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  • il y a 9 mois
Husqvarna a lancé un plan de durabilité de 2015 à 2025, avec comme objectif de réduire ses émissions carbone de 35 %, en se basant sur la science via le SBTi. Cela passe par exemple par le remplacement d’usines pétrole par des usines de robotique. Dans ce grand entretien, Sabrina Pantier, présidente de Husqvarna France, témoigne de son expérience en tant que rare femme dirigeante dans le secteur de la motoculture.

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Transcription
00:00Prêt pour l'impact, c'est la question que je pose chaque jour à une personnalité qui compte dans notre économie.
00:11Je reçois aujourd'hui Sabrina Pantier, bonjour.
00:13Bonjour.
00:13Bienvenue, vous êtes la présidente d'USGVARNA France.
00:17Ce mot impact, c'est souvent la première question que je pose.
00:20Comment vous le mettez en musique en quelque sorte dans votre entreprise ?
00:24Alors déjà, ça commence par la vision.
00:25Je pense qu'avant de parler d'impact, il faut savoir qui on est pour pouvoir impacter.
00:30Et d'ailleurs, Gandhi le disait, être le changement que l'on veut voir dans le monde.
00:34Et je pense sincèrement que lorsque la vision est claire, et l'impact chez l'USGVARNA est clair, c'est l'innovation.
00:39L'innovation en vue de réduire les émissions de carbone notamment.
00:43C'est un impact que nous voulons avoir, impacter notre écosystème, la biodiversité dans les jardins.
00:48Et faire en sorte aussi peut-être d'inspirer les particuliers, les professionnels des espaces verts,
00:54de l'entretien des espaces verts, pour qu'ils puissent avoir les clés et impacter leur environnement eux-mêmes, leur écosystème.
01:00On va effectivement parler biodiversité.
01:02On va parler des espaces verts en ville, parce qu'il y a peut-être une façon de les repenser.
01:07Mais il y a un peu de votre histoire personnelle que je voudrais creuser quand même.
01:11Il y a dix ans, vous êtes partie aux États-Unis pour vous former comme coach.
01:15Qu'est-ce que ça change aujourd'hui dans votre façon de manager les équipes du GVARNA France ?
01:21Eh bien écoutez, ça change tout. Je me suis transformée.
01:24C'est-à-dire que je suis partie, j'ai tout quitté.
01:26Ça n'a pas été simple, il y avait vraiment un acte de courage, parce que c'était incertain.
01:30J'ai été formée par les meilleurs.
01:32C'est vrai qu'aux États-Unis, le coaching est vraiment utilisé depuis toujours dans les organisations.
01:39Et quand je suis rentrée en France, j'ai été transformée.
01:41C'est-à-dire que j'anticipais les conflits.
01:45Je n'ai aucun conflit dans mon équipe aujourd'hui, parce que je suis capable de désamorcer avant même que le conflit arrive,
01:51avec l'écoute à 360 degrés, qui a été par exemple un élément clé dans mon leadership.
01:57Et en fait, ce que vous apprend le coaching aussi, c'est de vider le verre.
02:00Parce qu'en fait, on a plein de préjugés et de croyances, surtout quand on est leader.
02:03Et on vous apprend à vider vos croyances.
02:05Et quand vous êtes vide, finalement, intérieurement, vous pouvez être vraiment présent pour l'autre.
02:10Et là, il y a quelque chose qui se passe.
02:11Et ça, ça a été une vraie leçon que j'ai prise, la leçon de l'ego.
02:15Et donc, le coaching m'a permis de finalement être authentique, enlever les voiles de l'ego.
02:22Et là, vous êtes complètement en vérité avec vos équipes, avec ce qui se passe.
02:27Vous osez dire les choses, vous faites des feedbacks.
02:30Et le courage est vraiment une des valeurs clés que je mets en place quand on parle d'impact au sein de l'organisation.
02:36Alors, je crois que vous êtes une des rares femmes dans ce milieu de la motoculture.
02:40Une vingtaine d'années d'expérience dans l'industrie en France et à l'international, on vient de l'évoquer.
02:46Est-ce que ça vous agace quand on vous le rappelle encore ?
02:48Vous êtes une des rares femmes A.
02:51Effectivement, tant qu'on me pose la question, c'est que ce n'est pas encore gagné.
02:54C'est qu'il y a encore du boulot. On est bien d'accord.
02:56C'est qu'il y a encore du boulot.
02:56Oui, je suis la première femme présidente chez Esquivarna France et je pense que ça nous permet d'éclairer.
03:04C'est-à-dire qu'on a encore du changement, c'est clair.
03:06J'ai encore, j'entends encore trop des blagues sexistes, des comportements qui sont déplacés.
03:12C'est encore là.
03:14On doit se battre.
03:15Ce n'est pas encore fini.
03:16Mais aussi, en même temps, en tant que femme, je peux aussi éclairer les autres femmes à venir dans l'industrie.
03:21C'est la question que j'allais vous poser.
03:23Qu'est-ce que vous en faites ?
03:24Est-ce que vous profitez, au bon sens du terme, de votre place actuelle pour soit promouvoir des femmes dans l'entreprise,
03:33soit inciter des jeunes ou moins jeunes femmes à choisir la tech, à choisir l'industrie,
03:39à choisir des secteurs dans lesquels on n'est pas censé, je mets tous les guillemets possibles, les voir travailler ?
03:45Tout à fait.
03:45J'ai deux exemples.
03:46Le premier, on n'avait aucune femme dans le département vente depuis la création du Skeverna France.
03:52On vient d'embaucher deux femmes, enfin, dans le commerce.
03:55Alors, c'est le début.
03:56Mais elles sont dans les top 3 des meilleurs commerciaux à la France.
04:01Et je suis fière de ça.
04:03Donc, oui, je vais féminiser les départements vente, féminiser les départements après-vente aussi.
04:07On n'a aucune technicienne encore, femme.
04:10Et la deuxième chose, c'est leur salaire.
04:13C'est vrai qu'on voit que c'est des métiers qui sont encore trop masculins.
04:18Complètement, mais vous savez, il y a des biais cognitifs.
04:21Je veux dire, on ne se sent pas légitime en tant que femme d'aller dans ces milieux-là.
04:26On pense qu'on n'y a pas droit, ou que c'est un milieu trop masculin et qu'on n'arrivera pas.
04:30Et on a fait une étude chez Husqvarna.
04:31On a posé la question à des femmes.
04:33Pourquoi vous ne rentrez pas dans l'industrie ?
04:35Elles ont toutes répondu la même chose.
04:37On a peur de se faire harceler.
04:39C'était étonnant, et elles ont raison.
04:43C'était le deuxième exemple que je voulais vous donner.
04:45Ce que je peux faire également en tant que femme, c'est défendre les positions aussi.
04:48Quand je vois un acte, et ça a été le cas, on a fait une convention où on a invité 350 clients.
04:53Et j'ai des collaboratrices qui ont été harcelées pendant la soirée.
04:56Je ne vais pas rentrer dans le détail.
04:58C'était le cas pendant des années, apparemment, et personne n'avait agi.
05:01J'ai décidé d'agir.
05:03J'ai réuni toute l'équipe.
05:04Je leur ai expliqué ce qui s'était passé.
05:06Les hommes étaient surpris.
05:07Ils ne savaient pas quoi faire.
05:08Ils ont vu, mais ils n'ont rien fait.
05:10Pas parce qu'ils n'avaient pas envie d'agir, mais ils ne savaient pas.
05:13Ils avaient peur de perdre les clients, peut-être aussi.
05:15Donc j'ai pris le risque.
05:16On a appelé chaque individu.
05:18J'ai pris le risque, peut-être potentiellement, de perdre le business,
05:20parce qu'il y a quand même plusieurs millions d'euros en jeu.
05:22Mais il n'y a aucune transition.
05:25On doit être intransigeant sur les valeurs.
05:26Et c'est clair que chez Husqvarna, on pouvait être tranquille sur la capacité.
05:33Et les feedbacks des collaborateurs sont clairs.
05:35On se sent protégé.
05:36Et ça, c'est important.
05:37Alors, quelques chiffres sur Husqvarna au niveau mondial.
05:40Le chiffre d'affaires 2024, c'est près de 44 milliards d'euros,
05:4343 milliards de 900 millions, 13 300 salariés dans le monde.
05:47En France, le chiffre d'affaires était en progression l'an dernier à 40 millions d'euros.
05:52On va rentrer un peu dans le détail de ce qu'est cette entreprise.
05:58Vous vendez quoi ?
06:00Alors, une entreprise suédoise qui a 336 ans maintenant.
06:05336 ans, c'est génial.
06:06On a une très belle histoire.
06:07Et aujourd'hui, nous sommes fabricants d'outils motorisés
06:10pour l'entretien des jardins, des espaces verts en ville et des forêts.
06:13Donc, c'est par exemple tout ce qui est portable,
06:15les tronçonneuses, les tailluées, les souffleurs.
06:18C'est également les roues, donc avec les robots de tente,
06:20à la fois dans les jardins, mais aussi dans les golfs ou sur les terrains de foot.
06:25Et on a également toute une gamme de services, location, lise de nos machines
06:31pour permettre à tout le monde d'y avoir accès.
06:33Alors, comment vous faites baisser le bilan carbone d'une entreprise comme celle-là ?
06:37Alors, il y a plusieurs choses.
06:38Déjà, la culture suédoise.
06:40C'est une culture que je ne connaissais pas.
06:42Mais donc, nous sommes dans la semaine du développement durable.
06:43En ce moment, l'ONU, en 2015, a lancé 17 objectifs développement durable.
06:49Et dans ce cadre-là, Husqvarna a lancé ce qu'on appelle le Sustainovate Plan
06:53de 2015 à 2025 avec des objectifs très clairs.
06:57Le premier, réduire de 35% les émissions de carbone sur toute la chaîne de valeur.
07:02On est à 55% en 2025.
07:05On a réussi le pari.
07:06On l'a même dépassé.
07:07Comment on a fait ?
07:08On a fermé des usines pétrole, parce qu'on a encore des produits pétrole.
07:12Et on a ouvert des usines de robotique.
07:14Parce qu'un robot de tente, pour vous donner une image,
07:16c'est l'équivalent d'une ampoule pour certains robots.
07:18Une consommation très basse d'émissions de carbone.
07:20Et on a favorisé ces produits-là avec des produits batterie.
07:23Et ça, c'est une des clés qui nous a permis aussi d'impacter l'écosystème.
07:28Ça a été validé par le SBTI.
07:30Il faut savoir que Science Based Target Initiatives,
07:33c'est un groupe, une initiative internationale qui a été créée.
07:36Alors le WWF, les Nations Unies, qui se sont rassemblées
07:40pour fixer des objectifs clairs aux entreprises
07:42et qui vont diminuer leurs émissions de carbone.
07:46Donc vous l'avez évoqué, cet objectif, c'était moins 35% d'ici cette année, d'ici 2025.
07:51Donc vous êtes bien au-delà.
07:53C'était quoi l'année de référence ?
07:56C'était il y a 10 ans, il y a 15 ans, il y a 20 ans.
07:59Vous voyez ce que je ne veux dire pas.
08:00Par rapport à quoi on se base et de quel modèle vous êtes parti ?
08:04C'est un peu ça la question.
08:05Alors en fait, il n'y a pas vraiment d'année de référence.
08:07On s'est dit, de 2015 à 2025, pendant 10 ans, on va changer notre modèle.
08:13On a intégré notamment les objectifs de développement durable dans les objectifs financiers.
08:18Donc dans notre rapport financier maintenant,
08:19on inscrit ces indicateurs de mesure, qui sont la diversité,
08:23qui sont l'impact environnemental, les émissions de carbone.
08:26Donc à partir de 2015, on a eu une stratégie de réduire et d'accélérer l'innovation sur la batterie notamment.
08:34Donc avec un objectif de deux tiers, de passer tous nos produits pétrole à hauteur de deux tiers à des produits batterie.
08:40Donc il y a une transition énergétique qui se fait également dans l'innovation.
08:43Est-ce que ça veut dire aussi rendre vos produits plus réparables, lutter contre l'obsolescence programmée ?
08:50Exactement, et merci pour ce point, parce que c'est une des clés du Made in Europe.
08:56Je dois encore le signaler.
08:58On est, c'est vrai, attaqué de toutes parts par des concurrents qui viennent d'Asie.
09:02Et ce qui nous distingue encore aujourd'hui, c'est notre réseau.
09:05On a un réseau de 9000 revendeurs, concessionnaires, un peu comme un concessionnaire d'automobiles,
09:10qui fait du Xverna et qui a l'obligation d'avoir un atelier et de répondre à des critères très exigeants de réparabilité.
09:15Et on a notamment, on peut fournir les pièces jusqu'à 10 ans sur nos robots de tonte.
09:21Ces robots de tonte, d'ailleurs, je crois que c'est 2025, c'est les 30 ans du premier robot tondeuse.
09:27Alors c'était une sacrée révolution quand même dans le jardin.
09:30Depuis, vous avez été copié, j'imagine, un peu partout.
09:34Ces robots en 30 ans, ils consomment de moins en moins, ils se sont améliorés.
09:39Qu'est-ce qu'on peut en dire de cette histoire dans l'histoire ?
09:42Alors déjà, nous sommes l'inventeur du robot.
09:44Nous avons créé le robot au niveau mondial.
09:46Donc nous avons lancé notre premier robot solaire, il s'appelait La Tortue, en 1995.
09:51À partir de là, effectivement, le robot a évolué.
09:54Le design aussi est reconnu.
09:56On avait des brevets qui ont été lancés.
09:58Nous avons 350 ingénieurs qui travaillent juste sur le robot en Suède.
10:03Notre production est à Eclif, en Angleterre.
10:06Et nous produisons, nous y mettons plus d'électronique, plus d'IA.
10:09Nous avons notamment une application mobile avec un million d'utilisateurs.
10:13C'est l'application la plus utilisée dans le jardin, qui est connectée à tous les produits de votre jardin.
10:18Qu'est-ce que ça change d'avoir un outil connecté ?
10:20Dans son usage et peut-être dans son bilan, là aussi, dans son impact carbone ?
10:26Alors, on a fait une étude avec 4000 personnes, 4000 particuliers dans 6 pays européens.
10:30On leur a posé la question de comment impacter votre jardin.
10:33Et la réponse, c'était, à 60%, on sait que le jardin peut être un vivier d'impact de la biodiversité,
10:40mais à 80%, on ne sait pas comment faire.
10:41Alors, ce qu'on a fait, c'est qu'à travers l'application mobile, on donne des conseils,
10:45on écrit des fiches, on écrit des articles.
10:47Et grâce à ça, on a pu lancer ce qu'on appelle le rewilding mode.
10:51Donc, ce rewilding mode, c'est une fonctionnalité sur le robot
10:54qui vous permet d'épargner 10% dans votre jardin pour les abeilles, les pollinisateurs.
10:59Et vous vous imaginez, en Europe, 250 000 hectares seraient économisés
11:03si chacun utilisait l'application.
11:05Mais alors, attendez, comment ça marche ?
11:06Parce qu'il n'y a pas besoin forcément d'une appli ou d'une machine connectée.
11:11Il suffit de se dire, tiens, cette partie de mon jardin, je vais la laisser en friche, non ?
11:15Eh bien non, justement.
11:16Ah, c'est plus compliqué que ça.
11:17Oui, c'est plus compliqué que ça.
11:18Déjà, il faut cartographier le jardin.
11:20Et grâce à l'application mobile, vous cartographiez en instantané.
11:23Vous arrivez à dresser une carte de votre jardin.
11:26On a de la vision également qui va sortir dans le robot.
11:29Donc, le robot va être cartographié avec les espaces que vous voulez garder
11:33parce qu'il faut tondre tous les jours.
11:35En fait, ça, on ne le sait pas, mais le muscling, ça permet de renouveler le gazon.
11:39Et le fait de tondre tous les jours vient améliorer la qualité du gazon
11:44et permet aussi une durabilité de votre gazon grâce à cette technologie.
11:49Donc, on y met de l'IA, on y met de la vision
11:51et on donne des conseils via l'application mobile
11:53pour, notamment, si vous avez un tailleux électrique,
11:56vous avez votre niveau de batterie, ce que vous consommez par jour.
11:59Oui, effectivement.
12:00Avec aussi cet International Biodiversity Advisory Board, c'est quoi ?
12:06Alors, là aussi...
12:07C'est une sorte d'expertise, c'est ça ?
12:08Exactement. On va plus loin en parler d'impact.
12:11En décembre 2023, on décide, chez Jusque Verna, de faire appel à des experts.
12:17Donc, on a créé un comité consultatif avec des scientifiques, des philosophes,
12:21notamment Sandra Lavorel, scientifique au CNRS qui a reçu la médaille d'or
12:25pour ces travaux liés à la biodiversité,
12:28être entré dans le comité et nous donne des conseils pour produire ou créer des produits
12:33qui vont être en alignement avec les écosystèmes et le développement,
12:37notamment pour les villes aussi avec Living City.
12:39Alors ça, on va y revenir sur les villes et les espaces verts urbains,
12:44mais quand vous dites, je vous entends parler des experts, etc.,
12:48ça rejoint des objectifs basés sur la science,
12:51c'est-à-dire que, est-ce que vous avez commencé par une sorte d'audit, d'impact ?
12:57Alors, vous n'y étiez pas il y a dix ans, mais on peut le raconter,
13:00pour se dire, ok, qu'est-ce qu'on active comme levier prioritairement,
13:05lesquels sont les plus efficaces, vers où les scientifiques nous demandent d'aller ?
13:09Est-ce qu'il y a eu cette démarche, une certaine façon ?
13:11Oui, alors, chez Jusque Verna, c'est vrai qu'il y a des...
13:14D'ailleurs, c'est pour ça qu'on a lancé ce comité consultatif,
13:17mais ça a commencé bien avant.
13:18En fait, on interroge les experts, il y a des réunions qui sont organisées,
13:24notamment, bon, Living City, on en reparlera sur les villes,
13:27on fait rencontrer des personnes pour savoir quels sont les enjeux
13:30de l'entretien des espaces verts, à la fois pour le particulier et à la fois pour les villes.
13:36Et à partir de là, on dresse un diagnostic et on se dit,
13:39qu'est-ce qu'il faut qu'on ajoute dans nos produits pour répondre à ça ?
13:42Ça a été le cas avec le rewilding mode, par exemple.
13:44Mais on va parler des villes, dans un instant, il nous restera une dizaine de minutes,
13:47on aura largement le temps de l'évoquer.
13:49Mais si moi, je me place comme consommateur,
13:52ce n'est pas le premier critère d'achat d'un produit Svarna,
13:57de se dire, je vais favoriser l'environnement ou la pollinisation.
14:03Ou est-ce que vous, vous le voyez dans les actes d'achat monter ?
14:06Alors oui, de plus en plus, notamment sur le particulier.
14:09Là encore, l'étude nous le montre, les particuliers sont sensibles à l'écosystème et à leur jardin.
14:15Et comment même, j'ai un jardin également, j'ai envie de savoir quoi faire,
14:20notamment avec le réchauffement climatique.
14:22On a de plus en plus de challenges.
14:25Donc, les particuliers, les consommateurs vont être intéressés.
14:28Et d'ailleurs, on voit qu'il y a une révolution, une transition qui se fait beaucoup plus rapidement
14:32sur le particulier, sur la transition énergétique.
14:34Les gens n'ont plus envie d'avoir de pétrole dans leur jardin.
14:37Donc, c'est pour ça que les robots électriques marchent de mieux en mieux, c'est ça ?
14:41Exactement.
14:41En termes de vente.
14:42Mais même, vous n'avez plus de pollution sonore.
14:44Vous imaginez, même dans les golfs, on est en train de révolutionner le monde du golf.
14:47On n'est plus dans les tracteurs qui polluent thermique.
14:50On est sur une solution qui est silencieuse, qui améliore la qualité de votre jardin,
14:56qui est connectée, peu importe où vous terez dans le monde,
14:58vous pouvez connecter votre robot, le lancer, l'arrêter.
15:01Oui, et d'ailleurs, c'est intéressant parce que les particuliers donnent des noms à leurs robots,
15:06comme s'ils faisaient partie de leur animal de compagnie.
15:08Donc, oui, en fait, les particuliers sont attachés à leurs robots.
15:13Il y a une démocratisation qui se fait et ils sont sensibles à cette nouvelle composante.
15:17Bien évidemment que le pouvoir d'achat est menacé et que le prix est important.
15:22Le prix va rester un critère d'achat.
15:24Mais je trouve que c'est très intéressant parce qu'on a là identifié un levier,
15:29parce que si on met bout à bout tous les jardins en France ou en Europe,
15:33ce sont des espaces de biodiversité potentielle qui sont assez gigantesques.
15:38Et il y a aussi ceux des villes.
15:41Et donc là, vos interlocuteurs, ça va plutôt être les municipalités.
15:44Évidemment, vous êtes dans quoi ?
15:45Dans une réflexion pour repenser ces espaces verts en ville ?
15:50Oui. Et d'ailleurs, nous organisons là aussi des espaces d'échange.
15:55Une fois par an, on a lancé un événement qui s'appelle Living City.
15:59Living City, c'est un événement, une conférence annuelle qui se tenait en Suède l'année dernière,
16:03en France il y a deux ans à Paris et cette année à Barcelone.
16:06On fait rencontrer des experts, des municipalités, des experts de l'entretien des jardins,
16:11des paysagistes.
16:13On les met en relation avec nous et des journalistes.
16:16Et à partir de là, on parle des espaces verts, des enjeux, du réchauffement climatique
16:22et comment on peut intégrer aussi, végétaliser nos villes,
16:26qui est un enjeu majeur avec le réchauffement climatique.
16:28Quand on sait que planter des arbres et rajouter des espaces verts
16:32peut nous faire augmenter de 1,5 voire 2 degrés la fraîcheur dans les villes.
16:36En tout cas, de baisser de 2 degrés et créer des îlots de fraîcheur.
16:40Qu'est-ce que vous leur proposez ? Parce que vous, vous vendez des machines.
16:43Qu'est-ce que vous proposez aux municipalités pour accroître la place des espaces verts,
16:49mieux choisir les emplacements, etc. ?
16:52On adore l'IA aussi. On a travaillé avec un outil qui s'appelle Luxi.
16:56Luxi, c'est Husqvarna Urban Green Space Index.
16:59H-U-G-S-I.
17:00C'est ça.
17:01Et en fait, Luxi, c'est un outil d'intelligence artificielle qui travaille avec des satellites
17:05et qui vous permet de... Vous êtes au-dessus de Paris et vous avez une image claire
17:09du taux de végétation au mètre carré à Paris, dans toutes les villes du monde.
17:14On a lancé ce projet qui nous permet... Donc on a dressé des indicateurs de mesure
17:17et notamment même la santé des plantes qu'on est capable de diagnostiquer à distance
17:21pour savoir si une ville est saine ou pas.
17:23Et de faire un diagnostic, dresser des diagnostics avec les villes
17:27et de pouvoir mettre des plans d'action en place.
17:29On a lancé Luxi il y a quelques années. On va déployer en novembre jusqu'à 82 pays, 516 villes.
17:37Donc c'est un outil qui est recommandé et qui est utilisé par les villes pour mettre des actions en place.
17:42Alors est-ce qu'on peut prendre des exemples en France de villes qu'ils utilisent
17:45et surtout partir d'un point A pour arriver à un point B ? Qu'est-ce que ça change ?
17:51Alors on a fait le diagnostic à Paris et d'ailleurs les intervenants de Paris sont venus à Living City il y a deux ans.
17:57On voit déjà des progrès mais il faut savoir que Paris est une exception.
18:00On est, et c'est choquant de voir les résultats, 15% d'espace vert seulement à Paris.
18:05Pourquoi ? Parce qu'il y a une densité de bâtiments.
18:07Alors c'est une vieille ville également, culturellement.
18:10Ce qui fait qu'il y en a un peu plus à l'ouest qu'à l'est.
18:13Et c'est une ville qui a 7 mètres carrés de végétation par habitant.
18:18Donc vous êtes à 216 à Besançon.
18:20Besançon est la première ville, la ville la plus verdoyante en France.
18:24Alors c'est là aussi étonnant mais c'est comme ça.
18:27Donc André, je veux bien que pour donner les chiffres, le comparatif entre Paris et Besançon, c'est...
18:337 mètres carrés de végétalisation, on va dire par habitant à peu près en moyenne.
18:35Et on passe à 216 à Besançon.
18:37Ah oui, effectivement, le gap est vertigineux.
18:39Et donc on s'est dit, nous on ne peut que recommander à Paris d'utiliser l'outil et surtout la santé des arbres, notamment quand on voit que le réchauffement climatique crève de chaud l'été.
18:51Les arbres permettent de retenir en cas d'inondation et permettent aussi d'apporter ces îlots de fraîcheur.
18:58Donc on a du travail en fait à Paris.
18:59Il va falloir qu'on travaille peut-être sur des murs végétalisés, sur des îlots végétalisés.
19:03Là, on a vraiment du travail sur la planche par rapport à cette vie.
19:07C'est drôle parce que nous, on enregistre cette émission, on est à deux pas, à quelques 50 ou 100 mètres de la place du colonel Fabien qui va devenir une forêt urbaine.
19:17C'est le terme qui est employé par la ville de Paris.
19:20Il y en a une autre, par exemple, qui est près de la gare Montparnasse.
19:26Alors forêt urbaine, le terme est peut-être un peu exagéré parce que ça reste une place.
19:30Mais quand même, on voit qu'il y a cet état d'esprit qui change.
19:34Vous, vous fournissez du matériel.
19:37Vous fabriquez, enfin, vous n'êtes pas concepteur d'espace vert urbain, on est bien d'accord.
19:42Oui, mais on n'est pas seulement fabricant de matériel.
19:45Et c'est ça l'esprit du Skverna.
19:46On vend une solution et un concept philosophique, je dirais même.
19:50Et ça, ça vient de la culture suédoise.
19:51En Suède, 70% du territoire sont des forêts.
19:54Si vous avez l'occasion d'aller en Suède, c'est hyper naturel.
19:57On a un endroit et un vivier, d'ailleurs, c'est le deuxième pays à répondre aux objectifs de l'Europe sur les 17 objectifs du développement durable.
20:05Après la Finlande, c'est la Suède.
20:07On est précurseur et je pense qu'on est leader en termes de pas seulement promouvoir.
20:12Et c'est ça la stratégie et la philosophie du Skverna.
20:15Ce n'est pas stratégie, juste promouvoir des produits.
20:17On s'en fiche.
20:18Bien sûr qu'il y a une profitabilité.
20:20Mais on va au-delà.
20:21On est l'inventeur du robot il y a 30 ans, alors personne n'en parlait.
20:23On a impacté déjà notre environnement et personne ne parlait encore à ce niveau-là d'impact environnemental.
20:31Donc on a ça dans notre culture.
20:33Et donc on veut transmettre et inspirer 5 millions de personnes.
20:37C'était l'objectif de 2015 à 2025.
20:39Avec une question de modèle économique, on recevait Fabrice Bonifay hier, le président du C3D, le collège des directeurs de développement durable,
20:50qui va assez loin sur l'idée que le modèle linéaire qui consiste à produire, vendre le plus possible, il est condamné à terme.
21:01Est-ce que la réflexion va jusque-là chez Husverna ?
21:05C'est-à-dire de se dire qu'il faut qu'on passe de ce modèle-là à un modèle plutôt de location,
21:09où on va peut-être vendre moins de matériel, mais du matériel plus robuste, qui durera plus longtemps,
21:14et dont on restera propriétaire et qui sera loué à nos clients.
21:17Est-ce que vous commencez à réfléchir à ce modèle-là ou pas encore ?
21:19Oui, je pense qu'on a déjà commencé depuis 2015 en lançant ce plan Sustainovate,
21:23qui répondait finalement à la COP15 de la préservation des terres et des mers.
21:30On va vraiment, ce comité consultatif qui a été créé, en fait on fait tout pour arriver à impacter justement cet environnement.
21:39Husverna, comme je vous le disais, c'est pas seulement...
21:44Alors, bien évidemment, je suis d'accord avec vous, le modèle économique est voué à l'échec,
21:47tel qu'il est aujourd'hui, parce qu'on fait la promotion seulement de la transaction,
21:51on passe d'une transaction, et on s'inscrit dans la stratégie 2030,
21:55puisque j'étais en Suède fin août pour la stratégie 2030,
21:57c'est-à-dire qu'est-ce qu'on va faire les cinq prochaines années ?
22:00Et clairement, il a été clairement dit, on va passer de la transaction,
22:03parce que là aussi c'était encore une culture pétrole, à la solution.
22:07On va s'orienter vers une solution qui va permettre d'être dans la durabilité.
22:12On a l'indice de durabilité, de réparabilité qui est sorti aussi,
22:15le cadre légal qui nous oblige aussi à être beaucoup plus...
22:19d'aller beaucoup plus loin.
22:21Et on a quand même 800 revendeurs en France qui font de la réparabilité.
22:26C'est la promotion que nous faisons, nos produits durent plus longtemps,
22:29c'est vrai qu'on a encore des personnes qui me disent,
22:30moi j'ai encore une tronçonneuse dix ans après, quinze ans après,
22:33on a 50 innovations qu'on a lancées de 2015 à 2025, circulaires, par exemple.
22:38Le goutte-à-goutte de chez Gardena, pour permettre moins consommation d'eau.
22:42On a créé une box de location de produits que vous mettez dans les villes,
22:47où vous pouvez échanger les produits.
22:49Alors c'est un concept qu'on est en train de lancer.
22:50Donc là, on commence à être dans une économie de l'usage,
22:53plus que dans une économie de la possession.
22:55Les lignes commencent un petit peu à bouger, mais c'est compliqué évidemment.
22:58On parle vraiment d'un modèle économique complètement à faire twister.
23:02Il ne faut pas se leurrer.
23:04Avant de faire de l'environnement, il faut déjà qu'on ait une profitabilité.
23:07Sinon, on ne pourra pas passer à la prochaine étape.
23:11Ce que je constate, c'est qu'on est attaqués, là aussi, en Europe,
23:13alors on pourra en parler, par des marques asiatiques,
23:17qui malheureusement, moi je le vis comme un dumping depuis 20 ans,
23:21parce que je travaille dans différents secteurs.
23:23Par exemple, nous, on répare nos machines.
23:26Quand vous avez une marque concurrente qui arrive avec un robot,
23:30comme ils n'ont pas encore d'après-vente ou encore de système de réparabilité,
23:33des pièces sur dix ans, ils échangent le robot.
23:35Donc on est dans une société de consommables.
23:37Vous imaginez, le robot est devenu un consommable depuis ces deux dernières années qui s'est accéléré.
23:42Et ce qu'on dit, nous, c'est qu'on a fait la promotion du leasing,
23:45donc on fait de l'allocation, vous pouvez louer votre robot avec un coût par mois,
23:49avec les pièces incluses, l'assurance inclue,
23:52et un réseau de revendeurs derrière qui s'occupent de vous.
23:55Dernière question, une petite minute, question d'actu et de marché.
24:02Je ne sais pas ce que pèse le marché américain pour une marque comme Husqvarna,
24:05mais quand on a un président, clairement, il l'a dit devant l'ONU, climato-sceptique,
24:11pour ne pas dire climato-complotiste,
24:13est-ce que ces objectifs-là, environnementaux, vous en parlez moins ?
24:17Aux Etats-Unis ?
24:18Oui.
24:19Alors, c'est compliqué le marché américain.
24:21C'est compliqué en plus depuis un fort protectionnisme.
24:24On perd clairement des paires de marché aux Etats-Unis,
24:27on compense en Europe, donc on a ouvert et on investit plus en Europe.
24:33On ne peut pas transformer la culture américaine.
24:36On est européen, on est quand même, il faut le dire, très différents.
24:40Donc aujourd'hui, il y a des choix stratégiques qui vont être faits par rapport aux Etats-Unis.
24:45On continue de promouvoir les mêmes valeurs,
24:46puisqu'on reste un groupe suédois.
24:48Et d'ailleurs, c'est un Suédois qui dirige la filiale américaine depuis un an,
24:52parce qu'on veut aussi transmettre ces valeurs-là.
24:54Mais on fait face quand même à un marché très thermique, très pétrole.
24:57Et là, on ne change pas les mentalités comme ça.
24:59Aussi rapidement.
25:00Merci beaucoup.
25:01Merci Sabrina Pantier.
25:02A bientôt sur Bsmart4Change.
25:04On passe à notre rubrique start-up et innovation.
25:07Je vais vous embêter.
25:08Et si des moutons, remplacez vos tondeuses.
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