00:00RTL Matin
00:04C'était il y a tout juste 80 ans, le 15 août 1944, 350 000 hommes prenaient d'assaut les côtes de Provence
00:11pour ouvrir un deuxième front dans la libération de la France,
00:14un événement majeur de la fin de la seconde guerre mondiale qui sera commémoré aujourd'hui,
00:18notamment par le chef de l'État.
00:20Renaud Muselier, vous êtes le président de cette région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
00:23On dit souvent que cet autre débarquement est oublié, voire même un peu méprisé,
00:27éclipsé en tout cas par celui de Normandie, deux mois plus tôt.
00:31Il faut rendre justice à ce moment, c'est un événement majeur au contraire ?
00:35C'est un événement majeur et puis c'est un événement dans lequel,
00:39sur les 350 000 hommes dont vous avez parlé, il y en avait 260 000 qui étaient français.
00:43Donc c'était les fameux commandos d'Afrique, les Pieds-Noirs, les musulmans, les Corses,
00:49tous ceux qui étaient dans la France libre, qui sont venus ici sur la côte méditerranéenne
00:56avec un choix bien particulier qui était de dire qu'il faut faire la jonction
01:00avec le débarquement là-haut en Normandie et donc il faut se poser dans le Var
01:07près des ports en eau profonde sur Toulon et Marseille.
01:10Donc c'est un enjeu stratégique énorme et c'est ce débarquement
01:14qui a permis à la France d'être à la table des vainqueurs après la guerre.
01:21C'est le deuxième débarquement, c'est un débarquement essentiel pour la puissance de la France et son rayonnement.
01:29Vous parliez de ces 250 000 soldats français, ceux de l'armée B comme on l'appelait,
01:35composée des troupes qui étaient issues des colonies en Afrique.
01:38Ce souvenir de ce débarquement, Renaud Muselier, c'est aussi leur rendre hommage
01:41parce que c'est clair, jusqu'à tard dans notre histoire, on les a un peu oubliés et mis de côté.
01:47Oui, comme on a oublié d'ailleurs ce débarquement au profit de celui de Normandie,
01:53on a oublié les hommes qui ont composé cette liberté.
01:58C'était la France avec ses colonies, c'était les Français libres qui étaient à l'extérieur
02:04et qui très tôt ont pris les armes contre le régime de Vichy et contre les nazis.
02:09Et donc on se retrouve avec aujourd'hui une commémoration avec un certain nombre de responsables africains,
02:15avec aussi un hommage à tous ceux qui ont servi la France,
02:20les pieds-noirs, les musulmans dont vous parlez,
02:23qui ont regagné leur colonie après, commencé par l'Algérie ou l'Indochine, après cette libération.
02:30Alors il y aura en effet, vous le dites, des représentants de la Tunisie, de la Côte d'Ivoire,
02:34du Cameroun, du Sénégal, du Maroc ou encore du Togo qui seront présents.
02:38C'est peut-être aussi l'occasion d'aller donner un petit coup de frais aux relations
02:43qui sont parfois tendues entre notre pays et ces pays.
02:47Oui, c'est des relations comme souvent les relations de pays qui ont accédé à la liberté,
02:55donc à la décolonisation et ça ne s'est pas toujours passé très bien,
03:00mais il y a des endroits où ça s'est plus ou moins bien passé.
03:03Et puis c'est tellement vieux aussi que les jeunes générations,
03:07qui ont souvent fait leurs études en France d'ailleurs pour la plupart,
03:10veulent avoir leur propre liberté et c'est tout à fait normal et légitime.
03:13Et cette liberté-là, elle se fait parfois avec des frottements un peu durs.
03:18Puis les enjeux sur le continent africain sont très différents.
03:21Tout ce que vous avez sur le Maghreb, le Machrek,
03:24c'est en sorte que ce n'est pas sur le plan géopolitique la même chose que sur l'Afrique noire.
03:28Et on voit bien les difficultés en Afrique noire de maintenir la démocratie
03:32au profit d'autocraties ou de dictatures avec notamment une pression des Russes très importante.
03:38Alors ces commémorations commencent à 9h ce matin,
03:40donc dans un peu plus d'une heure, à la nécropole de Bouloris près de Saint-Raphaël.
03:44Est-ce que ce lieu, comme le mémorial du Mont-Faron à Toulon par exemple,
03:48sont très visités au cours de l'année ?
03:50Je pense aux vétérans, c'est le cas, on le sait, en Normandie.
03:53En clair, est-ce que le souvenir de ce débarquement,
03:56c'est une composante du tourisme dans votre région ?
04:00En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'à toutes les fêtes commémoratives
04:06de libération des différentes guerres en fait,
04:09il y a la volonté des élus locaux, des maires,
04:13de mobiliser les jeunes, les anciens combattants,
04:16le drapeau français et faire un rappel historique.
04:19En ce qui concerne, et donc ça existe,
04:22il y a une vraie vie autour de ces centres de villages la plupart du temps,
04:25avec ces commémorations.
04:27Là, sur les opérations du 80e anniversaire,
04:30la région, le comité régional du tourisme,
04:33on a fait des cartes, des kits pour faire en sorte
04:38que tous ceux qui viennent cet été dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur,
04:41au-delà du tourisme et de la joie du tourisme,
04:44profitent de notre beau territoire.
04:46Il y a aussi le passage de ces hommes,
04:48et voir qu'à côté de la plage, là où ils étaient,
04:51il y a des hommes qui se sont battus,
04:53avec le soutien très important aussi, il faut le rappeler,
04:57de toutes les forces intérieures,
05:00les FFI, qui ont préparé le terrain
05:03de façon à faciliter la tâche des hommes qui débarquaient.
05:07Et donc il y a une vie intérieure dans ce département,
05:10et puis après plus tard dans la Provence,
05:12en descendant sur Marseille, très importante,
05:14et donc on a essayé de rappeler ce qui s'était passé,
05:17là où ça s'était passé, comment ça s'était passé,
05:20et c'est un travail pédagogique intéressant,
05:22et qui est très suivi par les touristes.
05:25Donc oui, je pense que ce passé intéresse.
05:29Alors, je le disais en commençant, Renaud Muselier,
05:31Emmanuel Macron va présider cette commémoration,
05:33aujourd'hui et demain.
05:34On attend peut-être une allusion, une déclaration
05:37du Président de la République sur la situation politique
05:40qui est assez inédite en France.
05:42Un gouvernement démissionnaire qui gère les affaires courantes,
05:44comme on dit, pas de nouveau ou nouvelle Premier Ministre.
05:47Vous connaissez bien Emmanuel Macron,
05:49vous l'avez soutenu en 2022,
05:50en rejoignant le parti Renaissance,
05:52après avoir quitté Les Républicains.
05:54Est-ce que vous diriez qu'il est temps,
05:55après l'épisode olympique, de reparler politique ?
06:00Je pense qu'on en a toujours parlé,
06:01puis les Français adorent ça.
06:06Mais on en a parlé avec une fierté autour de la France,
06:11de l'organisation de ces Jeux,
06:13et puis ces Jeux ont calmé les choses, en fait,
06:16parce que la situation était extrêmement tendue
06:19entre les uns et les autres.
06:21Et c'était tous les gronchons, tous les rognons,
06:25tout ce que j'appelle l'épice vinaigre,
06:28qui prenait l'ascendant sur tout,
06:30et les Jeux ont rappelé la puissance de la France,
06:32sa capacité d'action,
06:34sa capacité d'organisation sécuritaire.
06:36Et finalement, quand on est un peu positif de son cerveau,
06:39avec cette espèce d'optimisme combat, en tout cas,
06:41qui est le mien,
06:42ça va toujours beaucoup mieux.
06:43Voilà, ça c'est une première chose.
06:45Bien sûr, la vie politique va reprendre son ascendant,
06:49le Parlement, conformément à la loi, reprendra en octobre.
06:54Très nettement, ça s'est plutôt bien passé cet été.
06:57Donc, il n'y a pas eu de désastre.
07:01Alors bien sûr, il faut avoir une vie parlementaire,
07:03c'est en octobre.
07:04Bien sûr, il faut respecter le vote des Français,
07:06et il sera respecté.
07:07Bien sûr, ce n'est pas dégagé de majorité,
07:10qu'une majorité relative,
07:11qui nous a donné quelque part la victoire.
07:14Si on peut parler de victoire,
07:16tout ça est très relatif.
07:18Et donc, il faut apprendre à apaiser le débat politique,
07:21à se parler,
07:22et à trouver des moyens de faire avancer le pays,
07:25et ne pas se battre toute la journée
07:27sur souvent des choses secondaires et accessoires.
07:29Pour rester dans l'imagerie sportive,
07:31dans la cour,
07:32dans ce marathon vers Matignon,
07:34pour l'instant, en tous les cas,
07:35il y a Lucie Castex pour le Nouveau Front Populaire,
07:37il y a Xavier Bertrand,
07:38votre ancien collègue des Républicains,
07:39et Bernard Casse-Neuve,
07:41qui fut le dernier Premier ministre de François Hollande,
07:43ex-membre du PS.
07:44Qui aurait là, comme ça, votre préférence ?
07:48Castex, c'est sûr que non.
07:52Elle est soutenue par une espèce de truc bizarre,
07:55pilotée par les Insoumises,
07:59qui ne correspond à rien en réalité,
08:03si ce n'est qu'ils ont souvent été élus,
08:07comme les autres d'ailleurs,
08:08en disant qu'on ne veut pas du racisme national,
08:10on ne veut pas des extrêmes,
08:11mais on voit bien que dans les forces de gauche,
08:14tout cela est piloté par les Insoumises,
08:16et ça ne fonctionne pas.
08:17Parallèlement à ça,
08:19je suis très lié, moi, avec Xavier Bertrand,
08:23qui est président de région,
08:24et qui est très efficace.
08:25Est-ce qu'il apporte une solution complémentaire ?
08:28Il y a des solutions politiques,
08:29il peut y avoir des solutions politiques,
08:30il peut y avoir des solutions politico-techniques.
08:32Vous savez, Mme Borne a été un très bon Premier ministre,
08:36c'était une femme issue de la gauche,
08:38qui était plutôt une technicienne,
08:39avant de devenir une politique.
08:41M. Castex, lui, était plutôt issue de la droite,
08:46mais en même temps un haut fonctionnaire,
08:49donc il y a plusieurs hypothèses qui peuvent se mettre en place.
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