54:06François Daoust
00:54:08Oui
00:54:09donc
00:54:09on a
00:54:10une description
00:54:11d'un geste
00:54:13d'un geste
00:54:13d'étranglement
00:54:14un geste d'étranglement
00:54:16et Mme Dabadi
00:54:17me le dira
00:54:18certainement mieux que moi
00:54:19que ce soit par étouffement
00:54:21ou par strangulation
00:54:23c'est entre 2 et 4 minutes
00:54:25avant que l'on décède
00:54:28à partir de ce moment là
00:54:30on a tout le temps
00:54:31de réfléchir à son geste
00:54:32donc
00:54:33ça c'est pour
00:54:34l'histoire
00:54:36il a dégoupillé
00:54:37non
00:54:37il a
00:54:38au fur et à mesure
00:54:39il a bien réfléchi
00:54:40mais cette version
00:54:42j'ai peur
00:54:43ou je pense
00:54:45qu'il va la contester
00:54:46en disant
00:54:46mais non
00:54:47je vais raconter ça
00:54:48comme ça
00:54:48ce n'est pas le cas
00:54:49c'est un coup
00:54:51violent
00:54:51et elle est tombée
00:54:53et
00:54:54elle était morte
00:54:55donc pour accréditer
00:54:58le fait que ça a été
00:54:59une réaction
00:55:00et non pas
00:55:01une action
00:55:03et
00:55:03de l'or
00:55:04à partir de là
00:55:06on voit très bien
00:55:07toute la stratégie
00:55:08de la défense
00:55:08et elle est d'autant plus
00:55:09facilitée
00:55:10comme disait
00:55:11tout à l'heure
00:55:13notre docteur
00:55:14sur le plateau
00:55:14c'est qu'il n'y a pas
00:55:16les parties essentielles
00:55:18du corps
00:55:18qui permettrait
00:55:19de confirmer
00:55:20ou un étouffement
00:55:22ou une strangulation
00:55:23etc
00:55:23et on n'aura
00:55:24que sa version
00:55:25à lui
00:55:26qui va
00:55:27s'adapter
00:55:28au fur et à mesure
00:55:29des expertises
00:55:30présentes
00:55:31des éléments indiciels
00:55:32qui existent
00:55:33ou qui n'existent pas
00:55:34comme avait fait
00:55:35Nordal Lelandé
00:55:36qui n'a parlé
00:55:38et n'a dit
00:55:40que quelques éléments
00:55:40chaque fois
00:55:42qu'il était confronté
00:55:44à un élément indiciel
00:55:45qui ne pouvait pas contester
00:55:46donc on voit bien
00:55:48que ça reste
00:55:49dans sa stratégie
00:55:50dans sa façon d'être
00:55:51et je ne serais pas étonné
00:55:54si les fameuses lunettes
00:55:56que tous les avocats
00:55:57nous ont dit
00:55:58mais c'est n'importe quoi
00:56:00rencontre les experts
00:56:02c'est pas un coup
00:56:03elles sont tombées
00:56:04etc
00:56:04ne reviennent pas
00:56:06sur le devant
00:56:07de la scène
00:56:07en disant
00:56:08vous voyez bien
00:56:08qu'il y a eu un coup
00:56:09vous voyez bien
00:56:10qu'elle a dû
00:56:11à cause de ça
00:56:13tomber
00:56:13chuter
00:56:15et c'est
00:56:16en se cognant par terre
00:56:17qu'elle est morte
00:56:18on sent bien
00:56:19qu'il y a là
00:56:20tous les ingrédients
00:56:21pour avoir
00:56:22une nouvelle version
00:56:23et que cette version
00:56:24et bien
00:56:25elle est là
00:56:26pour être
00:56:27cousée blessure volontaire
00:56:28et entraîner la mort
00:56:29sans intention
00:56:30de la donner
00:56:31Merci François Daoust
00:56:32Karine Lavalli
00:56:34cette fameuse notion
00:56:35d'étranglement
00:56:36et Jennifer
00:56:37l'ancienne compagne
00:56:38de Cédric Jubilard
00:56:39a même expliqué
00:56:40que lors d'un parloir
00:56:41il lui avait mimé
00:56:43le geste
00:56:43qu'est-ce que ça donne
00:56:44sur le plan légiste
00:56:46si je puis dire
00:56:47il n'y a pas
00:56:47de sang
00:56:48il n'y a pas de trace
00:56:50et on ne peut le détecter
00:56:52qu'à l'aune
00:56:53de petits ossements
00:56:54dont on a suffisamment parlé
00:56:56mais dont on n'est pas
00:56:57en possession aujourd'hui
00:56:58Alors si on avait
00:56:59eu le corps tout de suite
00:57:00il y a effectivement
00:57:01cette fracture
00:57:02de l'osioïde
00:57:03qu'on peut rechercher
00:57:04dans le cadre
00:57:05d'étranglement
00:57:05pas d'étouffement
00:57:06mais il y a d'autres choses
00:57:08effectivement
00:57:08il y a ce qu'on appelle
00:57:09un syndrome asphyxique
00:57:11que l'on retrouve
00:57:12une cyanose
00:57:13au niveau de la face
00:57:14des extrémités
00:57:15des lèvres
00:57:15une congestion
00:57:17de l'ensemble
00:57:17des organes
00:57:18c'est-à-dire que tous les organes
00:57:19vont gonfler
00:57:20vont devenir
00:57:21remplir
00:57:21c'est le syndrome asphyxique
00:57:22c'est ce qu'on appelle
00:57:23la congestion polyviscérale
00:57:24il y a aussi
00:57:25des infiltrations hémorragiques
00:57:27qu'on peut retrouver
00:57:27au niveau par exemple
00:57:29quand il y a des manœuvres
00:57:29d'étouffement
00:57:30autour de la bouche
00:57:32ça ne se voit pas
00:57:32comme ça à l'œil nu
00:57:33mais si on récline
00:57:34les plans
00:57:34on peut le retrouver
00:57:35donc il y a différents éléments
00:57:36si on avait eu le corps
00:57:38tout de suite
00:57:39on aurait pu répondre
00:57:40à cette question
00:57:40ça c'est certain
00:57:41et il faut savoir
00:57:43qu'effectivement
00:57:43dans ce type de manœuvre
00:57:44la perte de connaissance
00:57:45quand il y a une strangulation
00:57:47ou une manœuvre d'étouffement
00:57:48elle se vient
00:57:49dans les 20 à 30 secondes
00:57:50et effectivement
00:57:51dans les 2 à 4-5 minutes
00:57:53le décès survient
00:57:54donc il a le temps
00:57:56de réagir
00:57:56c'est-à-dire qu'elle va
00:57:57perdre connaissance
00:57:58là elle ne bouge plus
00:57:59et il continue
00:58:00voilà jusqu'au décès
00:58:01donc mais en tout cas
00:58:03si on avait eu le corps
00:58:04tout de suite
00:58:04on aurait pu répondre
00:58:05à cette question
00:58:06ce qui n'est pas le cas
00:58:07ce qui n'est pas le cas
00:58:07sur la déclaration de Jennifer
00:58:09il y a quelque chose
00:58:09qui peut être intéressant
00:58:11du point de vue
00:58:12de sa défense
00:58:15Jennifer l'ex-compagne
00:58:16l'ex-compagne
00:58:17à qui il a dit finalement
00:58:18énormément
00:58:19et on le relie maintenant
00:58:21à l'aune de toutes ces déclarations
00:58:22mais est-ce qu'on ne peut pas
00:58:22le relire d'une façon différente
00:58:24c'est-à-dire
00:58:25je suis accusé
00:58:26et notamment
00:58:28on m'accuse
00:58:28d'avoir menti
00:58:29pendant 5 ans
00:58:31
00:58:31j'ai dit quelque chose
00:58:32et comme par hasard
00:58:33il faudrait que ce soit
00:58:34la vérité
00:58:35alors qu'on m'accuse
00:58:36d'être un menteur permanent
00:58:37et ben non
00:58:38quand j'ai parlé à Jennifer
00:58:39ben j'ai menti aussi
00:58:40puisque j'ai menti
00:58:41donc ce que vous voulez dire
00:58:42c'est qu'il peut faire
00:58:43il peut encore faire des zigzags
00:58:44et ben oui
00:58:44et il peut jouer encore une fois
00:58:46de la vérité
00:58:47aux mensonges
00:58:47et de les réalités
00:58:48à l'hypothétique
00:58:50visiblement il est tenu
00:58:51par ses avocats
00:58:51c'est-à-dire que
00:58:53les avocats lui ont mis
00:58:54un couloir droit
00:58:55un couloir gauche
00:58:56il ne faut pas bouger
00:58:57et il ne faut pas bouger
00:58:59et moi la question
00:59:00je me pose
00:59:01mais on se l'est posée
00:59:02ensemble là aussi
00:59:03c'est est-ce que
00:59:04ces avocats ont une stratégie
00:59:05une nouvelle stratégie
00:59:07on a tous compris
00:59:08ce qui est en train
00:59:09de se mettre en place
00:59:10mais lui
00:59:11il va falloir qu'il joue aussi
00:59:12il va falloir qu'il joue
00:59:14son rôle
00:59:14c'est-à-dire que
00:59:15ce qu'il a fait jusqu'à maintenant
00:59:16c'est se taire
00:59:17ne rien dire
00:59:18baisser la tête
00:59:19et ne pas répondre aux questions
00:59:22est-ce que
00:59:23la préparation
00:59:24elle est possible
00:59:25est-ce qu'on va avoir
00:59:26une nouvelle personne
00:59:27dans le box
00:59:28qui va faire entendre sa voix
00:59:30qui va se lever
00:59:30qui va parler
00:59:31qui va dire
00:59:32je suis d'accord avec ça
00:59:34ça je l'ai fait
00:59:34ça je ne l'ai pas fait
00:59:35est-ce qu'on peut se transformer
00:59:37comme ça
00:59:37non encore une fois
00:59:38c'est toujours la même personne
00:59:39et il n'y a pas d'inquiétude
00:59:41d'abord sur lui
00:59:41est-ce qu'il peut apprendre
00:59:43est-ce qu'il peut apprendre
00:59:43c'est même pas qu'il va apprendre
00:59:45c'est en lui
00:59:46mais il sait exactement
00:59:47comment il doit se comporter
00:59:49ce qu'il doit dire
00:59:49il est beaucoup plus malin
00:59:51et beaucoup plus stratège
00:59:52qu'on peut l'imaginer
00:59:54non non je vous assure
00:59:55c'est toujours la même personne
00:59:56et vous serez surpris
00:59:57de voir la posture
00:59:58qu'il adopte
00:59:58sans aucune difficulté
00:59:59remords ni regrets
01:00:00ça fait partie de sa personnalité
01:00:02c'est ce qu'on a l'habitude
01:00:03de voir chez les prédateurs
01:00:04moi je voudrais simplement
01:00:04qu'on referme cette émission
01:00:07avec une pensée
01:00:07pour les enfants
01:00:09et la famille
01:00:09de Delphine Osager
01:00:11on l'a dit
01:00:13Johanna
01:00:14viendra le temps du deuil
01:00:15à écouter Mourad Batik
01:00:16ça va être compliqué
01:00:16mais ces enfants
01:00:17ils ont besoin d'une sépulture
01:00:18ils ont besoin d'un endroit
01:00:19pour se recueillir
01:00:20pour penser à leur maman
01:00:21et je voudrais qu'on referme
01:00:22cette émission
01:00:22justement en ayant un mot pour eux
01:00:24oui évidemment
01:00:24une énorme pensée
01:00:25pour les enfants
01:00:27de Delphine
01:00:28qui sont finalement
01:00:29doublement orphelins
01:00:30et à tous les enfants
01:00:31en France
01:00:32qu'on peine à entendre
01:00:33qu'on peine à accompagner
01:00:34et qui sont toujours
01:00:36en train de cohabiter
01:00:37avec leurs agresseurs
01:00:38si vous êtes témoin
01:00:39de violence
01:00:40si vous avez même
01:00:40une once de suspicion
01:00:42que vous entendez décrit
01:00:43les voisins
01:00:44même à l'école
01:00:45des enfants
01:00:46qui se renferment
01:00:46qui vont moins bien
01:00:47je vous en supplie
01:00:48il vaut mieux se tromper
01:00:49dans ce sens là
01:00:50appelez la police
01:00:51appelez le gendarmerie
01:00:53appelez le 119
01:00:54le 119
01:00:55c'est même pour les enfants
01:00:56ça ne figure pas
01:00:57sur les relevés téléphoniques
01:00:59c'est gratuit
01:00:59je vous en supplie
01:01:01quand il s'agit d'enfants
01:01:02et de femmes
01:01:03ne prenez aucune précaution
01:01:04merci beaucoup Joana
01:01:05merci à tous
01:01:06de vos lumières
01:01:07de vos remarques
01:01:07de votre expertise
01:01:08merci pour cette saison
01:01:10Dominique
01:01:11passez à vos côtés
01:01:12à faire ce qu'on revient
01:01:14à la rentrée
01:01:14absolument
01:01:15on peut dire un petit mot
01:01:15à tous ceux qui nous écoutent
01:01:16merci d'être avec nous
01:01:18chaque dimanche
01:01:18on vous aime
01:01:20c'est un bonheur
01:01:21de vous avoir
01:01:22en face de nous
01:01:23parce que c'est comme
01:01:23si vous étiez
01:01:24avec nous ici
01:01:25donc on vous aime
01:01:27et merci
01:01:28d'être avec nous
01:01:29chaque dimanche
01:01:29et merci d'avoir
01:01:30préféré l'original
01:01:32sur BFM TV
01:01:33à la copie
01:01:33j'y reviens
01:01:34mais c'est important
01:01:35de le dire
01:01:36pour ne pas se quitter
01:01:37si vite
01:01:37merci François Daouist
01:01:39aussi qui est à distance
01:01:40et qui n'a pas pu être là
01:01:41aujourd'hui
01:01:41et qui nous a accompagnés
01:01:42tout au long de cette saison

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