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  • il y a 4 jours
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Aujourd'hui, dans « Les 4V », Gilles Bornstein revient sur les questions qui font l’actualité avec Olivier Falorni, député les Démocrates, rapporteur général sur la loi sur la fin de vie.

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Transcription
00:03Bonjour à tous, bonjour, Olivier Falorni, l'examen du texte continué à l'Assemblée.
00:07Les députés ont choisi avant-tien, je crois, de rétablir la possibilité pour un malade qui veut mourir,
00:13de choisir de faire appel à un soignant pour l'administration de la substance létale.
00:18Donc ça ne sera plus chacun qui prendra la substance létale, mais un médecin pourra le faire.
00:23Est-ce que vous le regrettez ? Est-ce que ça dénature le texte ?
00:27Alors, j'avais émis un avis défavorable dans le sens où le principe de l'auto-administration était prioritaire,
00:36mais je m'étais beaucoup battu pour qu'il puisse y avoir l'intervention d'un tiers soignant en cas
00:41d'incapacité.
00:42Parce que vous savez, M. Bornstein, il y a parfois pire que la mort.
00:47Quand une personne est condamnée à une agonie sans espoir et sans fin,
00:53nous devons pouvoir apporter une réponse, un ultime recours.
00:58Et c'est dans ces circonstances-là que nous proposons ce droit à l'aide à mourir.
01:02Bien. Alors, il y a un certain nombre de critiques sur ce texte.
01:06Philippe Juvin, député Les Républicains et médecin, est très critique.
01:10Il dit que c'est une loi écrite par des gens riches et bien portants qui s'appliquera à des
01:14gens pauvres et seuls.
01:15Un argument qu'il développe et qu'on peut entendre.
01:18On est moins libre de ses choix quand on est pauvre et isolé.
01:21Quand on baigne dans ses excréments et qu'on doit attendre 24 heures que l'infirmière passe pour vous laver,
01:26la fin de vie est plus difficile à supporter que quand on est entouré
01:30et qu'on ait les moyens d'être dans un établissement qui fonctionne bien.
01:34Qu'est-ce que vous répondez à cette critique d'ordre social ?
01:37Alors, déjà, j'invite M. Juvin, par exemple, à prendre contact avec Charles Bietry,
01:41qui, chacun le sait, est extrêmement bien portant.
01:45Souvent de la maladie de Charcot.
01:47Franchement, c'est pas très...
01:48Cet argument...
01:49Non, mais c'est pas très sérieux, M. Bornstein.
01:51C'est pas sérieux.
01:52Écoutez toutes les associations de malades.
01:55La Ligue contre le cancer,
01:57l'Association des malades de Charcot,
02:00le collectif France Asso Santé,
02:02qui regroupe une cinquantaine d'associations de malades.
02:06Pourquoi sont-ils favorables à l'aide à mourir ?
02:09Ils parlent au nom des malades.
02:11Olivier Fallornich.
02:12Donc on parle pas de bien portant.
02:13Je vous fais pas une critique générale,
02:15je fais une critique précise.
02:16On a plus tendance à vouloir demander la mort
02:19quand on est seul, quand on n'est pas entouré,
02:22quand on n'a pas les moyens d'être dans un établissement
02:24qui vous garantit une fin de vie correcte.
02:26Eh bien, on a plus tendance à vouloir demander la mort.
02:29C'est vrai ou c'est faux ?
02:31C'est peut-être vrai,
02:32mais vous ne parlez absolument pas de la loi.
02:35Mais absolument pas de la loi.
02:37La loi sur la fin de vie,
02:38sur l'aide à mourir,
02:40ne parle pas de la vieillesse,
02:41ne parle pas du handicap.
02:43En fait, elle s'adresse à des gens
02:45qui sont atteints d'une maladie grave et incurable,
02:49entraînant le pronostic vital
02:51en phase avancée au terminal.
02:53On ne parle pas de gens âgés.
02:55Je précise que c'est tous les critères à la fois,
02:57enfin, qui sont cumulatifs.
02:58Et il y a des critères cumulatifs,
02:59parce que ce que je vous dis ne suffit pas.
03:01Il faut avoir des souffrances physiques
03:03ou psychologiques,
03:05insupportables,
03:06réfractaires au traitement.
03:07Il faut exprimer une volonté libre,
03:11éclairée et réitérée jusqu'au dernier instant.
03:13Donc, je le dis,
03:15on ne peut pas accéder à l'aide à mourir
03:16parce qu'on a un handicap,
03:19parce qu'on est âgé,
03:21parce qu'on est en perte d'autonomie.
03:23C'est un mensonge de dire ça.
03:25On s'adresse à des gens
03:26qui sont condamnés par la maladie
03:28et qui souffrent atrocement.
03:30Alors, condamnés par la maladie,
03:32justement, parlons des conditions d'inéligibilité.
03:34Certains les trouvent trop stricts,
03:35d'autres pas assez.
03:36C'est normal.
03:38Est-ce que ça pourrait s'appliquer
03:40à des malades qui souffrent,
03:41pour lesquels le pronostic est inéluctable,
03:44mais qui ne sont pas tout à fait en fin de vie ?
03:47Les progrès de la médecine
03:48font qu'on peut avoir aujourd'hui
03:49un cancer métastasé
03:50et avoir encore, peut-être,
03:52des mois, voire un ou deux ans à vivre.
03:55Quelqu'un qui est dans ces conditions-là
03:57aura-t-il accès à la loi ?
03:58Mais qu'est-ce que vivre signifie
04:00quand vous êtes condamné ?
04:02Parce que quand vous êtes en phase avancée,
04:03quand on vous dit
04:04que vous pouvez aller en soins palliatifs,
04:06on sait très bien
04:07que les soins curatifs deviennent impuissants.
04:12Que veut dire vivre
04:13quand vous êtes condamné
04:14à des souffrances insupportables
04:17le reste de votre temps ?
04:19Non, mais j'entends.
04:19Vous dites, si on est condamné,
04:21même à moyen terme,
04:22et qu'on souffre,
04:23on peut vouloir en finir.
04:24Ma question est très précise.
04:26Quelqu'un qui souffre,
04:27qui a une maladie incurable,
04:29mais dont le pronostic vital
04:31n'est pas engagé là,
04:32dans les semaines qui viennent,
04:34sera-t-il éligible à la loi ?
04:37La phase avancée
04:38a été définie
04:39par la Haute Autorité de Santé.
04:41Très clairement.
04:42Et du coup,
04:42on l'a inscrit dans la loi.
04:43C'est l'entrée
04:44dans un processus irréversible
04:46qui affecte durablement
04:48la qualité de vie du malade.
04:50C'est défini
04:51par la Haute Autorité de Santé.
04:52Très bien.
04:53J'entends.
04:53Mais donc,
04:53vous admettez
04:54qu'on peut avoir encore
04:56plusieurs mois,
04:57voire un,
04:57voire deux ans à vivre
04:58et quand même
04:59être éligible à la loi ?
05:00Ce qui s'entend tout à fait.
05:02Mais c'est pour être clair.
05:03De toute façon,
05:04chacun sait
05:05qu'il est extrêmement difficile
05:07pour un médecin
05:07et d'ailleurs,
05:08il y avait eu un débat
05:09sur le moyen terme
05:10de dire
05:11il vous reste trois mois,
05:12il vous reste six mois.
05:13Aucun médecin
05:14n'est honnêtement capable
05:16d'estimer
05:17le pronostic vital
05:18au-delà de quelques heures
05:20ou de quelques jours.
05:21Les opposants au texte,
05:22par exemple,
05:22la Société française
05:23d'accompagnement
05:24et de soins palliatifs,
05:25disent que ça pourrait concerner
05:26potentiellement
05:27un million de personnes
05:29en France.
05:29Vous confirmez,
05:30vous démentez ?
05:31D'abord,
05:32ça concernera
05:33des gens
05:34qui vont décéder
05:35dans des échéances
05:36assez brèves
05:38de toute manière.
05:40Ensuite,
05:40je vais vous donner
05:41un exemple.
05:42La Belgique
05:43a légiféré en 2002
05:44sur cette loi
05:45avec des critères
05:46plus larges
05:47que ceux
05:48qui ont été choisis
05:50en France.
05:50C'est quelques milliers
05:51de personnes.
05:52Aujourd'hui,
05:53il y a 3,6%
05:54des décès
05:55en Belgique
05:5622 ans après
05:57le vote de la loi
05:58avec des critères
05:59plus larges.
05:593,6%
06:01des décès
06:01le sont
06:02par une aide
06:03active à mourir.
06:04Et donc,
06:05vous estimez
06:07que ça concernerait
06:08quelques milliers
06:09de personnes,
06:09quelques centaines
06:10de personnes ?
06:11C'est difficile
06:12à évaluer
06:12parce que,
06:13par définition,
06:15chaque pathologie
06:15est différente.
06:16Il est difficile
06:18d'évaluer aujourd'hui
06:19le nombre
06:20de personnes
06:20éligibles.
06:21Simplement,
06:22quand on compare
06:24avec un pays
06:24comme la Belgique,
06:25je le redis,
06:26on est au bout
06:27de 22 ans
06:28à à peu près
06:293% des décès.
06:30Il nous reste
06:30quelques secondes
06:31pour parler de calendrier.
06:32Le vote solennel
06:33devait avoir lieu
06:33aujourd'hui,
06:34c'est maintenu ?
06:35Non,
06:36probablement,
06:36le vote aura lieu
06:37demain après-midi.
06:38Il reste à peu près
06:40200 amendements
06:40à étudier.
06:41Pour une application
06:42de la loi,
06:43quand ?
06:44Alors,
06:44je l'espère,
06:45un vote définitif
06:46avant l'été,
06:47une application
06:48début 2027
06:49puisque vous savez
06:50qu'ensuite,
06:50il y a des décrets
06:51qui doivent être
06:53publiés par le gouvernement.
06:54donc moi,
06:55ce que j'espère,
06:55c'est un vote
06:56avant juillet
06:58et ensuite,
06:59une application
07:00au plus tard,
07:01le 1er janvier 2027.
07:03Olivier Falorni,
07:04merci d'être venu
07:04mettre des mots
07:05MOTS,
07:06toujours dur précis
07:07sur des mots
07:08MAUX,
07:09très compliqués
07:10à définir.
07:11Olivier Falorni,
07:12invité des 4V,
07:13bonne journée à tous.
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