- il y a 11 mois
Les informés du soir, 11 septembre 2025
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00:00Générique
00:0020h, 21h, France Info, les informés, Victor Matthez
00:13Bonsoir à toutes et à tous et bienvenue sur France Info à la radio et à la télé, canal 16 de la TNT à la une, les drapeaux en berne ce soir aux Etats-Unis après l'assassinat de Charlie Kirk,
00:24un influenceur pro-Trump devenu un repère politique pour une grande partie de la jeunesse américaine, nous serons aux Etats-Unis, dans un instant nous débattrons de l'état de la démocratie américaine.
00:34Charlie Kirk adulé sur TikTok, le réseau social chinois au cœur d'un rapport parlementaire en France sur ses effets psychologiques, le texte parle du pire des réseaux sociaux à l'assaut de notre jeunesse et préconise d'en interdire l'accès au moins de 15 ans.
00:48La politique au lendemain de son arrivée à Matignon, Sébastien Lecornu consulte Nicolas Sarkozy, même condamné l'ancien président, reste-t-il une figure imposée à droite ?
00:58Nous en débattons ce soir avec nos informés, Sylvie-Pierre Brossolette, bonsoir, éditorialiste au point, Erwann Brucker, bonsoir, du service politique de l'Express, rédacteur en chef adjoint à vos côtés, Patricia Lémonière, bonsoir,
01:11Patricia, grand reporter, Stéphane Zumstek, bonsoir, directeur du département Opinion d'Ipsos et Jean Caton, bonsoir, secrétaire général du Conseil national du numérique, co-auteur de ce livre, Nous sommes les réseaux sociaux.
01:25Un assassinat politique, affirme le gouverneur de l'Utah après la mort de Charlie Kirk, l'influenceur américain pro-Trump, âgé de 31 ans, tué d'une balle dans le cou la nuit dernière,
01:36lors d'une réunion publique sur un campus universitaire, le tireur est toujours en fuite, c'est le président américain en personne qui a annoncé son décès à la télévision,
01:44Donald Trump s'en prend une nouvelle fois à la gauche qu'il qualifie de radical, bonsoir, Franck Madvon, bonsoir, Victor, bonsoir à tous, en direct de Washington aux Etats-Unis pour France Info,
01:54comment la société américaine réagit-elle ce soir, Franck, à la mort de Charlie Kirk ?
01:59Écoutez, toute la société américaine se sent concernée, d'abord parce que Charlie Kirk était vraiment une célébrité, qu'il l'adore ou le déteste,
02:08les jeunes le connaissent, ses vidéos font un carton sur TikTok ou Instagram, des courtes séquences dans lesquelles on le voit débattre avec d'autres étudiants
02:17et asséner ses vérités anti-immigration, anti-avortement pour la femme au foyer, il cochait toutes les cases de la droite nationaliste américaine,
02:25il était par ailleurs proche de Donald Trump, un visiteur régulier de la Maison Blanche, donc Kirk était une figure de cette galaxie Trump.
02:34La scène d'hier est par ailleurs extrêmement violente, quoi qu'on pense de Kirk, il s'adressait calmement à une foule d'étudiants quand il a pris une balle dans le cou,
02:43les images du meurtre ont beaucoup circulé sur les réseaux sociaux, on parle d'un jeune homme âgé de 31 ans, père de deux enfants,
02:50en prime, le tueur n'a toujours pas été retrouvé. Voilà, tout ça crée un climat politique très sombre, chacun s'accuse d'attiser la violence,
02:59les pro-Trump, vous l'évoquiez, montrent du doigt la gauche radicale, donc oui, beaucoup d'émotions, de tensions, même en ce moment dans la société américaine.
03:07Climat, Franck, qui fait craindre une nouvelle poussée de la violence politique aux Etats-Unis ?
03:11Oui, alors d'une certaine manière, la violence politique, si je puis dire, c'est vieux comme les Etats-Unis, ce n'est pas un phénomène nouveau,
03:17c'est aussi lié au nombre colossal d'armes à feu en circulation dans ce pays, plus d'une arme à feu par habitant, on le rappelle,
03:24mais c'est vrai que les incidents graves se sont multipliés ces derniers temps.
03:28On pense d'abord, bien sûr, aux deux tentatives d'assassinat qui ont visé Trump lors de la campagne présidentielle,
03:34en particulier celle du meeting de Butler en Pennsylvanie, les images avaient fait le tour du monde.
03:38En juin dernier, une élue démocrate du Minnesota et son mari ont été tués, un autre élu a été gravement blessé.
03:46Au printemps, la maison du gouverneur de Pennsylvanie a été la cible d'un incendie.
03:51Des responsables démocrates estiment que les émeutes du Capitole en janvier 2021 ont ouvert une nouvelle séquence.
03:59Depuis hier, en tout cas, des élus disent craindre pour leur vie et certains ont même annulé entre hier et aujourd'hui des réunions publiques.
04:07Franck Matvon, correspondant de France Info.
04:10À Washington, Patricia Alémonière, est-ce que vous le connaissiez, Charlie Kerr, qu'en France, il était assez peu connu ?
04:15Oui, il était peu connu en France, mais il s'était fait remarquer, en tout cas on en avait parlé,
04:20lorsque le fils aîné de Donald Trump, auprès duquel ils étaient très très proches tous les deux,
04:27le fils aîné de Donald Trump était allé au Groenland.
04:29Et à ce moment-là, effectivement, dans le voyage, il était là, il était présent,
04:33parce que c'est le porte-voix, finalement, c'était le porte-voix de toute cette jeunesse méga,
04:40avec tous les attributs qu'a très bien dit Franck à l'instant,
04:43donc je n'ai rien à redire sur ce qu'il a complètement défini.
04:45Il se situe où dans la galaxie des influenceurs pro-Trump ?
04:49Ah ben, lui, c'est 7 millions sur Instagram, c'est 5 millions sur X,
04:53donc c'est énorme au niveau de ses influenceurs, il était très souvent sur Fox,
04:58et puis il était l'homme qui chauffait les salles, et surtout...
05:02Avant les meetings de Donald Trump.
05:03Avant les meetings, et puis il avait entrepris cette tournée des universités,
05:07parce qu'il avait dit à l'équipe Trump, il faut absolument reconquérir les universités,
05:12qui étaient plutôt classées à gauche.
05:14Donc c'était l'homme de la reconquête des universités,
05:17et il avait entrepris ce grand tour aux Etats-Unis,
05:20qui était en gros le retour qu'il avait intitulé « Le retour de l'Amérique ».
05:23Donc il était dans cette foulée.
05:25Erwan Bruecker ?
05:26Ce qu'il faut comprendre aussi, à mon avis, sur Kirk,
05:28c'est qu'on ne peut pas le catégoriser seulement comme un influenceur TikTok.
05:32Certes, il avait des millions d'abonnés, mais il est sorti de l'écran, en fait,
05:35c'est-à-dire qu'il faisait des podcasts, mais il faisait aussi des levées de fonds,
05:38et surtout, il avait conquis une partie...
05:41Des millions de dollars.
05:41Voilà, et il avait conquis aussi une partie des universités américaines,
05:44ce qui, pour un influenceur républicain, n'est pas donné à tout le monde,
05:49les universités sont généralement plutôt démocrates aux Etats-Unis.
05:52Là, il avait, je crois, plus de 800 antennes locales de son association,
05:55c'est-à-dire pour former des étudiants à son courant de pensée,
05:59effectivement, un populisme nationaliste chrétien.
06:02Donc c'est aussi pour ça que c'était une icône du mouvement Maga,
06:04c'est parce qu'il était sorti des écrans.
06:05Stéphane Zomsteg ?
06:06Oui, mais ça allait plus loin, je crois, quand on voit le profil et les déclarations,
06:10évidemment, de la victime de cet attentat, enfin, de ce meurtre,
06:13ça allait bien plus loin que la simple galaxie trumpienne ou trumpiste.
06:17J'ai sélectionné quelques-unes de ces prises de position,
06:21on ne devrait pas avoir le droit de prendre sa retraite pour tout le monde.
06:25Il faut comprendre les gens qui prennent un avion,
06:26quand ils apprennent que le pilote est noir, ils sont effrayés.
06:29C'est très trumpiste, tout ça.
06:30Oui, mais Donald Trump ne dit pas ça non plus.
06:32Il allait bien au-delà, il était très clairement étiqueté à l'ultra-droite,
06:36mais il avait, vous avez raison de le dire, une réelle influence.
06:38Je rappelle juste une chose, il ne faut pas croire que les jeunes américains
06:41ont voté à la dernière élection présidentielle pour Kamala Harris.
06:44Ce n'est pas le cas.
06:45Les femmes, les jeunes filles, pardon, les jeunes femmes de moins de 25 ans
06:48ont voté très massivement pour Kamala Harris,
06:49mais les jeunes hommes ont été plus nombreux à voter pour Donald Trump.
06:53Et Charlie Kirk a largement contribué à les ramener dans le cadre public.
06:56Notamment dans cette partie, dans ce tiers de l'électorat trumpiste
06:59qui est totalement radicalisé et qui accepte tout type de dérapage
07:02et qui les encourage même.
07:03Sylvie-Pierre Brofellette.
07:05Ce drame rappelle à quel point la violence aux Etats-Unis
07:09est effectivement monnaie courante, votre reporter l'a très bien raconté,
07:13et qu'évidemment, attisé par le climat que crée Trump,
07:17ça ne peut pas aller en s'améliorant.
07:19Et d'ailleurs, cet influenceur disait lui-même qu'il défendait cette violence.
07:25Et il disait que, cette phrase terrible,
07:28les morts par arme à feu sont le prix à payer pour le respect du deuxième amendement.
07:32Ce deuxième amendement qui est sacré aux Etats-Unis,
07:34on n'arrive pas à revenir dessus.
07:35Les conservateurs y tiennent beaucoup, et le reste de la population d'ailleurs avec.
07:39Et donc, tant qu'il y aura ces armes à feu à gogo,
07:42il y en aura autant en politique qu'ailleurs.
07:44D'ailleurs, dans les lycées, on sait très bien qu'il y a des massacres à n'en plus finir.
07:49Mais il y a un climat politique qui fait qu'effectivement,
07:52cette violence s'applique en politique, et spécialement depuis Trump,
07:56parce que les braises sont attisées,
07:59et les déclarations des trumpistes ne sont pas là pour calmer le jeu.
08:03Et cette démocratie américaine semble assez malade.
08:07On dit toujours au bord de la guerre civile, on n'y est pas encore.
08:10Mais s'il y a de plus en plus d'actes de ce genre, on finira par y arriver.
08:14C'est quand même très, très, très inquiétant.
08:17Et à force de vouloir toujours, avant même de savoir qui est l'auteur de ce meurtre,
08:22dire que c'est évidemment l'extrême gauche,
08:24Trump fonce dans la brèche comme d'habitude,
08:26avec des post-vérités ou des anté-vérités qu'on n'a pas encore démontrés.
08:31Mais l'autre camp va finir par être entraîné dans ce même genre de spirale.
08:34Et ça, c'est affolant.
08:35Espérons en tout cas que ça ne va pas passer de l'Atlantique,
08:38et que ça restera une habitude américaine.
08:41Jean Catton ?
08:42Oui, on est face à un cercle vicieux
08:43qu'on pourrait presque qualifier de bombe à fragmentation, finalement.
08:47C'est-à-dire qu'avec ce business de la haine,
08:50mais je comprends bien, en effet, qu'il y a cette porosité
08:52entre le réel, le virtuel, évidemment,
08:54et qu'il y a beaucoup d'acteurs qui jouent sur les deux tableaux.
08:57Mais ce qu'on observe, c'est aussi un encouragement
09:00à ce genre de propos en ligne.
09:02Et c'est aussi, c'est là que le cercle vicieux se met en marche,
09:04c'est une exposition des publics les plus jeunes,
09:07sans le contexte, sans l'analyse,
09:09sans les clés de compréhension,
09:10qui permettent de réagir face à des propos,
09:12qui entraînent des comportements par-dessus.
09:15Et finalement, là, on a un engrenage qui peut être humble.
09:18Patricia ?
09:19Oui, alors, en plus,
09:21il parlait à un public de jeunes blancs
09:24qui sont en mal,
09:26après toute la phase wokiste,
09:27de masculinité.
09:28Et donc, il recrutait.
09:30Et les thèmes qu'il posait étaient des thèmes
09:32qui se posent à la société américaine.
09:34C'est la violence, c'est les armes.
09:36Donc, les autres jeunes dans les universités
09:38venaient participer à ces débats
09:40et donc se laissaient enclencher.
09:41Je dirais un seul truc.
09:42Les États-Unis, il y a 30 fois plus d'homicides
09:45par arme à feu aux États-Unis qu'en France.
09:48Donc, on n'est pas encore dans ce niveau de violence
09:51par arme à feu et par balle.
09:53Mais, au vu des réactions,
09:55vous disiez très justement, effectivement,
09:57les trumpistes accusent immédiatement
10:00la gauche ou l'extrême gauche.
10:01Ils ne accusent même les démocrates en général.
10:04Mais, en France, on voit tout de suite
10:06les réactions des hommes politiques français
10:08qui se situent, je dirais, à la droite de la droite
10:11qui ont tout de suite repris le verbatim
10:14des trumpistes en disant
10:16« Ah oui, tout ça va finir par venir en France
10:19et c'est la gauche et c'est toujours... »
10:21Et les propos sont parfois assez inquiétants, quand même.
10:24– Céphane Doutek, sur la violence,
10:26sur le développement de la violence politique,
10:27mais pas seulement aux États-Unis,
10:28les chiffres sont absolument dramatiques.
10:30Ce sont des données du FBI.
10:32Vous savez, ce n'est pas une expression,
10:34c'est un terme judiciaire aux États-Unis,
10:35selon les crimes de haine.
10:36Les crimes de haine, c'est quand vous commettez un crime
10:38à l'encontre d'une personne en fonction
10:40de ses orientations sexuelles, idéologiques, religieuses
10:44ou en fonction de la couleur de sa peau.
10:46En 2015, il y avait à peu près 5 000.
10:48Il y a eu, pardon, cette année-là,
10:49un peu plus de 5 000 crimes de haine.
10:52En 2023, il y en a eu 11 000.
10:54Enfin, un peu plus de deux fois plus.
10:572015, pardon, c'est la première campagne de Donald Trump.
10:59Il sera élu l'année suivante.
11:01Qu'est-ce qu'il dit ?
11:01C'est l'année où il déclare que,
11:02je n'ai plus les termes exacts,
11:03mais que la plupart des Mexicains
11:05qui rentraient aux États-Unis étaient des violeurs.
11:06Je n'ai plus les termes exacts,
11:07mais enfin, c'était ça l'idée.
11:09En lâchant, finalement,
11:11en lâchant toutes les digues,
11:12si vous voulez,
11:13en libérant totalement la parole,
11:14forcément, ça agit sur une toute petite minorité,
11:17évidemment, ultra marginale,
11:19mais qui a recours à la violence après.
11:21Et ça, c'est dû à Donald Trump
11:23et au climat politique,
11:24à la fracturation de la société.
11:25Mais c'est aussi un condensé des mots américains
11:28parce qu'il y a là, dans ce drame à la fois,
11:31le rôle des réseaux sociaux,
11:32le rôle des influenceurs,
11:34la violence aux États-Unis,
11:36Trump qui met de l'huile sur le feu par-dessus.
11:40Il y a tout ce qu'il faut pour faire un cocktail.
11:41En rappelant peut-être les propos du président américain
11:43qui est tout de suite à parler d'un martyr pour la vérité
11:45et la liberté,
11:47qui va le décorer de la plus haute distinction civile,
11:49qui met les drapeaux en berne, etc.
11:51Il y a donc tout ce qui mine le socle démocratique aux États-Unis
11:55est à l'œuvre.
11:56Et c'est vrai que tant qu'on n'en contrôlera pas,
11:58mais on en reparlera tout à l'heure,
12:00les réseaux sociaux,
12:01tout ce qui peut être dit comme folie
12:04à de jeunes cerveaux sans filtre,
12:06tant que les hommes politiques
12:08ne se contraindront pas à un minimum
12:10de sérieux et d'esprit de responsabilité,
12:12ça donnera des drames,
12:13surtout aux États-Unis,
12:14où la violence n'est jamais très loin.
12:16On a, Jean Caton,
12:17ce rôle préoccupant, on peut le dire aujourd'hui,
12:19des réseaux sociaux.
12:20Donald Trump, il a son propre réseau social.
12:22On pense forcément à Twitter,
12:24désormais, X avec Elon Musk
12:26et puis TikTok également avec Charlie Kirk.
12:29Oui, et puis je ne peux pas m'empêcher
12:30en vous écoutant de penser
12:31à ce dernier post de Donald Trump,
12:34le représentant disant
12:35« J'adore l'odeur des déportations le matin ».
12:38C'est quand même dingue d'en venir là
12:40et de se dire qu'aujourd'hui,
12:42on n'a pas le tissu structurel,
12:44je dirais, sociétal,
12:45qui nous permet de dire non
12:47collectivement à ce genre d'expression.
12:48Quand Donald Trump s'exprime
12:50avec une violence considérable
12:52vis-à-vis de l'Union européenne,
12:53vis-à-vis des États de droit,
12:54vis-à-vis de notre ordre démocratique,
12:56là aussi, nous pouvons penser
12:58que tous, nous devons nous lever
12:59face à ces expressions-là,
13:00qui sont un encouragement à la violence.
13:02Mais moi, ce qui vient de dire,
13:03vient de tweeter
13:04« La gauche est le parti du meurtre ».
13:05La gauche.
13:08Et Bannon a rajouté,
13:09l'ancien conseiller Trump a rajouté
13:11que Charlie Kirk était une victime de guerre.
13:13Il a dit « Nous sommes en guerre ».
13:14Donc Sylvie Pierre a raison
13:15de parler de sémantique,
13:16parce que là, on est dans une vraie sémantique,
13:18quasiment de guerre civile,
13:20en tout cas d'appel,
13:21un peu de doguisol,
13:22c'est-à-dire que les gens
13:22qui sont déjà radicalisés
13:23vont pouvoir s'accrocher
13:25à cette sémantique-là
13:26pour pouvoir plus tard,
13:27peut-être, commettre
13:28d'autres attaques,
13:29potentiellement des meurtres.
13:30Et on peut être sûr
13:31que Donald Trump
13:32va se servir de ce...
13:34Il a déjà fait de cet événement-là
13:36pour légitimer le déploiement
13:39de la garde nationale
13:40et pour dire que l'Amérique
13:41est assiégée.
13:41On parlait de la violence politique
13:43également en France.
13:43Est-ce que dans d'autres pays,
13:44justement,
13:44il y a des influenceurs politiques,
13:46alors peut-être pas de cette envergure-là,
13:47mais qui comptent aujourd'hui ?
13:49Écoutez, quand on a vu
13:50le déferlement d'actes antisémites
13:52et des attaques aux personnes
13:54et aux biens des Juifs,
13:57c'est une sorte de déferlement
13:58de violence très politique
14:00et très manipulée.
14:02Avec des influenceurs repérés,
14:04on va dire,
14:04sur les réseaux sociaux.
14:05Écoutez, il y a des partis politiques
14:06et un parti politique en France
14:07qui cherchent à beaucoup influencer
14:09dans ce sens-là.
14:10Donc je ne veux pas mettre
14:11votre antenne dans l'embarras,
14:13mais enfin, on les connaît.
14:15Donc il y a des gens quand même
14:16irresponsables dans ce pays
14:17qui désignent quelquefois
14:18à la vindicte des organisations,
14:22des personnes.
14:23C'était par rapport, on va dire,
14:23à une figure comme Charlie Kirk
14:24de voir si dans notre pays,
14:26on avait une sorte d'équivalent
14:27ou pas très simple.
14:28Non, on n'a pas l'équivalent,
14:29mais je suis entièrement d'accord avec vous.
14:31Nos hommes politiques
14:32suivent la voix de M. Kirk,
14:36en quelque sorte.
14:37Et le ministère français
14:38des Affaires étrangères
14:39a réagi aujourd'hui
14:40en exprimant sa vive émotion d'abord
14:42et en disant que la France
14:42réaffirmait son rejet absolu
14:45de toute forme de violence politique,
14:46je cite,
14:47et son attachement
14:47a la nécessité
14:49d'un dialogue
14:49apaisé,
14:51pardon,
14:51fondement essentiel
14:52de toute démocratie.
14:53Stéphane Zubstek,
14:54ça pose aussi à nouveau
14:55la question,
14:56le débat,
14:56depuis le retour de Donald Trump
14:57au pouvoir,
14:58de ce qu'est une démocratie.
15:00Oui, bien sûr,
15:00et surtout,
15:00ça pose la question
15:01de l'éventuelle remise en cause
15:03par une partie de nos sociétés,
15:04nos sociétés européennes.
15:05Je peux parler de la France,
15:06mais on pourrait parler
15:06d'autres pays européens
15:07où il n'y a pas de remise en cause
15:08de la démocratie.
15:09Ce serait totalement faux
15:10de le dire,
15:10à part d'une ultra minorité
15:12anti-parlementariste
15:13et totalement radicalisé,
15:15que ce soit à droite
15:16ou à gauche.
15:17Mais de plus en plus,
15:19les personnes considèrent,
15:20autrefois,
15:21c'était simple.
15:21La démocratie,
15:22c'était un système,
15:23c'était le seul système,
15:24c'était le système idéal.
15:25Ça fonctionnait bien,
15:26ça fonctionnait mal.
15:26La vie politique
15:27pouvait être bloquée parfois.
15:29On pouvait être dans l'opposition
15:30et ne pas supporter
15:31les partis au pouvoir.
15:32Très bien,
15:32ça ne remettait pas en cause.
15:33Aujourd'hui,
15:34on se rend compte
15:34qu'il y a d'un quart
15:35à parfois un tiers
15:36de la population
15:37qui considère que peut-être
15:38que ce serait bien
15:38de tester autre chose.
15:40J'insiste,
15:40ce n'est pas une remise en cause
15:41de la démocratie,
15:43mais finalement,
15:44on voit,
15:44il y a une partie
15:45de la population
15:45qui,
15:46quand elle observe
15:47des leaders
15:47ou des pays illibéraux,
15:49quand vous observez
15:50parfois la Chine,
15:50la Russie,
15:51la Turquie,
15:52je pourrais en citer d'autres,
15:54ils se disent
15:54mais finalement,
15:55eux,
15:55ça marche économiquement
15:56parce qu'on y va
15:57à marche forcée.
15:58Après,
15:58les gens trouvent toujours
15:59des exemples
16:00où au moins la vie politique
16:01ne pourrit pas tout,
16:02au moins la classe politique
16:03n'est pas pourrie,
16:04peut-être que ces solutions-là
16:05ne seraient pas les plus mauvaises.
16:06Regardez quand nos hommes politiques
16:10a dit que pourquoi
16:10il n'était pas au deuxième tour,
16:12sûrement il y avait une magouille.
16:13Marine Le Pen a dit
16:14qu'on lui avait volé
16:14l'élection législative.
16:16Les hommes politiques,
16:17eux-mêmes,
16:18sapent les fondements
16:19de la démocratie
16:20sur laquelle ils comptent
16:20pour se faire élire.
16:21On est quand même
16:22dans un système de fous.
16:23Erwin Bruecker ?
16:23Aux Etats-Unis,
16:24le plus dramatique peut-être,
16:25c'est que cette radicalité,
16:27cette violence-là,
16:28elle n'est pas l'apanage
16:29des républicains.
16:31C'est-à-dire qu'il y a
16:31un sondage en mai,
16:32me semble-t-il,
16:33qui montrait que 40%
16:34des sympathisants démocrates
16:35considéraient qu'il fallait
16:36destituer Trump
16:37par la force du pouvoir.
16:39Ça montre aussi
16:39quand même une radicalité
16:40du côté des démocrates.
16:42Et il y avait,
16:42il me semble,
16:43un politologue,
16:44Charles Pape,
16:44au New York Times,
16:45qui disait que depuis
16:46qu'il faisait des études
16:47sur la radicalité aux Etats-Unis,
16:48il n'avait jamais vu
16:49un niveau de violence,
16:51de radicalité politique
16:52comme celui-ci.
16:53Donc voilà,
16:54ce n'est pas seulement
16:54l'apanage des républicains aussi,
16:56mais de toute la société américaine
16:57dans son ensemble.
16:58Encore un ou deux,
16:58Patricia Allémanière.
16:59Très rapidement,
17:00la démocratie,
17:01effectivement,
17:01elle est malade,
17:02mais elle est malade
17:02sur un plan mondial.
17:03Toutes les études le prouvent.
17:05Le sentiment d'attachement
17:07à la démocratie
17:08diminue sur le plan international.
17:09Et un des cinq critères,
17:11c'est le critère
17:12de la liberté des médias.
17:14Eh bien,
17:14la liberté des médias
17:15est en régression complète
17:16sur un plan mondial.
17:16Avec un nouveau rapport
17:17publié aujourd'hui,
17:18au plus bas,
17:18la liberté de la presse
17:19au plus bas depuis 50 ans.
17:20Mais on le voit,
17:22l'idéal démocratique,
17:23maintenant,
17:24les gens commencent
17:24à supporter,
17:25par exemple,
17:26à trouver que dans certains pays,
17:27ma foi,
17:28un régime militaire,
17:29c'est pas mal.
17:30Jean Catan.
17:30Oui,
17:31le CIVPOF nous montre
17:32tout de même
17:32que 4, 5ème des Français
17:33restent très attachés
17:34à la démocratie.
17:35Donc, du cercle vicieux,
17:36on peut passer
17:37au cercle vertueux.
17:38Pourquoi vertueux ?
17:39Parce que déjà,
17:39l'enrichissement de la démocratie,
17:41c'est une réponse
17:41au non-démocrate
17:42et de montrer
17:42combien est-ce que là,
17:43nous avons de belles choses
17:44qui se passent.
17:45Mais c'est aussi
17:45une réponse structurelle
17:46que j'ai évoquée tout à l'heure
17:48quand même,
17:48à ce qui se passe.
17:49C'est-à-dire que nous,
17:50comment est-ce qu'on absorbe
17:51ce choc de cette violence ultime ?
17:53C'est en nous rassemblant,
17:54c'est en étant ensemble.
17:55Et c'est ça la démocratie,
17:57cette rencontre des personnes
17:58à tous les niveaux de la société
17:59et pourquoi pas d'abord
18:00au niveau local.
18:01Les influenceurs
18:02et les réseaux sociaux
18:02au cœur du débat
18:03aux Etats-Unis.
18:04Donc, en France,
18:05un rapport parlementaire
18:06lui a été présenté
18:07aujourd'hui
18:08sur les effets psychologiques
18:09de TikTok
18:10sur les mineurs.
18:11La rapporteuse dénonce,
18:12je cite,
18:13« Le pire des réseaux sociaux
18:14à l'assaut de notre jeunesse
18:15et des contenus
18:16majoritairement néfastes,
18:18automutilation,
18:18désinformation,
18:20violence,
18:20parfois jusqu'au suicide. »
18:22C'est le cas de Pénélope
18:23qui a mis fin à ses jours
18:24à l'âge de 18 ans.
18:25Son père,
18:25Arnaud Ducoin,
18:26témoigne sur France Info.
18:28« Jusqu'à ses 15-16 ans,
18:30Pénélope était brillante,
18:33rieuse.
18:34Elle a grandi heureuse
18:35avec une intelligence,
18:37je dirais,
18:38assez remarquable.
18:39Et pour son année de seconde,
18:40elle nous a demandé
18:41de faire une année de césure
18:42aux Etats-Unis.
18:43On l'a envoyée aux Etats-Unis
18:45et là,
18:46on nous a rappelé
18:47au bout d'un mois
18:47pour nous apprendre
18:49qu'elle se scarifiait.
18:50Donc, on l'a fait revenir
18:51en France.
18:53Là, je dirais
18:53que c'était la descente
18:55aux enfers.
18:55Alors, tout d'abord
18:56pour elle, bien sûr,
18:57mais aussi pour toute la famille.
18:59Je dirais que TikTok
19:00a contribué
19:02à son isolement.
19:03Elle passait de plus en plus
19:04de temps sur les réseaux sociaux,
19:06isolée dans sa chambre.
19:08Nous, en tant que parents,
19:09on ne se doutait pas
19:10de la dangerosité
19:12de TikTok
19:12et surtout du contenu
19:14des vidéos
19:15qu'elle pouvait avoir
19:16sur son téléphone.
19:17Et le 29 février 2024,
19:21elle a mis fin
19:22à ses jours
19:23en se suicidant
19:23dans sa chambre
19:24et on a eu accès
19:27à son ordinateur
19:27et c'est là
19:28où on a découvert
19:30l'univers macabre,
19:32morbide, mortifère
19:33dans lequel elle évoluait
19:34depuis de nombreux mois.
19:36TikTok,
19:37ce n'est pas l'ami des enfants,
19:38c'est l'ami de personne.
19:39C'est un algorithme
19:40que je qualifierais
19:41de prédateur.
19:42Jean Catan,
19:43secrétaire général
19:44du Conseil national
19:45du numérique,
19:45TikTok,
19:46c'est un prédateur ?
19:47Oui, s'il y en a bien un,
19:48pour le coup,
19:49ça, il est bien là,
19:49c'est certain.
19:50Et son heure
19:51n'est absolument pas venue
19:52dans le sens
19:53où nous avons tous les moyens
19:54de riposter.
19:55Mais aujourd'hui,
19:56il faut bien voir une chose.
19:57Déjà, c'est le courage
19:58de ces témoignages,
19:58c'est la dureté de la situation,
20:00c'est le drame.
20:01Ça, il faut bien
20:01s'en rendre compte,
20:02c'est une question de vie
20:03ou de mort aujourd'hui.
20:04Donc aujourd'hui,
20:05nous devons collectivement agir
20:06pour faire en sorte
20:07qu'en tant que parents,
20:09en tant qu'enfants,
20:09en tant que personnes,
20:10tout simplement,
20:11nous ne nous sentions pas seuls
20:12face à ces machines-là.
20:13Il a utilisé des termes
20:14qui sont très justes
20:15et très nuancés
20:16à contribuer à son isolement.
20:17On le sait bien,
20:18la situation d'isolement
20:19qui précède l'exposition
20:21aux réseaux sociaux
20:22est un facteur
20:23très grave potentiellement
20:24pour certaines personnes.
20:26Donc nous,
20:26en tant que société,
20:28en dehors de nos écrans,
20:29nous devons absolument
20:30créer ces espaces.
20:31C'est comme un piège
20:31qui se renferme.
20:32Exactement,
20:33c'est une spirale
20:34qui est très très mauvaise
20:35en fait
20:35et qui naît aussi
20:36d'un certain terreau.
20:37Et il faut bien le reconnaître,
20:39nous avons un travail
20:39à faire sur nous-mêmes aussi
20:41sans jamais disculper
20:42d'avancée plateforme.
20:43Nous avons un travail
20:44de résistance à faire
20:45de notre côté.
20:46Sylvie-Pierre Brossel.
20:46Oui, mais il faut réguler.
20:48Qu'est-ce qu'on attend ?
20:49Combien de morts ?
20:50Enfin, c'est invraisemblable.
20:51Ça fait des années
20:52qu'on constate les ravages
20:54des réseaux sociaux
20:55et en particulier de TikTok
20:56sur les plus jeunes cerveaux.
20:58On sait le mal que ça fait.
21:00On sait toutes les victimes
21:03que ça crée
21:04et on est encore là
21:06à discuter
21:06de est-ce qu'on peut,
21:07est-ce qu'on doit interdire
21:08et comment est-ce qu'on fait
21:09techniquement.
21:10Écoutez, il y a des pays
21:11qui savent le faire.
21:12Certes, ils sont un peu
21:13dictatoriaux,
21:13malheureusement,
21:14comme la Chine.
21:15Mais enfin,
21:15quand on veut interdire,
21:16on interdit.
21:16Il y a une grande démocratie
21:17qui interdit les réseaux sociaux
21:19au moins de 16 ans,
21:20c'est l'Australie.
21:21Ce n'est pas une dictature
21:22que je sache.
21:22On l'allonge en vigueur
21:23au mois de novembre.
21:24Oui, et bien, voilà.
21:25Et ils viennent même
21:26en plus d'intérieur
21:27YouTube aussi
21:28au moins de 16 ans.
21:29Jean-Claude,
21:30votre regard là-dessus.
21:31J'ai l'air un peu autoritaire
21:32mais je suis lassée.
21:34Quand j'étais au CSA,
21:35je commençais déjà
21:36à mettre en garde.
21:37Quand j'étais au HCE,
21:38le Haut Conseil à l'égalité,
21:39j'ai fait un rapport
21:40sur le porno
21:41pour dire
21:41il y a des scènes épouvantables,
21:43il faut absolument
21:44les interdire.
21:45On a réussi à faire voter
21:46une loi
21:46pour permettre à Pharos
21:47de les retirer.
21:48Mais quand on veut,
21:49on peut.
21:50Et d'ailleurs,
21:50sur la limite d'âge
21:51pour le porno,
21:51ça a enfin,
21:53après des années de lutte,
21:54on est arrivé.
21:54Donc, interdisons TikTok
21:56et tout le reste.
21:57Si, effectivement,
21:58on dit
21:58on interdit TikTok,
21:59il y en a un autre
21:59qui naîtra,
22:00interdisons-le aussi.
22:01Et prenons des sanctions
22:02monétaires en cash
22:05énormes.
22:06Et à ce moment-là,
22:07la loi de l'argent
22:08jouera son rôle.
22:08Si c'est aussi simple que ça,
22:09Jean-Claude,
22:10pourquoi on ne le fait pas ?
22:11Non, mais déjà,
22:11la France l'a fait.
22:12Déjà.
22:13Ensuite, la France a ce rôle
22:14de locomotive au niveau européen
22:15qui est très important.
22:17Et c'est vrai qu'il y a eu
22:17ce choix au niveau européen
22:18et notamment de la part
22:21une loi qui date de 2023.
22:23Oui, de la loi Marc-Angeli.
22:24Et puis ensuite,
22:24on peut même...
22:25Est-ce qu'elle est appliquée
22:25cette loi ?
22:26Non, non, aujourd'hui, non.
22:26Et puis, quand on voit
22:27les dispositifs techniques
22:28qui sont mis en place,
22:29il y en a beaucoup
22:30qui sont problématiques.
22:31On peut voir ça
22:31d'un côté positif
22:32en disant que ce sont des avancées.
22:34On peut voir d'un côté négatif
22:35le discours sur la régulation.
22:37Je suis très content
22:38de l'entendre.
22:39Et c'est très important
22:40de se dire
22:41qu'on va continuer
22:42à mettre le pied à l'étrier
22:43parce que là,
22:44il y a une entité à forcer
22:46quand même.
22:46C'est la Commission européenne.
22:48Et la France doit continuer
22:49à jouer ce rôle-là.
22:50Et sinon,
22:50on ira devant les tribunaux
22:51encore une fois.
22:52Encore et encore.
22:53Mais la présidente,
22:54juste un mot,
22:54la présidente de la Commission européenne,
22:56Ursula von der Leyen,
22:57elle en a parlé hier
22:57dans son discours
22:58de politique générale.
22:59Elle dit, voilà,
23:00il faut envisager
23:00la même interdiction
23:02que l'Australie.
23:02C'est juste des belles paroles ?
23:04Oui, non, mais il faut
23:04envisager beaucoup plus aussi.
23:06C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
23:07dire on va interdire
23:08au moins de 16 ans
23:08ou au moins de 15 ans,
23:09ce n'est pas touché
23:10au business model.
23:10Ce n'est pas touché
23:11à la structure,
23:12ce n'est pas touché
23:12au monopole sur la recommandation.
23:14Il y a un côté
23:14un petit peu scandaleux
23:15de se contenter aussi
23:16de ces déclarations-là.
23:17Non, il y a un modèle
23:18structurel
23:19sur lequel nous n'avons
23:20aucun pouvoir
23:21et sur lequel nous devons
23:21pouvoir agir.
23:22Patricia Lémonia.
23:22On ne peut qu'applaudir
23:24à ça, mais néanmoins,
23:25sur ce côté-là,
23:26effectivement,
23:27les Chinois,
23:27la Chine interdit
23:28à sa population
23:30et aux jeunes
23:31d'avoir accès
23:31aux portables
23:32et aux réseaux sociaux.
23:33Donc, effectivement,
23:34c'est plus facile
23:34en Chine qu'en France.
23:36C'est difficile
23:37de comparer la Chine
23:37avec nos démocraties.
23:39En tout cas,
23:39celui qui produit
23:40ce modèle,
23:41en quelque sorte,
23:42l'interdit chez lui.
23:43Mais je ne dirais pas ça.
23:44Je dirais là,
23:45on parle des cas
23:46les plus dramatiques
23:47d'enfants
23:47qui vont jusqu'au suicide
23:48parce que cet algorithme,
23:49vous savez,
23:50elle vous pousse,
23:51elle vous propose
23:52tous les sujets
23:53que vous regardez
23:54le plus longtemps.
23:55C'est-à-dire,
23:56si vous regardez longtemps
23:57une danseuse du ventre,
23:58elle ne va vous proposer
23:58que des danseuses.
23:59Si vous dites
24:00j'ai mal au cœur
24:01ou je ne me sens pas bien,
24:01elle va vous proposer
24:02de plus en plus
24:03ce genre de sujet.
24:04Je simplifie à l'extrême
24:06pour les auditeurs
24:07et téléspectateurs.
24:08Mais ça va bien au-delà
24:10parce que ça tue aussi
24:13la créativité.
24:15Quand vous passez
24:154 heures, 5 heures
24:17de votre cerveau
24:18à regarder des images
24:20comme ça,
24:21vous ne pensez plus
24:22aux solutions
24:23que pourrait vous poser
24:24un simple problème
24:25comme réparer sa chaussure
24:27ou son ordinateur.
24:29Quand vous passez
24:29des heures absorbées
24:31par d'autres réseaux
24:32que TikTok
24:33et quand vous passez
24:34des heures sur l'IA,
24:35tout le monde le sait maintenant.
24:37C'est la créativité en moins,
24:38c'est donc aussi
24:39les parents à éduquer.
24:41Il n'y a pas que les ados.
24:42Je suis complètement d'accord
24:43et je pars sous votre contrôle.
24:45L'un des problèmes aussi
24:45c'est le fait de scroller
24:46à l'infini
24:48de faire des filets de vidéos
24:49ou l'algorithme de TikTok
24:51qui est particulièrement dramatique
24:52et la modération de TikTok
24:54aussi est dramatique.
24:55En plus, TikTok
24:56mais comme Instagram
24:56qui appartient à Facebook
24:57se dédouane complètement.
24:59C'était le cas aussi
25:00pour les autres...
25:02TikTok rejette d'ailleurs
25:02catégoriquement ce sont leurs mots
25:04la présentation
25:05qui est faite dans ce rapport
25:06en disant
25:06nous on met déjà
25:07des messages de prévention
25:08on fait le boulot.
25:09Ils m'ont dit
25:09à la représentation nationale
25:10c'est-à-dire aux députés
25:11qui ont fait ce rapport
25:12aujourd'hui sur TikTok.
25:15D'ailleurs je vous pose
25:16une question.
25:16Qu'est-ce qu'on peut faire
25:17contre ces grandes plateformes
25:20avec ces grosses boîtes derrière
25:21qui elles se dédouanent
25:22soit sur les opérateurs téléphoniques
25:24soit aussi sur Apple et Google
25:26en disant
25:26c'est les App Store,
25:27c'est à eux.
25:28Quelles sont nos armes en fait ?
25:30Déjà ne pas tomber dans le piège
25:31et vous faites bien de mentionner ce fait
25:32c'est-à-dire que le contrôle technique
25:34de l'âge
25:34nous entraîne tout de suite
25:35sur un toboggan
25:36disons
25:37où ils vont se renvoyer la balle
25:38entre acteurs du monde économique.
25:39Nous déjà
25:40il y a les procédures judiciaires
25:41et le HCE
25:42a bien mis en exergue
25:43qu'il y avait des dispositions
25:44dans notre droit
25:45à mobiliser.
25:46la ministre a mobilisé
25:47l'article 6.3
25:48de la loi pour la confiance
25:49dans l'économie numérique
25:49qui invite en fait
25:50Clara Chapaz
25:51à initier une procédure
25:54en référé
25:54c'est-à-dire une procédure
25:55devant un juge unique
25:56une procédure en urgence
25:57qui permettra
25:58on l'espère
25:59du moins
25:59de mettre une pression
26:01très très forte
26:01jusqu'à considérer
26:02pourquoi pas dans certaines procédures
26:03ça a été initié par des collectifs
26:05que ces plateformes
26:06sont des éditeurs
26:07et donc là
26:08on revient sur le modèle
26:09c'est-à-dire
26:10non pas forcément
26:10toutes les plateformes
26:11etc.
26:12mais celles
26:12pour lesquelles
26:13la recommandation
26:14est un fait déterminant
26:15pour ce que nous voyons
26:17oui
26:17il y a un moment
26:18où il faut considérer
26:19ces plateformes
26:20comme entièrement responsables
26:20Non mais cette hypocrisie
26:21de dire que ce sont
26:22des simples hébergeurs
26:23alors qu'ils mettent
26:24les algorithmes
26:25qui font des ravages
26:27c'est invraisemblable
26:29et c'est vrai
26:29qu'on peut saisir la justice
26:31et qu'ils ont une responsabilité
26:32il faut absolument
26:34aller dans ce sens
26:35et par exemple
26:36là je félicite
26:37les parlementaires
26:37il y en a
26:38Arthur Delaporte
26:39lui il a saisi
26:39grâce à l'article 40
26:40la justice
26:41on va l'entendre
26:41dans un instant
26:42c'est évident
26:43qu'il y a
26:44un vrai problème
26:45écoutez
26:45est-ce qu'on laisserait
26:46la télévision
26:46ou la presse
26:47développer ce genre
26:48de propos
26:49ou d'incitation
26:50non
26:51alors pourquoi
26:51est-ce que sur le numérique
26:52ça passe
26:53il n'y a pas de raison
26:54on va poursuivre la discussion
26:55en seconde partie
26:56des informés
26:56dans un instant
26:5720h31
26:58une minute
26:59l'info
27:04sur France
27:05la France
27:07on se mobilise
27:07trois rafales
27:08pour contribuer à la protection
27:09de l'espace aérien polonais
27:11et plus généralement
27:12de l'est de l'Europe
27:13Emmanuel Macron
27:14l'annonce ce soir
27:15au surlendemain
27:16de l'intrusion de drones
27:17dans le ciel polonais
27:18dont certains ont été abattus
27:20la Russie
27:20assure n'y être pour rien
27:22sans convaincre
27:23l'OTAN
27:23ni l'Union Européenne
27:24sur fond de guerre
27:25en Ukraine
27:26Benjamin Netanyahou
27:27lui affirme
27:28qu'il n'y aura pas
27:29d'état palestinien
27:30et il le déclare
27:31lors d'une cérémonie
27:31de signature
27:32d'un important projet
27:33de colonisation
27:34en Cisjordanie occupée
27:36le Premier ministre israélien
27:37fait cette annonce
27:3811 jours
27:39avant que cette proposition
27:40de reconnaître la Palestine
27:42soit débattue
27:43en Assemblée Générale
27:44des Nations Unies
27:45au lendemain de l'opération
27:47Bloquantou
27:48le ministre des Transports
27:49fait ce constat
27:50sur France Info
27:51la mobilisation du 18
27:52jeudi prochain
27:53sera beaucoup plus forte
27:54que celle d'hier
27:56Philippe Tabarro
27:56redoute une journée noire
27:58dans les transports
27:59à commencer par le train
28:00mais aussi le secteur
28:01de l'aérien
28:02la France
28:03toujours traversée
28:04par un vent d'incertitude
28:05et notamment politique
28:06cela n'empêche pas
28:07l'INSEE
28:08de revoir à la hausse
28:09sa prévision de croissance
28:10elle était de 0,6%
28:12elle passe désormais
28:13à 0,8%
28:14les Français restent
28:15de gros épargnants
28:16des secteurs
28:17marchent bien
28:18le tourisme
28:19l'agriculture
28:19ou encore l'immobilier
28:21et l'aéronautique
28:22une photo avec un homme
28:23portant casquette
28:24et des lunettes noires
28:25c'est ce qui est montré
28:26aux Américains
28:27depuis quelques heures
28:28la photo du tueur
28:29présumé de Charlie Kirk
28:30l'influenceur
28:31de la droite radicale
28:32assassiné hier
28:33en plein meeting
28:34sur un campus de Louta
28:35la police
28:35affirme avoir également
28:37retrouvé l'arme du crime
28:38et puis Jonas Vingegaard
28:40toujours leader
28:40ce soir de la Vuelta
28:4118e étape
28:42du tour cycliste d'Espagne
28:44une nouvelle fois
28:45écourtée
28:45cela n'a pas empêché
28:46à Valladolid
28:47deux militants
28:48pro-palestiniens
28:49d'enjamber les barrières
28:50pour tenter de bloquer
28:51le passage
28:52d'un coureur
28:53de l'équipe
28:53Israël
28:54première tech
28:55France Info
28:5720h 21h
29:00France Info
29:01les informés
29:02Victor Mathais
29:04avec ce soir
29:04Sylvie-Pierre Brossolet
29:05éditorialiste au point
29:07Erwan Brucker
29:08du service politique
29:08de l'Express
29:09Patricia Lémonière
29:10grand reporter
29:10Stéphane Zumstek
29:12directeur du département
29:13opinion d'Ipsos
29:15et Jean Catan
29:15secrétaire général
29:16du conseil national
29:18du numérique
29:19co-auteur
29:19de Nous sommes
29:20les réseaux sociaux
29:21nous parlions de ce rapport
29:22sur les effets psychologiques
29:24de TikTok
29:24auprès des jeunes
29:25effets très néfastes
29:26d'après ce texte
29:28parlementaire
29:29et nous évoquions
29:29les solutions
29:30responsabiliser
29:31les utilisateurs
29:32faire pression
29:33directement sur les réseaux
29:34vous l'évoquiez
29:35Sylvie
29:35le député socialiste
29:36Arthur Delaporte
29:37président de cette commission
29:39veut passer
29:39par la voie judiciaire
29:40pour moi
29:42à l'issue de la commission
29:43le constat est sans appel
29:44TikTok a délibérément
29:46mis en danger
29:47la santé
29:48la vie
29:49de ses utilisateurs
29:50c'est pourquoi
29:51j'ai décidé
29:51de saisir
29:52la procureure
29:53de la république
29:54de Paris
29:55avec ce qu'on appelle
29:55un article 40
29:56du code de procédure pénale
29:57s'attaquer au plan judiciaire
29:59à TikTok
30:00Stéphane Zumstek
30:01c'est peine perdue
30:02non moi je pense pas
30:03je pense pas
30:04je reviens à l'opinion
30:05à mon métier
30:05des enquêtes
30:06il y en a plein
30:07qui ont été réalisées
30:08sur le sentiment
30:09qu'avaient les français
30:09les sentiments de citoyens
30:11d'autres pays du monde
30:12on a notamment réalisé
30:13une grande enquête mondiale
30:14dans une trentaine de pays
30:15on a tout simplement demandé
30:16est-ce que vous êtes favorable
30:17ou opposé
30:19à l'interdiction
30:19des réseaux sociaux
30:20avant 14 ans
30:22en France
30:22c'est 80%
30:23qui sont favorables
30:24à cette interdiction
30:26c'est-à-dire le pays
30:27où les
30:28alors on va parler
30:29de radicalité peut-être
30:30mais le pays
30:30où la part de la population
30:32est la plus nombreuse
30:33à être pour cette interdiction
30:34ça c'est très clair
30:35et parallèlement
30:36on avait réalisé
30:37une enquête
30:37pour une association
30:38qui travaille sur le bien-être
30:39sur le bien-être
30:40des adolescents
30:41c'est notre avenir à tous
30:42on a demandé à des jeunes
30:43à des enfants
30:44et à des adolescents
30:44de 11 à 17 ans
30:45combien de temps
30:46ils passaient
30:46sur les écrans
30:47pas les réseaux sociaux
30:47sur les écrans
30:48on peut considérer
30:48que les réseaux sociaux
30:49occupent une partie importante
30:50de ce temps
30:515h30 par jour
30:525h30 par jour
30:53dont un temps important
30:55le soir ou la nuit
30:56quand les parents
30:56ne sont pas là
30:57pour surveiller avec
30:58les conséquences
30:59sur le sommeil
31:00extrêmement importantes
31:01et on sait que le manque
31:02de sommeil
31:03c'est l'un des principaux
31:04facteurs déclenchant
31:05notamment des troubles
31:06liés à l'anxiété
31:07les parents justement
31:08Jean Catan
31:09il ne faut pas oublier
31:09que finalement
31:10les français
31:11les françaises aujourd'hui
31:12et puis dans le monde entier
31:13aussi de 40-50 ans
31:14c'est la première génération
31:15de parents
31:15qui se retrouvent confrontés
31:16à ce phénomène
31:17des réseaux sociaux
31:18et à la gestion
31:19avec leurs enfants aussi
31:20et puis avec une relation
31:21un peu difficile
31:22qui est qu'à l'époque
31:22où nous avions accès
31:24à des outils numériques
31:25ils n'étaient pas aussi
31:26prédatoriaux justement
31:27et donc il y a cette ambivalence
31:29on les utilise aussi
31:30donc c'est là où il faut
31:32en faire une question collective
31:33mais même en dehors
31:34du cercle familial
31:35et de construire
31:36un tissu social
31:37qui permette
31:38d'absorber cette volonté
31:40de ces entités économiques
31:41de capter notre attention
31:42ce que vous disiez tout à l'heure
31:43est absolument fondamental
31:44à mon sens
31:45parce que si on prend en compte
31:46ces chiffres là
31:47ça veut dire qu'il reste
31:47deux heures pour un espace
31:48de créativité potentielle
31:50en dehors de l'espace
31:51des rêves la nuit
31:51qui sont du coup teintés
31:53de peut-être ce qu'on a
31:53ingurgité pendant la journée
31:54donc là on a un vrai problème
31:56comment laisser libre
31:57aussi dans notre société
31:58c'est là où ça dépasse
31:59largement la plateforme
32:00des espaces d'émergence
32:01de soi
32:02de construction collective
32:03il faut évidemment
32:05sanctionner aussi
32:06les propos
32:07les séquences
32:08les vidéos
32:09nocives
32:10et illégales
32:11je veux dire
32:11quand c'est des propos
32:13masculinistes
32:15appel au viol
32:16incitation au suicide
32:19suicide mode d'emploi
32:21c'est totalement
32:22c'est complètement illégal
32:23et je ne comprends pas
32:24pourquoi on n'a pas plus
32:26de plaintes
32:28qui sont portées
32:28mais maintenant peut-être
32:30qu'il faudrait qu'une sanction
32:31soit prévue par la loi
32:32qui fait qu'il y a d'abord
32:33une grosse sanction financière
32:35et s'il y a récidive
32:36on coupe le signal
32:37on peut toujours couper
32:38le signal
32:39d'une plateforme
32:40qui ne correspond pas
32:41aux critères de la loi
32:42et au respect
32:43des valeurs
32:44humaines
32:46Jean Catton
32:47oui et j'insiste
32:48le blocage judiciaire
32:49existe potentiellement
32:50dans des procédures civiles
32:51qui ne sont pas
32:52la procédure pénale
32:53là ce qui a été évoqué
32:54tout à l'heure
32:54c'est la procédure pénale
32:55il faut évoquer
32:56la procédure civile
32:57et le fait que dans une loi
32:58qui date de 2004
32:58qui a été souvent mise à jour
32:59on a des procédures
33:01de blocage potentiel
33:02dans certains cas
33:02particulièrement dramatiques
33:03et notamment
33:04la pédopornographie
33:05et son exposition
33:06à tous les publics
33:07ou l'exposition
33:07de la pornographie
33:08aux mineurs
33:09qui est un délit
33:09quand même
33:10il faut le rappeler
33:10et qui est aussi susceptible
33:12d'entraîner des formes
33:13de blocage
33:13on a le sentiment
33:14qu'on a tous les outils
33:14en fait finalement aujourd'hui
33:16complètement
33:16ça c'est certain
33:17mais il y a une frilosité
33:19pour les utiliser
33:20qui montre le poids
33:21des lobbies
33:21de ces plateformes
33:22n'oubliez pas
33:23qu'ils ont des milliards
33:24ils payent des avocats
33:28dans tous les sens
33:29ils se battent comme des chiens
33:30dès qu'on veut restreindre
33:31leur soi-disant
33:31liberté d'expression
33:33et donc c'est compliqué
33:34mais aussi
33:34nos hommes politiques
33:36utilisent beaucoup
33:37ces plateformes
33:37il ne faut pas l'oublier
33:38et donc Trump
33:40ces messages de haine
33:41qui se déversent
33:43sur les plateformes
33:43avec toutes les magas
33:44ça aussi c'est important
33:45et donc dans le contrôle
33:46Jordan Bardella en France
33:47notamment
33:48et voilà
33:48Jordan Bardella
33:48mais au-delà
33:49du drame des adolescents
33:52moi ce que je voudrais dire
33:53c'est qu'on court
33:54à un drame
33:55beaucoup plus long
33:56et à plus long terme
33:57c'est un drame
33:58sur nos cerveaux
34:00c'est-à-dire
34:00le cerveau de nos gosses
34:02il va être atrophié
34:04il va être atrophié
34:05sur le plan
34:05de la réflexion
34:06et de la pensée
34:07je pense que
34:07je ne suis pas extrémiste
34:08en disant ça
34:09c'est-à-dire que
34:10moins ils réfléchissent
34:12ils ont du temps libre
34:13pour penser
34:14souvenez-vous
34:15ce qu'avait dit
34:15un grand patron de chaîne
34:16en parlant de Coca-Cola
34:18on leur achète
34:19du temps de cerveau
34:20et bien là
34:21on leur tue
34:22le temps de cerveau
34:22et dans les entreprises
34:24et le monde
34:24de l'entrepreneuriat
34:25j'en finirai par là
34:26commencent à s'inquiéter
34:27parce qu'ils se sont aperçus
34:28que dans les entreprises
34:29et bien finalement aussi
34:31les cadres
34:31et les employés
34:33ils regardent un peu
34:33et ça fait baisser
34:35imaginez-vous le PIB
34:36alors peut-être
34:37que le monde
34:37de l'économie
34:39va s'intéresser
34:40à cette chute du PIB
34:41pour soutenir
34:42les initiatives
34:43que vous prenez
34:44mais regardez comment
34:44Trump a défendu Google
34:46la commission européenne
34:47a voulu donner des sanctions
34:48Trump a menacé
34:49de nous mettre
34:49des droits de douane
34:50si on touchait à Google
34:51on voit le pouvoir
34:52de ces mastodontes
34:53c'est redoutable
34:54allez le temps file
34:55l'actualité politique
34:57à présent le temps
34:57de remercier
34:58Jean Catton
34:59d'être venu ce soir
34:59dans les informés
35:00secrétaire général
35:01du conseil national
35:02du numérique
35:03votre livre
35:03nous sommes les réseaux sociaux
35:05on vous libère
35:05merci à vous d'être venu
35:07l'actualité politique
35:08et le nouveau premier ministre
35:10qui poursuit ses consultations
35:11dans l'idée de trouver
35:12un compromis sur le budget
35:13avant de former son gouvernement
35:14Sébastien Lecornu
35:15qui a promis hier
35:16un changement de méthode
35:17il commence pourtant
35:19par un grand classique
35:20en quelque sorte
35:21Sylvie-Pierre Brossolette
35:22nous dira pourquoi
35:23consultez Nicolas Sarkozy
35:25elle est où la rupture
35:25Erwann Bruecker ?
35:27la rupture avec Nicolas Sarkozy
35:28en tout cas elle n'est pas là
35:29ça mais on pouvait
35:30la rupture dans la méthode
35:31la rupture promise
35:32on ne pouvait pas tellement
35:32s'attendre à autre chose
35:33de la part de Sébastien Lecornu
35:34c'est-à-dire qu'ils se sont connus
35:35à l'UMP
35:35il a commencé très jeune
35:37Lecornu
35:38c'était un petit espoir
35:39de l'UMP
35:39au moment où Nicolas Sarkozy
35:41était aussi président de la République
35:42donc il y a un peu un rituel
35:43de la part de ces hommes politiques
35:45de droite
35:45d'aller se faire un peu adouber
35:51le premier ministre
35:51qui vient d'être nommé
35:52c'est une tradition ?
35:53c'est assez rare
35:53non c'est pas une tradition
35:54c'est une tradition
35:55pour les responsables politiques
35:56de droite
35:56effectivement je suis assez étonné
35:57du fait qu'il soit allé aussi vite
35:59dans le bureau de Nicolas Sarkozy
36:00une fois nommé à Matignon
36:01bon ça c'est autre chose
36:02pour ce qui est de la rupture
36:03à mon avis la rupture
36:05elle va être en tout cas
36:05vis-à-vis de François Bayrou
36:07elle va être de faire
36:08beaucoup plus de compromis
36:10avec les socialistes
36:11on en parlera peut-être
36:12c'est en tout cas quelque chose
36:14un dossier sur lequel
36:15Sébastien Lecornu
36:15s'est penché depuis bien longtemps
36:17depuis mi-août environ
36:18quand François Bayrou
36:20s'est quasiment auto-suicidé
36:21suicidé politiquement
36:23en appelant
36:24vote de confiance le 8
36:25Sébastien Lecornu
36:25avait déjà commencé
36:26à parler avec les socialistes
36:27commencé aussi à parler
36:29avec le socle commun
36:29pour voir s'il y avait
36:30des brèches
36:31et des négociations possibles
36:32Nicolas Sarkozy
36:33qui a vu Sébastien Lecornu
36:35l'ancien chef de l'État
36:36qui il n'y a pas si longtemps
36:37a étrier François Bayrou
36:39et Emmanuel Macron
36:40dans une interview
36:41au Figaro
36:42Stéphane Zumstek
36:43quel conseil
36:44Nicolas Sarkozy
36:45a pu donner aujourd'hui
36:45à Sébastien Lecornu ?
36:47Merci pour la question
36:48Non mais
36:50ce que je trouve intéressant
36:51dans cette démarche
36:52en tout cas notable
36:53il faut le remarquer
36:54c'est qu'il faut y voir
36:55à mon avis
36:56un geste d'humilité
36:57en tout cas la volonté
36:58d'afficher une certaine humilité
36:59de la part du nouveau Premier ministre
37:00c'est qu'il va dans les locaux
37:01du Président de la République
37:02après tout
37:02à Matignon
37:03on peut convoquer les gens
37:05je ne sais pas si Nicolas Sarkozy
37:06aurait répondu
37:07à une convocation
37:08ou à une demande de rendez-vous
37:09du Premier ministre
37:10mais là
37:10on le voit bien
37:11moi je pense que
37:12ça peut être vu comme une révérence aussi
37:14de l'humilité
37:15mais aussi une forme de révérence
37:16Après sur l'efficacité politique du geste
37:18est-ce que Nicolas Sarkozy pèse encore
37:20est-ce que c'est utile
37:20en termes d'image
37:21que Sébastien Lecornu
37:22veuille avoir des conseils
37:24d'un ancien président de la République
37:25qui a été politiquement
37:26un homme politique très roué
37:27et qui a forcément
37:28des conseils très très avisés
37:29à donner à ses successeurs
37:31et au reste de la classe politique
37:32je n'en doute pas
37:33en revanche
37:33je pense que
37:35là
37:35imaginez que Nicolas Sarkozy
37:38jouerait encore à rôle
37:40ou aurait encore une influence
37:41ou serait encore une sorte de totem
37:44de l'époque
37:45où la droite gagnait
37:46auprès de l'électorat de droite
37:47auprès de l'électorat républicain
37:49ça permettait moi d'en croire
37:50d'en douter
37:51Nicolas Sarkozy
37:54il a été sèchement boitu
37:55à la primaire des LR
37:56quand il a voulu se représenter
37:57il a fini 3ème
37:57derrière Juppé et Fillon
37:59c'était en 2016
38:00en décembre 2016
38:01et depuis
38:01beaucoup de choses se sont passées
38:03son rapprochement
38:04avec Emmanuel Macron
38:06et quelque chose
38:07qui était très mal passé
38:07auprès de l'électorat de droite
38:09l'attitude assez peu élégante
38:10vis-à-vis de la candidate
38:11du parti Valérie Pécresse
38:13lors de la dernière élection présidentielle
38:14Cémi Pierre Brossolèche
38:15En revanche
38:15il a fait une déclaration
38:17au Figaro
38:18quand même
38:19très remarquée
38:20sur la nécessité
38:22de considérer
38:23le Rassemblement National
38:24comme faisant partie
38:25de l'arc républicain
38:26c'est la première fois
38:27qu'un homme politique
38:28de ce niveau
38:29c'est quand même
38:29un ancien chef de l'État
38:30quoi qu'on dise
38:31de ses défauts
38:33et de son côté passé
38:34mais c'est quand même
38:37une avancée notable
38:38et ce n'est pas totalement neutre
38:39que le nouveau Premier ministre
38:41dont on dit
38:42qu'il a des rapports corrects
38:43avec le Rassemblement National
38:44aille baiser la babouche
38:46le premier ancien chef de l'État
38:48qui intègre tout d'un coup
38:52le Rassemblement National
38:53dans l'arc républicain
38:53ce que Emmanuel Macron
38:56continue de refuser à faire
38:57il a bien chargé
38:58son nouveau Premier ministre
38:59ça veut dire que Nicolas Sarkozy
39:00il pèse encore aujourd'hui
39:01dans l'optique
39:02de trouver des compromis
39:03avec la droite
39:04le centre
39:04l'extrême droite
39:05c'est en tout cas symbolique
39:06de la part de Lecornu
39:07c'est un clin d'œil
39:08qu'il fait au Rassemblement National
39:09même s'il ne va pas négocier
39:11avec eux
39:11c'est quand même un clin d'œil
39:12et pour le reste
39:13je pense que la fameuse rupture
39:15dont parle le Premier ministre
39:18aujourd'hui
39:18où il l'a cité
39:20dans sa très courte
39:22passation de pouvoir
39:22c'est qu'il doit devoir
39:24finalement céder
39:25sur les fameux tabous
39:26de la politique de l'offre
39:28qui était celle
39:29d'Emmanuel Macron
39:30pour Emmanuel Macron
39:31c'est plus facile
39:32d'avaler la couleur
39:33l'œuvre quand c'est un proche
39:34qui vous l'a fait avaler
39:35la potion amère
39:36et puis ils vont
39:37la concocter ensemble
39:39François Bayrou
39:40c'était un proche aussi
39:40non François Bayrou
39:42c'est imposé à lui
39:43il n'en voulait pas
39:44comme Premier ministre
39:44donc on ne peut pas dire
39:45qu'ils étaient
39:46les deux doigts de la main
39:47depuis le début
39:49je pense qu'Emmanuel Macron
39:51voulait nommer
39:52le Cornu
39:54qui est prêt
39:55qui a son idée
39:55sur les compromis
39:56qu'il faut faire valoir
39:58et donc pour le Cornu
40:00je pense qu'Emmanuel Macron
40:02acceptera d'avaler
40:03une partie
40:04de son chapeau
40:05Patricia Lémanière
40:06oui alors très rapidement
40:07effectivement
40:07on ne sait pas
40:08ce qu'ils se sont dit
40:09le président
40:10et le Cornu
40:10dans cette longue soirée
40:11qu'ils ont passé
40:12avant le soir
40:14de la nomination
40:15donc on aurait tous aimé
40:16je pense ici
40:17être petite souris
40:18pour le savoir
40:19mais néanmoins
40:20je trouve que
40:21ce geste
40:22de se déplacer
40:24auprès
40:25de Nicolas Sarkozy
40:26est quand même
40:27un peu lourd de conséquences
40:29vis-à-vis
40:30du Parti Socialiste
40:31ça ne peut faire
40:32que monter
40:32un peu plus
40:33selon moi
40:34ce qu'il va falloir
40:35donner
40:35en échange
40:36quand même
40:37au Parti Socialiste
40:38parce qu'aller
40:38faire sa révérence
40:40ou baiser les babouches
40:41comme vous le dites
40:41très justement
40:42effectivement
40:43le Parti Socialiste
40:44peut se dire
40:44moi je vais faire monter
40:46les enchères
40:47Juan Bruca
40:47c'est un drôle de signal
40:48envoyé au PS
40:49c'est pour ça
40:50que je dis
40:50que je ne comprenais
40:51pas très bien la manœuvre
40:52parce que
40:53en réalité
40:53je pense qu'on n'y en atteindra
40:54pas rigueur
40:55encore plusieurs semaines
40:56parce qu'il y a
40:57d'autres chats à fouetter
40:58le budget à préparer
40:59etc
40:59mais effectivement
41:00le boulot de Sébastien Lecornu
41:02là c'était
41:02de se mettre
41:03ni dans les mains
41:04de LFI
41:04ni dans les mains
41:05du RN
41:05et effectivement
41:06Nicolas Sarkozy
41:07avec ses déclarations
41:08sur Bardella
41:09aussi
41:09sur le fait
41:10qu'il le trouvait
41:10en tout cas
41:12bon politique
41:12et qu'il l'accueillit
41:13dans son bureau
41:14aussi
41:14c'était une première
41:14c'est pas un excellent signal
41:17là pour négocier
41:18avec les socialistes
41:18alors que
41:19ça partait plutôt bien
41:20c'est à dire que
41:21Sébastien Lecornu
41:22avait Olivier Faure
41:23et d'autres socialistes
41:24au téléphone
41:25ça se passait plutôt bien
41:26alors on dit que
41:28Sébastien Lecornu
41:28est un homme politique
41:30aguerri
41:31expérimenté
41:31malgré ses 39 ans
41:32là j'avoue
41:33que je comprends
41:34assez mal la manœuvre
41:34comment il va pouvoir
41:36négocier avec les socialistes
41:38Sébastien Lecornu
41:39la facture va être
41:40très très chère
41:40la facture financière
41:41pas forcément
41:42en tout cas
41:42en termes de renoncement
41:44politique
41:44si Sébastien Lecornu
41:47arrive à dégager
41:47un pacte
41:48d'une majorité relative
41:49assez satisfaisante
41:50ou un pacte
41:51de non-censure
41:51de la part des socialistes
41:52ça va coûter très très cher
41:53politiquement
41:54financièrement
41:55ça c'est
41:55chacun jugera
41:56en fonction de ce qu'il pense
41:57de l'intensité des efforts
41:58qu'il faut faire
41:59sur la question budgétaire
42:01mais mettez-vous
42:01à la place du parti socialiste
42:02moi ce qui m'a frappé
42:02lundi dernier
42:03quand François Bayrou
42:05était à l'Assemblée Nationale
42:06c'est la virulence
42:07la virulence
42:08mais au sens
42:09ni négatif
42:10ni positif
42:11du discours du président
42:12du groupe socialiste
42:13Boris Vallaud
42:13les socialistes
42:14ont tellement l'impression
42:15d'avoir été roulés
42:16dans la farine
42:17avec le conclave
42:19il n'y aura ni totem
42:21ni tabou
42:21les partenaires sociaux
42:22négocieront
42:23et le texte
42:23qui sortira
42:24passera au Parlement
42:25et quelques semaines après
42:26quelques semaines après
42:27le début du conclave
42:28pardon
42:28avec une certaine nonchalance
42:30et à mon avis
42:30très travaillée
42:31le premier ministre
42:32de l'époque
42:32François Bayrou
42:32expliquant que
42:33de toute façon
42:33on ne reviendra pas
42:35sur l'âge de la retraite
42:37à 62 ans
42:38l'âge de départ
42:39mettez-vous
42:39à la place du parti socialiste
42:40qui avait pris
42:41un énorme risque électoral
42:42auprès
42:43des sympathisants
42:45du centre gauche
42:46ou des anciens
42:47sociodémocrates
42:48en se rendant compte
42:48que finalement
42:49ils avaient été victimes
42:50pas d'un guet-apens
42:51mais presque en fait
42:52et que tout ça
42:53n'était fait que pour
42:53acheter du temps
42:54gagner du temps
42:55bon aujourd'hui
42:56on le voit bien
42:56Boris Vallaud
42:57a été très clair
42:58moi ça m'a frappé
42:58non vous n'êtes pas
42:59Mendès France
43:00enfin c'était violent
43:01c'était de la politique
43:02mais c'était quand même
43:03extrêmement virulent
43:04on voit bien là
43:05que les socialistes
43:06ne se feront pas avoir
43:07deux fois
43:08ils sont prêts
43:08je pense sincèrement
43:10à un pacte de non-censure
43:11mais ça va coûter
43:12très très cher
43:12et je ne vois pas comment
43:13au-delà de la fiscalité
43:14il faudra que Macron
43:15que le président
43:16et le premier ministre
43:17lâchent sur la fiscalité
43:19alors ce ne sera peut-être
43:19pas la taxe Zuckman
43:20si le mot Zuckman
43:21est choc
43:23ou est un totem
43:24pour le président de la République
43:24mais ce sera une augmentation
43:26la suppression de certaines niches fiscales
43:27taxer les plus riches
43:28au rappel
43:29mais ce sera taxer
43:31les plus riches
43:32ou les riches en général
43:33je n'en sais strictement rien
43:34mais moi je pense
43:35après avoir un peu critiqué
43:36le président de la République
43:37je pense que
43:38je suis assez optimiste
43:39arithmétiquement
43:41c'est possible
43:42la droite a déjà
43:43rejoint ce socle commun
43:44et le PS a déjà fait
43:45ce fameux bouger
43:46de l'époque
43:46maintenant il faut donner des gages
43:48et ça va coûter plus cher
43:49que ça n'aurait coûté
43:50l'année dernière
43:50à mon avis possible
43:52parce que l'arithmétique
43:53va dans ce sens
43:53il y a deux éléments nouveaux
43:56il y a le droit de dissolution
43:57récupéré par le président de la République
43:59qui est un élément
44:00quand même de pression
44:01sur le parti socialiste
44:02qui a beau
44:03effectivement
44:04parler
44:04je suis tout à fait d'accord
44:05avec vous
44:05de manière très virulente
44:07par la bouche
44:08de Boris Vallaud
44:09et puis Olivier Faure
44:10est assez ferme aussi
44:11ils ont beau
44:13mettre la barre très haut
44:14aussi au point de vue
44:15programmatique
44:15c'était quand même
44:16un peu spectaculaire
44:18ce qu'ils ont proposé
44:19j'ai l'impression
44:21qu'ils se mettent
44:22ils gueulent très très fort
44:24et ils demandent beaucoup
44:25en se disant
44:25ça va nous forcer à tenir
44:27pour pas trop
44:28avoir l'air
44:29de
44:29de pas
44:31obtenir assez
44:32parce qu'ils ont
44:33dans les reins
44:34l'épée
44:34de LFI
44:35et les municipales
44:36qui arrivent
44:36pas simplement
44:37la présidentielle bientôt
44:38mais déjà
44:39les municipales
44:40et que là
44:41il y a un combat
44:42à l'intérieur de la gauche
44:44qu'il va falloir qu'ils gagnent
44:45et qu'ils ne peuvent pas
44:46se permettre
44:46d'avoir l'air
44:47d'être moins à gauche
44:48que LFI
44:48donc tous les pouces
44:49à monter la sauce
44:51en revanche
44:52quand même
44:52il y a le fait
44:53qu'ils ont peur
44:54de la dissolution
44:55et que s'ils vont trop loin
44:56il y a un moment
44:57qui leur serait très défavorable
44:59oui
44:59qui leur serait très défavorable
45:00évidemment
45:00parce que LFI
45:01pour l'instant
45:01est en situation de force
45:03un moment où
45:04peut-être Macron se dira
45:05écoutez
45:05je ne peux pas quand même
45:06manger mon chapeau
45:07à ce point là
45:08je préfère encore
45:09une dissolution
45:09qui m'est bardée là
45:10à Matignon
45:11que d'en passer
45:12à ce point là
45:12par vos fourches codines
45:14donc c'est un équilibre
45:15très très subtil
45:16est-ce que le cornu
45:17à qui on prête
45:18mille qualités
45:19on en avait prêté
45:20à Barnier
45:20on en avait prêté
45:21à Bayrou
45:21maintenant on dit
45:22le cornu
45:23est un très bon négociateur
45:24on va voir
45:24est-ce qu'il va apprécier
45:25jusqu'où il peut ne pas aller
45:27c'est très difficile
45:28c'est le négociateur
45:30d'Emmanuel Macron
45:31c'est-à-dire qu'il a fait
45:31Notre-Dame-des-Landes
45:32il a fait Fessenheim
45:33quand il était au quai
45:34les négociations
45:35sur la question du Hamas
45:37c'est le négociateur
45:38il était déjà là
45:39pendant les gilets jaunes
45:39les gilets jaunes
45:40et puis aussi
45:40le grand débat national
45:41c'est lui qui l'organisait
45:42donc en fait
45:43c'est vraiment
45:44en fait c'est un peu
45:44le dernier choix
45:45d'Emmanuel Macron
45:46avant une dissolution possible
45:47c'est censé être celui
45:48qui va éteindre la lumière
45:49en 2027
45:50et là où je ne suis pas
45:51tout à fait d'accord avec vous
45:52c'est je pense que
45:53Sébastien Lecornu
45:54ne prendra pas de décision
45:55sans qu'Emmanuel Macron
45:56les ait avant ça
45:57confirmé
45:58non mais on est d'accord
45:59Emmanuel Macron
46:01est d'accord avec l'idée
46:02qu'il faut glâcher quelque chose
46:03si le parti seuil
46:05se demande quand même trop
46:06c'est là qu'il faut apprécier
46:08jusqu'où le parti seuil
46:09pour se permettre d'aller
46:10ce sera vu ensemble
46:11parce qu'Emmanuel Macron
46:12a quand même assez mal vécu
46:13les deux dernières périodes
46:14de ses deux anciens premiers ministres
46:16c'est-à-dire qu'il pensait
46:17que Michel Bernier
46:17serait un gentleman
46:18un petit peu
46:19il a vu que c'était
46:19surtout un homme politique
46:20qui faisait un peu ce qu'il veut
46:21et pareil pour Bayrou
46:22où il est un petit peu agacé
46:23par une forme de dilettantisme
46:25donc là
46:25Sébastien Lecornu
46:26c'est un fidèle
46:27par dilet fidèle
46:28et le fait de l'avoir nommé
46:29et aussi vite
46:30montre qu'il a envie
46:31de se remettre dans le jeu
46:31et donc c'est en partie lui
46:33voire beaucoup
46:33qui va prendre des décisions
46:34la potion amère
46:35sera concoctée ensemble
46:36oui bien sûr
46:36mais je pense qu'ils savent déjà
46:39ils se sont pratiquement fait
46:40ils savent
46:40c'est qu'ils vont lâcher
46:41et c'est déjà prêt
46:43la seule chose
46:44c'est de savoir
46:45comment ça se passe
46:46ce lâchage
46:46enfin cette acceptation
46:48d'abandonner
46:50une partie de l'offre
46:51d'abandonner
46:52de taxer les riches
46:53comment on va le faire
46:54et la question
46:55c'est qu'ils se sont mis
46:56je pense complètement d'accord
46:57parce qu'ils ont eu le temps
46:58tout l'été
46:59de concocter
46:59ce sur quoi on pouvait lâcher
47:01mais en face
47:02le parti socialiste
47:03fait monter les enchères
47:05donc finalement
47:06ce que le président
47:07était prêt à lâcher
47:07ne va peut-être pas
47:08être conforme
47:09à ce que les socialistes
47:10veulent obtenir
47:11donc c'est effectivement
47:13toute la différence
47:14qui en ce moment
47:15est en train de se jouer
47:16et ils ne pourront plus
47:18gagner du temps
47:18comme ils ont beaucoup
47:19gagné du temps
47:20le président
47:20avec tous ces conclaves
47:22souvenez-vous
47:22les conclaves
47:23Saint-Denis
47:24la fameuse méthode Macron
47:25pour mettre tout le monde
47:26autour de la table
47:26ça ne marchera plus ça
47:28donc il va falloir
47:29maintenant
47:30apporter des choses
47:31concrètement sur la table
47:33et boucler le budget
47:34nouvelle méthode
47:35et rupture
47:35disait hier
47:36Sébastien Lecornu
47:37à Matignon
47:37à son arrivée
47:38qui appelait aussi
47:39à être créatif
47:39un ancien premier ministre
47:41lui souffle ce jeudi
47:42quelques idées
47:43c'est Alain Juppé
47:43l'ex-maire de Bordeaux
47:44veut que l'on entende
47:45plus les français
47:46redonner davantage
47:48la parole aux français
47:49y compris sur les questions nationales
47:51alors ça peut être
47:52le référendum
47:53à condition
47:53de ne pas monter
47:55des usines à gaz
47:56qui ne peuvent pas fonctionner
47:57il y a dans la constitution
47:58aujourd'hui
47:58un référendum
48:00d'initiative partagée
48:01qui a été
48:01je ne vais pas entrer
48:02dans le détail
48:02conçu pour ne pas fonctionner
48:04et il ne fonctionne pas
48:05donc si on veut
48:06véritablement redonner
48:07la parole aux français
48:08il faut modifier les choses
48:10pour que le référendum
48:12d'initiative populaire
48:13puisse fonctionner
48:14Alain Juppé
48:15ce matin
48:15chez nos confrères
48:16de France Inter
48:17les anciens premiers ministres
48:18y prennent la parole
48:19Dominique de Villepin
48:19sur France Info
48:20ce matin également
48:22Stéphane Zumstek
48:23cela peut faire partie
48:24de la nouvelle méthode
48:25du nouveau chemin
48:26de redonner plus
48:27la parole aux français
48:28on se souvient
48:28qu'Emmanuel Macron
48:29avait annoncé
48:30la redonner en début d'année
48:31on attend toujours
48:32un référendum
48:33quand vous interrogez
48:34les français
48:34et que vous leur demandez
48:35est-ce que vous voulez plus
48:35de démocratie directe
48:36et plus particulièrement
48:37dans le contexte actuel
48:38où ça tourne
48:39à la détestation
48:40par les citoyens
48:41de la classe politique
48:42en général
48:42une défiance considérable
48:44on ne va pas revenir là-dessus
48:45il y a vraiment un fossé
48:46une classe politique
48:46qui ne les représente pas
48:47et qui ne s'intéresse pas
48:48à leurs vrais problèmes
48:49en gros
48:49ce sont les principaux reproches
48:51quand on va vous poser des questions
48:51est-ce que vous êtes plus
48:52pour une démocratie directe
48:53notamment pour des référendums
48:54oui bien sûr
48:55bien sûr
48:56tout le monde
48:57mais ce qui s'est passé
48:59en début d'année
49:00d'abord ça a été
49:01François Bayrou
49:01avant le président de la République
49:02qui a commencé à parler
49:03des référendums
49:04ce qui était là encore
49:05à mon avis
49:06une marque d'émancipation
49:07de volonté du premier ministre
49:09de l'époque
49:09de s'émanciper
49:10quels étaient les thèmes
49:12qui étaient avancés
49:13on parlait d'interdiction
49:14des écrans
49:15on parlait tout à l'heure
49:16on parlait de la fin de vie
49:17on parlait aussi
49:17de la proportionnelle
49:18mais qu'est-ce qui s'est passé
49:19les français se sont dit
49:20mais chiche
49:21nous on a une autre idée
49:21nous sommes pour ça
49:22mais sur quel sujet
49:23et bien sur la réforme des retraites
49:24pour revenir de 64 à 62 ans
49:27et quelque part
49:28le premier ministre
49:29puis le président de la République
49:30se sont trouvés totalement piégés
49:31parce que oui
49:32ils voulaient sortir
49:33ce joker du référendum
49:34ça fait toujours bien
49:35de parler de référendum
49:36et de démocratie directe
49:37mais en fait
49:37c'était pas du tout
49:38sur l'interdiction des écrans
49:39ou sur la proportionnelle
49:40même si les français
49:40sont favorables à la proportionnelle
49:41non c'était
49:42nous on veut choisir notre sujet
49:43et c'est la réforme des retraites
49:44et puis d'un coup
49:45on n'a plus du tout
49:45entendu parler de référendum
49:47Louis-Pierre Brosselette
49:48alors il y a un sujet
49:49qu'on n'a pas encore abordé
49:50dans l'équation
49:50c'est la réaction de la droite
49:51parce que je sais bien
49:53qu'il faut négocier
49:54avec le parti socialiste
49:55il y a les 66 sièges
49:56qui comptent
49:57pour faire la neutralité
49:59pour un budget
49:59mais qu'est-ce que la droite
50:01est prête à avaler
50:01et là
50:02Bruno Retailleau
50:04poussé dans les reins
50:05par Laurent Wauquiez
50:06a dit qu'il mettrait
50:07des conditions
50:08pour participer au gouvernement
50:09et dans ces conditions
50:11la fiscalité
50:13normalement
50:14dans la philosophie
50:15des républicains
50:16on ne l'augmente pas
50:18alors comment
50:19ils vont avaler la pilule
50:20et quelles compensations
50:21éventuelles
50:22ils peuvent demander
50:22pour avaler la pilule fiscale
50:24est-ce que c'est une mesure
50:25sur l'immigration
50:26est-ce que c'est une mesure
50:27d'économie
50:29sur l'assistanat
50:30mais il va falloir
50:31quelque chose de sûrement gros
50:32du côté de la droite
50:33et lorsque ça fera réagir
50:35la gauche là aussi
50:35on n'a pas fini
50:36de faire le ping-pong
50:37ce n'est pas à qui
50:38Erwin Bruecker
50:39de garder LR
50:40au sein du gouvernement
50:42quand on connaît
50:43les LR
50:43en particulier
50:44les députés LR
50:44qui sont un peu tous
50:45des auto-entrepreneurs
50:46de leur propre poste
50:48en plus chacun
50:49avec des votes
50:50très différents
50:50et puis des réalités électorales
50:51dans leur transcription
50:52d'autres non
50:53tout à fait
50:53mais tout de même
50:54là où
50:55Sébastien Le Conneil
50:55a un peu de chance
50:56c'est qu'on est dans un moment
50:57là où Bruno Retailleau
50:58lâche un peu de l'Est
51:00j'ai cru comprendre
51:01qu'on parlait
51:02des 44 milliards d'économies
51:03de François Bayrou
51:04Bruno Retailleau
51:05est quand même prêt
51:06à dire
51:06bon écoutez
51:07entre 33 et 44
51:09on peut trouver un truc
51:10nous on ne va pas
51:10tout de suite
51:11censurer
51:12ou même crier
51:14faire des cris d'offre
51:14c'est pas grave
51:15ils sont prêts
51:16à lâcher
51:17donc une fois que Retailleau
51:18qui est quand même
51:19certes
51:19Laurent Wauquiez
51:20pousse un peu derrière
51:22mais Retailleau reste quand même
51:23le chef
51:23et une fois qu'on a
51:25trouvé ce terrain d'entente
51:26au moins sur la fiscalité
51:28parce que aussi
51:29Bercy en ce moment
51:30et Eric Lombard
51:31à voir à Bercy
51:31travailler sur des hausses d'impôts
51:33pour les plus riches
51:34alors attention
51:34macronistes par contre
51:35pas sur des folies
51:36mais en tout cas
51:37des choses qui peuvent être
51:37compréhensibles pour leur électorat
51:39il y a un espace quand même
51:40pour trouver là peut-être
51:41quelque chose
51:42sur cette ligne de crête
51:43pour contenter
51:44et le PS et LR
51:45mais en tout cas
51:45Bruno Retailleau
51:46laisse possible
51:47un chemin
51:48à une entente
51:49je suis d'accord avec vous
51:50il y a sûrement
51:51un chemin
51:52c'est très juste
51:53mais il y a un chemin
51:53mais il va falloir
51:55que la droite
51:56LR
51:57obtienne quelque chose
51:58je suis entièrement d'accord
51:59alors est-ce que ça sera
52:00sur une loi sécuritaire
52:02on parle des rodeos
52:03enfin il y a des tas de choses
52:04sur lesquelles
52:04est-ce que ça sera
52:05la ME
52:05il va falloir
52:07effectivement
52:07la droite ne pourra pas
52:09accepter ces hausses d'impôts
52:11et ces taxations
52:12nouvelles
52:12même sur l'héritage
52:14on parle
52:14sans compensation
52:16et compensation symbolique
52:17c'est-à-dire qu'il va falloir
52:18que ce soit des choses
52:19qui étaient exigées
52:20et qui marquent
52:21le problème
52:23c'est qu'il va falloir
52:23donner aux uns
52:24sans que les autres
52:25sont refus
52:26en fait il faut que tout le monde
52:27puisse garder la face
52:28sauver la face
52:30et donc à la fois
52:31le président de la république
52:32la droite
52:32et le PS
52:33donc si tout le monde
52:34en a pour son grade
52:36si je puis dire
52:36tout le monde aura
52:37sauvé la face
52:38mais c'est un équilibre subtil
52:39alors peut-être qu'effectivement
52:40le maître
52:41le cornu
52:42va nous sentir ça
52:43c'est un régime parlementaire
52:44le mot de la fin pour vous
52:45c'est un régime parlementaire
52:46je pense que c'est jouable
52:49au-delà de l'arithmétique
52:50parce qu'on a beaucoup parlé
52:52de la fin du bail
52:53de François Bayrou à Matignon
52:54mais en fait avant tout
52:55ce qui s'est passé lundi dernier
52:56c'est que le plan
52:57de 44 milliards d'euros
52:58d'économie
52:59a été abandonné
53:00il a disparu
53:00et on n'en parlera plus
53:01donc de toute façon
53:02quel que soit
53:03et après on s'en félicite
53:04ou on le déplore
53:05en fonction de ce que l'on pense
53:06de ce qu'il faut faire
53:07en termes de budget
53:07de toute façon
53:08les efforts seront moindres
53:09vous avez raison
53:10c'est un balai à trois
53:11les LR, le PS et Macron
53:13mais les efforts en soi
53:14seront moins importants
53:16à fournir
53:17parce qu'il n'y aura pas
53:1844 milliards d'économies
53:19il y en aura je ne sais pas
53:2020, 30
53:20je n'en sais strictement rien
53:21mais ça devient
53:22budgétairement
53:24ça devient quantitativement
53:25plus jouable
53:26Allez pour aller plus loin
53:27sur le sujet
53:28à la une du point
53:29cette semaine
53:29Sylvie-Pierre Brossolette
53:30bien sûr
53:31l'opération Le Cornu
53:32le nouveau Premier Ministre
53:35et à la une de l'express
53:35Erwan Bruecker
53:36à la une de l'express
53:38pardon
53:38vous me prenez
53:39vous me prenez
53:40vous me
53:42est-ce que vous l'avez
53:43avec vous
53:43vous me prenez
53:44je ne l'ai pas
53:46mais on ne manquera pas
53:48de la donner
53:48un peu plus tard
53:49tout à fait merci
53:49vous me prenez
53:51de politique
53:51c'est possible
53:52il y aura évidemment
53:54un article sur
53:55surtout Emmanuel Macron
53:56et son histoire
53:57avec ses différents
53:58premiers ministres
53:58merci beaucoup
53:59d'être venus
54:00merci à tous
54:01merci à tous ceux aussi
54:01qui ont préparé
54:02et réalisé cette émission
54:04à réécouter sur le site
54:05et l'appli France Info
54:06les informés
54:06qui reviennent demain matin
54:08à 9h
54:09très bonne soirée
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