Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 11 mois
Mardi 23 septembre 2025, retrouvez Armel Satchivi (Cofondateur, Polymate), Olivier Debeugny (Fondateur, Lingua Custodia) et Fabrice Matéo (Journaliste et auteur) dans SMART TECH, une émission présentée par Delphine Sabattier.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Bonjour à tous, bienvenue dans Smartech, une édition un peu spéciale puisque vous le voyez on n'est pas en studio aujourd'hui.
00:13Nous sommes au pavillon d'armes non-vie à l'occasion du palmarès de l'informaticien, des remises de prix très importantes.
00:20Cette édition est particulièrement dédiée à l'intelligence artificielle, c'est un sujet évidemment qu'on aborde beaucoup ici,
00:25mais on va l'aborder avec des experts que je vous présente juste après.
00:30C'est parti pour les interviews de l'IA, ce nouveau rendez-vous de Smartech qui est entièrement dédié à ceux qui font l'actualité dans ce domaine, l'intelligence artificielle.
00:41Autour de la table aujourd'hui Fabrice Matteo, bonjour Fabrice, qui a enquêté sur les métiers de l'intelligence artificielle.
00:49Olivier Debeny est également avec nous, bonjour Olivier, fondateur de Lingua Custodia et Armel Satchivi, bonjour Armel.
00:57Convaincu que l'IA est une alliée pour développer un réseau social.
01:02Alors cette émission, je vous l'ai dit en introduction, elle est tournée à l'occasion de la cinquième édition du palmarès de l'informaticien.
01:10C'est un événement qui récompense les meilleurs produits, services, IT dans de nombreuses catégories.
01:15On parle évidemment d'applicatifs, de cloud, d'infrastructures.
01:18On parle aussi beaucoup d'intelligence artificielle en particulier cette année, on s'en doute.
01:23On va commencer ensemble Fabrice.
01:25Donc Fabrice Matteo, vous publiez ce guide des métiers de l'intelligence artificielle aux éditions de l'étudiant.
01:33Vous voyez des professions vraiment émergentes dans l'IA aujourd'hui en entreprise ?
01:39Absolument, absolument. Il y a nombre de métiers qui sont en train de se créer, qui existaient déjà depuis quelques années,
01:48qui se sont renforcés depuis l'avènement de Tchad GPT.
01:52Et notamment dans l'IA générative qui a été induite par Tchad GPT, on assiste à la création de métiers comme par exemple
02:00Key Switch Engineer, c'est l'ingénieur qui sera chargé de couper court à l'IA si jamais elle hallucine ou si jamais elle déborde de ses prérogatives.
02:13Là pour le coup, c'est un exemple d'un véritable nouveau métier né avec les IA génératives.
02:19Vous expliquez très bien dans votre guide d'ailleurs, il y a tout un jargon que vous essayez de démocratiser.
02:26Vous nous dites aussi qu'il y a beaucoup de métiers qui ont vécu des renaming.
02:30Oui, c'est difficile de saisir exactement ce qu'il y a dans chaque métier parce que c'est tout nouveau,
02:38parce que les entreprises ont leurs propres besoins et les besoins sont différents.
02:42Et parfois sous la même dénomination, on a des métiers différents et parfois on a des métiers identiques sous des descriptions différentes.
02:52Et pour s'y retrouver, on se dit que ça va être compliqué parce qu'à chaque fois il y a une terminologie différente.
02:57Et moi j'ai bien aimé la manière dont vous abordez ce sujet.
03:01Vous posez la question, vous avez envie de travailler dans quoi ? Dans l'infra ?
03:06Vous décrivez en fait chaque grande catégorie de métiers et à l'intérieur vous donnez le nom de ces nouveaux métiers.
03:12Et ça j'ai trouvé que c'était une manière de vraiment s'adresser peut-être j'imagine aux jeunes qui sont encore en train de chercher dans quelle branche s'orienter.
03:21Oui, parce que l'IA, je dis dans le livre que toutes les voies de l'IA sont pénétrables.
03:28C'est-à-dire qu'on peut effectivement faire une formation école d'ingénieur, spécialisation en IA qui va nous mener vers une voie royale vers les métiers d'IA.
03:38Mais on peut aussi se former soi-même. Les entreprises d'IA sont à la recherche de profils et les gens qui s'auto-forment sont aussi acceptés et regardés avec intérêt par les entreprises.
03:54On a parlé des nouvelles compétences, des métiers qui sont un petit peu transformés. Quel est le niveau véritablement d'adoption de ces nouveaux métiers dans les entreprises ?
04:03Qu'est-ce que vous avez pu constater quand vous avez mené votre enquête ?
04:05Les chiffres diffèrent beaucoup selon les études. On peut dire que l'IA est en train de pénétrer tous les départements des entreprises.
04:16Maintenant, à savoir exactement le degré d'utilisation de l'IA, c'est difficile.
04:21Certaines études avancent que 30% des salariés sont formés à l'IA, d'autres 60%.
04:28C'est difficile de tirer au clair. Mais ce qui est sûr, c'est que l'IA investit l'entreprise, du marketing au support client notamment,
04:38mais en passant par la gestion des stocks et les autres départements.
04:45Vous démarrez votre ouvrage non pas en adressant directement la question des métiers, mais en expliquant de quoi on parle.
04:52Qu'est-ce que l'intelligence artificielle, les différents types d'IA et tout ça ?
04:56Pourquoi vous pensez qu'on a encore vraiment besoin d'évangéliser et même auprès des jeunes qui sont quand même aujourd'hui très familiers finalement de ces nouveaux outils ?
05:03Oui, c'est une très bonne question. Je me suis attaché en première partie de l'ouvrage, il y a trois parties.
05:09Je me suis attaché quand même à remettre en place la place de l'IA aujourd'hui, notamment d'un point de vue technologique, d'un point de vue économique, d'un point de vue politique.
05:22Parce que l'IA, c'est un enjeu technologique, c'est un enjeu de boulot pour certains, mais c'est aussi un enjeu de souveraineté.
05:29Les États, bien sûr, Vladimir Poutine en 2017 disait déjà, celui qui maîtrisera l'IA sera le maître du monde.
05:37C'était en 2017, c'était avant de chez le GPT. Alors maintenant, a fortiori.
05:43Alors, vous avez un chapitre aussi qui pose cette question, pourquoi travailler dans l'IA ? On a besoin de motiver encore pour aller dans l'IA ?
05:50Je ne sais pas si on a besoin de...
05:51Ce n'est pas le truc hyper sexy du moment quand même, Fabrice ?
05:54Je ne sais pas si on a besoin de raison, mais en tout cas, j'essaie d'en expliciter sept ou huit, je crois.
06:00Oui, on peut le faire par opportunisme, on peut le faire parce que c'est la voie royale à l'heure actuelle.
06:07Et oui, j'espère en tout cas que cet ouvrage permettra à ceux qui ont envie de découvrir, notamment dans cette première partie, de voir un peu les enjeux avant d'aller vers le pur et dur,
06:23c'est-à-dire la description des métiers et des témoignages de personnes qui exercent le métier que j'ai décrit.
06:28Oui. Vous donnez aussi sept conseils pour se reconvertir dans l'IA. Parce que vous l'avez dit, en fait, il n'est jamais trop tard, c'est ça ?
06:36Exactement.
06:36Pour se mettre à l'IA et il y a tellement de besoins, finalement, que c'est un sujet qui doit nous intéresser tous. On ne va pas donner sept conseils, mais allez, un ou deux ?
06:44Pour se reconvertir ? Vous me posez une colle, pardon.
06:50Vous voulez que je reprenne ?
06:51Non, non, non, je vais vous répondre. Je pense que pour se reconvertir, la meilleure façon, c'est tout d'abord d'arriver à préciser quelles sont nos compétences et quelles sont les compétences que l'on veut acquérir.
07:06Les compétences que l'on veut acquérir, je vous l'ai déjà dit, on peut les acquérir par les écoles, par la formation en alternance, par la formation continue.
07:17Et on peut même les acquérir soi-même par des tutos, par l'auto-formation dont on parlait, qui est, je crois, assez importante dans ce domaine parce que les profils manquent.
07:28Il manque de profils d'IA dans toutes les entreprises.
07:31Armel, Olivier, vous avez des questions sur ces nouveaux métiers de l'intelligence artificielle ?
07:36Je sais que c'est un sujet que vous connaissez bien, mais on a quelqu'un qui a passé quand même du temps à réfléchir sur ce que ça transforme au niveau de l'emploi.
07:47Olivier ?
07:50Alors, sur l'aspect de la formation à l'IA, c'est en effet quelque chose qui change beaucoup, qui a un impact fort.
07:59On en parlait avant le début de cette émission. Pourquoi est-ce que ça a un impact fort et pourquoi ça génère certaines craintes aussi ?
08:05Ça génère certaines craintes. C'est une innovation technologique, mais on en a eu d'autres.
08:09Sauf que cette fois-ci, cette innovation technologique touche l'école Blanc.
08:13Et donc, du coup, ça génère un intérêt particulier en disant, mince, moi aussi je suis concerné.
08:19Parce que bien que j'ai fait Bac plus 5, Bac plus 7, mais au final, c'est un nouvel outil.
08:27Et donc, la question, c'est comme pour tous les outils, comment on apprend à s'en servir et quelles sont les techniques pour apprendre à servir de ces outils ?
08:34Effectivement, la menace qui pèse à l'heure actuelle sur les métiers touche plus l'école Blanc.
08:41C'est-à-dire que le médecin sera plus menacé que l'infirmière qui va procurer des soins à la personne,
08:47qu'il est difficile de remplacer à l'heure actuelle, sans attendre l'IA robotique et argentique qu'on nous pronuait dans quelques années.
08:55Oui, qui ne prodigera peut-être pas des soins infirmiers non plus.
09:01Armel, peut-être, j'imagine que la recherche de nouvelles compétences, c'est un sujet qui est important aussi.
09:06Quand on se lance dans un réseau social, on va en parler, vous embarquez une brique d'intelligence artificielle désormais.
09:12Compliqué de trouver des compétences ?
09:15Compliqué, non.
09:18Parce qu'il y a des personnes qui veulent être intéressées par l'IA tous les jours.
09:23Donc, je pense que c'est surtout la demande de formation, les formations précises, surtout pour les jeunes.
09:31C'est vraiment les formations qui recherchent et ce n'est pas assez accessible aujourd'hui.
09:35Et je pense que ça devrait être un peu plus démocratisé pour que, justement, les jeunes puissent très rapidement s'emparer de l'IA.
09:41On a encore un déficit sur les formations, Fabrice ?
09:46Oui, je crois. Je crois que la formation idéale, l'école d'ingénieurs et puis la spécialisation IA,
09:53elle est en marche. En revanche, le simple fait que des gens se forment par eux-mêmes
10:01et arrivent à obtenir des jobs dans l'IA, prouve qu'il y a encore un déficit de formation.
10:10Alors, vous parlez aussi de l'IA comme motif de licenciement parce que ça arrive déjà, voilà, à voir si ce n'est quand même pas une erreur à postériori.
10:21Mais aussi comme l'IA qui est un moyen de garder ses salariés et finalement de les motiver.
10:25Oui, d'innovation technologique, effectivement.
10:31Vous prenez des notes, je vois prendre des notes.
10:32Oui, parce que vous m'avez posé deux questions.
10:37Et oui, oui, une innovation technologique.
10:41Et pour les salariés, vous me disiez...
10:45C'est un moyen aussi de les garder ?
10:47Oui, notamment en cybersécurité ou en IT de manière plus générale.
10:56Mais les personnes qui sont spécialisées en IT et qui procurent un travail dans l'entreprise régulier tous les jours
11:04sont souvent appelées par des petites fonctions qui les gênent dans leur travail.
11:13Et l'IA peut répondre à ça.
11:15L'IA peut répondre à certaines questions qui sont très simples.
11:19Et eux peuvent se concentrer sur des tâches à valeur ajoutée.
11:22Alors, on passe à Olivier.
11:24Olivier Debeny, fondateur et président de Linguacustodia.
11:27C'est une fintech qui est spécialisée depuis plus de dix ans dans la création de modèles d'IA pour le secteur financier.
11:33Vous avez annoncé récemment d'ailleurs être lauréat de France 2030.
11:37Donc, félicitations.
11:39Avec le soutien de BPI France et un travail en commun avec l'AGFI.
11:45Vous dites que vous allez construire un LLM qui va être spécifiquement dédié à ce secteur de la finance.
11:51J'imagine en français.
11:54Pourquoi on a un besoin spécifique aujourd'hui dans ce secteur ?
11:58D'avoir un LLM de plus ? Parce qu'on en a tellement déjà des LLM, Olivier.
12:02Donc, nous, on vient...
12:04En effet, on est une société spécialisée dans la création de modèles d'IA générative pour ce vertical financier.
12:11On fait ça depuis dix ans.
12:12On vient de l'univers au départ de la traduction automatique qui est un des cas d'usage de l'IA générative.
12:17L'IA générative, aujourd'hui, résume des textes, réécrit des textes, compare des textes ou traduit des textes.
12:23Et donc, on a fait une évolution naturelle.
12:25Et elle est plutôt très, très efficace sur la traduction.
12:29Alors, oui, mais là encore, des termes simples, même au sein même de l'univers financier, un terme comme turnover peut signifier revenu ou peut signifier taux de rotation si on est dans la gestion d'actifs.
12:39Et donc, quand on parle de LLM, pourquoi elle est spécialisée pour la finance ?
12:45Un LLM généraliste, aujourd'hui, ne va pas forcément savoir que pour une opération financière, quand on lui demande quelle est la date de cette opération financière, il va vous donner une date.
12:54Il ne sait pas qu'il y en a deux.
12:56Il y a une date de valeur et une date de règlement.
12:59Voilà.
13:00Alors, ça, ça veut dire qu'il faut lui apprendre.
13:02Exactement.
13:02Donc, comment est-ce que vous procédez ? Comment est-ce que vous allez vous y prendre pour monter ce LLM vraiment spécifique pour la finance ?
13:09Donc, un LLM aussi, pour réexpliquer ce que c'est, un LLM, c'est vraiment la brique technologique qui est derrière des outils qu'on connaît comme ChatGPT.
13:16Donc, derrière ChatGPT, c'est des modèles qui s'appelaient GPT 3, 4, etc.
13:20C'est un grand modèle de langage.
13:21C'est un large language model.
13:23Qu'ensuite, un chatbot va interroger pour apporter ses réponses.
13:26Exactement.
13:27Donc, en fait, tout repose sur la donnée.
13:29Donc, l'idée, c'est de partir d'un modèle de base open source existant aujourd'hui et de lui faire apprendre du jargon financier.
13:39Alors, plusieurs.
13:40On en prend plusieurs parce qu'on teste avec plusieurs.
13:43Et de tester, de lui donner de la donnée à la fois qualitative, financière.
13:49C'est là où la donnée de la GFI et son historique est intéressante en termes de publication d'articles.
13:54Mais on a aussi d'autres données qu'on a récupérées.
13:57Et puis aussi de l'apprendre à faire certains types d'otages, de l'analyse de sentiments sur est-ce que c'est plutôt positif ou négatif, tel rapport, sur un titre financier, ce genre de choses.
14:06De la classification de documents.
14:07Tous ces aspects-là.
14:09La notation financière.
14:10Exactement.
14:11Donc, c'est comme ça qu'on fait.
14:12On part d'un modèle de base.
14:14On lui donne de la donnée.
14:15On le surentraîne.
14:16On vérifie ensuite sur certains benchmarks qu'il performe mieux que le modèle de base.
14:20Donc, ça veut dire que la donnée est bonne.
14:22Une fois qu'on a bien identifié le set de données, on prend différents modèles.
14:26Et on fait, on réplique ça.
14:27Et on voit quelle est la performance maximale qu'on peut atteindre.
14:30Et vous le faites en français.
14:31Aujourd'hui, dans la finance, on n'est pas complètement en anglais.
14:36Alors, pas du tout.
14:38En fait, il y a un gros besoin.
14:39Juste les acronymes.
14:41Vous demandez un modèle open source.
14:44Aujourd'hui, même des gros.
14:46Ce que veut dire à quoi sert la BPI.
14:48Et il va vous répondre la Banque Populaire de l'Indre.
14:50Ok.
14:51Fait ceci.
14:52Enfin, vous voyez, c'est le côté aussi.
14:56Enfin, tous ces mécanismes.
14:58Non seulement les acronymes.
14:59Donc, ça, c'est vraiment de la connaissance financière française en tant que telle.
15:03Et puis ensuite, il y a des mécanismes spécifiques.
15:05A savoir pour la France.
15:07Connaître le mécanisme, le financement de la sécurité sociale.
15:10Des LLM, c'est une encyclopédie.
15:12C'est de la connaissance.
15:14Et le tout, c'est de justement s'assurer que notre culture.
15:17Et la culture financière de la place de Paris est représentée dans ces modèles.
15:20Ça prend combien de temps de créer un LLM, de l'entraîner, de lui apprendre, de corriger, pour en faire véritablement un outil référent pour le secteur ?
15:32Alors, c'est long.
15:34Oui, c'est-à-dire ?
15:35C'est ce qu'on tente quoi ?
15:36C'est long.
15:37En mois ? En années ?
15:38Non.
15:39Alors, c'est quelque chose qu'on peut faire.
15:41Ça dépend de la puissance de calcul dont on dispose.
15:43Mais c'est entre 12 et 18 mois.
15:44Vous avez la phase de collecte de données, qui est très très longue, qui est la plus difficile et la plus intensive en ressources.
15:53Ensuite, vous avez l'entraînement du modèle qui nécessite la puissance de calcul.
15:56Donc, ça va dépendre des supercalculateurs qu'on utilise.
16:02Ensuite, l'évaluation, qui en elle-même est un sujet.
16:06Parce qu'aujourd'hui, il y a encore un gros débat.
16:08Il n'existe pas encore officiellement de benchmark.
16:11On est les premiers à sortir un modèle comme ça en France.
16:14Un benchmark clair pour bien noter ce genre de modèle.
16:18Donc, on doit créer aussi des modèles d'évaluation.
16:20Et vous devez aussi partir des usages, de l'utilisation.
16:24Qu'est-ce qu'on va faire ?
16:25Qu'est-ce qui intéresse aujourd'hui le secteur de la finance de travailler avec ces IA génératives ?
16:31À quoi ça servira ? À quoi ça sert déjà aujourd'hui ?
16:34Voilà, complètement.
16:35Donc, on a commencé le projet par une étude de marché, une étude de place,
16:38en allant voir une quinzaine de grands établissements bancaires pour leur demander
16:41quels sont aujourd'hui les grands cas d'usage de l'IA générative ?
16:48On les a catégorisés.
16:49Et quels sont les problèmes par rapport à ces cas d'usage pour lesquels les modèles génériques ne fonctionnent pas ?
16:56Et pourquoi ?
16:57Donc, on a commencé par là.
16:58Donc, les cas d'usage, je ne vais pas tous vous les citer.
16:59Non, mais quelques-uns.
17:00Une quinzaine.
17:01Le plus gros, c'est ce qu'on appelle en termes techniques le RAG.
17:04C'est le Retrival Romantic Generation, la capacité d'interroger en langage naturel des données non structurées.
17:10Vous avez des producteurs de contenu dans les banques, dans les institutions financières,
17:14qui produisent beaucoup de données.
17:16Ils veulent s'assurer que ceux qui consomment ce contenu puissent justement l'interroger facilement.
17:20Ça, c'est le premier vrai gros cas d'usage là-dessus.
17:23Mais il y en a d'autres.
17:24Il y a la classification de documents.
17:25Quand on veut savoir connaître ses clients, il faut traiter plein de documents non structurés.
17:29Savoir est-ce que ça, c'est une pièce d'identité ?
17:31Est-ce que ça, c'est un rapport, un bilan, une liasse fiscale, etc.
17:34Être capable de classer ça correctement.
17:36Tout ça, ce sont ces cas d'usage là.
17:39C'est vraiment très, très spécifique.
17:41Effectivement, on le comprend à ce secteur.
17:43Est-ce que vous avez des questions sur Fabrice ?
17:45Oui.
17:46Fabrice, un confrère aussi, un auteur et confrère.
17:49Exactement.
17:49J'imagine que vous avez des questions.
17:51Oui, j'en ai une.
17:51Comment est-ce que vous collectez les données ?
17:54À qui vous vous adressez ?
17:56Alors, on collecte de la donnée.
17:58Il y a plusieurs stades.
18:01Il y a de la donnée open source qu'on peut aller récupérer, qu'on peut ensuite aller trier pour récupérer la donnée spécifiquement financière.
18:07Ensuite, comme nous, on est présent sur le marché depuis plus de 10 ans.
18:10On a collecté énormément de documents sur le web de la donnée libre de droit ou via des clients avec lesquels on a passé des accords.
18:20Et puis, c'est tout l'intérêt, en fait, pour créer ce genre de projet, d'avoir une association entre une société experte en modèle d'IA et un média qui dispose de beaucoup et de tout un historique de données en français de haute qualité pour pouvoir justement créer ce modèle.
18:36C'est comme ça qu'on a. Mais le gros sujet, c'est en effet la donnée.
18:39Et avec la GFI ?
18:41C'était ça l'objectif.
18:44Armel Satchivi, vous êtes le cofondateur de Polymate, qui est un réseau social qui rémunère ses utilisateurs.
18:52Vous allez peut-être nous expliquer un peu comment ça fonctionne.
18:56Mais moi, ce qui m'a intéressée, et c'est pour ça que je vous ai invité aujourd'hui, c'est que vous annoncez l'intégration d'une intelligence artificielle pour apporter de la modération sur ce réseau social.
19:06Et aussi de la suggestion de contenu, donc créer des nouveaux liens entre les utilisateurs.
19:11Et alors, je me suis dit, bon, les algorithmes aujourd'hui, à la fois de modération et de recommandation, ce sont finalement les premières cibles.
19:21C'est ce qu'on dénonce en premier quand on parle des dérives des réseaux sociaux.
19:25Alors vous, vous y allez comment ? Avec tout ça en tête, évidemment, j'imagine.
19:28Alors, on y va de façon très naturelle. Ce qu'il faut savoir, c'est qu'au niveau des réseaux sociaux aujourd'hui, et c'est ce qu'on a constaté, il y a plusieurs reportages qui ont déjà eu lieu par rapport à ça,
19:42c'est que derrière les réseaux sociaux, il y a la modération en effet automatisée, mais il y a aussi la modération par des humains.
19:48Ça, c'est une chose très importante. Et à partir de ce moment-là, on s'est posé, alors nous, on adore les réseaux sociaux, mais vraiment, c'est quelque chose qui nous patiente.
19:57Ah bon, les dérives, ça, ça ne vous inquiète pas ?
19:59Alors justement, c'est qu'on a eu l'occasion justement de voir un reportage dans lequel on a vu des personnes rester devant l'ordinateur et faire de la modération.
20:09C'était, il me semble, en 2020.
20:12Oui, c'est les ouvriers de l'IA.
20:13Exactement. Et on a vu que justement, en parlant de santé mentale, c'était assez compliqué pour eux justement à tenir psychologiquement, comme dans la vie de tous les jours.
20:24Et on s'est dit, voilà, on crée un nouveau réseau social, quelle est l'abri qu'on doit pouvoir intégrer pour pouvoir justement pallier à ce, un, à cette modération et de deux, à cette...
20:37Donc en fait, l'idée, c'était de retirer de la pénibilité dans le travail de modération.
20:42Exactement. Donc on pense que c'est quelque chose d'important, mais vraiment au niveau des réseaux sociaux, parce que des gens qui restent devant les ordinateurs toute la journée et qui regardent des contenus qui sont parfois très violents, la santé mentale, ça touche.
21:03Et là, ça veut dire que vous allez basculer en 100% modération IA ou en partie ?
21:09Alors, nous, on s'est positionné sur un secteur, on va dire, assez simplifié. Alors, il faut savoir que moi, je suis autodidacte, donc ça veut dire que je n'ai pas fait de grandes études.
21:19Et moi, mon but, c'est d'avoir quelque chose de concret très rapidement et opérationnel pour le client.
21:25Donc, lorsqu'on a lancé le réseau social, au niveau de l'IA, on l'a utilisé pour faire de la modération.
21:32Aujourd'hui, malgré justement de très bonnes formations, de très bons ingénieurs qui travaillent sur l'IA tous les jours, on n'est pas encore à 100% des capacités IA.
21:42Mais je pense que demain, on aura la capacité de faire une modération sur les réseaux sociaux, automatisée directement grâce à l'IA.
21:51Donc, à partir de ce moment-là, nous, notre but, il est très simple, c'est de nous placer entre aujourd'hui et demain.
21:57Donc, la finalisation de l'IA, de la modération et le fait que les personnes sortent petit à petit de ce type univers, on va dire, de modérateurs qui payent sur la santé.
22:06Mais sur le fait que ça puisse servir aussi, vous allez l'utiliser pour faire des recommandations de connexion entre les utilisateurs de votre réseau social Polymate.
22:16Aujourd'hui, c'est quelque chose qui inquiète, cette manipulation algorithmique ?
22:21Alors, ça inquiète, oui et non. Je dirais ça. Je dirais non parce que...
22:31Ça veut dire qu'il faut être hyper transparent. En fait, c'est là où je vous emmène, c'est que sur les grandes plateformes sociales, que ce soit américaine ou chinoise,
22:40il y a une forme d'opacité qui est dénoncée sur la manière dont justement les contenus sont modérés, poussés, les recommandations.
22:47On se dit, tiens, c'est bizarre pourquoi je reçois cette recommandation. Il n'y aurait pas une intention derrière d'influence, de manipulation.
22:53Comment est-ce que vous allez jouer, vous, sur la transparence là-dessus ?
22:56Alors, c'est très simple. C'est qu'on n'a pas forcément de... On n'a pas forcément de code qui remonte certaines informations.
23:07Grosso modo, c'est l'utilisateur qui est libre de ses accès et c'est ce qu'on a mis en avant.
23:12C'est-à-dire que si vous voulez regarder un contenu, vous pouvez aller voir ce contenu-là.
23:16On ne vous pousse pas de contenu. Donc, en grosso modo, comment ça fonctionne ?
23:21Vous pouvez suivre une personne et à partir de ce moment-là, lorsque vous suivez cette personne,
23:27vous avez la possibilité de voir son contenu. En échange de ce contenu, une page publicitaire va se lancer
23:31et cette personne va être rémunérée. Donc, en fait, vous avez une totale autonomie de penser
23:37et une totale autonomie de pouvoir sélectionner le contenu que vous souhaitez voir.
23:42On ne pousse pas de contenu.
23:44Qu'est-ce qui fait l'algorithme, alors, en matière de recommandation ?
23:47Alors, justement, il ne fait pas de recommandation directe.
23:50Ce sera une recommandation sur plutôt la partie information, information et actualité.
23:56Donc, c'est une partie qu'on est en train de développer là actuellement.
23:59Mais il ne pousse pas le contenu des utilisateurs, mais plutôt le contenu actualité au niveau...
24:05C'est vraiment intéressant parce que ça montre à quel point ces sujets d'intelligence artificielle,
24:11c'est aussi beaucoup de questions éthiques, de transparence vis-à-vis des utilisateurs.
24:18Là, j'ai envie de dire, je vous cherche là-dessus parce que le réseau social, c'est le sujet le plus polémique du moment
24:24et c'est facile de vous interroger là-dessus.
24:25Mais j'imagine que ces questions éthiques, elles se posent aussi quand on monte un LLM dans la finance.
24:30Enfin, non, Olivier ?
24:32Absolument. Et puis la question qu'il faut aussi se poser, et c'est une question intéressante,
24:37c'est une modération par un LLM versus une modération par un être humain.
24:44Un être humain pourra peut-être se tromper ou s'il y a un problème, faire passer des choses.
24:49Un LLM pourra peut-être halluciner, ne pas comprendre quelque chose, laisser passer des choses.
24:53Par contre, on va considérer que ce n'est pas acceptable que le LLM fasse passer des choses.
24:58Et c'est la façon, en fait, c'est bien ça.
25:00C'est parce que l'IA, fondamentalement, c'est un outil d'augmentation.
25:04C'est pas... Mais c'est comme un être humain, ça peut aussi se tromper.
25:08Par contre, bon, voilà. Et donc, c'est tout ce débat-là.
25:11Et ça, c'est ce débat, on le voit dans toutes les entreprises.
25:13Une entreprise automobile qui veut vérifier de la vérification des pièces défectueuses
25:19et automatiser ça par de l'IA générative en vérifiant avec des photos ça
25:24versus un contrôle humain de pièces qui est un peu la même chose qu'une modération dans les faits.
25:30Au final, quand on regarde les chiffres, on va peut-être s'apercevoir que l'IA générative
25:34en fait a de meilleurs scores, mais peut encore se tromper.
25:37Et donc, le responsable qualité va dire, finalement, on va quand même laisser des êtres humains faire ça.
25:43C'est un sujet difficile, mais ça fait partie de l'évolution et de l'adoption dont on parlait tout à l'heure aussi.
25:50Exactement. Oui. J'avais une question. Est-ce que vous allez vous en servir aussi de l'IA pour faciliter la création de contenu sur le réseau social ?
25:58Alors oui, on a déjà commencé. On a déjà commencé. Le but, c'est qu'en gros, nous, au niveau de Polymath,
26:06on sait que l'IA va permettre de faciliter les publications, mais on veut laisser le côté créatif aux utilisateurs.
26:14Et donc, très concrètement, qu'est-ce que vous allez faire avec l'IA sur la création de contenu ?
26:21Alors, c'est un, la modérer. C'est assez important. Modérer le contenu et à partir de ce moment-là, améliorer tout ce qui est visualisation d'images.
26:30Donc, améliorer les images et générer du texte.
26:35D'accord. Donc, la création reste vraiment du côté de l'utilisateur, mais il va y avoir de l'amélioration qui va être apportée.
26:44Très bien. Merci beaucoup, Armelle Satchivi. Vous êtes, je le rappelle, le cofondateur de Polymath ou Polymate, comme on veut.
26:50Olivier Deveni, merci aussi d'avoir été avec nous, fondateur de Lingua Custodia et Fabrice Matteo, journaliste et auteur de cet ouvrage sur les métiers de l'intelligence artificielle.
27:00C'était Smartech. Merci à vous de nous avoir suivis. C'était les interviews de l'IA. On se retrouve très vite. À bientôt.
Commentaires

Recommandations