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  • il y a 3 mois
François Riahi, directeur général de Banijay Group, était l'invité de Sandra Gandoin dans Good Morning Business, ce mercredi 29 octobre. Ils sont revenus sur l'acquisition de Tipico, leader du pari sportif en Allemagne, par le groupe Banijay, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Le grand entretien ce matin sur BFM Business, c'est François Riaï, directeur général de Banigé Group.
00:07Bonjour, merci d'être avec nous dans la matinale de l'économie.
00:11Vous annoncez, on en a parlé il y a un instant, l'acquisition de Tipico, leader du Paris sportif en Allemagne.
00:17C'est le plus gros rachat de votre histoire. Détaillez-nous cette opération.
00:22Oui, donc c'est effectivement un moment très important pour nous,
00:25puisque en fait, en rachetant Tipico, on double de taille dans le domaine du Paris sportif,
00:31qui est un de nos grands métiers avec la production télévisée et la production d'événements.
00:37Et donc, on devient le leader d'Europe continentale sur ce métier.
00:44On a déjà Betclic, qui est leader dans quatre pays, dont la France, mais aussi le Portugal, la Pologne et la Côte d'Ivoire.
00:52Et Tipico est leader. Tipico, c'est un peu le Betclic allemand.
00:56C'est deux sociétés qui sont très similaires en termes de culture et d'ADN,
01:00et qui est leader incontesté en Allemagne et en Autriche.
01:04Et donc, vous voyez, avec cet ensemble, on devient vraiment un acteur européen de première importance.
01:10Un géant des paris sportifs. L'opération a coûté 3 milliards. Elle sera bouclée quand ?
01:16Alors, on a signé hier matin et elle sera finalisée complètement mi-2026.
01:23On va un petit peu prendre de la hauteur.
01:27Ça vous fait couvrir combien de personnes ce nouveau deal en Europe ?
01:33Alors, en fait, on sera leader dans six pays, qui représentent 280 millions de personnes.
01:40On va être leader dans trois des cinq pays les plus peuplés d'Union européenne.
01:45Donc voilà, c'est ça. C'est très important pour nous dans ce métier.
01:48C'est un métier dans lequel être leader est un élément assez fondamental.
01:53Pourquoi ?
01:54Parce que c'est un métier dans lequel il y a beaucoup de coûts fixes.
01:57C'est un métier de tech, en fait.
01:59Donc, si vous avez une plateforme pour servir des clients, une plateforme informatique,
02:03il faut qu'elle soit au meilleur standard possible.
02:05Que vous serviez 5% de parts de marché ou que vous serviez 30% de parts de marché,
02:09vous avez quand même besoin de la même plateforme.
02:11Vous avez besoin de faire du marketing et de faire connaître votre marque.
02:13Donc, quand vous avez une grosse part de marché,
02:16finalement, vous avez aussi une meilleure profitabilité et une meilleure capacité de résister à l'évolution du contexte.
02:23Il y a un enjeu technologique derrière ça, vous venez de le dire.
02:26C'est-à-dire la plateforme, les données, l'analyse des données.
02:29Ça va vous donner un poids à ce niveau-là,
02:31même dans les investissements futurs que vous allez faire dans les paris sportifs là-dessus ?
02:34Oui, bien sûr.
02:35Parce qu'en fait, c'est d'abord une...
02:36Betclic, aujourd'hui, c'est une société de technologie.
02:39Je crois que trois quarts de nos salariés sont des ingénieurs, des data scientists.
02:44Ils sont tous basés à Bordeaux.
02:46Typico, c'est une société très similaire,
02:49avec eux aussi des très bonnes ressources technologiques,
02:51une très bonne qualité technologique.
02:53Et aujourd'hui, il faut investir.
02:55Il faut investir dans des outils d'intelligence artificielle.
02:57Il faut investir dans le fait d'avoir la meilleure plateforme possible.
03:00Et donc, évidemment, ensemble, on est plus forts pour réaliser ces investissements.
03:04L'autre activité que vous avez, c'est la production télévisuelle.
03:07Vous organisez des événements également, les paris sportifs de l'autre côté.
03:11Quelle part vous allez donner à chacune de ces activités dans les mois, les années qui viennent ?
03:16Alors, cette opération, en fait, elle conduit à rééquilibrer la taille de nos deux grands métiers,
03:23de production de contenu et de paris sportifs.
03:26On va, avec cette opération, avoir des revenus d'à peu près 6 milliards et demi,
03:31qui sont à peu près également répartis entre la production télé et d'événements dans lesquels on est leader mondial,
03:37et les paris sportifs dans lesquels on devient un leader européen.
03:40Et il va y avoir des possibilités de synergie, de passage entre ces deux activités ?
03:45Oui, tout à fait. En fait, il y a des synergies, alors pas dans le domaine du paris sportif,
03:49mais plutôt dans le domaine du casino en ligne.
03:51Donc, par exemple, on utilise nos marques, je ne sais pas, Koh Lanta,
03:55on utilise Apprendre ou Alessai, je prends les noms français, mais on ne l'utilise pas en France,
04:01dans le casino en ligne, au Portugal, puisqu'aujourd'hui, c'est le seul pays, avec la Côte d'Ivoire,
04:05où on peut faire du casino en ligne.
04:06En Allemagne, on peut faire du casino en ligne, donc c'est un élément aussi de synergie supplémentaire,
04:11où on va pouvoir utiliser nos grandes marques de production télé dans le jeu.
04:15Oui, le passage entre les deux.
04:17C'est intéressant que vous ayez à ce point investi dans le paris sportif,
04:20pourtant la fiscalité, notamment en France, ne vous y pousse pas.
04:24La France a alourdi la fiscalité du secteur il y a quelques mois.
04:27Oui, c'est aussi pour des raisons comme ça qu'on se développe dans d'autres pays.
04:31Oui, je peux vous dire que si Betclic avait été qu'en France cette année,
04:38on souffrirait énormément, puisque la fiscalité, qui était déjà la plus haute du monde,
04:44a encore été augmentée très significativement cette année.
04:48Pour nous, c'est un impact en année pleine de 20 millions d'euros de plus.
04:51et en fait, je dirais, avoir une plus grande diversification de géographie,
05:00c'est important parce que justement, quand on a une hausse de taxes comme ça,
05:04avoir plusieurs géographies, ça donne beaucoup de résilience.
05:07Au-delà de cette opération, vous regardez déjà les opérations suivantes de consolidation,
05:12vous pourriez faire en Europe, en dehors de l'Europe ?
05:15Alors, vous le savez, on est toujours très ambitieux, on est toujours très allant,
05:21on fait beaucoup de développement, on s'est beaucoup développé.
05:25Là, c'est quand même une très grosse acquisition pour nous.
05:28On a besoin de la digérer et de l'intégrer, on veut que ça se passe au mieux.
05:32L'important, ça va être de réussir cette opération,
05:35mais clairement, cette opération fait de nous un consolidateur.
05:39Donc, c'est vrai que ça nous prépare pour l'avenir.
05:42Je fais un pas de côté, mais on entendra tout à l'heure l'interview de Carlos Tavares,
05:46qui a répondu à nos questions.
05:49Il parlait de l'Asie, il parlait des États-Unis et de la fragmentation du monde,
05:56la fragmentation économique, la difficulté des entrepreneurs aujourd'hui
06:00à avoir une vision de ce qui allait se passer dans les prochaines années.
06:03Comment vous, vous voyez justement les prochaines années ?
06:07Comment on définit sa stratégie dans ce contexte ?
06:10C'est sûr que c'est un contexte très incertain.
06:16Il faut analyser les métiers de manière très spécifique,
06:22parce que chaque métier va être confronté plus ou moins à certaines contraintes.
06:26Par exemple, sur la production télé, on est complètement mondiaux,
06:30mais on n'est pas vraiment exposé sur les questions de tarifs, par exemple.
06:33On est multilocal.
06:35Donc, ce qui est clair, c'est qu'avec cette opération Typico,
06:40on décide sur ce métier-là de se développer en Europe.
06:43On a choisi de ne pas se développer aux États-Unis,
06:45parce que finalement, c'est un marché qui est évidemment très attractif,
06:47mais trop gros, dans lequel on n'a pas de capacité de réussir.
06:51Voilà, donc on adapte un peu notre stratégie,
06:55à la fois au contexte et à la fois à nos propres capacités.
06:58Et on va évidemment regarder ce qui se passe aussi en France,
07:02ces débats à l'Assemblée en ce moment,
07:04cette deuxième semaine de débats sur le budget.
07:07Qu'est-ce que vous, ça vous inspire, ce que vous entendez dernièrement,
07:10la taxation des entreprises, la taxation des hauts revenus ?
07:14Qu'est-ce que vous en pensez ?
07:15Disons qu'on a l'impression qu'en fait, il suffit de taxer
07:22pour trouver des solutions à tous les problèmes.
07:27Moi, j'ai envie de dire qu'à un moment, si on met,
07:28je rappelle la base de la courbe de l'affaire,
07:31mais à un moment, si on taxe tout à 100%, il ne se passe plus rien.
07:34Donc, on est en train, tranquillement, de s'approcher de ce moment-là en France.
07:37C'est intéressant. Hier, j'ai écouté Eric Larchevêque
07:39qui parlait des très grosses entreprises,
07:42du fait d'avoir des très gros patrimoins, des très gros revenus,
07:44et qui disaient qu'on allait complètement décourager les entrepreneurs
07:48avec ce type de décision qui se décide en ce moment à l'Assemblée.
07:52Vous en pensez quoi ?
07:54Écoutez, je ne vais pas faire de politique, en l'occurrence.
07:57Mais en tout cas, moi, ce que je veux dire par rapport aux entreprises,
07:59c'est que, vous voyez, les champions français,
08:02ils vont chercher à se développer dans des pays
08:05dans lesquels on peut être un peu plus profitable.
08:07Comme je le disais sur le pari sportif,
08:09la France est notre plus gros pays en revenus,
08:12mais c'est le pays le moins profitable, parce que c'est le plus taxé.
08:16Et donc, à un moment donné,
08:19on ne peut pas augmenter en permanence la taxe
08:21sans que ça n'ait un impact sur l'économie.
08:24Et je crois qu'on commence à le voir en France.
08:26Merci beaucoup, François Riaï, d'être venu nous voir,
08:28directeur général de Benidjé Group,
08:30pour nous parler de ce rachat de typico,
08:33plus grosse acquisition de votre histoire.
08:36Merci, François Riaï, d'avoir regardé cette vidéo !
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