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00:02 Julien Cellier, Marion Calais et Cyprien Signy.
00:07 RTL bonsoir jusqu'à 20h.
00:09 RTL bonsoir, la suite 18h19 avec notre invité, événement maintenant 24h après ce coup de tonnerre à l'Assemblée, cette motion de rejet.
00:18 Les députés ont refusé d'examiner le fameux projet de loi immigration. Les oppositions se sont liguées contre le gouvernement.
00:25 Ce soir notre invité est le ministre en charge des relations avec le Parlement. Bonsoir Franck Riester.
00:29 Les réunions de crise se multiplient depuis 24h, dîner à l'Elysée d'ailleurs encore ce soir.
00:35 Qu'est-ce qu'il vous a dit Emmanuel Macron au Conseil des ministres ce matin ?
00:38 Parce qu'on sent le gouvernement et la majorité un peu grogui.
00:41 Il nous a demandé de continuer le chemin parlementaire, d'aller jusqu'au bout de ce travail parlementaire,
00:49 de ce qu'on appelle la navette parlementaire pour avoir un texte, pour répondre aux enjeux qui sont les nôtres
00:54 qu'on a évoqués depuis maintenant de nombreux mois en matière d'immigration, en matière de protection de nos compatriotes,
01:00 en matière d'intégration. Et donc le processus continue. Une CMP va être réunie.
01:06 Une commission mixte paritaire.
01:07 Une commission mixte paritaire composée de 7 députés, 7 sénateurs, comme ça se fait dans beaucoup de textes,
01:14 pour avoir, on l'espère, un accord qui puisse ensuite être voté par l'Assemblée nationale et par le Sénat.
01:21 Dès ce week-end, la première réunion pour la commission.
01:24 On ne s'est pas calé. Ce sont les présidents des deux chambres et les présidents des commissions concernées,
01:29 donc la commission des lois, qui doivent définir la date.
01:31 On souhaite que ça soit assez rapidement, sans précipitation, mais assez rapidement,
01:35 parce qu'on veut que le texte puisse aller à son terme.
01:39 Et ensuite, il y aura des discussions, évidemment, de préparation de la CMP, et en CMP pour avoir un texte.
01:45 Est-ce que ça veut dire que la droite a gagné ? Parce qu'elle veut durcir ce texte en commission mixte paritaire.
01:50 Vous êtes prêts à voter un texte plus dur ?
01:52 Ce qui compte, c'est que la France et les Français gagnent à la fin.
01:54 Utiliser un texte qui permette de répondre aux questions évoquées par Gérald Darmanin.
01:59 Après la République, pas la première ministre.
02:01 En commission mixte paritaire, ça ne fonctionnera pas non plus ?
02:03 Mais ce n'est pas la question du "en même temps", c'est la question de ce qu'il y a dans le texte, et de faire des compromis.
02:08 On demande majorité relative, et à l'Assemblée nationale, nous, la majorité présidentielle,
02:14 il nous manque 40 députés pour avoir une majorité absolue.
02:16 Donc il faut qu'on ait des compromis avec des députés des oppositions constructives.
02:21 Et il y a une Assemblée nationale et un Sénat dans le Parlement.
02:24 Et donc il faut des compromis entre l'Assemblée nationale et le Sénat.
02:27 Et donc c'est ce qu'on fait depuis 18 mois maintenant.
02:29 Et on a 61 textes qui ont été votés définitivement depuis le début de ce quinquennat,
02:35 seuls 5 ont été votés avec le 49-3.
02:38 Donc ça veut dire que tous les autres ont été obtenus avec des majorités plus larges en trouvant des compromis.
02:43 Compromis au sein de l'Assemblée nationale et compromis avec le Sénat.
02:46 Ce texte-là, il était particulièrement important, et notamment pour Gérald Darmanin,
02:50 puisque ça fait plusieurs mois maintenant qu'il le prépare.
02:53 On a la sensation que le compromis est très compliqué.
02:55 D'un côté, il y a la droite et l'extrême droite qui veulent un texte plus dur.
02:59 La gauche, à l'inverse, estime que ce texte est anti-immigration.
03:04 Qu'est-ce que ça veut dire un compromis ?
03:05 Ça veut dire que vous pourriez par exemple abandonner ou détricoter la régularisation des sans-papiers dans les métiers en tension.
03:11 Parce que ça, c'est une ligne rouge pour la droite aujourd'hui.
03:13 Les députés et le gouvernement vont travailler pour essayer d'avoir un compromis qui permette...
03:19 - Mais sur ce point précis, parce que des historateurs...
03:21 - Je ne vais pas vous donner les résultats de la CMP avant qu'elle soit tenue.
03:25 - Non mais vous vous doutez de ce qui va se passer ?
03:26 - Mais non, on va voir, il y aura des débats, il y aura des échanges...
03:29 - C'est une option ?
03:30 - Mais attendez, ne mettez pas la charrue avant les bœufs.
03:34 Vous savez, je vous le dis, moi je suis ministre en charge des relations avec le Parlement,
03:37 sur tous les textes, ça s'est passé comme ça.
03:39 Il y a un passage au Parlement, et progressivement le texte se construit avec des étapes,
03:44 des étapes de commission, parfois des rebondissements comme il y en a là avec la motion de rejet.
03:49 Et puis il y a des CMP, et puis après il y a des votes de CMP si elles sont conclusives.
03:53 Il peut y avoir, si les CMP ne sont pas conclusives, des nouvelles lectures.
03:56 C'est ça le passage au Parlement.
03:58 Et ce n'est pas le ministre que je suis qui va anticiper des résultats, des discussions, avec les parlementaires.
04:04 Ce qu'on veut nous, c'est de pouvoir répondre d'une façon claire aux questions d'éloignement
04:11 de celles et ceux qui méritent d'être éloignés de notre pays.
04:13 C'est de répondre à la question des sanctions sur les passeurs,
04:16 c'est de régler la question de meilleure intégration de nos compatriotes.
04:19 A chaque fois qu'on a eu un vote, y compris des votes avec 49-3,
04:25 le texte final qui a été adopté est un texte différent de celui qu'on a présenté nous, le gouvernement au départ.
04:30 Parce que dans le contexte, on ne peut pas arriver avec notre texte et dire "c'est comme ça" épautrement.
04:34 On est obligé de faire évoluer notre texte en fonction du débat parlementaire
04:38 et de ce que nous disent les oppositions constructives.
04:40 Et bien ça va être la même chose là, sur ce texte "immigration" avec la volonté d'aboutir,
04:45 parce que c'est l'intérêt général.
04:46 Et il faudra que chacun soit à la hauteur de ses responsabilités.
04:50 Alors même que, franchement, vous parliez de la gauche tout à l'heure,
04:53 la gauche qui a déposé une motion de rejet, qui nous fait des leçons de démocratie,
04:57 des leçons de débat à l'Assemblée Nationale,
05:00 et qui a voté une motion de rejet qui empêche le débat de deux semaines à l'Assemblée Nationale.
05:04 Je voudrais juste revenir sur la question que je vous ai posée,
05:06 parce qu'il y a des auditeurs qui nous écoutent et qui travaillent dans des métiers en tension,
05:10 et c'est l'un des sujets de ce projet de loi "immigration",
05:13 des métiers où on a des difficultés à recruter.
05:15 Est-ce que la régularisation des sans-papiers dans ces secteurs-là,
05:19 c'est quelque chose que vous êtes prêts à abandonner ?
05:21 Est-ce que c'est un débat que le gouvernement est prêt à avoir ?
05:24 - Cette question est une question importante qui sera discutée en CMP par les députés et les sénateurs.
05:31 - Ce n'est pas une ligne rouge pour vous aujourd'hui ?
05:33 Garder absolument ce point de vue du débat ?
05:35 - Cette question de la régularisation des personnes qui sont sans-papiers dans les métiers en tension
05:44 est une question qui sera abordée et la réponse à y apporter...
05:47 - Sans tabou ?
05:48 - Bien sûr sans tabou, mais avec une volonté, c'est d'être efficace.
05:52 Et de trouver un compromis pour que l'intégralité de ce qui nous semble nécessaire
05:59 soit votée et adoptée in fine par le Parlement.
06:02 - Franck Riester, vous avez évoqué cette motion de rejet hier qui a été votée à 5 petites voix.
06:06 Il manquait 9 députés de la majorité dans l'hémicycle.
06:09 Ils étaient où ces députés ? Vous n'avez pas compté vos troupes avant le vote ?
06:12 - Moi je vais vous dire, je salue depuis le début du quinquennat la mobilisation des députés de la majorité.
06:17 La majorité est unie, mobilisée et présente.
06:20 Vous ne pouvez pas savoir le nombre de votes, d'amendements, de textes, d'articles
06:24 qui doivent être votés depuis le début du quinquennat
06:26 où on mobilise en permanence les députés de la majorité.
06:30 Hier, ils étaient aussi mobilisés.
06:32 Et il peut arriver qu'ici ou là, il y ait un problème qui empêche tel ou tel de voter
06:38 comme d'ailleurs ça empêche peut-être tel ou tel dans l'opposition de voter.
06:41 Ce que je retiens, et je vous le dis avec beaucoup de sincérité ce soir,
06:46 c'est que les députés de la majorité sont mobilisés et unis.
06:49 Ils l'étaient hier comme ils le sont depuis le début du quinquennat.
06:52 - Est-ce que vous n'avez pas péché par arrogance ?
06:54 Par exemple, il y avait une députée qui était avec Emmanuel Macron hier à Toulouse.
06:58 Ça veut dire que quelque part, dans le décompte, vous vous dites "on n'a pas besoin d'elle" ?
07:02 - À partir du moment où vous avez toutes les oppositions qui se rassemblent pour battre le gouvernement,
07:08 étant donné qu'il nous manque 40 députés, elles battent le gouvernement, ces oppositions.
07:12 - Là, c'est la thématique. Si ces 9 députés étaient là, vous gagnez le vote.
07:15 - Je pense que ce n'est pas la hauteur des enjeux. Je pense que devant les Français,
07:17 ils doivent assumer le fait de dire qu'ils ont, par leur vote, empêché le débat.
07:23 L'alliance des contraires, entre la France insoumise et le Rassemblement national, par exemple,
07:28 pour empêcher le débat sur le sujet de l'immigration, quand nous on essaye d'apporter des solutions et qu'on est prêt au débat.
07:34 Le reste, je vais vous dire, c'est une majorité mobilisée.
07:38 On était encore autour de la Première Ministre tout à l'heure, à midi, tous les députés de la majorité,
07:43 pour fixer le cap, travailler et préparer la CMP qui aura lieu dans les jours qui viennent.
07:49 - Puisque vous avez échangé avec Elisabeth Borne, aujourd'hui, la dissolution, ce n'est pas du tout à l'ordre du jour,
07:54 ce n'est pas une hypothèse sur la table, le Rassemblement national la réclame.
07:58 - Oui, enfin, le Rassemblement national, il nous parle d'immigration matin, midi et soir.
08:02 Et quand il faut parler de l'immigration à l'Assemblée nationale, il vote une motion de rejet des verts.
08:06 Voilà ce qu'est le Rassemblement national.
08:08 Donc nous, dans le cadre institutionnel qui est le nôtre, dans les règles de la Constitution,
08:14 on veut permettre à la France et aux Français d'avoir une législation plus efficace
08:19 pour mieux lutter contre l'immigration clandestine,
08:22 pour mieux renvoyer ceux qui n'ont rien à faire dans notre sol
08:27 et mieux intégrer celles et ceux qu'on veut intégrer dans notre pays.
08:31 Le reste, ça ne nous intéresse pas.
08:33 Et donc là, ça veut dire qu'on se concentre sur la CMP pour avoir un accord avec les sénateurs
08:38 et ensuite avoir une majorité à l'Assemblée nationale et au Sénat pour voter cet éventuel accord en CMP.
08:43 - Et Gérald Darmanin, il pourra encore porter ce prochain texte qui se prépare ?
08:48 Il peut rester ministre de l'Intérieur ?
08:50 - Bien sûr, il est en action, il discute avec les députés et les sénateurs,
08:57 il est ministre de l'Intérieur à 100%
09:00 et il a déployé une énergie considérable depuis le début du passage du texte au Parlement
09:06 et il va continuer de le faire.
09:08 J'étais encore avec lui tout à l'heure.
09:10 On rencontrera bien sûr les différents députés concernés très vite
09:13 et c'est en échange permanent et il est très mobilisé, croyez-moi, plus que jamais.
09:18 - Juste pour terminer, Franck Riester, vous êtes aujourd'hui, on l'a compris,
09:21 ministre en charge des Relations avec le Parlement.
09:23 Vous avez longtemps aussi été ministre de la Culture.
09:25 On a... tout autre sujet était stupéfait quand on a découvert les images la semaine dernière
09:30 d'un Gérard Depardieu obscène dans l'émission Complément d'Enquête.
09:33 J'imagine que vous, l'ancien ministre de la Culture, vous qui connaissez parfaitement cet univers du cinéma,
09:37 vous avez été choqué également par cette enquête ?
09:41 - Cette enquête ? Ecoutez, la justice fait son travail,
09:45 si elle doit faire son travail, je ne suis plus ministre de la Culture
09:48 et je me concentre sur le Parlement, c'est déjà pas mal.
09:50 Vous voyez avec Rima Abdul-Malak... - Vous n'avez pas vu ces images ?
09:53 - Si, j'ai vu très rapidement ces images, mais tous les propos qui sont des propos
09:59 qui rabaissent la femme, qui ont des connotations sexuelles déplacées sont insupportables.
10:07 Maintenant, chacun est dans sa tâche et dans son rôle.
10:11 - Merci beaucoup Franck Riester, ministre en charge des Relations avec le Parlement,
10:14 d'avoir été ce soir notre invité événement dans RTL Bonsoir,
10:18 24 heures après ce coup de tonnerre, on l'a compris, à l'Assemblée Nationale.
10:21 RTL Bonsoir, la suite c'est dans quelques secondes, avec tout autre chose, RTL Inside.
10:26 - Merci, elle a testé pour vous le métier de paneliste, testeur pour les marques,
10:30 ce soir notre reporter est goûteur de beurre.
10:33 - Et puis une nouvelle visoconférence se prépare, Alex le menu ce soir ?
10:37 - Je vais un petit peu revenir sur les événements d'hier.
10:40 - Vous pouvez être sur les stages, je ne vous ennuie pas.
10:43 - Il part en courant ! - Il s'en va, il s'en va !
10:46 - A tout de suite !
10:48 Julien Célier, Marion Calais et Cyprien Séni.
10:51 Sous-titres réalisés para la communauté d'Amara.org
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