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  • il y a 3 mois
Stefano Buono, PDG fondateur de Newcleo, était l'invité de Laure Closier dans French Tech, ce mardi 4 novembre. Il parle des projets et des objectifs de son entreprise, dans Good Morning Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00La French Tech aujourd'hui, c'est Nucleo qui nous a rejoint.
00:02Bonjour Stéphano Bueno, vous êtes le PDG fondateur de Nucleo, vous vivez en Italie,
00:07vous êtes avec nous ce matin pour qu'on puisse parler de ces réacteurs nucléaires de quatrième génération.
00:12Vous me disiez pendant la publicité, vous n'êtes pas un SMR, vous êtes un AMR.
00:15Qu'est-ce que c'est la différence ?
00:17C'est une technologie plus avancée, Advanced Modern Réactors,
00:21et c'est ce qu'on appelle aussi la technologie des quatrièmes générations.
00:24Donc c'est juste un changement par rapport au passé, qui ajoute des avantages.
00:32Alors vous, vous voulez mettre sur pied un premier réacteur refroidi au plomb.
00:37Comment ça fonctionne ? Expliquez-nous.
00:39Ici en France, on a eu des réacteurs refroidis au sodium.
00:42Donc c'est toujours un métal liquide, et l'utilisation d'un métal liquide
00:47permet le multirécyclage du combustible.
00:51C'est quelque chose de très intéressant, parce que nous, on utilise moins de 0,5% de l'uranium qu'on a extrait de la Terre.
00:59Donc si on fait du multirécyclage, on peut utiliser 100%.
01:02Ça veut dire pour la France, pratiquement 7000 années d'électricité sans besoin d'uranium de l'extérieur.
01:11Donc c'est vraiment...
01:12On serait totalement indépendant de 7000 ans.
01:13Oui. Même l'Europe, vu que le 25% de l'électricité produite par l'électricité nucléaire a accumulé beaucoup de combustible usé.
01:23Et si on le réutilise, on aurait des centaines d'années d'indépendance énergétique.
01:28Donc l'enjeu est très fort.
01:31Dans les avancées aujourd'hui, vous vous associez avec des entreprises américaines et suédoises.
01:35Vous avez fait un accord de coopération au Japon.
01:37Ça veut dire que, typiquement, qu'est-ce qu'on peut avoir comme espoir d'utiliser vraiment votre technologie ?
01:44À quelle échéance ?
01:46L'échéance, c'est le début des prochaines 10 années.
01:50Donc le début des années 2030.
01:52C'est vrai qu'on s'associe avec des entreprises américaines et aussi le Japon.
02:03Les Américains, c'est parce qu'en fait, ils ont besoin de notre technologie.
02:06Pendant cinq ans, ils n'ont jamais recyclé le combustible nucléaire.
02:10Donc il y a quelques mois, le président Trump a décidé de le faire pour des raisons économiques.
02:15Parce que le combustible va être très cher dans le futur pour les petits réacteurs nucléaires.
02:19Et on a besoin de beaucoup de combustible.
02:21Ils font une croissance de 400% prévue pour le nucléaire aux États-Unis.
02:26Donc ils auront besoin de beaucoup de matériel.
02:28Donc l'idée de faire du multirécycrage, ça les attire.
02:31Et la technologie française, ça les attire aussi dans ce cas-là.
02:34Vous parlez des Américains, justement.
02:37Les géants de la tech misent énormément sur le nucléaire
02:40pour répondre à ces énormes besoins en puissance de calcul pour l'intelligence artificielle.
02:45Est-ce que votre solution pourrait répondre à ces besoins, justement ?
02:48Absolument, oui.
02:49Pratiquement dans tous les endroits où on est présent,
02:54on nous demande des investisseurs de faire des projets ensemble,
02:58des investisseurs dans le domaine de l'intelligence artificielle.
03:01La seule nuance, c'est qu'aux États-Unis, ça s'est déjà réalisé.
03:07On a beaucoup d'investissements qui ont été faits dans des start-up.
03:11On ne voit pas ça encore en Europe.
03:14Parce qu'on attend quand même à comprendre comment le nucléaire va se dérouler en Europe.
03:19Justement, en Europe, on manque de fonds.
03:21Mais ce n'est pas le sujet que pour le nucléaire.
03:23Sur les biotechs, c'est la même chose.
03:25Vous avez fermé votre bureau en Grande-Bretagne.
03:27Est-ce que dans le reste de l'Union européenne, là, vous trouvez qu'on prend suffisamment le sujet à cœur
03:32et que les investissements arrivent ?
03:35On prend beaucoup le sujet à cœur.
03:36Les investissements sont arrivés.
03:39On a élevé 570 millions d'euros dans le passé.
03:42C'est vrai qu'on est dans une période d'incertitude.
03:46Et surtout, l'Europe montre beaucoup de soutien, mais pas d'argent.
03:50Parce que l'investissement en nucléaire est laissé toujours aux États membres.
03:56Donc, il n'y a pas d'argent en Europe pour le nucléaire.
03:59Le privé n'y va pas.
04:00C'est-à-dire que j'ai reçu, moi, des investisseurs, notamment dans les infrastructures,
04:04il n'y a pas très longtemps, notamment le fonds Ardian.
04:06Il dit, moi, je n'y vais pas parce que ce n'est pas mon boulot, en fait, le nucléaire.
04:09Le nucléaire, c'est un boulot de l'État.
04:11C'est un peu la considération de beaucoup d'investisseurs.
04:14Mais autres, ils attendent à faire ces transitions.
04:18Donc, il y a des investisseurs infrastructurels qui veulent rentrer dans le nucléaire.
04:23Ils attendent que, disons que ce passage entre le public et le privé,
04:29qui n'est pas très fort, justement, c'est pour ça que certains pensent que ça ne arrivera jamais.
04:35Aux États-Unis, il est clair.
04:37Donc, il y a beaucoup d'argent investi aux États-Unis.
04:40Il n'y a pas beaucoup d'argent investi en Europe par ces gros fonds encore.
04:44Mais ils sont là, ils sont prêts à investir.
04:46Il faut créer l'opportunité pour le faire.
04:48Mais vous dites que là, vous avez levé 570 millions.
04:51Ça suffit, là, pour le financement aux Units 2030-2035
04:56pour arriver à une technologie qu'on puisse utiliser ?
04:59Il va falloir relever de l'argent.
05:01Oui, parce qu'il n'y a pas beaucoup d'argent qui est disponible en Europe, justement.
05:06Si on développe OK en Europe, on aura besoin probablement de 3 milliards d'euros encore.
05:12Si on n'utilise que des fonds privés.
05:15Mais on a fait le même exercice sur un modèle, un business plan américain.
05:21Pour les aides qui existent et sont déjà disponibles, on aurait besoin de 2 milliards de mois.
05:27Donc, vous voyez la différence de soutien entre les États-Unis et l'Europe.
05:33Et on n'a même pas encore mentionné vraiment les subsides.
05:37Les premières trois sociétés qui développent des directeurs comme le nôtre, les AMR,
05:43comme on l'a dit au début, ils ont déjà reçu 4,1 milliards de l'État américain en subsides.
05:52Et après, il y a beaucoup d'aides en plus.
05:53Il y a un crédit d'impôt qui arrive à 50%.
05:57Il y a des prêts remboursables après 30 ans.
06:00Est-ce qu'il faut une société européenne de quand même essayer d'aller sur le marché ?
06:03Ou il faut aller sur le marché américain sinon vous êtes...
06:05Il faut qu'on reste en Europe.
06:07C'est très important.
06:08L'Europe a besoin d'énergie à bas prix, de compétitivité.
06:12Donc, c'est clair qu'on va rester en Europe.
06:13Mais on regarde un marché aussi plus international.
06:16C'est clair.
06:16Merci beaucoup d'être venu ce matin, Stéphano Buono, le combatteur de Nucleo.
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