00:00En portefeuille, un focus sur une thématique, un secteur d'activité ou des valeurs directement avec un gérant.
00:09Et nous avons le plaisir d'avoir au téléphone aujourd'hui Igor Demac. Bonjour Igor Demac.
00:13Bonjour.
00:14Merci d'être avec nous. Vous êtes associé et dirigeant de Vital Epargne, deux valeurs du secteur automobile que nous allons traiter ensemble aujourd'hui.
00:25Ou en tout cas une valeur du secteur automobile et une valeur à la lisière entre le secteur automobile et le secteur du luxe.
00:31On commence avec Stellantis, Igor Demac.
00:34Comment est-ce qu'on analyse cette valeur qui a beaucoup fait parler d'elle depuis le début de l'année et qui à l'heure actuelle est à plus ou moins à l'équilibre, en recul de 0,09%.
00:46On a un léger recul sur la valeur dans un contexte où la Commission européenne analyse à l'heure actuelle la possibilité de revenir sur cette date butoir de 2035 en matière d'interdiction de voitures thermiques, Igor Demac.
01:01Oui, je trouvais que c'était intéressant et opportun au moment présent puisque le chancelier allemand Merz a déclaré qu'il voulait revenir sur cette interdiction en 2035 sur les véhicules thermiques.
01:15Alors le secteur automobile, c'est un secteur sous-performant d'une trentaine de points sur les 3 et 5 dernières années.
01:20Je voulais parler effectivement d'une première valeur mass market qui a été vraiment très chahutée en raison d'abord de mauvaises performances opérationnelles, du départ du PDG et puis aussi des difficultés techniques sur le moteur hybride PureTech.
01:34Alors la dernière publication montre une chose qui me paraissait importante à relever, c'est des immatriculations américaines pour le groupe en croissance de 6%.
01:43Vous savez que Donald Trump a plus ou moins laissé entendre qu'il serait beaucoup plus clément sur les tarifs pour les producteurs américains.
01:51Donc ça explique aussi la raison pour laquelle Stellantis souhaite investir 10 milliards de dollars dans ses usines américaines pour produire des nouveaux modèles.
01:59Et on sait que l'industrie automobile est certes une industrie de remplacement mais surtout d'offres de nouveaux produits.
02:05Donc aux Etats-Unis, on a la Jeep Cherokee, on a le Dodge Charger.
02:09Tous ces produits doivent alimenter la croissance de la production, la croissance du chiffre d'affaires pour parvenir à redresser la marge.
02:17On attend sur le deuxième semestre dans le consensus une marge opérationnelle peut-être de 2-3%
02:23et enfin redevenir une valeur génératrice de free cash flow à partir de 2026-2027.
02:30Alors évidemment c'est la valeur la plus cyclique, la plus fragile mais aussi la plus américaine avec le plus gros rebond
02:37et je trouve les multiples les plus avantageux aujourd'hui.
02:40Un PE 2026 inférieur à 5 et puis une valeur d'entreprise rapportée à l'EBITDA 2026 de 2-1 fois.
02:46Donc je trouve que c'est un joli cas de redressement aujourd'hui avec pas mal d'atouts dans la conjoncture actuelle.
02:56Avec quand même un cours de bourse en recul de 26% depuis le début de l'année, Igor Demac sur Stellantis.
03:01Ça veut dire que là, selon vous, on rentrerait dans une phase de progression à nouveau, de rebond pour la valeur potentielle ?
03:10Oui, alors bon, elle a perdu plus de 26% depuis son plus haut.
03:14Donc la bourse est finalement un bon sismographe, elle a reconnu la perte de valeur et les difficultés opérationnelles.
03:23Moi je pense que le secteur automobile aussi a été très contraint par des normes qui lui sont imposées et qui sont trop dures
03:29à appliquer, notamment pour changer tout l'appareil de production industrielle,
03:35surtout dans un groupe comme Stellantis qui est mondial, tri-zone, tri-géographie.
03:39Mais c'est quand les valeurs sont un peu au tapis, quand elles baissent qu'il faut les acheter aussi.
03:43Je ne dis pas que c'est toujours le cas, mais là on est dans un cas de retournement.
03:47Peut-être un peu moins facile que le cas Renault, mais je trouve que là il y a des avantages,
03:53notamment avec cette exposition américaine qui me paraissent intéressantes de noter.
03:58Un mot, alors on parle beaucoup d'intelligence artificielle en bourse, Igor Demac,
04:02ce n'est pas la thématique, là on est plus dans la thématique des valeurs automobiles.
04:06Mais Stellantis a notamment annoncé un partenariat avec Mistral EA.
04:10Est-ce que là aussi la thématique intelligence artificielle peut venir porter un secteur automobile
04:17qui en Europe connaît les difficultés que vous avez décrites ?
04:23Écoutez, le secteur automobile, c'est un secteur industriellement tellement important.
04:26Toutes les innovations technologiques qui passent, quasiment, on a eu le GPS,
04:31après on a eu la multiplication des puces et des semis dans les capteurs
04:36et on voit bien qu'intelligence artificielle maintenant se déverse sur quasiment tous les secteurs
04:41et en premier lieu des secteurs très industriels.
04:44Donc le véhicule devient de plus en plus technologique, certes de plus en plus hybride,
04:49mais il me semble que ça sera une thématique d'investissement.
04:54Et dès qu'on met le mot intelligence artificielle dans une présentation de Journée Investisseur
04:58ou un communiqué, on espère toujours que ça fera monter le cours de bourse,
05:02mais c'est une donnée technologique qui aujourd'hui est, à mon avis, indispensable
05:07pour les constructeurs automobiles et on le verra dans le deuxième cas Ferrari.
05:11Évidemment, c'est une valeur de luxe, il y a énormément de technologie dans les voitures.
05:16Justement, vous commencez à répondre à la question que je voulais vous poser,
05:20Igor Demac, la valeur Ferrari, on l'analyse comme une valeur automobile
05:23ou comme une valeur du luxe en octobre 2025 ?
05:28Je pense même que ça a les multiples d'une valeur techno-américaine,
05:31puisque le PE 2026, je voulais commencer justement par les multiples.
05:35On est à 40 fois, la valeur d'entreprise rapportée à l'EBITDA, on est à 24 fois.
05:40Donc vous voyez, là, c'est des valorisations qui sont propres à l'industrie du luxe,
05:45avant le grand effondrement, j'allais dire,
05:47et puis à l'industrie technologique américaine,
05:51parce que c'est une valeur de forte croissance et à forte marge.
05:56Donc évidemment, les investisseurs vont payer plus cher.
05:59Donc je suis un peu en contradiction avec ma position sur Stellantis,
06:02où je vous ai dit qu'il fallait acheter quand ça baisse et que ce n'est pas cher.
06:06Là, en fait, ce qu'on achète, c'est la progression des résultats,
06:09des agrégats opérationnels, du chiffre d'affaires à la marge jusqu'aux dividendes.
06:13Et c'est un petit peu le nouveau plan qui sera dévoilé le 9 octobre,
06:18lors de la journée investisseur.
06:19Ferrari avait atteint, avec deux ans d'avance, son plan précédent.
06:23Là, on devra avoir des métriques avec un chiffre d'affaires de l'ordre de 10 milliards d'euros,
06:28une marge d'EBITDA qui dépasserait 40%.
06:30Donc vraiment des caractéristiques, là, de valeur du luxe.
06:34Mais n'oublions pas qu'en fait, il y a énormément de technologies dans les voitures,
06:39notamment les supercars.
06:40Et puis, ce qui tire beaucoup la valeur, en fait, c'est la stratégie plus value que volume.
06:48Mettre de la valeur dans le véhicule.
06:50Et comment on fait ?
06:51Soit on sort des modèles très exclusifs, très performants,
06:55soit on personnalise les voitures.
06:57Et donc, on augmente le prix moyen de vente de l'ordre de 7% par an.
07:04C'est ce qui est prévu par le consensus sur les cinq prochaines années.
07:06Et ça, ça permet d'avoir un free cash flow et une petite distribution de dividendes qui sera plus généreuse.
07:12Donc, on est sur un modèle différent de ces lancis.
07:15Il n'y a pas de restructuration, de problématique de vente.
07:19Le carnet de commande est plein.
07:20Il y a une stratégie d'augmentation graduelle des prix des modèles vendus.
07:25Avec quand même deux risques qu'il faut bien, bien comprendre.
07:30Et qui est aussi lié à ce qu'on a dit sur la date fatidique de 2035.
07:34C'est qu'on a dans les modèles hybrides, pour l'instant, une baisse des valeurs résiduelles.
07:37Et on a une problématique d'électrification.
07:39En fait, là où on devait avoir une généralisation de l'électrification,
07:43Ferrari a reporté.
07:44Et vraisemblablement, ne sortira qu'un seul modèle.
07:46Donc, vous voyez que, mine de rien, ces deux valeurs sont quand même liées à ce couvercle
07:51qui pourrait être enlevé et qui ferait énormément de biens sectoriellement
07:55et de manière individuelle à des valeurs comme Stellantis et Ferrari.
08:00Merci, Gordemac, de nous avoir accompagnés dans la rubrique
08:02En portefeuille de Good Morning Market.
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