00:00Thomas Soto, RTL Matin.
00:03L'interview d'RTL Matin avec Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France et ancienne candidate LR à la présidentielle de 2022.
00:09Bonjour et bienvenue Valérie Pécresse.
00:11Bonjour.
00:11Et merci d'avoir choisi RTL pour faire votre rentrée.
00:14Une rentrée qui pourrait bien ressembler à une sortie pour François Bayrou dans 10 jours.
00:17Est-ce que vous, vous le soutenez le Premier ministre ? Est-ce qu'il faut sauver François Bayrou quoi qu'il en coûte ?
00:23Je pense que ce qui va se passer le 8 septembre, c'est pas un vote de confiance, mais c'est un vote de responsabilité.
00:29Et la droite républicaine à laquelle j'appartiens, elle ne peut pas se défausser face à cette responsabilité.
00:38Il faut voter la responsabilité.
00:44Le mot confiance, il vous dérange j'ai l'impression.
00:45Oui, parce que j'aime pas ce budget.
00:47Je pense que le budget qui nous est présenté est un budget de colmatage, comme celui de l'année dernière d'ailleurs.
00:55C'est pas un budget de réforme.
00:56C'est un budget qui envoie un certain nombre de mauvais signaux, trop de hausses d'impôts.
01:01C'est un budget où on demande de travailler plus sans gagner plus.
01:05Donc c'est évident qu'un Premier ministre de droite, avec une majorité de droite, n'aurait pas à présenter ce budget.
01:10Donc il faut qu'il reste, mais comme un moindre mal.
01:12Le problème, c'est qu'il faut voter, colmater le navire, pour pas que la France chaville.
01:19Voilà, c'est ça le sujet.
01:20Et donc, il faut avoir un budget.
01:23Si la France n'a pas de budget, on a un risque de crise financière extrêmement fort.
01:27On le connaît.
01:29Moi, j'ai vécu cette situation.
01:31En 2011, on a eu la crise des dettes souveraines.
01:33On a eu une vague très très forte de spéculation contre la France.
01:38Mais à l'époque, en 2011, on avait une majorité au Parlement.
01:42Et on avait une marge de manœuvre fiscale.
01:44Et on a stoppé toutes les dépenses.
01:46Donc on a pu réagir.
01:48À l'époque, vous vous souvenez, on avait perdu le triple A, etc.
01:50Donc on a vécu cette situation.
01:52Dès que les taux d'intérêt augmentent d'un point, c'est 3 milliards de dépenses en plus.
01:56Et c'est cumulable.
01:57Donc si vous voulez, cette crise financière, c'est pas un mythe.
02:01C'est quelque chose qui peut arriver.
02:02Vous êtes un peu comme votre vice-présidente à la région, Florence Portelli, qui a dit en substance
02:05« Il faudra voter la confiance, mais avec un mouchoir sur le nez, quoi, en gros. »
02:09Ce n'est pas un vote d'adhésion, c'est un vote de raison.
02:12Mais vous savez, la raison, c'est quand même une valeur, une vertu en politique, d'être raisonnable.
02:18C'est une vertu en politique de ne pas vouloir le désordre et le chaos.
02:22Parce que l'autre risque, à part la crise financière, c'est quand même aussi le désordre dans la rue.
02:27Ces bloqueurs, cette LFI, qui est aujourd'hui dans une surenchère absolument démente,
02:32qui accuse la police, qui veut mettre les préfets en prison, qui appelle à tout bloquer.
02:36Il est LFI, je crois, Jean-Luc Mélenchon.
02:39Donc, c'est la LFI.
02:41Et par ailleurs, une fois encore, on voit quoi ?
02:43Le danger aujourd'hui, c'est plus LFI que le RN en France.
02:46Mais qu'est-ce qu'on voit aujourd'hui ? J'allais y venir.
02:48Qu'est-ce qu'on voit aujourd'hui, M. Soto ?
02:50C'est que les extrêmes, comme d'habitude, se font à la courte échelle
02:54et se retrouvent pour, en réalité, mettre le pays par terre, pour provoquer le chaos.
02:59Ils veulent tous les deux mettre M. Bayrou hors du jeu.
03:04Il y a le parti socialiste aussi, il y a les écologistes, il y a le parti communiste.
03:09Il y a une partie des députés LR, ça ne vous a pas échappé ?
03:12Mais je comprends qu'une partie des députés de la droite républicaine
03:16ne soit pas, j'allais dire, à l'aise avec ce budget.
03:20Je ne suis pas à l'aise avec ce budget.
03:22Moi, j'ai fait des propositions un peu audacieuses,
03:24complètement différentes, de suppression des agences,
03:27de réforme de la fonction publique,
03:29de réforme de l'hôpital,
03:32avec de suppression des doublons.
03:33Donc, j'ai fait des propositions qui, aujourd'hui, malheureusement,
03:36avec l'absence de majorité au Parlement,
03:39ne seraient jamais adoptées.
03:40Donc, il faut être raisonnable et il faut voter contre le chaos.
03:43Est-ce qu'il faut faire payer les riches et faire payer les boomers,
03:45comme l'a dit François Bayrou, qui sont majoritairement à la retraite ?
03:48C'est les retraités qui disent, oui ou non ?
03:49Mais, vous savez,
03:51qu'on mette toujours un peu de justice
03:53dans nos politiques,
03:55c'est possible.
03:56Qu'il puisse y avoir besoin
03:58d'équilibrer les prélèvements fiscaux,
04:01c'est une chose. Mais le problème, c'est qu'on paye trop d'impôts en France.
04:04Le problème, aujourd'hui, c'est que ce budget
04:06est un budget qui augmente encore les impôts.
04:09La vérité, c'est qu'il faut baisser les dépenses,
04:12il faut repérimétrer l'État.
04:13Il y a des doublons partout.
04:15Il y a une bureaucratie,
04:16c'est Bayrou qui l'a dit,
04:17qui nous coûte 3% du PIB.
04:19On a des duplicatas,
04:21des agences,
04:22des doublons,
04:23sur toutes les politiques.
04:24Donc, ce travail, il doit être fait.
04:26Mais, pas dans l'urgence,
04:27on n'a pas le temps.
04:28Aujourd'hui, il nous faut un budget.
04:30Parce que si on n'a pas de budget,
04:31les taux d'intérêt vont s'envoler.
04:32Et c'est les ménages qui paieront
04:34si les taux d'intérêt s'envolent.
04:35François Bayrouille veut donc faire
04:3644 milliards d'économies
04:37dans son projet de budget.
04:38Non, ce n'est pas 44 milliards d'économies,
04:40c'est 44 milliards d'efforts.
04:41Des dépenses en moins.
04:41Des dépenses en moins.
04:42Non, non, ce n'est pas des dépenses en moins.
04:43C'est des forts.
04:44Ça veut dire qu'en fait,
04:45la moitié, c'est des impôts.
04:46La hausse des franchises médicales,
04:48le gel du barème de l'impôt sur le revenu,
04:52la fin des niches fiscales,
04:53les deux jours fériés travaillés,
04:55c'est des hausses d'impôts en réalité.
04:57Mais c'est de l'effort.
04:5744 milliards d'efforts.
04:5844 milliards d'efforts.
05:00Il est un peu monsieur plus sur cet effort,
05:02on va dire.
05:02Mais est-ce que vous le mettez dans le sac
05:04de ceux qui ont cramé la caisse,
05:06pour reprendre l'expression
05:06que vous aviez utilisée
05:07lors de la campagne de 2022 ?
05:09Bien sûr.
05:11Le problème, j'ai entendu dire
05:14le Premier ministre
05:15qu'on avait tout sacrifié
05:17à l'hôtel des boomers.
05:19Mais la vérité, c'est que
05:20les pouvoirs politiques
05:22ont tout sacrifié
05:23sur l'hôtel de l'électoralisme
05:25et du cramage de la caisse.
05:27Lui compris ?
05:27Bien évidemment,
05:28le quoi qu'il en coûte,
05:29il l'a soutenu.
05:30Moi, en 2022,
05:32j'étais la seule à faire campagne
05:33sur le thème
05:33« Attention, méfiance,
05:35avec 2000 milliards de dettes de plus,
05:37comment on va faire demain ? »
05:38Je l'ai dit aux chefs d'entreprise
05:40qui ne m'ont pas écoutée,
05:41je l'ai dit aux Français,
05:42je n'ai pas vraiment trouvé mon public,
05:43on va dire ça.
05:44Mais je regrette
05:46de ne pas avoir été entendue
05:47parce que quand je vois
05:48la lente glissade
05:50depuis 2022
05:51de notre pays,
05:53je me dis
05:53que j'aurais aimé
05:54être plus écoutée
05:55sur ce point,
05:56en tout cas,
05:56parce que si on avait pris
05:57des mesures dès 2022
05:58de correction,
05:59on n'en serait pas là.
06:00Valérie Pécresse,
06:01si le gouvernement chute,
06:02ce qui reste ce matin,
06:02la probabilité la plus forte,
06:04il faudra faire quoi derrière ?
06:05Il faudra faire un collectif
06:06pour la France
06:07de fort à Retailleau
06:08comme le demande
06:09le ministre François Rebzamène,
06:10il faudra que chacun
06:11reprenne ses billes.
06:12Il faudra faire quoi ?
06:13Il faudra dissoudre ?
06:14Moi, je crois qu'il faut
06:15garder du sang froid,
06:16beaucoup de sang froid
06:17et il faut agir avec méthode.
06:19Je pense qu'on a joué déjà
06:21assez aux apprentissanciers
06:23avec la première dissolution.
06:25Donc, pas de deuxième ?
06:26Non, ce n'est pas ce que j'ai dit.
06:27J'ai dit qu'il faut être méthodique.
06:28Il y a des étapes.
06:29La première étape,
06:29c'est d'essayer
06:30de donner un budget à la France.
06:31On a trois mois pour ça.
06:33Il y a un compte à rebours
06:34qui a commencé,
06:34on a trois mois.
06:36Il faut essayer de donner
06:36un budget.
06:37Ça veut dire qu'il faut
06:38essayer de trouver
06:38une voie de passage
06:39de non-censure
06:41avec les partis
06:42qui sentent...
06:44C'est peu probable,
06:45mais ça existe.
06:46Donc, il faut tenter cette chance.
06:47Cette chance,
06:48on ne peut pas la laisser passer.
06:49Ça, on l'a entendu.
06:49Ça veut dire qu'il faut
06:50essayer de trouver
06:51une équipe gouvernementale
06:52qui remplacerait à ce moment-là
06:53François Bayrou
06:54et qui essaierait
06:55de faire passer un budget
06:56avec des compromis.
06:57Des socialistes au LR ?
06:58Moi, je pense que les socialistes,
06:59aujourd'hui,
06:59ils sont en train de perdre
07:00complètement leur âme.
07:01Ils sont en train de s'allier
07:02avec la LFI
07:03et ils sont en train de plonger
07:04la France dans le chaos.
07:05Donc, oui, je pense
07:05qu'on peut aller dialoguer
07:07avec les socialistes.
07:08Je pense aussi
07:08que le RN
07:10n'aura peut-être pas envie
07:11d'être complètement associé
07:13à la LFI
07:13dans le bordel ambiant
07:15qui risque d'être généré
07:16par le vote du 8 septembre.
07:18Donc, voilà ce que je crois.
07:19Il y a une petite chance
07:20de faire ça.
07:21Et si la France
07:22est ingouvernable,
07:24si on n'arrive pas
07:24à trouver cette voie de passage,
07:26alors le retour aux urnes
07:27sera inéluctable,
07:29bien évidemment.
07:29Valérie Pécresse,
07:31une macroniste à Paris,
07:31Rachida Dati,
07:32qui est officiellement
07:33la candidate DLR à Paris
07:34pour les municipales
07:35des 15 et 22 mars prochains.
07:36Ça vous va ?
07:37Vous êtes contente ?
07:38Écoutez, moi je soutiens
07:38la candidature de Rachida
07:40à Paris
07:40et je vais vous dire pourquoi.
07:42C'est parce que
07:43Rachida a travaillé.
07:45Rachida a fait le job.
07:47Elle a été
07:47dans une opposition
07:48très déterminée
07:49à Anne Hidalgo.
07:51Elle a combattu
07:52toute une politique
07:53qui conduit
07:54à appauvrir Paris,
07:55à malheureusement
07:56enlédir Paris,
07:58à affaiblir Paris.
07:59et je crois qu'aujourd'hui
08:01on a besoin
08:01d'une capitale
08:02qui rayonne,
08:03on a besoin
08:03d'une autre écologie,
08:04une écologie
08:05qui n'est pas punitive,
08:06mais une écologie
08:06du bien-vivre.
08:08On a besoin
08:08de remettre
08:09des classes moyennes
08:09à Paris.
08:10Donc vous votez Dati ?
08:10Moi je soutiendrai
08:12Rachida Dati
08:12et je veux
08:13qu'on gagne Paris
08:14parce que c'est un symbole,
08:15parce que cette ville
08:16elle est en train
08:17de plonger
08:18et moi je ne peux pas
08:19laisser la ville capitale
08:20de ma région
08:21plonger.
08:23Lundi ce sera
08:23la rentrée scolaire,
08:24la région est en charge
08:25des lycées.
08:26Est-ce que vous pouvez
08:29est-ce que vous êtes sereine ?
08:32La montée de la violence
08:33dans les lycées
08:34c'est malheureusement
08:35une réalité
08:35à laquelle je suis confrontée
08:37depuis dix ans.
08:39C'est pour ça que j'ai créé
08:39d'ailleurs des brigades
08:40régionales de sécurité,
08:41j'ai investi
08:42des centaines de millions d'euros
08:43dans la sécurisation,
08:44la vidéoprotection.
08:46Ces brigades de sécurité
08:47aujourd'hui c'est
08:47100 personnes.
08:49On a commencé à 25.
08:50Pourquoi 4 ?
08:51Pour 500 lycées.
08:52C'est des brigades volantes
08:53qui se déplacent,
08:54elles ont fait 1500
08:55interventions l'année dernière.
08:56Mais je viens d'annoncer
08:57que d'ici la fin
08:59de mon mandat,
08:59je doublerai
09:00ces effectifs.
09:01Parce qu'on a besoin
09:02aujourd'hui d'avoir
09:03des équipes
09:04qui apaisent
09:05dans les lycées.
09:06On vient de créer...
09:06Il y aura des contrôles
09:07renforcés pour empêcher
09:08les armes blanches,
09:09les couteaux
09:09de rentrer dans les établissements.
09:11On sait qu'il y a eu
09:12ce drame
09:12du mois de juin.
09:15Je crois qu'il y a
09:18trois choses.
09:19La sécurisation
09:19du périmètre des lycées
09:21avec la vidéoprotection
09:22qui permet aussi
09:23de lutter contre
09:24tous les trafics,
09:25les deals,
09:25le racket.
09:26On a la présence humaine
09:27de ces brigades de sécurité
09:28qui peuvent venir
09:29en renfort
09:30des équipes
09:31des lycées.
09:32Et puis,
09:32on a la prévention.
09:33Parce que le vrai phénomène,
09:35c'est les rixes.
09:36Ces rixes de bandes
09:37qui sont un phénomène
09:39qui se répand
09:39dans toute la France
09:40mais qui est très singulier
09:41en Ile-de-France.
09:42Il faut savoir
09:42que l'Ile-de-France
09:43concentre 70%
09:44des rixes
09:45de toute la France.
09:45Moi, je suis sereine
09:48parce que j'ai pris
09:48des mesures
09:49pour amener le calme
09:51et faire en sorte
09:51que les lycées
09:52puissent être des sanctuaires
09:53et c'est ce que je souhaite
09:54parce que la jeunesse,
09:56c'est l'avenir
09:56et les lycées,
09:58c'est mon premier budget,
10:00ma première priorité.
10:01Merci Valérie Pécresse
10:01d'être venue sur...
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