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  • il y a 3 mois
Retrouvez Le 18/19 de Guillaume Paul en replay.

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00:00C'est les 18h16, on va parler un petit peu du budget, on ira d'ailleurs à 18h30 tout à l'heure retrouver Hugo Babé qui est à l'Assemblée Nationale où il se passe encore beaucoup de choses, vous savez qu'on a notamment retardé la date du vote solennel du volet recette de ce budget, mais on va en parler de ce budget qui continue d'examiner à l'Assemblée avec notre deuxième invité Andréa Cotorac qui est avec nous, bonsoir monsieur Cotorac, merci beaucoup d'être avec nous, vous êtes porte-parole du Rassemblement National, merci d'avoir répondu à l'invitation de BFM Business.
00:25La première question que je vais vous poser c'est est-ce que la dissolution de l'Assemblée Nationale reste la priorité du Rassemblement National aujourd'hui monsieur ?
00:33Effectivement parce qu'en fait je constate que d'ailleurs les journalistes comme les politiques on a un peu la tête dans le guidon quand on discute du budget, il y a des chiffres, mais la réalité quand on discute avec les chefs d'entreprise notamment, c'est qu'il y a une frustration générale, tout est à l'arrêt.
00:46On a aujourd'hui des macronistes qui les jours pairs subissent les pressions du PS, les jours impairs les pressions des LR et finalement je crois, et c'est un peu le malheur de la France, on va aboutir à un budget un peu Frankenstein.
00:58Je vous ai posé la question de savoir si la dissolution était toujours votre priorité parce qu'honnêtement on s'est tous posé la question de savoir pourquoi les députés RN avaient voté hier soir l'imposition sur les multinationales à l'initiative de LFI, votée également par le Parti Socialiste et les écologistes.
01:13On ne comprend pas pourquoi un parti comme le vôtre qui cherche à câliner depuis des années les milieux patronaux, petits et grands patrons, a pu se lancer dans cette aventure, monsieur Cotard.
01:21Moi je vais vous poser une autre question, c'est comment est-ce qu'on peut voter contre ? Qu'est-ce qui se passe aujourd'hui ? L'impôt sur les sociétés, vous le savez, a un taux normal.
01:30Aujourd'hui, une multinationale, vous dites petits et grands patrons, non, non, non, les grands patrons, je parle des multinationales, aujourd'hui déclarent à l'administration fiscale des bénéfices, avouons-le, qui sont absolument ridicules.
01:43Bercy peut prendre le chiffre d'affaires de cette entreprise à l'échelle française, y attaiblir le taux moyen de marge à l'échelle mondiale du groupe,
01:53pour pouvoir déterminer exactement le véritable bénéfice de cette entreprise en France, et y appliquer tout simplement ce qu'elle nous doit.
02:00Monsieur Lescure, qui n'est pas du Rassemblement National, le ministre de l'Économie et des Finances, dit lui-même, après huit années au pouvoir quand même,
02:06qu'il y a dans notre pays 20 milliards, 20 milliards d'argent que nous doivent les multinationales qui s'évaporent dans la nature.
02:14C'est un peu la part des anges, vous savez, dans les tonneaux de vin, c'est une part des anges qui s'évaporent.
02:19Donc si vous voulez, qu'est-ce qu'on dit nous ? On dit qu'une entreprise multinationale comme McKinsey, comme des cabinets de conseil,
02:24qui réalisent leurs bénéfices...
02:25Je l'apprends, pourquoi ? Parce que sous le macronisme, il y a eu 31% de hausse de recours à ce type de cabinets comme McKinsey,
02:34qui sont payés par l'argent des Français, vous et moi par notre impôt, par les collectivités territoriales, par l'État ou même par la consommation des Français.
02:41Ce n'est pas une surtaxe, ce n'est pas une imposition supplémentaire, c'est juste appliquer ce qu'elles doivent à la France.
02:46Et pourquoi je vous dis ça ? Parce qu'aujourd'hui, on aboutit à quelque chose d'absolument extraordinaire,
02:53où on dit, le RN, vous êtes irréaliste parce que vous imposez les multinationales.
02:57Mais pardon, ce qui n'est pas réaliste, c'est ce que fait aujourd'hui le macronisme.
03:01C'est, vous avez fait 20 milliards de bénéfices, M. McKinsey, vous savez quoi ?
03:07Vous allez simplement nous en donner deux, et puis les 18 autres, on va les appliquer aux PME, aux TPE, aux ETI, qui elles croulent.
03:14Mais ces entreprises-là ne peuvent pas faire de l'optimisation officielle comme le font les multinationales.
03:18Ces entreprises-là ne peuvent pas décolocaliser.
03:19Donc si vous voulez...
03:20Je vous entends, je vous entends.
03:21Nous, on veut agir pour baisser les impôts de production pour les TPE, pour les PME, pour les entreprises,
03:26de 18 milliards d'euros en moins pour elles, pour qu'elles retrouvent l'oxygène.
03:29Je vous entends, mais quand vous dites taxer les multinationales,
03:32quand vous dites taxer les multinationales, on ne comprend pas comment un groupe comme le vôtre peut voter cette imposition sur les multinationales.
03:38Je vais vous l'expliquer à l'instant.
03:39Oui, oui, tout en l'ayant.
03:40Moi, je ne comprends pas comment on peut laisser...
03:41Votre message est brouillé, c'est le même groupe RN qui a dit hier, nous ne voterons pas, et Marine Le Pen l'a encore répété tout à l'heure devant la presse parlementaire,
03:47ne votera pas la taxe Zuckman ni la taxe Hard, dont le rendement pourtant était inférieur de 15-20 milliards,
03:52mais se lance dans cette imposition des multinationales à 25 milliards d'euros.
03:57Est-ce que vous ne brouillez pas complètement votre message ?
03:58Quand on a fait du matraquage fiscal un marqueur de son message économique, comment est-ce qu'on peut tenir ce double discours ?
04:05Quand M. Barnier a proposé 40 milliards de hausse d'impôts et de taxes, on l'a censuré.
04:08Quand M. Bayrou a proposé 20 milliards d'impôts et de taxes, on l'a censuré.
04:12Je vous rappelle que la taxe Zuckman, je vous rappelle juste qu'en février dernier, la taxe Zuckman, vous êtes abstenu quand le sujet est venu sur le tapis à l'Assemblée.
04:20D'abord, un, on ne va pas imposer davantage ou faire une surtaxe aux multinationales,
04:24on leur demande simplement de payer ce qu'elles doivent à la France sur la base des bénéfices qu'elle a fait sur le dos des Français,
04:29des bénéfices français ou même de l'argent de l'État français.
04:32Point barre, ce n'est pas plus, mais ce n'est pas moins.
04:34Et en l'occurrence, c'est moins qu'elles donnent puisque, je le répète, M. Lescure explique que 20 milliards d'argent des multinationales
04:40qu'elles ne doivent ne rentrent pas dans le caisse de l'État.
04:42Sur la deuxième question, sur la taxe Zuckman, bien sûr que cette taxe est absolument irréaliste.
04:46Irréaliste.
04:47On va la taxer des personnes à hauteur de l'équivalent de trois fois l'ISF.
04:54On y intègre les biens professionnels, donc on touche directement aux entreprises.
04:59C'est inapplicable, c'est absurde.
05:01Et même sur les projections financières, le Parti Socialiste nous explique que ça rapportera 15 milliards.
05:07Les services de Matignon et d'autres analystes nous expliquent que c'est 5 milliards seulement la première année.
05:11C'est-à-dire que ce sera peut-être moins après.
05:12Grandement très contesté, j'entends.
05:14Donc si vous voulez, nous on est réalistes.
05:17Taxer, c'est-à-dire appliquer finalement ce que nous doivent les multinationales qui réalisent leurs bénéfices en France.
05:22C'est pas plus, pas moins, c'est juste ce qu'ils nous doivent pour pouvoir abaisser les impôts de production pour les TPE et les PME, justement leur donner de l'oxygène.
05:28Parce qu'elles, pour le coup, elles sont matraquées fiscalement et on veut leur donner de l'oxygène.
05:32Mais la taxe Zuckman, c'est confiscatoire, c'est irréaliste, c'est absurde.
05:36Et vous le voyez bien, y compris le gouvernement se refusera.
05:38Cette imposition aussi sur les multinationales est juridiquement irréaliste.
05:42Ça reviendrait, ça a été rappelé par de nombreux économistes, pas que des politiques, de nombreux économistes ces dernières heures.
05:47Ça reviendrait à dénoncer quelques 125 conventions fiscales à travers le monde.
05:50Et l'entreprise qui se retrouverait confrontée à cette taxe pourrait aller se retourner du côté des tribunaux au motif qu'il y a double taxation.
05:56Vous savez, on demande simplement à Bercy, qui a le droit, c'est de définir, comme j'ai expliqué tout à l'heure, avec le taux de marge moyen au chiffre d'affaires mondial d'un groupe, pour déterminer exactement le bénéfice.
06:07Le définir, c'est une chose.
06:09Si je peux me permettre, là encore, c'est extraordinaire.
06:14On nous dit que c'est irréaliste, c'est pas possible, parce que l'État n'applique pas ce pour quoi il est là, c'est-à-dire rendre effectivement les choses.
06:23Pour moi, je vais vous dire, dans l'économie, moi j'ai vu des chefs d'entreprise qui ont une morale, qui ont une éthique.
06:28Des chefs d'entreprise qui voulaient augmenter leurs salariés, mais ne pouvaient pas à cause des charges.
06:32On a proposé 10% de salaire sans augmenter les charges.
06:36On a vu des chefs d'entreprise qui étaient attachés à leur territoire, à l'écosystème régional ou local.
06:40On l'a vu. Pardon, mais il y a quand même un problème éthique et moral dans cette histoire.
06:44Il n'y a pas que de la politique ou de l'économie ou du juridique.
06:47Une entreprise qui doit de l'argent...
06:48Là, il y a quand même un gros sujet juridique, vous êtes d'accord, monsieur le comparateur.
06:49Une entreprise qui doit de l'argent à l'État français, aux Français, qui ont produit, bénéficié et qui lui ont fait exploser ses bénéfices,
06:58eh bien, doit ce qu'elle doit, comme un patron de PME, lui, il doit ses impôts.
07:01Eh bien, pourquoi elle ne pourrait-elle pas donner cet argent-là qu'elle doit, je le répète, à l'État français ?
07:07Par ailleurs, il y a quelque chose aussi, une frustration.
07:10On est un petit peu au magma, c'est-à-dire qu'on a un volcan, une frustration, une peur du lendemain dans les entreprises,
07:14une peur du lendemain dans les ménages.
07:16Et on nous explique, jour après jour, c'est pas possible.
07:20Contrôler l'immigration illégale, c'est pas possible.
07:22Vous m'avez pas répondu sur la question de la soutenabilité juridique du dispositif, monsieur Cotarac.
07:27Excusez-moi, on veut simplement appliquer la loi.
07:29Et quand on le fait, on le fait pas de manière...
07:30Donc on va aller dénoncer les 125 conventions fiscales ?
07:34On le fait pas de manière irréaliste.
07:37On le fait parce que Bercy a un pouvoir.
07:39C'est pas le Rassemblement international qui lui a donné.
07:40Bercy a un pouvoir.
07:42Bercy a 135 000 agents pour pouvoir définir le bénéfice exact d'une entreprise.
07:49Et si une entreprise nous dit, eh bien oui, effectivement, j'ai fait ce bénéfice, j'ai triché,
07:53mais je ne vous envoie pas tout revoir, et puis finalement, vous n'avez pas de poids face à nous,
07:58pardon, mais on devrait l'afficher.
08:00C'est quand même extraordinaire vis-à-vis des Français.
08:02– On ne s'affiche pas, pardon.
08:02– Ben si, pardon.
08:04Quand une entreprise affiche des bénéfices qui sont ridicules et qui ne sont pas la réalité,
08:07et que Bercy lui explique par A plus B, avec un calcul de taux de marge à l'échelle mondiale
08:11de son chèque d'affaires, que son bénéfice qu'elle a déclaré est faux,
08:14je parle des multinationales, eh bien, il faut afficher cette entreprise.
08:18Il faut lui dire, regardez, vous, consommateur français, vous lui avez fait exploser son bénéfice.
08:21Vous, McKinsey, vous avez vu, vous avez gagné de l'argent,
08:24fait exploser vos bénéfices, plus 31% de recours à McKinsey sous le macronisme.
08:28On lui a fait exploser avec l'argent public des Français, et cette entreprise nous dit,
08:32eh ben non, moi, je ne vais pas vous payer d'impôts que je vous dois, je pars ailleurs.
08:35Donc, on ne demande pas une surtaxe, on demande simplement qu'elle donne ce qu'elle doit à l'État français
08:40comme un patron de PME-TPE.
08:42Je vais vous dire une chose, il y a quand même une ineptie aujourd'hui en France,
08:45vous avez commencé votre question, ce n'est pas contre vous que je dis ça,
08:48c'est, vous êtes proche des patrons, vous avez un discours qui est réaliste, pragmatique, oui.
08:52– Non, vous souhaitez être proche des patrons, c'est ça.
08:53– Mais là, on ne parle pas du coiffeur de Bobigny,
08:56on ne parle pas de la PME de Saint-Laurent-de-Chamousset,
08:58on parle de McKinsey qui est un bénéfice mondial,
09:01on parle de gesteurs d'actifs qui font leurs bénéfices en France,
09:03et qui, contrairement aux coiffeurs, contrairement à Atos, à Arcelor ou à d'autres,
09:07eh bien, fait finalement de l'optimisation fiscale,
09:12faisant en sorte qu'elle ne donne pas l'argent qu'elle doit aux Français,
09:15et c'est en réalité un juste retour.
09:17Quand les Français font exploser des bénéfices de multinationales ou l'État ou les collectivités,
09:23la moindre des choses, c'est que ces multinationales rendent l'argent aux Français à travers l'impôt qu'elle doit,
09:27je le répète, ce n'est pas une surtaxe, ce n'est pas une invention, c'est tout simplement ce qu'elle doit.
09:31Est-ce qu'il n'y a pas un hiatus ? Il nous reste une une, malheureusement, nous sommes sur la fin.
09:34Est-ce qu'il n'y a pas un hiatus au sein de votre parti, à la tête de votre parti,
09:37entre Jordan Bardella aujourd'hui et Marine Le Pen sur les questions économiques ?
09:40Marine Le Pen plus étatiste et peut-être Jordan Berlin un petit peu loin.
09:43J'ai l'impression qu'il va falloir, plus on se rapproche de l'élection,
09:46plus il va falloir que vous résolviez cette zone d'ombre aujourd'hui qui vous fait,
09:49qui vous porte un petit peu préjudice finalement.
09:51Vous savez, on a...
09:52Ça va devenir un enjeu de crédibilité économique.
09:54Je vais finir là-dessus et très simplement, j'étais avec Marine Le Pen,
09:57on a rencontré 11 chaînes d'entreprise.
09:59Beaucoup disaient, vous êtes socialiste, étatiste,
10:01oulala, il y a des problèmes, etc.
10:03Ou néolibéral et néolibéral selon.
10:04Et un seul disait, non, non, non, c'est pas vrai.
10:06Marine Le Pen a demandé, est-ce que vous avez lu le programme qui est sur Internet,
10:10La France entreprend ?
10:11C'est le programme économique du Rassemblement national de Jordan Bardella et de Marine Le Pen.
10:14Eh bien, le seul qui a dit, je l'ai lu, c'est la personne qui disait aux autres,
10:17c'est faux ce que vous dites.
10:18Donc moi, j'invite sur votre plateau, puisqu'on n'a que quelques secondes,
10:21à aller sur Internet et à télécharger La France entreprend,
10:24qui est le document programmatique économique du Rassemblement national
10:28pour promouvoir les entreprises en France, promouvoir le patriotisme,
10:32faire bénéficier, puisqu'on est en retard sur l'Allemagne
10:33dans les appels d'offres et la commande publique des entreprises françaises,
10:37on est en retard sur l'Allemagne,
10:38faire bénéficier à nos entreprises chez nous
10:40et faire en sorte que les multinationales étrangères payent ce qu'elles doivent chez nous.
10:43Qui prévoit un pacte de confiance aux chefs d'entreprise
10:46qui iraient de la TPE-PME aux dirigeants du CAC 40.
10:49Voilà, j'espère que tous les patrons s'y sont retrouvés dans l'histoire.
10:51Merci beaucoup, c'est Cotarac, merci beaucoup, porte-parole du Rassemblement national.
10:55Merci de passer nous voir ce soir sur BFM.
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