- il y a 11 mois
Regardez "On refait le monde" avec Henri Guaino, ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, Raquel Garrido, ancienne députée LFI, Charles Sapin, journaliste politique au "Point", et Thomas Despré, journaliste au service politique de RTL.
Regardez On refait le monde avec Anne-Sophie Lapix du 10 septembre 2025.
Regardez On refait le monde avec Anne-Sophie Lapix du 10 septembre 2025.
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00:00Jusqu'à 20h, on refait le monde sur RTL, avec Anne-Sophie Lapix.
00:07Il va falloir aussi changer, être sûrement plus créatif, parfois plus technique, plus sérieux dans la manière de travailler avec nos oppositions.
00:17Mais je le dis aussi, il va falloir des ruptures, et pas que sur la forme, et pas que dans la méthode, des ruptures aussi sur le fond.
00:24On refait le monde sur RTL.
00:26C'était Sébastien Lecornu à la mi-journée lors de son discours express de passation de pouvoir.
00:32L'ancien ministre de la Défense est donc devenu le septième Premier ministre d'Emmanuel Macron.
00:36On ne va pas dire qu'il arrive au meilleur moment.
00:38Tout est compliqué pour lui, constituer une équipe, peu de chances qu'on y trouve un ministre socialiste.
00:43On verra si les LR veulent toujours y participer.
00:46Et puis proposer un budget 2026 qui permette de réduire le déficit et qui ne soit pas censuré.
00:52On va pouvoir mesurer les talents de négociateur de Sébastien Lecornu.
00:56Il doit rencontrer les représentants de tous les partis et des syndicats.
01:00Il a consulté dès aujourd'hui ceux du socle commun.
01:03Ce soir, on va essayer de lui donner un coup de main dans On refait le monde.
01:07On va voir quelles sont ses marges de manœuvre avec nos invités.
01:10Henri Guénaud, essayiste et ancien conseiller de Nicolas Sarkozy.
01:13Bonsoir.
01:14Bonsoir.
01:14Raquel Garrido, ancienne députée LFI et fondadrice de l'après.
01:18Bonsoir.
01:19Charles Sapin, journaliste politique au Point.
01:22Bonsoir.
01:23Bonsoir.
01:23On a un Sapin tous les soirs.
01:24Hier, c'était Lichel.
01:25Et Thomas Desprès, journaliste du service politique d'RTL.
01:31Bonsoir.
01:33Alors, est-ce qu'on peut d'abord évoquer le style Lecornu ?
01:36En tout cas, ce qu'on en a vu aujourd'hui, ça doit être la passation de pouvoir la plus rapide qu'on ait jamais vu.
01:41Qu'est-ce que cela dit de lui, Charles Sapin ?
01:45Écoutez, c'est vrai que c'était une passation de pouvoir aussi prompte qu'assassine.
01:51Puisque dans les mots, le moins qu'on puisse dire, c'est que Sébastien Lecornu n'a pas épargné son prédécesseur en parlant de « bon, désormais, il va falloir être sérieux ».
02:01Et finalement, on le comprend.
02:04C'est-à-dire qu'il faut se souvenir que Sébastien Lecornu a été fléché pour être Premier ministre la dernière fois.
02:10Et il s'est fait coiffer au poteau par François Bayrou.
02:13Or, quel effet a eu ce mandat de François Bayrou sur celui qui vient ?
02:18Forcément, quand un Premier ministre tombe, ça a pour effet de fragiliser son successeur.
02:24Et on voit que Sébastien Lecornu arrive presque un an après le moment où il aurait dû prendre possession de Matignon,
02:32même pas, c'est vrai, vous avez raison, avec des marges de manœuvre extrêmement reniées.
02:37On voit des oppositions qui se sont radicalisées.
02:41Ça n'a pas bougé côté gauche.
02:43On voit toujours les mêmes éléments bloquants, c'est-à-dire qu'ils veulent le retrait de la réforme des retraites,
02:49revenir sur cette politique de l'offre, ce que le Bloc central ne veut absolument pas entendre.
02:53Et côté RN, alors là, il y a vraiment une radicalisation.
02:56Pourquoi ? Parce que le RN était prêt à discuter, à négocier avec Michel Barnier ou voire avec François Bayrou.
03:04Or, on sent que ce n'est plus le cas.
03:06Ils sont dans une logique où ils sont déjà dans l'après-lecornu à peine nommé.
03:10Ils ne visent qu'une chose, c'est la dissolution.
03:12Donc, le moins qu'on puisse dire, c'est bon courage pour le nouveau Premier ministre.
03:16Alors, il a promis des ruptures sur la forme et sur le fond.
03:19On ne sait pas encore exactement de quoi il veut parler,
03:21mais ça vous rassure, à quel garé d'eau, des ruptures ?
03:25Je ne vois pas comment Sébastien Lecornu peut apporter une quelconque rupture,
03:30vu qu'il ne doit son poste qu'à ses talents de courtisan,
03:36au sens le plus strict de la monarchie présidentielle.
03:39Vous savez comme moi que la seule personne dans notre pays qui a le pouvoir de nommer le Premier ministre,
03:44c'est le Président de la République.
03:45Ça, c'est l'article 8 de la Constitution.
03:48Soit le Président le fait en prenant en compte l'expression citoyenne électorale des Français,
03:55ce qui est la logique dans tout pays démocratique,
03:58soit il s'en passe allègrement.
04:00Et là, le courtisan, il doit se poser la question de savoir
04:02si est-ce que ça lui suffit l'onction présidentielle
04:04ou s'il veut quand même être malgré tout un petit peu rattaché aux élections.
04:08Et ce qui me frappe, c'est qu'on ait pu trouver depuis 2024
04:13trois personnes qui acceptent le poste comme si de rien n'était.
04:18Il me semble que c'est un manque d'éthique grave.
04:22Dans une élection de délégué de classe,
04:25celui qui arrive septième aux élections n'accepterait pas d'être délégué à la place des autres.
04:29Un enfant de dix ans peut comprendre qu'on ne peut pas, dans un pays républicain,
04:34exercer le pouvoir exécutif sans mandat populaire.
04:37Donc voilà, on va voir jusqu'où ça va.
04:40Il y a parfois des élections de délégués tous les trimestres.
04:43Ça ne vous condamne pas.
04:44Et à chaque fois, c'est ceux qui arrivent en tête qui occupent le poste.
04:48Alors, ces ruptures, Henri Guéno, sur la forme,
04:50est-ce que ça veut dire qu'on va voir des négociations plus efficaces, plus sincères ?
04:56Alors, d'abord un mot sur ce que vient de dire...
04:59Raquel Garrido ?
05:00Raquel Garrido.
05:02Le problème, c'est que personne n'a de mandat.
05:04Personne n'a de mandat pour exercer quoi que ce soit,
05:08ni pour faire quelque politique que ce soit.
05:10Alors, on ne sait pas qui a gagné, personne n'a gagné,
05:12on sait qui a perdu, ça c'est certain,
05:14c'est le président de la République et le bloc central.
05:16La question de savoir qui on allait nommer,
05:19en fonction des résultats, en nombre de sièges,
05:21elle s'est posée au début.
05:23Hélas, là je peux partager votre point de vue,
05:27hélas, le président de la République n'a pas tenu compte
05:29de la règle élémentaire qui aurait dû le pousser dans un régime parlementaire
05:33à choisir un Premier ministre dans la coalition
05:36qui était arrivée en tête en nombre de sièges.
05:40Mais il faut être raisonnable et lucide.
05:43Ce gouvernement aurait été renversé au bout de quelques jours.
05:48Mais au moins, on aurait fait la démonstration
05:51que ce n'était pas possible, ce n'était pas au président à l'affaire,
05:53c'était à l'Assemblée à l'affaire.
05:55Ensuite, il avait une marge de manœuvre un peu plus grande.
05:57Mais ça, ça a été quand même une faute originelle.
06:00C'est-à-dire qu'on avait déjà 11 millions d'électeurs
06:02du Rassemblement national qui pensaient qu'on leur avait volé l'élection.
06:05Et après, on a rajouté 9 millions d'électeurs de gauche
06:07qui pensaient aussi qu'on leur avait volé l'élection.
06:09Donc ça ne crée pas un très bon climat.
06:10Alors maintenant, sur Sébastien Lecornu et ses ruptures.
06:13Alors sur Sébastien Lecornu,
06:15si vous voulez, on dit que c'est un négociateur,
06:18est-ce qu'il va être capable ?
06:19Mais le problème n'est pas celui-là.
06:21On pose le problème comme si on était
06:23dans un moment normal
06:25où il n'y a pas de majorité,
06:26où il faut trouver des arrangements,
06:28un peu comme à la fin de la Quatrième République.
06:31Mais on n'est pas dans un moment de ce genre
06:32parce que, un, la société n'est pas dans le même état.
06:36Et deuxièmement, le rapport entre la société et la politique
06:39et même entre la société et les partis
06:40n'est pas du tout celui qu'on a connu dans le passé.
06:46Aujourd'hui, on avait dit,
06:49vous savez, au moment où l'Assemblée a été élue,
06:51on avait dit, sur tous les plateaux,
06:53on disait, maintenant ça va se jouer à l'Assemblée.
06:55Et non, ça se joue dans le peuple.
06:57C'est-à-dire que les partis politiques...
06:59Bon, on parlait tout à l'heure du Rassemblement National
07:02qui était peut-être prêt à négocier,
07:04mais on n'a pas négocié.
07:05Mais sa marge de manœuvre de négociation était très faible
07:07parce que le problème n'est pas ce que pense
07:09l'appareil du Front National,
07:11du Rassemblement National, pardon,
07:12ni des responsables du Rassemblement National,
07:15ni même de ses députés.
07:16Le problème, c'est ce que pensent les électeurs
07:18du Rassemblement National.
07:19Et pour les électeurs du Rassemblement National,
07:22il était hors de question
07:23d'accorder la confiance à François Bérou,
07:26ni même de faire beaucoup de compromis
07:28avec les mesures qu'il avait présentées.
07:32Pareil pour Michel Barnier.
07:32Pourquoi il n'y a jamais eu de négociation ?
07:34D'abord, quand vous faites un 49-3
07:37ou une question de confiance,
07:38de toute façon, vous mettez les gens.
07:40Les gens n'ont pas le choix.
07:41Mais en plus, les partis,
07:43vous imaginez un parti de gauche aujourd'hui,
07:45trouver un accord à partir du texte
07:47que François Bérou avait prononcé.
07:49C'était impossible à cause de ces électeurs.
07:51On va quand même écouter Jordan Bardella,
07:53même si vous disiez que ce sont les électeurs qui comptent.
07:56Il a répondu en forme de menace
07:58à ce qu'avait dit Sébastien Lecornu
08:01lors de la passation de pouvoir.
08:02On l'écoute.
08:03Moi, je viens de dire une chose extrêmement simple.
08:05Nous sommes à la tête du premier groupe,
08:07à l'Assemblée Nationale.
08:08Soit il y a rupture,
08:10soit il y aura censure.
08:12Thomas Dupré, qu'est-ce que ça veut dire, ça ?
08:14La vraie question, pour rebondir sur les échanges précédents aussi,
08:17c'est de savoir quelle sera la marge de manœuvre
08:19pour faire cette rupture.
08:20Parce qu'il dit une rupture sur la forme et sur le fond,
08:23la marge de manœuvre également
08:25que lui donnera Emmanuel Macron.
08:26Quand on pose la question au proche d'Emmanuel Macron,
08:28il répond qu'il a un mandat de négociation
08:30qui est ouvert, qui est libre.
08:32Mais jusqu'où Sébastien Lecornu
08:35pourra faire des concessions à la gauche ?
08:37On entend déjà que la fameuse taxe Zuckman
08:40sur les très hauts profits.
08:44Il n'en veut pas, Emmanuel Macron.
08:46Il ne faut pas bloquer la machine de production.
08:49Mais ça, on va voir que la gauche a laissé un peu une porte...
08:51Voilà, mais toute la question, c'est de savoir
08:53quelle marge de manœuvre il a effectivement avec les oppositions,
08:56mais même directement avec Emmanuel Macron.
08:58Parce que jusqu'à présent, depuis sept ans,
09:02il n'a pas offert à ses premiers ministres
09:04la possibilité de tout faire.
09:06et Emmanuel Macron, il borne beaucoup les négociations.
09:09Donc quand il parle de rupture,
09:11cette rupture, elle peut être très très limitée
09:14si Emmanuel Macron ne lui laisse pas complètement le champ libre
09:16pour aller négocier et obtenir ce qu'il cherche,
09:19c'est-à-dire cet accord de non-censure.
09:20Alors on va voir, parce qu'en fait,
09:21on va voir dans les jours à venir,
09:23puisqu'il va négocier essentiellement avec la gauche,
09:26puisque c'est là qu'il doit aller trouver
09:27cet accord de non-censure.
09:30Que peut-il accorder aux socialistes ?
09:33Quel est le prix à payer ?
09:34On va en parler dans un instant,
09:35ce sera juste après le rappel des titres.
09:38Jusqu'à 20h.
09:39Anne-Sophie Lapix refait le monde sur RTL.
09:45RTL.
09:46Il est 19h30.
09:48Anne-Sophie Lapix.
09:50On refait le monde sur RTL.
09:51Le rappel des titres de l'actualité de ce mardi
09:53avec Alban Leprince.
09:55Fin de journée de mobilisation à l'appel du mouvement.
09:59En bloquant tout, pas de paralysie de la France.
10:01Mais 812 actions dans tout le pays.
10:04Les derniers chiffres communiqués par le ministère de l'Intérieur
10:07ce soir font état de 175 000 manifestants.
10:10C'est plus que ce qu'attendaient les renseignements.
10:13Quelques dégâts également avec l'incendie d'une façade
10:16dans le quartier des Halles à Paris
10:17qui pourrait avoir été provoquée involontairement
10:20par une intervention policière.
10:22Des débordements à Rennes.
10:24Aussi, mobilisation qui survient le jour
10:26de l'arrivée de Sébastien Lecornu à Matignon.
10:28Nommé hier soir par Emmanuel Macron,
10:30il effectue ce soir son premier déplacement
10:32à la cellule interministérielle de Crisabovo.
10:35Dans l'actualité aussi, ce soir,
10:36la piste de l'ingérence étrangère
10:38confirmée par le parquet de Paris.
10:40Dans l'enquête sur les têtes de cochons,
10:41découverte devant des mosquets de régions parisiennes,
10:44mardi matin,
10:45deux suspects ont été identifiés
10:47et ont quitté le territoire.
10:49Une attaque au couteau
10:50dans un lycée horticole d'Antibes
10:52dans les Alpes-Maritimes.
10:53Elle a fait deux blessés cet après-midi,
10:55une enseignante et un élève.
10:56L'assaillant, un autre élève
10:58connu des services de police,
10:59a été interpellé.
11:00Et puis au Royaume-Uni,
11:01cela faisait un an et demi
11:02que ça n'était pas arrivé.
11:03Le prince Harry est arrivé ce soir
11:05chez son père, le roi Charles III.
11:08Merci Alban, on vous retrouve à 20h.
11:09A tout à l'heure.
11:10A tout à l'heure.
11:11Anne-Sophie Lapix.
11:13On refait le monde jusqu'à 20h sur RTL.
11:16Avant même d'exercer le pouvoir,
11:18le nouveau Premier ministre doit céder,
11:20accepter de faire des concessions à la gauche
11:23pour qu'elle ne censure pas d'office son gouvernement.
11:25Sébastien Lecornu a vu les responsables
11:27du socle commun aujourd'hui.
11:28Mais dans les jours à venir,
11:29ce sera au tour des socialistes.
11:31On va voir sur quoi vont porter les discussions
11:33avec nos invités.
11:35Raquel Garrido, ancienne députée LFI,
11:37fondatrice de l'après.
11:38Henri Guénaud, essayiste et ancien conseiller
11:40de Nicolas Sarkozy.
11:42Charles Sapin, journaliste politique au point.
11:44Et Thomas Després, journaliste du service politique
11:47de RTL.
11:49Écoutez d'abord ce que disait ce matin
11:51Boris Vallaud, le patron des députés PS sur RTL.
11:54Aujourd'hui, ça n'est pas tant à nous
11:56d'aller à M. Lecornu
11:57que M. Lecornu de venir à nous.
11:59Que comprend-il de ce qu'attendent les Français ?
12:02Que comprend-il des propositions
12:04que nous avons formulées ?
12:05Si c'est pour continuer comme avant,
12:06eh bien, les réponses risquent d'être comme avant.
12:09Vous savez la définition qu'Einstein faisait du fou ?
12:11C'est celui qui pensant qu'en répétant
12:12mille fois la même chose,
12:13elle en obtiendra un résultat différent.
12:16Raquel Garrido,
12:17quelle concession, selon vous,
12:20est absolument inévitable ?
12:22Si le président Macron avait voulu sincèrement ponctionner
12:29les 1800 millionnaires, ultra-millionnaires...
12:32On parle sur la tête de Zutman.
12:33Voilà, on parle de la tête de Zutman.
12:35S'il avait voulu le faire,
12:36il aurait pu demander à n'importe quel Premier ministre de gauche
12:39de le faire.
12:40La raison pour laquelle il n'a pas choisi
12:42un Premier ministre de gauche,
12:44c'est parce qu'il ne veut pas le faire.
12:46Donc, ça n'est pas Sébastien Lecornu
12:48qui va le faire.
12:49Oui, mais Olivier Faure, le patron du PS,
12:51s'est dit prêt à regarder une autre taxe
12:53qui reviendrait un peu au même.
12:56Je trouve que les dix derniers jours
12:58que nous venons de vivre avec
12:59cette conversation sur l'exercice
13:04du pouvoir à maintenir par la gauche
13:05ont été très utiles.
13:07Évidemment, quand on convoque
13:0933 millions de personnes aux élections
13:13et qu'ils n'en sortent rien,
13:15tout le monde est dans un état de frustration civique
13:18absolument intense.
13:20Et la gauche, elle s'est faite,
13:22les neuf millions de personnes
13:23dont nous parlions,
13:24se sont faites mépriser, effacer.
13:26Donc, évidemment, là,
13:27il y a une lueur d'espoir
13:28qui est advenue
13:30avec des vraies propositions.
13:32Si nous étions au gouvernement,
13:34on aurait la semaine prochaine
13:35augmenté le SMIC par décret.
13:37Nous aurions suspendu
13:38la loi retraite par décret.
13:39Qu'est-ce que doit céder Sébastien Lecornu ?
13:42Sur quoi il doit céder ?
13:44Pour convaincre les socialistes
13:46de ne pas voter la censure.
13:48Est-ce que c'est la réforme des retraites
13:50qu'il faut supprimer ?
13:51Est-ce que c'est la fameuse taxe Zuckmann
13:53dont vous parlez ?
13:55La taxe du patrimoine des ultra-ultra-riches.
13:57Qu'est-ce qu'il doit céder
13:58pour espérer avoir le soutien du socialiste ?
14:00Admettons qu'on joue, je ne sais pas, au théâtre,
14:04et que Sébastien Lecornu
14:05a décidé de se déguiser
14:06en Premier ministre de gauche.
14:10À ce moment-là,
14:10il ferait exactement ce que je viens de vous dire.
14:12C'est-à-dire augmentation du SMIC.
14:14Ça, c'est la base.
14:15Les salaires, c'est la base.
14:17Que les Français puissent vivre de leur travail,
14:19c'est quelque chose
14:20qui est absolument incontournable.
14:22La suspension de la loi Borne,
14:25son abrogation,
14:25l'acceptation que l'Assemblée nationale vote,
14:28puisque l'Assemblée nationale
14:29a voté une résolution,
14:31c'est majoritaire à l'Assemblée nationale,
14:33l'abrogation de la loi Borne.
14:36Il y a tant de choses à faire,
14:37Anne-Sophie Lapix.
14:38Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ?
14:39Ce n'est pas exactement ma question.
14:40Y compris avec cet hémicycle-là,
14:43c'est ça que je veux dire.
14:44Non, je parle de choses avec cet hémicycle-là.
14:46Si vous voulez, en fait,
14:47ce qui est intéressant,
14:48mais la situation n'est pas nouvelle,
14:50c'est que pour le gouvernement,
14:52cet élargissement,
14:54cette entente à gauche
14:55peut paraître à la fois indispensable
14:57et totalement impossible.
14:58C'est arithmétique, en fait.
15:00Il suffit de voir la fracturation
15:02au sein de l'Assemblée nationale.
15:03Il y a quelque chose,
15:04une coalition qui serait la plus viable,
15:07la plus pérenne,
15:09presque indéboulonnable.
15:10Ça serait, en fait,
15:11le bloc de gauche sans LFI
15:12qui viendrait, en fait,
15:13s'entendre avec le bloc macroniste.
15:16On serait à 282 députés de mémoire,
15:19c'est-à-dire à 7 de la majorité absolue.
15:22Sauf que c'est impossible.
15:23Pourquoi ?
15:24Pour trois raisons.
15:25Déjà parce que, finalement,
15:26la gauche n'entend pas participer
15:28à un gouvernement avec des macronistes.
15:30Ils sont dans une logique
15:31de gouvernement de cohabitation ou rien.
15:34C'est normal.
15:35C'est normal, sauf que c'est impossible.
15:36On ne voit pas comment...
15:37Mais c'est pas impossible de cohabiter.
15:38On ne voit pas comment...
15:39Au président de la République,
15:40il n'y a pas de cohabitation.
15:41Pas de la faute aux députés.
15:42Alors ça, c'est le problème de la gauche aussi.
15:44C'est-à-dire qu'elles ne laissent pas
15:45la réalité se mettre entre eux
15:46et leurs fantasmes.
15:47C'est-à-dire que vous ne pouvez pas...
15:48Charles Sapin.
15:49Un gouvernement ne peut pas...
15:50Non, laissez-moi terminer.
15:51Le président de la République,
15:52je ne vous ai pas interrompu.
15:53Un gouvernement...
15:54Mais autrement,
15:54ce n'est pas du domaine de l'impossible.
15:57Une force politique
15:58ne peut pas soutenir un gouvernement
16:00sans y être représenté.
16:03Il y a un moment,
16:04c'est une limite.
16:04Ensuite, il y a une deuxième limite.
16:06Ce qu'ils veulent,
16:07ce n'est pas soutenir un gouvernement.
16:08C'est ne pas le censurer.
16:09C'est la seule chose
16:11que finalement,
16:12non-Sébastien Lecornu
16:13va demander aux socialistes.
16:14Ce n'est pas demander en soutien.
16:15S'il vous plaît,
16:16laissez-nous présenter un budget.
16:17Dans les positions de la gauche,
16:19si vous voulez,
16:19c'est que ça revient exactement au même
16:21le soutien ou la non-censure
16:23parce que les conditions sont les mêmes.
16:24C'est-à-dire revenir sur la réforme des retraites
16:26et revenir sur la politique de l'offre
16:28d'Emmanuel Macron.
16:29Or, Emmanuel Macron,
16:30pour lui,
16:31serait hors de question.
16:33Et c'est là où je rejoins Thomas.
16:35Il est ici,
16:36mais peut-être la solution.
16:37Le problème,
16:38il est que le président de la République
16:39a ce pouvoir de bloquer.
16:41Et donc, le problème
16:42n'est pas qu'Emmanuel Macron.
16:43On entend beaucoup le nom d'Emmanuel Macron
16:44dans les cortèges aujourd'hui.
16:46Mais le problème,
16:46c'est qu'on est dans un pays
16:47où c'est possible.
16:49Le président,
16:50n'importe qui,
16:51peut-être que vous avez...
16:53Je n'ai pas la solution.
16:54Vous n'avez pas la solution, oui.
16:55Mais simplement,
16:56il faut bien comprendre une chose,
16:57c'est que la cohabitation
16:59est impensable,
17:00tout simplement
17:00parce que les conditions
17:01de la cohabitation
17:02ne sont pas réunies.
17:03La cohabitation,
17:03c'est quand il y a une majorité
17:04parlementaire différente
17:06de la majorité présidentielle.
17:08Voilà.
17:08Ça, c'est la cohabitation.
17:09Après,
17:11elles se sont d'ailleurs
17:11à peu près bien passées
17:13parce que tout le monde
17:14est amie du sien.
17:14et elles constituaient
17:16une forme de respiration
17:17dans la Ve République.
17:18Bien.
17:20Ça, c'est pas possible.
17:21Je suis désolé,
17:22mais c'est pas possible
17:23parce qu'il n'y a pas
17:23de majorité parlementaire
17:24ni pour ni contre
17:26le président de la République.
17:28Bon.
17:28Donc ça,
17:28c'est à mettre de côté.
17:30La coalition non plus,
17:31elle n'est pas possible.
17:33C'est-à-dire,
17:34on va négocier
17:36le bout de programme
17:37avec tel parti,
17:38un autre bout de programme
17:39avec tel autre.
17:40On ne peut pas concilier
17:41LR et socialistes
17:42dans le même gouvernement.
17:43Ça ne peut pas
17:44compte tenu aussi
17:44de ce qu'est l'Assemblée,
17:46de l'État de l'Assemblée,
17:46mais aussi de ce qu'est
17:47l'État de la société.
17:48Et puis du fait
17:49que personne,
17:50dans cette histoire,
17:51personne n'a de mandat
17:51pour faire sa politique
17:52ni même pour faire
17:53un morceau de sa politique.
17:55Alors,
17:55on pourrait discuter
17:56sur la réforme des retraites.
17:57Il y a une majorité
17:57à l'Assemblée
17:58qui sont pour l'abrogation.
18:01Alors,
18:01quelle abrogation ?
18:02Moi,
18:02j'en ai une.
18:03On supprime l'âge de la retraite
18:05et comme ça,
18:10ça va être un peu compliqué.
18:11Mais ça,
18:11ça pourrait.
18:12Mais ça,
18:12c'est pas le fruit
18:14d'une coalition.
18:16C'est une convergence
18:18ad hoc,
18:19ponctuelle,
18:20sur un sujet
18:21où il se trouve
18:21qu'il y a une majorité,
18:22de même qu'il y a sans doute
18:23une majorité
18:24à l'Assemblée
18:25sur la fin de vie
18:26ou sur la proportion.
18:30On ne peut pas faire un programme.
18:33Mais le budget,
18:33c'est pareil.
18:34Le budget,
18:34il va falloir faire
18:35un budget à minima
18:36qui réduise le déficit
18:38beaucoup ou pas beaucoup.
18:39On s'en fout.
18:39Ce qu'il faut,
18:40c'est en faire un.
18:40S'il échoue,
18:41il faut en refaire un autre
18:42jusqu'à ce qu'on arrive
18:43à faire voter un budget
18:44puisqu'il en faut un.
18:46C'est indispensable
18:47pour assurer la continuité
18:48de l'État.
18:48Thomas Després,
18:49vous savez ce que va proposer
18:50Sébastien Lecornu à la gauche ?
18:52Quelle concession ?
18:53Pour le moment,
18:53Sébastien Lecornu,
18:54il ne propose pas,
18:56il écoute.
18:57C'est ce qu'il s'est passé
18:58cet après-midi
18:59avec les représentants
19:01des partis du bloc central
19:02qu'il a reçu à Matignon.
19:04Il leur a dit
19:04comment est-ce que
19:05vous voulez travailler ?
19:06Je vais dire la même chose
19:07aux socialistes.
19:08Et puis,
19:08ils vont chacun venir
19:09avec leur liste de course.
19:10Ça va se passer comme ça.
19:11Ça, ça ne peut pas marcher.
19:12Mais quand on écoute
19:13tout de même
19:14les proches de Sébastien Lecornu
19:16et ceux d'Emmanuel Macron,
19:18on voit tout de même
19:18se dégager certains souhaits.
19:21La possibilité,
19:22tout de même,
19:22ce ne sera pas une taxe Zucksmann,
19:24mais tout le monde comprend
19:25qu'il va falloir taxer les riches.
19:28Il va falloir taxer les hauts revenus.
19:30Et c'est d'ailleurs
19:31ce qui a été dit
19:31cet après-midi
19:32dans les réunions
19:33à Sébastien Lecornu.
19:34Il y a une unanimité
19:35des Français
19:36pour faire un effort supplémentaire
19:39sur les très hauts revenus.
19:40Donc, il va forcément
19:40y avoir un effort
19:41qui va être fait là-dessus.
19:42Et sur la réforme des retraites,
19:44alors il n'y aura pas d'abrogation,
19:45mais peut-être que la première étape
19:46pourrait être d'appliquer
19:47ce qui a été décidé
19:49lors du conclave
19:50et donc sur la pénibilité,
19:52sur les carrières longues,
19:52ce qui a fait l'objet d'un accord
19:54pourrait déjà être
19:54une première base
19:55de main tendue.
19:56En tout cas, on va voir
19:57si d'éventuelles concessions
19:58à la gauche
19:59sont supportables
20:00par la droite
20:00et si la droite,
20:01les LR,
20:02va rester au gouvernement.
20:03C'est aussi la question
20:04à laquelle on va répondre
20:05après la pause.
20:07Jusqu'à 20h,
20:08Anne-Sophie Lapix
20:09refait le monde
20:10sur RTL.
20:12Anne-Sophie Lapix,
20:13on refait le monde
20:14jusqu'à 20h sur RTL.
20:16En fait, y aura-t-il des LR
20:18dans le gouvernement Lecornu
20:20ou vont-ils se retirer
20:21après un an d'alliance
20:23avec les macronistes,
20:24les centristes ?
20:25On en parle avec nos invités,
20:27Raquel Garrido,
20:28ancienne députée LFI
20:29et fondatrice de Lapre,
20:30Charles Sapin,
20:31journaliste politique au point,
20:33Henri Guénaud,
20:34essayiste et ancien conseiller
20:35de Nicolas Sarkozy
20:36et Thomas Desprès,
20:37journaliste du service politique
20:39de RTL.
20:41Henri Guénaud,
20:42selon vous,
20:42les LR,
20:43est-ce qu'ils ont...
20:43Alors, je crois que vous n'avez pas...
20:45Vous pensez qu'ils n'ont pas intérêt
20:46à le faire,
20:47mais est-ce qu'ils vont rester
20:48dans le gouvernement ?
20:49Non, mais ils peuvent rester
20:50au gouvernement
20:51à titre personnel,
20:52venant de LR,
20:53mais pas pour défendre
20:54le programme de LR.
20:55Si le critère, c'est
20:57ou vous faites le programme de LR
20:58ou la moitié du programme de LR
20:59en reste,
21:02ça ne va pas marcher,
21:04ça ne peut pas fonctionner.
21:05Donc, je ne sais pas.
21:06En plus, il y a quand même
21:07le problème de Bruno Retailleau,
21:10c'est-à-dire qu'il est
21:10patron d'un parti,
21:12il est ministre.
21:13C'est très compliqué
21:13et ce n'est pas compliqué
21:15quand vous êtes dans un gouvernement
21:16qui est le gouvernement
21:17de votre majorité
21:18ou votre parti majoritaire.
21:21Bon, ce n'est pas moins compliqué
21:22et encore,
21:23ça n'a pas toujours été simple
21:23pour Nicolas Sarkozy
21:24quand il a été élu président
21:26de l'UMP
21:27et qu'il était ministre.
21:28Mais c'était sa majorité,
21:31son parti.
21:31Là, vous êtes dans quelque chose
21:33qui est très différent.
21:35Vous ne comprenez pas
21:36qu'il reste, là ?
21:36Mais c'est très difficile,
21:37c'est-à-dire que c'est ingérable,
21:38on le voit bien.
21:39C'est ingérable,
21:40ça met du désordre
21:43dans la position du parti
21:45sur la scène publique
21:46et ça met du désordre
21:47dans le gouvernement.
21:48Il y a un moment
21:48où ça devient difficile
21:49mais même impossible
21:50à gérer.
21:51Et encore une fois,
21:52personne ne doit aller
21:53dans ce genre de gouvernement
21:55pour porter la voix
21:56de son parti.
21:57Ça, ça ne peut pas marcher
21:59dans les circonstances actuelles.
22:00C'est inédit,
22:01mais c'est ainsi.
22:02Pourtant, il y a un an,
22:03les LR,
22:03ils ont décidé de le faire.
22:04Ça a marché ?
22:05Je ne sais pas.
22:06Là où je ne suis pas d'accord
22:08avec vous,
22:08ça m'a dépris.
22:09Ça a marché.
22:09C'est-à-dire qu'il y a un an,
22:10qu'est-ce qu'étaient
22:10les Républicains ?
22:11Qu'est-ce qu'étaient
22:11Bruno Retailleau ?
22:13Aujourd'hui,
22:14les Républicains
22:14ont retrouvé
22:15une place au soleil.
22:16Aujourd'hui,
22:17les Républicains...
22:18Peut-être,
22:19mais aujourd'hui,
22:20Bruno Retailleau
22:21a une existence politique
22:22qu'il n'avait pas
22:23il y a quelques années.
22:26Les ministres LR
22:27sont à l'action
22:28dans des responsabilités
22:30à l'agriculture,
22:31à la santé,
22:32à l'intérieur,
22:33bien sûr.
22:34Donc, politiquement,
22:36au moins, à moyen terme,
22:37ils ont intérêt à rester.
22:38Il y a des carrières,
22:39en tout cas,
22:40qui sont relancées
22:41grâce à leur présence
22:42au gouvernement.
22:43Ça, c'est exactement
22:44ce qui nous conduit
22:45au désastre.
22:46C'est-à-dire,
22:46les gens vont occuper
22:48des postes ministériels
22:49à cause de leur carrière.
22:51Voilà.
22:51Eh bien, ça, c'est terrible
22:52ou à cause du destin
22:53de leur parti.
22:54C'est-à-dire,
22:55quand on va occuper
22:56un poste ministériel,
22:57on s'occupe du destin
22:58de la France,
22:58de l'intérêt général,
23:00mais pas de l'intérêt
23:01de son parti.
23:02Ça nous conduit...
23:03Le désastre, en fait,
23:04ce n'est pas les institutions
23:05qui nous ont conduits là.
23:07Ce sont d'abord
23:09les politiciens.
23:10C'est-à-dire,
23:10quand il n'y a plus
23:10que des politiciens
23:11qui ne s'intéressent plus
23:12qu'à eux-mêmes,
23:12voilà le résultat.
23:13Moi, je trouve que
23:14cette conversation
23:14que vous dites là
23:16est quand même
23:17tout à fait démagogique
23:18parce que la raison
23:19pour laquelle
23:20les députés
23:21ne peuvent pas
23:22faire valoir...
23:22Je ne vous permets pas
23:22le mot démagogique.
23:23Mais si, je persiste.
23:26Parce que faire croire
23:27que les 577 députés
23:30qui ont trouvé
23:31des majorités
23:32sur un cadre sujet...
23:32Je parle de ceux
23:33qui occupent
23:33des postes de responsabilité.
23:34Je ne vous parle pas...
23:35Les députés,
23:35c'est un poste de responsabilité.
23:36Non, les postes de responsabilité,
23:37c'est ceux qui décident.
23:39Quand on vote une loi,
23:40on décide.
23:41Mais bon, admettons
23:42que vous soyez d'accord
23:42du coup avec moi,
23:43Dantac.
23:44Donc du coup,
23:45pour revenir à LR,
23:46LR aujourd'hui,
23:47je pense que la moitié
23:48du groupe,
23:49on l'a vu,
23:49le vote de confiance,
23:50c'est 50% du groupe
23:52qui est avec Macron
23:54et 50% du groupe
23:57qui soit contre,
23:58franchement,
23:58soit qui se planque
24:00un petit peu.
24:00Bon, donc ça,
24:01c'est un échec
24:02pour Retailleau.
24:03Et Retailleau,
24:03aujourd'hui,
24:04il pourrait choisir
24:06effectivement de quitter
24:07ce gouvernement,
24:08mais la place,
24:08elle est trop bonne,
24:09pas au sens de l'argent,
24:10pardonnez-moi,
24:10mais le porte-voix,
24:12ça lui donne un porte-voix
24:13beaucoup trop important
24:14et on le voit
24:15qu'il joue un rôle
24:16très important pour Macron.
24:17Pourquoi ?
24:18Parce que comme
24:18il militarise le rapport
24:20à la lutte sociale,
24:21à la revendication démocratique,
24:22il la militarise.
24:23C'est son rôle,
24:24c'est-à-dire qu'au lieu
24:25d'avoir 33 millions
24:26d'électeurs
24:26qui essayent de faire valoir
24:29une opinion politique,
24:30lui, il réduit
24:31la conversation
24:31à quelques policiers
24:33face à quelques personnes
24:35qui brûlent des poubelles.
24:36C'est précisément
24:37la fonction que joue Retailleau
24:39au bénéfice du monarque
24:42qui choisit toujours
24:43ses copains
24:43comme Premier ministre.
24:44Et du coup,
24:45elle est condamnée
24:46tendanciellement
24:48à être divisée
24:49entre ceux
24:49qui finiront
24:50par se sciotiser,
24:52nécessairement,
24:53ou ceux qui,
24:55bon an, mal an,
24:57réussiront à trouver
24:58une place
24:58qui décline.
25:00Thomas Desprez.
25:02C'était pas...
25:03Pardon, pas Thomas Desprez
25:03du tout,
25:04excusez-moi,
25:04Charles Sapin, pardon.
25:05Il n'y a aucun problème.
25:08Excusez-moi, je vous ai...
25:09Là où ce n'était pas
25:09une fatalité,
25:10c'est qu'en fait,
25:10le plan de Bruno Retailleau,
25:12qui a vu, en fait,
25:14qui a signé, en fait,
25:15une percée,
25:17à partir du moment
25:18où il était
25:18au ministère de l'Intérieur,
25:20où il a transformé
25:20ce ministère
25:21en appartement témoin
25:22de la droite au pouvoir,
25:23et ça a commencé
25:24à marcher pour lui,
25:25à avoir une cote de popularité,
25:26et qui lui a donné,
25:28en fait,
25:28un rêve présidentiel,
25:30c'est que sa logique,
25:32c'était
25:33de rester à l'intérieur
25:35jusqu'à un certain moment
25:36où il provoquerait
25:37sur un sujet
25:37qui serait
25:38ou l'Algérie
25:39ou l'immigration,
25:40une rupture.
25:41Ce qui lui permettait
25:42de s'installer
25:43en candidat crédible
25:44de droite à la présidentielle,
25:45rompant avec Emmanuel Macron.
25:47Et c'est pour ça
25:47que cette séquence,
25:48c'est l'une
25:49des principales victimes,
25:51en fait,
25:51du choix
25:52de François Bayrou
25:53et de sa chute
25:54la récente,
25:56puisque plutôt
25:57qu'avoir l'occasion
25:58de rompre
25:59de façon bruyante
26:00pour se crédiviser
26:01comme un opposant
26:02à Emmanuel Macron,
26:03on voit Bruno Retailleau
26:04partir avec l'eau du bain.
26:05Il n'a pas pu soigner
26:06sa sortie,
26:06c'est ce que vous nous dites.
26:07Et face à une décision
26:08qui est une décision corneillienne,
26:10c'est-à-dire que
26:11s'il repart
26:13dans un nouveau gouvernement
26:14Sébastien Lecornu,
26:16finalement,
26:16vis-à-vis des électeurs,
26:17il pourrait apparaître
26:18définitivement
26:19comme la béquille
26:20d'Emmanuel Macron.
26:21La seule réflexion
26:22qu'il aurait,
26:23c'est uniquement
26:24est-ce que c'est intéressant
26:24pour moi,
26:25pour une éventuelle
26:26candidature à la présidente
26:27de partir maintenant ou pas ?
26:28Vous le voyez bien,
26:28ce n'est pas le seul.
26:30Et c'est là où je rejoins
26:30un peu ce que dit Henri Guénaud.
26:31C'est-à-dire qu'en fait,
26:33il y a un énorme décalage
26:34et rarement il y a eu
26:35un décalage aussi important
26:35entre l'importance
26:37des défis
26:37auxquels est confronté
26:38notre pays
26:39et ce qui sont
26:42les ressorts
26:43des stratégies
26:43des responsables poétiques.
26:45L'ERN
26:46veut la dissolution
26:47pour Matignon.
26:48Pas sûr qu'il la veuille,
26:49en réalité.
26:50Ils la veulent
26:51pour le coup au effort.
26:52On va en reparler
26:52justement
26:53de la dissolution
26:55puisqu'on voit bien
26:57que ce n'est quand même
26:57pas gagné
26:57toutes ces négociations
26:58que ce soit avec la gauche,
27:00avec la droite,
27:01on en parle dans un instant
27:01avec nos invités.
27:04On refait le monde
27:05sur RTL.
27:07Avec Anne-Sophie Lapix.
27:12Jusqu'à 20h.
27:13On refait le monde
27:14sur RTL.
27:15Avec Anne-Sophie Lapix.
27:17Oui, on refait le monde.
27:18C'est presque un trou de souris
27:19dans lequel doit se faufiler
27:21Sébastien Lecornu
27:22s'il veut passer l'automne.
27:24Il a été nommé
27:25au pire moment,
27:26on va le voir,
27:27avec nos invités.
27:28Raquel Garrido,
27:29ancienne députée LFI
27:30et fondatrice
27:31de l'Après.
27:32Charles Sapin,
27:33journaliste politique
27:34au point.
27:35Henri Guénaud,
27:36essayiste et ancien
27:37conseiller de Nicolas Sarkozy.
27:39Et notre journaliste
27:40du service politique
27:41de RTL,
27:42Thomas Desprès.
27:43D'abord, je disais
27:44qu'il a été nommé
27:45vraiment au pire moment
27:46parce qu'il y a cette menace,
27:48cette dette,
27:493 345 milliards d'euros
27:52qu'on doit absolument réduire,
27:53notre déficit aussi.
27:55François Bayrou a proposé
27:56un budget
27:57qui réduisait l'effort,
27:59qui faisait un effort
28:00de 44 milliards d'économies.
28:03Ça risque d'être
28:04encore moins
28:05avec le budget
28:06qu'il va présenter
28:06aujourd'hui.
28:07est-ce qu'on n'est pas
28:09en danger,
28:10en grave danger
28:11économique
28:13aujourd'hui ?
28:14Une petite remarque
28:15pour sourire un peu.
28:17Vous avez dit
28:17que c'est un trou de souris.
28:18Quand vous avez
28:19un trou de souris,
28:19vous devez vous comporter
28:20comme une petite souris,
28:21pas comme un surmuleau.
28:23Parce que sinon,
28:23vous ne rentrez pas.
28:25Et là,
28:25c'est un surmuleau.
28:27On ne sait pas encore,
28:27mais j'espère que non.
28:28Vous préjugez
28:29de son habilité.
28:31J'espère que non,
28:32mais quand il dit rupture,
28:33ça pose un problème.
28:34Est-ce qu'il a l'ambition ?
28:35Est-ce que c'est la rupture
28:36par rapport à la méthode,
28:38manière de se comporter ?
28:39Il a dit
28:39et le fond,
28:40et la forme.
28:40Mais c'est sûr,
28:41sur le fond,
28:41ça veut dire
28:41je veux changer la société,
28:43je veux changer
28:44le pacte social,
28:45je veux changer
28:46la situation économique.
28:47Et ça,
28:48aucun gouvernement
28:49aujourd'hui
28:49n'en a les moyens
28:50puisqu'aucun gouvernement,
28:51aucun parti
28:52n'a ce mandat.
28:53Nous,
28:53nous étions engagés
28:54à ne pas utiliser
28:54le 49.3.
28:55Ça,
28:56c'est une révolution
28:57copernicienne.
28:57Mais ça,
28:57c'est une révolution
28:59de méthode.
28:59Ça,
29:00c'est une très bonne chose.
29:00Ça,
29:01c'est la grande rupture
29:03sur la forme,
29:06contre-productif
29:07puisqu'on met
29:07au pied du mur
29:08des gens
29:09qui,
29:10lorsqu'ils sont au pied du mur,
29:11n'ont plus le choix.
29:11Ils ne peuvent que voter
29:12la censure.
29:13Donc,
29:13c'est juste absurde.
29:15Ça,
29:15c'est très bien.
29:16Pour revenir sur la gravité
29:17dans laquelle le pays se place,
29:19tout le monde connaît
29:20ce chiffre maintenant.
29:21Plus de 3 200 milliards
29:22de dettes
29:23avec des déficits
29:25qui fait que nous sommes
29:27une cible
29:29pour les agences
29:29des notations,
29:30les marchés financiers
29:31avec des conséquences
29:31très importantes
29:32en termes même
29:32de souveraineté.
29:33Et le taux à 10 ans
29:35auquel emprunte la France,
29:36est aujourd'hui
29:37supérieure à celui
29:38d'Italie,
29:39pour dire dans quel point.
29:39Exactement.
29:40Et finalement,
29:41si c'est le cas depuis hier...
29:43Non, non.
29:43D'accord.
29:44Écoutez,
29:45on ira faire checker.
29:47Hier,
29:47ce n'était pas le cas.
29:49On n'a pas lu les...
29:50Non, non,
29:50mais il faut démarre.
29:51Tout ça est de se jouant
29:52très très peu.
29:54Heure par heure,
29:54ça change peut-être.
29:55Mais en tout cas,
29:56on l'a dépassé.
29:57Exactement.
29:57La gravité de la situation,
29:59paradoxalement,
30:00peut être une opportunité
30:01pour le Premier ministre.
30:02Et c'est d'ailleurs
30:03ce qu'avait senti
30:04François Bayrou,
30:04sauf qu'il n'est pas allé
30:05au bout de son geste.
30:07Nous sommes dans une situation
30:07où, en effet,
30:08la situation est grave.
30:09On est à la fin
30:10du second quinquennat
30:12d'Emmanuel Macron,
30:13proche d'une élection présidentielle.
30:15Or,
30:16ça peut être l'occasion
30:17pour un Premier ministre
30:18de présenter
30:19un budget extrêmement dur,
30:20très austéritaire,
30:21avec une coupe franche
30:22dans les dépenses publiques
30:23qui permettent,
30:25en fait,
30:26de nettoyer
30:27les écuries d'ogias
30:29financières du pays.
30:30Ce qui serait vu...
30:31Ça, c'est quand on a
30:32une majorité, non ?
30:33Justement, non.
30:33Parce que toutes les forces
30:34politiques hurleraient forcément,
30:37mais dans chacune
30:38de ces forces politiques,
30:39vous avez des présidentiables
30:40et tous les présidentiables
30:41qui ont une chance
30:41d'accéder à l'Elysée
30:42pourraient avoir
30:43un intérêt direct
30:44à ce que cette situation
30:45financière soit apurée
30:47avant qu'ils,
30:48potentiellement,
30:49arrivent à l'Elysée.
30:50C'est pas comme ça
30:50qu'ils l'ont pris
30:51quand François Bayrou
30:52a dit attention à l'arrêt grave.
30:53Et Marine Le Pen compris.
30:54Et si vous voulez,
30:55ce qui s'est passé
30:56et pourquoi François Bayrou
30:58a échoué,
30:58il n'a pas tant échoué
30:59avec cette décision
31:00de provoquer
31:01un vote de confiance.
31:02Il a échoué dès le 15 juillet
31:04puisque cette intuition
31:05qu'il avait de faire
31:06un budget difficile
31:07pour prendre de front
31:08ce combat de sa vie
31:09qui est celui de la dette,
31:10il n'est pas allé au bout.
31:11Les pistes budgétaires
31:12qu'il a présentées,
31:14finalement,
31:15c'était à ses petits bras.
31:16Il faisait un petit peu
31:17de baisse de dépense
31:18et il faisait
31:18un peu d'augmentation d'impôts.
31:20En fait,
31:20il a été victime
31:21du en même temps.
31:22On sait exactement
31:23qui donne les mauvais conseils
31:25à ses ministres successifs,
31:27ses premiers ministres successifs
31:28qui ensuite finissent
31:29par être censurés.
31:31Et qui ?
31:32Charles Sapin
31:34et les autres représentants
31:36médiatiques
31:37de l'oligarchie française.
31:38Écoutez,
31:39vous avez 1800 personnes
31:41dans ce pays
31:41qui possèdent
31:44plus de 100 millions d'euros.
31:46Nous,
31:47ce que nous avons fait voter
31:48majoritairement
31:49à l'Assemblée nationale
31:50le 20 février dernier,
31:51c'est qu'on dit
31:52vous savez quoi
31:53vos 100 millions ?
31:53On vous les laisse.
31:54On vous les laisse
31:55vos 100 millions.
31:56Juste à partir
31:56de 100 millions et 1 euros,
31:58on va commencer
31:59à essayer de vous demander
31:59que vous donniez
32:012% de votre patrimoine.
32:02c'est compliqué de prendre
32:03leur 100 millions,
32:04avouez.
32:05Écoutez,
32:06non,
32:06je pense qu'on pourrait y arriver.
32:07Mais déjà,
32:08c'est light,
32:09c'est light.
32:10Je pense que
32:11100 millions d'euros,
32:12nos auditrices,
32:13nos auditeurs,
32:14je pense qu'on a tous
32:16même du mal
32:16à s'imaginer.
32:17et ça veut dire
32:19que sans rien faire,
32:20sans rien faire
32:22compte tenu du rendement,
32:24en fait,
32:24sans rien faire,
32:25ça rajoute
32:256, 7, 8 millions
32:26par année
32:27alors qu'on n'a pas
32:28dépensé une goutte
32:30de sueur.
32:31Donc,
32:31on dit ça.
32:32Aujourd'hui,
32:33c'est précisément
32:35parce que le président Macron
32:35ne veut pas faire ça
32:36qu'il a renommé
32:38un de ses amis
32:39et nous avons donc
32:40un problème
32:40qui est un problème
32:41institutionnel.
32:42Notre président
32:42a trop de pouvoir
32:43et ça,
32:43c'est le débat
32:44sur la monarchie présidentielle,
32:45la 6ème République.
32:46Très bien,
32:46la monarchie présidentielle
32:47à condition
32:48d'avoir quelqu'un
32:48qui a le sens
32:49de ses devoirs
32:49et la constance.
32:51Il n'a pas du tout
32:51le sens de ses devoirs
32:52puisque son devoir
32:54c'est de aller chercher
32:55par exemple
32:55sur les très très hauts patrimoines
32:58et par l'honneur
32:59de servir
33:00un mot
33:00mais vraiment
33:01hyper enrichissement.
33:02Un mot,
33:02je ne partage pas du tout
33:03M. Sapin,
33:05je veux dire,
33:05c'est la pire façon
33:06de s'y prendre,
33:06la pire façon
33:07et d'ailleurs
33:08ça ne marchera pas
33:09parce que derrière
33:11les présidentielles
33:11il y a aussi
33:12des électeurs
33:13là encore
33:13et les gens
33:15ne veulent plus payer
33:16et ils ne supporteront
33:17pas cette politique
33:18et ils ont raison
33:18parce qu'elle est
33:19totalement absurde.
33:20Merci à vous
33:21d'être venu débattre.
33:23Demain matin à 7h40
33:24Thomas Soto reçoit
33:25Raphaël Glucksmann
33:25député européen
33:26et coprésident
33:27du parti Place Publique
33:28et à 8h15
33:29Marc-Olivier Fogel
33:31recevra Hubert Bono
33:32directeur général
33:33de la Gendarmerie nationale.
33:35Il est l'heure
33:36de retrouver André Dusselier.
33:37Bonsoir André.
33:38Quelle histoire
33:38allez-vous nous raconter
33:39ce soir ?
33:40Bonsoir Anne-Sophie.
33:41Écoutez,
33:42dans un instant
33:42nous reviendrons
33:43sur le destin
33:44de Dalida.
33:45Du Caire
33:46au Sommet de la Gloire
33:47on va découvrir
33:47comment cet artiste
33:48exceptionnel
33:49est devenu
33:50une icône adulée
33:51malgré les épreuves
33:52personnelles
33:53qui ont jalonné
33:54son parcours.
33:55A tout de suite
33:56sur RTL.
33:57A tout de suite André.
33:58Merci.
33:58RTL, il est 20h.
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