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  • il y a 3 mois
Ce vendredi 7 novembre, la proposition de baisses d'impôt et de dépense d'Édouard Philippe a été abordé par Raphaël Legendre et Emmanuel Lechypre dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Édouard Philippe veut proposer une nouvelle politique économique de prospérité,
00:03il propose un deal des baisses d'impôts d'un côté contre des baisses de dépenses de l'autre,
00:08250 milliards sur un quinquennat.
00:10Est-ce que vous achetez le deal fiscal d'Édouard Philippe, Emmanuel ?
00:14Dans la vitrine, c'est formidable, effectivement.
00:17Le diagnostic, il est plutôt juste.
00:19Les entreprises françaises payent trop d'impôts,
00:22effectivement, c'est ce que montrent tous les classements,
00:24trop d'impôts de production notamment.
00:26Et donc, effectivement, si on pouvait alléger la facture, ce serait bien.
00:31Sachant qu'il y a aussi trop d'entreprises qui sont biberonnées aux aides publiques,
00:35il y a quand même plus de 2200 dispositifs différents.
00:40Donc, tout ça mobilise à la fois des moyens et une énergie considérable
00:43avec des résultats qui sont assez peu efficaces.
00:48Donc, l'idée, permettre à nos entreprises de courir avec moins de boulet au pied
00:51face à la concurrence étrangère, on ne peut qu'acheter.
00:53Donc, sur le papier, le plan est parfait,
00:56mais comme l'étaient en leur temps les plans proposés par Alain Juppé et François Fillon.
01:01Là où ça se gâte, c'est quand on rentre après sur la pratique.
01:05Parce qu'en fait, on nous promet encore une fois une espèce de grand soir
01:08dont on sait dans l'histoire de France et notamment dans l'histoire
01:10de notre fiscalité et de notre complexité administrative
01:14que malgré toutes les tentatives faites depuis la Deuxième Guerre mondiale,
01:17et Dieu sait s'il y en a eu, on n'a jamais été capable d'enrayer quoi que ce soit.
01:21Donc, sur la faisabilité, cette idée qu'on va débrancher d'un seul coup
01:24tout un tas de tuyaux, on va être capable de les rebrancher ailleurs ou de les brancher,
01:28moi j'avoue que je n'y crois pas beaucoup et ça se complique encore plus
01:30quand on parle de politique, parce que là, franchement,
01:33on est confronté à un problème qui est que ça va sans doute permettre
01:37de créer des emplois et aussi d'en sauver, mais les emplois sauvés,
01:40on ne les voit pas.
01:41C'est le fameux reproche qu'on a fait au MEDEF sur son million d'emplois créés.
01:43En réalité, si on prend en compte les emplois sauvés,
01:46on était sans doute au bout du compte.
01:48Et puis, politiquement, les baisses d'impôts, ça ne paye pas.
01:51Regardez le sort réservé à Emmanuel Macron sur les impôts aux ménages.
01:55Et puis, si en plus, vous rajoutez qu'Edouard Philippe,
01:57vous promettez à 67 ans, je ne suis pas sûr que...
02:01Donc, vous ne vous achetez pas, ce deal ?
02:03Je l'achète sur le papier, mais je n'y crois pas dans la réalité.
02:06Raphaël, vous achetez ou pas ?
02:07Les deux positions, alors, j'achète en pratique, mais pas en théorie.
02:12C'est-à-dire qu'il a un constat lucide, il a un constat lucide.
02:15C'est-à-dire que la France, c'est ce qu'il dit en début de son poste,
02:17la France devient un pays pauvre avec un modèle social de pays riche.
02:21Donc ça, déjà, d'entrée, on pose le bon diagnostic.
02:26Le problème, c'est les solutions qu'il apporte derrière par la suite.
02:29Donc, ce grand deal, présenté comme un deal XXL aux entreprises françaises,
02:3450 milliards de baisse d'impôts contre 50 milliards de baisse des aides publiques,
02:41c'est quand même d'une banalité sans nom.
02:44C'est grosso modo ce qu'a fait François Hollande avec le pacte de responsabilité.
02:5140 milliards de baisse d'entreprise, donc ce n'est pas révolutionnaire non plus.
02:56C'était en 2015.
02:57J'ai retrouvé une note de 2016 écrite par quelqu'un qu'on connaît bien ici à BFM Business,
03:03et Romain Rivaton, c'était pour le think tank Génération Libre.
03:06En 2016, Romain Rivaton proposait déjà,
03:09alors à l'époque, il était le conseiller de Valérie Pécresse à la région Île-de-France,
03:14mais il proposait un effacement parallèle de 50 milliards d'aides et d'impôts en moins.
03:20Donc franchement, je ne le trouve pas très disruptif,
03:24Édouard Philippe, dans son annonce, d'autant plus qu'il n'y a aucun détail sur les voies et moyens.
03:31On ne sait pas ce qu'on peut faire.
03:33Est-ce que la disruption ne serait pas pour une fois que quelqu'un mette en place des propositions ?
03:38Alors le faire, déjà.
03:39Ça, c'est disruptif, faire ce qu'on dit.
03:41Exactement, ça c'est disruptif.
03:43On l'a fait, François Hollande l'a fait.
03:46On saurait faire des baisses d'impôts, François Hollande l'a fait.
03:48Alors ce truc en parallèle de nettoyer les aides, très bien, moi j'attends de voir.
03:51Pour l'instant, j'ai l'impression qu'on enfonce plutôt des portes ouvertes,
03:54que ça sent un peu la panique du côté des équipes.
03:56Oui, il a besoin de remonter dans les sondages.
03:58Des équipes d'Édouard Philippe qui viennent de perdre 10 points dans les sondages et qui accélèrent.
04:00Il devait annoncer ces mesures qu'après les municipales, normalement...
04:03Il est passé après Gérald Darmanin qui était dans les échos la veille.
04:06Ils ont tous très envie de parler aux entreprises.
04:08Vous dites quand même, Emmanuel, on ne peut pas prendre des tuyaux et les rebrancher à côté.
04:12C'est-à-dire qu'on est incapable de faire évoluer les choses, de changer les grandes masses.
04:16C'est foutu pour vous ?
04:17C'est foutu, c'est l'expérience qui nous le montre.
04:21Regardez toutes les tentatives de simplification qu'on nous a proposées sur des échelles bien moindres.
04:30Il y a toujours cette complexité et il y a toujours un méta...
04:36Alors, moi je pense qu'on peut parler d'état profond, effectivement.
04:39Il y a toujours une mécanique de la haute administration dont le réflexe pour répondre à un problème,
04:46c'est toujours de créer une norme, une taxe et de considérer qu'après le problème est réglé.
04:50Mais tout ça, c'est une question de volonté politique, Emmanuel.
04:52Et on peut tout à fait changer avec des hommes politiques qui décident enfin de prendre le problème en main.
05:00D'autres pays l'ont fait, le rétablissement.
05:03C'est ce qui s'est passé dans tous les pays du globe.
05:05Parlez pas en même temps, parlez pas en même temps.
05:06Le sens de l'histoire, c'est qu'un ministre politiquement pèse de moins en moins,
05:09que son administration pèse de plus en plus.
05:12Et quand je dis qu'un ministre pèse de moins en moins,
05:14c'est la personnalité du ministre qui pèse de moins en moins.
05:17Ce sont des personnalités de plus en plus fallotes, insignifiantes, qui n'ont aucun poids.
05:21Les plus grands ministres de l'économie, ce n'étaient pas les plus grands économistes.
05:23Oui, mais c'est une volonté politique du président de la République.
05:26René Mollory.
05:27René Mollory, oui, il était garagiste.
05:29Je ne sais pas qui c'est.
05:30René Mollory.
05:31Ah, René Mollory, il a été ministre de l'économie de Valéry Giscard d'Estaing.
05:34Ah oui.
05:35Voilà.
05:35Et donc, René Mollory, il était garagiste.
05:38Et il a marqué de son empreinte.
05:40Le problème, c'est que vous avez des ministres qui sont donc des personnalités politiques de second plan.
05:45Mais c'est une volonté politique.
05:46Il n'y a plus des cabinets qui sont tout petits, avec des gens qui sont de moins en moins compétents,
05:50parce que plus personne ne veut aller dans les cabinets aujourd'hui.
05:52Donc, encore une fois, la haute administration a un poids considérable.
05:55Et son tempérament n'est pas la simplification.
05:59On n'est pas sorti des ronces.
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