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  • il y a 9 minutes
Regardez le débat entre François Grosdidier, maire de Metz, Marie Billon, correspondante de RTL à Londres, et Hortense Crépin, journaliste éducation de RTL.

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Transcription
00:08Une surchemise bleue pour les primaires, rouge grenat pour les maternelles et qui n'est pas du tout rétrograde.
00:14Je trouve qu'elle est plutôt belle, elle est bleue avec des bords jaunes, avec le logo de la ville
00:18de Metz, je trouve que ça fait beau.
00:20Et une tenue qui délivrera un message selon Anne Stemmar, adjointe au maire.
00:24Quand on va au sport, on a une tenue de sport, on fait équipe. Quand on va à l'école,
00:29on porte sa tenue scolaire et on enfile les valeurs, les droits et les devoirs qu'on a lorsque l
00:35'on est écolier.
00:36Tous habillés pareil. Il y a deux ans, le gouvernement voulait imposer l'uniforme dans les établissements scolaires pour gommer
00:43les différences sociales, renforcer la cohésion.
00:45Vous l'avez entendu dans ce reportage. Et une expérimentation a été lancée dans une centaine d'établissements.
00:50Deux ans plus tard, les tenues variées sont de retour dans la plupart des collèges et lycées en question.
00:56Pourquoi ça n'a pas marché ? C'est ce que l'on va voir dans la preuve par trois.
01:00Trois invités, journalistes et moins experts, pour répondre à une question d'actualité.
01:05Bonsoir Hortense Crépin.
01:07Bonsoir Anne-Sophie, bonsoir à tous.
01:09D'abord, rappelons-nous, il y a deux ans, le gouvernement ne jurait que par l'uniforme.
01:14Oui, c'est Gabriel Attal, lors de son passage au ministère de l'Éducation nationale, qui avait annoncé la mesure.
01:19C'était en 2023. Le désormais candidat à la présidentielle, il voyait à l'époque, a un moyen d'atteindre
01:25l'égalité sociale et d'améliorer le climat scolaire.
01:28Il parlait d'ailleurs de tenues uniques et pas d'uniformes.
01:31L'idée, c'était d'expérimenter cette mesure pendant deux ans, dès la rentrée 2024, pour ensuite la généraliser dans
01:38le pays à la rentrée 2026.
01:40Et alors, à quoi il ressemblait, cet uniforme ?
01:43Alors, il n'y avait pas de modèle type. Ce sont les communes qui ont choisi le look de cette
01:47tenue unique, le plus souvent en concertation avec des représentants de parents et d'enseignants.
01:52Un polo ou un t-shirt dans des tons bleu, gris ou noir le plus souvent, mais il y avait
01:57aussi d'autres couleurs, on vient de l'entendre.
01:59Avec parfois un écusson reprenant par exemple le logo de l'établissement ou de la ville.
02:05Un pull et un pantalon complétaient souvent ce trousseau.
02:07Et pour les plus petites classes, une blouse était aussi proposée, notamment pour les activités manuelles.
02:12Et alors, c'est le gouvernement qui a financé cette expérimentation, ces vêtements ?
02:17Absolument, le gouvernement finançait 50% du coût de la tenue.
02:21Le reste était pris en charge par les communes, les départements et les régions, respectivement en charge des écoles, collèges
02:27et lycées.
02:28A la rentrée 2024, une centaine d'établissements expérimentaient l'uniforme pour un coût total de 1,6 million d
02:35'euros, montant dépensé par l'État.
02:38Deux ans après, l'État a cessé de financer ce dispositif.
02:43Combien d'établissements ont choisi de garder l'uniforme ?
02:47Eh bien, demain, une dizaine de communes seulement verront leurs élèves porter cette tenue commune.
02:53C'est le cas de Béziers où le maire Robert Ménard choisit d'élargir la mesure à toutes les écoles
02:59de la ville.
03:00A Plutôt aussi, ce sont deux fois plus d'écoles qui habilleront leurs élèves à la rentrée.
03:04Toujours des uniformes aussi à Rueil-Malmaison, Saint-Quentin, Neuilly-sur-Marne ou encore Le Touquet.
03:10Les autres villes, elles, ont purement et simplement abandonné par manque de financement.
03:14Déjà, mais aussi parce que les résultats n'étaient pas forcément concluants.
03:17Selon une étude du ministère de l'Éducation nationale publiée au printemps dernier, 75% des directeurs d'écoles constataient
03:24une évolution positive du sentiment d'appartenance à l'établissement.
03:28Mais seuls 36% voyaient une amélioration du climat scolaire, raison initiale de la mise en place de la mesure.
03:35Quant aux élèves, plus ils grandissent et moins ils adhèrent.
03:3757% des écoliers n'aimaient pas porter cette tenue.
03:4063% des collégiens déclaraient ne pas se sentir bien dedans.
03:45Merci Hortense.
03:45On va joindre le maire de Metz, François Grodidier, qui a décidé de ne pas poursuivre l'expérience justement dans
03:52sa ville.
03:53Bonsoir François Grodidier.
03:54Bonsoir.
03:55Vous avez donc décidé d'arrêter de financer l'uniforme, car c'est la mairie de Metz qui payait pour
04:01les établissements scolaires.
04:02Ça lui coûtait combien ?
04:04C'était à 50-50.
04:06Nous avions décidé de l'expérimenter dans six écoles et donc un dixième de nos élèves.
04:13900 sur 9000.
04:15Le coût était assez faible, donc 35 000 euros pris en charge par moitié par l'État.
04:22Donc 17 500 euros pour la commune.
04:25Si on continuait, je ne voulais pas qu'on continue seul, d'autant plus que si on continuait, il n
04:31'y avait pas de raison de ne pas le généraliser.
04:33Et à ce moment-là, l'État se désengageant, on passait à une dépense de 350 000 euros à la
04:39seule charge de la commune,
04:40ce qui n'était pas soutenable, surtout au moment où l'État réduit nos recettes.
04:46Mais je le regrette.
04:48Je le regrette parce qu'il n'y avait aucun impact négatif et que des impacts positifs,
04:53que vous avez été parfaitement adoptés par les enfants, qu'elle renforçait ce sentiment d'appartenance,
04:58même si ça ne réglait pas tous les problèmes et qu'une tenue, ce n'est pas l'alpha et
05:02l'oméga d'une politique éducative.
05:04Donc c'est seulement une question de budget, si vous arrêtez.
05:07Mais bien sûr, je le regrette.
05:09Oui, et puis qu'une fois en plus, j'ai le sentiment de me faire rouler par l'État, c
05:13'est un peu à son habitude,
05:14quel que soit le sujet, je pourrais parler des conseillers numériques ou de plein d'autres sujets,
05:18sur lesquels l'État amorce des politiques, encourage les villes, finance 50%, parfois même 80%.
05:25Une fois que le besoin est créé, se désengage complètement, laissant la charte pour les communes
05:32et critiquant après les communes en expliquant qu'elles augmentent leurs dépenses.
05:35Donc je n'ai pas voulu me faire avoir une fois de plus, mais je le regrette pour nos élèves
05:41qui avaient complètement adhéré et qui étaient très contents de le porter.
05:46Je vous le confirme plutôt en maternelle et en alimentaire.
05:50On n'a pas expérimenté sur les collèges et lycées, je ne sais pas si l'adhésion aurait été la
05:55même.
05:56Oui, le ministre de l'Éducation nationale, lui, il a expliqué qu'il n'y avait pas eu d'effet
06:00net
06:01ni sur les résultats scolaires, ni même sur l'ambiance.
06:05Est-ce que vous avez vraiment vu des comportements changer avec l'uniforme ?
06:10Lui, pas.
06:10Mais je n'ai jamais pensé que tout d'un coup, les enfants auraient des bonnes notes
06:15parce qu'ils portaient un uniforme.
06:16Ce n'était pas l'objet.
06:18Donc, non, ça participait quand même, malgré tout, à un meilleur climat,
06:23un sentiment d'appartenance commune.
06:25On reconnaît d'ailleurs que le sentiment d'appartenance augmente avec.
06:29Ça fait évoluer le climat de l'école plutôt dans un bon sens,
06:33même s'il aurait fallu s'inscrire dans la durée.
06:37Hélas, l'État où les ministres font souvent des coups,
06:39là, M. Attal a fait un coup de com'
06:41et on a l'impression d'avoir été un peu instrumentalisé.
06:44Je le regrette.
06:46Vous pensez que c'était très cher, en fait, comme mesure ?
06:50C'est 3 euros par enfant, c'est ça ?
06:53Écoutez, vous voyez, c'était une dépense de 35 000 euros pour 900 enfants.
07:02Voilà, et qui serait 358 pour 9 000.
07:06Si je leur apporte le coût des fournitures scolaires complètes,
07:10on les fournit gratuitement,
07:11et de 500 000 euros pour nos 9 000 élèves.
07:14Donc, ce n'était pas loin du coût des fournitures.
07:16Donc, ce n'était pas une somme astronomique.
07:18Mais en même temps, l'État a amorcé le mouvement,
07:22nous a demandé de le faire,
07:23et il réduit dans le même temps nos recettes.
07:26Si l'État avait continué,
07:28avait au moins maintenu nos recettes,
07:30j'aurais pu envisager de le maintenir.
07:32Mais à la fois, il se désengage de quelque chose qu'il a lancé,
07:35et il réduit nos recettes,
07:37et je suis obligé de tailler dans des dépenses.
07:39Donc, je n'allais pas continuer la dépense qu'on avait engagée à sa demande,
07:43alors même qu'il se retirait du dispositif.
07:45Merci François Grotidier.
07:46Je disais 3 euros par enfant,
07:48non, 3 euros par habitant pour les enfants de la commune.
07:52Alors, il y a des pays où c'est quelque chose de naturel.
07:54Les élèves portent l'uniforme,
07:56et même parfois la cravate, dès la 6ème.
07:59C'est au Royaume-Uni.
08:00On part à Londres,
08:01retrouver notre correspondante Marie Billon.
08:03Bonsoir Marie.
08:04Bonsoir, bonsoir à tous.
08:05Comment ça se passe en Angleterre ?
08:06Tous les élèves portent un uniforme ?
08:08Alors, de fait, oui,
08:09même s'il y a bien certainement une poignée d'exceptions.
08:12C'est vrai que ce n'est pas une loi.
08:13Toutes les écoles ne sont pas forcées à imposer l'uniforme,
08:17mais le gouvernement l'encourage vivement
08:19parce que, selon lui, l'uniforme joue 3 rôles.
08:21Il promeut l'esprit de l'établissement,
08:22il renforce le sentiment d'appartenance à l'école
08:24et génère une identité,
08:26et il crée un cadre propice à l'éducation.
08:28C'est sur le site du gouvernement.
08:30L'idée a toujours été légalisation.
08:32Tout le monde s'habille pareil,
08:33pas de jalousie,
08:34pas de séparation des élèves en fonction de leur vestiaire,
08:36pas tant perdu à choisir ses habits
08:37qui pourraient être consacrés aux devoirs,
08:39mais de fait, l'uniforme fait tellement partie de la culture
08:41qu'on a presque oublié pourquoi il est là.
08:43Alors, est-ce que c'est l'État ?
08:45Est-ce que ce sont les communes
08:46ou les familles qui financent cet uniforme ?
08:49Parce que c'est important comme question.
08:51Ce sont les parents.
08:52C'est à la charge du porte-monnaie des parents.
08:54Selon le ministère de l'Éducation,
08:56le coût d'un uniforme scolaire complet,
08:58tenu de port incluse,
08:59c'est l'équivalent de 400 euros
09:00pour un élève du primaire,
09:01515 pour un élève du secondaire en Angleterre.
09:04Alors oui, parfois, le coût de l'uniforme
09:06entre en ligne de compte
09:07quand on choisit une école.
09:08Et oui, c'est un problème pour certaines familles.
09:10Alors, le gouvernement a publié
09:12de nouvelles obligations pour les écoles
09:13et ça entre en vigueur demain.
09:15Pas plus de trois articles
09:16portant la marque ou l'écusson
09:18de l'école pour le primaire,
09:19pas plus de quatre pour le collège.
09:21Et l'un de ces articles,
09:22ça doit être une cravate.
09:24Cela devrait faire économiser 58 euros aux familles.
09:27Sauf que certains parents trouvent que
09:28c'est loin d'être assez.
09:29En cette période de crise du coût de la vie,
09:31un enfant s'agrandit vite.
09:32Ces trois ou quatre articles,
09:33ils devront peut-être être remplacés pendant l'année.
09:35Alors, pour aider les familles,
09:36certaines autorités locales
09:37peuvent offrir des aides.
09:39Souvent, ce sont les écoles
09:40qui s'organisent.
09:41Elles récupèrent les uniformes
09:42auprès des familles
09:43qui n'en ont plus besoin
09:44et les vendent à moindre prix
09:45ou gratuitement.
09:47C'est culturel.
09:48Les parents reconnaissent
09:49les vertus de cet uniforme ?
09:52Est-ce qu'ils sont fiers
09:53que leurs enfants
09:54se battent pour les couleurs
09:55de leur école ?
09:56Alors, les parents,
09:57ils trouvent leur compte.
09:58L'uniforme, c'est cher.
10:00Mais la présence sociale
10:01pour acheter le pull à la mode
10:02ou la marque en vogue,
10:03ça peut coûter cher encore plus.
10:05Les enfants, souvent,
10:07n'ont pas d'opinion.
10:07C'est un fait de la vie
10:08depuis le temps des dinosaures
10:09qu'on a un uniforme en Angleterre.
10:11Enfin bon, on se comprend.
10:12S'il y a un sentiment de fierté,
10:13ce sera surtout dans les écoles privées,
10:15celles qui sont payantes.
10:16Parce que cet uniforme
10:17devient vraiment une marque
10:18d'appartenance.
10:19Alors, dans une ville,
10:20dans un quartier,
10:21à la sortie de l'école
10:22ou des écoles,
10:23tout le monde saura
10:23qui vient de l'école privée,
10:25qui vient de l'école publique.
10:26Et vu l'importance
10:27que cette différence a
10:28dans les opportunités
10:29des petits britanniques
10:30dans la vie d'Aldut,
10:31ça n'est pas anodin.
10:32Donc, l'égalisation
10:33avec l'uniforme,
10:34c'est au sein de l'école.
10:35Mais quand on est dans la rue,
10:36uniforme public
10:37contre uniforme privé,
10:38la différence,
10:39les inégalités
10:40sont encore plus voyantes.
10:42Merci beaucoup, Marie Billon.
10:44Merci à vous trois
10:45d'être intervenues
10:46dans cette preuve par trois
10:48pour nous expliquer
10:49un petit peu
10:50les tenants
10:50et les aboutissants
10:51de cette uniforme
10:53qui ne marche pas très bien
10:53en France.
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