00:00C'est avec Cécile Belliot, directrice générale du groupe Bell.
00:03Bonjour, merci d'être avec nous ce matin dans la matinale de l'économie.
00:06Groupe Bell, c'est la vache qui rit, c'est Baby Bell, c'est Kiri, c'est Boursin,
00:09c'est des marques qu'on connaît tous.
00:11Bell est implantée dans 30 pays, distribuée dans 130 pays.
00:15On vient d'entendre à l'instant dans le journal que Bell n'est plus un groupe fromager,
00:18notamment avec ce partenariat stratégique qui a été conclu avec Garuda Food,
00:24spécialiste des snacks et des boissons.
00:27Est-ce que ça veut dire que c'est le début, en tout cas la suite, d'une diversification plus importante ?
00:32Alors c'est une diversification qu'on a déjà entamée depuis déjà quelques années,
00:36puisqu'il y a 7 ans on a fait l'acquisition du groupe Materne.
00:39Donc Materne en France et des marques comme Pomme-Pote par exemple.
00:42Et pourquoi cette diversification, elle fonctionne et elle fonctionne bien ?
00:46Parce que finalement quand on regarde l'ADN du groupe, la vache qui rit, c'est quoi ?
00:50C'est une portion de bien manger, c'est une portion laitière.
00:53Qui rit, c'est la même chose et en fait Pomme-Pote, c'est une portion de bien manger,
00:58mais bien manger fruitière.
00:59Et nous, on se dit que notre raison d'être, c'est d'apporter au plus grand nombre
01:04et en particulier aux enfants du monde entier, une alimentation saine et durable.
01:08Et on le fait à travers des marques qui sont populaires, qui sont joyeuses
01:11et qui sont faites à partir d'ingrédients très simples.
01:14C'est ou du lait, ou du fruit, ou du fruit et du légume.
01:18On a lancé ces gourdes de Pomme-Pote où on mélange le fruit et le légume.
01:21Et donc se rapprocher de Garuda Food et faire cette acquisition dans le leader du fromage en Indonésie,
01:28c'est nous permettre de nous étendre à l'international avec un groupe qui nous ressemble,
01:33qui est aussi un groupe familial comme nous, très éthique.
01:36Vous savez que nous, on est une entreprise qui a 169 ans et qui est une entreprise à mission.
01:42Donc notre obsession, c'est quand même toujours la génération d'après.
01:45Et Garuda Food est aussi une entreprise familiale avec cette vision long terme,
01:50avec cet engagement sur la durabilité.
01:52Et c'est pour ça qu'on a signé ce partenariat stratégique avec eux.
01:55C'est intéressant parce que vous avez fait votre chiffre, vos ventes,
02:00beaucoup évidemment en Europe, en France, mais aussi aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Chine.
02:05Là, il y a un rapprochement.
02:07On regarde vers l'Asie, très clairement.
02:09Pourquoi avoir choisi vers ces régions-là ?
02:12Est-ce que c'est parce qu'aux Etats-Unis, en ce moment, c'est plus compliqué avec l'administration Trump ?
02:17Quelle est la stratégie globale ?
02:18Alors non, nous, on a une stratégie qu'on appelle un modèle multilocal.
02:23C'est-à-dire qu'on a une base en France qui fait 20% du chiffre d'affaires, l'Europe fait 50%.
02:27Mais c'est vrai que notre accélération, elle se fait d'abord sur les Etats-Unis,
02:32qui représente plus de la moitié de notre croissance,
02:35et qui est aujourd'hui notre premier pays, et on continue à aller très bien aux Etats-Unis.
02:40Mais je ne sais pas si vous le savez, l'Asie représentera à horizon 2035 65% de la classe moyenne mondiale.
02:5165%.
02:52Donc quand on est un groupe qui a l'ambition de nourrir le monde,
02:56avec une alimentation de qualité, saine, durable, on ne peut pas passer à côté de l'Asie.
03:02Et 2035, c'est dans 10 ans.
03:04Donc pour nous, en tout cas, avec notre façon de voir le temps long, c'est demain.
03:08Et c'est pour ça qu'on a pris des positions fortes en Asie.
03:10On a commencé par la Chine.
03:12La Chine, chez nous, continue à aller très bien.
03:14On fait une très forte croissance en Chine.
03:15On a multiplié par 8 le chiffre d'affaires sur la Chine en 5 ans.
03:19On a pris des positions en Inde, il y a 3 ans.
03:22On a signé aussi un partenariat stratégique avec Britannia Food,
03:25qui est un des leaders, là encore, du biscuit en Inde,
03:30et qui a fait une diversification sur le fromage.
03:33Et on fait la même chose avec Garuda,
03:35qui va nous donner l'accès au marché indonésien,
03:38qui va nous donner une base industrielle pour produire localement.
03:41Et ça nous donne accès à quoi ?
03:43À 275 millions d'habitants sur un pays qui est en très forte croissance.
03:48Puisque quand on regarde la performance de l'Indonésie,
03:51le PIB croit en Indonésie entre 5 et 7% chaque année.
03:55On va regarder ce qui se passe aussi en France, malgré tout.
03:59Parce que cette alimentation, ce développement de l'alimentation saine,
04:04ça change évidemment.
04:06Il y a de plus en plus de gens sur le secteur,
04:09d'entreprises sur le secteur,
04:10qui veulent aussi faire une alimentation saine.
04:12Comment on se différencie quand on est un groupe fromagerique,
04:15vous l'avez dit, à 169 ans ?
04:17Est-ce que ça passe par la végétalisation ?
04:19Est-ce que ça passe par des nouveaux produits ?
04:21Comment on fait pour attirer davantage le consommateur aujourd'hui ?
04:24Alors nous, on reste toujours, encore une fois,
04:26ancré dans notre mission et notre ADN.
04:28On a des marques qui sont fortes, qui sont populaires,
04:30qui sont souriantes.
04:32On a une approche de l'alimentation,
04:34qui est une alimentation qui n'est pas forcément
04:35une alimentation fonctionnelle, médicale.
04:37C'est vraiment une alimentation simple de tous les jours.
04:40Donc ce qu'on veut, nous, c'est avoir des produits
04:42les plus proches possibles de l'oramont.
04:45Quand on fait du Babybel,
04:47et on n'a pas besoin de se réinventer tant que ça,
04:50quand on fait du Babybel,
04:51on fait une portion, on fait un mini-fromage,
04:54c'est du lait et des ferments.
04:55Alors c'est intéressant ce qui se passe aujourd'hui,
04:57parce que Babybel explose partout,
04:59parce qu'on redécouvre la simplicité d'un mini-fromage,
05:02parce qu'on redécouvre que dans Babybel,
05:04c'est une source de protéines,
05:06simple, saine,
05:07et qu'on redécouvre aussi tout le plaisir,
05:09l'expérience de Babybel.
05:11Ce qui fait la force de Babybel,
05:12c'est sa cire,
05:14c'est cette expérience de l'ouverture,
05:16c'est ce petit Pac-Man avec lequel je joue après.
05:19Et donc, c'est à la fois donner envie
05:21de découvrir aux enfants le goût du fromage,
05:24la tradition du fromage,
05:26tout en étant hyper moderne,
05:27parce que hyper pratique et hyper ludique.
05:30C'est les vieilles recettes, finalement,
05:31qui fonctionnent au fil des années,
05:33malgré tout.
05:33Je parlais de végétalisation tout à l'heure,
05:35il faut en faire.
05:35Néanmoins, finalement,
05:37la cible n'est pas si large que ça.
05:39Est-ce que c'est stratégiquement intéressant
05:41d'aller vers ça ou pas, réellement ?
05:43Alors, nous, on considère que c'est stratégique,
05:45c'est-à-dire qu'on veut avoir une réponse
05:48aux besoins de chacun.
05:49Aux États-Unis, il y a une vraie demande,
05:52il y a un vrai marché aux États-Unis,
05:53au Canada,
05:54en Angleterre,
05:56pour avoir des alternatives à la protéine animale.
05:59Donc, on a développé un baby-bell
06:01fait à partir de protéines végétales.
06:03On a une vache qui rive
06:04fait à partir de lait d'avoine.
06:06On a un boursin végétal,
06:08qui fonctionne d'ailleurs très bien
06:10dans l'ensemble de nos marchés,
06:11qu'on a lancé aussi en France.
06:12Et nous, on n'oppose pas le lait
06:14et le non-laitier.
06:16Nous, on considère que nos marques
06:18sont là pour aider chacun d'entre nous
06:21à trouver une alimentation qui, lui, correspond.
06:24Tout en étant très aligné avec
06:26nous sommes des produits simples,
06:27des produits sains,
06:29qui faisons, et nous faisons partie
06:31du quotidien de tout le monde.
06:33Je voudrais vous parler,
06:34le temps qui nous reste,
06:36du contexte politique et économique
06:39qui frappe la France,
06:40les discussions sur le budget,
06:41les entreprises qui vont être mises
06:43à contribution d'une façon ou d'une autre.
06:45Vous, vous êtes très à l'international,
06:47très exposé à l'international.
06:48Néanmoins, est-ce que vous sentez,
06:50vous, dans votre business,
06:51ce contexte économique,
06:52et de quelle façon ?
06:54Alors, vous savez,
06:55moi je suis un acteur économique,
06:57pas un acteur politique,
06:58donc je n'ai pas tellement vocation
07:00à commenter la politique.
07:02Ce que je peux vous dire aujourd'hui
07:03sur ce qui se passe en France,
07:04c'est que l'entreprise est devenue
07:06un peu le seul endroit de stabilité.
07:10Et que, contrairement peut-être
07:11à la politique en France,
07:14nous, on est capables de faire des compromis,
07:17nous, on est capables de se fixer un cap,
07:19de se fixer une vision,
07:21et de mobiliser un corps social
07:22qui est celui de l'entreprise
07:24pour aller chercher cette vision.
07:26Et vous savez,
07:27l'univers aujourd'hui,
07:28le monde n'a jamais été aussi difficile,
07:30j'allais dire aussi volatile,
07:32entre les droits d'Odoine
07:34qui bougent toutes les semaines,
07:38les guerres qu'on n'a pas prévues
07:40avec lesquelles il faut faire,
07:42l'inflation qu'on a dû absorber
07:44sur les dernières années,
07:45le changement climatique
07:47qui met à mal systématiquement
07:48notre amont,
07:49que ce soit l'amont fruitier
07:50ou l'amont laitier,
07:51ça, c'est le contexte
07:52dans lequel on évolue.
07:54Et malgré tout,
07:55malgré cette voie de l'habitilité,
07:56nous, on arrive à maintenir le cap.
07:58On arrive à créer
07:59cet espace de stabilité.
08:01Ça veut dire que c'est possible, en fait.
08:03Ça veut dire que,
08:03quand on a une vision
08:04et quand on a du pragmatisme
08:06pour la mettre en œuvre,
08:07on est capable
08:08d'animer, en fait,
08:10un corps social là-dessus.
08:11Pour terminer,
08:12il y a quand même
08:12des lignes rouges
08:12à ne pas dépasser,
08:13sur notamment le débat
08:14sur la fiscalité des entreprises.
08:16Il y a des choses
08:17qui vous font peur
08:18qui pourraient être adoptées ?
08:20Honnêtement,
08:21on s'est adapté
08:21à peu près à tout.
08:24Donc moi,
08:24je suis absolument convaincue
08:25que chacun devra faire sa part.
08:27Encore une fois,
08:28nous, on est une entreprise à mission,
08:30donc on met dué
08:30dans tout ce qu'on fait.
08:31On croit à la durabilité
08:32et à la performance financière.
08:34On n'en pose pas les deux.
08:35Donc, j'invite surtout
08:37à ce qu'il y ait
08:38de la stabilité,
08:38de la vision
08:39et un cadre
08:40pour qu'on puisse s'adapter
08:41et continuer à progresser.
08:43J'admire votre calme
08:43dans cette situation.
08:45Merci beaucoup,
08:46Cécile Béliaud,
08:46directrice générale
08:47du groupe Bell,
08:48d'être venue ce matin
08:49dans la matinale
08:50de l'économie.
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