- il y a 11 mois
Les clefs d'une vie - Agnès Michaux
Après « Nulle part ailleurs », elle s’est reconvertie dans la littérature. Elle signe une biographie de 600 pages , sur Huysmans, un père de la littérature moderne
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##LES_CLEFS_D_UNE_VIE-2025-10-08##
Après « Nulle part ailleurs », elle s’est reconvertie dans la littérature. Elle signe une biographie de 600 pages , sur Huysmans, un père de la littérature moderne
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PersonnesTranscription
00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:03Les clés d'une vie, celle de mon invité.
00:05Le grand public vous a découvert grâce à Nulle Par Ailleurs.
00:09Vous avez un jour décidé de vous éloigner de la télévision
00:12pour vous consacrer à votre vraie passion, la littérature.
00:16Vous publiez aujourd'hui la biographie d'un maître du genre.
00:20Une histoire que depuis plus de six décennies, on a trouvé Nulle Par Ailleurs.
00:24Bonjour Agnès Michaud.
00:25Bonjour.
00:26Le lien était facile.
00:27Eh oui, mais bravo.
00:28Ce livre, c'est Huisement vivant, un pavé de 700 pages au cherche-midi
00:33qu'on va évoquer tout à l'heure.
00:34Mais votre parcours est atypique et le principe des clés d'une vie
00:37est de raconter des parcours à travers des dates clés.
00:40Donc je vais commencer avec la première date clé,
00:42qui est le 5 janvier 1977.
00:45Ça ne vous concerne pas directement, mais c'est important,
00:48car ce jour-là, dans Les Visiteurs du Mercredi,
00:50on diffuse pour la première fois ce feuilleton.
00:58C'est une série suédoise d'amitié entre deux enfants de 10 ans
01:04qui vous a marquée, je crois.
01:05Oh là là ! Je ne sais pas comment vous dire.
01:10Chaque fois que ça commençait,
01:12ce générique qui était d'une sorte de douceur à la Bergman,
01:16cette petite fille absolument blonde, alors que j'étais absolument brune,
01:19toute en blondeur.
01:22Et vous voyez ces couleurs suédoises gustaviennes,
01:26c'est presque flou à la bilitis,
01:29avec sa petite pierre dans la main.
01:30Oui, c'est...
01:32En fait, j'allais dire, je crois que ça compte esthétiquement dans ma vie.
01:35C'est bizarre de dire ça, mais...
01:37Oui, ça a été un truc.
01:38Bon, alors évidemment, les gens de la même génération qu'on se souviendront.
01:41Peut-être que les autres ne vont pas du tout comprendre de quoi on parle.
01:44Mais oui, la pierre blanche, ça a été très important.
01:47Il y a deux séries très importantes dans ma vie.
01:48Il y a la pierre blanche.
01:51Et il y a Colombo.
01:52Et Colombo n'a pas rien à voir non plus avec la manière dont parfois je fais des livres.
01:57C'est-à-dire en menant des enquêtes.
01:59Il y a une autre série comme Colombo, j'ai découvert,
02:01c'appelle Monk, je ne sais pas si vous connaissez.
02:03Oui, je connais Monk.
02:04Oui, c'est pas mal, c'est original.
02:05Le personnage est très original.
02:07C'est une écriture particulière.
02:09Ce n'est pas si souvent.
02:10Voilà, exactement.
02:11Alors, ça, c'est 10 ans.
02:13Et ces 10 ans, vous les passez en Touraine.
02:15Je crois que vous êtes née à Chinon.
02:16Et vous avez grandi à Tours.
02:17Alors, je suis née à Tours.
02:18Aux Dames Blanches, près des Halles.
02:22Et j'ai grandi sur la commune Limitrof qui est jouée les Tours,
02:26tout près du château de Candé.
02:27Vous savez, le fameux château où ce roi d'Angleterre qui avait abdiqué.
02:31Je ne me lance pas dans les numéros, j'ai peur de me tromper.
02:33L'époux de Wallis Simpson a longtemps habité.
02:36Exactement.
02:36Alors, il se trouve que les Dames Blanches, dans l'Antiquité,
02:38c'était un embarcadère au bord de la Loire,
02:41qui est devenu un quartier.
02:42Et c'est là où vous grandissez entre un père instituteur
02:44et une mère prof de sport.
02:45Donc, c'est l'enseignement au départ pour vous.
02:47Oui, c'est ça.
02:48Alors, je ne sais pas, peut-être...
02:51Qu'est-ce qu'il y a de privilégié à avoir un papa instituteur, par exemple ?
02:57Moi, j'aimais beaucoup parce que mon papa,
02:59il avait cette espèce d'éducation républicaine à l'ancienne des instituteurs.
03:03C'est-à-dire, il connaissait le nom des plantes et des oiseaux.
03:05Pas que ça, mais j'avoue que je me rends compte maintenant
03:09à quel point je connais le nom des plantes et des oiseaux
03:12et que ce n'est pas si courant.
03:14Non, et ce qui n'est pas si courant non plus,
03:15c'est votre éducation littéraire,
03:17car on lisait beaucoup à la maison
03:18et vous avez beaucoup lu dès votre enfance.
03:21Oui, mais par enlisées, non pas...
03:23On n'avait pas une bibliothèque, j'allais dire, de parisiens,
03:26mais on avait la solide bibliothèque des Hussards de la République,
03:31donc Victor Hugo.
03:32Oui, les 18 volumes intégrales, vous les aviez,
03:34et vous les avez lus entre 10 et 12 ans, pratiquement, à l'esprit.
03:38Alors, bon, sans me vanter, mais c'est la réalité,
03:42donc je vais le dire, j'ai tout lu à 10 ans.
03:46C'est fou, hein ?
03:46Et donc, l'anecdote est marrante,
03:48mais ça a été un vrai compagnon, Victor Hugo.
03:52Donc, quand je suis rentrée en sixième,
03:54pour m'aider à supporter la vie, peut-être,
03:57j'écrivais mes vers préférés de Victor Hugo
04:00sur des petites paperolles que je roulais
04:02et que je mettais dans mes poches,
04:03et de temps en temps, j'en sortais une,
04:04je la déroulais, je la lisais,
04:06ça me réconfortait comme un bon bec, quoi.
04:09Mais ce qui est extraordinaire,
04:10c'est que Hugo, lui aussi, était un enfant précoce.
04:12C'est-à-dire que quand il arrive à l'école à 7 ans,
04:14le maître lui montre un texte,
04:16il le décrypte tout seul,
04:18et ensuite, il sait lire alors qu'il n'a reçu aucun enseignement.
04:22Oui, alors moi, je ne me souviens pas...
04:24Non, je crois que moi, j'ai appris à lire à l'école.
04:26Après, la précocité chez les enfants,
04:28en tout cas, chez les écrivains,
04:31ce n'est pas explicable.
04:32Je pense qu'on est un certain nombre,
04:35je ne sais pas comment le dire autrement,
04:37à être née avec la grammaire.
04:38C'est-à-dire que la langue ne nous est pas
04:41une chose étrangère qu'il faut apprendre, intégrer,
04:44mais c'est une donnée de soi.
04:47Puis le grand amour de votre jeunesse,
04:48je crois Agnès Michaud, c'est Rimbaud.
04:50Ah oui, c'est Rimbaud.
04:51D'ailleurs, aujourd'hui, je suis comme tout le monde,
04:55je suis vieille, mais sur les réseaux sociaux,
04:57le premier truc que je poste aujourd'hui,
04:59c'est l'automne déjà.
05:01Vous voyez le texte,
05:01adieu d'une saison en enfer.
05:03Oui, Rimbaud, depuis que j'ai 11 ans,
05:07c'est tout le temps.
05:08Tous les ans, je relis.
05:10Voilà, c'est vraiment...
05:12C'est dans toutes les cellules de mon corps, quoi.
05:15Alors, ça, c'est Rimbaud, l'élitérature,
05:18l'amour des lettres,
05:19et après des études classiques, je crois,
05:20au lycée Paul-Hulangevin,
05:22le collège de la Rabière et lycée Grandmont,
05:24Paris, Henri IV, quand même,
05:26c'est pas si facile que ça.
05:27C'est ça, les enfants qui sont nés avec la grammaire
05:29finissent en Henri IV, c'est comme ça.
05:31Et vous intégrez dans Malsup, au départ ?
05:33Ah ben non, j'intègre pas dans Malsup !
05:35Ah non, ben non !
05:36Vous auriez pu intégrer dans Malsup ?
05:38J'ai été jusqu'à l'oral,
05:40et puis l'épreuve de culture générale m'a tué.
05:42Ah bon ?
05:43Oui, j'ai eu quatre.
05:44J'ai eu de très bonnes notes, par ailleurs,
05:47mais j'ai eu quatre en culture.
05:48J'ai, ça a été éliminatoire pour moi.
05:51Est-ce que c'est un regret ? Non.
05:54À l'époque, ça a fait un petit vide,
05:57vous savez, une petite dépression post-partum,
05:59parce que comme le travail est intense,
06:01quand ça s'arrête tout d'un coup,
06:02on est un peu genre, oh, au bord des larmes.
06:04Mais la vie s'est faite autrement,
06:07et en fait, je...
06:08Bon, après, on dit ça quand on est vieux,
06:10mais les choses qu'on a ratées
06:12et qui, donc, nous orientaient vers une direction,
06:14finalement, ça m'a amenée sans doute à la télé,
06:17après, par exemple.
06:18Oui, mais il se trouve quand même
06:19que vous avez fait une thèse de troisième cycle
06:22qui évoquait les écrivains anglo-saxons
06:24dans la Venise des 10e U.S.
06:26Alors, je ne l'ai pas finie, non plus, celle-là.
06:28Ça, c'était ma passion.
06:29J'ai habité un an à Venise,
06:32et j'avais déjà fait un mémoire
06:33sur John Ruskin,
06:35un autor anglais un peu oublié,
06:37que Proust aimait beaucoup,
06:38parce qu'il traduit, enfin, surtout sa mère,
06:40la Bible d'Amiens.
06:42Et cet écrivain a écrit un livre
06:45qui s'appelle « Les pierres de Venise ».
06:46Donc, j'étais partie à Venise, normalement,
06:47pour un peu terminer tout ce travail.
06:50Et puis, il se trouve qu'à Venise,
06:52l'université Cafoscari,
06:53à sa bibliothèque,
06:55avec des baies vitrées,
06:56dans le virage du Grand Canal,
06:58je défie quiconque d'arriver à travailler.
07:00Moi, je passais mon temps à regarder par la fenêtre
07:02et à regarder la lumière changer
07:04sur le Grand Canal.
07:05Enfin, c'était impossible,
07:06donc je n'ai pas fait grand-chose.
07:08Mais oui, ça a été une passion.
07:10Et puis, ma deuxième passion,
07:11c'est la littérature anglaise.
07:12Donc, voilà, j'étais bien.
07:14Je crois que la première fois,
07:15en arrivant à Venise,
07:17vous avez posé votre valise
07:18et vous avez commencé à pleurer.
07:19Ah, j'ai pleuré d'émotion.
07:20J'ai eu une émotion.
07:23Pourtant, le quartier de la gare,
07:24tous les gens qui sont arrivés
07:26par le train à Venise,
07:27se disent « Ouh là,
07:28c'est pas le plus génialement beau ! »
07:31mais ça m'a saisi, en fait.
07:33C'est inexplicable.
07:34C'est peut-être l'âge aussi.
07:35Est-ce que maintenant,
07:37si c'était la première fois,
07:38ça me ferait ça ?
07:38Sans doute pas.
07:39Après, on apprend à aimer Rome
07:41et Naples, vous voyez.
07:42Oui, enfin, Venise,
07:43vous parliez des écrivains anglais.
07:45Il y en a pas mal qui ont vécu là-bas.
07:46Il y a Lord Byron qui a vécu là-bas.
07:47Bien sûr.
07:47Et Charles Dickens qui a vécu à Venise.
07:49Donc, est-ce que ça les inspirait ?
07:51On ne sait pas trop.
07:52En toute l'Europe est venue à Venise.
07:54C'est un peu la tarte à la crème du 19e,
07:56même du début du 20e.
07:59Oui, il y a eu cette espèce de goût
08:01pour...
08:02C'est le côté fin de siècle,
08:04un peu morbide.
08:05Vous voyez, cette ville un peu agonisante.
08:08Elle n'a pas toujours été ça au 18e.
08:11C'était une ville très gaie
08:11de casinos, de prostitutions
08:13et de gay commerce.
08:14Mais on a beaucoup...
08:17C'est mort à Venise.
08:20Mais c'est pour ça que je dis
08:22que c'est un goût qu'on a
08:22quand on est jeune
08:23ou on est peut-être encore
08:24dans l'adolescence un peu gothique.
08:26Et puis après, en vieillissant,
08:28effectivement, on apprend à aimer
08:29des villes italiennes plus vivantes.
08:31Oui.
08:31Enfin, Venise...
08:32Mais j'aime toujours Venise.
08:33Ça permet de combler
08:34quelques lagunes littéraires aussi.
08:36Bravo !
08:37Alors, il y a eu Philadelphie aussi,
08:39car vous avez été aux Etats-Unis.
08:40Oui.
08:40Pourquoi ?
08:41J'étais au pair à Philadelphie.
08:44Je vais raconter que des trucs bizarres.
08:47En fait, j'avais réussi à négocier
08:49avec mon professeur à la Sorbonne,
08:52M. Pétillon,
08:53qui était le frère du dessinateur.
08:55Je devais faire un mémoire à l'époque.
08:57C'était avant que je m'intéresse
08:58à Roskine.
08:58Sur Henry James.
09:00Et il connaissait un prof à Princeton.
09:02Vous voyez Princeton et tout ça.
09:03Et j'avais la possibilité
09:04d'y aller un peu gratuitement.
09:06Ce qui est quand même
09:07assez exceptionnel.
09:08Donc, j'y suis allée un peu
09:09parce que de Philadelphie,
09:10bon, c'est pas très loin.
09:12Et puis, pareil,
09:13j'ai un peu laissé tomber
09:14au cours de route.
09:14C'est honteux, ce que je raconte.
09:16Non, mais c'est...
09:17Mais c'est vrai, c'est honteux.
09:18Mais c'est ce qui s'est passé.
09:20Voilà.
09:20J'ai préféré aller visiter
09:21le pays à Miche
09:22que d'aller à Princeton.
09:25C'est bizarre, la vie, quand même.
09:27Mais en même temps, à l'époque...
09:28Mais c'était très joli, Princeton.
09:30Les gens qui peuvent se payer Princeton
09:32et intégrer Princeton
09:33sont très chanceux.
09:35Mais en même temps,
09:36vous avez observé
09:37tous ces lieux-là
09:38qui sont restés dans votre mémoire
09:39et qui vous ont été utiles
09:41pour vos lieux.
09:41Oui, bien sûr.
09:42Mais j'ai de la famille aux Etats-Unis.
09:43Pas dans ce point-là.
09:45J'avais un oncle et une tante
09:46qui, malheureusement,
09:47sont morts maintenant.
09:48Mais j'ai toujours mes cousines
09:49et donc des petits neveux
09:52à Détroit.
09:54Donc, vous voyez,
09:55c'est autre ambiance.
09:56Mais j'aime beaucoup ce quoi.
09:57Vous cherchiez votre voie à l'époque ?
09:59Parce que l'enseignement,
10:01c'était normal avec vos parents.
10:02Oui.
10:04Je crois que je voulais...
10:05À l'époque, je ne voulais surtout pas.
10:07Et aujourd'hui,
10:07où je donne quand même
10:08pas mal d'ateliers d'écriture
10:10et donc, d'une certaine façon,
10:11je suis un peu prof,
10:13je me dis,
10:14c'est quand même un super beau métier.
10:16Bon, très...
10:17Qui demande beaucoup
10:17et qui vide beaucoup
10:18quand on le fait sincèrement.
10:20Mais quelle joie de transmettre.
10:22Je pense que,
10:24à la vérité,
10:25quand on écrit des livres,
10:26il y a de ça, quoi.
10:27Parce que c'est quand même transmettre.
10:29Sinon,
10:30si c'est juste pour le plaisir de l'ego,
10:31enfin, en tout cas,
10:31moi, ce n'est pas pour ça, quoi.
10:34Je m'en fous.
10:35Mais l'écriture,
10:36ça vous tentait ?
10:37Je n'osais pas, je crois.
10:39Je n'y pensais pas.
10:39J'ai été une ado
10:40qui a dû écrire des poèmes
10:41comme tout le monde.
10:42Je tenais un journal,
10:43mais à 17 ans,
10:44vraiment,
10:44je trouvais que vraiment
10:45ce que j'avais écrit dedans
10:45depuis l'âge de 11 ans,
10:46c'était vraiment gnan-gnan.
10:48Donc, je l'ai brûlé.
10:50J'en avais honte, je crois.
10:52Et puis, ça s'est fait
10:54quand ça devait se faire.
10:55Et puis, ce qui est magnifique,
10:57c'est que plus je vieillis,
10:59plus je fais des progrès.
11:00Donc, c'est bien.
11:01Voilà.
11:02Et ce qui est bien aussi,
11:02c'est de continuer à parler
11:03avec vous de votre parcours
11:05à travers la date
11:06du 17 juillet 1993.
11:08A tout de suite
11:09sur Sud Radio
11:09avec Agnès Michaud.
11:11Sud Radio,
11:12les clés d'une vie.
11:13Jacques Pessis.
11:14Sud Radio,
11:14les clés d'une vie.
11:15Mon invité,
11:16Agnès Michaud.
11:17Nous parlerons tout à l'heure
11:18de ce pavé passionnant
11:20et passionné
11:21et huit semences vivants
11:22aux cherches midi.
11:23Une biographie extraordinaire
11:24d'un homme
11:25qu'il faut découvrir.
11:26On en revient à votre parcours
11:27puisqu'on découvre votre parcours.
11:2917 juillet 1993,
11:31votre première télé
11:32dans le journal de France
11:343 de 19h.
11:35Vous évoquez
11:35le dictionnaire
11:36de la misogynie.
11:37Ah oui !
11:38Vous avez la date et tout.
11:40Alors là,
11:40je ne m'en souvenais
11:41absolument pas de ça.
11:42Oui, premier livre,
11:43une petite pochade sympathique,
11:45dictionnaire de citations misogynes.
11:47Oui.
11:48On revient de loin quand même.
11:50Si je refeuilletais ce livre,
11:52je dirais que c'est fou quand même.
11:54Mais comment c'est venu pour quoi ?
11:54Ce qu'on a pu écrire,
11:56ça c'est une sorte de hasard
12:00d'éditeur.
12:02En fait,
12:03si j'étais très honnête maintenant,
12:05je pense que quand...
12:07Bon, ça va,
12:07je n'étais pas trop moche
12:08à regarder.
12:10Alors,
12:10de la part des éditeurs,
12:12il y a toujours
12:12ce truc un peu...
12:15bref,
12:17j'aurais pu être une bonne cliente
12:19pour vendre un livre
12:20et faire des plateaux
12:20et voilà.
12:22Mais je ne regrette pas du tout
12:23d'avoir fait cet ouvrage
12:25qui était très drôle à faire
12:27et puis qui m'a ouvert des portes.
12:30Voilà.
12:30Après,
12:30on était très très loin
12:31de la littérature,
12:33quoique...
12:34Vous citez Baudelaire.
12:35C'est ça, oui.
12:36Et dans cette émission de télé,
12:38vous citez Guitry.
12:39Si la femme était bonne,
12:40Dieu en aurait une.
12:41C'est ça,
12:41Guitry,
12:42l'art de la formule.
12:43En fait,
12:44Guitry,
12:44il n'a jamais été heureux d'amour,
12:46c'est pour ça qu'il écrivait
12:47contre les femmes.
12:49Et il disait
12:50qu'il faut beaucoup aimer les femmes
12:52pour avoir le droit
12:52d'en dire du mal.
12:55Ah,
12:55il y a une part de vérité là-dedans.
12:56Mais je ne sais pas
12:57si ça passerait autant aujourd'hui.
12:59Oui,
12:59mais il faut se détendre.
13:00L'époque,
13:01parfois,
13:01elle est un peu crispée,
13:04va avoir des conséquences à Agnès Michaud
13:05que vous n'imaginez pas.
13:06Écoutez.
13:19Le générique de Nulle part ailleurs.
13:21Et ça,
13:21je crois que vous devez
13:23votre première émission à ce livre.
13:25Et c'était dramatique en coulisses.
13:27Vous en étiez malade,
13:28je crois.
13:28J'ai toujours le trac.
13:30Même là,
13:30devant vous,
13:31j'ai le trac.
13:32Peut-être que ça ne s'entend pas,
13:33mais je cache bien
13:34mon jeu.
13:35Alors,
13:36j'avais fait
13:37la semaine précédente
13:39Bouillon de culture.
13:41C'était énorme.
13:43Et je suis invitée
13:44à Nulle part ailleurs.
13:47Donc,
13:47c'est dans l'ancien studio,
13:48celui qui est en faux marbre.
13:51Et c'est Philippe Gildas
13:53qui m'intervieve.
13:54Alors là,
13:54c'est indescriptible.
13:56Parce que d'abord,
13:56c'est une chaîne
13:57que je regarde
13:57depuis sa création.
14:00Gildas,
14:00je l'entendais déjà
14:01sur Europe 1
14:02quand j'étais jeune,
14:02enfant.
14:06Et alors,
14:07l'émission se passe
14:08et le truc très étrange
14:10que je n'ai appris
14:10que des années plus tard,
14:11parce que j'ai partagé
14:12mon bureau avec Philippe
14:14pendant quelques années
14:16à Canal.
14:16On était tous les deux
14:17dans un bureau.
14:18Et un jour,
14:19il m'a lâché le morceau
14:19et il m'a dit
14:20« Tu sais que ce soir-là,
14:22tu as passé un entretien
14:23d'embauche.
14:24En fait,
14:24ce n'était pas du tout
14:25une émission,
14:26une interview.
14:27Et en fait,
14:28en sortant de l'émission
14:29de greffe,
14:30il y avait Antoine,
14:31Philippe.
14:32On me dit
14:32« On cherche 10 gens
14:32pour l'année prochaine,
14:33ce que ça vous intéresse.
14:35Il faudrait qu'on se revoie. »
14:36Moi,
14:37je n'avais jamais pensé,
14:38mais vraiment jamais.
14:39Alors là,
14:39mais jamais
14:40penser travailler
14:41à la télévision.
14:42C'était très,
14:42très loin de moi.
14:43C'était très inattendu
14:44d'être en promo
14:46pour un livre
14:46et puis à la fin
14:47de l'émission
14:48d'entendre ça.
14:49Donc,
14:50j'ai passé une semaine
14:51chez moi un peu bizarre
14:52à me dire
14:53« Est-ce que j'ai vraiment
14:54envie d'être là-dedans ? »
14:56En fait,
14:57j'hésitais
14:57parce que j'étais terrorisée
14:59à l'idée
14:59de ne pas être capable
15:00et de ne pas savoir faire.
15:03Donc,
15:03je me suis dit
15:03« Ah,
15:03ça,
15:04c'est peut-être
15:04une bonne raison
15:04pour dire oui. »
15:05Donc,
15:05on s'est revus
15:06et j'ai dit oui.
15:07On s'est reconnu
15:07par ailleurs,
15:08ça a été lancé
15:09le 31 août 87
15:10et c'était Alain Souchon
15:12le premier invité
15:13pour votre culture personnelle
15:14et le titre
15:15viendrait
15:16de Jérôme Bonaldi
15:18qui employait souvent
15:18cette expression
15:19dans son émission directe.
15:21Oui,
15:21c'est vrai,
15:22Philippe disait toujours
15:23cette émission
15:24doit tout à Jérôme Bonaldi
15:25de son titre.
15:27Et vous allez
15:27faire des chroniques
15:28alors là,
15:29vous êtes aussi,
15:30vous allez inventer
15:31une forme de chronique
15:31d'interview
15:32que tout le monde
15:33a reprise aujourd'hui
15:34et que vous êtes
15:34la première à faire.
15:35C'est-à-dire
15:35une interview fouillée
15:37avec des questions
15:38pas toujours gentilles
15:39mais avec le sourire
15:40à Agnès Michaud.
15:42Oui,
15:42des vraies questions.
15:44Après,
15:46quand même
15:46le principe
15:46à nulle part ailleurs
15:47c'est
15:47on n'invitait pas
15:48les gens
15:49pour en dire du mal.
15:52Philippe disait toujours
15:53il avait totalement raison
15:54c'est comme un dîner
15:55à la maison
15:56en fait on invite
15:57des gens
15:57qu'on aime bien
15:58un dîner
15:59sinon le dîner
16:00c'est vraiment pénible.
16:01Donc c'était quand même ça
16:03et c'est
16:03la caractéristique
16:05quand même
16:05de l'émission
16:06je tiens à le dire
16:07parce que ça n'est pas légendaire
16:08et ça n'est pas du baratin
16:10c'était la totale liberté
16:12qu'on avait
16:13de choisir
16:15notamment pour les livres
16:17de choisir des livres
16:19parce qu'on les avait lus
16:20et parce qu'ils nous plaisaient
16:21et ça c'est rare.
16:22Oui,
16:22c'est de plus en plus rare
16:23je vous le confirme.
16:23mais c'est vrai que ça a été
16:25quelque chose d'étonnant
16:26parce qu'avec le sourire
16:27vous vous posiez des questions
16:28et on vous répondait
16:30mais franchement
16:31et il y avait des jours
16:32où quand même
16:32Antoine de Cône et compagnie
16:33vous déguisez d'une façon
16:35assez étonnante
16:36Agnès Pichaud.
16:37Je crois que je me souviens
16:38d'une émission
16:38où vous étiez en lapin
16:39ou en créateur de l'espace.
16:40Oh là là,
16:40mais oui,
16:41j'ai tout fait,
16:42j'ai fait le lapin,
16:43ça c'était dans une émission
16:44où je me déguisais beaucoup.
16:45En fait,
16:45ça c'était très chouette.
16:47Vous voyez,
16:47il y a un vrai destin
16:47parce que quand j'étais
16:48toute petite fille,
16:50je passais mon temps déguisée,
16:51j'adorais me déguiser,
16:53peut-être j'aurais dû
16:53devenir actrice en fait.
16:56Je passais mon temps déguisée
16:57alors de nouveau me déguiser,
16:58moi ça a toujours été
16:59la fête de me déguiser
17:00et quand j'écris,
17:02peut-être qu'il y a de ça aussi,
17:03c'est-à-dire je rentre
17:04dans les personnages
17:05quels qu'ils soient,
17:06du coup,
17:06je suis déguisée.
17:07Et en plus,
17:08vous dites,
17:09Philippe Gildas
17:09était un mentor formidable,
17:11on ne peut pas plus faire
17:12gentil et professionnel
17:13que Philippe Gildas.
17:14Ah,
17:15Philippe Gildas,
17:16c'est inoubliable pour moi.
17:17C'était génial
17:18parce qu'il était très occupé,
17:20il y avait Ellipse et tout ça,
17:21donc dans le bureau,
17:22il arrivait le matin,
17:23on discutait,
17:24hop,
17:24il repartait à Ellipse et tout
17:26et ses moments de discussion
17:27étaient toujours intéressants.
17:31Enfin,
17:31j'ai eu une chance folle en fait.
17:33Et d'ailleurs,
17:33c'est lui qui était à l'antenne
17:34à Radio Luxembourg
17:35quand un journaliste arrive
17:37pour annoncer la mort de Jean XXIII
17:38et dit
17:40le pauvre Émar
17:41se reprend
17:41le Saint-Marc-Épère
17:42et il n'a jamais pu annoncer
17:44la mort du pape.
17:45C'est un morceau d'anthologie
17:46à la radio.
17:47C'est vrai,
17:47je me souviens, oui.
17:48Il se trouve aussi
17:49que dans le bureau un soir,
17:50le téléphone sonne
17:51et on va vous parler
17:53d'un film.
17:54terre,
17:56mer,
17:57mer,
17:59l'arbre de vie.
18:03Car ce jour-là,
18:04vous avez un coup de fil
18:05que vous n'attendiez pas.
18:06Ah oui,
18:07alors ça,
18:07c'est de l'anecdote
18:09en or.
18:11J'avais fait un documentaire
18:12avec Frédéric Benudis
18:14sur Stanley Kubrick
18:15et je ne sais pas
18:17si c'est la spécialisation
18:18dans les cinéastes invisibles,
18:20mais je décide,
18:21et cette fois-ci,
18:22sans Fred,
18:24de faire un documentaire
18:25sur Terence Malick.
18:27Et donc,
18:27l'idée toujours
18:28quand on fait un documentaire,
18:29c'est de pouvoir
18:29interviewer le réalisateur.
18:31C'est un peu fantomatique,
18:33il y a plein de légendes
18:34comme quoi il se déguise
18:35et qu'en fait,
18:36il est là tout près
18:37et qu'on ne le voit pas.
18:38Et j'envoie une sorte
18:39de lettre
18:40à un type de variété
18:43en lui disant
18:44vous avez fait paraître
18:47une interview,
18:48est-ce que vous pouvez
18:48lui transmettre
18:49ma demande,
18:50etc.
18:51Et en fait,
18:51non,
18:52il transmet
18:53une sorte de mentor-mécène,
18:55un type dans l'informatique
18:57qui finance un peu,
18:58je crois,
18:59les films
18:59de Terence Malick.
19:01Et je suis dans le bureau
19:02fin de journée,
19:03canal,
19:04ambiance joyeuse.
19:05Après,
19:06nulle part ailleurs,
19:07on est là,
19:08on déconne,
19:09dans le bureau,
19:09tout ça,
19:10au lieu de rentrer chez nous
19:10parce qu'on était tellement bien,
19:12on ne rentrait jamais chez nous.
19:14Et le téléphone sonne,
19:15je décroche
19:16et j'entends
19:17« Hi,
19:18it's Terry Malick ».
19:20Et là,
19:21très franchement,
19:21je crois
19:22à une mauvaise blague.
19:23Je pense.
19:23j'ai un moment d'arrêt
19:27et ça continue
19:28et je comprends
19:29que c'est vraiment lui.
19:31Et là,
19:32mes camarades
19:33qui étaient en train
19:34de faire la roue,
19:35faire je ne sais pas quoi
19:36du bruit,
19:37je fais des grands signes
19:38pour qu'ils se taisent
19:39et la conversation
19:40a duré
19:41deux heures.
19:46Carrément.
19:46Ouais.
19:47Alors là,
19:47tout y est passé.
19:49Aux Ornes,
19:51Walt Whitman,
19:52on a parlé de poésie,
19:53de trucs.
19:54En fait,
19:54c'est toujours pareil.
19:55Ces gens-là
19:56qui n'aiment pas donner
19:57d'interview,
19:58je pense,
19:59c'était un peu déjà
20:00le cas sur le Kubrick,
20:01ils vous sondent
20:03pour savoir
20:03si vous leur plaisez
20:04ou alors
20:05si vous allez être
20:06le journaliste
20:06comme tout le monde
20:07qui va leur poser
20:07les mêmes questions
20:08que tout le monde.
20:09Et ma connaissance
20:11de la poésie américaine
20:12m'a sauvée.
20:14Et du coup,
20:15alors évidemment,
20:16nous n'avons pas
20:16obtenu d'interview,
20:18mais à la fin
20:20de cette conversation,
20:21elle a dit
20:21« Bon,
20:22je vais contacter
20:23tous les gens,
20:24vous allez me faire une liste,
20:24tous les gens
20:25que vous voulez voir,
20:26je les contacte
20:27et vous les verrez. »
20:28Ce qui était extraordinaire.
20:30Et avec cette sensation aussi
20:31que pendant
20:32tout notre voyage américain
20:34avec l'équipe,
20:34quand on allait interviewer
20:35s'il s'il se passait,
20:37la costumière,
20:38le machin,
20:39il était toujours derrière nous.
20:42C'était très étrange
20:43quand on arrivait
20:43dans un hôtel.
20:45On était à peine arrivés,
20:47tac,
20:47j'avais un coup de fil.
20:50« J'espère que vous êtes
20:50bien installés. »
20:52Ah bon ?
20:53C'était super étrange.
20:56Et c'était une aventure extraordinaire.
20:58Quelle anecdote.
20:59Il a vu le film ?
21:01En fait,
21:02je ne sais pas,
21:03mais il n'a pas appelé
21:04pour dire qu'il était mécontent,
21:05donc je pense que ça allait.
21:07C'est un personnage
21:08tellement mystérieux
21:09qu'à Cannes,
21:10il n'a même pas voulu
21:11recevoir une palme d'or.
21:12Il a envoyé quelqu'un.
21:13Il a vécu à Paris,
21:14ce qu'on ne sait pas.
21:15Oui, il a vécu à Paris.
21:15Il était supporter du PSG.
21:17Oui, il a vécu à Paris.
21:19Je crois qu'il a même étudié
21:21à la Sorbonne, à Paris.
21:24Et souvent,
21:25je suis dans Paris
21:26et je me dis,
21:26ça se trouve,
21:27il est là
21:27et je ne le vois pas
21:28et ça le fait marrer.
21:29Bon, si tant est
21:29qu'il me reconnaisse.
21:30C'est une autre histoire.
21:32Mais oui, oui,
21:34ça c'est des moments
21:34exceptionnels dans une vie.
21:37dans votre parcours
21:38et j'en ai relevé un
21:40qui est une date,
21:41le 2 octobre 2024.
21:43A tout de suite
21:43sur Sud Radio
21:44avec Agnès Michaud.
21:46Sud Radio,
21:47les clés d'une vie.
21:48Jacques Pessis.
21:49Sud Radio,
21:49les clés d'une vie.
21:50Mon invité,
21:51Agnès Michaud.
21:52Nous parlerons tout à l'heure
21:53de ce pavé,
21:54Huitsements vivants
21:55aux cherches midi
21:55qui est un livre
21:56auquel vous avez consacré
21:57un an
21:58et je crois presque
21:5924 heures sur le passé.
22:00Mais vous savez Jacques,
22:01sous les pavés,
22:02la plage.
22:03Justement,
22:04on a une plage,
22:04non pas de publicité
22:05mais d'entretien
22:06à travers la date
22:07du 2 octobre 2024.
22:10Alors c'est un atelier
22:11d'écriture
22:11que vous ouvrez
22:12en 12 leçons
22:12jusqu'au mois de décembre,
22:142 heures intenses
22:15de 9h30 à 11h30.
22:17Et ça,
22:17les ateliers d'écriture,
22:19c'est presque
22:19une seconde vie pour vous.
22:21C'est-à-dire que
22:22au départ,
22:23je ne voulais pas le faire.
22:26Je suis vraiment
22:27une fille bizarre.
22:28Non,
22:28je ne voulais pas du tout,
22:29je n'y croyais pas.
22:30Je trouvais que c'était
22:30un truc très anglo-saxon.
22:32Les anglo-saxons
22:33ont toujours ce truc
22:34très pragmatique,
22:35voire un peu technicien.
22:37qui me dérange
22:38dans les activités artistiques.
22:40Mais finalement,
22:41Alexandre Lacroix,
22:42qui a fondé cette école
22:43qui s'appelle Les Mots
22:44et qui existe
22:45toujours avec succès,
22:47a réussi à me convaincre.
22:48Donc j'ai tenté le coup.
22:51J'ai trouvé ça formidable.
22:52Et je crois que le contact
22:53avec les gens qui viennent,
22:56bon, après,
22:57c'est un caractère.
22:58Mais moi,
22:58quand je vois quelqu'un
22:59qui progresse
23:00et qui se rend compte
23:00qu'il progresse
23:01et qui a une lumière
23:02différente dans l'œil,
23:04j'adore.
23:04Il se trouve que c'est
23:05qu'est-ce que vous faisiez
23:06dans cet atelier ?
23:07Tout simplement,
23:08vous donniez un thème
23:09et ensuite,
23:10il y avait la liberté
23:10du futur auteur.
23:12Oui, c'est-à-dire,
23:13en fait, l'idée,
23:14moi, ce que je fais le plus,
23:14c'est que je fais travailler
23:15les gens avec des photographies
23:17pour les délivrer
23:18de l'angoisse de la page blanche.
23:20Donc, ils ont un cadre,
23:23c'est-à-dire une photographie
23:24qui est donc une mise en scène.
23:26Mais dans cette mise en scène
23:27de la photographie
23:28qu'ils ont besoin de décrire,
23:30etc.,
23:31ils ont la liberté.
23:33Et en fait,
23:33ils font l'expérience
23:34d'une chose
23:34qui est quand même
23:35dans la vie assez utile,
23:37c'est qu'on peut toujours
23:38trouver sa liberté
23:39dans un cadre.
23:42Donc,
23:42je pense que ça fait du bien.
23:45Et la littérature,
23:46pour vous,
23:46c'est venu
23:47à la fin de la télévision.
23:48Je crois que vous avez quitté Canal
23:49en même temps que Pierre Lescure.
23:50Ah bah oui.
23:51Ça serait logique.
23:53Ça ne nécessite
23:54presque pas de commentaires.
23:56Et donc,
23:57vous avez décidé
23:57de vous consacrer
23:58à la littérature,
23:59ce qui était finalement
24:00votre rêve de toujours,
24:02même inconscient ?
24:03Non,
24:04alors franchement,
24:05je n'ai pas du tout rêvé
24:06d'être écrivain.
24:08J'ai rêvé
24:08d'être monteuse de cinéma.
24:10Ça oui,
24:10j'ai rêvé d'être monteuse de cinéma.
24:12Et d'ailleurs,
24:12vous étiez à Tours,
24:12vous alliez depuis l'âge de 11 ans
24:14au ciné-club
24:14avec votre carte.
24:15J'allais au studio
24:16qui existe toujours
24:17et je fais de la publicité
24:18pour les studios à Tours.
24:19C'est un cinéma formidable
24:20qui a éclairé ma vie.
24:23J'y allais tellement.
24:24J'y allais au moins
24:25trois fois par semaine,
24:26quatre fois,
24:27cinq fois.
24:28J'y passais tout
24:28mon mercredi après-midi
24:29passant de salle en salle.
24:31C'était cinq francs l'entrée.
24:33Je parle en France,
24:34c'est horrible.
24:35Mais c'était cinq francs l'entrée
24:36quand on avait la carte annuelle.
24:39Et donc,
24:39je passais
24:40d'un Chris Marker
24:41à un Spielberg
24:43à Kurosawa,
24:44Godard.
24:44C'est une culture étrange
24:46quand on fait ça.
24:47Il n'y a pas de chapelle.
24:48On prend tous les cinémas
24:50et puis après,
24:50on se dirige vers les cinémas
24:51qu'on préfère.
24:52Mais oui,
24:53c'était ma vie.
24:54Je rêvais d'être monteuse
24:55de cinéma.
24:56Alors,
24:56je prépare l'IDEC
24:57et ça ferme.
24:58Encore un destin.
24:59Vous auriez pu
25:00être monteuse,
25:01ça s'apprend ailleurs
25:02qu'à l'IDEC ?
25:03Ça s'apprend ailleurs
25:04qu'à l'IDEC,
25:05je ne sais pas.
25:05Après,
25:06du coup,
25:07je suis allée en prépa
25:07et puis après,
25:08vous voyez,
25:09on est mal embringués.
25:10Après,
25:11il y a eu l'affémisme.
25:12Pas tout de suite
25:12après l'IDEC.
25:14Et donc,
25:14j'avais appelé
25:14Jean-Claude Carrière
25:15qui était le directeur.
25:18Il me dit
25:19mais viens trois jours,
25:20tu vois si ça te plaît.
25:23Bon,
25:23ça ne m'a pas plu.
25:24Voilà.
25:24Ça ne m'a pas plu
25:25parce que je sortais
25:26de prépa
25:27du concours
25:28de Normale Sup
25:29et il y avait
25:30beaucoup de cagnieux
25:30quand même
25:31à l'affémisme
25:32et je ne sais pas,
25:33je crois que je saturais
25:35un petit peu.
25:36Bon,
25:36ben voilà,
25:36c'est la vie.
25:37Je ne suis pas
25:38monteuse de cinéma.
25:39Non,
25:39mais vous êtes libre
25:40et libre
25:41grâce à la littérature
25:42car les livres
25:43vous ont permis
25:44d'avoir cette liberté.
25:45Oui,
25:45puis je monte des mots.
25:46C'est un peu
25:46le même métier.
25:48C'est autre chose.
25:49Comment s'est venu
25:50cette envie d'écrire
25:50des livres ?
25:52Je ne sais pas,
25:52le hasard.
25:53Le hasard,
25:57le fait que
25:58René Guitton
25:59chez Hachette
26:00m'a mis le pied
26:02à l'étrier
26:02en me commandant
26:03un livre
26:04et c'est horrible,
26:05je lui ai rionné
26:06quand il m'a appelé
26:07j'étais à Canal.
26:08Il me dit
26:08oui,
26:08ça va être
26:08les 100 ans
26:09de je ne sais plus
26:10la mort
26:10ou la naissance
26:11d'Elisabeth d'Autriche.
26:12Si, si, donc
26:13on aimerait
26:15si ça vous dit
26:16que vous fassiez
26:17un roman.
26:19Si, si,
26:20foif, foif, foif.
26:21Et puis après
26:22je me suis dit
26:23non mais
26:23t'es complètement stupide
26:24tu n'y connais rien
26:26en fait
26:26à Sissi.
26:27Alors, j'ai toujours
26:29ce mouvement
26:29je me dis
26:30mais en fait
26:30je n'y connais rien
26:31donc vraiment
26:31ça se trouve
26:32c'est très intéressant
26:33donc j'ai dit oui
26:34et c'était très intéressant
26:36et j'ai fait ce roman
26:38et oui je tiens
26:40à le saluer
26:41aujourd'hui
26:41puisque René Guitton
26:43c'est vraiment lui
26:44en fait
26:44qui m'a ouvert
26:45la porte de la fiction.
26:47J'aurais pu être
26:48quelqu'un de télé
26:49qui fait des livres
26:49opportunistes
26:50toute sa vie
26:51vous voyez
26:52comment j'ai maigri
26:53comment je fais briller
26:55mes cheveux
26:56tout ça
26:56des trucs intéressants
26:57mais René
26:59il m'a permis
27:00de faire ma première fiction
27:01et donc
27:04je me suis dit
27:06le roman
27:07j'ai osé
27:08en fait
27:08il m'a aidé à oser
27:09je crois que j'avais
27:10un peu de pudeur là-dessus.
27:11Oui mais en même temps
27:12il vous a fait découvrir
27:13et vivre votre passion
27:14de l'histoire
27:15car vous aviez au départ
27:16une passion d'histoire
27:16ça j'ai toujours eu
27:18alors parce que bon
27:18le premier métier
27:19que j'ai voulu faire
27:20avant qu'on m'en dégoûte
27:22en me disant
27:22que c'est un prof d'histoire
27:24qui m'en avait dégoûté
27:24je vous raconte
27:25je voulais être archéologue
27:26j'ai eu le malheur
27:27de dire ça
27:28à un prof d'histoire
27:28quand j'étais au collège
27:30je suis plus en troisième
27:30ou en quatrième
27:31il m'a dit
27:32oh non
27:33faites pas ça
27:34il n'y a pas d'argent
27:35il n'y a pas de crédit
27:36vous allez finir
27:37sur des chantiers minables
27:38et puis vous serez dégoûté
27:39de la vie
27:40et alors je suis sortie de là
27:43et j'avais abandonné
27:45l'idée de l'archéologie
27:46sauf que profondément
27:47c'est toujours en moi
27:49j'aime profondément l'histoire
27:51je passe ma vie
27:52devant les documentaires
27:53d'archéologie d'Arte
27:54une vie passionnante
27:56je vais faire envie aux gens
27:57c'est glamour
27:58mais j'adore ça
28:00mais j'adore ça
28:01j'adore ça
28:02j'ai passé ma vie
28:03quand j'étais enfant
28:04à creuser
28:04dès que j'allais visiter
28:05un château en Lousdes
28:06près des Douves
28:07pour trouver des trucs
28:08vos parents vous ont fait visiter
28:10tous les châteaux de la Loire
28:11ça vous a aidé
28:11ça c'est les enfants
28:13tourangeaux
28:13vous savez
28:14vivent environnés
28:14des plus beaux châteaux de France
28:16donc ça fait partie
28:17de notre imaginaire
28:18à tous en Touraine
28:19les châteaux
28:20alors vous avez commencé
28:21à écrire
28:22et surtout
28:22à vous documenter
28:24parce que
28:24lorsque vous préparez un livre
28:26c'est énormément de travail
28:28avant de commencer à écrire
28:29oui parce que
28:30même si je vais faire
28:30des mises en scène
28:31fictionnées
28:33par exemple
28:33j'avais écrit un livre
28:34qui se passait à Florence
28:36à l'époque de Botticelli
28:37tant que je n'arrive pas
28:38à me balader
28:39dans la Florence de l'époque
28:40je n'arrive pas à écrire
28:41donc je suis obligée
28:42de me documenter
28:43et puis ce que j'aime
28:44quand même dans un roman
28:46il y a des romans
28:48où ce n'est pas la peine
28:49qui sont de pure imagination
28:50mais enfin
28:51quand ce n'est pas
28:51de pure imagination
28:52le réel
28:54ça convoque
28:56les âmes mortes
28:57et j'aime bien
28:57quand il y a
28:58les âmes mortes
28:58dans mes livres
28:59oui mais en même temps
29:00vous savez
29:01tous vos personnages
29:02y compris
29:02leur date de naissance
29:03le lieu où ils ont grandi
29:04mais oui encore une fois
29:07je pense que ça participe
29:08de leur incarnation
29:09pour le lecteur aussi
29:10si moi j'y crois
29:13à mort
29:13le lecteur normalement
29:15devrait y croire un peu
29:16au moins
29:16et vous avez aussi
29:18une technique très particulière
29:19Agnès Michaud
29:20lorsque vous avez
29:21construit vos personnages
29:23vous les placez
29:25dans une reliure
29:26très particulière
29:27une reliure d'étudiants
29:28vous faites des reliures
29:29oui alors
29:31ça c'est comme ça
29:32que je fais
29:32quand j'ai fini
29:33d'écrire un livre
29:34pour pas gaspiller du papier
29:35quand même
29:35l'écologie est passée par nous
29:37quand même maintenant
29:37j'imprime
29:39parce que j'aime bien
29:39lire sur du papier
29:40et donc je vais
29:42aux repro copies
29:43d'étudiants
29:44à côté de chez moi
29:46et je le fais
29:46bêtement relier
29:47coller
29:48et ça me fait
29:49une sorte de bouquin
29:50alors je le fais
29:51souvent en format A5
29:52pour que ça ressemble
29:53à un livre
29:53que je peux trimballer
29:54avec moi
29:55et comme ça corriger
29:56quand ça me vient
29:57et quand j'ai le temps
29:58et tout ça
29:58ça j'aime bien
29:59c'est mon rituel
30:00c'est un énorme travail
30:01oui mais il y a
30:04enfin comment dire
30:05bien sûr
30:07je comprends
30:07ce que vous dites
30:08mais moi je suis toujours
30:09gênée quand on me dit ça
30:10parce que
30:11il y a des gens
30:12qui travaillent
30:13qui ont des métiers
30:13très difficiles
30:14avec très peu
30:15de reconnaissance
30:16de la pénibilité
30:18et très peu
30:19de reconnaissance
30:20de la pénibilité
30:21vous voyez
30:24certes
30:26je vais pas vous dire
30:26qu'écrire c'est facile
30:27parce que ça ne l'est pas
30:29ça demande beaucoup
30:31mais enfin quand même
30:32je fais exactement
30:34ce qui me ressemble
30:35sans hiérarchie
30:38dans la liberté
30:40de mon temps
30:41donc si j'ai décidé
30:42de travailler 20 heures
30:43par jour
30:43c'est mon problème
30:44vous voyez
30:45ce n'est pas une exigence
30:46extérieure
30:47pour me punir
30:49je me punis moi-même
30:50donc j'ai le droit
30:51donc quand même
30:53c'est une grande chance
30:54et en plus
30:55vous avez l'art
30:56du renouvellement
30:56parce que vous touchez
30:58à tous les genres
30:58exemple
30:59les Bee Gees
31:05un classique
31:06qui ont écrit
31:07d'ailleurs
31:07ils l'ont écrit
31:08sur l'escalier
31:08du studio
31:09du château d'Hérouville
31:10en France
31:10parce qu'ils l'enregistraient
31:11en France
31:12pour des questions fiscales
31:13à l'époque
31:14et on en revient
31:14à René Guitton
31:15parce que René Guitton
31:16avant d'être éditeur
31:17chez Hachette
31:17avait été directeur
31:18de BMG
31:19et c'était la vanne
31:20entre nous
31:21parce que je suis
31:21une grande fan
31:22des Bee Gees
31:22et je disais
31:23de toute façon
31:24toi je t'adore
31:24parce que t'as eu
31:25les Bee Gees
31:25dans ton bureau
31:26et donc vous avez
31:28écrit un roman
31:29autour des Bee Gees
31:30oui
31:30enfin avec un titre
31:32hommage
31:33ça s'appelait
31:33Staying Alive
31:34et c'était un roman
31:35américain
31:38puisque c'était
31:39l'histoire
31:39d'une jeune fille
31:40qui allait rencontrer
31:41son père américain
31:42vous savez en France
31:43il y avait des bases américaines
31:44j'ai dit ça pour les plus jeunes
31:45qui ont oublié
31:46pendant très longtemps
31:47jusque dans les années 60
31:49et donc beaucoup
31:50de jeunes françaises
31:51ont rencontré
31:52des GIs américains
31:53sont tombés amoureuses
31:54les ont épousées
31:55et souvent sont partis
31:56aux Etats-Unis
31:56c'est l'histoire de ma tante
31:58avec mon oncle
31:59et donc à partir de ça
32:01j'ai fait une fiction
32:02voilà d'une jeune fille
32:03qui part aux Etats-Unis
32:05découvrir son père
32:06et en trouvant toujours
32:07dans vos livres
32:07un angle original
32:08exemple Zelda
32:09qui raconte la rencontre
32:11entre Zelda
32:13et puis Francis Scott Fitzgerald
32:16là aussi
32:17c'est un angle très particulier
32:18d'une histoire
32:18que tout le monde connaît
32:19oui parce que d'abord
32:20c'est un couple fascinant
32:24Fitzgerald est un immense écrivain
32:26peut-être plus immense
32:28qu'on ne le dit souvent
32:30vraiment très important
32:33et sa vie avec Zelda
32:36a fait beaucoup de ses romans
32:39donc c'était un travail fascinant
32:42c'était un roman
32:43mais pareil
32:44c'était un roman documenté
32:45qui essayait de ne pas raconter
32:46Didi aussi
32:47et Gatsby
32:48que tout le monde connaît
32:49aujourd'hui
32:49a eu une première version
32:50ce qu'on ne sait pas toujours
32:51qu'il a écrit en juin 23
32:53dans le Minnesota
32:54une quarantaine de pages
32:55on n'en a retrouvé que deux
32:57qui sont aujourd'hui dans un musée
32:58donc ça a totalement changé
33:00et puis il y a eu surtout
33:01la fabrication des chiens
33:02trois volumes
33:03avec un homme
33:05un journaliste
33:06et son chien
33:07Médor
33:08Louis Dommal
33:09et son chien Mégot
33:10Mégot
33:10alors
33:11le héros de la fabrication des chiens
33:14appelle ce chien Mégot
33:16parce qu'en fait
33:17il le trouve dans la rue
33:18par terre
33:18allongé
33:19donc comme un Mégot quoi
33:21et que ça va bien
33:23à ce pauvre chien
33:23qui n'a pas vraiment de race
33:25et voilà
33:26qui est un cabot
33:27alors ça c'était mon premier
33:28gros gros travail
33:29de documentation
33:30je me souviens à la fin
33:33avoir dit un truc stupide
33:34du genre
33:34j'ai jamais autant travaillé
33:36pour un livre
33:37puisque
33:37j'allais enchaîner
33:39sur la biographie
33:40d'Huismans
33:40et j'allais travailler plus
33:41donc
33:42faut jamais dire ça
33:44vous racontez
33:441889-1909
33:46avec des détails très précis
33:47et surtout
33:48je crois que vous avez eu
33:49le Figaro de l'époque
33:50chaque page
33:51oui alors
33:52c'est à dire que
33:53chaque volume
33:53se passait sur
33:56trois mois d'une année
33:57donc il y avait
33:571889-1899-1909
34:00pour qu'il y ait
34:01un peu d'écart
34:02pour que mon héros
34:03puisse vieillir
34:04entre les volumes
34:04c'était une trilogie
34:05et donc l'idée
34:07c'est que
34:08je voulais tout savoir
34:09de la vie
34:10pour faire une reconstitution
34:11qui allait me permettre
34:12la fiction
34:13c'est à dire
34:14d'inventer
34:14vous savez
34:15quand vous avez
34:16une base vraie
34:16vous pouvez vous permettre
34:17d'inventer
34:18donc je voulais savoir
34:20s'il y avait une boulangerie
34:21à tel numéro
34:22le nom du boulanger
34:23si possible
34:24alors là
34:24j'ai passé ma vie
34:25dans
34:26Gallica
34:27le site de la bibliothèque nationale
34:29qui devrait être
34:30la grande
34:31la plus grande
34:32fierté nationale
34:33parce que c'est un trésor
34:34infini
34:35et d'accès
34:36gratuit
34:37et j'espère
34:38que ça va le rester
34:39c'est l'honneur
34:40de la France
34:40que ce soit gratuit
34:41où on peut consulter
34:42absolument tout
34:43des livres de coloriage
34:44les numéros du Figaro
34:46sur je sais pas
34:48100 ans quasi
34:48vous voyez
34:50et alors c'était une mine
34:51je lisais les journaux anciens
34:53et notamment le Figaro
34:54parce que
34:55le héros
34:55devenait stagiaire au Figaro
34:56et là
34:58vous avez vraiment l'époque
34:59vous la sentez
35:00alors il y a les publicités
35:01les articles
35:03c'est génial
35:04et les annuaires
35:05ah les annuaires
35:06j'adore les annuaires
35:07je lis des annuaires
35:08pour écrire mes livres
35:09parfois
35:09et cette documentation
35:11elle vous a servi
35:12à mon avis
35:12lorsque vous avez écrit
35:14ce livre
35:14qu'on va évoquer
35:15à travers la date
35:15du 28 août 2025
35:17à tout de suite
35:18sur Sud Radio
35:18avec Agnès Michaud
35:19Sud Radio
35:21les clés d'une vie
35:22Jacques Pessis
35:23Sud Radio
35:23les clés d'une vie
35:24mon invité Agnès Michaud
35:26on a parlé de votre parcours
35:27à la télévision
35:28vos débuts en littérature
35:30et le 28 août 2025
35:32est sorti
35:33un livre
35:348 semences vivants
35:35au Cherche Midi
35:36alors c'est une biographie
35:37de 700 pages
35:38sur un homme
35:41qui a changé
35:42la littérature
35:42du 19ème siècle
35:43et qu'on avait oublié
35:44je crois que
35:45depuis 67 ans
35:46il n'y a pas eu
35:46de vraie biographie
35:47sur lui
35:48oui la dernière
35:48vous devez avoir raison
35:50je ne fais pas le calcul
35:50elle était sortie
35:51en 1958
35:52chez De Noël
35:53elle avait été écrite
35:54par un anglais
35:55Boldic
35:56donc c'était une traduction
35:58et depuis
35:59il n'y avait pas eu
35:59de véritable biographie
36:00il y a eu des livres
36:01et de très bons livres
36:03sur 8 semences
36:04mais jamais
36:05de véritable biographie
36:07donc je crois
36:08qu'il était temps
36:09d'abord parce que
36:10Boldic
36:11bon
36:11était de son époque
36:12donc il y a des choses
36:14qu'il fallait revoir
36:15et surtout
36:17parce qu'il n'avait pas eu accès
36:18à une correspondance
36:19très importante
36:20de 8 semences
36:21avec son ami hollandais
36:22Aris Prince
36:22qui est une foule
36:25d'informations
36:26d'éclairage
36:28voilà
36:28donc
36:29il y avait besoin
36:30et puis vous voyez
36:31il faut être très humble
36:32dans ce métier
36:32moi j'en fais une là
36:33maintenant
36:34dans 10 ans
36:35ou peut-être avant
36:35d'ailleurs
36:35quelqu'un en fera une autre
36:37parce qu'on aura redécouvert
36:38autre chose
36:39et puis il dira
36:39qu'il n'est pas d'accord
36:40avec moi
36:41c'est bien
36:41c'est vivant
36:42c'est l'un des plus grands
36:43auteurs du 19ème siècle
36:44Joris Carl Huismans
36:46et si vous vous y êtes intéressé
36:48c'est pas par hasard
36:49parce qu'au départ
36:49ça a commencé par un livre
36:51que vous avez acheté
36:52dans un salon du livre
36:53oui
36:53à la fête du livre de Toulon
36:54en 93
36:55c'est pas neuf
36:57en fait
36:58Huismans m'a intéressé
37:00parce que
37:00la majorité de ma vie
37:02il ne m'a pas intéressé
37:03je m'en méfiais un peu
37:05je m'en méfiais
37:06parce que
37:07mes camarades de prépa
37:08toujours des hommes
37:09qui lisaient Huismans
37:11je les trouvais un peu pédants
37:13un peu
37:13un peu snob
37:14un peu
37:15bref
37:16des dandies à la désesseinte
37:17comme on est à cet âge là
37:19parfois
37:19c'est pas grave
37:20et donc
37:21j'ai mis longtemps à le lire
37:22j'achète ce bouquin
37:23chez un bouquiniste
37:25à la fête du livre de Toulon
37:26je crois que je fais à peine gaffe
37:27que c'est un livre de Huismans
37:29je trouve le livre joli
37:30il est pas cher
37:31il vaut 10 balles
37:31en fait c'est quand même
37:32une édition originale de là-bas
37:33et je lis ce livre
37:36mais je crois que je n'y comprends pas
37:37grand chose à l'époque
37:38que je n'y prends pas
37:40de déplaisir
37:41mais je n'en profite pas vraiment
37:42et le temps passe
37:44et dans la fabrication des chiens
37:45mon héros
37:46Louis Dommal
37:47parce que
37:48Louis Dommal habite rue du Dragon
37:50se fait copain
37:51avec un voisin de quartier
37:52qui est Huismans
37:54qui habite
37:55aux 11 rues de Sèvres
37:55à 2 minutes
37:56et en fait là ça commence
37:58parce que pour la fabrication des chiens
37:59je suis obligée de me documenter
38:00pour ne pas raconter n'importe quoi
38:01et donc là je me mets en lire
38:04et le type me passionne
38:07me passionne
38:08parce qu'on ne le connait pas finalement
38:09vous avez fait avec ce livre
38:11un ouvrage destiné au grand public
38:13car il y a plein d'anecdotes
38:14sur quelqu'un
38:15qui était seulement connu
38:16des spécialistes
38:17Agnès Michaud
38:18en fait c'est peut-être
38:20l'étrangeté de ce livre
38:22c'est que c'est comme un livre d'universitaires
38:25parce que c'est une documentation
38:27et c'est sérieusement raconté
38:30mais c'est écrit
38:31comme ne le sont pas toujours
38:33les biographies universitaires
38:34qui sont plus sèches
38:36qui ont une écriture plus académique
38:38ou plus scientifique
38:39et puis aussi ça vient d'une vieille dégoûtation
38:42que j'ai depuis la prépa
38:43je trouvais toujours très pénible
38:45de lire des livres
38:46où il y a des notes à la fin
38:47vous voyez vous avez un livre
38:49puis alors vous êtes obligé
38:50d'aller à la fin
38:51donc j'avais dit tout de suite
38:53j'avais prévenu
38:54il n'y aura pas de notes de bas de page
38:56il n'y aura pas de notes à la fin
38:57et s'il y a des informations
38:58qui doivent être données
39:00elles le seront dans le texte
39:02voilà comme ça on lit
39:03et on a tout tout de suite en lisant
39:04donc effectivement
39:07c'est un livre qui peut servir
39:09à des étudiants
39:10ou à des gens cultivés
39:12sur la question
39:13mais j'espère
39:15je crois que vous me l'avez dit
39:17un peu avant qu'on ait l'antenne
39:18ça se lit quand même bien
39:20je crois que c'est
39:21c'est assez passionnant à lire
39:23j'espère
39:24enfin il y a des gens
39:25qui ne connaissaient pas du tout
39:26Huit Semences
39:27et qui m'ont
39:27mon papa par exemple
39:28et qui m'a dit
39:29et il ne me fait pas forcément
39:31de cadeau
39:31mon papa avec mes livres
39:32je sens quand il aime vraiment
39:33ou quand il n'aime pas
39:34et qui prennent plaisir
39:36à pénétrer dans cette existence
39:38je pense parce que
39:39mais je ne l'ai même pas fait exprès
39:42je pense que c'est Huit Semences
39:43qui me l'a commandé
39:44il y a eu un moment
39:46comme une osmose
39:47et il y a eu une écriture
39:48qui s'est imposée
39:49et qui effectivement
39:50n'est pas
39:50l'écriture académique
39:53de la biographie
39:54et vous avez des points communs
39:55avec lui
39:55pas mal
39:56vous habitez même pas loin
39:58d'où il habitait
39:59on a habité
40:00aux mêmes adresses
40:01j'habite depuis 40 ans
40:03comme lui
40:03dans cette rive gauche
40:05qui a beaucoup changé
40:06mais voilà
40:07donc mes pas
40:09sont dans ses pas
40:10depuis 40 ans
40:11dans ce quartier
40:12donc ça
40:13c'est très étrange
40:15et puis on a plein
40:16de défauts communs
40:18je suis une angoissée
40:19du voyage
40:20je suis toujours
40:21trois heures à l'avance
40:22dans les gares
40:23j'adore voyager
40:24mais il faut que je me fasse
40:25un peu violence
40:26parce que j'ai quand même
40:27une angoisse fondamentale
40:28à bouger
40:29voilà
40:29au fil et
40:31au fur et à mesure
40:33où je trouvais
40:34des renseignements
40:34sur l'homme
40:35je me disais
40:36oh la vache
40:36on se ressemble
40:37j'ai des névralgies
40:39j'ai mal au bide
40:40je me disais
40:41soit c'est tous les écrivains
40:42qui ont des névralgies
40:43et qui ont mal au bide
40:44mais non pas tous apparemment
40:45mais moi je fais partie
40:46comme lui
40:47des écrivains à névralgie
40:48et mal au ventre
40:49voilà
40:49il se trouve en plus
40:50que ce livre
40:51c'est un voyage
40:52que vous faites
40:52puisque vous allez
40:53dans les rues
40:54où il a vécu
40:55et donc pour le lecteur
40:56on suit
40:56comme un parcours
40:58la vie
40:59de Louis Spence
41:00oui puis alors
41:01c'est un type
41:02qui aimait bien
41:03la vie assez routinière
41:05et même
41:06la forme de sa vie
41:07c'est un grand Parisien
41:08il a très peu quitté Paris
41:10si vous pouvez faire
41:12l'intégralité de sa vie
41:14si vous venez visiter Paris
41:15ou si vous habitez à Paris
41:16on a à peu près 20 minutes
41:18il est né rue Suger
41:19il a été baptisé
41:20à Saint-Sévrin
41:21il a habité rue Saint-Sulpice
41:23puis rue de Sèvres
41:24bon après il y a
41:25quelques escapades
41:26mais après il y a
41:26un peu de rue Monsieur
41:27de choses comme ça
41:28puis il est mort à Saint-Placide
41:29donc oui
41:30c'est un parcours
41:31assez petit
41:33donc ce n'est pas
41:34ce n'est pas
41:36c'est pas un solide
41:38c'est pas
41:38c'est pas un Hemingway
41:40c'est pas un Victor Hugo
41:41quoi
41:41c'est plus souffroteux que ça
41:44et puis
41:45c'est
41:46voyage autour de ma chambre
41:48et au départ
41:48Huisman
41:49c'est un petit fonctionnaire
41:50au ministère de l'Intérieur
41:52oui alors
41:53il a toujours eu l'ambition
41:54d'écrire
41:55mais comme il n'est pas bien né
41:57en tout cas
41:57il est né modestement
41:59sa mère avait un petit commerce
42:01de brochage
42:02de livres
42:03qui rapportaient pas grand chose
42:05et il avait
42:07plein d'ancêtres
42:08grand-père
42:09arrière-grand-père
42:10dans la fonction publique
42:11donc il a eu accès
42:12assez facilement
42:13il a eu ses entrées
42:14il a pu rentrer
42:15dans la fonction publique
42:16donc il est rentré
42:17au ministère de l'Intérieur
42:18à la Sûreté Générale
42:19où il a fait toute sa carrière
42:21jusqu'à la retraite officielle
42:23il disait pique-pendre
42:26de son métier
42:27je pense qu'il en rajoutait
42:29parce que finalement
42:30ce métier
42:31à la Sûreté Générale
42:32lui ressemble assez
42:33il est un peu flicard
42:35dans son écriture
42:36il enquête
42:37il va dans le détail
42:39donc il devait être
42:40même si parfois
42:41il a des collègues
42:42qui ont dit du mal de lui
42:45mais beaucoup ont dit
42:46que c'était un fonctionnaire zélé
42:47il se trouve aussi
42:49qu'il commence à écrire
42:50que son premier livre
42:51sa mère l'envoie
42:53à l'éditeur de Jules Verne
42:54et bien sûr
42:55ça ne correspond pas du tout
42:56au style de la maison
42:58vous imaginez
42:58quand vous êtes un jeune homme
43:00qui se prend pour un adulte
43:01c'est maman
43:02qui vous emmène
43:03chez votre premier éditeur
43:04évidemment ça se passe
43:05alors
43:06Etzel
43:07qui est donc l'éditeur
43:08de Jules Verne
43:09entre autres
43:10a lu très consciencieusement
43:12son manuscrit
43:14c'était le drageoir à épices
43:16et a tout annoté
43:19et on possède encore
43:20les annotations d'Etzel
43:22qui sont
43:22c'est terrible quoi
43:24et donc en fait
43:25ce rendez-vous avec Etzel
43:26se passe très très mal
43:27en gros Etzel lui dit
43:28je crois que franchement
43:29il faudrait envisager
43:30un autre métier
43:31que la littérature
43:32donc
43:33on peut se dire
43:34qu'il était jeune
43:37c'est tellement décourageant
43:38ça aurait pu mettre fin
43:40et bien là
43:41il y a le vrai écrivain
43:42parce que ça n'a pas mis fin
43:43ça n'a pas mis fin
43:45ça ne l'a pas découragé
43:46alors ça l'a découragé
43:47il était proche du suicide
43:48mais
43:49mais il y a eu le rebond
43:51et il a persévéré
43:52alors il se trouve
43:53qu'on ne le sait pas assez
43:54Huissement
43:55ça a inventé une langue nouvelle
43:56dont sont inspirés
43:58aussi bien Paul Valéry
43:59que Michel Houellebecq
44:00aujourd'hui
44:00oui alors
44:02c'est un grand styliste
44:03en dehors d'être
44:04un fabuleux observateur
44:06de la modernité
44:08de son époque
44:09qui est un peu aussi la nôtre
44:10c'est un grand styliste
44:12il pratique le néologisme
44:15avec bonheur
44:16et il a inventé
44:17quelques mots
44:18dont un qui est passé
44:19totalement dans le langage courant
44:21le genre ignore absolument
44:23que c'est Huissement
44:23qui a inventé
44:24cet adjectif
44:25c'est l'adjectif désuet
44:27qui n'existait pas avant lui
44:29et il invente
44:31avec un travail très précis
44:32car chaque mot est pesé
44:34et chaque texte
44:36est réfléchi
44:36et il va inventer
44:37le naturalisme
44:38qui est une façon
44:40de travailler aujourd'hui
44:41tout simplement
44:41avec de la documentation
44:42ce que vous faites
44:43et personne ne l'avait fait
44:45avant lui
44:45c'est-à-dire que
44:46alors
44:47le naturalisme
44:48strictement
44:51ça vient de Zola
44:53et ce qui s'est passé
44:55c'est que ces Huissement
44:55c'est ses copains
44:56c'est-à-dire une bande de jeunes
44:58qui font de l'école naturaliste
45:01en se payant le culot
45:03d'aller voir Zola
45:04qu'ils considéraient
45:05comme leur maître
45:06et en fait
45:07toute cette petite bande
45:08va dîner chez Trapp
45:10et du coup
45:11c'est la naissance
45:12de l'école naturaliste
45:13mais donc c'est initié
45:14par des jeunes admirateurs
45:16dont Huismans
45:16et d'ailleurs
45:17Zola est présent
45:18mais il y a tout un monde
45:19du 19e siècle
45:20qui va de Maupassant
45:21à Théophile Gautier
45:23et au frère Goncourt
45:24qui est présent
45:25dans l'histoire
45:26car Huismans a connu
45:27tous ces gens-là
45:28ce qui est génial
45:28c'est que quand on connait
45:29pas du tout Huismans
45:30par contre on connait
45:31absolument tous ses amis
45:32c'est-à-dire que ses amis
45:34c'est Paul Verlaine
45:35c'est Goncourt
45:36c'est Barbédor et Vili
45:37c'est Villiers de Lilladant
45:38c'est Flaubert
45:41j'en oublie plein
45:42donc vous voyez
45:42il est vraiment au cœur
45:43de votre lagarde
45:45et Michard
45:45du 19e siècle
45:46et lui
45:50aujourd'hui
45:51reste second couteau
45:52et les autres
45:52sont plus connus que lui
45:53alors que vous avez
45:54vous avez eu
45:55absolument raison
45:56de le dire
45:57il est fondamental
45:58dans la littérature française
46:01il a beaucoup aidé
46:02à transformer le roman
46:04à lui donner
46:05sa forme moderne
46:06d'ailleurs
46:07c'est pas un hasard
46:08c'est pour de multiples raisons
46:09mais
46:10André Breton
46:11surréaliste
46:12avait la plus grande admiration
46:14pour Huismans
46:15il se trouve aussi
46:17qu'il a
46:17et c'est aussi
46:18un passionné d'art
46:19parce que
46:19sa famille
46:20il y avait
46:21dans ses ancêtres
46:22des peintres
46:23flamands
46:24et il devient
46:25un critique d'art
46:26qui va découvrir
46:26les plus grands peintres
46:27de son époque
46:28oui
46:28et c'est un
46:29un magnifique critique
46:31d'art
46:31ses articles
46:32alors ça
46:32c'est les articles
46:33qu'il publiait
46:33dans des journaux
46:34ou des revues
46:35souvent pour gagner sa croûte
46:37mais il y prenait
46:38un véritable plaisir
46:38parce qu'il avait
46:39cette espèce d'atavisme
46:40son père hollandais
46:42était venu pour faire
46:43carrière de peintre
46:44et puis ça a été l'échec
46:46et le père est mort
46:47quand Huismans
46:47avait 8 ans
46:48et donc il a très vite
46:49choisi le côté du père
46:51et il y a comme
46:52une sorte de fantasme
46:53de la généalogie hollandaise
46:56qui serait pleine
46:57d'artistes merveilleux
46:59alors vous pouvez
47:00aller vous faire
47:01votre avis
47:01en allant au Louvre
47:03vous verrez des tableaux
47:04de Cornélis Huismans
47:05qui est donc l'ancêtre
47:06de Joris Carl Huismans
47:08et puis vous évoquez
47:09le personnage
47:09très curieux
47:10parce que
47:11il fumait énormément
47:13il était dans la débauche
47:14il a eu une femme
47:15Anna
47:16qu'il a traité
47:16comme on ne peut pas imaginer
47:17traiter une femme aujourd'hui
47:18c'est très particulier
47:20je ne suis pas d'accord
47:21avec vous
47:21il la traite bien
47:22il la traite bien
47:23mais il ne l'épouse pas
47:25mais il est mignon
47:27parce que
47:27c'est une sorte de célibataire
47:29insatisfait
47:30c'est à dire qu'il voudrait
47:30être célibataire
47:31et il voudrait être marié
47:32mais il n'aime ni l'un
47:33ni l'autre
47:34ni être célibataire
47:35ni être marié
47:36ce qui est compliqué
47:37donc il vit avec une femme
47:39pendant très longtemps
47:40jusqu'à ce que
47:41la pauvre malheureusement
47:42décède d'une des formes
47:43de la syphilis
47:44et donc ils n'habitent pas
47:45au même endroit
47:46elle habite dans le cinquième
47:48il habite dans le sixième
47:49il ne la voit que le week-end
47:52il est très très organisé
47:53le sexe une fois par semaine
47:54la femme une fois par semaine
47:56enfin voilà
47:57mais il a toujours été fidèle
48:01avec elle
48:01il s'est toujours très bien occupé
48:02d'elle et des deux filles
48:04qu'elle avait
48:04qui n'étaient pas
48:05ses enfants à lui
48:06il a été un bon papa
48:08d'ailleurs une des filles
48:09elle a toujours appelé
48:10papa Georges
48:10même quand elle était adulte
48:11donc
48:12et il se trouve aussi
48:13qu'il a fini sa vie
48:14curieusement
48:15en découvrant l'église
48:16en vivant pratiquement
48:18comme un moine
48:19Agnès Michaud
48:20oui parce qu'il fait partie
48:22bon ça il y en a eu beaucoup
48:23après lui
48:24en fait il a
48:25Verlaine est un peu le premier
48:26à cette convertie
48:27puis après
48:28le grand converti
48:29c'est Huismence
48:30bon mais c'est une époque aussi
48:32vous voyez
48:33c'est une époque
48:34où dans la république
48:35on va faire
48:35la loi de séparation
48:37des églises et de l'état
48:38donc là il y a une sorte de combat
48:39dans la société française
48:40Huismence
48:41non pas par combat
48:42ou politique
48:43la politique
48:43elle a toujours emmerdé
48:44mais je pense par
48:46évolution personnelle
48:48de sa pensée
48:49prend en compte
48:51l'invisible
48:51écrit un livre
48:53sur le satanisme
48:54contemporain
48:55il est athée
48:56pouvons-nous dire
48:57à cette époque
48:58et il a
48:59il est convaincu
49:01finalement
49:02de l'existence du diable
49:03après s'être documenté
49:04avoir fréquenté
49:05des gens bizarres
49:06à Lyon
49:06à Paris
49:07soi-disant
49:08avoir assisté
49:09à une messe noire
49:09dit-il
49:10bon il n'y a pas
49:10de preuves formelles
49:11voilà
49:12et du coup
49:13très logiquement
49:14il va vers Dieu
49:15et donc il se convertit
49:16il va dans des monastères
49:18il devient oblas
49:20à Saint-Martin-de-Ligugé
49:22dans le Poitou
49:23c'est la fin de sa vie
49:25il devient catholique
49:27ça
49:27tout ça
49:27est dans ces 700 pages
49:29de Huismence vivant
49:30que vous avez
49:31mis un an
49:32je crois
49:32à écrire
49:33en travaillant
49:34presque jour et nuit
49:35oui
49:35c'est-à-dire que
49:36finalement la durée
49:37n'a plus aucun sens
49:38parce que
49:38quand j'ai reçu le livre
49:39je l'ai ouvert
49:40et j'ai fait
49:41c'est impossible
49:42je me suis dit
49:43comment j'ai fait
49:44et ça s'est passé
49:45voilà
49:46ça s'est passé
49:46intensément
49:48mais ça s'est passé
49:49et ce qui va se passer
49:50c'est qu'une nouvelle génération
49:51va découvrir
49:52ce maître de la littérature
49:54en tout cas
49:54c'est tout le mal
49:55que je vous souhaite
49:55Agnès Michaud
49:56parce que ce livre
49:57mérite effectivement
49:58le détour
49:59comme la carrière
50:00de monsieur Huismence
50:01merci Agnès Michaud
50:03ça s'appelle donc
50:03Huismence vivant
50:04et c'est au Cherche-Midi
50:05merci beaucoup
50:06continuez ainsi
50:07à faire d'autres livres
50:07merci beaucoup
50:08merci Agnès Michaud
50:09les clips d'une vie
50:10c'est terminé pour aujourd'hui
50:11on se retrouve bientôt
50:12restez fidèles
50:13à l'écoute de Sud Radio
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