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  • il y a 3 mois
Céline Beliot, directrice générale de Bel, était l'invitée de Sandra Gandoin dans Good Morning Business, ce lundi 27 octobre. Ils sont revenus sur un partenariat stratégique conclu avec Garuda Food, spécialiste des snacks et des boissons, et sur la diversification du groupe, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00C'est avec Cécile Belliot, directrice générale du groupe Bell.
00:03Bonjour, merci d'être avec nous ce matin dans la matinale de l'économie.
00:06Groupe Bell, c'est la vache qui rit, c'est Baby Bell, c'est Kiri, c'est Boursin,
00:09c'est des marques qu'on connaît tous.
00:11Bell est implantée dans 30 pays, distribuée dans 130 pays.
00:15On vient d'entendre à l'instant dans le journal que Bell n'est plus un groupe fromager,
00:18notamment avec ce partenariat stratégique qui a été conclu avec Garuda Food,
00:24spécialiste des snacks et des boissons.
00:27Est-ce que ça veut dire que c'est le début, en tout cas la suite, d'une diversification plus importante ?
00:32Alors c'est une diversification qu'on a déjà entamée depuis déjà quelques années,
00:36puisqu'il y a 7 ans on a fait l'acquisition du groupe Materne.
00:39Donc Materne en France et des marques comme Pomme-Pote par exemple.
00:42Et pourquoi cette diversification, elle fonctionne et elle fonctionne bien ?
00:46Parce que finalement quand on regarde l'ADN du groupe, la vache qui rit, c'est quoi ?
00:50C'est une portion de bien manger, c'est une portion laitière.
00:53Qui rit, c'est la même chose et en fait Pomme-Pote, c'est une portion de bien manger,
00:58mais bien manger fruitière.
00:59Et nous, on se dit que notre raison d'être, c'est d'apporter au plus grand nombre
01:04et en particulier aux enfants du monde entier, une alimentation saine et durable.
01:08Et on le fait à travers des marques qui sont populaires, qui sont joyeuses
01:11et qui sont faites à partir d'ingrédients très simples.
01:14C'est ou du lait, ou du fruit, ou du fruit et du légume.
01:18On a lancé ces gourdes de Pomme-Pote où on mélange le fruit et le légume.
01:21Et donc se rapprocher de Garuda Food et faire cette acquisition dans le leader du fromage en Indonésie,
01:28c'est nous permettre de nous étendre à l'international avec un groupe qui nous ressemble,
01:33qui est aussi un groupe familial comme nous, très éthique.
01:36Vous savez que nous, on est une entreprise qui a 169 ans et qui est une entreprise à mission.
01:42Donc notre obsession, c'est quand même toujours la génération d'après.
01:45Et Garuda Food est aussi une entreprise familiale avec cette vision long terme,
01:50avec cet engagement sur la durabilité.
01:52Et c'est pour ça qu'on a signé ce partenariat stratégique avec eux.
01:55C'est intéressant parce que vous avez fait votre chiffre, vos ventes,
02:00beaucoup évidemment en Europe, en France, mais aussi aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Chine.
02:05Là, il y a un rapprochement.
02:07On regarde vers l'Asie, très clairement.
02:09Pourquoi avoir choisi vers ces régions-là ?
02:12Est-ce que c'est parce qu'aux Etats-Unis, en ce moment, c'est plus compliqué avec l'administration Trump ?
02:17Quelle est la stratégie globale ?
02:18Alors non, nous, on a une stratégie qu'on appelle un modèle multilocal.
02:23C'est-à-dire qu'on a une base en France qui fait 20% du chiffre d'affaires, l'Europe fait 50%.
02:27Mais c'est vrai que notre accélération, elle se fait d'abord sur les Etats-Unis,
02:32qui représente plus de la moitié de notre croissance,
02:35et qui est aujourd'hui notre premier pays, et on continue à aller très bien aux Etats-Unis.
02:40Mais je ne sais pas si vous le savez, l'Asie représentera à horizon 2035 65% de la classe moyenne mondiale.
02:5165%.
02:52Donc quand on est un groupe qui a l'ambition de nourrir le monde,
02:56avec une alimentation de qualité, saine, durable, on ne peut pas passer à côté de l'Asie.
03:02Et 2035, c'est dans 10 ans.
03:04Donc pour nous, en tout cas, avec notre façon de voir le temps long, c'est demain.
03:08Et c'est pour ça qu'on a pris des positions fortes en Asie.
03:10On a commencé par la Chine.
03:12La Chine, chez nous, continue à aller très bien.
03:14On fait une très forte croissance en Chine.
03:15On a multiplié par 8 le chiffre d'affaires sur la Chine en 5 ans.
03:19On a pris des positions en Inde, il y a 3 ans.
03:22On a signé aussi un partenariat stratégique avec Britannia Food,
03:25qui est un des leaders, là encore, du biscuit en Inde,
03:30et qui a fait une diversification sur le fromage.
03:33Et on fait la même chose avec Garuda,
03:35qui va nous donner l'accès au marché indonésien,
03:38qui va nous donner une base industrielle pour produire localement.
03:41Et ça nous donne accès à quoi ?
03:43À 275 millions d'habitants sur un pays qui est en très forte croissance.
03:48Puisque quand on regarde la performance de l'Indonésie,
03:51le PIB croit en Indonésie entre 5 et 7% chaque année.
03:55On va regarder ce qui se passe aussi en France, malgré tout.
03:59Parce que cette alimentation, ce développement de l'alimentation saine,
04:04ça change évidemment.
04:06Il y a de plus en plus de gens sur le secteur,
04:09d'entreprises sur le secteur,
04:10qui veulent aussi faire une alimentation saine.
04:12Comment on se différencie quand on est un groupe fromagerique,
04:15vous l'avez dit, à 169 ans ?
04:17Est-ce que ça passe par la végétalisation ?
04:19Est-ce que ça passe par des nouveaux produits ?
04:21Comment on fait pour attirer davantage le consommateur aujourd'hui ?
04:24Alors nous, on reste toujours, encore une fois,
04:26ancré dans notre mission et notre ADN.
04:28On a des marques qui sont fortes, qui sont populaires,
04:30qui sont souriantes.
04:32On a une approche de l'alimentation,
04:34qui est une alimentation qui n'est pas forcément
04:35une alimentation fonctionnelle, médicale.
04:37C'est vraiment une alimentation simple de tous les jours.
04:40Donc ce qu'on veut, nous, c'est avoir des produits
04:42les plus proches possibles de l'oramont.
04:45Quand on fait du Babybel,
04:47et on n'a pas besoin de se réinventer tant que ça,
04:50quand on fait du Babybel,
04:51on fait une portion, on fait un mini-fromage,
04:54c'est du lait et des ferments.
04:55Alors c'est intéressant ce qui se passe aujourd'hui,
04:57parce que Babybel explose partout,
04:59parce qu'on redécouvre la simplicité d'un mini-fromage,
05:02parce qu'on redécouvre que dans Babybel,
05:04c'est une source de protéines,
05:06simple, saine,
05:07et qu'on redécouvre aussi tout le plaisir,
05:09l'expérience de Babybel.
05:11Ce qui fait la force de Babybel,
05:12c'est sa cire,
05:14c'est cette expérience de l'ouverture,
05:16c'est ce petit Pac-Man avec lequel je joue après.
05:19Et donc, c'est à la fois donner envie
05:21de découvrir aux enfants le goût du fromage,
05:24la tradition du fromage,
05:26tout en étant hyper moderne,
05:27parce que hyper pratique et hyper ludique.
05:30C'est les vieilles recettes, finalement,
05:31qui fonctionnent au fil des années,
05:33malgré tout.
05:33Je parlais de végétalisation tout à l'heure,
05:35il faut en faire.
05:35Néanmoins, finalement,
05:37la cible n'est pas si large que ça.
05:39Est-ce que c'est stratégiquement intéressant
05:41d'aller vers ça ou pas, réellement ?
05:43Alors, nous, on considère que c'est stratégique,
05:45c'est-à-dire qu'on veut avoir une réponse
05:48aux besoins de chacun.
05:49Aux États-Unis, il y a une vraie demande,
05:52il y a un vrai marché aux États-Unis,
05:53au Canada,
05:54en Angleterre,
05:56pour avoir des alternatives à la protéine animale.
05:59Donc, on a développé un baby-bell
06:01fait à partir de protéines végétales.
06:03On a une vache qui rive
06:04fait à partir de lait d'avoine.
06:06On a un boursin végétal,
06:08qui fonctionne d'ailleurs très bien
06:10dans l'ensemble de nos marchés,
06:11qu'on a lancé aussi en France.
06:12Et nous, on n'oppose pas le lait
06:14et le non-laitier.
06:16Nous, on considère que nos marques
06:18sont là pour aider chacun d'entre nous
06:21à trouver une alimentation qui, lui, correspond.
06:24Tout en étant très aligné avec
06:26nous sommes des produits simples,
06:27des produits sains,
06:29qui faisons, et nous faisons partie
06:31du quotidien de tout le monde.
06:33Je voudrais vous parler,
06:34le temps qui nous reste,
06:36du contexte politique et économique
06:39qui frappe la France,
06:40les discussions sur le budget,
06:41les entreprises qui vont être mises
06:43à contribution d'une façon ou d'une autre.
06:45Vous, vous êtes très à l'international,
06:47très exposé à l'international.
06:48Néanmoins, est-ce que vous sentez,
06:50vous, dans votre business,
06:51ce contexte économique,
06:52et de quelle façon ?
06:54Alors, vous savez,
06:55moi je suis un acteur économique,
06:57pas un acteur politique,
06:58donc je n'ai pas tellement vocation
07:00à commenter la politique.
07:02Ce que je peux vous dire aujourd'hui
07:03sur ce qui se passe en France,
07:04c'est que l'entreprise est devenue
07:06un peu le seul endroit de stabilité.
07:10Et que, contrairement peut-être
07:11à la politique en France,
07:14nous, on est capables de faire des compromis,
07:17nous, on est capables de se fixer un cap,
07:19de se fixer une vision,
07:21et de mobiliser un corps social
07:22qui est celui de l'entreprise
07:24pour aller chercher cette vision.
07:26Et vous savez,
07:27l'univers aujourd'hui,
07:28le monde n'a jamais été aussi difficile,
07:30j'allais dire aussi volatile,
07:32entre les droits d'Odoine
07:34qui bougent toutes les semaines,
07:38les guerres qu'on n'a pas prévues
07:40avec lesquelles il faut faire,
07:42l'inflation qu'on a dû absorber
07:44sur les dernières années,
07:45le changement climatique
07:47qui met à mal systématiquement
07:48notre amont,
07:49que ce soit l'amont fruitier
07:50ou l'amont laitier,
07:51ça, c'est le contexte
07:52dans lequel on évolue.
07:54Et malgré tout,
07:55malgré cette voie de l'habitilité,
07:56nous, on arrive à maintenir le cap.
07:58On arrive à créer
07:59cet espace de stabilité.
08:01Ça veut dire que c'est possible, en fait.
08:03Ça veut dire que,
08:03quand on a une vision
08:04et quand on a du pragmatisme
08:06pour la mettre en œuvre,
08:07on est capable
08:08d'animer, en fait,
08:10un corps social là-dessus.
08:11Pour terminer,
08:12il y a quand même
08:12des lignes rouges
08:12à ne pas dépasser,
08:13sur notamment le débat
08:14sur la fiscalité des entreprises.
08:16Il y a des choses
08:17qui vous font peur
08:18qui pourraient être adoptées ?
08:20Honnêtement,
08:21on s'est adapté
08:21à peu près à tout.
08:24Donc moi,
08:24je suis absolument convaincue
08:25que chacun devra faire sa part.
08:27Encore une fois,
08:28nous, on est une entreprise à mission,
08:30donc on met dué
08:30dans tout ce qu'on fait.
08:31On croit à la durabilité
08:32et à la performance financière.
08:34On n'en pose pas les deux.
08:35Donc, j'invite surtout
08:37à ce qu'il y ait
08:38de la stabilité,
08:38de la vision
08:39et un cadre
08:40pour qu'on puisse s'adapter
08:41et continuer à progresser.
08:43J'admire votre calme
08:43dans cette situation.
08:45Merci beaucoup,
08:46Cécile Béliaud,
08:46directrice générale
08:47du groupe Bell,
08:48d'être venue ce matin
08:49dans la matinale
08:50de l'économie.
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