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00:00:00Une arrivée fort remarquée, celle de la navette soviétique Burhan en direct du Bourget, Gérard Joanny Gérard.
00:00:16Le temps ne s'arrange pas ici au Bourget, il y a de la grêle actuellement, mais on attendait la vedette du salon,
00:00:21on nous avait dit que c'était la navette Burhan sur l'avion géant Antonov 225.
00:00:26Quant à l'avion Antonov 225, il pèse 600 tonnes, c'est-à-dire 100 tonnes de plus que le plus gros des Boeing 747.
00:00:34Là, évidemment, tous les records sont battus.
00:00:37Paris, 1989. Le Mria fait sensation au Bourget, le plus grand salon de l'aéronautique du monde.
00:00:45Le plus grand avion jamais construit arrive d'Union soviétique.
00:00:49Personne ne se doute alors que ce premier exemplaire sera aussi le dernier.
00:00:58Partout où le Mria s'opposait, c'était l'événement.
00:01:03Des milliers de gens accouraient pour l'admirer et se vantaient de l'avoir vu avec la navette Burhan.
00:01:09À l'annonce de son arrivée, les passionnés se précipitaient à l'aéroport.
00:01:17Pour beaucoup, c'était une chance inouïe d'avoir une photo du Mria.
00:01:20Ça me rend triste d'évoquer ces souvenirs.
00:01:49Car pour moi, cet avion était une personne à part entière.
00:01:54Et il me manque.
00:02:02Ces images ont été tournées à Gostomel le 24 février 2022, à 12h18, heure locale.
00:02:13C'est à ce moment-là que l'invasion russe a commencé à Gostomel.
00:02:23Ils se sont mis à détruire tous les avions.
00:02:40Là, le Mria était encore intact dans son hangar.
00:02:48Et là, j'ai des images prises par un drone le 27 février 2022.
00:03:07On voit bien qu'ils ont délibérément bombardé l'avion.
00:03:10On voit bien qu'ils ont délibérément bombardé l'avion.
00:03:40Trois ans ont passé depuis l'assaut des forces russes sur l'aéroport de l'usine Antonov.
00:03:55La destruction de cet avion est évidemment une grande douleur pour moi.
00:04:09C'est un peu comme si j'avais perdu un enfant.
00:04:11Alexander Galunenko est le premier pilote d'essai du plus grand avion du monde.
00:04:18En 1990, il l'a même emmené à Oklahoma City, aux États-Unis.
00:04:23La guerre froide touchait alors à sa fin.
00:04:25Les Américains nous ont invités à venir présenter le Mria au salon de l'aéronautique dans l'Oklahoma.
00:04:44Et je crois bien que la moitié de l'Oklahoma a fait le déplacement ce jour-là.
00:04:52Les files d'attente étaient si longues que j'ai lu dans la presse américaine qu'on n'avait pas vu ça depuis les années 30.
00:04:58Je me souviens qu'on venait me voir et un Américain sur deux disait
00:05:05« Ah, c'est un Boeing, c'est l'entreprise Boeing qui l'a construit. »
00:05:14Et moi je l'ai reprenait dans un anglais approximatif.
00:05:16« Non, ça n'est pas Boeing, c'est l'entreprise Antonov. »
00:05:22Là, les Américains me répondaient « De quel pays venez-vous ? »
00:05:28Je leur disais « D'Ukraine, de la ville de Kiev, nous sommes l'entreprise Antonov. »
00:05:34Mais ils ne savaient pas où était l'Ukraine, et encore moins Kiev.
00:05:40Alors j'ai eu l'idée d'apporter une carte, d'entourer l'Ukraine au feutre,
00:05:46puis d'écrire « Ukraine », puis Kiev à côté, et de l'accrocher sur l'avion.
00:05:52À l'époque, les Américains ignorent tout de cette entreprise et de ce pays.
00:06:02Le constructeur est pourtant en train d'écrire l'un des chapitres les plus étonnants de l'histoire de l'aviation.
00:06:07On travaillait presque exclusivement pour le ministère de la Défense.
00:06:37Tout cela était strictement confidentiel.
00:06:49« J'ai travaillé de 1958 à 2023 pour Antonov, ce qui fait 65 ans et demi au total. »
00:07:07Oleg Bogdanov a une vingtaine d'années quand il rejoint le bureau d'études d'Oleg Antonov,
00:07:14l'un des meilleurs constructeurs aéronautiques du RSS.
00:07:16Il s'installe à Kiev, la capitale de l'Ukraine, qui fait partie de l'Union soviétique à l'époque,
00:07:26le plus grand pays du monde.
00:07:27« J'ai immédiatement intégré une équipe qui travaillait avec Oleg Antonov. »
00:07:43« Il y avait un département spécial pour les projets à venir. »
00:07:51« C'est là que j'étais. »
00:07:56« Nous développions tous les nouveaux projets d'avion. »
00:08:02« On disait pour plaisanter qu'on était le crayon dans la main d'Oleg Antonov. »
00:08:11Antonov Bush est historien à Kiev.
00:08:24Spécialiste de l'aviation, il étudie l'histoire des créations du constructeur de génie
00:08:29sur les lieux même de leur conception, au siège d'Antonov.
00:08:34Il nous montre des archives auxquelles les Occidentaux n'ont encore jamais eu accès.
00:08:38Voici la photo emblématique d'Umriya.
00:08:43C'est une diapositive d'origine.
00:08:48Les archives d'Antonov n'ont pas encore été explorées dans leur intégralité.
00:08:55Personne ne les a encore étudiés en profondeur.
00:08:57Je suis toujours émerveillé de pouvoir consulter des documents que personne d'autre n'a vus auparavant.
00:09:17Des films comme celui-ci par exemple.
00:09:19Le vol d'essai du plus grand avion du monde de l'époque, l'Antonov AN-225 Mriya, avec la navette spatiale soviétique Burhan.
00:09:31Un engin qui n'aurait jamais été construit sans Oleg Antonov.
00:09:33Cela fait huit ans que je mène des recherches sur lui.
00:09:43Et je vais de découverte en découverte.
00:09:47Quand on commence à s'intéresser à lui, et à regarder de près ce qu'il a accompli,
00:09:52on a l'impression de plonger dans un roman d'aventure digne de Jules Verne.
00:09:56L'histoire d'Antonov est un voyage.
00:10:09Elle nous ramène à l'âge d'or de l'aéronautique,
00:10:11dans un monde divisé, en pleine guerre froide,
00:10:14où les superpuissances ne cessent de perfectionner leur arsenal nucléaire,
00:10:19toujours plus meurtrier et plus puissant.
00:10:26Après la Seconde Guerre mondiale,
00:10:52le monde était coupé en deux.
00:10:53On avait l'Union soviétique d'un côté,
00:10:58et de l'autre le monde occidental.
00:11:03Et les États-Unis étaient leaders dans la conception d'avions cargo.
00:11:12En 1960, le bureau d'études d'Oleg Antonov
00:11:16est chargé de concevoir le plus grand avion du monde,
00:11:19un géant comme personne n'en a jamais vu.
00:11:23Ce n'était pas Antonov qui décidait quel avion on allait construire,
00:11:29mais les dirigeants politiques.
00:11:31Bien plus que leurs ennemis juraient les Américains,
00:11:38les Soviétiques misent sur le déploiement de missiles balistiques intercontinentaux.
00:11:47Les engins sont stationnés dans les régions reculées de ce vaste empire,
00:11:52qui s'étend sur 10 000 kilomètres d'ouest en est,
00:11:55et 5 000 du nord au sud.
00:12:01Moscou est également très intéressée par les richesses minières de la lointaine Sibérie.
00:12:07Or, métaux, pétrole, charbon et gaz naturel.
00:12:11Pour exploiter ces gisements,
00:12:14il faut pouvoir acheminer sur place des équipements lourds et du matériel.
00:12:21C'est ainsi que démarre l'histoire des plus grands avions de la planète,
00:12:25avec la naissance de l'Antonov AN-22.
00:12:27La N-22 était un avion totalement innovant, à bien des égards.
00:12:41Lors de la conception de cet appareil,
00:12:44nous avons été confrontés à des défis techniques inédits,
00:12:48et à des problèmes qui ne s'étaient jamais présentés avant.
00:12:57Oleg Antonov avait déjà fait ses preuves
00:13:01en tant que concepteur d'avions de transport militaire dans les années 50.
00:13:10L'Antonov AN-12 est longtemps resté l'avion cargo
00:13:14le plus important de l'armée soviétique,
00:13:16capable de transporter des chars.
00:13:18A l'époque,
00:13:33Konstantin Louchakov et Oleg Bogdanov
00:13:36sont ingénieurs chez Antonov.
00:13:42On m'avait chargé de mesurer la vitesse du vent
00:13:44avec un anémomètre au niveau des trappes.
00:13:48Pendant les essais,
00:13:51on était tous censés porter des parachutes.
00:13:58Mais le mien était tellement inconfortable
00:14:00que je l'avais enlevé et mis de côté.
00:14:05Et tout d'un coup,
00:14:07il y a eu un courant d'air extrêmement puissant.
00:14:10C'était comme si quelqu'un me poussait dehors.
00:14:14Je ne sais pas comment j'ai réussi à m'en sortir.
00:14:18Je me suis agrippé à la porte.
00:14:21C'est après seulement
00:14:23que j'ai compris ce qui aurait pu se passer.
00:14:25Quelle inconscience !
00:14:29Qu'est-ce qui t'a pris de retirer ton parachute ?
00:14:32Eh bien, c'était très inconfortable.
00:14:35Il me gênait.
00:14:35Le nouveau supertransporteur
00:14:42est censé être beaucoup plus puissant que la N-12.
00:14:46Il doit pouvoir porter une charge nettement supérieure,
00:14:4880 tonnes.
00:14:51Personne n'a jamais construit un tel avion,
00:14:53même pas les Américains.
00:14:57Antonov le fait.
00:14:58Quels que soient vos interlocuteurs,
00:15:09on vous répondra toujours que c'était un être hors du commun
00:15:12et très intelligent.
00:15:14Antonov avait le don de captiver son auditoire.
00:15:17Il savait tout.
00:15:22Il connaissait l'aérodynamique,
00:15:24la mécanique des matériaux,
00:15:25les différents systèmes embarqués,
00:15:27mais également l'exploitation concrète de l'appareil.
00:15:31Antonov fait construire une maquette en bois
00:15:34à taille réelle.
00:15:37Les constructeurs s'en servent pour vérifier
00:15:39si le géant est adapté à ce qu'il est censé transporter.
00:15:43Des unités d'infanterie complète,
00:15:46des systèmes de missiles et d'artillerie,
00:15:49des chars comme le T-54
00:15:52qui pèsent 36 tonnes à lui seul.
00:15:55Autant de charges
00:15:56qui ne doivent pas déstabiliser l'avion.
00:16:00En plus de ça,
00:16:02nous devions installer une énorme trappe
00:16:05à l'arrière du fuselage
00:16:06pour pouvoir embarquer des équipements massifs
00:16:09comme les chars ou les missiles.
00:16:13Cela représente des charges colossales.
00:16:20C'était la toute première fois
00:16:22dans le monde
00:16:23que ces problèmes se posaient.
00:16:25On n'avait encore jamais vu
00:16:44un avion de 6 mètres de diamètre à l'époque.
00:16:49Un fuselage de 6 mètres de diamètre ?
00:16:51Vous imaginez ?
00:16:53Dans la soufflerie,
00:16:57les constructeurs simulent des forces
00:16:59de plusieurs tonnes.
00:17:01La traînée du géant sera considérable.
00:17:08Certaines personnes estimaient
00:17:10que cet avion ne pourrait jamais voler.
00:17:12On était au beau milieu de la conception
00:17:16et plusieurs personnes pensaient même
00:17:18qu'on n'arriverait pas à le faire décoller.
00:17:26Et pourtant, en 4 ans seulement,
00:17:28les ingénieurs d'Antonov
00:17:29sortent le premier gros porteur au monde,
00:17:32l'AN-22.
00:17:33L'avion prend son premier envol
00:17:37début 1965.
00:17:40C'est un monoplan typique d'Antonov.
00:17:42Ses ailes hautes
00:17:43lui permettent d'atterrir
00:17:45et de décoller
00:17:46même sur des terrains difficiles.
00:17:51Antonov le baptise Anté.
00:17:53Dans la mythologie grecque,
00:17:57Antéus, Anté,
00:18:00est le fils de Gaïa et Poséidon.
00:18:03Et c'est un géant.
00:18:06D'où le choix de ce nom.
00:18:13L'Antonov AN-22 est unique.
00:18:17Il n'existe aucun engin comparable à ce jour.
00:18:19C'est le premier gros porteur de l'histoire.
00:18:32Grâce à lui,
00:18:33Antonov se fait connaître
00:18:34du jour au lendemain
00:18:35auprès des experts
00:18:37du plus grand salon de l'aéronautique du monde.
00:18:41Depuis ce matin,
00:18:43on connaît enfin les caractéristiques
00:18:45de l'avion géant soviétique
00:18:47l'Antonov 22 baptisé Anté.
00:18:4980 journalistes
00:18:50étaient confortablement installés
00:18:52à l'intérieur même de l'avion.
00:18:54Toutes les personnes présentes
00:18:56occupaient à peine un tiers de l'intérieur.
00:18:59Même le premier homme
00:19:00qui a volé dans l'espace
00:19:01participe à cette opération de communication.
00:19:05Assistait également à cette conférence
00:19:06M. Antonov, bien sûr,
00:19:07et Yuri Gagarin.
00:19:08Le monde rencontre pour la première fois
00:19:17Oleg Antonov au bourget.
00:19:20Et il fait forte impression.
00:19:24Antonov ne correspond en rien
00:19:26au cliché du cadre du Parti communiste.
00:19:28Élevé dans un milieu bourgeois
00:19:31avant la Révolution russe,
00:19:32il parle le français couramment,
00:19:34se montre raffiné et charmant.
00:19:37Il va jusqu'à imaginer
00:19:38un AN-22 version passager
00:19:40capable d'embarquer plus de 700 voyageurs.
00:19:43Bien au-delà de ce que le Boeing 747
00:19:46ne pourra jamais transporter.
00:19:48M. Antonov,
00:19:50on parle aussi d'une version
00:19:51pour passager de votre appareil.
00:19:53Serait-il le même?
00:19:55Il sera presque le même.
00:19:56Il sera un peu plus long,
00:19:59à peu près de 15 mètres.
00:20:00Oui.
00:20:01Il sera de pont,
00:20:05comme le breguet.
00:20:06Oui.
00:20:06Alors nous pourrons emporter
00:20:11720 personnes à bord
00:20:14avec grand confort.
00:20:18Antonov envisage même
00:20:21une propulsion nucléaire
00:20:22pour l'anté
00:20:23avant d'y renoncer.
00:20:25Ce serait trop lourd,
00:20:27trop incertain.
00:20:45L'objectif de Moscou,
00:20:47c'était de poursuivre
00:20:48l'exploration intensive
00:20:49de la Sibérie
00:20:50et de l'extrême-orient russe.
00:20:56On y avait déjà trouvé
00:20:57des réserves de pétrole,
00:20:58de gaz,
00:21:00des gisements de diamants
00:21:01et d'or.
00:21:03Mais sans les Antonov-22,
00:21:05le puissant complexe
00:21:06d'extraction de gaz naturel
00:21:08dont la Russie dispose aujourd'hui
00:21:10n'aurait jamais pu voir le jour.
00:21:12On a cheminé
00:21:19d'énormes cargaisons là-bas.
00:21:23Des tuyaux,
00:21:25des cabanes en kit
00:21:26et différents équipements,
00:21:27des pelleteuses,
00:21:28des bulldozers,
00:21:29des générateurs
00:21:30et tout ce qu'il fallait
00:21:31pour poser des oléoducs
00:21:33et des gazoducs.
00:21:37Et c'est cet appareil
00:21:38qui convoyait tout ça,
00:21:39l'Antonov-22.
00:21:43Mais ce que l'Anté
00:21:44transporte avant tout,
00:21:46ce sont des chars,
00:21:47des missiles,
00:21:48des munitions,
00:21:50des hommes et du matériel
00:21:51jusqu'aux poudrières
00:21:52de la guerre froide
00:21:53en Europe,
00:21:54en Asie centrale,
00:21:56au Moyen-Orient
00:21:56et en Afrique.
00:22:01C'est le plus grand avion
00:22:02à Élise du monde
00:22:03et pourtant,
00:22:05dans la course
00:22:06à l'armement
00:22:06de la guerre froide,
00:22:08il se fait coiffer
00:22:08au poteau.
00:22:12Nous,
00:22:12nous avions
00:22:13l'Antonov AN-22.
00:22:17Mais on surveillait
00:22:19ce que les autres
00:22:19faisaient, bien sûr.
00:22:21Dès 1965.
00:22:26Quels avions
00:22:27étaient en cours
00:22:28de conception ?
00:22:30Ce qu'il fallait
00:22:31qu'on améliore ?
00:22:33C'était mon boulot,
00:22:35vous voyez ?
00:22:37Les Américains
00:22:41travaillent
00:22:42sur un projet
00:22:42d'avion géant.
00:22:44Un jet
00:22:44propulsé
00:22:45par des moteurs
00:22:46à réaction,
00:22:47pas un avion
00:22:47à Élise.
00:22:49Moscou
00:22:50est sur le qui-vive.
00:22:53Comme les Américains
00:22:55étaient en train
00:22:56de concevoir
00:22:57un appareil
00:22:57de cette envergure,
00:22:58l'armée soviétique
00:23:01a aussitôt demandé
00:23:02qu'on construise
00:23:03un avion
00:23:03encore plus grand
00:23:04avec une charge
00:23:05utile
00:23:06de 100
00:23:06à 120 tonnes.
00:23:07Le Galaxy
00:23:12C5
00:23:12de Lockheed.
00:23:14Un engin
00:23:15plus performant,
00:23:16plus rapide,
00:23:18plus grand.
00:23:23On scrutait
00:23:24de près
00:23:24ce que faisaient
00:23:25les Américains.
00:23:27On voulait
00:23:28tout savoir
00:23:28sur cet avion.
00:23:31Le Galaxy
00:23:32a effectué
00:23:33son premier vol
00:23:34en 1968.
00:23:35En 1966,
00:23:43Antonov
00:23:44reçoit
00:23:44une commande
00:23:45de Moscou.
00:23:47Le Kremlin
00:23:47veut un nouvel avion
00:23:48géant,
00:23:49plus performant
00:23:50que le Galaxy
00:23:50des Américains.
00:23:52Dans la foulée
00:23:53du succès
00:23:54de l'An 22
00:23:54hanté,
00:23:56Oleg Antonov
00:23:56s'engage
00:23:57à le réaliser
00:23:57rapidement.
00:23:59Mais rien
00:24:00ne se passe
00:24:01comme prévu.
00:24:04Nous avions
00:24:05nos propres chars,
00:24:08nos propres véhicules
00:24:09de combat
00:24:09d'infanterie,
00:24:11nos propres missiles.
00:24:17L'armée
00:24:18avait de grandes
00:24:19exigences
00:24:20quant au temps
00:24:20de chargement
00:24:21et déchargement.
00:24:24Ça devait
00:24:24être très rapide.
00:24:25c'est pourquoi
00:24:31elle voulait
00:24:31ajouter
00:24:31une deuxième
00:24:32trappe
00:24:33à l'avant.
00:24:38Une deuxième
00:24:39trappe
00:24:39au niveau
00:24:40du nez
00:24:40de l'appareil.
00:24:42120 tonnes
00:24:42de charge
00:24:43utile
00:24:43et un moteur
00:24:44à réaction,
00:24:45les défis
00:24:46sont énormes.
00:24:48Un avion
00:24:48gigantesque
00:24:49comme celui-là
00:24:50doit être
00:24:50à la fois
00:24:50stable
00:24:51et léger
00:24:52et il doit
00:24:53pouvoir voler
00:24:53loin
00:24:54et longtemps.
00:24:55En outre,
00:24:56sa traînée
00:24:56doit être
00:24:57faible
00:24:57et ce
00:24:58à une vitesse
00:24:59de plus
00:24:59de 800 km heure.
00:25:08Quand on a présenté
00:25:09notre premier projet
00:25:10à l'armée,
00:25:12on nous a dit
00:25:13que la qualité
00:25:14de notre avion
00:25:14était inférieure
00:25:16à celle
00:25:16du modèle américain.
00:25:17pour eux,
00:25:23le galaxie
00:25:24était bien
00:25:25plus aérodynamique
00:25:26et il était
00:25:31beaucoup plus léger.
00:25:37Les années
00:25:38et les projets
00:25:39se suivent.
00:25:41En 1973,
00:25:42enfin,
00:25:43une percée
00:25:44semble possible
00:25:45avec une étude
00:25:46de projet
00:25:46intitulée
00:25:47AN-124.
00:25:53La même année,
00:25:54en 1973,
00:25:56le Proche-Orient
00:25:57tremble
00:25:57une fois de plus.
00:26:00C'est la guerre
00:26:00du Kippour.
00:26:01Les États-Unis
00:26:02livrent chars,
00:26:03missiles et munitions
00:26:04à l'État d'Israël.
00:26:07Dans le cadre
00:26:08de l'opération
00:26:09Nickel Glass,
00:26:11le nouveau
00:26:11Galaxy C5
00:26:12traverse
00:26:13l'Atlantique
00:26:13et la Méditerranée
00:26:14avec le gros
00:26:15de l'aide militaire.
00:26:18Les soviétiques
00:26:19voient alors
00:26:20ce dont les cargos
00:26:20géants américains
00:26:21sont capables.
00:26:23À Kiev,
00:26:24la pression monte.
00:26:27Antonov a connu
00:26:29des années
00:26:30très difficiles.
00:26:32Le bureau d'études
00:26:33paraissait toujours
00:26:34sur le point
00:26:34de mettre la clé
00:26:35sous la porte.
00:26:38Les ingénieurs
00:26:38pensaient sans doute
00:26:39qu'ils ne concevraient
00:26:40ni ne construiraient
00:26:41plus un seul avion,
00:26:42car les carnets
00:26:44de commandes
00:26:44étaient vides.
00:26:50En Union soviétique,
00:26:52chaque grand constructeur
00:26:53aéronautique
00:26:54est une vedette
00:26:55du système communiste.
00:26:57Mais Antonov
00:26:57est le seul
00:26:58à ne pas être installé
00:26:59à Moscou,
00:27:00le siège du pouvoir.
00:27:02Son accès
00:27:02aux ressources
00:27:03de l'économie soviétique
00:27:04est donc limité.
00:27:05Normalement,
00:27:13le ministère
00:27:14coopérait
00:27:14avec les bureaux
00:27:15d'études.
00:27:17Mais lui,
00:27:18on lui mettait
00:27:18des bâtons
00:27:18dans les roues.
00:27:21Oleg Antonov
00:27:21faisait souvent
00:27:22cette comparaison
00:27:23avec le tennis
00:27:24qu'il pratiquait
00:27:24régulièrement.
00:27:28Imaginez
00:27:28que vous vouliez
00:27:29jouer au tennis
00:27:30avec une raquette
00:27:31de tennis
00:27:31et des vêtements
00:27:32de sport
00:27:32et que Moscou
00:27:35ne vous donne
00:27:35que des pelles
00:27:36et des bottes militaires.
00:27:42En 1973,
00:27:44le développement
00:27:45de l'Antonov-124
00:27:47menace d'échouer.
00:27:49Mais Oleg Antonov
00:27:50ne peut s'y résigner.
00:27:51On travaillait
00:28:02sans relâche
00:28:02à des solutions
00:28:03pour que notre appareil
00:28:04soit supérieur
00:28:05aux galaxies C5.
00:28:11Et il fallait aussi
00:28:12qu'il réponde
00:28:12aux attentes
00:28:13de l'armée.
00:28:13C'était le principal
00:28:37bâtiment
00:28:37du centre d'essai
00:28:38en vol.
00:28:41C'est là
00:28:42que se trouvaient
00:28:42les pilotes d'essai,
00:28:44les ingénieurs
00:28:45et presque tout
00:28:46le personnel d'encadrement.
00:28:56J'ai travaillé
00:29:00près de 50 ans
00:29:00ici.
00:29:07Et je n'y étais
00:29:08jamais revenu
00:29:08depuis sa destruction.
00:29:11Ça va être douloureux
00:29:12de découvrir
00:29:12ce que c'est devenu.
00:29:19C'est ici
00:29:20qu'Alexander Galunenko
00:29:21devient pilote d'essai
00:29:23pour Antonov.
00:29:24À l'aéroport
00:29:25de l'usine
00:29:26à Gostomel,
00:29:27à 30 km au nord-ouest
00:29:29du centre de Kiev.
00:29:34Alexander Galunenko,
00:29:36qui a perdu
00:29:37ses deux parents
00:29:37très tôt,
00:29:38a grandi
00:29:39dans l'Ukraine
00:29:39soviétique.
00:29:52Mon bureau.
00:29:57C'était mon bureau.
00:29:58J'ai passé toute ma vie
00:30:06ici,
00:30:07à cet étage.
00:30:17Il est l'un des rares
00:30:18sur tout le territoire
00:30:20de l'Union soviétique
00:30:21à accéder au poste
00:30:22de pilote d'essai.
00:30:24Il ne se doute pas
00:30:25à l'époque
00:30:26qu'il sera
00:30:27le premier homme
00:30:27à piloter
00:30:28le plus gros avion
00:30:29du monde.
00:30:31Le Mria.
00:30:35Sa formation terminée,
00:30:38on l'affecte
00:30:38à une entreprise
00:30:39dont il n'a jamais
00:30:40entendu parler,
00:30:41située dans son Ukraine
00:30:42natale,
00:30:43à Kiev.
00:30:47Galunenko,
00:30:48c'est moi.
00:30:50Tu pars pour l'usine
00:30:51de construction
00:30:51de machines
00:30:52de Kiev.
00:30:55Là, je me dis,
00:30:55oh bon sang,
00:30:56où est-ce que
00:30:56je vais atterrir ?
00:30:57C'est en Ukraine,
00:30:58ça c'est bien,
00:30:58mais j'étais presque
00:31:01au bord des larmes.
00:31:04Le chef qui a vu
00:31:05que j'étais abattu
00:31:06me demande
00:31:07« Qu'est-ce qu'il y a ? »
00:31:10Je lui réponds
00:31:11« Où m'avez-vous envoyé ? »
00:31:13Dans une usine
00:31:14de construction mécanique ?
00:31:17Et il me répond
00:31:18« Qu'est-ce que tu racontes ? »
00:31:21C'est le bureau
00:31:22d'études
00:31:23d'Antonov,
00:31:24enfin.
00:31:27Mais moi,
00:31:28je l'ignorais
00:31:29car le nom
00:31:29de l'entreprise
00:31:30était top secret.
00:31:37Alors là,
00:31:37j'ai été submergé
00:31:38de bonheur,
00:31:39j'ai explosé
00:31:39de joie.
00:31:47Bon sang,
00:31:48j'ai une de ces chances.
00:31:49Voilà comment
00:31:52j'ai atterrivé
00:31:52chez Antonov.
00:31:55En 1976,
00:31:57Oleg Antonov
00:31:58décide de faire
00:31:59table rase
00:32:00du passé
00:32:00pour concevoir
00:32:01le nouveau
00:32:02grand cargo.
00:32:03Tout sera remis
00:32:04en question.
00:32:05Cette fois,
00:32:06Moscou soutient
00:32:07le projet.
00:32:08Un programme spécial
00:32:09de recherche
00:32:10est mis en place.
00:32:12Antonov
00:32:12mis alors
00:32:13sur une avancée
00:32:14majeure
00:32:14en aérodynamique,
00:32:16un profil
00:32:16d'aile révolutionnaire,
00:32:18la voilure
00:32:18supercritique.
00:32:22Si Antonov
00:32:23comprenait
00:32:23si bien
00:32:24l'aérodynamique,
00:32:25c'est que
00:32:26dans sa jeunesse,
00:32:26dans les années 20,
00:32:28il construisait
00:32:29ses propres planeurs
00:32:30et les faisait voler.
00:32:31son œil
00:32:40était tellement aiguisé
00:32:41qu'il lui suffisait
00:32:42de regarder
00:32:43un profil
00:32:43d'aile
00:32:43pour se représenter
00:32:45comment l'air
00:32:45circulait autour.
00:32:50Et les essais
00:32:51en labo
00:32:51confirmaient
00:32:52régulièrement
00:32:52ces théories.
00:32:53Antonov
00:33:01venait souvent
00:33:02dans l'atelier
00:33:03et il se mettait
00:33:06lui-même
00:33:07aux commandes
00:33:07des appareils.
00:33:11L'essentiel
00:33:12pour Antonov
00:33:13c'est que cet avion
00:33:14soit très en avance
00:33:15sur son temps.
00:33:23Oleg Antonov
00:33:26nous dit alors
00:33:27vous savez quoi ?
00:33:31Nous allons présenter
00:33:32un projet
00:33:32en faisant
00:33:34comme si nous avions
00:33:35déjà toutes les ressources
00:33:36à notre disposition.
00:33:39Ce n'est pas encore
00:33:41le cas
00:33:41mais ça le sera
00:33:43demain.
00:33:44Pensez à demain.
00:33:46Vous imaginez
00:33:47le courage
00:33:48qu'il a fallu
00:33:48à cet homme
00:33:49pour assumer
00:33:50toute cette responsabilité ?
00:33:53Tout cela
00:33:59n'est pas sans risque
00:34:00pour Oleg Antonov
00:34:01car dans le même temps
00:34:03les soviétiques
00:34:04lancent la construction
00:34:06de l'une des plus grandes
00:34:07usines d'aéronautique
00:34:08du monde
00:34:08pour le futur avion
00:34:09cargo géant
00:34:10et leurs exigences
00:34:13ne cessent de croître.
00:34:23cette fois encore
00:34:26les américains
00:34:27sont l'élément déclencheur.
00:34:37Ils sont en train
00:34:38de développer
00:34:39le programme
00:34:40Space Shuttle
00:34:41un nouveau type
00:34:42de navette spatiale
00:34:43réutilisable.
00:34:44Les soviétiques
00:34:47craignant une guerre
00:34:49des étoiles
00:34:49poussent immédiatement
00:34:51à la conception
00:34:51de leur propre
00:34:52navette spatiale
00:34:54baptisée Buran.
00:35:01C'est alors
00:35:02que les concepteurs
00:35:03de Buran
00:35:04sont venus nous voir.
00:35:05Ils nous ont dit
00:35:13qu'ils avaient besoin
00:35:13de transporter
00:35:14la navette
00:35:15depuis son site
00:35:16de construction
00:35:16jusqu'à Baïkonour
00:35:18au Kazakhstan
00:35:20et qu'il faudrait aussi
00:35:23acheminer
00:35:24les systèmes
00:35:24de missiles
00:35:25jusque là-bas.
00:35:28Or ce sont
00:35:28de très très gros
00:35:29systèmes.
00:35:35La navette spatiale
00:35:37sera principalement
00:35:38fabriquée à Moscou.
00:35:40Quant aux pièces
00:35:41des systèmes
00:35:41de missiles,
00:35:42elles viennent
00:35:43d'Ukraine.
00:35:44La base
00:35:44de lancement russe
00:35:45de Baïkonour
00:35:46se trouve au Kazakhstan.
00:35:48Ce qui exclut
00:35:49d'emblée
00:35:50transport routier
00:35:51et transport ferroviaire.
00:35:53Seule solution,
00:35:54l'avion géant.
00:35:59En 1975,
00:36:01ils débarquent
00:36:01et nous disent
00:36:02construisez-nous
00:36:03cet avion.
00:36:05C'est le coup
00:36:07d'envoi
00:36:07d'un projet
00:36:08pharaonique
00:36:09de l'industrie
00:36:09aéronautique
00:36:10soviétique,
00:36:12l'AN124.
00:36:15Les concepteurs
00:36:15d'Antonov
00:36:16testent pas moins
00:36:17de 36 prototypes
00:36:18d'ailes différents.
00:36:20Nous avons dû
00:36:21concevoir
00:36:22un nouveau modèle
00:36:23en utilisant
00:36:23des matériaux
00:36:24auxquels nous n'avions
00:36:25pas encore accès
00:36:26à l'époque.
00:36:28De nouvelles ailes
00:36:29avec des profils
00:36:31entièrement nouveaux.
00:36:35Le poids
00:36:37de chaque élément
00:36:37de l'immense
00:36:38construction
00:36:39est allégé
00:36:39au maximum
00:36:40pour améliorer
00:36:41le ratio
00:36:42entre charge utile
00:36:43et poids total.
00:36:45Il fallait mettre
00:36:46au point
00:36:47des systèmes
00:36:47totalement innovants
00:36:48pour que l'appareil
00:36:49soit le plus léger
00:36:50possible.
00:36:56L'avion
00:36:57devait avoir
00:36:57une autonomie
00:36:58de vol maximale
00:36:59supérieure
00:36:59à 15 000 km.
00:37:00Antonov
00:37:06expérimente
00:37:06des années
00:37:07durant
00:37:07de nouvelles matières
00:37:08comme la fibre
00:37:09de carbone
00:37:10et les matériaux
00:37:11composites.
00:37:13Un domaine
00:37:13dans lequel
00:37:14les Etats-Unis
00:37:14ont déjà
00:37:15beaucoup d'avance.
00:37:19Le développement
00:37:20du Ruslan
00:37:21a généré
00:37:22plus de 200 inventions.
00:37:24Plus de 200.
00:37:26Oleg Antonov
00:37:27détient le record
00:37:28en la matière.
00:37:28C'est lui
00:37:30qui en a réalisé
00:37:31le plus grand nombre.
00:37:39Il s'était forcé
00:37:42de concevoir
00:37:43chaque élément
00:37:44sans négliger
00:37:45l'aspect esthétique.
00:37:46esthétique
00:37:49et esthétique.
00:37:57Paris gagné
00:37:58pour Antonov.
00:38:00Le coefficient
00:38:01de finesse,
00:38:02le rapport
00:38:02entre la portance
00:38:03et la traînée
00:38:04est de 18.
00:38:06Une aérodynamique
00:38:07stupéfiante
00:38:08pour un avion
00:38:09de cette taille.
00:38:11Et le train
00:38:12d'atterrissage
00:38:12de ce colosse
00:38:13de 450 tonnes
00:38:14est révolutionnaire.
00:38:17Ces 24 roues
00:38:17sont orientables
00:38:18ou abaissables
00:38:19et un système hydraulique
00:38:21permet de les ajuster
00:38:22en fonction
00:38:23de la nature
00:38:23de la piste.
00:38:26En 1982,
00:38:28Alexander Galunenko
00:38:29a 35 ans.
00:38:31Il est alors
00:38:31jeune pilote d'essai
00:38:32pour le bureau
00:38:33d'études Antonov.
00:38:34C'est le carnet de vol
00:38:45d'un navigateur
00:38:46du nom de Soloshenko.
00:38:48Ça,
00:38:49c'est toute
00:38:49notre entreprise.
00:38:51Tous les services,
00:38:53tous les numéros
00:38:54de téléphone.
00:38:56Regardez-moi ça.
00:38:57La date du 24 décembre 1982
00:39:07reste gravée
00:39:08dans sa mémoire.
00:39:18Il aura fallu
00:39:19six ans
00:39:19pour développer
00:39:20et construire
00:39:21ce qui est alors
00:39:22le plus grand avion
00:39:23produit en série
00:39:24du monde.
00:39:28L'Antonov 124,
00:39:30un projet
00:39:31gardé secret
00:39:32jusqu'à la fin.
00:39:45C'est Oleg Antonov
00:39:47lui-même
00:39:47qui baptise
00:39:48la N124.
00:39:49Il s'appellera
00:39:50Ruslan
00:39:51et son code OTAN
00:39:52est Condor,
00:39:53en référence
00:39:54à l'un des oiseaux
00:39:55les plus puissants
00:39:56au monde.
00:39:59Vous passez des années
00:40:00à travailler
00:40:01sur un projet,
00:40:02à concevoir l'appareil
00:40:03et puis un jour
00:40:04vous le voyez décoller
00:40:06devant vos yeux.
00:40:13C'est un sentiment
00:40:14indescriptible.
00:40:16Votre cœur
00:40:17s'arrête de battre.
00:40:18Vous êtes surexcité.
00:40:19et en même temps
00:40:22vous êtes un peu
00:40:23inquiet.
00:40:28Est-ce qu'on a
00:40:30vraiment pensé
00:40:30à tout?
00:40:35Est-ce que tout
00:40:36va fonctionner
00:40:36comme on l'a prévu?
00:40:37Un pilote d'essai
00:40:44ne peut pas
00:40:45se laisser envahir
00:40:46par ses émotions?
00:40:48Sinon,
00:40:48il ne serait pas
00:40:49en état de voler.
00:40:49Il ne serait pas
00:40:50en état de voler.
00:40:51Ces images
00:41:04n'avaient jamais
00:41:04été dévoilées
00:41:05auparavant.
00:41:12C'est un film
00:41:17exceptionnel
00:41:18qui montre
00:41:19le premier vol
00:41:19décès de la N124
00:41:21Ruslan.
00:41:24Il est resté
00:41:27plus de 40 ans
00:41:28dans les archives
00:41:28et il n'a été
00:41:33numérisé qu'hier.
00:41:38Tout semble
00:41:39se dérouler
00:41:40parfaitement
00:41:40lors de ce premier vol
00:41:42jusqu'à ce que
00:41:44le train d'atterrissage
00:41:45dysfonctionne.
00:41:46« Au moment
00:41:50d'atterrir,
00:41:52nous avons
00:41:52ressenti
00:41:53une oscillation
00:41:53au niveau
00:41:54des roues
00:41:54du train
00:41:55d'atterrissage
00:41:55principal.
00:41:59C'est un phénomène
00:42:00que l'on appelle
00:42:01le flottement.
00:42:05Et il était
00:42:05si fort
00:42:06que tout l'avion
00:42:06a été secoué.
00:42:08C'était
00:42:08une grave
00:42:09malfaçant. »
00:42:10Les ingénieurs
00:42:15parviennent
00:42:15à régler
00:42:16le problème
00:42:16dans les semaines
00:42:17qui suivent.
00:42:19Le projet
00:42:19Ruslan
00:42:20est un triomphe
00:42:21pour Oleg Antonov.
00:42:22En termes
00:42:30de créativité,
00:42:32la N124
00:42:33était une véritable
00:42:34apothéose
00:42:35pour Oleg Antonov
00:42:36et toute son équipe.
00:42:42Comme j'ai coutume
00:42:45de le dire,
00:42:47ce sont les ailes
00:42:47du Ruslan
00:42:48qui ont propulsé
00:42:50notre entreprise
00:42:50au sommet.
00:42:51A ce moment-là,
00:42:59les ingénieurs
00:43:00d'Antonov
00:43:00testent déjà
00:43:01la maquette
00:43:02d'un nouveau géant
00:43:03qui n'était
00:43:03vraiment pas prévu.
00:43:06Une version
00:43:06augmentée
00:43:07du Ruslan.
00:43:08En 1984,
00:43:26Oleg Antonov
00:43:27meurt.
00:43:28L'Ukrainien
00:43:28Pyotr Balabouyev
00:43:30succède
00:43:30au constructeur
00:43:31de génie.
00:43:31Antonov
00:43:32ne verra pas
00:43:42son Ruslan
00:43:43battre
00:43:43d'innombrables records,
00:43:45être produit en série
00:43:46et devenir une vedette
00:43:48dans le monde occidental
00:43:49en 1985.
00:43:50The giant
00:43:55of the air show
00:43:56was a 69 meter long
00:43:57soviet transport
00:43:59making its first
00:44:00appearance
00:44:00in the West
00:44:01bearing a resemblance
00:44:02to the Lockheed C-5,
00:44:04the Antonov
00:44:05raised eyebrows.
00:44:06Sergei Sikorsky,
00:44:29fils du légendaire
00:44:30concepteur d'hélicoptère
00:44:31américain Igor Sikorsky,
00:44:33se fait présenter
00:44:34l'AN-124 Ruslan
00:44:36par le patron
00:44:36d'Antonov
00:44:37Pyotr Balabouyev.
00:44:39Les soviétiques
00:44:40ne s'étaient pas
00:44:40montrés aussi ouverts
00:44:41depuis bien longtemps.
00:44:42Vous voyez ici
00:44:44la rampe arrière
00:44:45qui s'ouvre maintenant.
00:44:50L'Antonov
00:44:52a choisi
00:44:53un ou deux
00:44:53ou trois
00:44:54significatifs
00:44:54techniques.
00:44:56La première
00:44:56chose
00:44:57significative
00:44:57sur cet aircraft
00:44:58est le fait
00:44:59que la industrie
00:45:00soviétique
00:45:00a développé
00:45:02un très large
00:45:03ratio turbofan.
00:45:06investissement
00:45:06dans l'advanced
00:45:08composites
00:45:08technologies.
00:45:09Ils ont déjà
00:45:10avancé
00:45:12cinq ans
00:45:12pour prendre
00:45:14le risque
00:45:15technologique
00:45:15d'un système
00:45:16fly-by-wire
00:45:17un dispositif
00:45:22de commande
00:45:23de vol
00:45:23semi-électronique
00:45:24révolutionnaire
00:45:25pour un avion
00:45:26de cette taille.
00:45:27Bien avant
00:45:28que Boeing
00:45:28ou Airbus
00:45:29n'en fassent
00:45:29un standard
00:45:30sur leurs appareils.
00:45:31l'AN-124
00:45:39est un organisme
00:45:40autonome.
00:45:42Il peut fonctionner
00:45:43de manière
00:45:43totalement indépendante,
00:45:45décoller,
00:45:46atterrir,
00:45:47charger
00:45:47et décharger
00:45:48des équipements
00:45:49quasiment partout.
00:45:50des techniciens
00:45:58spécialisés
00:45:58sont présents
00:45:59lors de chaque vol.
00:46:01Ils sont installés
00:46:02au deuxième niveau,
00:46:03au-dessus
00:46:03de l'immense soute.
00:46:04Pour convoyer
00:46:27la nouvelle navette
00:46:28spatiale soviétique,
00:46:30le Ruslan
00:46:30devrait parfaitement
00:46:31faire l'affaire.
00:46:33Mais les concepteurs
00:46:34du programme spatial
00:46:35soviétique
00:46:36ont des projets
00:46:37plus ambitieux encore.
00:46:42Initialement,
00:46:43le Ruslan
00:46:44devait simplement
00:46:45transporter
00:46:46la navette Burhan.
00:46:49Et avec un poids
00:46:50de 120 tonnes environ,
00:46:52ça paraissait faisable.
00:46:57Il ne semblait pas
00:46:58nécessaire
00:46:59de renforcer
00:46:59sa structure.
00:47:04mais les concepteurs
00:47:06du programme spatial
00:47:07soviétique
00:47:08ont une idée
00:47:09spectaculaire
00:47:10qu'ils rêvent
00:47:10de mettre
00:47:11enfin en application.
00:47:12« Ils nous disent
00:47:22l'idée,
00:47:24c'est que votre avion
00:47:25fasse office
00:47:26d'aérodrome
00:47:27pour notre navette
00:47:27spatiale
00:47:28et son gros réservoir.
00:47:30« Vous nous montez
00:47:37à 10 000 mètres
00:47:38d'altitude
00:47:38et nous,
00:47:42on décolle
00:47:43depuis votre avion.
00:47:45Ça nous ferait
00:47:48économiser
00:47:48pas mal d'argent. »
00:47:52cosmique.
00:47:59Ainsi,
00:48:00pas besoin
00:48:01d'une fusée
00:48:01hors de prix
00:48:02pour lancer
00:48:02la navette.
00:48:04Elle décollerait
00:48:04directement
00:48:05sur le dos
00:48:05de l'appareil.
00:48:07Mais dans ce cas,
00:48:08l'ensemble
00:48:09de l'attelage
00:48:09dépasserait
00:48:10largement
00:48:11les 600 tonnes.
00:48:14Le projet
00:48:14est audacieux.
00:48:16Jamais
00:48:16un tel prodige
00:48:17n'a été réalisé
00:48:18jusqu'ici.
00:48:18Le Ruslan
00:48:29était incapable
00:48:30de répondre
00:48:31à tous ses impératifs.
00:48:34Alors,
00:48:34on a dû envisager
00:48:35d'autres options.
00:48:42C'est ainsi
00:48:43qu'est née
00:48:43l'idée
00:48:44de transformer
00:48:45le Ruslan
00:48:45en un nouvel avion.
00:48:48un géant
00:48:50inspiré
00:48:51du Ruslan.
00:48:56Nous ne l'avions
00:48:56pas conçu
00:48:57comme un avion
00:48:58de transport
00:48:58à l'origine.
00:49:00Il était seulement
00:49:01destiné
00:49:01à la mission
00:49:02spatiale.
00:49:04Nous avons dû
00:49:05renforcer
00:49:05toute la structure
00:49:06qui devait pouvoir
00:49:08supporter 250 tonnes.
00:49:11Ce n'était pas
00:49:12une mince affaire.
00:49:13Il a fallu
00:49:14renoncer
00:49:14à la trappe arrière.
00:49:16Sinon,
00:49:17l'avion
00:49:17n'aurait pas été
00:49:17assez stable.
00:49:18Cela suppose
00:49:24aussi
00:49:24de rallonger
00:49:25la partie centrale
00:49:26des gigantesques
00:49:27ailes du Ruslan
00:49:28dont l'envergure
00:49:29frôle désormais
00:49:30les 90 mètres.
00:49:33Les quatre réacteurs
00:49:34d'origine
00:49:35sont remplacés
00:49:36par six nouveaux
00:49:36réacteurs
00:49:37Lotharov.
00:49:39Un double empennage
00:49:40permet de stabiliser
00:49:41ce géant
00:49:42qui aura une masse
00:49:43maximale
00:49:43de 640 tonnes
00:49:45au décollage.
00:49:46La N-225
00:49:50est née.
00:49:58Nos concepteurs
00:49:59ont déployé
00:50:00tout leur savoir-faire,
00:50:02toute leur intelligence
00:50:03et toute leur créativité.
00:50:05Et ils ont pu
00:50:11transformer
00:50:12le Ruslan
00:50:12en Mria.
00:50:14de la N-225
00:50:15de la N-225
00:50:17Je vais vous montrer ce vol. Il n'a pas le nom de Mrya.
00:50:26C'est un beau mot ukrainien, Mrya, une мечte.
00:50:31C'est comme une mémoire de l'homme, qu'il s'arrête, qu'il s'arrête, qu'il s'arrête, qu'il s'arrête, qu'il s'arrête.
00:50:38C'est un beau mot.
00:51:08Ce réveil de l'identité nationale avait déjà commencé dans plusieurs différentes républiques soviétiques.
00:51:26C'est pour cette raison que Moscou n'a même pas réagi.
00:51:34Et ce nom a immédiatement plu à tout le monde.
00:51:38Malheureusement, les Occidentaux ont longtemps cru que Mrya était un mot russe.
00:51:48Ils ignoraient que c'était un mot ukrainien.
00:51:51Quant au code OTAN de la N-225 Mrya, ce sera Kossak, en référence aux héros nationaux ukrainiens.
00:52:04C'est alors que Piotr Balabouyev a décidé de me nommer commandant du Mrya.
00:52:24Les temps changent.
00:52:31La banderole au-dessus des cadres du parti n'affiche plus l'esprit du communisme.
00:52:36On lit simplement « bon voyage, petit ».
00:52:40Mais l'affaiblissement du pouvoir soviétique a son revers.
00:52:47Le pays est exsangue, l'économie en souffrance.
00:52:52Les salariés d'Antonov craignent pour leur avenir.
00:52:54Le pays est exsangue, l'économie en souffrance.
00:53:24Le président du soviète suprême et secrétaire général du parti, Myraël Gorbatchev, est en visite à Kiev.
00:53:31Il veut voir le Mrya de ses propres yeux.
00:53:34Piotr Balabouyev, le responsable d'Antonov, en profite pour plaider sa cause.
00:53:46Balabouyev dit à Gorbatchev « Nous avons bien conscience que les subventions de l'État vont diminuer.
00:53:52Mais nous devons vivre.
00:53:56Nous voulons gagner de l'argent et créer notre propre compagnie. »
00:54:02Gorbatchev était très favorable à cette idée.
00:54:04Et il a invité ses collaborateurs à examiner tout cela une fois rentrés.
00:54:08Gorbatchev décide alors, contre l'avis de l'armée, d'autoriser les dirigeants d'Antonov à monnayer les services de ces géants en Occident.
00:54:21Ce jour de février 1989 marque la naissance de la compagnie aérienne d'Antonov.
00:54:26Celle qui assurera sa survie après la chute de l'Union soviétique.
00:54:32La N-225 Mrya devient la figure de proue d'Antonov.
00:54:36La N-225 Mrya pani
00:54:49C'est un vol d'essai du Maria.
00:55:19Pour vérifier la stabilité.
00:55:23Il vole donc avec la navette spatiale Buran au-dessus de Baïkonour.
00:55:28C'était le 13 mai 1989.
00:55:37Un vol historique.
00:55:40En mai 1989, Alexander Galunenko décolle depuis la base spatiale de Baïkonour avec la navette spatiale Buran sur le dos.
00:55:50Le pilote s'amuse avec son géant.
00:55:53L'avion dépasse alors de 100 tonnes, le record établi un an auparavant par un Boeing 747.
00:55:59Il s'envole d'abord pour Kiev, puis pour Paris.
00:56:02Une arrivée fort remarquée, celle de la navette soviétique Buran en direct du Bourget.
00:56:15Gérard Joigny.
00:56:15Absolument, Jean-Claude.
00:56:17Le temps ne s'arrange pas ici au Bourget.
00:56:19Il y a de la grêle actuellement.
00:56:20Mais on attendait la vedette du salon.
00:56:22On nous avait dit que c'était la navette Buran sur l'avion géant Antonov 225.
00:56:27Cette navette est arrivée ce matin.
00:56:29Et vous allez voir que c'est réellement la vedette du salon.
00:56:31Quant à l'avion Antonov 225, il pèse 600 tonnes, c'est-à-dire 100 tonnes de plus que le plus gros des Boeing 747.
00:56:39Là, évidemment, tous les records sont battus.
00:56:41L'avion venu d'URSS fait sensation au salon du Bourget près de Paris.
00:56:54Personne ne se doute alors que ce premier exemplaire du spectaculaire Antonov AM225 Mriya sera aussi le dernier.
00:57:11La foule se pressait autour de notre Mriya.
00:57:18Je disais aux gens, il y a des rangées d'avions là-bas, allez les voir en attendant.
00:57:24Mais non, ils voulaient entrer dedans, faire des photos, le toucher.
00:57:29J'avais l'impression que c'était un immense bonheur pour tous ces gens.
00:57:35Quelques mois plus tard, le mur de Berlin tombe et l'Empire soviétique s'effondre.
00:57:42La navette Bourane ne volera plus jamais et le Mriya est immobilisé pour un moment.
00:57:50La guerre froide prend fin.
00:57:53Le monde promet la paix.
00:58:11Voilà 35 ans que les géants d'Antonov Airlines parcourent le monde.
00:58:33Salut l'avion !
00:58:43Leipzig en Allemagne est la seule base de maintenance des avions Antonov hors d'Ukraine.
00:58:54Les appareils ont vieilli, les moteurs aussi.
00:58:56Depuis le début de la guerre en Ukraine, l'équipe de Leipzig ne cesse de s'agrandir.
00:59:06Sept Rousslan volent encore pour Antonov Airlines aujourd'hui.
00:59:12Dmitro Antonov est l'un de leurs pilotes.
00:59:14Aujourd'hui, nous décollons à vide pour l'aéroport de Harrisburg aux Etats-Unis.
00:59:27Nous allons survoler l'Atlantique pendant plus de cinq heures et le vol dure neuf heures en tout.
00:59:37Nous partons récupérer des équipements importants pour aider nos forces armées à gagner cette terrible guerre.
00:59:57La base de maintenance de Leipzig existe depuis 20 ans.
01:00:01Depuis les interventions des Etats-Unis et de l'OTAN en Irak, en Afghanistan ou au Mali.
01:00:07Antonov vole pour les armées européennes qui ne possèdent pas ce type d'avion, comme la Bundeswehr.
01:00:19Je suis arrivé à Leipzig en 2006.
01:00:37On pouvait s'attendre à une grande quantité de frais à l'époque.
01:00:44Mais on n'aurait jamais imaginé transporter autant de marchandises jusqu'en Afghanistan.
01:00:48C'est grâce aux revenus tirés de ces convois civils et militaires que, dans les années 90, Antonov parvient à financer le retour d'une légende, la N-225 Mriya.
01:01:02Il était resté cloué au sol pendant près de dix ans.
01:01:15Mais on nous sollicitait régulièrement pour transporter des charges très lourdes.
01:01:21Parce que même l'Aisne 124 Ruslan n'était pas en mesure de le faire.
01:01:27Dmitro Antonov a passé 20 ans à parcourir le monde avec la N-225.
01:01:54J'ai fait 39 fois le tour du globe avec le Mriya.
01:02:19Il est énorme !
01:02:21C'était poussouflant, il faut le voir en vrai.
01:02:23C'est une occasion unique d'apercevoir cet avion géant.
01:02:29C'était incroyable tout ce monde.
01:02:34En même temps, je m'y attendais.
01:02:39J'avais l'habitude que le Mriya attire beaucoup l'attention quand il sillonnait la planète.
01:02:50Le Mriya bat de nombreux records, comme celui de la plus lourde charge jamais transportée, 190 tonnes.
01:02:58Avec son design bleu et jaune, il devient le symbole de l'Ukraine indépendante.
01:03:02Pour nous, un avion est une personne.
01:03:17Alors quand on s'approchait de lui, on lui faisait une petite caresse et on lui disait « Bonjour petit avion ».
01:03:24Des hommes ont construit cet avion, mais d'autres l'ont détruit.
01:03:31Début 2022, Aleksandr Krytsenko, manager d'Antonov à Leipzig, est informé du projet d'invasion totale de l'Ukraine par les Russes.
01:03:46Leipzig lui paraît être le lieu idéal pour évacuer les appareils d'Antonov Airlines stationnés à l'aéroport de Gostomel, près de Kiev.
01:03:55A la mi-janvier 2022, autour du 15, le NSPA, c'est-à-dire l'OTAN, m'informe que la guerre est imminente, selon les services du renseignement.
01:04:11Alors, j'appelle les dirigeants d'Antonov à Kiev pour les avertir que la guerre va éclater d'ici un mois.
01:04:26Et je commence à préparer un plan d'évacuation des avions de Kiev vers l'aéroport de Leipzig.
01:04:40Le Mria était prêt, tous les moteurs étaient en place, il ne restait plus qu'à donner l'ordre d'évacuation.
01:05:02De nombreuses compagnies aériennes ukrainiennes avaient mis à l'abri leurs avions avant la guerre.
01:05:10Mais les nôtres sont restés là. Comment cela se fait-il ?
01:05:19Dix jours avant le début de la guerre, un événement encore inexpliqué à ce jour se produit.
01:05:30Je me suis occupé de tout cela jusqu'au 15 février, date à laquelle j'ai été licencié sur décision de la direction d'Antonov Kiev de l'époque.
01:05:40Donc je n'ai pas pu continuer d'organiser l'évacuation.
01:05:47Et oui, le 15 février 2022, on m'a licencié.
01:05:53Tout est alors retardé.
01:05:56L'arrivée des avions à Leipzig, y compris celle de l'AN225 Mria, est annoncée pour le 25 février seulement.
01:06:03Trop tard.
01:06:09Le 24 février 2022, le pilote d'essai du Mria, Alexander Galunenko, observe les hélicoptères de l'armée russe depuis sa maison de Boucha.
01:06:19Il se dirige vers l'aéroport de l'usine Antonov.
01:06:30Que peut-on ressentir face à une telle horreur ?
01:06:41C'est un cauchemar.
01:06:43Un cauchemar.
01:06:46Je me sens mal, évidemment.
01:06:49Mais que voulez-vous y faire ?
01:06:51Personnellement, j'avais senti assez tôt qu'on allait avoir des ennuis avec la Russie.
01:07:09On ne pouvait pas leur échapper.
01:07:11Vous comprenez ?
01:07:12La première destination des Russes, c'était Gostomel.
01:07:33Le premier jour, ils auraient pu tranquillement rejoindre Kiev depuis l'aéroport, comme c'était prévu.
01:07:42Mais ils ont décidé de détruire tous les avions qu'ils pouvaient trouver.
01:07:49Et ils l'ont fait.
01:07:54Ils l'ont fait.
01:07:55On aimerait que l'entreprise vive éternellement.
01:08:20Nous, qui avons travaillé pendant de longues années pour cette entreprise, nous aurions voulu qu'elle vive éternellement, bien sûr.
01:08:36Mais comme je vous l'ai déjà dit, on était arrivés au sommet avec la N-124.
01:08:41Et la N-225 nous a permis de rester tout en haut.
01:08:50Mais ça ne se produira plus jamais.
01:08:51La destruction du hangar du Mria le 27 février 2022 a été filmée depuis un drone.
01:09:01C'est parti.
01:09:02C'est parti.
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01:09:20C'est parti.
01:09:21C'est parti.
01:09:22je suis allé le voir le 1er avril je me suis approché et je lui ai dit bonjour l'avion
01:09:52bonjour petit avion
01:09:59tout cela me rend triste
01:10:14le mria est entré pour toujours dans l'histoire de l'aviation le monde de l'aéronautique rêve que
01:10:21l'on en construit un deuxième car des pièces existent mais cela restera probablement un rêve
01:10:51bonjour
01:10:53bonjour
01:10:55bonjour
01:10:57bonjour
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