- il y a 11 mois
Tous les jours, les informés débattent de l'actualité autour de Camille Vigogne Le Coat et Benjamin Fontaine.
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00:00Et bienvenue dans les informés du matin, nous sommes ensemble pendant 20 minutes pour décrypter l'actualité du jour.
00:12Bonjour Camille Vigogne-Lequatt.
00:13Bonjour, bonjour.
00:14Avec nous et nos invités ce matin, Lou Frittel, journaliste politique à Paris Match.
00:18Bonjour.
00:19Et Stéphane Vernet, rédacteur en chef délégué de West France à Paris.
00:22Bonjour Stéphane.
00:22Bonjour.
00:23Camille, on va parler écologie pour démarrer avec la droite qui serait peut-être devenue climato-sceptique.
00:30C'est la question qu'on va se poser.
00:31Est-ce que l'écologie est passée de mode chez nos élus ?
00:34Et pourquoi au nom des entreprises ou au nom de l'union des droites ?
00:37C'est notre première question.
00:38Oui, parce que pendant qu'en France on débat du budget, on est un peu passé parfois à Paris,
00:43à côté de ce qui peut constituer un tremblement de terre au Parlement européen.
00:46Cette semaine, pour la première fois, droite et extrême droite se sont alliés,
00:50donnant corps à une majorité alternative pour détricoter une des lois fortes de ce qu'on appelle le pacte vert,
00:56parfois le Green Deal.
00:57Ce gros paquet législatif adopté l'année dernière sur l'écologie et le climat.
01:01L'union des droites a eu notamment la tête d'un texte, le devoir de vigilance, on y reviendra.
01:06C'est l'histoire et ça signe aussi la fin du cordon sanitaire à Strasbourg et à Bruxelles.
01:10Au Parlement européen, nous avons enfin voté pour la quasi-suppression de deux directives
01:18qui allaient mettre en très grand danger nos entreprises et notre économie.
01:23Nous ne défendrons pas les questions environnementales en fragilisant les entreprises européennes.
01:28C'est un contresens total.
01:30Les entreprises françaises sont celles qui respectent les standards les plus exigeants au monde
01:33et tout ce que nous faisons pour les empêcher de travailler,
01:36nous le faisons contre la cause de l'environnement et la cause des droits sociaux.
01:41Donc entendu, François-Xavier Bellamy, le chef de file des députés français de droite au Parlement européen.
01:47Il s'en félicite, il dit vouloir poursuivre le combat.
01:49Alors, quelle sera la prochaine victime de cette nouvelle alliance ?
01:51La droite française a-t-elle changé ou non de cap sur l'écologie ?
01:54Pourquoi Bruno Retailleau, le patron des Républicains, veut-il la peau des éoliennes et des panneaux solaires ?
01:59Est-ce que c'est ou non, comme on vient de l'entendre, de la compétitivité des entreprises à l'heure de la concurrence chinoise,
02:03des droits de droite de Donald Trump ?
02:05Ou le changement est-il plus pour au fond avec la course face au Rassemblement national ?
02:09Autant de questions qui vont structurer la prochaine présidentielle.
02:12Lou Frittel, comment vous expliquez-vous ce changement de cap à droite ?
02:15Honnêtement, ça commence à faire quelque temps.
02:17Déjà pendant les européennes, souvenez-vous, c'était quand même un sujet qui était très prégnant.
02:20Ceux-là sur fond de front des agriculteurs, captés par le Rassemblement national.
02:25C'est un moteur puissant aussi dans les autres pays européens.
02:29Souvenez-vous aussi des Pays-Bas, par exemple.
02:32Les questions écologiques, par exemple, Francie Mermans, qui a été le commissaire en charge de ce Green Deal européen
02:38qui venait de chez eux, a été profondément conspuée par la population.
02:45Ça fait longtemps.
02:46Et surtout, c'est le projet aujourd'hui qui est celui, par exemple, d'ECR,
02:51des conservateurs et réformistes européens au Parlement,
02:54ou encore de François-Xavier Bellamy, de LR.
02:57Ce n'est pas une nouveauté, en réalité.
02:59C'est quelque chose qu'on voyait venir.
03:01Et je me souviens que, par exemple, Stéphane Séjourné, quand il était encore ministre des Affaires étrangères,
03:05disait que le Green Deal européen va être détricoté à l'issue des Européennes.
03:09C'est juste qu'on est passé à côté, finalement, de cette analyse,
03:12parce qu'on s'est retrouvé dans les législatives françaises.
03:14Ça fait, en réalité, un an et demi, un an, à peu près,
03:17qu'il y a ce genre de majorité qu'on appelle vénézuélienne.
03:19Pourquoi ? Parce que vous avez eu une résolution qui a été votée,
03:23qui a été la première votée dans ce genre-là, il y a un an,
03:27où tous les partis de droite européens, tous les groupes de droite européens,
03:30se sont mis d'accord, et les nationalistes, etc.,
03:32se sont mis d'accord pour consacrer l'opposant au président vénézuélien, Maduro.
03:40Et en fait, ils ont fait passer à eux seuls, sans concours de la gauche, sans concours du centre,
03:45une majorité.
03:46Et ça, c'est quelque chose de nouveau,
03:47mais c'est quelque chose qui va s'imposer pour les prochaines années.
03:49Stéphane Vernet, on a entendu François-Xavier Bellamy
03:52justifier ce besoin de détricoter le pacte vert
03:54au nom de la nécessité de protéger les entreprises.
03:58C'est un prétexte ou une nécessité ?
04:00Non, c'est une nécessité.
04:02Enfin, après, tout dépend comment vous vous placez.
04:04Si vous voulez, ce qu'il faut comprendre, en fait,
04:08c'est que l'Union européenne reste le premier marché économique du monde, en fait.
04:11C'est le plus important, et donc il s'impose partout.
04:14Et il impose ses standards, c'est-à-dire que vous avez...
04:16Quand vous avez des entreprises étrangères qui produisent pour le marché européen,
04:19elles se mettent à produire en fonction des standards européens.
04:22Et elles le font aussi pour leur marché domestique.
04:24Et en fait, si vous voulez, il y a, par exemple, sur les téléphones,
04:28quand l'Union européenne décide qu'on aura tous les mêmes types de chargeurs,
04:31les mêmes prises, si vous êtes un producteur chinois de chargeurs pour téléphones,
04:37vous allez vous mettre à faire massivement des chargeurs pour téléphones
04:40pour le marché européen, qui est votre premier marché,
04:42mais vous n'allez pas faire deux lignes, en fait.
04:45Vous n'aurez pas deux productions, et donc vous faites évoluer
04:47votre production pour votre marché domestique.
04:50Et en fait, ce qui pose problème, c'est qu'on a longtemps cru
04:53qu'en réalité, nos standards techniques s'imposaient, donc naturellement.
04:57Nos standards techniques et économiques s'imposaient naturellement.
05:00Et on a longtemps pensé que nos standards écologiques et sociaux
05:04pourraient aussi s'imposer.
05:06Et en fait, ce à quoi on est en train d'assister, si vous voulez,
05:09c'est que dans le cadre d'une concurrence sur le commerce international,
05:12qui est totalement débridée, qui devient délirante,
05:14par le fait des Américains, d'abord,
05:17aujourd'hui, il y a la peur d'un certain nombre d'entreprises européennes,
05:21et qui, elles, exportent aussi,
05:23et de se dire qu'en fait, si nos standards sont trop élevés,
05:26elles ne pourront pas survivre ou suivre dans ce contexte,
05:29dans cette compétition internationale.
05:31Et donc, c'est extrêmement préjudiciable, c'est vrai.
05:34C'est-à-dire que les deux directives dont parle François-Xavier Bellamy,
05:38elles n'ont pas été complètement supprimées.
05:41Elles sont détricotées, elles ont été très amoindries.
05:43Par exemple, pour le devoir de vigilance, qui est essentiel,
05:47il s'appliquait aux entreprises de plus de 1 000 salariés.
05:49Désormais, elles s'appliqueront aux entreprises de plus de 5 000 salariés,
05:52c'est-à-dire très peu, en réalité.
05:54Donc, en fait, vous voyez bien que le champ se réduit.
05:56C'est un problème, mais en même temps,
05:58il y a cette difficulté de la concurrence internationale.
06:02Et j'ajoute qu'on parle beaucoup de cette directive
06:04parce qu'elle a été adoptée avec la voie des droites et l'extra-droite.
06:09Ça a été très bien démontré.
06:10Ce n'est pas la première fois.
06:11La majorité à l'Assemblée nationale et à la Commission
06:14a totalement basculé, a totalement changé en 2024.
06:17Mais il faut savoir que jeudi,
06:19le même Parlement a voté le renforcement des objectifs climatiques
06:23en matière de contrôle des gaz à émissions à effet de serre.
06:26Donc, on n'est pas complètement dans un...
06:29On n'est pas en train de renverser la table.
06:31Il faut relativiser.
06:33Ce qu'il faut bien avoir en tête,
06:34c'est qu'il y a un groupe qui s'appelle le Parti Populaire Européen,
06:37le PPE, qui est vraiment le groupe de droite traditionnel
06:39et qui est aujourd'hui le pivot.
06:42Il peut se tourner vers des majorités de droite
06:44ou des majorités de gauche.
06:45C'est lui, finalement, qui décide de l'agenta politique
06:47aujourd'hui au Parlement européen.
06:48Aujourd'hui, il a choisi de s'allier avec les conservateurs
06:51et le Rassemblement national, etc.
06:54Demain, il pourrait très bien s'allier avec les socialistes
06:57ou le centre, ce qu'il faisait avant.
06:59Camille ?
06:59Oui, alors je pense qu'il faut quand même rappeler
07:01que ce vote a une portée historique
07:05parce que c'est la première fois que sur un texte
07:07qui a une portée contraignante, législative, ça arrive.
07:10Là, ce qu'on parle de majorité vénézuélale,
07:13la résolution, c'était une résolution.
07:14Donc, c'est comme en France, c'est absolument non contraignant.
07:16Les amendements, après tout autre chose.
07:18Ça racontait, effectivement,
07:20ça racontait ce qui est en train de se passer aujourd'hui.
07:23Mais jusqu'ici, on a toujours eu un Parlement européen
07:26qui fonctionnait avec une alliance.
07:28Les alliances bougeaient en fonction, évidemment,
07:30des majorités et des rapports de force à l'intérieur,
07:32mais qui allaient des socialistes au centre,
07:35ce qu'on appelle les libéraux au Parlement européen,
07:38avec la droite.
07:40Et ils étaient habitués, sur chaque texte,
07:42à trouver des points d'entente, des négociations, etc.
07:44Cette majorité dite alternative,
07:47c'est-à-dire de droite et d'extrême droite,
07:49elle est absolument révolutionnaire au Parlement européen
07:52parce que, jusqu'ici, il y avait un cordon sanitaire
07:54extrêmement fort qui isolait les partis
07:57les plus extrémistes des autres,
07:59qui leur empêchaient d'avoir certains postes
08:01et qui ne prenaient pas avec.
08:03Le fait que la droite, aujourd'hui, évolue,
08:06c'est marrant parce que vous parliez,
08:07vous disiez très justement que la droite européenne
08:10avait voté, cette semaine,
08:11la trajectoire de réduction des émissions de gaz à effet de serre
08:16pour 2040.
08:17C'est vrai, mais à l'intérieur de la droite,
08:19il y a eu des divisions
08:20et les élus de droite français,
08:22supportés par François-Xavier Bellamy,
08:24qu'on a entendu tout à l'heure,
08:25n'ont pas voté cette trajectoire.
08:27Donc, il y a aussi des tensions au sein de la droite.
08:29Il y a un sujet avec les élus de droite français,
08:30au Parlement européen.
08:30Voilà, qui ne votent pas comme souvent,
08:33en tout cas comme leurs élus de droite allemands, par exemple.
08:35Ils ont voté la motion de destitution
08:37de Ursula von der Leyen qui sont plus proches
08:40du Rassemblement national
08:42et des élus, des conservateurs de Mélanie.
08:46Et donc, je pense que dans la droite française,
08:47puisque c'était le sujet,
08:48il y a à la fois des convictions qui sont fortes,
08:51mais il y a aussi un effet d'aubaine
08:52qui est de se dire,
08:53on a la possibilité aujourd'hui
08:55d'être le parti pivot,
08:57de pouvoir regarder au centre et au centre-gauche
09:00comme on le faisait avant,
09:01mais on a aussi cette possibilité
09:02de regarder vers l'extrême droite.
09:06On n'a plus de barrière morale à le faire
09:07et au contraire, on a un intérêt stratégique
09:10qui le pousse énormément.
09:11Et là, je pense qu'on est sur un virage
09:13extrêmement important
09:14qui est la fin du cordon sanitaire
09:17et potentiellement l'union des droites
09:18qui se redessine.
09:19Rapidement, Lou Frittel,
09:20on parle beaucoup d'union des droites.
09:21Est-ce que ce n'est pas cela
09:21qui est en train de se préparer,
09:22de se dessiner ?
09:24Au Parlement européen ?
09:25Oui.
09:25Ponctuellement, oui.
09:26Et en tout cas, c'est le projet.
09:28C'est vrai que ça se fait surtout avec l'ECR,
09:30donc c'est Fratelli d'Italia,
09:32c'est le piste polonais.
09:33Marion Maréchal en France.
09:35Et Marion Maréchal, effectivement.
09:37Il ne faut pas oublier aussi
09:37que Manfred Weber avait,
09:39pendant les européennes,
09:40fait miroiter à ses troupes
09:42et notamment aux Français
09:43le fait que les Fratelli d'Italia,
09:46de Mélanie,
09:47pourraient rejoindre le PPE
09:48et ça les enthousiasmait plutôt.
09:50Donc en fait,
09:50il y a eu aussi une sorte de déconvenue,
09:52ce qui fait que ce rapprochement
09:54qui n'a pas eu lieu physiquement
09:55a quand même eu lieu psychologiquement
09:57entre les élus du PPE
09:59et les élus de CR
10:01parce qu'ils sont en réalité
10:02vraiment emmenés par les Italiens
10:03et dans une moindre mesure les Polonais.
10:05Le PPE dirigé par Manfred Weber
10:07que vous citiez tout à l'heure.
10:09On va poursuivre les informés
10:10dans quelques instants.
10:11Lou Frittel, Stéphane Vernet,
10:12Camille Vigogne Lequat,
10:13on va évoquer la réindustrialisation française
10:16à la veille de l'ouverture
10:18du sommet de Chousse France.
10:19Ce sera juste après le Fil Info
10:20à 9h50 avec Théo Metton-Réjimbo.
10:22Plusieurs dizaines de milliers de personnes
10:25ont défilé hier à Belém au Brésil
10:28pour faire pression sur les négociateurs
10:30de la COP30.
10:31Les manifestants ont réclamé
10:32des actions urgentes
10:34contre le réchauffement climatique
10:35de la part de la conférence de l'ONU
10:38pour le climat.
10:38L'avocat Alex Ursulay
10:40a quitté par la Cour criminelle de Paris.
10:42Il était jugé pour le viol
10:44d'une stagiaire de son cabinet.
10:46La Cour, dans ses motivations,
10:47estime qu'il y a un doute
10:49sur l'intention criminelle de l'avocat.
10:51C'est une décision cynique
10:53qui appelle nécessairement
10:54un nouveau procès réagi.
10:56L'avocat de la plaignante,
10:58le parquet qui avait demandé
10:5913 ans de réclusion,
11:00a 10 jours pour faire appel.
11:02Laurent Nunez,
11:03favorable à l'allongement
11:04de la rétention des étrangers
11:06sous OQTF,
11:07jugé dangereux,
11:08à 210 jours contre 90 actuellement.
11:11Le ministre de l'Intérieur
11:13soutient le texte
11:13de son prédécesseur Bruno Retailleau
11:15qui avait été retoqué
11:16par le Conseil constitutionnel.
11:19Un nouvel article a été écrit
11:20pour le rendre conforme
11:22et doit faire l'objet
11:23d'une proposition de loi.
11:25Quatre départements
11:26en vigilance orange,
11:27pluie, inondation ce matin,
11:28Isère, Drôme et Ardèche
11:30jusqu'à midi,
11:31Alpes-Maritimes jusqu'à ce soir.
11:33France Info
11:37Les informés
11:39Benjamin Fontaine
11:41Camille Vigon-Lecouat
11:43Les informés,
11:45deuxième partie toujours
11:46avec Lou Frittel,
11:47journaliste politique à Paris Match
11:48et Stéphane Vernet,
11:49rédacteur en chef délégué
11:50de Ouest France à Paris.
11:52Nous évoquons maintenant
11:53Camille le sommet de Chouze France
11:55qui ouvre demain à Paris.
11:57200 entreprises vont y participer
11:58pour promouvoir l'investissement français
12:00et on se demande justement
12:02comment ces entreprises
12:02peuvent aujourd'hui penser
12:04à l'avenir dans le contexte
12:05politique compliqué qu'on connaît.
12:07Oui, certains disent même
12:07anti-business,
12:09c'est ce qu'elles semblent penser
12:09ces entreprises.
12:10Elles sont 13 à avoir écrit
12:12cette semaine à Sébastien Lecornu
12:14à travers 13 organisations patronales
12:15des associations d'entreprises
12:16pour faire part de leur immense inquiétude.
12:19On retrouve les plus grandes
12:20comme les plus petites,
12:21la CPME, le MEDEF,
12:22France Industrie
12:23pour ne citer qu'elle
12:24et c'est la première fois
12:25qu'elles s'expriment
12:26d'une seule même voix
12:27depuis le début
12:28de la séquence budgétaire.
12:29Alors, est-ce qu'on n'a pas
12:30passé un cap ?
12:32C'est ce qu'elles semblent penser.
12:34Un cri du cœur
12:34qui n'a pas pu échapper
12:35à Emmanuel Macron,
12:36surtout, vous le disiez,
12:37à la veille de l'ouverture
12:38du sommet de Chouze France,
12:39un sommet dédié à réconcilier
12:41entreprise et politique.
12:42Écoutez Emmanuel Macron.
12:43Pour la première fois,
12:46ce qu'on fait depuis 8 ans
12:47en attirant les investisseurs
12:48internationaux,
12:49on va le faire pour accompagner
12:50nos entreprises françaises
12:52et nos grands groupes
12:53pour investir davantage
12:54sur notre propre territoire.
12:56On doit protéger
12:57plus vite et plus fort.
12:58Pourquoi ?
12:58Parce qu'il y a une concurrence
12:59déloyale qui s'installe.
13:01Alors, l'objectif de ce sommet,
13:02c'est évidemment
13:02de rassurer les entreprises.
13:04Mais est-ce que c'est encore possible
13:05dans ce contexte ?
13:06On va poser la question.
13:06Lou Frittel,
13:07est-ce que les entreprises
13:08sont les premières victimes
13:09de l'instabilité aujourd'hui ?
13:10Le problème,
13:11c'est aussi les signaux
13:12qui sont envoyés.
13:13C'est-à-dire que l'an dernier,
13:14par exemple,
13:14pendant l'examen du budget,
13:16vous aviez une embolie fiscale
13:19d'un côté,
13:19des suppressions incompréhensibles
13:23de l'autre
13:24et en fait,
13:24un budget qui n'avait plus
13:25ni queue ni tête.
13:26De toute façon,
13:27le gouvernement allait faire passer
13:29son budget par 49,3.
13:31Donc, il n'engageait personne
13:33à aller siéger
13:33pour défendre un côté ou l'autre
13:34et ce qui fait que les oppositions
13:36s'en sont données à cœur joie.
13:37Ça avait énormément inquiété
13:39les entreprises,
13:40les investisseurs.
13:41Vous aviez eu à ce moment-là
13:42une salve de licenciements.
13:46Vraiment,
13:47c'était une période assez sombre
13:48et d'ailleurs,
13:48vous aviez des chefs d'entreprise
13:49qui disaient
13:50c'est bon,
13:50nous on veut la censure en fait.
13:52C'est fini.
13:52On limite,
13:53on veut de l'instabilité
13:54parce que ça nous stabilise, nous.
13:57Aujourd'hui,
13:57avec les débats budgétaires,
13:58on est dans le même genre de sujet
14:00sauf que les députés
14:01sont amenés à devoir siéger.
14:03Et le fait d'être amenés
14:04à devoir siéger
14:04fait que ce qui sera décidé
14:07à l'Assemblée nationale,
14:08si jamais on réussit quand même
14:09à voter à la fin,
14:10ce qui sera décidé
14:10à l'Assemblée nationale
14:11aura un impact sans doute
14:12direct sur elle.
14:13Donc, ça dépend.
14:14Ça dépend si elle considère
14:15que ce qui est voté est bon ou non.
14:16Je vous ai vu réagir
14:17au propos de Lou Frittel.
14:18Non, c'est-à-dire que
14:19les députés sont obligés de siéger,
14:21oui, parce qu'il n'y aura pas
14:21de 49-3 cette fois-ci.
14:24Vous en êtes sur vous ?
14:25Il y a des doutes aujourd'hui encore ?
14:26Le Premier ministre s'y est engagé.
14:27Non, mais il a d'autres moyens.
14:29Il a d'autres moyens d'y arriver.
14:30Et il y a un chemin.
14:31Il y a un chemin.
14:32Enfin, ça, c'est un autre sujet.
14:33C'est très compliqué.
14:35Moi, je pense qu'on aura un budget.
14:36La question, c'est de savoir
14:37ce qu'il y aura dedans.
14:39Alors, l'année dernière,
14:39le truc n'avait ni queue ni tête
14:40cet effet de briquet de broc.
14:41Cette année, ça y ressemble aussi un peu.
14:43Donc, il va falloir voir
14:44comment les sénateurs
14:45corrigent la copie, etc.
14:47Et s'il y a un compromis possible
14:48à la fin.
14:48Moi, je pense que oui.
14:49Mais si vous voulez,
14:51il y a l'instabilité reste.
14:53Il y a une peur, en fait,
14:55de se retrouver avec
14:58des taxes supplémentaires,
14:59des impôts, surtout des normes.
15:00On revient au débat précédent
15:02qui induit une concurrence déloyale
15:04par rapport à l'ensemble
15:05des autres pays du monde
15:07qui n'ont pas les mêmes standards
15:08que nous, en fait.
15:09Et donc, si vous voulez,
15:10il y a cette peur-là
15:12qui fait qu'il y a un risque
15:16sur le gel des investissements,
15:18le gel des recrutements,
15:19l'arrêt des projets, etc.
15:21Avec, par ailleurs,
15:21des entreprises qui n'ont pas
15:22toutes les mêmes problématiques,
15:24selon leur taille.
15:24Bien sûr, évidemment.
15:25Et puis, surtout,
15:26selon leur secteur d'activité, etc.
15:30Pourquoi on parle du sujet aussi ?
15:31C'est que demain,
15:32pour la première fois,
15:32il y a un sommet Choose France
15:34spécial investisseurs français.
15:35Il faut savoir que
15:37quand Choose France
15:37a été créée en 2018,
15:39vous aviez déjà
15:39des investisseurs français
15:41qui disaient
15:41« Mais nous,
15:41on est aussi des investisseurs
15:43majeurs en France.
15:44Pourquoi est-ce qu'on fait
15:45comment on déroule
15:47le tapis rouge
15:47pour les étrangers ? »
15:49Alors que nous,
15:49on compte,
15:50et on compte pour une part
15:50non négligeable
15:51de l'investissement en France.
15:53Et donc,
15:53le président de la République
15:54s'était engagé l'année dernière
15:55à avoir une séquence avec eux.
15:57Il le fait cette année.
15:58Il se trouve que ça tombe
15:59à un moment
16:00où, effectivement,
16:01il y a des grosses interrogations
16:02sur la fin ou pas
16:04de la politique
16:04de l'offre
16:07qui a été menée
16:07par Emmanuel Macron
16:08depuis 2017
16:09et si on va arrêter
16:12d'avoir, en fait,
16:12une politique pro-business.
16:14Parce que c'était
16:15la politique économique
16:16de la France
16:17ces dernières années.
16:18Elle est remise en cause aujourd'hui.
16:19D'ailleurs, Camille,
16:19est-ce qu'il est encore crédible
16:20Emmanuel Macron
16:21auprès des chefs d'entreprise
16:22aujourd'hui ?
16:22C'est tout sa question.
16:23Il a beaucoup perdu
16:24de sa superbe.
16:25Moi, j'avais été assez marquée
16:25par l'article du Figaro
16:26d'il y a deux semaines
16:27où un entrepreneur
16:28comparait Emmanuel Macron
16:30à Human Bomb
16:31à l'Élysée
16:32qui étaient des paroles
16:33qu'on n'entendait jamais
16:34dans le cercle
16:35des entrepreneurs.
16:36Ils ont été particulièrement
16:37marqués par la dissolution
16:39qu'ils n'ont pas compris.
16:40Je pense que ça, ça reste
16:41que depuis, c'est très dur.
16:42Il y a un manque
16:43de crédibilité
16:43et puis il y a un manque
16:44de pouvoir.
16:46On le voit.
16:47À partir de plus
16:48on se rapproche
16:48d'un fin de mandat,
16:49plus c'est compliqué.
16:50Et là, il n'a même pas
16:50les outils aujourd'hui
16:52pour directement dicter
16:53sa politique
16:54et imposer ses choix.
16:55Donc, dès lors,
16:56est-ce qu'il est la bonne personne
16:57pour rassurer les entrepreneurs ?
16:58Je doute de la capacité
17:00performative, disons,
17:02de son discours
17:02à partir de la semaine prochaine.
17:04Si ce n'est pas lui,
17:05Lou Frittel,
17:05qui alors ?
17:06Quel parti aujourd'hui
17:07rassure suffisamment
17:08les chefs d'entreprise ?
17:10C'est une très bonne question.
17:11Honnêtement,
17:12alors,
17:13ce n'est pas qu'il les rassure,
17:15mais c'est que
17:16beaucoup de chefs d'entrepreneurs
17:17se sont convertis
17:18à l'idée
17:18que le Rassemblement National
17:20pourrait gagner.
17:21Donc, il commence,
17:22il y a depuis plusieurs années,
17:24mais aujourd'hui,
17:24de façon plus officielle,
17:25des rapprochements
17:26avec ce parti.
17:27Même s'ils ont été un peu déçus
17:28par ce qui s'est passé
17:29au niveau du budget
17:30et de certains votes du RN
17:32sur certaines taxes ?
17:33Oui, mais en réalité,
17:34il y a aussi
17:34beaucoup, beaucoup,
17:35beaucoup de taxes en moins
17:36qui ont été votées
17:37en faveur des petites entreprises
17:39et des moyennes entreprises.
17:40Donc, c'est vrai que,
17:41finalement,
17:41vous faites le ratio,
17:42le Rassemblement National,
17:44plus anti-taxe
17:45que pro-taxe.
17:46Ce qui peut aussi
17:47être compliqué
17:48pour le LR
17:50qui est toujours à dire
17:51oui, ce sont des socialistes.
17:52Oui, mais il faut aller
17:53quand même
17:54approfondir.
17:56Alors, on verra
17:56effectivement qui sera
17:57en mesure de rassurer
17:58ces chefs d'entreprise
17:59qui se rassemblent
17:59à partir de demain
18:01à Paris pour ce sommet
18:02de Chouze France
18:02spécial France.
18:03On a déjà annoncé
18:04des engagements
18:05de Sanofi,
18:06d'Urgo
18:06sur France Info
18:07cette semaine
18:09pour ce sommet
18:10de Chouze France.
18:10Merci beaucoup Lou Frittel,
18:11journaliste politique
18:12à Paris Match
18:13d'avoir été avec nous.
18:13Paris Match
18:14qui met en une
18:14le prince William
18:15cette semaine.
18:16William qui s'impose
18:17alors que son père
18:17est malade
18:18et qu'il est amené
18:18à le remplacer
18:19de plus en plus.
18:20Merci beaucoup Stéphane Vernet,
18:21rédacteur en chef délégué
18:22de West France à Paris.
18:24La une de West France,
18:24ces bonnes idées locales
18:26qui germent en France
18:27avec la fédération
18:28des trucs qui marchent.
18:29Bonjour,
18:30bonjour,
18:30pas du tout,
18:31merci Camille Vigolnequat.
18:32Bonne journée.
18:33Merci Camille Vigolnequat,
18:35on vous lit vous,
18:35évidemment,
18:36dans les pages
18:36du Nouvel Obs.
18:37Très bonne journée,
18:38l'info continue
18:38sur France Info.