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Regardez L'esprit de l'info avec Thomas Sotto du 04 mars 2026.

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00:01Comment rentrer ? Comment organiser un rapatriement en temps de guerre ?
00:04Comment sécuriser les avions ? C'est une question qui obsède des centaines de milliers de personnes et de Français
00:08qui sont donc précisément coincés au Moyen-Orient et qui veulent fuir la guerre en Iran.
00:13Pour en parler, dans C'est Notre Époque, deux invités.
00:15Bernard Sabat, président de Norisque Travel, qu'on retrouve tous les matins dans Ça peut vous arriver,
00:19de 10h à midi sur RTL avec Julien Courbet.
00:21Bonjour et bienvenue Bernard.
00:22Bonjour Thomas Soto.
00:23Et puis on est en ligne avec Philippe Julien, expert aéronautique,
00:25président de la Compagnie Nationale des Experts de Justice en Aéronautique et Espace.
00:30Ancien commandant de bord, il a conduit plus de 300 missions militaires.
00:34Bon déjà Bernard, quelles sont les règles de base pour rapatrier comme ça des milliers de personnes en même temps
00:40en temps de guerre ?
00:41Moi je vais vous dire, je trouve ça affolant, je me dis s'il y a un avion qui décolle,
00:43si je suis un mola iranien, je me dis c'est la première cible.
00:46Oui, le problème c'est que déjà il faut identifier les personnes qui sont à l'étranger.
00:50Donc le fil d'Ariane, je le répète, matin, midi et soir.
00:52Le fil d'Ariane, ce n'est pas uniquement lorsqu'il y a un attentat ou qu'il y a
00:55un problème.
00:55C'est le service du militaire des affaires étrangères.
00:57Exactement.
00:57C'est un outil très intéressant, fil d'Ariane.diplomatie.gouv.fr.
01:02On s'inscrit dès qu'on part en voyage, parce qu'on ne maîtrise pas ce qui peut se passer
01:05à l'international,
01:06mais au moins on est couvert, on reçoit des alertes,
01:08et en même temps on vous dit ce que vous devez faire,
01:10et quand est-ce que vous pourrez éventuellement partir.
01:12Donc déjà on se signale.
01:13Exactement, on se signale, donc on est repéré.
01:15Donc ça c'est important.
01:16Ensuite vient la question du moyen de transport.
01:18À quel moment, Philippe Julienne, on décide qu'on peut faire voler un avion sur une zone de guerre ?
01:24Alors c'est toujours un choix un peu dichotomique de la part de nos chefs d'État-major,
01:31et au plus haut niveau de l'État.
01:34Aujourd'hui, sur un territoire comme l'Iran, les vols sont interdits,
01:39pas de vols commerciaux, hors de question.
01:41Sur les pays qui sont limitrophes, il y a un certain nombre de réglementations
01:46qui vont s'appliquer et qui vont limiter les accès.
01:50C'est pour ça qu'aujourd'hui, l'axe ouest, au départ des Émirats Arabes Unis,
01:57permet l'évacuation des ressortissants et le départ des avions
02:01qui se sont accumulés sur les différents aéroports internationaux.
02:05Le tout étant, bien évidemment, une décision de sécurisation de ces traques
02:12qui sont faibles.
02:13Je vous interromps, parce que le mot sécurisation, il est très très important.
02:16Est-ce qu'on est sûr à 100% qu'un avion qui décolle pour rapatrier des gens comme ça,
02:20même s'il ne va pas passer au-dessus de l'espace aérien iranien,
02:24n'ait pas à portée de missile ?
02:25Est-ce qu'on en a la certitude ou est-ce qu'il reste une part de risque, de danger
02:29?
02:29Alors, la réponse que je vais vous donner, c'est une réponse un peu ambiguë.
02:35Des missiles, il y en existe de toutes catégories.
02:37Et il y a quelques années en arrière, un pilote d'Air France s'est plaint
02:42d'avoir vu des décollages de missiles alors qu'il survolait l'Iran
02:46à destination de l'Israël.
02:49C'est-à-dire qu'aujourd'hui, n'importe qui peut faire n'importe quoi
02:52à partir du moment où il en a l'envie.
02:54Ceci étant, des missiles, il y en a qui vont faire 5 km de portée,
02:58et d'autres qui vont faire 15 000.
03:00Il y a quand même une batterie absolument incroyable
03:03et un danger réel, puisque aujourd'hui, il y a une tension maximale
03:09qui existe entre les belligérants.
03:12Et malheureusement, les belligérants, quand ils envoient des missiles,
03:16ça survole tous les territoires où il y a des avions civils.
03:19Et puis là, ce n'est pas l'accident qu'on risque.
03:22Évidemment, c'est le tir intentionnel.
03:24Est-ce qu'il y a un droit automatique au rapatriement, Bernard Sabat ?
03:27Il faut faire attention, mais dans la démarche,
03:30les enfants, les femmes enceintes, les familles,
03:32ils sont prioritaires.
03:34Et les personnes à mobilité réduite.
03:36Ça veut dire qu'eux, ils sont prioritaires,
03:38coûte que coûte, il faut les rapatrier.
03:39Ça, c'est important de le signaler.
03:40Mais pour autant, après, les critères,
03:42c'est comme le souhaite l'État ou comme le souhaitent les compagnies aériennes.
03:44Si vous avez un gros client qui est bloqué
03:46et qu'il est ultimate chez Air France,
03:49évidemment, lui, on va faire en sorte qu'il soit rapatrié.
03:51Question de Chantal.
03:52Qui paye le voyage retour ?
03:53Les passagers, l'État, la compagnie ?
03:55Si vous acceptez et si vous êtes patient
03:58et que vous n'avez pas d'obligation,
03:59c'est évidemment la compagnie aérienne
04:01qui vous a fait voyager à l'aller
04:04qui doit vous rapatrier au retour.
04:05Elle doit vous rapatrier ?
04:06C'est obligatoire.
04:07Je le répète.
04:07Elle vous dit, tiens, votre vol est à nu,
04:09ce qui nous est tous arrivé dans la vie,
04:10on vous rembourse votre billet.
04:12Surtout, ne cochez pas cette case.
04:13Jamais.
04:14Parce que vous êtes contractuellement engagé avec la compagnie
04:16et inversement.
04:17Parce que je vous rappelle,
04:18quand vous achetez un billet sec dans une agence de voyage,
04:20l'agence de voyage n'est que mandataire.
04:22Le contrat est passé entre vous, voyageurs, Thomas,
04:24et de l'autre côté, la compagnie aérienne.
04:25Donc, si vous cochez, remboursez,
04:27ils vous rembourse immédiatement
04:27et après, ils ne gèrent plus le problème.
04:29Ils ne vous doivent plus rien.
04:29Ils ne vous doivent plus rien.
04:30Donc, c'est pour ça que c'est important.
04:32Et puis, la notion est importante,
04:34cette notion de forfait.
04:35Ça aussi, je le répète souvent sur cette antenne.
04:37Forfait, c'est un voyage, un billet d'avion,
04:39une location de voiture
04:40ou bien un hôtel de plus de 24 heures.
04:42On est dans cette notion de forfait.
04:44Les entreprises du voyage,
04:45donc les acteurs du tourisme
04:46et les tours opérateurs,
04:47le syndicat du CETO,
04:49qui sont les fabricants de voyages,
04:51eux, vous garantissent justement
04:52de vous organiser le voyage le mieux possible
04:54et de vous rapatrier le mieux possible
04:55sans pénalité.
04:56On va vous rembourser les prestations
04:57que vous n'avez pas eues.
04:58On a beaucoup de questions très concrètes.
05:00Philippe, Julien, je pense que celle-ci
05:01est pour vous.
05:02Qui décide d'ouvrir ou de fermer
05:03l'espace aérien ?
05:05L'État.
05:06L'État.
05:06Mais l'État ?
05:07Tout simplement, l'État.
05:08L'État français pourra fermer
05:10son espace aérien
05:11pour toutes les raisons du monde.
05:13Toute infraction,
05:15toute pénétration
05:15sera considérée comme illégale
05:17et déclenchera bien évidemment
05:19une intervention musclée
05:20de la part de cet État.
05:21D'accord.
05:22Et est-ce que ces avions
05:23ont des sortes de laisser passer,
05:24en fait ?
05:25Parce qu'on se dit
05:25pourquoi il y a quelques avions
05:27qui vont pouvoir voler
05:28et pas les autres ?
05:29Alors, ça s'appelle
05:30des autorisations de vol,
05:32ce qu'on appelle
05:33des clérences diplomatiques.
05:34Chaque avion qui va
05:36d'un point A à un point B
05:37sur la planète
05:37à partir du moment
05:38où les points A et points B
05:39ne sont pas dans le même pays
05:40est obligé de demander
05:42des autorisations de survol.
05:43Elles sont accordées
05:44ou elles sont refusées.
05:45Bernard Sabat ?
05:46C'est important de le signaler
05:47parce qu'aujourd'hui
05:48les enjeux sont considérables.
05:50On peut aujourd'hui prendre,
05:51par exemple aujourd'hui,
05:52jusqu'à hier,
05:53on pouvait partir de tabac en Égypte
05:55pour tous les ressortissants français
05:56qui étaient en vacances en Israël.
05:58Et là, malheureusement,
05:59avec les informations
06:00qui ont été données
06:00par les passagers,
06:01cette information
06:02va peut-être changer la donne.
06:04On ne pourra peut-être
06:04plus décoller de tabac
06:05pour en venir en France.
06:06Qu'est-ce que vous voulez dire
06:06par les informations données
06:07par les passagers ?
06:08C'est tout simplement
06:09les passagers qui disent
06:09« Hé, je pars moi demain ! »
06:11Vous inquiétez pas,
06:11ça y est,
06:12j'ai trouvé de la place.
06:13Alors, quand on appelle sa famille,
06:14on envoie un texte à sa famille
06:15sur Instagram
06:16et sur les réseaux sociaux,
06:17arrêtez de communiquer
06:18des informations
06:19qui sont très confidentielles
06:20et qui sont délicates.
06:21Un belligérant,
06:21comme on l'évoquait tout à l'heure,
06:23automatiquement,
06:24lui, il va se servir
06:25de cette information.
06:26Hier, ils ont bombardé
06:27près de Elat.
06:28Donc, c'est la frontière
06:29avec l'Égypte.
06:30Donc, soyez vigilants.
06:31Taisez-vous.
06:31Donc, on informe l'ennemi
06:32en quelque sorte.
06:33Exactement.
06:33Taisez-vous.
06:34Et on met tout le monde en danger.
06:35Philippe Julienne,
06:41on peut imaginer des discussions
06:42avec les Iraniens
06:43pour dire celui-là
06:44a laissé le passer
06:45ou est-ce que là,
06:46dans une situation tendue
06:47comme celle qu'on connaît
06:48ce matin encore,
06:49il n'y a plus de contact
06:50avec eux ?
06:51Alors, c'est le niveau diplomatique.
06:53De mémoire,
06:54pour avoir conduit
06:54300 missions de guerre
06:56et non pas militaire,
06:58pour avoir survolé
06:59un certain nombre de pays,
07:01on n'a pas de contact
07:02avec le pays.
07:04C'est le niveau diplomatique
07:06qui met en place
07:07et sur les plans de vol,
07:09on a une petite
07:10clearance diplomatique
07:11avec une référence
07:12qui nous permet
07:13de survoler
07:13ou de ne pas survoler
07:15ce territoire
07:16en temps,
07:16je dirais,
07:17à peu près de paix.
07:18Là, aujourd'hui,
07:19s'il y a survol
07:20du territoire iranien,
07:21c'est une infraction
07:22à la souveraineté iranienne.
07:24Ils peuvent vous envoyer
07:25des avions de chasse
07:26et vous faire
07:28vous abattre
07:29l'avion vol.
07:30Il n'y a pas de difficulté
07:32là-dessus.
07:32Il y a ce qui se passe en haut,
07:33il y a aussi ce qui se passe
07:34en mer, Bernard Sabat.
07:36Il y a des milliers
07:37de croisiéristes
07:38qui sont retenus
07:38dans le détroit d'Hormuz.
07:40Pareil,
07:41ils sont sur MSC Croisière,
07:42souvent c'est ces bâtiments,
07:43ces bateaux énormes
07:44qu'on voit.
07:45Qu'est-ce qu'il faut faire ?
07:46Il faut quitter le navire ?
07:47Il faut prendre un cadeau
07:47de sauvetage ?
07:48Non, il faut rester
07:49sur le navire.
07:50La compagnie maritime
07:51a l'obligation
07:52de vous proposer le choix.
07:53Ou vous quittez le navire
07:54et vous prenez
07:54vos responsabilités
07:55et vous rentrez
07:56par vos propres moyens.
07:57Ou comme vous avez acheté
07:58un forfait,
07:58un avion plus la croisière,
08:00c'est eux qui vont gérer
08:01cela intelligemment.
08:02Il y a 200 personnes
08:03aujourd'hui
08:03qui sont restées à bord
08:05dans le Golfe Persique.
08:06Ça se passe très bien.
08:07Ils sont sécurisés.
08:08Malheureusement,
08:09après,
08:09on ne sait pas
08:09ce qui se peut s'aimer.
08:10Quand on est tout seul
08:11dans la nature,
08:11on prend davantage de risques.
08:12Exactement.
08:12C'est pour ça
08:13que quand vous avez signé
08:14avec un tour opérateur
08:15à travers le CETO
08:16qui est le représentant
08:17des tours opérateurs
08:17aujourd'hui,
08:19restez sous leur tutelle.
08:20Comme ça,
08:20au moins,
08:20vous êtes protégés.
08:21Et c'est eux
08:22qui vont organiser
08:23votre rapatriement.
08:24Et ça,
08:24c'est très important.
08:25Alors que quand vous achetez
08:26un vol sec,
08:26malheureusement,
08:27vous êtes liés à la compagnie
08:34des dispositifs anti-missiles.
08:35Est-ce que c'est vrai ?
08:36Et moi,
08:37je rajoute même,
08:37est-ce que ce sont les seuls,
08:38si c'est vrai ?
08:39Alors,
08:39les avions civils israéliens,
08:41ce sont des avions civils.
08:42Ce qui interdit,
08:43évidemment,
08:43tout emport
08:44de matériel militaire à bord.
08:47Et lorsque l'on parle
08:48de moyens de détection
08:50de missiles
08:51ou de protection,
08:52on parle de matériel militaire.
08:54Donc,
08:54selon mon niveau de connaissance,
08:56la réponse serait
08:56plutôt négative.
08:57Plutôt négative.
08:58Mais je ne vous garantis pas
09:01que ma réponse
09:01est valide à 100%.
09:03D'accord.
09:03En tout cas,
09:04c'est une zone de flou
09:05qui aussi fait partie
09:05du dispositif de sécurité,
09:07on va dire.
09:08Oui.
09:08Et là,
09:09par exemple,
09:09pour la compagnie israélienne,
09:10ne prendra pas le risque
09:11de donner cette information-là.
09:12Mais dans tous les cas,
09:13aujourd'hui,
09:13avec l'incident qu'il y a eu
09:14au Kenya il y a quelques années,
09:16avec un scut qui est parti
09:17de la terre
09:17pour aller sur un avion israélien,
09:19depuis,
09:20ils ont été équipés.
09:21Dernière question,
09:22très rapidement,
09:22pour celui de vous deux
09:23qui la veut.
09:23Question d'Antoine.
09:24J'ai lu que le jet privé
09:25de Cristiano Ronaldo
09:26avait quitté l'Arabie saoudite.
09:27Les jets privés
09:28sont-ils soumis
09:29aux mêmes règles ?
09:30Philippe Julienne.
09:31Alors,
09:31les règles sont les mêmes
09:33pour tous les avions
09:34à partir du moment
09:35où ils sont civils.
09:36Il y a une différenciation
09:37pour les tracts militaires,
09:39mais les avions civils
09:40ont le droit de partir
09:41et non pas de revenir
09:43pour toutes les raisons du monde.
09:45La première
09:45et la principale raison
09:47en ce qui concerne
09:48les avions civils,
09:49c'est la surcharge
09:50des aéroports internationaux,
09:52comme on a vu à Doha,
09:53comme on a vu au Qatar,
09:54comme on a vu
09:55un petit peu partout,
09:56où tous les avions
09:57sont stockés
09:58et ça représente
09:59des cibles absolument incroyables.
10:01Si jamais
10:01il y a un missile
10:02qui tombe là-dessus,
10:03c'est plus qu'une économie
10:04de transport aérien
10:05qui part en fumée.
10:07Évidemment.
10:07Merci beaucoup,
10:08Philippe Julienne,
10:08pour vos précieux éclaircissements.
10:10Bernard Sabat,
10:10je voulais finir
10:11avec une petite nouvelle
10:11un peu réconfortante.
10:12Oui, encourageante.
10:13Tout simplement,
10:13hier après-midi,
10:14des vols ont été mis en place
10:15pour les Français
10:16qui sont partis en Asie
10:18et qui sont partis
10:19par le biais de hubs
10:21qu'on connaît
10:22avec Qatar Airways,
10:23avec Golfer,
10:24Etihad,
10:24Emirates.
10:26Des vols ont été mis en place.
10:27Air France,
10:28le 7 mars,
10:28des vols supplémentaires
10:29entre Paris et Bangkok
10:31et inversement,
10:32Singapour, Delhi.
10:33Air India fait la même chose
10:34avec des vols supplémentaires
10:35et Qatar et Emirates
10:36proposent évidemment
10:37des choses intéressantes.
10:38Ça veut dire,
10:39proposent des compagnies aériennes
10:40partenaires
10:40pour rapatrier les Français.
10:43Vous êtes patient
10:43ce que vous entendez là-bas
10:44grâce à l'application RTL.
10:46Soyez patient,
10:47vous n'êtes pas seul,
10:47vous n'êtes pas laissé
10:48à vous-même
10:48et tout est fait
10:49pour votre sécurité
10:50et surtout ne postez pas
10:51sur les réseaux sociaux.
10:52Merci beaucoup.
10:53à...
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