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  • il y a 4 mois
Regardez "On refait le monde" avec Natacha Polony, journaliste et directrice de la nouvelle revue "L'Audace", Bernard Thibault, ancien secrétaire général de la CGT, Bruno Cautrès, politologue et chercheur au centre d'études politique de Sciences Po, et les reporters de RTL sur le terrain.
Regardez On refait le monde avec Anne-Sophie Lapix du 18 septembre 2025.

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Transcription
00:00Jusqu'à 20h, on refait le monde sur RTL, avec Anne-Sophie Lapix.
00:08Les manifestants avaient le soleil avec eux, partout en France, entre 500 000 et 1 million de personnes selon les sources,
00:15ont défilé à l'appel des syndicats et du mouvement Bloquons Tout, entre autres, parce qu'en réalité il y avait une multiplicité de revendications,
00:23de colères qui se sont exprimées dans les cortèges, et donc du monde entre 3 et 4 fois plus que mercredi dernier.
00:28On va essayer de comprendre le message envoyé par les manifestants au pouvoir.
00:33Est-ce que c'est un avertissement ? Y aura-t-il d'autres manifestations ? Faut-il répondre d'urgence à cette colère ?
00:39On en parle avec nos invités, Natacha Polony, journaliste et directrice de la nouvelle revue L'Audace.
00:44Bonsoir.
00:45Bonsoir.
00:46Bernard Thibault, ancien secrétaire général de la CGT.
00:48Bonsoir.
00:49Bonsoir.
00:50Et Bruno Cotteres, politologue, chercheur au CEVIPOF et enseignant à Sciences Po, et sans doute dans les couloirs.
00:55Il va nous rejoindre dans ce studio d'une minute à l'autre.
00:59Alors d'abord, est-ce que c'est un succès, cette mobilisation ?
01:02Natacha.
01:03Oui, oui, oui.
01:04Je pense qu'indéniablement, il y avait du monde.
01:08Ça s'est plutôt bien passé, dans le calme, dans la dignité.
01:11Donc vraiment, on ne peut pas contester qu'il y a là un message extrêmement fort qui est envoyé.
01:16Et la question, c'est de savoir ce qui va être fait de ce message.
01:19Mais en tout cas, c'était avec dignité.
01:21Et ce qu'on comprend, c'est que les Français, globalement, et en particulier ceux qui ont défilé, mais ceux aussi qui soutiennent ce mouvement.
01:29En fait, en mémoire, sans doute, vous vous souvenez de la phrase de Jacqueline Moureau au début des Gilets jaunes.
01:34Mais qu'est-ce que vous faites du pognon ?
01:36En fait, c'est ça la question.
01:37Ils ont l'impression qu'ils payent.
01:39Ils ont l'impression que leur feuille de paye est ridicule.
01:41Ils ont l'impression qu'il y a beaucoup d'impôts et que ça ne se retraduit pas dans la qualité des services publics.
01:48Et qu'à côté de ça, sans doute qu'il y a de la déperdition.
01:51Donc encore faut-il se mettre d'accord sur la nature de cette déperdition.
01:55Pardon, Bruno Cotteresse entre dans ce studio.
01:57Bonsoir.
01:58Avant de vous demander de quoi cette mobilisation est le symptôme, vous avez commencé à nous le dire.
02:03Je vous propose d'aller rendre visite à notre reporter Mathilde Piquet,
02:05qui a passé la journée au milieu des manifestants.
02:08Bonsoir Mathilde.
02:09Bonsoir.
02:09Qui manifestait aujourd'hui ?
02:12Il y avait majoritairement des syndicalistes.
02:14Le cortège était vraiment rempli de manifestants avec des chasubles de toutes les organisations.
02:19En fait, CGT en tête, mais aussi CFDT, FO.
02:22Bref, la base syndicale a bel et bien répondu présente face à un mouvement du 10 septembre
02:27qui s'était construit en dehors des centrales.
02:29Et au milieu de tout ça, des manifestants sans attache syndicale ou politique,
02:33mais souvent déjà habitués à descendre dans la rue.
02:36Cet après-midi, j'ai croisé beaucoup de jeunes, mais aussi des familles.
02:38Je vous propose d'écouter Clémentine, venue manifester sur trois générations.
02:42Ça fait très longtemps qu'on est en colère.
02:44C'est très très nombreux.
02:46Il y a beaucoup de gens que ça n'avance pas tellement il y a du monde.
02:48Je suis venue avec mes parents qui ont l'habitude de faire des manifestations depuis de nombreuses années.
02:54Et avec mon fils qui a 6 ans, il entend parler de nos discussions le soir à la maison.
02:58Pourquoi on n'est pas content contre le gouvernement Macron ?
03:01Donc voilà, on vient lui montrer qu'est-ce que c'est une manifestation.
03:06Chaque manifestant croisé cet après-midi me l'a répété.
03:09Il ne voulait surtout pas être associé au casseur aperçu en début de cortège.
03:14Et alors Mathilde, quels sont les slogans que vous avez entendus dans les cortèges ?
03:18Il y avait déjà les préoccupations du moment, le budget, les deux jours fériés,
03:22les suppressions de postes dans la fonction publique.
03:24Mais en fait, les manifestations m'ont parlé très vite d'autre chose,
03:27de la réforme des retraites notamment, qui n'est toujours pas passée pour beaucoup.
03:31Et cette mobilisation de 2023 reste très présente dans les esprits.
03:36Merci Mathilde.
03:37Bernard Thibault, c'était une manifestation d'agacement contre le pouvoir,
03:41contre l'instabilité, contre les trois premiers ministres en un an.
03:45L'absence de clarté, tout ça ?
03:47Oui, c'est un cumul.
03:49Je reprends la formule d'un vieux militant de la société qui me plaisait beaucoup.
03:52Il disait, c'est la goutte d'eau qui a mis le feu aux poudres.
03:56Le budget Bayrou.
03:57Chacun sa formule.
03:58C'est marrant.
04:01Pour une journée sérieuse.
04:03Les deux jours fériés.
04:04Il y a un cumul.
04:05Un cumul sur la précarité.
04:07Un cumul aussi sur la manière d'être gouverné.
04:10La manière dont on est gouverné.
04:11C'est quand même pas commun d'avoir une manifestation de cette ampleur,
04:15avec un soutien...
04:18Enfin, j'ai vu une enquête d'opinion,
04:20peut-être parmi d'autres,
04:21mais une enquête d'opinion faisait état d'un soutien majoritaire des Français à cette journée,
04:25en tout cas de la sympathie,
04:27neuf jours après la désignation d'un Premier ministre.
04:30D'aucuns auraient pu penser d'ailleurs que c'était inutile de se manifester,
04:34de se mettre en grève,
04:35parce qu'il n'y avait encore pas de gouvernement.
04:38C'est quand même pas commun.
04:39ce calendrier, cet agenda.
04:42Il y a donc aussi des aspects plus politiques sur le fonctionnement de notre pays.
04:45La manière dont on a été décidée la réforme des retraites
04:48n'est pas pour rien dans le mécontentement à ce propos.
04:51La manière dont est présenté un budget sans discussion avec les organisations syndicales,
04:54sauf une petite entrevue,
04:56mais pour la forme et pour la photographie.
04:59Personne ne s'y trompe.
05:00Tout comme je crois,
05:01beaucoup sont conscients,
05:03qu'avec la désignation d'un nouveau Premier ministre,
05:06qui a le profil, qui est le sien,
05:08c'est-à-dire que peu de personnes le connaissent.
05:10Je n'ai rien, je ne le connais pas personnellement.
05:11Il a pourtant depuis longtemps, dans le gouvernement, depuis 2017.
05:14Mais d'abord, ce qui est retenu,
05:16jusqu'à présent, il n'a pas beaucoup entendu.
05:17C'est une personnalité d'abord très proche du Président de la République,
05:22sous-entendu, ce qu'on prépare,
05:24c'est peut-être une deuxième étape de ce qui a été fait jusqu'à présent.
05:27Le message d'aujourd'hui, c'est non.
05:29Ça suffit.
05:30Ça suffit sur le plan économique.
05:32Il y a eu beaucoup,
05:33j'ai eu beaucoup de pancartes sur la fiscalité, par exemple.
05:36Le débat, il est maintenant récurrent, présent.
05:39Et tant mieux, il faut avoir ce débat.
05:42Je crois qu'il y a beaucoup de prise de conscience
05:44sur la manière dont l'État prélève ses ressources,
05:47et la manière aussi dont l'État utilise l'argent à sa disposition.
05:50Là, il y a beaucoup de propositions,
05:51mais aussi de critiques qui ont été formulées.
05:54C'est dire combien il faut que le gouvernement
05:55apporte des réponses nouvelles.
05:57Je crois que cette journée peut être un point de bascule,
05:59en fonction de ce qui va se passer dans les prochains jours.
06:01Bruno Cotteres, sur les motifs de cette manifestation,
06:05on a l'impression que c'est un peu « rendre l'argent », en fait, c'est ça ?
06:08Oui, alors c'était déjà un peu l'un des motifs gilets jaunes, « rendre l'argent ».
06:12C'est pour ça que vous pensez que c'est un peu du même type
06:14que le mouvement des gilets jaunes ?
06:16Il ne faut pas exagérer les comparaisons,
06:19mais c'est vrai qu'on voit cette accumulation de colère,
06:23de mécontentement,
06:25et qui est très largement liée, je pense,
06:27à une crise beaucoup plus structurelle,
06:30qui est l'énigme que la politique
06:32n'arrive plus du tout à gérer,
06:34elle n'arrive plus à fournir de réponses.
06:36Personne ne comprend comment un grand pays riche comme nous
06:39arrive à ce type de situation.
06:42Certains disent
06:43qu'on serait un des pays les plus taxés au monde,
06:45il y a des bas là-dessus,
06:46mais en tout cas, beaucoup font l'expérience
06:48qu'ils sont quand même pas mal taxés,
06:50puis au bout de tout ça, on leur dit qu'il n'y a plus d'argent,
06:52on est en déficit, on est en découvert de partout.
06:55Donc, il y a une véritable crise de sens,
06:56et cette accumulation,
06:57j'ai beaucoup aimé l'expression de la goutte d'eau
06:59qui met le feu aux poudres, effectivement,
07:01parce que c'est un peu ça.
07:02Effectivement, je me demande aussi
07:03si l'ancien Premier ministre François Bayrou
07:06n'a pas un petit peu activé aussi ce ressentiment,
07:10c'est-à-dire, d'un seul coup,
07:11en nous disant, d'un seul coup,
07:13la dette, c'est vous.
07:15C'est vous, la dette, c'est vous.
07:16C'est ce qu'il nous a dit, pour mot, littéralement,
07:18c'est ce qu'il nous a dit,
07:19la dette, c'est chacun d'entre vous,
07:20chacun d'entre nous, disait-il,
07:22se mettant dedans,
07:22et le pays ne comprend plus,
07:27c'est-à-dire de dire,
07:27voilà, j'ai consacré ma vie à honnêtement travailler,
07:30payer mes impôts,
07:31et à la fin, on me dit que c'est de ma faute en plus.
07:33Donc, il y a une crise de sens,
07:35c'est une accumulation,
07:36et effectivement,
07:37il y a, revient en boomerang,
07:38la manière dont la réforme borne a été adoptée au 49-3.
07:42Natacha Polony,
07:43François Bayrou,
07:43il a jeté encore un peu d'huile sur le feu ?
07:46Non, mais évidemment.
07:48Comment voulez-vous dire ?
07:50En plus, il faut voir qui est l'émetteur,
07:52ce n'est pas que François Bayrou ne soit pas légitime,
07:55il a alerté toute sa vie sur le problème de la dette.
07:58Mais là, ça fait quand même 8 ans qu'il soutient Emmanuel Macron.
08:02Donc, les 1300 milliards de dettes supplémentaires,
08:04il les a soutenus.
08:05Comment peut-il venir expliquer aux Français,
08:08en effet,
08:08c'est de votre faute,
08:10c'est pour vous ?
08:11Mais non,
08:12les Français n'ont pas voté pour ça.
08:13Alors, bien entendu,
08:14qu'il y avait une demande de protection,
08:17de pouvoir d'achat, etc.
08:18Mais c'est aux politiques de savoir donner des lignes,
08:21de savoir comment on va régler ce problème de baisse du pouvoir d'achat.
08:25Et le problème, c'est qu'on a une droite et une gauche
08:27qui sont purement dogmatiques.
08:29C'est-à-dire, d'un côté, une droite qui vous explique
08:31le problème, c'est qu'il y a trop de dépenses publiques,
08:34il faut couper dedans,
08:36mais en revanche, surtout, on n'augmente pas les impôts.
08:38Et puis, de toute façon,
08:39l'optimisation fiscale des grands groupes,
08:42la structure de l'Union Européenne,
08:43c'est-à-dire, ça n'existe pas.
08:44Et la gauche qui vous dit
08:46le problème, c'est que les riches ne payent pas d'impôts,
08:49alors que ça ne suffise pas de mettre des taxes,
08:51ça n'est pas grave, on ne le voit pas.
08:54Les dépenses publiques, en revanche,
08:56à chaque fois qu'on essaye de savoir lesquelles,
08:58il faudrait réduire, on ne le saura pas.
09:00Et là aussi, la question ne se pose jamais
09:03comment crée-t-on de la richesse ?
09:05Le problème, c'est qu'on a 30 ans
09:06d'abandon de cette question
09:08qui pourtant, d'ailleurs, était au cœur de la pensée de gauche,
09:11les conditions de la production.
09:12Où est-ce qu'on produit ? Comment ?
09:14Et bien, du coup, si on ne regarde pas,
09:16on se met à produire à l'autre bout du monde,
09:18dans des conditions écologiques et sociales monstrueuses.
09:21Et on fait venir ça, évidemment,
09:23parce qu'il y a des systèmes au sein de l'Union Européenne
09:25pour faire rentrer les produits par les Pays-Bas.
09:29Je pourrais vous parler de la balance commerciale des Pays-Bas,
09:31c'est effarant.
09:32Et tout ça vient des industrialismes.
09:34Mais comme on a des élites économiques et politiques
09:36qui, depuis 30 ans, ont abandonné
09:39toute idée de patriotisme économique,
09:40que vous prononcez ce mot-là, on vous écrit que vous êtes
09:42franchouillard, ringard, etc.
09:44Et bien, du coup, ils ont laissé faire,
09:46parce que c'était tellement plus chic d'être
09:48pour l'ouverture, la mondialisation,
09:50sans comprendre que c'était les plus pauvres qui payaient,
09:52que ça alourdissait la facture.
09:54Et aujourd'hui, on est dans cette situation
09:55où vous avez des gens qui ne sentirent pas,
09:57qui ne comprennent pas pourquoi,
09:59alors qu'en effet, nous sommes un pays riche,
10:02eh bien, le travail ne paye pas,
10:04il y en a qui échappent à l'impôt.
10:06Encore une fois, pour ma part,
10:07je pense que la taxe Zuckman, par exemple,
10:08c'est une bêtise.
10:09Mais de fait, nous avons un problème
10:11qui est le système d'optimisation fiscale
10:14qui fait que des grands groupes ne payent pas.
10:16Et qu'on peut, comme ça, détruire de la richesse
10:19des paysans qui crèvent,
10:21des entreprises qui meurent,
10:23des industries en particulier,
10:24dans l'indifférence générale.
10:25Le pouvoir d'achat,
10:27l'injustice des impôts,
10:28c'était quand même des revendications majeures.
10:31Il faut essayer de comprendre un peu ce mouvement
10:32parce qu'il n'y a pas la mesure
10:34qui déclenche la colère
10:35comme parfois c'est le cas.
10:36Il n'y a pas eu une taxe nouvelle
10:37qui a déclenché la colère.
10:38Donc, c'est un peu diffus,
10:40c'est un peu multiple.
10:42Pas si simple de comprendre ce mouvement.
10:43Oui, mais mon sentiment, si vous voulez,
10:45c'est que ça n'est pas qu'une journée
10:48pour exprimer un refus ou une colère.
10:50Je pense que de plus en plus,
10:52ces dernières semaines,
10:53ont contribué dans le débat public.
10:55que j'évoquais ou on évoquait
10:56sur la fiscalité, par exemple,
10:59mais sur d'autres mesures.
11:00Le rapport du Sénat qui est sorti
11:02sur les aides publiques aux entreprises.
11:05Qu'est-ce qui apparaît ?
11:06211 milliards chaque année
11:08que l'État distribue
11:09et les sénateurs disent
11:10déjà c'est un maquis,
11:12personne n'y retrouve ses petits,
11:14mais en plus, il n'y a aucun outil
11:15pour vérifier véritablement
11:18à quoi sert cet argent public.
11:20On peut discuter du bien fondé
11:22d'argent public aux entreprises.
11:23Lesquelles, quelles priorités ?
11:25On pourrait faire un parallèle
11:26avec les priorités industrielles,
11:28par exemple,
11:28et se dire,
11:28comme d'autres pays l'ont fait,
11:30on met le paquet
11:31dans tel ou tel secteur
11:32parce qu'on estime
11:32qu'on a les compétences,
11:33les savoir-faire,
11:34mais on vérifie,
11:35une fois qu'on donne de l'argent,
11:37que c'est bien utilisé
11:38dans ce secteur.
11:39De quoi on s'aperçoit en ce moment ?
11:40Il y a des entreprises
11:41qui ont touché
11:41de l'argent public
11:42qui ont acheté des machines
11:43pour les installer à l'étranger.
11:45Ça n'est pas possible.
11:46Donc, ce que je veux dire,
11:47c'est que cette journée,
11:48elle porte sans doute
11:49un peu plus,
11:51il faudra peut-être
11:52continuer des débats,
11:53et ils sont nécessaires,
11:54mais un peu plus
11:55des exigences nouvelles.
11:57Le sentiment
11:58qu'on doit pouvoir obtenir
12:00des décisions politiques
12:01différentes de celles
12:03qui ont été prises
12:03jusqu'à présent.
12:05Ce n'est pas uniquement,
12:05il y a à la fois un refus,
12:07mais aussi, je crois,
12:07ce qui a progressé,
12:08c'est le sentiment
12:08qu'on peut faire autrement.
12:10On peut faire autre chose.
12:11Parce qu'à présent,
12:11Bernard Thibault,
12:12vous, les syndicats,
12:13vous êtes en position de force.
12:14Oui, parce qu'il y a
12:14l'unité syndicale,
12:15parce qu'ils disent
12:16sur un certain nombre de points
12:17qu'ils ont en commun
12:18la même chose.
12:19C'est important.
12:20Je me souviens
12:20d'un ancien président
12:21de la République
12:21qui m'avait dit
12:23effectivement,
12:24quand on a la CGC,
12:25la CFE-CGC,
12:27sur la même position
12:27que la CGT,
12:28c'est qu'on a un problème.
12:29Il dit oui,
12:30mais il y en a plusieurs
12:31des gouvernements comme ça.
12:31Et celui-là,
12:32comme les prédécesseurs,
12:38une unanimité syndicale
12:40sur des aspects
12:41assez fondamentaux
12:42en matière de choix économiques
12:44et de politique sociale.
12:45On va essayer
12:46d'imaginer
12:47quelle peut être
12:48la réponse du gouvernement.
12:50Ce n'est pas simple,
12:50on a vu,
12:51puisque les colères
12:51sont multiples.
12:53Ce sera juste après
12:53le rappel des titres.
12:55Jusqu'à 20h,
12:57Anne-Sophie Lapix
12:58refait le monde
12:58sur RTL.
13:02RTL.
13:04Il est 19h30.
13:06Anne-Sophie Lapix
13:07où refait le monde
13:08sur RTL.
13:09Le rappel des titres
13:10de l'actualité de ce jeudi
13:11avec Alban Leprince.
13:13La CGT revendique
13:14plus d'un million
13:15de personnes dans les rues.
13:16Aujourd'hui,
13:17les autorités évoquent
13:18le chiffre de 500 000 manifestants,
13:19dont 55 000 à Paris
13:21pour la grande journée
13:22de mobilisation
13:23à l'appel des syndicats.
13:24C'est la grande majorité
13:25des rassemblements
13:26qui s'est déroulée
13:27dans le calme.
13:27Des incidents ont été signalés
13:29à Rennes
13:30où manifestants
13:31et forces de l'ordre
13:31se sont affrontés.
13:33Les autorités ont même
13:34dû fermer temporairement
13:35la gare à Lyon.
13:36Deux policiers
13:37et un journaliste
13:38ont été blessés.
13:39Dans les transports,
13:40les perturbations
13:41sont conformes
13:41à ce qui était prévu.
13:43Près d'un enseignant sur 6
13:44était en grève.
13:45Aujourd'hui,
13:46dans les premiers
13:46et seconds degrés,
13:47d'après les chiffres
13:48du ministère.
13:49Du côté des pharmaciens,
13:50sur les 20 000 officines
13:51de France,
13:5218 000 sont restés fermés.
13:54Dans l'actualité,
13:55également un homme
13:55armé d'une machette
13:57tué par des policiers.
13:58Cela s'est passé
13:59cet après-midi
13:59à la Seine-sur-Mer,
14:01près de Toulon,
14:02à proximité d'une école.
14:03Deux enquêtes
14:04sont ouvertes.
14:05Et puis,
14:05ce coup dur
14:05pour l'équipe de France
14:06de volet double championne
14:08olympique en titre.
14:09Les bleus
14:09se sont fait éliminer
14:10aujourd'hui
14:11dès la phase de poule
14:12du mondial.
14:13Battus 3-2
14:14par l'Argentine
14:15après une première défaite
14:16face à la Finlande.
14:17Merci Alban,
14:18on vous retrouve à 20h.
14:18A tout à l'heure.
14:20On refait le monde
14:21sur RTL.
14:23Avec Anne-Sophie Lapix.
14:25Je vais pourprendre
14:25la première à droite
14:26sans interdit.
14:27Il fallait s'y attendre.
14:29Je vais prendre la deuxième
14:30sans interdit.
14:31Je vais pourprendre
14:32la troisième
14:32sans interdit.
14:34Je vais pourprendre
14:34la quatrième
14:35sans interdit.
14:37J'aurais fait un tour
14:38pour vérifier.
14:40Quatre sens interdit.
14:42Alors,
14:42j'appelle l'agent,
14:43je dis,
14:43monsieur l'agent,
14:44je m'excuse,
14:44il y a quatre rues,
14:45elles ont toutes les quatre
14:45en sens interdit.
14:47Je dis,
14:47je sais,
14:47c'est une erreur.
14:48Et c'est Raymond De Vos.
14:51Petite dédicace
14:51à Natacha Polony.
14:53C'est comme ça
14:53que vous qualifiez
14:54la situation de la France,
14:56c'est ça ?
14:56Je crois.
14:57Et si vous vous souvenez bien
14:58du sketch de Raymond De Vos,
14:59à un moment,
15:00il évoque le fait
15:00qu'il y a une ambulance
15:01qui tourne
15:01et qu'il y a aussi
15:03un corbillard
15:04et que celui qui était
15:04dans l'ambulance
15:05est maintenant dans le corbillard.
15:06Et à la fin,
15:07il dit à l'agent
15:08je ne me sens pas très bien
15:09si vous voulez monter
15:09dans l'ambulance.
15:10Je pense que la France
15:11en est là
15:12ou en tout cas,
15:12on a l'impression
15:13d'en être là.
15:15Mais surtout,
15:16ce que disait
15:16Bernard Thibault
15:19tout à l'heure
15:20était important.
15:22C'est-à-dire qu'il y a
15:23un usage
15:24de l'argent public
15:25qui est aberrant.
15:27C'est-à-dire que
15:27nous subventionnons
15:28nos concurrents,
15:30nous subventionnons
15:30des entreprises
15:32qui vont aller détruire
15:34de l'emploi
15:35au lieu d'en construire
15:36et nous ne vérifions
15:38jamais
15:39si les aides
15:40sont conditionnées
15:42à la production
15:42sur le sol français.
15:44Il n'y a que comme ça
15:45qu'on va recréer
15:45de la richesse
15:46et de l'emploi.
15:47Alors comme on s'est quitté
15:48pour le rappel des titres,
15:49je rappelle
15:49qui est autour
15:50de ce plateau.
15:51Donc Natacha Polony,
15:52vous l'avez reconnu,
15:52journaliste et directrice
15:53de la nouvelle revue
15:54L'Audace,
15:54Bernard Thibault,
15:55ancien secrétaire général
15:56de la CGT
15:57et Bruno Cotteres,
15:58politologue,
15:59chercheur au Cévi-Pof
16:00et enseignant à Sciences Po.
16:02Bernard Thibault,
16:02n'est-ce pas étonnant
16:03de se mobiliser
16:04et d'interpeller
16:05un pouvoir
16:06quand il n'y a pas
16:07de gouvernement
16:07et que le budget
16:09que l'on critique
16:09est caduque ?
16:10Oui mais je l'indiquais
16:12tout à l'heure
16:12peut-être que je me répète,
16:14je crois que beaucoup
16:14ont conscience
16:15au-delà des manifestants
16:17eux-mêmes.
16:17Je refais référence
16:18au soutien apparemment
16:19des enquêtes d'opinion
16:20d'une majorité
16:21de la population
16:22à cette journée
16:22de protestations,
16:24d'exigences,
16:25de revendications.
16:26La majorité a conscience
16:27que si rien ne change,
16:29si rien ne bouge,
16:31avec la nomination
16:32de ce Premier ministre
16:34et le peu qu'on en sait,
16:36il est perçu
16:37qu'il y a un fort risque
16:38d'essayer de présenter
16:40un budget
16:41Bayroubis
16:42pour faire court.
16:44Or,
16:45la journée d'aujourd'hui
16:45c'est dire
16:46non,
16:46c'est surtout pas ça
16:47dont on veut.
16:48On veut des changements
16:49profonds
16:50dans les choix politiques
16:51et on demande
16:52au Président de la République
16:53de prendre,
16:53parce que,
16:54naturellement,
16:55le pilotage,
16:55il émane du Président
16:56de la République,
16:57tout le monde le sait.
16:58Et ce qui monte d'ailleurs
16:59dans certaines manifestations,
17:01ça n'était pas l'objet
17:01et l'appel
17:03des organisations syndicales.
17:04Mais le Macron
17:04des missions,
17:05on l'a entendu
17:05dans des manifestations
17:07aujourd'hui.
17:09Ce qui est attendu,
17:09c'est des changements
17:10en matière de choix
17:11économiques
17:12et sociaux.
17:13Et c'est possible,
17:13la France n'est pas si
17:15démunie,
17:16dépourvue.
17:17Moi,
17:17je regrette vraiment
17:19que le Premier ministre
17:19dans ses derniers jours,
17:21je parle de l'ancien
17:22Premier ministre,
17:23le dernier ancien
17:25Premier ministre
17:25en France,
17:28et multiplier
17:29les déclarations
17:31sur ce constat
17:32d'une France
17:33en échec,
17:36qui n'avait plus
17:37d'argent,
17:37et après,
17:38de s'étonner
17:39des agences de notation,
17:40qui n'ont d'ailleurs
17:41au passage
17:41aucune légitimité
17:42démocratique,
17:43ces agences de notation,
17:44qui pour l'essentiel
17:45sont américaines,
17:46et se permettent
17:46de noter
17:48le comportement
17:48d'un pays
17:49sur ses choix économiques.
17:50Non, mais ça aussi,
17:51ça fait partie
17:52quand même des éléments
17:53où dans le débat public,
17:54on pourrait en discuter.
17:56Des gouvernements,
17:57des présidents,
17:58en disant,
17:58mais je suis obligé
17:59de faire ça
17:59parce que l'agence
18:00de notation...
18:00Mais l'agence de notation,
18:02quel pouvoir démocratique
18:03elle a, cette agence ?
18:04Elle n'a pas un pouvoir
18:04démocratique,
18:05mais vous savez bien
18:05que si elle donne
18:06une mauvaise note,
18:06les marchés financiers
18:07risquent de ne pas prêter
18:08ou de ne pas prêter très cher.
18:08Et bien attaquons-nous
18:09à tout ça.
18:10Il y a sans doute
18:11des moyens,
18:11la France a sans doute
18:12des outils,
18:13des moyens,
18:14pour se doter
18:15d'outils financiers.
18:16Je ne dis pas
18:17qu'ils soient totalement autonomes.
18:18On n'est pas enfermés,
18:20on ne va pas vivre
18:20en autarcie
18:21dans le pays France.
18:23Mais on doit pouvoir
18:24faire mieux.
18:25On a évoqué,
18:26je n'y reviens pas longuement,
18:27mais l'utilisation
18:28de l'argent public français.
18:29On peut au moins
18:30faire en sorte
18:30que l'argent public français
18:32soit utilisé
18:33pour le financement
18:35et des emplois
18:35sur le territoire français.
18:37Ce n'est quand même
18:37pas d'une démagogie démesurée.
18:39Mais alors,
18:40que devait faire
18:41le Premier ministre,
18:42le nouveau,
18:43Sébastien Lecornu,
18:44après une journée pareille,
18:45qu'est-ce qu'il faut faire ?
18:46Il faut vite rappeler
18:47les syndicats
18:47comment réagir.
18:49Bruno Cotteres,
18:49vous avez un conseil
18:50à lui donner
18:50au nouveau Premier ministre ?
18:52Déjà,
18:52je pense qu'il a
18:53un premier enjeu
18:54qui est d'exister
18:55aux yeux de l'opinion
18:56et que son personnage
18:58veuille dire quelque chose.
18:59Pour le moment,
19:00c'est vrai qu'il a
19:00c'est inconnu.
19:02Il y a l'ombre portée
19:03d'Emmanuel Macron
19:03dans l'image
19:04qu'on renvoie de lui.
19:05Il serait un proche
19:06d'Emmanuel Macron.
19:07C'est vrai que c'est
19:08un fidèle macroniste
19:08depuis 2017.
19:10Qui promet des ruptures ?
19:11Voilà,
19:11il promet la rupture
19:12et donc comme lui-même
19:13dit qu'il a promis
19:15la rupture,
19:16maintenant il faut
19:16qu'il incarne
19:17cette rupture
19:17parce que sinon
19:18il s'est mis lui-même
19:19en porte-à-faux.
19:20Donc il a un premier enjeu
19:21d'exister
19:22et assez rapidement.
19:24Je pense que
19:25l'état du pays,
19:26les exaspérations
19:27dont on parlait
19:28me semblent
19:29relativement incompatibles
19:30avec des semaines
19:31et des semaines
19:32et des semaines
19:33de concertation
19:35de partis politiques
19:36qui se rendent
19:37à Matignon
19:37Il a un enjeu
19:40de rapidité
19:41sur le fait
19:42d'envoyer un message
19:43au pays.
19:44Pour le moment
19:44il n'a pas parlé au pays
19:45le chef de l'état non plus
19:47mais il n'a pas du tout
19:48parlé au pays
19:50donc il y a un premier enjeu
19:51qui est celui-ci
19:52et de rapidement
19:53montrer qu'il tient compte
19:55de la situation.
19:56Il ne peut pas
19:56ne prendre aucune mesure
19:59qui irait dans le sens
19:59des demandes
20:00de justice fiscale
20:01en particulier.
20:02Ça c'est impossible
20:03s'il fait ça.
20:04Alors là vraiment
20:05il se tire la balle
20:07dans le pied
20:07mais clairement
20:08il faut qu'il aille
20:08dans ce sens-là
20:09et puis il faut aussi
20:11qu'il nous dise
20:12quel est l'état
20:13quel est le diagnostic
20:14que lui
20:14ayant entendu
20:15les différents partenaires
20:17sociaux
20:17politiques
20:18ayant siégé
20:20dans le gouvernement
20:21depuis maintenant
20:22presque une décennie
20:23quel est le bilan
20:24qu'il tire de tout ceci
20:25avec un projet
20:27quelque chose
20:27qui soit un peu
20:28porteur d'espoir
20:29pour le pays
20:29parce que là
20:30on est quand même
20:30pas mal plombé
20:31du point de vue du moral.
20:32Natacha Polony
20:32concrètement
20:33tout de suite
20:33qu'est-ce qu'il doit faire ?
20:34Réagir à chaud déjà ?
20:35Non mais le problème
20:36qu'il a
20:37c'est qu'il a donc
20:38des français
20:38qui sont mécontents
20:39mais lui
20:40son enjeu
20:41c'est de mettre d'accord
20:42des représentants
20:44de partis politiques
20:45des députés
20:45à l'Assemblée nationale
20:46parce que
20:47hélas
20:48il n'a aucune
20:49légitimité
20:51ni aucun mandat
20:51pour régler
20:52tous les problèmes
20:53dont nous parlons
20:54et ça n'est pas là
20:56que ça va se régler
20:57nous le savons tous
20:58il faut un débat
20:59qui soit
20:59en fait ce sera
21:00le débat présidentiel
21:02qui permettra
21:02de poser les grands enjeux
21:04il y a ceux dont on parle
21:05il y a la justice fiscale
21:06mais il y a aussi
21:07le logement
21:08l'état de la jeunesse
21:09dans ce pays
21:10l'école
21:11la santé
21:12tout ça
21:12il va falloir le mettre
21:13sur la table
21:14on a enjambé
21:15Emmanuel Macron
21:16a fait en sorte
21:16d'enjamber
21:17l'élection de 2022
21:19ce qui fait qu'on n'a pas
21:20débattu de ces sujets-là
21:21il le faut absolument
21:22tandis que
21:22Sébastien Lecornu
21:24lui
21:24son sujet
21:25c'est de savoir
21:26s'il va réussir
21:26à faire passer un budget
21:27et à éviter
21:28une motion de censure
21:29sachant qu'après
21:31s'il évite
21:31une motion de censure
21:32il a l'espoir
21:33que les partis politiques
21:35soient concentrés
21:35sur les municipales
21:37et donc
21:37ils puissent tenir
21:38jusqu'à quelques temps
21:39c'est pas exactement
21:41la même chose
21:41en attendant
21:42est-ce que le succès
21:43de la manifestation
21:44marque le grand retour
21:45des syndicats
21:46négligés
21:47puis baladés
21:48par le pouvoir
21:48sous Emmanuel Macron
21:49sont-ils en train
21:50de reprendre
21:51une place centrale
21:52dans le débat
21:53on en parle dans un instant
21:54jusqu'à 20h
21:56on refait le monde
21:57sur RTL
21:58avec Anne-Sophie Lapix
21:59RTL
22:03on refait le monde
22:04Anne-Sophie Lapix
22:06ça fait plus de deux ans
22:07qu'ils n'avaient pas fait
22:08descendre autant de monde
22:09dans la rue
22:10les syndicats sont de retour
22:12après la démonstration
22:13de force
22:14d'aujourd'hui
22:16qu'est-ce que cela signifie
22:16quels rôles peuvent-ils jouer
22:17on en parle
22:18avec nos invités
22:19Natacha Polony
22:20journaliste et directrice
22:21de la nouvelle revue
22:21L'Audace
22:22Bruno Cotteres
22:23politologue
22:23chercheur au CEVIPOF
22:25et enseignant
22:25à Sciences Po
22:26et Bernard Thibault
22:28ancien secrétaire général
22:29de la CGT
22:30pourquoi d'ailleurs
22:32selon vous
22:33Sébastien Lecornu
22:33a-t-il reçu les syndicats
22:34avant les partis ?
22:36Bernard Thibault
22:37ça je vous avoue
22:38que je ne suis pas
22:40dans ces confidences
22:40je n'ai aucune réponse
22:42à vous apporter
22:43ça ne vous a pas étonné ?
22:45non mais
22:45bon
22:46d'expérience
22:47et je crois que
22:47tous les responsables syndicaux
22:48en place
22:49le savent déjà
22:50ce n'est
22:51ni l'ordre protocolaire
22:53ni la durée des réunions
22:54qui fait le résultat
22:56à l'issue des entretiens
22:57donc voilà
22:58attendons de voir
22:59Natacha Polony
23:00vous pensez qu'il y a une ruse
23:01quelque part
23:01là-dedans
23:01à l'idée de recevoir
23:02d'abord les syndicats ?
23:04alors moi non plus
23:05je ne suis pas du tout
23:07douée pour analyser
23:09la tactique
23:10vous voyez
23:11alors j'espère
23:12quelqu'un aller me dire
23:12je préfère me demander
23:14non non
23:14je préfère me demander
23:16exactement
23:16en effet
23:17ce que
23:18Sébastien Lecornu
23:19a à dire
23:21aux syndicats
23:22parce que j'ai compris
23:22c'était l'inverse
23:23c'était les syndicats
23:24avaient des choses à dire
23:25bien sûr
23:26quand je dis
23:28ce qu'il a à dire
23:29c'est que je crois
23:30que le rôle
23:30d'un politique
23:31le rôle d'un homme d'état
23:32c'est quand même
23:33de proposer une vision
23:34une analyse
23:35la question c'est
23:37quel est le diagnostic
23:38exact sur l'état
23:39de la France
23:39parce qu'en effet
23:40François Bayrou
23:42en hypertrophiant
23:45le danger immédiat
23:46a créé
23:47une violence
23:49et une tension
23:49dans le pays
23:50la situation
23:51est très inquiétante
23:53mais je pense
23:53qu'elle ne nécessitait pas
23:55de brutaliser
23:56comme ça
23:56puisqu'on
23:57aggrave la situation
23:59donc il faut
24:00évidemment
24:01écouter les partenaires sociaux
24:02ils ont été très mal traités
24:03depuis le début
24:04du macronisme
24:05et il faut surtout
24:06essayer de produire
24:08une offre politique
24:09majoritaire
24:10c'est-à-dire de réconcilier
24:11le pays
24:11le problème
24:12c'est qu'on a
24:13des camps politiques
24:14qui s'affrontent
24:15et on finit par croire
24:18qu'il ne serait pas possible
24:19de proposer
24:20une politique majoritaire
24:22le problème
24:22c'est qu'on a
24:22des partis politiques
24:23qui se sont habitués
24:24à gouverner
24:25en étant minoritaires
24:26Bernard Thibault citait
24:27le traumatisme
24:28de la réforme des retraites
24:29mais il n'y a pas que ça
24:30en fait
24:31l'arrivée
24:33du rassemblement national
24:34qui gèle
24:3535%
24:36de l'électorat
24:37fait que
24:38les autres se disent
24:39c'est pas grave
24:40d'abord ils ne seront
24:41jamais majoritaires
24:42mais ils arriveront
24:43à gouverner sans cela
24:44et donc on a un pays
24:45dans lequel il n'y a plus
24:46de légitimité politique
24:48donc l'urgence
24:49c'est de recréer
24:50une offre politique
24:51qui s'appuie
24:52sur les demandes
24:52majoritaires des citoyens
24:54et qui leur offre
24:55et qui leur offre
24:55une vision
24:56si vous regardez
24:58un petit peu
24:58ce que demandent
24:59les français
24:59enfin pardon
25:00mais
25:00on s'aperçoit
25:02qu'il y a
25:02une demande
25:04de justice sociale
25:06de possibilité
25:06de vivre
25:07de son travail
25:08c'est-à-dire que
25:08ceux qui respectent
25:09les règles
25:10ceux qui jouent le jeu
25:11ont envie
25:12de ne pas
25:13tirer la langue
25:14et de ne pas souffrir
25:15pendant qu'ils
25:16en voient d'autres
25:17qui ne respectent pas
25:17les règles
25:18ensuite
25:19ils demandent
25:19le rétablissement
25:20de la promesse
25:21républicaine fondamentale
25:23qui est la méritocratie
25:24c'est-à-dire le fait
25:25que vous allez vous élever
25:26parce que vous avez travaillé
25:27vous avez fait des efforts
25:29et ça nécessite
25:30un renouvellement
25:30des élites
25:31or on a un ascenseur social
25:32qui est totalement bloqué
25:34donc si vous regardez
25:35un petit peu tout ça
25:36si vous répondez
25:37à cette question
25:38est-ce que vraiment
25:39on peut faire en sorte
25:40que les petits
25:41payent petit
25:42et les gros
25:42payent gros
25:43que tout le monde
25:44participe à l'effort
25:46et pour ça
25:47il faut qu'on arrive
25:48à produire
25:49donc il faut un pacte
25:49productif
25:50qui soit extrêmement puissant
25:52là vous arrivez
25:53à répondre à peu près
25:54aux attentes
25:55d'une majorité
25:56de citoyens français
25:56je reviens quand même
25:58au dialogue
25:58entre les syndicats
26:00et le premier ministre
26:01est-ce que finalement
26:02c'est plus simple
26:03aujourd'hui
26:04de discuter
26:05avec les syndicats
26:06qu'avec les partis politiques
26:07Renaud Cotteresse
26:09bien sûr
26:09forcément
26:10que ce soit plus simple
26:11Sébastien Lecornu
26:13discutant avec
26:14les partis politiques
26:15il est à la fois
26:17complètement
26:17dans son milieu
26:19alors il y a des considérations
26:21peut-être tactiques
26:22avec les partis politiques
26:23qui sont peut-être
26:23plus difficiles à manipuler
26:24parce que
26:25chacun a des cartes cachées
26:28évidemment
26:28et ces cartes cachées
26:29elles concernent
26:30pour tout le monde
26:31la présidentielle de 2027
26:33donc de ce point de vue-là
26:34c'est peut-être plus difficile
26:35d'avancer
26:35en ayant un dialogue franc
26:39en mettant les choses
26:40sur la table
26:40avec les autres acteurs politiques
26:42avec les syndicats
26:43c'est différent
26:44c'est un autre registre
26:46de paroles
26:48peut-être que le Premier ministre
26:49a pensé
26:49qu'en s'adressant d'abord
26:50aux syndicats
26:51il envoyait d'abord
26:52un message
26:53à la France qui travaille
26:54peut-être
26:55je ne sais pas
26:55ou alors peut-être
26:57c'était tout simplement
26:57des questions d'agenda
26:58il faut pas
26:59voilà
27:00bon parfois
27:01voilà
27:01mais c'est vrai que
27:03c'est vrai que le dialogue
27:04avec les politiques
27:05est plus compliqué
27:07je rebondis sur un point
27:10je trouve que
27:10ce que Natacha Polony
27:11a dit
27:12vraiment
27:12c'est le cœur du truc
27:14c'est le cœur du truc
27:15on a un vrai problème
27:16de légitimité
27:17électorale au minimum
27:19dans le pays
27:20peut-être politique
27:21mais en tout cas électorale
27:22c'est clair
27:22les élections de 2024
27:24ont donné
27:25trois vainqueurs potentiels
27:27aucun des trois
27:28ne gouverne le pays
27:29premier vainqueur
27:30envoie
27:30le Rassemblement National
27:31qui gagne les deux tours
27:32envoie quand même
27:33et c'est le deuxième tour
27:34qui est impressionnant
27:35dans le contexte
27:36de l'entre-deux-tours
27:36deuxième vainqueur
27:38le nouveau Front Populaire
27:40avec une majorité de sièges
27:42mais acquise
27:43dans le cadre
27:43du troisième vainqueur
27:44le Front Républicain
27:46c'est aucun des trois
27:47qui gouverne le pays
27:48et on a abouti
27:50à des paradoxes
27:51absolument incroyables
27:52c'est-à-dire
27:53ni Michel Barnier
27:54ni François Bayrou
27:55malgré l'immense mérite
27:57de leur CV
27:57qui est incontestable
27:58n'étaient eux-mêmes
27:59élus au Parlement
28:00donc on a poussé
28:02quand même assez loin
28:03le curseur
28:04de cette intrigue
28:05de légitimité électorale
28:07qui intrigue le pays
28:08les gens ne comprennent plus
28:10où on est
28:10et ce qui se passe
28:12et quand tout est coincé
28:13on regarde vers le haut
28:14vers la tête
28:15les centaines de milliers
28:16de personnes
28:16qui ont manifesté aujourd'hui
28:17l'ont fait aussi
28:18contre Emmanuel Macron
28:19on en parle dans un instant
28:20Jusqu'à 20h
28:22Anne-Sophie Lapix
28:23refait le monde
28:24sur RTL
28:25Anne-Sophie Lapix
28:29on refait le monde
28:30jusqu'à 20h
28:31sur RTL
28:31C'est super important
28:33de continuer l'élan
28:34qui a été initié
28:35le 10 septembre
28:36On a fait dégager
28:37Barnier
28:38Bayeroux
28:39pour faire partir
28:40le cornu
28:40et il faudra que Macron
28:41il dégage aussi
28:42Et pour mettre quoi à la place ?
28:44Pour mettre quoi ?
28:45Mettre un stop
28:45à toutes ces politiques patronales
28:47parce qu'en fait
28:47Macron c'est rien d'autre
28:48que l'état-major
28:49du patronat
28:50Un étudiant parisien
28:52Mathieu
28:53croisé dans la manif
28:54par Valentin Boisset
28:56Emmanuel Macron
28:57se tient à distance
28:58silencieux
28:59mais que peut-il faire d'autre ?
29:01On en parle avec nos invités
29:02Bruno Cotteres
29:03politologue, chercheur au Cevipof
29:04et enseignant à Sciences Po
29:05Bernard Thibault
29:07ancien secrétaire général
29:08de la CGT
29:08Natacha Polony
29:09journaliste et directrice
29:11de la nouvelle revue
29:12L'Audace
29:13Alors savez-vous
29:13autour de cette table
29:14comment les manifestants
29:15nommaient Emmanuel Macron
29:16dans les cortèges
29:17aujourd'hui
29:17Napoléon
29:19Voilà
29:19La popularité d'Emmanuel Macron
29:21est au plus bas
29:21depuis 2017
29:2217% seulement
29:23ont une bonne opinion de lui
29:25dans le dernier sondage
29:26Ipsos
29:27En deux mois
29:27il a perdu 7 points
29:29Il est dans son intérêt
29:31de se taire
29:32de prendre ses distances
29:33Natacha Polony
29:35Alors d'abord
29:36je ne suis pas certaine
29:37qu'Emmanuel Macron
29:38laisse la même postérité
29:40que Napoléon
29:41qui a quand même
29:41créé le code civil
29:42et diverses autres
29:43petites choses
29:44Vous pensez que c'était
29:45un hommage
29:45dans les manifestations ?
29:48Mais je dirais
29:49que le problème
29:50c'est qu'Emmanuel Macron
29:51est largement comptable
29:53de la situation
29:54dans laquelle
29:54nous nous trouvons
29:55Alors il n'est pas
29:56responsable
29:57de la crise
29:58j'allais dire
29:59économique
30:00de la crise
30:01très large
30:02dans laquelle
30:02est le pays
30:03parce que
30:03le déficit commercial
30:07abyssal
30:07de la France
30:08ce n'est pas
30:08Emmanuel Macron
30:10c'est 30 ans
30:10de politique
30:11en revanche
30:12le blocage
30:13des institutions
30:14par un Emmanuel Macron
30:15qui systématiquement
30:17a abîmé
30:18chaque outil
30:19de la constitution
30:20c'est-à-dire qu'il a
30:22méprisé
30:23les corps intermédiaires
30:24il a essayé
30:24de contourner
30:25les votes
30:28par différentes manières
30:29il a utilisé
30:30le 49-3
30:31qui était censé
30:32qui a été pensé
30:33par le général
30:34de Gaulle
30:34pour permettre
30:36d'éviter
30:37les luttes
30:38entre partis
30:38et faire valoir
30:39la volonté du peuple
30:41il l'a utilisé
30:41contre la volonté
30:42du peuple
30:43ensuite
30:43il a utilisé
30:45le conseil constitutionnel
30:47de manière politique
30:48enfin bref
30:49c'est-à-dire qu'il a mis
30:51le conseil constitutionnel
30:53dans une position
30:54intenable
30:55puisqu'il a donné
30:56l'impression
30:57que la décision
30:57du conseil constitutionnel
30:59sur la réforme
31:00des retraites
31:01serait un choix
31:02plus ou moins politique
31:03puisqu'après avoir
31:04utilisé le 49-3
31:05il a offert
31:07la patate chaude
31:08au conseil constitutionnel
31:09ce qui était
31:10une folie
31:11qui a abouti
31:12à ce qu'on soit obligé
31:13de protéger
31:13le conseil constitutionnel
31:14par des CRS
31:16ce qui est
31:16en république
31:17totalement fou
31:18bref
31:19Emmanuel Macron
31:20en fait
31:21est un problème
31:24dans la tête
31:25de beaucoup
31:26de citoyens français
31:27le problème
31:28supérieur
31:29c'est que
31:30sa démission
31:31serait une catastrophe
31:32pourquoi ?
31:33parce qu'il n'y aurait
31:34que 40 jours
31:35de campagne présidentielle
31:37et donc
31:38une fois de plus
31:39les grands débats
31:41que nous devons
31:42tous avoir
31:43collectivement
31:43on ne les aurait pas
31:45donc ça ferait le lit
31:46des extrêmes
31:47des démagogies
31:48et ça ce serait
31:49catastrophique
31:50Bernard Thibault
31:51est-ce que vous attendez
31:51quelque chose
31:52d'Emmanuel Macron ?
31:53en tant que président
31:54de la république
31:54oui une prise de conscience
31:56il est le président
31:57de la république
31:58donc il doit avoir
31:59il doit prendre conscience
32:00qu'une majorité
32:01de la population
32:02est fort mécontente
32:03de la situation
32:04et qu'à ce titre-là
32:06je participe
32:07à certains débats
32:08en ce moment
32:09des 30 ans
32:10du mouvement
32:10de 95
32:11d'ailleurs ça ne me
32:12rajeunit pas
32:13on vieillit tous
32:14à l'époque
32:15la configuration politique
32:16était différente
32:17c'est le plan Juppé
32:18c'est le premier ministre
32:19le plan Juppé
32:20et dans les russes
32:21c'était démission
32:22Juppé démission
32:23c'était pas
32:24Chirac démission
32:25c'était le président
32:25de la république
32:26alors naturellement
32:27sans doute que Jacques Chirac
32:29était dans le coup
32:31du plan Juppé
32:32je veux dire par là
32:32qu'il était au courant
32:33il s'était fait élire
32:35sur la fracture sociale
32:36et il nomme Alain Juppé
32:38et il trahit
32:40toutes ses promesses
32:41de campagne
32:41il s'est fait élire
32:41sur la fracture sociale
32:42et au mois de novembre
32:44on nous présente
32:44un plan de restrictions
32:46je ne rentre pas dans le détail
32:46sur la sécurité sociale
32:48ou là aussi
32:48fort mécontentant
32:49plus une remise en cause
32:51des droits
32:52dans la fonction publique
32:53les services publics
32:54sont aussi très présents
32:56dans les protestations
32:56oui oui c'est vrai
32:57les services publics
32:58et je parle aussi
32:59des jujagers
33:00parce que ça participe
33:02aussi de l'environnement
33:02général dans un pays
33:03comme la France
33:04la suppression d'une gare
33:05d'un guichet de poste
33:06d'une classe
33:07d'un hôpital
33:08qui appuie assez
33:09de personnel
33:10pour maintenir
33:11tous ses services
33:11ça aussi ça dégrade
33:14l'atmosphère
33:15à une puissance
33:16très très importante
33:17bref je reviens
33:18à cette époque là
33:19à un moment donné
33:20lorsque le mouvement
33:21était trop important
33:22la France était paralysée
33:23le président de la république
33:25a dit
33:25cher Alain
33:26il faut qu'on arrête
33:28il faut qu'on arrête
33:29il faut trouver le moyen
33:29d'en sortir
33:30donc stop
33:31alors il n'a pas tout stoppé
33:32mais suffisamment
33:33pour dénouer la crise
33:34qui était installée
33:35dans le pays
33:36et donc là il doit dire
33:37stop Emmanuel Macron
33:37le problème d'aujourd'hui
33:38c'est que toutes les décisions
33:39viennent de lui
33:40on a une personnalisation
33:42excessive à mon avis
33:43il y a un détournement
33:44des outils
33:45de la constitution
33:46est-ce qu'il faut les changer
33:47les moderniser
33:48sans doute
33:48en tout cas
33:49il faut arrêter
33:50de gouverner comme ça
33:51ça ne peut pas être
33:51un seul homme
33:52ou une seule femme
33:52qui décide de tout
33:53en toutes circonstances
33:54quelles que soient
33:55les opinions
33:55qui s'expriment dans un pays
33:56c'est pas possible
33:57unanimité des syndicats
33:59contre la réforme des retraites
34:00absence de majorité parlementaire
34:02même dans la majorité
34:04ça fluctue
34:05on sort un outil
34:06c'était une des rares mesures
34:08qu'il avait annoncées
34:09lors de sa campagne
34:0949-3
34:10et bien faisons 49-3
34:12sur la réforme de la fiscalité
34:13en France
34:14faisons un 49-3
34:15sur le contrôle des aides publiques
34:17aux entreprises
34:17procédons comme ça
34:18mais pour d'autres objectifs
34:20pas uniquement pour s'attaquer
34:21aux droits sociaux
34:22ou avoir des politiques économiques
34:24qui sont très négatives
34:24je vous fais réagir quand même
34:25Bruno Cotteres
34:26il nous reste très très pétent
34:27c'est sûr que la popularité
34:28d'Emmanuel Macron
34:29est maintenant à un niveau
34:30qui est vraiment
34:31très très très très bas
34:33et ce qui est vraiment curieux
34:35c'est que son image
34:36s'est figée assez vite
34:37au fond quand on suit
34:38en long terme
34:39depuis 2017
34:40l'image s'est figée assez vite
34:42le tournant évidemment
34:43c'est la crise des gilets jaunes
34:44c'est un très grand tournant
34:45et d'une certaine manière
34:46il n'est jamais revenu
34:48sur les rails
34:49il est sorti des rails
34:50à ce moment là
34:51et ça correspond
34:52à un gros problème
34:53de l'opinion
34:53par rapport à Emmanuel Macron
34:55c'est où est-ce qu'il veut aller
34:56où est-ce qu'il va
34:57En deux mots Natacha
34:58En deux mots
34:58je pense qu'il y a eu
34:59un malentendu en 2017
35:00il apportait un souffle
35:02une promesse de renouveau
35:03alors que son diagnostic
35:05sur l'état de la France
35:06et du monde
35:06était en fait erroné
35:08il n'avait pas compris
35:09qu'on arrivait au bout
35:11de ce cycle
35:11de mondialisation néolibérale
35:13que les empires
35:14s'étaient réveillés
35:15et s'affrontaient
35:16et qu'il fallait défendre
35:17la souveraineté de la France
35:19et l'indépendance de l'Europe
35:20dans ce cadre là
35:21et donc
35:22c'était mal emmanché
35:23à ce moment là
35:24Merci beaucoup
35:25merci à vous
35:26d'être venu débattre
35:27sur ce plateau
35:27demain Thomas Soto
35:28recevra Didier Lallement
35:29l'ancien préfet de police de Paris
35:31quant à Marc-Olivier Fogel
35:33il accueillera la mère de Philippines
35:35la jeune fille assassinée
35:36dans le bois de Boulogne
35:38par un OQTF
35:40un homme sous OQTF
35:41il y a maintenant
35:41un an
35:42il est l'heure de retrouver
35:44André Dusselier
35:45bonsoir André
35:46on a besoin d'une belle histoire
35:47ce soir
35:47quel est le programme ?
35:49bonsoir Anne-Sophie
35:49dans un instant
35:51et bien je vais vous raconter
35:52l'histoire de Bruce Lee
35:53des rues de Hong Kong
35:55au studio d'Hollywood
35:56je vais vous raconter
35:58comment le Petit Dragon
35:59est devenu une légende
36:01des arts martiaux
36:02et du cinéma
36:03on en parle tout de suite
36:04sur RTL
36:05une histoire de Petit Dragon
36:07avec vous André
36:07merci beaucoup
36:08il est 19h59
36:10sur RTL
36:11et du cinéma
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