Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 4 mois
Regardez "On refait le monde" avec : Isabelle Saporta, éditorialiste sur RTL, Christophe Barbier, éditorialiste, Nicolas Framont, sociologue, fondateur et rédacteur en chef de "Frustration magazine" et militant "Bloquons Tout", et Sylvain Bordiec, maître de conférences en sociologie à l'Université de Bordeaux et auteur de "Sociologie des gilets jaunes : reproduction et luttes sociales".
Regardez On refait le monde avec Anne-Sophie Lapix du 17 septembre 2025.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Jusqu'à 20h, on refait le monde sur RTL, avec Anne-Sophie Lapix.
00:07Entre 600 000 et 800 000 manifestants selon les informations recueillies par RTL,
00:12les syndicats promettent une forte mobilisation.
00:15Demain, un jeudi noir dans les transports, un tiers de grévistes dans les écoles primaires,
00:19des pharmacies fermées, des services publics perturbés.
00:22Et ça, c'est ce qu'on peut prévoir.
00:24Les blocs en tout seront également de la partie.
00:26Alors, on peut se demander à quoi va ressembler cette journée, cette mobilisation qui agrège des colères multiples.
00:33Le gouvernement s'y prépare en envoyant 80 000 hommes sur le terrain avec des blindés.
00:38Mais quelle réponse peut-il apporter à cette colère aux multiples visages ?
00:42On en parle avec nos invités.
00:44Christophe Barbier, éditorialiste. Bonsoir.
00:46Bonsoir, Anne-Sophie.
00:47Isabelle Saporta, éditorialiste maison RTL.
00:50Bonsoir.
00:51Nicolas Framont, sociologue, fondateur et rédacteur en chef de Frustration Magazine.
00:56Et militant, bloquons tout.
00:58Vous venez de publier Saint-Louis-de-J aux éditions Les Liens qui Libèrent.
01:02Bonsoir.
01:03Bonsoir.
01:04Sylvain Bordiek, maître de conférences en sociologie à l'université de Bordeaux
01:08et auteur de Sociologie des Gilets jaunes, Reproduction et lutte sociale aux éditions Le Bordelot, paru en 2024.
01:15Bonsoir.
01:17Bonsoir.
01:17D'abord, la question est simple.
01:20Qui manifeste et pourquoi la date du 18 septembre, c'est l'intersyndicale qui l'a fixée ?
01:27Oui, c'est la France qui répond aux mots d'ordre des syndicats, mais c'est plus large que ça.
01:31On voit bien qu'il y a une France qui veut témoigner de son mécontentement
01:35et qui va descendre dans la rue demain, qu'elle soit ou non syndiquée.
01:40Le syndicalisme en France, c'est 10% des salariés, c'est 8 dans le privé, 18 dans le public.
01:45Ça ne suffit pas pour transformer ce mouvement en un grand mouvement national.
01:49Or, demain, nous avons un grand moment social national.
01:52Curieusement, d'ailleurs, c'est un mouvement qui n'a plus d'objectif précis.
01:56Le budget de François Bayrou, il est obsolète, il est caduque, donc on ne va pas manifester contre ce budget.
02:02Le budget du nouveau Premier ministre Sébastien Lecornu, il n'est pas connu,
02:05donc on ne va pas manifester contre ce budget.
02:07Donc, ça montre à quel point les Français avaient besoin d'exprimer quelque chose.
02:11En réponse à ce que vous dites, il y a Sophie Binet, la secrétaire générale de la CGT,
02:16qui explique, elle, ce qui va se passer dans la rue. Écoutez.
02:19À part les deux jours fériés, il n'a renoncé à rien dans le musée des horreurs
02:23que Emmanuel Macron avait prévu dans son projet de budget.
02:28Et donc, nous nous mobiliserons tant qu'il n'y aura pas de réponse à la hauteur.
02:32Le budget, il va se décider dans la rue.
02:36Sinon, c'est M. Lecornu qui finira à la rue.
02:39Voilà, Isabelle Saporta, c'est le budget qui va se décider dans la rue demain.
02:43Oui, de toute façon, il y a un rapport de force, Christophe l'a très bien dit,
02:46qui est en train de s'établir.
02:47On voit bien que non seulement les syndicalistes sont en train de tout jouer là,
02:50que ce soit même la CFDT, parce qu'il y avait joué le jeu du conclave
02:54et qu'il y avait bien joué le jeu et qu'il s'est fait quand même flouer dans la partie,
02:57que ce soit la CGT, qui lui s'enlève sur les retraites.
03:00Sur les retraites, bien sûr, vous avez raison de le préciser.
03:03Et donc, on voit bien qu'il y a ce jeu syndicaliste, mais il y a aussi le jeu politique,
03:06puisqu'on a vu Olivier Faure sortir du bureau de Sébastien Lecornu,
03:11dire qu'il ne se sent pas tout à fait convaincu.
03:13Et on voit bien que le Parti Socialiste, qui est le pivot pour en fond permettre la survie de ce gouvernement,
03:18attend de voir quelle sera la réussite ou non de cette manifestation,
03:23pour voir si oui ou non, il lèvera le pouce ou l'abaissera.
03:26On a entendu, c'est un appel de l'intersyndical, mais il y a des revendications spécifiques,
03:32des fonctionnaires, des pharmaciens, des kinés, c'est un peu le grand bazar quand même.
03:37C'est la congrégation des luttes, oui.
03:39Mais c'est assez étonnant d'ailleurs, parce que Jérôme Fourquet avait fait une analyse très fine en disant
03:43au fond, chacun est l'entrepreneur de son propre mécontentement aujourd'hui.
03:47La question est, est-ce que Nicolas qui paye et Bloquantou vont se retrouver ?
03:52Or, il semblerait que Nicolas qui paye, c'est-à-dire ce mouvement qui vient plutôt de la droite
03:55et qui trouve qu'il paye trop d'impôts et qui est un peu poujadiste, assez anti-impôt,
04:00ce que connaît par cœur, toutes ces frontes que connaît par cœur à Christophe Barbier,
04:03parce qu'il a fait un livre là-dessus.
04:04Grâce à Isabelle.
04:05Grâce à moi, et pas grâce à moi, grâce à toi.
04:08Et ceux qui considèrent qu'au contraire l'État n'est plus au rendez-vous,
04:13semblent se retrouver.
04:15Et vous avez raison, il y a aussi au fond des revendications corporatistes,
04:18comme celles des pharmaciens, qui sont mécontents que l'abattement sur les médicaments génériques
04:23soit réduit.
04:24Donc c'est vrai qu'on ne voit pas bien ce que va sortir de ce gloubi-boulga,
04:28à part que les gens ont cette occasion de dire
04:30on était contre la dissolution il y a un an, c'est le bazar politique,
04:34on n'est pas content de la relation à l'État,
04:36on n'est pas content de nos politiques, on est tous dans la rue.
04:39Sylvain Bordiac, maître de conférence en sociologie à l'université de Bordeaux,
04:43qu'est-ce qu'on va entendre dans la rue demain ?
04:45Quelles sont les revendications qui vont émerger ?
04:49On va entendre beaucoup de choses liées à des demandes de justice fiscale,
04:58des demandes de justice démocratique, de justice territoriale,
05:03et à ces choses qui sont là depuis quand même assez longtemps,
05:10viennent s'ajouter ou s'additionner des revendications
05:13qu'on peut qualifier de relativement nouvelles.
05:15Il y a aussi une colère contre ce qui se passe aujourd'hui en Palestine.
05:22Il y a une colère de la jeunesse aussi,
05:25qui est très inquiète pour son avenir.
05:28Il y a des revendications liées aux droits des LGBT+,
05:33des minorités, beaucoup de minorités.
05:36Donc, il y a des revendications qu'on peut qualifier de multiples,
05:43mais qui peuvent trouver un terrain d'entente.
05:48Ce qu'on voit aujourd'hui, si je me réfère aux travaux des collègues
05:52qui travaillent sur le mouvement,
05:54c'est l'intelligence collective au travail
05:57pour essayer de s'entendre par-delà les différences professionnelles,
06:03par-delà également les différences sociales.
06:04Et puis, il y a aussi demain la suite des rassemblements bloquons-tout.
06:10On se souvient, c'était la semaine dernière, le 10 septembre.
06:13Nicolas Framont, vous êtes sociologue,
06:15mais vous êtes aussi militant des bloquons-tout.
06:18La semaine dernière, vous n'aviez pas bloqué grand-chose,
06:20mais il y avait quand même du monde dans les rues,
06:22entre 200 000 et 250 000 personnes selon les sources.
06:25Vous acceptez de rejoindre un mouvement plus cadré,
06:29qui est celui de l'intersyndical ?
06:31Oui, je pense qu'il ne faut pas trop figer les rôles.
06:35En réalité, les personnes qui se mettent en grève demain
06:38seront les mêmes que celles qui avaient de la sympathie
06:41pour le mouvement bloquons-tout,
06:42qui n'est pas un mouvement institutionnalisé.
06:44Encore une fois, même moi, je ne revendique pas ce label.
06:46En fait, l'objectif de ce mouvement-là, du 10 septembre,
06:49c'était d'agir directement dans sa ville, dans son village,
06:55pour mettre en place un rapport de force avec le gouvernement,
06:58parfois en se passant d'intermédiaire
07:00et en allant au-delà des modes d'action traditionnels.
07:02L'idée, c'était de ne pas faire une rentrée sociale ritualisée.
07:05Vous savez, celle auquel, finalement, tous les journalistes sont habitués.
07:08On sait que ça va être une ou deux manifestations,
07:10et ensuite, chacun restera chez soi.
07:12En fait, ce que veulent les gens,
07:13et ce mouvement du 10 septembre et le mouvement du 18,
07:15c'est la même chose,
07:16parce que c'est deux mouvements qui sont très soutenus
07:17dans l'opinion publique.
07:19C'est comment on peut faire une irruption démocratique
07:21dans l'espace public.
07:22Comment le peuple peut prendre la parole sur des sujets qui le regardent.
07:26Et là, le sujet, ce n'est pas un boubibouga.
07:29Les revendications sont très unifiées.
07:31C'est comment, en fait, la parole des gens
07:34a été systématiquement mise de côté depuis 2017
07:37et, en fait, en réalité, avant.
07:39Et puis, comment un programme économique a été mis en place,
07:43un programme économique de classe,
07:44qui a eu pour seul résultat probant, finalement.
07:47Par exemple, un résultat probant de la politique de Macron
07:50depuis 2017, c'est la fortune cumulée
07:53des 500 plus riches de France
07:54qui a été multipliée par 3, par exemple.
07:57Alors que le nombre de SDF, par exemple,
07:59a augmenté par 2.
08:00Ça, ce sont des choses qui parlent à absolument tout le monde.
08:02La justice fiscale.
08:04Il ne faut pas se dire qu'il y a des catégories
08:06qui ont des modes d'action
08:08et qu'il y a des casques qui se sont créés.
08:09Les gens du 10 seront là le 18
08:12ou alors on se succédera
08:14parce qu'il y a des gens qui ne peuvent tout simplement pas
08:16se mettre en grève le 10 et le 18.
08:17C'est exactement la même logique avec des moyens et des méthodes
08:21qui varient selon l'intelligence collective
08:24qui est en train d'essayer d'être mise en place
08:25pour qu'on reprenne la main sur le cours de notre destin, en réalité.
08:28Et alors, les casseurs.
08:29Le ministre de l'Intérieur en annonce 5 000 à 10 000.
08:33On peut vraiment avoir des estimations, une fourchette ?
08:36Est-ce que ça se vérifie en général, Christophe Barbier ?
08:39Oui, et là, ça se vérifie
08:40puisque les mouvements de masse,
08:42les manifestations de masse des 20 dernières années
08:44n'ont pratiquement jamais échappé à ce noyautage,
08:46dont sont victimes d'abord les syndicats
08:48qui organisent des manifestations
08:49et ceux qui y participent.
08:51On est depuis le sommet du G7 à Gênes,
08:55c'est-à-dire il y a plus d'un quart de siècle,
08:56face à une nouvelle forme de radicalisation
08:58à l'extrême gauche
09:00et dans un spectre encore plus confus
09:04que l'extrême gauche,
09:05qui a pris cette appellation de black bloc.
09:07Ce qui est frappant,
09:09c'est que ça met en échec
09:10les deux protections des manifestations,
09:12c'est-à-dire les services d'ordre des syndicats
09:13qui, dans les années 50, 60, 70,
09:16arrivaient parfaitement à canaliser leurs manifestations
09:18et puis la police.
09:19La police qui avait arrêté une doctrine en 2006
09:22au moment des manifestations
09:23contre le contrat premier emploi,
09:25c'est-à-dire on n'attaque plus,
09:26on ne veut pas prendre de risques,
09:27donc on encaisse les coups
09:29et puis on épuise finalement les manifestants.
09:31Ça a tenu jusqu'au gilet jaune
09:32et puis le préfet Lallemand est arrivé
09:33avec des méthodes beaucoup plus brutales.
09:35Ça a obtenu des résultats
09:36puisqu'il a désamorcé beaucoup de manifestations
09:38en repérant avant les caches
09:40où les black blocs mettaient leurs projectiles
09:42ou leurs tenues.
09:43Enfin, en éborgnant des gens,
09:44avec des mains...
09:46Avec évidemment des dommages latéraux terribles
09:48parce que quand on est dans une riposte violente
09:52contre une violence émiettée,
09:54une violence imprévisible,
09:55évidemment ça donne des dégâts.
09:57On voit bien qu'aujourd'hui,
09:58il faut redéfinir,
09:59il faut réinventer la manière de maintenir l'ordre.
10:01Face à cela,
10:02cette extrême gauche-là,
10:04elle n'a pas abandonné le terrain.
10:05Les black blocs aussi,
10:06ils radicalisent leurs actions.
10:09Et je précise sur Soir sur X,
10:10Jean-Luc Mélenchon appelle solennellement
10:12à la plus grande discipline
10:13dans la participation aux manifestations.
10:16Refuser tout débordement, dit-il,
10:18car c'est cela qu'espère
10:19et attend le ministre de l'Intérieur.
10:22Mais c'est la poule et l'œuf, ça,
10:23parce que les débordements ont lieu
10:24et la police riposte.
10:26Alors évidemment, les uns disent,
10:27mais la police les a provoqués
10:28en disant qu'ils seraient là en nombre.
10:31Et puis les autres disent que c'est non,
10:32c'est de la faute de ces manifestants.
10:34Et évidemment, Jean-Luc Mélenchon
10:35prend tout de suite son bénéfice.
10:37Alors dans un instant,
10:38on va essayer de voir
10:38à quoi peut mener l'agrégation
10:41de ces combats,
10:41de ces mobilisations.
10:43Ce sera juste après
10:44le rappel des titres d'Alban Leprince.
10:46Le rappel des titres de l'actualité
11:02de ce mercredi avec Alban Leprince.
11:04Jusqu'à 100 000 personnes dans les rues de Paris,
11:06près d'un million dans toute la France.
11:08Ce sont les dernières prévisions
11:09du ministère de l'Intérieur.
11:11Ce soir, à la veille de la grande journée
11:13de mobilisation des syndicats,
11:158 000 éléments radicaux sont également attendus.
11:17Le préfet de police de Paris
11:18se dit très inquiet.
11:20Face au risque de débordement,
11:2180 000 policiers et gendarmes
11:23seront déployés dans tout le pays.
11:25Dans les transports,
11:26le trafic sera très perturbé.
11:27Dans les métros, les RER et les bus,
11:29en Ile-de-France,
11:30prévoyez 9 TGV sur 10,
11:32un intercité sur 2,
11:34un TER sur 3.
11:35Dans les écoles entières,
11:36des professeurs seront grévistes
11:38jusqu'à 45% dans des villes
11:40comme Paris et Marseille.
11:41Il sera aussi très difficile
11:43de trouver une pharmacie ouverte.
11:45Dans le reste de l'actualité,
11:46Sébastien Lecornu doit prouver
11:48qu'il est véritablement dans une rupture.
11:50Les mots ce soir de Marine Le Pen
11:52après sa rencontre avec le Premier ministre
11:54qui a également reçu
11:55les socialistes et écologistes
11:57pour préparer le budget 2026.
11:58Tous brandissent la menace de la censure.
12:02Et puis, il y a du foot ce soir
12:03avec le retour du PSG en Ligue des Champions.
12:05Le tenant du titre affronte
12:07l'Atalanta Bergam pour la première journée.
12:09Les matchs de la Ligue des Champions,
12:11ils sont tous en direct,
12:12commentés en intégralité
12:14et sans interruption
12:15sur l'application RTL et RTL.fr.
12:17Pour ce soir, c'est simple.
12:18Vous allez sur la page d'accueil
12:20de votre appli RTL.
12:21Vous cliquez sur RTL Foot PSG Atalanta.
12:24C'est à partir de 20h45 jusqu'à 23h15.
12:26Le coup d'envoi, lui, est à 21h.
12:29Merci beaucoup, Alban.
12:30Et on vous retrouve à 20h.
12:32A tout à l'heure.
12:32On refait le monde sur RTL.
12:36Avec Anne-Sophie Lapix.
12:41La mobilisation de demain devrait rassembler
12:48large professeurs, fonctionnaires,
12:50pharmaciens, militants de bloquons tout.
12:53Mais est-ce le début d'un mouvement de fond
12:55qui peut s'installer, durer,
12:57prendre de l'ampleur,
12:58dégénérer à la façon des Gilets jaunes ?
13:01On en parle avec nos invités,
13:02l'éditorialiste Christophe Barbier,
13:05Isabelle Saporta, éditorialiste RTL,
13:08Nicolas Framont, sociologue, fondateur
13:10et rédacteur en chef de Frustration Magazine,
13:13et militant bloquons tout,
13:14Sylvain Bordiek, maître de conférences
13:16en sociologie à l'université de Bordeaux.
13:19Alors, est-ce que c'est donc la naissance
13:22d'un mouvement large de contestation,
13:25de ras-le-bol général ?
13:27Isabelle Saporta ?
13:28Il faut dire que là, ça tombe plutôt pas mal,
13:30on ne va pas se mentir.
13:32On a un patron, comment dire, un premier ministre,
13:35mais on n'a pas de gouvernement,
13:36donc c'est le moment ou jamais de mettre la pression.
13:39C'est ce qui a été dit, là, il y a quelques instants,
13:41effectivement, là, au fond,
13:43il y a une coalition qui peut se générer,
13:45politique, de gauche, très à gauche,
13:49sur les questions, effectivement,
13:50qui n'ont pas été traitées par Emmanuel Macron.
13:51C'est le moment de faire pression.
13:53C'est le moment de faire pression aussi
13:54pour le Parti Socialiste,
13:55pour savoir s'il va ou pas rentrer dedans.
13:57Pour Mélenchon, il joue, au fond,
13:59sa possibilité de mobiliser,
14:01de montrer ce dont il est capable,
14:02c'est-à-dire, d'ailleurs,
14:03en soufflant le chaud et le froid,
14:05c'est-à-dire, en fait,
14:06en reconnaissant à la fois les Black Blocs
14:07comme des troupes,
14:08puisque depuis 2012, il dit
14:09qu'il faut conflictualiser,
14:11et en écrivant, en même temps,
14:13surtout, pas de violence,
14:15c'est là que vous attend
14:16Bruno Retailleau,
14:18le ministre de l'Intérieur.
14:19Donc, oui, on voit bien que tout est là
14:20pour qu'il y ait, effectivement,
14:23une mobilisation forte.
14:24Et par ailleurs,
14:24je maintiens Gloubi-Boulga,
14:26parce que je ne vois pas bien
14:26ce qu'il y a entre les Mélenchonistes
14:28et les pharmaciens
14:29comme chemin commun,
14:30pardonnez-moi.
14:31Nicolas Framont,
14:33il y a une fenêtre de tir,
14:34selon vous,
14:35pour un mouvement de contestation
14:37de gauche ?
14:39Oui, parce que ce qu'il y a
14:40en commun entre les pharmaciens
14:41et, par exemple,
14:43les revendications
14:43de la France Insoumise,
14:44mais pas seulement,
14:45parce qu'ils n'ont pas
14:45le monopole de ça,
14:47c'est le problème
14:48de l'accumulation de richesses
14:50de qui reçoit quoi.
14:51Et les pharmaciens,
14:52par exemple,
14:52ils protestent
14:53contre un rabattement
14:54sur les médicaments génériques
14:55qui va profiter
14:56au marge
14:58des industries pharmaceutiques.
14:59Donc, là,
15:00il y a un point commun
15:01entre l'envie
15:03de justice sociale,
15:04de justice des pharmaciens
15:05et l'envie de justice fiscale
15:07du reste du pays.
15:08Donc, à partir du moment...
15:09Les ligues pharmacienno-mélenchonistes,
15:11je ne l'avais pas vu venir,
15:12mais je vous entends.
15:14Eh bien, voilà.
15:15Vous voyez,
15:16de toute façon,
15:17l'histoire est pleine
15:17de surprises.
15:18Ce qui est en train
15:20de se passer en ce moment,
15:21c'était difficile à anticiper.
15:23Je pense que vous êtes
15:24tous dans le même cas que moi.
15:25C'est-à-dire qu'en fait,
15:26il y a une conjonction
15:27de choses qui arrivent,
15:28mais qui révèlent
15:29de profondes contradictions.
15:30C'est-à-dire qu'en fait,
15:31on a une politique
15:33qui a été mise en place
15:34avec des promesses.
15:35Les promesses,
15:36c'était que finalement,
15:36en favorisant
15:37les entreprises privées,
15:38les grandes entreprises privées,
15:39en favorisant le capital,
15:41en fait,
15:41on allait obtenir
15:42une sorte de redistribution
15:43par la prospérité économique.
15:45Et ce n'est pas du tout
15:46ce qui s'est passé.
15:46C'est-à-dire qu'on est vraiment
15:47dans un régime
15:48où il y a une croissance faible
15:50qui bénéficie
15:51et qui est monopolisée
15:52par effectivement
15:53les plus riches.
15:54Et ça, tout le monde
15:55le ressent.
15:56Et donc, ce sentiment
15:57d'injustice,
15:58il fait un gros catalyseur commun
15:59et je veux dire
16:00qu'il sera d'autant plus énorme
16:01qu'il repose sur des faits réels,
16:03encore une fois.
16:04Et que malgré finalement
16:05le discours qui est mis,
16:06parce que tout ça se heurte
16:07à un discours très culpabilisant
16:09en disant que le problème,
16:10ce n'est pas tant
16:10les plus riches
16:11qui payent moins d'impôts,
16:13c'est nous qui sommes
16:14trop gourmands,
16:15qui avons des services publics
16:16de trop bonne qualité,
16:17c'est bien connu.
16:18Et bien, vous voyez,
16:19en fait, ces discours violents-là,
16:20ils sont venus attiser les braises.
16:22Et clairement,
16:23le programme économique
16:24de Pairou,
16:25si d'ailleurs il est tombé,
16:27c'est bien parce que
16:27ça allait trop loin.
16:28Et je pense que ça a été
16:29la goutte de trop.
16:30Mais malheureusement,
16:31pour eux,
16:32pas pour nous,
16:32cette goutte de trop,
16:33elle crée un mouvement
16:34qui effectivement,
16:36parce qu'il s'appuie
16:36sur des dynamiques réelles
16:37de la société
16:38et de la façon
16:39dont les richesses
16:40ont été réparties
16:41ces sept dernières années,
16:42mais aussi d'une façon générale
16:44ces 20 et ces 30 dernières années,
16:45ça ne devrait pas
16:46s'arrêter de si tôt.
16:47Parce qu'en fait,
16:47il y a une prise de conscience
16:48qui s'est faite
16:48et qui va laisser des traces,
16:50à mon avis,
16:50dans le temps.
16:51Et on va voir que demain,
16:53c'est loin d'être finalement
16:54quelques secteurs professionnels.
16:56C'est bien un mouvement d'ensemble
16:58très soutenu par la société
17:00avec un vrai discours commun,
17:02je pense,
17:02qui va se faire progressivement.
17:04Sylvain Bordiek,
17:05maître de conférence
17:06en sociologie à Bordeaux,
17:07vous y croyez-vous
17:08à la convergence des luttes ?
17:10Alors, mon travail
17:12n'est pas d'y croire,
17:14ou de ne pas y croire,
17:15c'est d'essayer de réfléchir
17:17aux conditions de possibilité
17:18de cette convergence.
17:20Alors, je pense qu'il est important
17:22de ne pas réduire
17:23ce qui est en train de se passer
17:24depuis le 10 septembre,
17:25le 10 septembre, pardon,
17:27à un mouvement produit
17:29ou construit par la gauche
17:32ou la gauche dite extrême.
17:35Enfin, la question
17:36de l'accaparement des richesses,
17:39de la concentration des biens,
17:42des pouvoirs,
17:43elle concerne 99%
17:46de la population française.
17:48Donc, c'est à considérer
17:50dans cette réflexion
17:51sur une possible convergence.
17:54On peut voir aussi
17:56une possible convergence
17:58au regard de ce qui se joue
18:01dans notre pays
18:01depuis le mouvement
18:02des Gilets jaunes,
18:03dont de nombreux travaux
18:04ont montré
18:05et qu'il avait été
18:06seulement un mouvement
18:07de conscientisation
18:09des inégalités,
18:11d'apprentissage
18:13de la façon
18:14dont nos institutions
18:16fonctionnaient
18:17ou ne fonctionnaient pas.
18:18Enfin, ce qu'on voit aujourd'hui
18:19dans les groupes
18:20qu'on peut qualifier
18:21d'indignons-nous
18:22ou bloquons-nous,
18:23c'est cet apprentissage
18:25qui continue
18:25sur la fiscalité,
18:27sur la manière
18:28dont on pourrait repenser
18:29les institutions
18:30de manière à ce que
18:31les citoyennes
18:32et citoyens
18:33se les approprient
18:35ou se les réapproprient.
18:36Donc, ça,
18:36ça va au-delà
18:38de la question
18:38d'un mouvement
18:40de gauche
18:40qu'on fait sa terre
18:41radical.
18:43Donc, c'est une possibilité
18:44que ça converge,
18:46en effet.
18:46Christophe Barbier ?
18:47Moi, j'ai du mal
18:48à croire à la convergence
18:48des luttes.
18:49Est-ce que ça a déjà existé,
18:50la convergence des luttes,
18:51en fait ?
18:52Il y a eu des moments
18:52très rares,
18:53un peu en mai 68,
18:54étudiants et ouvriers,
18:55et puis après,
18:55chacun a pris sa part
18:56et est retourné chez soi,
18:57mais c'est très, très rare.
18:59Ceux de demain
18:59qui vont manifester
19:00contre la loi du plomb
19:01ne vont pas converger
19:02avec ceux qui,
19:03le 26,
19:03les agriculteurs,
19:04vont manifester
19:05pour la loi du plomb
19:06et pour le moins
19:07l'augmenter.
19:08Les pharmaciens,
19:09si ça profite au labo,
19:11c'est qu'il y a
19:11un dysfonctionnement
19:12parce que normalement,
19:13c'est censé profiter
19:14à la sécu.
19:14C'est pour limiter
19:15les commissions.
19:16Le plafond était de 30%,
19:17l'idée, c'est plus ça.
19:19Qui veut faire un bénéfice.
19:20Donc, je ne pense pas
19:21qu'il y ait convergence des luttes.
19:22En revanche,
19:23il y a un point commun
19:23à tous les manifestants
19:24de demain,
19:25c'est qu'en effet,
19:25il considère que la politique
19:26de l'offre est épuisée.
19:28Quand on regarde,
19:29elle a encore des effets
19:30légèrement positifs
19:30sur l'investissement,
19:31on est attractif
19:32et sur l'emploi,
19:33mais sur la redistribution
19:34des richesses,
19:35la hausse du pouvoir d'achat,
19:36ça a un peu marché
19:36en 17-18,
19:37ça ne marche plus
19:38depuis 5 ans.
19:39Donc, ce modèle macroniste,
19:41il est à bout de souffle.
19:42Et donc,
19:42que veulent tous ces manifestants
19:43demain ?
19:44Ils veulent abréger
19:45la page Macron.
19:45Mais ils se rendent bien compte
19:46d'abord qu'il n'y aura pas
19:47de démission
19:47de ce président-là
19:48et s'il y en avait une,
19:49ça donnait une présidentielle
19:50tellement bâclée
19:51que ça ne permettrait pas
19:52de développer des modèles
19:54de gauche ou de droite
19:54alternatifs bien construits.
19:56Donc, il y a cette hésitation
19:57à précipiter les événements,
19:59mais il y a une pression
20:00qui commence à être mise
20:01dont, à mon avis,
20:02l'éclosion, pour moi,
20:03sera en 2027
20:04si on a une belle
20:05et grande campagne présidentielle.
20:07Pour l'instant,
20:07c'est surtout Sébastien Lecornu
20:09qui l'a sent cette pression.
20:10Dans un instant,
20:11on va se poser la question
20:12des réponses
20:13que le Premier ministre
20:14peut apporter à la mobilisation.
20:16A-t-il les moyens
20:17de calmer la colère,
20:18d'éviter que la situation
20:19ne dégénère ?
20:20On a un débat dans un instant.
20:22Jusqu'à 20h,
20:23on refait le monde sur RTL
20:25avec Anne-Sophie Lapix.
20:28Anne-Sophie Lapix,
20:30on refait le monde
20:31jusqu'à 20h sur RTL.
20:33Il a annulé quasiment
20:34tous ses rendez-vous.
20:36Le nouveau Premier ministre,
20:36Sébastien Lecornu,
20:37va surveiller la mobilisation,
20:39peut-être depuis
20:40la cellule de crise.
20:41Alors, a-t-il des réponses
20:42à apporter aux manifestants ?
20:44On en parle avec nos invités,
20:46Nicolas Framont,
20:47sociologue,
20:48fondateur et rédacteur en chef
20:49de Frustration,
20:50magazine et militant
20:51Bloquantou,
20:52Sylvain Bordiek,
20:53maître de conférences
20:54en sociologie
20:54à l'Université de Bordeaux,
20:56Christophe Barbier,
20:57éditorialiste,
20:58et Isabelle Saporta,
21:00éditorialiste de RTL.
21:03Que peut faire,
21:03Isabelle,
21:04que peut annoncer
21:05Sébastien Lecornu
21:06demain,
21:07vendredi plus exactement,
21:08qu'il puisse faire
21:09retomber la colère ?
21:11Déjà, il faut voir
21:12ce que va donner
21:12cette mobilisation
21:13parce qu'effectivement,
21:14plus elle est forte,
21:15moins l'EPS aura envie
21:17d'aider Sébastien Lecornu.
21:20Donc ça,
21:20on va avoir déjà
21:20une première chose là-dessus
21:21et on voit bien
21:23que l'EPS
21:24est de plus en plus tangent,
21:25c'est-à-dire ceux
21:25qui s'étaient jetés
21:26dans les bras
21:27de Michel Barnier
21:28avec cette possibilité
21:30d'un conclave
21:31sur les retraites
21:31qui a été quand même
21:33bafoué.
21:34Là,
21:34ils vont avec
21:35beaucoup plus de réticence.
21:36Déjà,
21:36il faut voir
21:37ce que va donner
21:37au fond
21:39cette manifestation
21:40et par ailleurs,
21:41effectivement,
21:42il va être obligé
21:43de lâcher
21:43sur la fiscalité
21:46des très hauts revenus.
21:47Et d'ailleurs,
21:47c'est intéressant
21:48parce que le sondage
21:49qui a été commandé
21:50par l'EPS
21:51et qui a été fait
21:52par l'IFOP
21:52montre que
21:53tous les partis,
21:57enfin,
21:57tous les gens
21:58de LR,
21:58en passant par
21:59l'extrême droite,
22:00de la gauche
22:00à l'extrême gauche,
22:01tous les gens
22:02qui sont affiliés
22:03à ces partis
22:03mais qui ne sont pas
22:04effectivement
22:04patrons de partis
22:05sont pour une taxation
22:07des super-réches.
22:08C'est-à-dire LR,
22:08vous avez Bruno Retailleau
22:09qui dit
22:09« over my dead body »
22:11mais le militant
22:12LR de base
22:13ou l'électeur
22:14LR de base
22:15il est pour en fait.
22:16Donc je pense
22:17qu'il va être obligé
22:17de lâcher là-dessus.
22:18Est-ce que Bruno Retailleau
22:20va en faire
22:21un casus belli ?
22:22Vous l'avez entendu
22:22ce matin,
22:23il a quand même dit
22:24qu'au fond
22:25le fait qu'il reste
22:26ou pas
22:26dans le gouvernement
22:27n'était pas gagné
22:28et que pour lui
22:29les questions sécuritaires
22:31étaient très importantes
22:32et il était très étonné
22:33d'ailleurs
22:34que Sébastien Lecornu
22:35ne les ait pas abordées
22:36dans sa grande interview
22:37à Ouest France.
22:38On a entendu tout à l'heure
22:40Johanna Roland
22:40nous dire que
22:41si ces questions-là
22:43notamment celles
22:44de l'immigration
22:45ou de l'aide médicale
22:46d'État
22:47étaient dans un compromis
22:48c'était sans eux
22:49quoi, sans le PS.
22:50Autant dire
22:51qu'on espère
22:51qu'il sera très très souple
22:53Sébastien Lecornu
22:54pour tenir d'un bras
22:55le PS
22:55de l'autre
22:56Bruno Retailleau
22:57c'est vrai que ça
22:58ne va pas être simple
22:59Oui c'est ça
23:00il doit gérer des demandes
23:01des partis politiques
23:02on peut dire
23:03qu'il est déjà
23:03extrêmement contraint
23:04c'est une contrainte
23:05supplémentaire
23:06de devoir donner
23:07cette réponse
23:08finalement
23:08au peuple
23:09Oui bien sûr
23:10c'est une contrainte
23:11supplémentaire
23:11c'est peut-être d'ailleurs
23:12la contrainte
23:13la plus importante
23:14c'est de ne pas
23:15embraser la rue
23:15qui est déjà
23:16chauffée à blanc
23:16je ne pense pas
23:17qu'ils doivent répondre
23:18vendredi
23:18ça donnerait l'impression
23:19de céder
23:20à la pression de la rue
23:20justement
23:21il faut laisser passer
23:22la séquence internationale
23:23d'Emmanuel Macron
23:24à l'ONU
23:24il faut laisser passer
23:25la deuxième journée
23:26syndicale du 25
23:27celle des agriculteurs
23:28le 26
23:28et on se retrouve
23:29dans les tout premiers
23:30jours d'octobre
23:31avec la date
23:32où il doit présenter
23:33le budget
23:33si on veut respecter
23:34le calendrier parlementaire
23:36et à ce moment-là
23:36en effet
23:37il faut qu'il lâche
23:38bien sûr
23:38sur la fiscalité
23:39des plus riches
23:39sans faire la taxe
23:40Zuckman
23:40et en refaisant
23:41une espèce d'ISF
23:42à l'ancienne
23:43il faut le faire avaler
23:43à un certain
23:44Emmanuel Macron
23:45je pense qu'il va lâcher
23:46sur les franchises médicales
23:47parce que c'est très sensible
23:48je pense qu'il devra
23:50amaudier certaines choses
23:51sur les retraités
23:52à propos des fameux
23:53abattements de 10%
23:55il peut peut-être
23:56sauver l'année blanche
23:57à condition de faire
23:58un effet de cliquet
23:59c'est-à-dire que des français
24:00à faible revenu
24:00à cause de l'année blanche
24:01l'année blanche
24:02c'est-à-dire pas les hausses
24:03des retraits
24:05des minimas
24:05des fonctionnaires
24:06surtout l'inflation
24:07est payée par les français
24:08et un certain nombre
24:09de contribuables
24:10deviennent imposables
24:11il n'y a pas d'indexation
24:12sur l'inflation
24:13elle est supprimée
24:13elle est supprimée
24:14et donc l'inflation
24:15est payée par les français
24:16donc il peut peut-être
24:17sauver cela
24:17ça sera juste
24:19il ne peut pas non plus
24:20faire un budget
24:20complètement aligné
24:21sur le PS
24:21pour deux raisons
24:22d'abord parce qu'en effet
24:23les LR basculeraient
24:24dans l'opposition
24:24et donc il aurait
24:25une crise sur sa droite
24:26et puis dans le sondage
24:27qu'évoquait Isabelle
24:28il y avait quand même
24:28une autre question
24:29que le soutien
24:30aux réformes proposées
24:31par le PS
24:31il y avait
24:32voulez-vous un premier ministre PS
24:33ils sont 37%
24:35à répondre oui
24:35donc ils veulent le programme
24:36mais ils ne veulent pas
24:37les dirigeants socialistes
24:38parce qu'ils ont compris
24:39qu'il y a une part
24:40de démagogie aussi
24:41dans ce catalogue
24:42et si le PS avait testé
24:43par sondage
24:44la semaine des 4 jeudis
24:45et le départ
24:47il y aurait eu
24:48une majorité aussi
24:49pour le voter
24:49le PS a aussi besoin
24:52d'atterrir
24:53sur la crédibilité
24:54comme parti de gouvernement
24:55donc lâcher du lest
24:57à le cornus
24:58c'est dire
24:58on n'a pas tout eu
24:59mais on a obtenu des choses
25:00le reste
25:01vous l'aurez en 2027
25:02si vous votez pour nous
25:03Nicolas Framont
25:04vous êtes sociologue
25:05et vous soutenez
25:06Bloquons Tout
25:06quelle est la réponse
25:08qui peut être convenable
25:10selon vous
25:11à ce mouvement
25:12non mais c'est intéressant
25:15je pense que tout à l'heure
25:16on parlait d'un problème
25:17plus systémique que ça
25:18c'est à dire qu'en fait
25:19toute solution
25:20qui va être trouvée
25:21alors sauf effectivement
25:22à lâcher du lest
25:23sur la justice fiscale
25:26s'attaquer par exemple
25:28aux plus de 200 milliards
25:29d'aides aux entreprises
25:31dont les effets
25:31ne sont pas du tout marquants
25:32etc
25:33c'est sûr que
25:34ça serait une victoire
25:36pour le mouvement social
25:37ça serait une victoire
25:38très importante
25:38pour autant en fait
25:40on est dans quelque chose
25:41de plus systémique que ça
25:42c'est à dire qu'effectivement
25:42la configuration actuelle
25:44elle n'est pas viable
25:44en fait on est arrivé
25:46dans un système politique
25:47où aucun des partis
25:48finalement
25:49comme vous le disiez
25:50les idées
25:51elles plaisent
25:54certaines idées
25:55mais les partis non
25:56il y a une absence
25:57totale de confiance
25:58on sait que le niveau
25:58de confiance
25:59envers les partis politiques
26:00c'est le plus bas
26:00qu'on ait jamais connu
26:01en fait
26:02donc effectivement
26:03ce qui se réfléchit
26:04beaucoup dans les mouvements
26:05sociaux
26:05c'est comment on peut
26:06faire autrement
26:07comment on peut faire
26:07autrement
26:08pour qu'on n'ait pas
26:09à faire autant
26:09de mouvements de blocage
26:10de grève
26:11pour essayer
26:12d'être un minimum
26:13pris en considération
26:14ce qui est à ce jour
26:15toujours pas le cas
26:16et donc pour ça
26:17il y avait une revendication
26:18des gilets jaunes
26:19qui était très intéressante
26:20et qui réactivait
26:21c'est le référendum
26:22d'initiative citoyenne
26:23c'est à dire que les gens
26:23puissent
26:24par pétition
26:26créer des référendums
26:27pour pouvoir donner
26:28directement leur avis
26:30sur des questions
26:30qui les concernent
26:31c'est un amendement
26:32à la démocratie représentative
26:33et je pense
26:34c'est un premier pas
26:35c'est une première chose
26:36qu'on pourrait obtenir
26:36pour éviter de se retrouver
26:37à chaque fois
26:37dans ce genre de situation
26:38où en fait on a des politiques
26:40sociales déconnectées
26:41parce qu'aussi
26:42on a une classe politique
26:42qui ne représente pas
26:44sociologiquement
26:45la population
26:45et du coup
26:46on est évidemment
26:47perpétuellement déçus
26:48si tant est qu'on ait
26:49encore des attentes
26:50et en fait
26:50la question de comment
26:51on intervient directement
26:52dans la vie politique
26:53c'est une question
26:53que la plupart des gens
26:54se posent
26:55plus que
26:55quel parti politique
26:57à quel parti politique
26:58je vais choisir
26:59quel parti politique
26:59j'aimerais avoir
27:00au gouvernement
27:00ça c'est de la tambouille
27:02qui n'intéresse malheureusement
27:03ou heureusement
27:04plus grand monde
27:04on voit qu'il y a quand même
27:05de très multiples réponses
27:07possibles
27:08on va essayer d'imaginer
27:09ce que risque le pouvoir
27:11si la journée du 18 septembre
27:13réunit les foules
27:13et si le mouvement
27:14se poursuit
27:15s'installe
27:16on en parle dans un instant
27:17L'amobilisation de demain
27:31si elle est d'ampleur
27:32si elle se prolonge
27:33peut-elle aggraver
27:34la crise politique
27:35peut-elle faire tomber
27:36le gouvernement
27:37qui est certes
27:38pas encore totalement constitué
27:39et mener à une dissolution
27:41on en parle avec nos invités
27:43Christophe Barbier
27:44éditorialiste
27:45Isabelle Saporta
27:46éditorialiste
27:47à RTL
27:48Nicolas Framont
27:49sociologue
27:49fondateur et rédacteur
27:50en chef de Frustration Magazine
27:52et qui soutient
27:53Bloquons Tout
27:54Sylvain Bordiek
27:55maître de conférences
27:56en sociologie
27:57à l'université de Bordeaux
27:58et auteur de
27:59sociologie
28:00des gilets jaunes
28:01reproduction
28:01et lutte sociale
28:02d'ailleurs
28:03Sylvain Bordiek
28:05que reste-t-il
28:06des gilets jaunes
28:07dans le mouvement
28:08qu'on connaît aujourd'hui ?
28:11Alors
28:11il reste
28:12je l'ai évoqué tout à l'heure
28:13des
28:13de nouvelles formes
28:15de compréhension
28:16des inégalités
28:18de la concentration
28:20des pouvoirs
28:21entre les mains
28:22d'une minorité
28:23il reste aussi
28:24des traumatismes
28:25des formes
28:26d'humiliation
28:27des souvenirs
28:29de mépris
28:31social
28:32à l'égard
28:33du mouvement
28:35et puis il reste
28:36des gilets jaunes
28:37aujourd'hui
28:37engagés
28:38que ce soit
28:39dans les syndicats
28:40ou dans les groupes
28:42indignons-nous
28:43alors pas forcément
28:44tous les gilets jaunes
28:45mais il en reste
28:46et ils apportent
28:47également
28:48leurs idées
28:51leurs propositions
28:53au mouvement
28:53ils sont
28:54on peut considérer
28:55qu'ils ont
28:55un rôle important
28:57à jouer
28:58pour contribuer
29:00au rapprochement
29:01entre
29:02le mouvement social
29:03qu'on peut qualifier
29:04de traditionnel
29:06porté par
29:07les syndicats
29:08et puis
29:08les mouvements sociaux
29:11plus
29:11je mets les guillemets
29:12originaux
29:13et qui font
29:14la promotion
29:15de nouvelles
29:16ou d'autres
29:17méthodes
29:18de concettation
29:20Christophe Barbier
29:22est-ce que
29:23on parlait
29:24des gilets jaunes
29:24c'est un mauvais souvenir
29:25quand même
29:25pour le pouvoir
29:27est-ce qu'il est inquiet
29:28est-ce qu'il prend
29:29au sérieux
29:30cette mobilisation
29:31ah oui
29:31il y a de l'inquiétude
29:32il y a beaucoup
29:33d'inquiétude
29:33parce que
29:34les mayonnaise
29:35de colère
29:35qui montent
29:36comme ça
29:36on ne sait pas
29:37où elles peuvent
29:37s'arrêter
29:38en décembre 2018
29:39l'état a quand même
29:40tremblé sur ses bases
29:42on voit bien
29:43qu'il y a là
29:43une révolte
29:44pour plus de justice
29:45fiscale
29:46toutes les révoltes
29:47de l'histoire
29:47en France
29:48ou presque
29:48s'expliquent comme ça
29:49je parle devant
29:50un bordelais
29:50la révolte des pitots
29:51en 1540 et quelques
29:53c'est pour la hausse
29:54de la taxe sur le sel
29:55toujours les taxes
29:56et les impôts
29:56qui déclenchent
29:57les bonnets rouges
29:57de 2013
29:58en Bretagne
29:59c'est contre l'éco-taxe
30:00mais les bonnets rouges
30:00de 1675
30:01même bonnet
30:02même Bretagne
30:03c'est contre la taxe
30:04sur le papier timbré
30:05c'est notre histoire éternelle
30:07donc la justice fiscale
30:08ça peut amener
30:09des troubles
30:09très importants
30:10dans la rue
30:11il y a d'un côté
30:12la dislocation
30:13parlementaire
30:14c'est-à-dire
30:14pas de majorité
30:16censure de le corps nu
30:17encore un gouvernement
30:18qui tombe
30:18on finit par dissoudre
30:19puis là on voit
30:20si ça donne une majorité
30:21rassemblement national
30:22ou encore une assemblée
30:23ingouvernable
30:24ou bien une alliance
30:25de briquet de broc
30:26ou une gauche
30:27qui se retrouve majoritaire
30:28mais il y a aussi
30:29la dislocation sociale
30:30dans la rue
30:31qu'est-ce qui peut retenir
30:32un pays
30:33d'aller vers
30:34un vrai moment
30:35de renversement
30:37du régime
30:37c'est paradoxalement
30:39l'inquiétude
30:39c'est quand vous avez
30:41devant vous
30:41une difficulté
30:42sur l'emploi
30:43une inquiétude
30:44personnelle
30:44sociale
30:45vous vous dites
30:46le peu que j'ai
30:47un RSA
30:48un petit salaire
30:49c'est pas le moment
30:49de le mettre en péril
30:50c'est ça qui retient
30:51les gens d'aller
30:52en gros sur les barricades
30:54on n'en est pas là
30:55on n'en est pas là
30:56mais c'est parce qu'il y a
30:57de l'inquiétude
30:58sur la situation économique
30:59mondiale
30:59et notamment européenne
31:00que peut-être
31:01les gens vont avoir
31:02une certaine frilosité
31:03à pousser au bout
31:04leur colère
31:05et ils vont peut-être
31:05attendre 2027
31:07la chute du régime
31:08j'allais évoquer
31:10la chute du gouvernement
31:10mais là on n'est plus
31:11on n'est plus au même degré
31:13vous y croyez
31:13Isabelle
31:14non on est trop vieux
31:15on est un pays trop vieux
31:16c'est la grande analyse
31:18d'Emmanuel Todd
31:18ça dit qu'aujourd'hui
31:19on n'était pas
31:20une gérontocratie
31:21mais un peuple jeune
31:22il y aurait une révolution
31:23on est sauvés
31:24par nos boomers
31:25vous savez
31:25ceux que notre ancien
31:26premier ministre
31:27avait pointé du doigt
31:28je pense qu'effectivement
31:29la société n'est pas prête
31:30à vaciller
31:31par contre
31:31elle est très en colère
31:33Nicolas Framont
31:34vous êtes d'accord ?
31:36on est trop vieux
31:36pour faire la révolution ?
31:37je pense que Nicolas Framont
31:38ne sera pas d'accord
31:39c'est pour ça que je pose la question
31:41non mais
31:43en fait je constate quand même
31:45que moi je m'intéresse
31:46beaucoup à la révolution française
31:47parce que dans les exemples
31:48cités par Christophe Barbier
31:49il y a aussi la révolution française
31:51qui a démarré
31:51sur une question fiscale
31:52où vraiment on était
31:53sur une situation d'endettement
31:55avec la question
31:56de qui va payer
31:56et il se trouve
31:57qu'il y en avait
31:57qui payaient moins que les autres
31:58c'était la noblesse
31:59et ça a mis le feu aux poudres
32:00mais ce qui est intéressant
32:01c'est que
32:02moi j'aime beaucoup parler de ça
32:03parce qu'en fait
32:04en 1788-89
32:05vraiment quelques mois
32:06avant la prise de la Bastille
32:07vous avez un commentateur
32:09qui commentait la vie parisienne
32:10en disant
32:11aucune chance
32:12qu'il y ait une révolution
32:13en France
32:14parce que
32:14c'est un régime
32:15bien trop répressif
32:16et les gens sont bien
32:17trop endoctrinés
32:18ils sont bien trop
32:19fidèles au roi
32:20et à Dieu
32:21pour se révolter
32:22donc en fait
32:22les révolutions
32:23on ne les prévoit jamais
32:25donc en fait
32:25je ne sais pas
32:26mais je pense qu'effectivement
32:28on est dans un contexte
32:29où c'est bien
32:30la question du régime
32:31qui se pose
32:32plus que la question
32:33de la composition
32:34du gouvernement
32:34on voit bien
32:35autour de cette table
32:35que ça passionne personne
32:36finalement de savoir
32:37qui du PS
32:38ou de LR
32:39constituera un gouvernement
32:41ça nous fatigue tous
32:42vous aussi
32:42parce qu'en réalité
32:44on voit bien
32:45que ça ne fait pas écho
32:46à notre quotidien
32:46que ça ne fait pas écho
32:47à l'histoire
32:48en quelque sorte
32:49et qu'en fait
32:50là on est à une autre échelle
32:51c'est-à-dire vraiment
32:52comment on crée
32:53un système capable
32:54de représenter
32:55les intérêts divergents
32:56au sein d'un pays
32:57et de ne pas minorer
32:58ceux de la majorité
32:59de la population
32:59je pense qu'on est
33:01à ce stade-là
33:02de notre histoire
33:03je crois
33:04ça ne veut pas dire
33:04qu'il va y avoir
33:05une révolution
33:05on peut refonder
33:06le régime
33:07et la démocratie
33:07représentative
33:08pacifiquement
33:09par un débat démocratique
33:10tranché par les urnes
33:11ça c'est le scénario
33:12d'une formidable
33:13campagne présidentielle
33:142027
33:15mais ça peut
33:16le chaudron peut exploser
33:17avant
33:17oui mais ça pose
33:18deux questions
33:19est-ce qu'on est prêt
33:20à attendre 2027
33:21et est-ce que
33:21les campagnes présidentielles
33:22avec notre régime
33:245ème république
33:24sont ces moments-là
33:26moi je ne le crois pas
33:27et je pense que la plupart
33:28des gens ne le croient pas
33:28non plus
33:29quand même en 81
33:30même en 2007
33:31Sarkozy, Bayrou, Ségolène Royal
33:33il y avait une
33:33ça pétillait
33:34il y avait une vertu démocratique
33:36oui je pense en tout cas
33:39qu'on n'est plus
33:40à ces époques-là
33:41on le voit d'ailleurs
33:42sur le taux d'abstention
33:43je pense que
33:44le problème est bien
33:45plus profond
33:45et que
33:47en fait
33:47on ne peut pas
33:48je pense vous-même
33:49vous ne faites pas
33:49on ne peut pas se contenter
33:50de dire aux gens
33:51attendez 2027
33:52parce qu'il y a trop d'urgence
33:54il y a trop de
33:54le taux de pauvreté
33:56est trop important
33:57et je pense que
33:58ça va trop loin
33:59voilà pourquoi
34:00je crois qu'on est
34:01dans quelque chose
34:01de bien plus systémique
34:02merci à vous tous
34:03d'être venus
34:04débattre
34:05dans ce studio
34:06ou ailleurs
34:07demain
34:08Thomas Soto
34:08recevra
34:09Fabien Roussel
34:10le secrétaire national
34:11du parti communiste
34:12quant à
34:13Marc-Olivier Fogel
34:14il accueillera
34:15Julien Marécio
34:16le leader du mouvement
34:17Bloquons Tout
34:18il est l'heure
34:19de retrouver
34:20André Dusselier
34:21bonsoir André
34:23quelle histoire
34:23allez-vous nous raconter
34:24ce soir ?
34:25bonsoir Anne-Sophie
34:26alors ce soir
34:27dans un instant
34:27nous allons remonter
34:29le temps jusqu'au Paris
34:30de 1889
34:31Gustave Eiffel
34:32s'apprête à construire
34:34sa tour
34:34pour l'exposition
34:36universelle
34:37comment
34:38mais comment
34:38cet ingénieur audacieux
34:40a-t-il conçu
34:40un monument
34:41devenu l'emblème
34:42de la France
34:43et bien
34:43on en parle tout de suite
34:44sur RTL
34:45la tour Eiffel
34:46ça marche toujours
34:47merci beaucoup André
34:47RTL
34:49il est 20h
34:50merci à tous
34:52et
34:53on
34:53on
34:54on
34:54on
34:55on
34:56on
34:57on
34:57on
34:57on
34:57on
34:58on
Écris le tout premier commentaire
Ajoute ton commentaire

Recommandations