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00:00La mort de Edgar Hoover, directeur du FBI, déclenche chez Nixon un besoin de se procurer des renseignements sur ses ennemis de façon illégale.
00:14Six semaines plus tard a lieu le cambriolage au Watergate.
00:18Wright-Batman, un membre du Congrès, lance une enquête sur le vol, mais la Maison Blanche de Nixon utilise le chantage et la pression politique pour le contrecarrer.
00:27Encore un opposant mis sur la touche.
00:30Alors, imaginez que vous êtes en 1972.
00:43Comme beaucoup, vous suivez l'affaire du Watergate et vous essayez de comprendre.
00:48A quel moment pensez-vous que vous vous seriez dit que toute cette affaire était peut-être un énorme complot ?
00:53Si vous aviez cette sombre impression qu'on ne vous racontait pas tout, je pense que les événements du 8 décembre 1972 vous aurez alerté d'autant plus.
01:08En cet après-midi neigeux, le vol 553 de la United Airlines est à une minute d'atterrir à l'aéroport Midway de Chicago quand l'avion s'écrase sur des maisons dans le sud de la ville.
01:32Si je vous parle de cet accident, c'est parce qu'il survient environ six mois après le cambriolage du Watergate et que parmi les défunts se trouve Dorothy Hunt, l'épouse d'Oward Hunt, l'un des cerveaux du cambriolage.
02:00Les 10 000 dollars en liquide retrouvés avec le corps pourraient être vus comme un pot de vin étant donné que Hunt était sur le point de témoigner sur son implication dans le cambriolage.
02:12De plus, le nombre anormalement élevé d'agents du FBI, environ 50, arrivés directement après l'accident, peut aussi sembler étrange.
02:27Et enfin, le lendemain de l'accident, Richard Nixon nomme le chef de sa fameuse équipe de plombiers au poste de sous-secrétaire au transport, lui accordant le contrôle direct de l'agence chargée d'enquêter sur l'accident.
02:46Est-ce que Nixon a orchestré cet accident d'avion afin d'éliminer la femme de Hunt pour éviter qu'elle n'en dise trop ?
03:04Non, c'est insensé.
03:08Mais à cette époque, si on avait dit que Nixon était impliqué dans le Watergate, on aurait trouvé ça insensé aussi.
03:15Si vous voulez ressentir à quel point il était difficile de comprendre l'affaire du Watergate à l'époque, de différencier les faits réels des théories fantasques,
03:25je crois que le crash illustre bien la tension du moment.
03:28Une tension qui a empêché le Watergate de prendre l'ampleur qu'il a eue par la suite.
03:32Je pense que les gens de ce pays ont le droit de savoir si l'Airlines Units est utilisé pour se faire rire d'un witness.
03:39Le Watergate était une affaire tellement nouvelle que personne ne savait vraiment comment y trouver du sens.
03:45Comment faire la différence entre une coïncidence et un complot ?
04:06Comment vit-on le Watergate quand on ne connaît pas la fin de l'histoire ?
04:10Pour le savoir, nous allons observer cet épisode de l'histoire américaine à travers les yeux de ceux qui l'ont vécu,
04:24alors même qu'ils ignoraient ce que réservait l'avenir.
04:27Je m'appelle Leon Naifak. Voici Watergate, les dessous du scandale.
04:39L'accident du vol 553 est largement couvert par la télévision et les journaux.
04:59Alors que les médias s'intéressent au nombre de morts et tentent de comprendre l'origine du crash,
05:05une voix beaucoup moins traditionnelle parle de l'accident d'un point de vue très différent.
05:12Cette voix est celle de May Brussell.
05:13Son émission radiophonique est diffusée sur KLRB, une petite station FM californienne de gauche.
05:39Mais Brussell suit l'affaire du Watergate de près, depuis le début.
05:44Quand l'épouse de Howard Hunt décède, Brussell ne croit pas à une simple coïncidence.
05:49Elle a aussi eu l'idée quant à l'origine de l'argent transporté par Dorothy Hunt.
06:16Je pense que vous voyez où elle veut en venir.
06:18Pour May Brussell, le crash du vol 553 est un nouvel élément à relier au complot du Watergate en constante expansion.
06:36Même si ses idées peuvent paraître invraisemblables,
06:39elle est l'une des seules à l'époque à s'être vraiment intéressée à Martha Mitchell.
06:42Pour préparer son émission, devait-elle suivre des conseils ?
07:01Non ! Oh que non ! Des conseils, c'est une bonne remarque par rapport à May Brussell.
07:06On était nombreux à lui suggérer de parler moins vite.
07:10Mais arrête-toi et explique un peu plus ce que tu veux dire.
07:13Je m'appelle David Bean et j'étais le directeur des programmes à KLRB FM Radio quand May Brussell faisait son émission.
07:22May se sentait proche de Martha Mitchell.
07:25Et tu peux mettre toute la blame sur la White House.
07:29Elle pensait qu'on essayait de faire taire Martha Mitchell qui, d'après elle, avait raison.
07:34Et il n'y a pas que Martha.
07:38May Brussell est l'une des premières voix publiques à affirmer à l'époque
07:41que le gouvernement tente d'étouffer l'affaire du Watergate.
07:53La plupart des informations que May obtenait provenaient des journaux.
07:58Elle conservait des coupures qu'elle classait dans des boîtes.
08:02Elle disait, par exemple, que ce journal venait de raconter ça, qu'un type avait fait ci.
08:07Donc ça voulait dire ça.
08:09Et puis que personne ne connaissait le lien qu'il avait avec un autre type qu'elle avait découvert.
08:28Elle a consacré toute sa vie à ses recherches.
08:32Je dois avouer que Brussell a couvert beaucoup de sujets et soutenu beaucoup de théories auxquelles je ne peux croire.
08:39Elle pensait que le gouvernement utilisait des armes chimiques pour manipuler les esprits.
08:43Elle faisait une véritable fixation sur les buggy.
08:56Elle croyait qu'il faisait partie intégrante du complexe militaro-industriel et était utilisé pour toutes sortes d'opérations secrètes.
09:03Vous avez bien entendu, les buggy.
09:18Mais pour la présentatrice d'une émission appelée Dialogue Conspiracy, elle vient d'un milieu assez conventionnel.
09:24Mais Brussell grandit dans une famille aisée de Los Angeles, héritière d'un grand magasin en Californie.
09:36Une vie plutôt confortable avec des soirées et des vacances.
09:39Elle étudie la philosophie à Stanford.
09:43Après son mariage, elle s'installe dans une vie tranquille de mère au foyer à Los Angeles.
09:48Elle dit que pendant cette période, elle n'est qu'une femme au foyer,
09:52dont la vie est rythmée par les cours de tennis, les leçons de danse
09:55et les rendez-vous chez l'orthodontiste pour ses enfants.
09:58Cette vie prend fin le 22 novembre 1963.
10:01C'est parti.
10:31L'assassinat de John Kennedy change la façon dont même Brussell voit le monde.
10:37Elle n'a plus confiance en son gouvernement.
10:47Elle remet en question la conclusion de la commission Warren,
10:50affirmant que l'IHRB Oswald a agi seul.
10:53Pour mieux comprendre cette prétendue opération de dissimulation,
11:04elle s'achète pour Noël les 26 volumes des conclusions de la commission.
11:07C'est devenu un point de mésentente avec son mari
11:20qui n'aimait pas qu'elle fasse toutes ses recherches sur Kennedy.
11:24May May était une femme incroyablement forte et extraordinaire.
11:28Elle a quitté son mari.
11:31Elle a pris sa vie en main, ses pensées, ses croyances et ses recherches
11:35et elle a emménagé à Carmel, en Californie, avec ses enfants.
11:40Elle a fait ce qu'elle était censée faire.
11:44Elle commence à donner des conférences et à partir de 1971,
11:47elle présente une émission le dimanche après-midi sur KLRB
11:50consacrée à ses théories sur l'assassinat de Kennedy.
12:02Quand le Watergate a lieu l'année suivante,
12:04May Brussels est donc à même d'en parler.
12:06Juste après le cambriolage,
12:18elle se lance dans cette histoire
12:19qu'elle refuse fermement de considérer comme une coïncidence.
12:30Au cours de ses recherches sur l'assassinat de Kennedy,
12:34elle remarque une intrigue récurrente en parallèle.
12:36Des Cubains travaillent secrètement pour le gouvernement américain.
12:45C'est un fait étrange à prendre en compte, mais elle a raison.
12:49Une fois que l'on met bout à bout toutes les raisons
12:52de la présence de ces quatre expatriés cubains ce soir-là,
12:55on commence à découvrir des choses très intéressantes.
13:06L'opération Peter Pan était un programme initié par le gouvernement américain
13:25pour expiltrer les enfants des résistants
13:28qui combattaient le régime de Castro aux Etats-Unis
13:30pendant que leurs parents continuaient de se battre.
13:35Plus de 14 000 enfants sont arrivés de cette façon.
13:39Et j'étais l'une d'entre eux.
13:42Je m'appelle Maria de Los Angeles Torres.
13:44Je suis politologue.
13:45J'étudie et j'écris sur les exilés cubains.
13:48Cuba aspirait à avoir son propre gouvernement indépendant
13:51et des institutions démocratiques.
14:02Quand Fidel Castro est venu à la Havane,
14:05mon père m'a emmenée avec lui.
14:07Et on est allés saluer les rebelles.
14:09On allait enfin avoir un gouvernement
14:11qui répondrait aux besoins de la population.
14:18Fidel avait promis des élections.
14:19Mais ensuite, il a décidé de les annuler.
14:24À partir de ce moment-là,
14:27tout ce qu'on faisait pouvait être écouté ou dénoncé.
14:32Alors, quand Fidel a commencé à organiser des pelotons d'exécution
14:36et a tué même des jeunes de 17, 18 ou 19 ans
14:39qui, après avoir été en sa faveur,
14:42lui demandaient simplement qu'il apporte la démocratie et des élections,
14:46beaucoup se sont retournés contre lui.
14:58Il se tourne vers les Etats-Unis
14:59et beaucoup arrivent à Miami.
15:03Ces nouveaux exilés quittent leur terre natale
15:06parce qu'ils vivent dans la peur.
15:08Ils ont parfois vu des membres de leur famille
15:10tués dans la rue à cause d'un dictateur communiste.
15:12Au début des années 60,
15:16on voit soudain apparaître une armée grandissante
15:18d'hommes très motivés à combattre le communisme autant que possible.
15:22Mais cette fois-ci sur le sol américain.
15:25Cette association géopolitique semble paradisiaque,
15:28du moins à l'époque.
15:29Le 17 avril 1961,
15:35un tout nouveau groupe militaire d'exilés cubains,
15:37entraîné et financé par la CIA,
15:39envahit Cuba pour tenter de renverser Fidel Castro.
15:42L'invasion de la baie des cochons échoue misérablement.
16:01Et la plupart des participants cubains
16:03sont soit tués, soit faits prisonniers.
16:05Juste après l'échec de la baie des cochons,
16:19certains ont continué à vouloir renverser le gouvernement castriste.
16:24D'ailleurs, l'administration Kennedy
16:26a poursuivi ses projets dans ce sens,
16:29mais cette fois-ci, de façon plus secrète.
16:31C'est ce qu'on appelle l'opération Monguz.
16:36Depuis son quartier général à Miami,
16:38l'opération Monguz déclenche des centaines d'opérations secrètes de la CIA
16:42en déployant des exilés cubains.
16:44Comme cet homme.
16:46Vous savez, la qualité de l'entretien dépend uniquement de l'intervieweur.
16:52Vétéran de la baie des cochons
16:53et futur cambrioleur du Watergate,
16:55voici Eugéneo Martinez.
16:58J'ai été recruté par un membre de la CIA.
17:01Je ne savais pas ce que le sigle CIA voulait dire.
17:07Ils m'ont dit qu'ils étaient riches,
17:09qu'ils avaient de l'argent
17:10et qu'ils voulaient nous aider à combattre Castro.
17:17Des gens étaient tués à Cuba
17:18et on était contre ceux qui tuaient notre peuple.
17:21On faisait passer des armes à nos concitoyens à Cuba
17:26et on faisait en sorte d'établir des liens
17:29pour qu'on puisse contacter les gens de l'intérieur.
17:32C'était une tâche très dangereuse.
17:38On risquait notre vie à chaque fois qu'on allait à Cuba
17:41pour infiltrer et exfiltrer des gens.
17:46L'une des missions que j'ai faites,
17:48c'était de couler une vedette torpilleur
17:50qui avait été donnée à Castro.
17:52C'était un cadeau.
17:56Ces opérations se poursuivent tout au long des années 60.
17:59Des centaines de petites missions
18:01pour saper le communisme à Cuba
18:02sur fond de guerre froide pour la bonne cause.
18:05J'ai eu une bonne carrière.
18:09J'avais plus de missions à Cuba que n'importe qui d'autre.
18:13J'ai eu plus de 300 missions.
18:21Le discours anticommuniste se portait bien aux Etats-Unis
18:24et était peut-être même ressenti de façon plus personnelle
18:28dans la communauté des exilés cubains.
18:31C'était des soldats,
18:33des combattants pour la liberté
18:35qui prenaient leurs missions très au sérieux
18:36pour combattre le communisme.
18:39Je pense qu'il y avait une certaine vulnérabilité chez eux,
18:43ce qui permettait à la CIA
18:44et aux gens comme Howard Hunt
18:46de jouer sur leurs sentiments.
18:51C'est Hunt qui recrute une poignée de Cubains,
18:53dont Martinez,
18:55pour renforcer la sécurité
18:56lors des obsèques d'Edgar Hoover.
18:58Nous avons travaillé comme agents de sécurité
19:01pendant les funérailles de Hoover.
19:06On était là pour protéger le cercueil
19:08et on était prêts à disperser les groupes d'individus
19:12qui venaient dans le but de semer la zizanie.
19:15à créer des problèmes.
19:24En juin 1972,
19:29les Cubains ont la réputation
19:31d'être doués pour effectuer
19:32un travail politique
19:33pas tout à fait officiel.
19:34Si le président américain
19:39vous demande d'effectuer un certain travail,
19:41il est très difficile de ne pas dire oui.
19:44Pour moi, c'était un honneur
19:45et un privilège.
19:48On essayait d'être
19:50de bons citoyens
19:51en faisant du bon travail
19:53pour le gouvernement américain.
19:55C'était tout.
20:02J'imagine que les cambrioleurs
20:04du Watergate
20:04ont ressenti la même chose
20:05cette nuit-là.
20:07Techniquement,
20:08ce n'est pas bien,
20:09mais ils pensent être du bon côté
20:10et se battre pour la bonne cause.
20:13Dans cette affaire,
20:14un homme en particulier
20:15prend l'ouvrage très à cœur,
20:17celui qui a planifié le cambriolage.
20:18Howard Hunt se considérait
20:27comme une sorte de James Bond.
20:30C'était un agent de la CIA,
20:32l'un des responsables
20:33de l'opération
20:33de la baie des cochons.
20:36Eduardo était un étrange individu.
20:40Martinez connaît Howard Hunt
20:42sous son nom de guerre.
20:44Eduardo.
20:45Il ne m'a pas impressionné
20:47en tant qu'agent
20:48de la CIA.
20:49Il était surtout intéressé
20:51par la réalisation de films.
20:57Eduardo était écrivain
20:58et il vivait les histoires
21:01qu'il écrivait.
21:04En effet,
21:05l'un des architectes
21:06du cambriolage
21:07écrivait aussi
21:07des livres d'espionnage.
21:10The Violent Ones,
21:12Where Murder Waits,
21:14The Venus Probe
21:15sont quelques titres
21:16qu'il a écrits
21:16sous divers pseudonymes.
21:18« Si vous lisez
21:19le livre que je préfère,
21:20The Coven,
21:21publié la même année
21:22où Hunt a orchestré
21:23le Watergate,
21:24vous saurez mieux
21:25pourquoi toute cette affaire
21:26a eu lieu. »
21:28Dans l'intrigue,
21:29on retrouve notre éternel enquêteur
21:32qui est le pilier du livre,
21:34un véritable sosie
21:35de Howard Hunt.
21:39Il découvre qu'un personnage
21:41ressemblant très fortement
21:42à Edward Kennedy,
21:43le sénateur Kennedy,
21:47est en fait à la tête
21:48d'un culte satanique
21:49consacré à la mort.
21:51« Death culte ».
21:53On y voit une allégorie
22:01de sa vision du monde.
22:06On y parle de gens
22:07qui croient,
22:07au plus profond de leur être,
22:09que la politique
22:10est une bataille
22:11entre les forces
22:11du bien et du mal.
22:13Par conséquent,
22:14ça veut dire
22:15que la faim
22:15justifie les moyens.
22:16« Ça devait être
22:21ma dernière mission.
22:23Je n'aimais pas
22:24la façon dont Eduardo
22:25travaillait,
22:26alors je leur ai dit
22:27que ce serait
22:28la dernière mission
22:29pour moi. »
22:33Plusieurs cambriolages
22:41ont déjà été tentés
22:42avant le 17 juin
22:43dans les bureaux
22:44du comité démocrate
22:45au Watergate.
22:46« Il y avait une soirée
22:50qui était censée
22:51être organisée
22:52par Ameritas,
22:54une entreprise
22:55dont le directeur
22:56était un de nos amis
22:57à Miami.
23:03Il était prévu
23:04qu'ils dînent
23:04au restaurant
23:05du Watergate.
23:07On avait organisé
23:09cette réunion
23:09pour pénétrer
23:10dans leur bureau
23:11et prendre des documents
23:13parce qu'il y avait
23:14des rumeurs
23:15disant que le parti
23:16démocrate
23:17est des castraux
23:17et son gouvernement.
23:22Mais ce soir-là,
23:27les employés
23:27du comité
23:28travaillent tard
23:29et empêchent
23:29toute possibilité
23:30de cambriolage.
23:31Cependant,
23:40quelques semaines plus tard,
23:42après une autre occasion
23:43manquée,
23:44ils réussissent.
23:45L'opération a été
23:46retardée,
23:48alors je suis arrivé
23:49tard le soir.
23:53On était tous bien
23:54habillés,
23:54on portait un costume
23:55et tout le reste.
23:56Edouardo,
23:59lui,
23:59portait un pantalon
24:00très bizarre
24:01et Gordon Liddy
24:02l'a renvoyé
24:03chez lui
24:03pour qu'il se change.
24:08Il l'a renvoyé
24:09pour qu'il mette
24:10des vêtements
24:10plus appropriés.
24:16Une fois là-bas,
24:17on est entrés.
24:19On n'avait pas eu
24:19besoin d'utiliser
24:20de rubans adhésifs
24:21pour ouvrir les portes
24:22parce qu'on avait
24:22un type avec nous
24:23qui pouvaient les ouvrir.
24:25Il s'appelait
24:25Virgilio Gonzales
24:27et il était serrurier.
24:29Mais entre-temps,
24:30ils sont ressortis
24:31et ont utilisé
24:32de l'adhésif
24:33sur les portes.
24:35C'est à cause
24:35de cet adhésif
24:36que nous avons été
24:37démasqués.
24:37On avait prévu
25:00de mettre quelqu'un
25:01pour guetter
25:02dans l'hôtel
25:02Howard Johnson.
25:04Mais personne
25:05ne nous a prévenu.
25:06ensuite la police
25:07est arrivée
25:08pour nous arrêter.
25:09Ceux qui auraient pu
25:10nous sortir de là
25:11n'étaient pas présents.
25:12Ni Gordon Liddy
25:13ni Howard Hunt.
25:17J'ai retiré ma veste,
25:19les jeté par terre
25:20et j'ai dit au type
25:20que ça allait prendre
25:22du temps.
25:24Je savais que la situation
25:25allait se compliquer.
25:31On n'aurait pas dû
25:32y aller ce soir-là.
25:36Le même soir,
25:39à quelques rues de là,
25:40Roger Stone
25:41se trouve chez
25:42Bart Porter,
25:42le directeur de campagne
25:44de Nixon.
25:46Soudain,
25:47le téléphone sonne.
25:51Jim McCord
25:52était au menu file
25:53et il a dit
25:53« C'est Jim McCord,
25:54Porter est là ? »
25:56Je dis
25:57« Non, monsieur,
25:58il est parti pour le week-end.
25:59Je peux prendre un message ? »
26:01Il a dit
26:01« Mince,
26:03est-ce qu'il va vous appeler ? »
26:05J'ai répondu
26:05que je ne savais pas
26:06mais si oui,
26:07je serais heureux
26:07de lui laisser un message.
26:09Il a dit
26:09« Non, ça ira »
26:10et il a raccroché.
26:15Une heure plus tard,
26:16Gordon Liddy a appelé.
26:20« Je cherche Porter.
26:21Il n'est pas là ? »
26:22« Il est où ? »
26:23« Il est sur la côte ouest ? »
26:24« Je garde sa maison. »
26:25« Est-ce qu'il va vous appeler ? »
26:26« Non. »
26:28« S'il vous appelle,
26:28dites-lui que Liddy le cherche. »
26:30« Oui, monsieur. »
26:32Le lendemain matin,
26:33j'ai bien sûr lu
26:34la une du Washington Post
26:35qui parlait
26:36d'un cambriolage
26:37au Watergate.
26:41Un porte-parole
26:43du comité de réélection
26:44du président
26:45disait que ça n'avait
26:46aucun lien avec eux
26:47et qu'ils ignoraient tout.
26:49Je me suis tout de suite dit
26:50à cause de ces deux appels
26:52que ce n'était pas vrai.
26:53« Ce n'est pas le cas. »
26:54« Five men were arrested
26:55early Saturday
26:56while trying to install
26:58eavesdropping equipment
26:59at the Democratic National Committee.
27:01And it turns out
27:02that one of them
27:03has an office
27:03of the headquarters
27:04of the committee
27:05of the reélection
27:06of the president.
27:08« This is a very big story
27:11just breaking
27:12at the Watergate.
27:13Another man
27:14that was arrested
27:15was Eugene Martinez
27:16who was sent
27:17as a real estate agent
27:19and a soldier of fortune. »
27:21Quand les premiers articles
27:22du Washington Post
27:23sur le Watergate
27:24ont été lus
27:24dans les foyers américains,
27:26ils n'ont pas du tout
27:27fait mouche.
27:28« Il n'y a pas du tout
27:29fait mouche. »
27:30« Cotton, how, Sheila ?
27:32Punch, with your look,
27:34lean as cotton ! »
27:36« On était au cœur
27:39de la période des primaires
27:40pendant la campagne
27:41de réélection de Nixon
27:42en 1972.
27:44Donc la plupart des journalistes
27:46étaient affectés
27:46à différents candidats
27:47et le bureau
27:48était plutôt vide.
27:49Ils n'avaient pas
27:50d'autre choix
27:50que de m'envoyer moi.
27:52Je m'appelle Leslie Stoll.
27:54Ma première couverture
27:55pour CBS
27:55était le Watergate.
27:58On m'avait envoyée
27:59pour couvrir
28:00la comparution initiale.
28:02Il n'y avait
28:03qu'un seul autre journaliste
28:04dans la salle d'audience.
28:06Et il se trouve
28:07que c'était
28:08Bob Woodward,
28:09l'autre journaliste
28:10qui écrivait
28:11pour les pages locales
28:12du Washington Post,
28:13même pas pour
28:14leur section principale.
28:15Ça montre
28:17à quel point
28:17les organes d'information
28:18trouvaient
28:19cette affaire insignifiante.
28:26Mais à chaque instant,
28:32l'affaire devenait
28:33de plus en plus suspecte.
28:35Et Bob,
28:35tout particulièrement,
28:37a tout de suite
28:37eu un pressentiment.
28:38On savait
28:40qu'on tenait
28:41une affaire
28:41dès le premier jour.
28:44Je m'appelle
28:45Barry Sussman.
28:46J'étais rédacteur
28:47en chef chargé
28:47de couvrir le Watergate
28:48pour le Washington Post.
28:51Notre chroniqueur judiciaire
28:52avait été prévenu
28:53qu'il serait autorisé
28:55à examiner
28:56certains biens
28:56appartenant
28:57aux hommes arrêtés.
29:00Il a vu
29:01des carnets d'adresse.
29:02Dans l'un d'eux
29:03se trouvait le nom
29:04de Howard Hunt,
29:05WH.
29:05Il y avait aussi
29:07un chèque
29:08de 6 dollars
29:08et 36 cents
29:09que Howard Hunt
29:11avait conservé
29:11dans une de leurs
29:12chambres d'hôtel.
29:18Woodward a appelé
29:19Howard Hunt
29:20à la Maison-Blanche.
29:24Hunt a décroché
29:26et Woodward
29:26lui a demandé
29:27s'il pouvait lui dire
29:28pourquoi son nom
29:29apparaissait
29:30sur les carnets
29:31d'adresse
29:31des hommes
29:32arrêtés au Watergate.
29:34Hunt a répondu
29:36quelque chose
29:37comme
29:37« Oh merde ! »
29:39Ce qui voulait dire
29:40« Cette affaire
29:41est en cours d'examen.
29:42Je ne peux rien
29:42vous dire. »
29:45Le cambriolage
29:46datait du samedi.
29:47On était alors
29:48lundi après-midi
29:49et on tenait
29:49parfaitement
29:50les liens
29:51avec la Maison-Blanche,
29:52les liens
29:52avec le comité
29:53de réélection.
29:55Ceci plante
29:56le décor
29:56du jeu
29:56du chat
29:57et de la souris
29:57le plus important
29:58jamais joué
29:59en politique américaine.
30:01D'un côté,
30:02les journalistes
30:02chargés
30:03de découvrir
30:03ce qui s'est
30:04réellement passé
30:05de l'autre
30:06la Maison-Blanche
30:07où les employés
30:08font tout leur possible
30:09pour les en empêcher.
30:10C'était toujours
30:11le même discours.
30:12On ne sait rien,
30:13on n'a rien à voir là-dedans.
30:14Retournez faire
30:15ce qui était prévu
30:15et ne vous inquiétez pas
30:17pour ça.
30:17Neu pas le président,
30:19évidemment,
30:20ou quelqu'un
30:20dans le White House
30:21ou quelqu'un
30:22d'autorité
30:22ou de la committe
30:23qui travaillent
30:24pour la réélection
30:24du président
30:25n'a aucune responsabilité
30:27pour ça
30:27et, donc,
30:28il n'y a pas de raison
30:29pour que
30:29il devrait être
30:29une matière
30:31de concern
30:32pour l'américain.
30:32Le White House
30:33aujourd'hui
30:33a simplement
30:34refusé
30:34à comment.
30:35Le Président
30:35de la Présidente
30:36Ronald Ziegler
30:37a total de 23 fois.
30:40Quand Ron Ziegler
30:48a dit que ce n'était
30:49qu'un cambriolage
30:50de pacotille,
30:51c'est devenu
30:52l'une des grandes phrases
30:53du Watergate.
30:54Un cambriolage
30:55de pacotille,
30:56c'était tout.
30:58Je m'appelle Connie Chung.
30:59J'ai couvert le Watergate
31:00pour CBS News.
31:01C'est comme s'il n'y avait
31:02aucune collusion.
31:04Ça a été répété
31:04maintes et maintes fois.
31:06C'était le discours officiel
31:07de la Maison Blanche.
31:08Le gouvernement s'est débattu
31:33en essayant de punir
31:34le Washington Post
31:35en tentant de nous faire passer
31:36pour un instrument
31:37de la campagne démocrate.
31:38Mais l'habile stratégie médiatique
32:06va payer.
32:07Surtout à partir du moment
32:08où l'homme qui se trouve
32:09au plus haut sommet
32:10fait tout ce qui est
32:12en son pouvoir
32:12pour garder ses distances.
32:15Les journalistes
32:16ne pouvaient pas approcher Nixon.
32:18Mais un jour,
32:19je suis entrée
32:20par la porte ouest
32:21et tout à coup,
32:22j'ai vu Nixon
32:23debout devant moi.
32:26Il était cloîtré
32:27comme dans un bunker.
32:28Il ne se montrait pas.
32:29Il ne parlait à personne
32:31et le voilà
32:32qui était devant moi
32:33avec sa posture habituelle.
32:36Les agents secrets
32:37se sont précipités vers moi
32:38mais j'ai continué
32:39de marcher vers lui.
32:41Ils ne m'ont pas empêchée
32:42de poursuivre mon chemin
32:43alors j'ai commencé
32:44à lui parler,
32:45à lui poser des questions.
32:48Je craignais
32:49de sortir mon carnet
32:50parce que je pensais
32:51qu'il risquait
32:52de ne plus me parler
32:53si j'écrivais des choses.
32:54Alors j'essayais
32:56de me rappeler
32:56ce qu'il me disait.
32:57En fait,
32:58il n'a pas dit grand-chose.
33:00Je lui posais
33:00toutes sortes de questions
33:01sur le Watergate
33:02et il les esquivait.
33:04Finalement,
33:05il m'a dit
33:05« Combien d'argent
33:08gagnez-vous ? »
33:10Et j'ai dit
33:11« Quoi ? »
33:13Il a répété
33:13« Combien d'argent
33:14gagnez-vous ? »
33:16Eh bien,
33:16je gagne 27 000 dollars
33:17par an
33:18mais si je fais
33:19un reportage
33:20pour Cronkite,
33:21je gagne 25 dollars
33:23de plus
33:23et si j'arrive
33:24à faire plein de radios,
33:26je peux augmenter
33:27mon salaire
33:27jusqu'à 29 000 dollars
33:29presque 30 000 dollars
33:31par an.
33:32Il a écouté
33:33cette réponse ridicule
33:34sur le montant
33:35de mon salaire
33:35puis il a dit
33:37« Vous savez,
33:38vous devriez gagner
33:39plus d'argent. »
33:45Et puis,
33:45il s'est éloigné.
33:47Les élections approchant,
33:49Nixon fait tout son possible
33:50pour repousser
33:51l'affaire du Watergate
33:52et ça fonctionne.
33:54« Je pense que
33:55Nixon a fait
33:56un bon travail
33:56avec nous
33:56jusqu'à ce moment. »
33:57« Qu'est-ce qu'il y a
33:58l'incident de Watergate ? »
33:59« Je ne sais
34:00ce que ça veut dire. »
34:02« Ce qui était
34:03le plus frustrant,
34:04c'était que le public
34:05ne montrait pas
34:06grand intérêt
34:07pour cette affaire. »
34:09« Quels sont-ils
34:09les hommes
34:09après au Watergate ?
34:11Qui les a envoyés ?
34:12Comment ils ont payés ? »
34:13« Je crois
34:14qu'on ressentait
34:15plus de curiosité
34:16que de frustration
34:17pour cette situation.
34:19Pourquoi les Américains
34:20n'étaient-ils pas aussi
34:22contrariés
34:23et affectés
34:23que nous ? »
34:26« C'est vrai
34:27qu'on vit dans notre bulle
34:28à Washington.
34:30Ce qui se passait
34:31en dehors de cette bulle
34:33nous inquiétait. »
34:35« Ou plutôt
34:36ce qui ne se passait pas. »
34:40« Un soir,
34:43j'ai entendu frapper
34:44à ma porte.
34:45C'était Carl Bernstein.
34:47Il a avancé son pied
34:48pour que je ne referme pas
34:49et il a dit
34:50« Je veux vous poser
34:51des questions
34:52sur le comité
34:52de réélection. »
34:54Je lui ai répondu
34:55que je n'avais rien à dire.
34:57J'ai alors compris
34:58que le Watergate
34:59n'était pas fini
35:00et qu'il continuerait
35:01à creuser. »
35:03Carl Bernstein
35:07a appelé John Mitchell
35:08pour lui poser
35:09des questions
35:09sur son implication.
35:11Apparemment,
35:12il l'a réveillé.
35:13Mitchell a dit
35:13« Quelle heure est-il ? »
35:15Bernstein lui a répondu
35:16qu'il était 11 heures.
35:20Bernstein lui a ensuite
35:21dit pourquoi
35:22il l'appelait.
35:22Mitchell a dit
35:23« Vous écrivez
35:24des articles sur nous,
35:26eh bien nous,
35:27on fera un papier sur vous
35:28quand tout sera fini. »
35:30Il a ajouté
35:30« Cathy Graham
35:31va se prendre
35:32les nichons
35:32dans une essoreuse.
35:33Pringard.
35:39« Hello.
35:40Mr. Ziegler, sir.
35:41Hi.
35:41Hi, Ron.
35:43Yes, Mr. President.
35:44I want it
35:45clearly understood
35:45that from now on
35:47ever,
35:49no reporter
35:50from the Washington Post
35:51is ever to be
35:52in the White House.
35:53Is that clear?
35:53Absolutely.
35:54Unless it's
35:54a press conference.
35:55Yes, sir.
35:56Never in the White House.
35:58No church service
35:59and no photographer either.
36:01No photographer.
36:02Is that clear?
36:03Yes, sir.
36:03None.
36:03C'est à peu près à ce moment-là que je me souviens m'être dit, attention, on prend trop de risques, on ne pourra plus revenir en arrière.
36:25Depuis ce moment-là, j'ai compris que cette affaire n'était pas une histoire de cambriolage, ni de contribution pour la campagne présidentielle.
36:33Mais qu'il s'agissait de Nixon.
36:39On prend trop de risques est une belle façon de comprendre les enjeux parce qu'à l'époque, l'idée que le président pourrait être impliqué dans un complot criminel est tout simplement inimaginable.
36:50In two centuries, only 36 tenants have occupied the White House, on temporary lease from that most demanding and generous of landlords, the people of the United States.
37:01The man who occupies this historic office must fulfill many roles, statesman, strategist, ceremonial leader, guardian of the nation's spirit and honor.
37:09Cette manie de croire que nous sommes dirigés par des hommes honorables, que notre pays est honorable, a conduit les Américains à être quasiment incapables d'accepter que toute cette affaire puisse avoir un rapport avec Richard Nixon.
37:24Cette vision de Nixon peut sembler trop noble, mais c'est parce que nous ne le voyons qu'à travers le spectre du Watergate et de tout ce que l'affaire a révélé.
37:35Lors de sa première élection, les Américains le voient tout autrement.
37:38Le jour où Nixon prête serment en janvier 1969, un rabbin du nom de Edgar Magnin lui dit cette bénédiction.
38:00C'est un bon aperçu de ce que le peuple attend de Nixon en tant que président américain.
38:15D'ailleurs, le rabbin qui prononce cette bouleversante prière pour Nixon n'est autre que le père de May Brussels.
38:36Si ce jour-là, Brussels partage les espoirs de son père pour le président, quatre ans plus tard, ceux-ci sont totalement balayés.
38:48Mr Nixon, President Nixon, I call him Mr because I do not recognize him.
38:54He's my president, he may be yours, but I call him Mr Nixon.
38:57Martin, Martin, Martin !
39:00De ce bien qu'elle insiste sur la préparation d'un complot, tout indique que Richard Nixon va remonter sur le même podium
39:06et prêter à nouveau serment pour un deuxième mandat.
39:10Mais une autre personne, quelqu'un de beaucoup plus écouté que May Brussels, tente aussi de se faire entendre.
39:18At first, it was called the Watergate Caper.
39:22Five men, apparently caught in the act of burglarizing and bugging democratic headquarters in Washington.
39:28But the episode grew steadily more sinister.
39:31No longer a caper, but the Watergate Affair.
39:34At first, it was called the Watergate Caper.
39:37Five men, apparently caught in the act of burglarizing and bugging democratic headquarters in Washington.
39:44Cronkite était l'homme que tout le monde regardait à la télévision.
39:48Ma famille s'asseyait dans le salon et regardait Walter Cronkite.
39:52On était des inconditionnels de CBS News.
39:54On se retrouvait et on regardait tonton Walter chaque soir.
39:57Good evening, this is Walter Cronkite at CBS News headquarters in New York.
40:02À la fin, il disait « Ainsi vont les choses ».
40:05Il était incroyable.
40:10On adorait Walter.
40:11L'Amérique adorait Walter Cronkite.
40:16Alors que les semaines et les mois passaient sans que la télévision ne parle du Watergate,
40:21Walter Cronkite en a eu assez.
40:23Un vendredi soir, peu de temps avant l'élection, Walter Cronkite a passé 20 minutes de sa demi-heure d'émission à parler du Watergate.
40:39« Watergate was only part of, in the Washington Post words, a broad campaign of political espionnage and sabotage against the Democratic Party ».
40:49« There were individuals with 20 years experience in the CIA and several years with the FBI and we were working for the former attorney general.
40:57So I couldn't question the legality of what was going on. I just took my orders and did what I was instructed to do ».
41:02« Il ne disait rien de nouveau. Tous les éléments venaient du Washington Post.
41:06Mais pour beaucoup de téléspectateurs, c'était nouveau. »
41:09« Dans notre prochain report, le money behind le Watergate affair. »
41:13« Cronkite a annoncé le vendredi soir qu'il ferait une émission complémentaire le lundi suivant. »
41:19La première émission de Cronkite sur le Watergate terrifie Nixon.
41:24Après tout, c'est Nixon qui avait dit une fois « Les Américains ne le croient pas tant qu'ils ne l'ont pas vu à la télévision ».
41:30« Et ils le pensaient vraiment. »
41:35« Nixon était très comparable au président Trump de ce point de vue. Il avait compris l'impact de la télévision comme le président Trump. »
42:05« Je vais le mettre au côté un peu. Je vais le lire de cette façon. C'est bien, vous pouvez avoir une bonne photo, n'est-ce pas ? »
42:11« Ce qui est frappant dans la relation de Richard Nixon avec la télévision, c'est que celle-ci l'a totalement élevée au rang de héros lors de son allocution en 1952. »
42:23« Ladies and gentlemen, Senator Richard Nixon. »
42:25« Il a regardé les Américains droit dans les yeux et les a convaincus qu'ils n'avaient pas commis d'inconvenance financière. »
42:32« Mais la télévision a sûrement mis à mal sa campagne présidentielle en 1960. »
42:56« Lors du célèbre débat au cours duquel il transpirait et bégayait devant un John Kennedy, beau, jeune et confiant. »
43:05« Elle l'a à nouveau montré en héros quand il est allé en Chine et que la population a vu ses somptueuses et glorieuses images de lui faisant la paix avec l'ancien ennemi des États-Unis. »
43:18« L'image qu'il renvoyait à la télévision lui tenait très à cœur. Tout était réfléchi et conscient. »
43:31« Alors la perspective d'une nouvelle émission de Cronkite sur le Watergate pousse Nixon à lancé une contre-attaque officieuse que seul un théoricien du complot aurait pu évoquer. »
43:49« La deuxième partie était prête à être diffusée. »
44:11« Walter Cronkite avait préparé son émission. »
44:14« Tout à coup, la Maison-Blanche, apparemment, aurait appelé William Paley, le propriétaire de CBS. »
44:21« On a reçu un coup de fil nous disant qu'il fallait attendre pour le moment. »
44:26« C'était très suspect. »
44:30« Pourquoi Paley l'a-t-il arrêté ? »
44:33« Je ne sais pas pourquoi il a fait ça. Je pense que si Paley était en vie aujourd'hui et qu'on lui demandait pourquoi il l'a arrêté, je dirais certainement qu'il a commis une erreur. »
44:44« C'est comme ça que s'est terminée la couverture télévisuelle du Watergate avant les élections. »
44:51« Ça se passe tellement en douceur que personne ne remarque rien, même pas mes Brussels. »
45:08« Quelques semaines plus tard, Richard Nixon est réélu président dans un des plus grands ras-de-marée électorales de l'histoire américaine. »
45:26« Quand Nixon a été réélu après tout ça, ça a été difficile à croire. »
45:32« C'était plutôt agaçant pour tous ceux qui avaient compris son implication dans toute cette affaire du Watergate. »
45:39« Mais elle ne s'est jamais considérée comme dépassée. »
45:49« Ce n'était pas fini. Elle devait encore continuer. »
45:52« Pour tous ceux qui pensent que Nixon a quelque chose à voir avec le Watergate, sa réélection rend la charge de la preuve encore plus lourde. »
46:09« Avec l'arrivée de 1973, la plupart des Américains continuent leur bonhomme de chemin. »
46:15« Il faudra un véritable électrochoc pour réveiller l'Amérique de son indifférence nationale. »
46:21« Une branche en janvier 1973 s'ouvre le procès du grand jury pour le cambriolage du Watergate. »
46:43« Les cinq hommes pris sur le fait, ainsi que les deux autres qui l'ont orchestré, Gordon Liddy et Howard Hunt, sont inculpés pour cambriolage et complot. »
46:52« Mais étant donné que personne de plus haut placé n'est mis en examen, l'intérêt pour cette affaire stagne. »
46:59« Lors de ces premières audiences, à chaque fois qu'une bribe d'information était révélée, je courais à la cabine téléphonique. »
47:17« C'était comme ça que ça se passait à l'époque. »
47:21« Je courais au téléphone et je mettais une pièce pour faire mon reportage radio par téléphone. »
47:29« Le temps que j'arrive au téléphone public au deuxième étage du tribunal, j'étais essoufflée. »
47:35« Alors, dans tous mes reportages, c'était comme si j'avais couru un marathon. »
47:40« Comme ça. »
47:44« Et j'ai appris par la suite qu'aucun de mes reportages n'avait été diffusé. »
47:50« Ils les enregistraient, mais ne s'en servaient pas. »
47:54Après 16 jours et plus de 100 pièces à conviction, les sept hommes inculpés sont condamnés pour complot, cambriolage et mis sur écoute téléphonique des bureaux du Parti démocrate dans l'immeuble du Watergate.
48:04« Et sans le juge John Sirica, cette affaire aurait pu en rester là. »
48:34« Il fixe la date de la condamnation au 23 mars. Et vu son attitude pendant le procès, tout porte à croire qu'il va prévoir le maximum. »
48:47« Il était connu pour être un juge intraitable qui aimait s'occuper personnellement des gros dossiers. »
48:53« Pendant le procès, Sirica a été abominable. Il a dit qu'il avait toujours attendu un procès de cet ordre. »
49:03« Il réprimandait le procureur qui, d'après lui, ne posait pas de questions assez pointues. »
49:08« Il demandait au voleur, je me souviens de cette question, qui était au-dessus de vous ? »
49:14« Vous n'étiez pas au sommet de la pyramide. Qui était au-dessus ? »
49:18« On aurait dit que Sirica savait que ça venait de la Maison Blanche. »
49:23« Il insistait beaucoup. Et je me disais que ce n'était pas approprié, qu'un juge n'était pas censé faire ça. »
49:29« J'étais assez consterné par sa façon de procéder, mais ça a été efficace. »
49:33« Jusqu'au procès, Howard Hunt accepte de garder le silence pour préserver Nixon. »
49:38« Mais devant une possible peine de prison, le coup du silence explose. »
49:44« Hunt m'a envoyé une menace directement par l'intermédiaire d'un des avocats du comité de réélection. »
49:50« Il a dit, dit à Dean que s'il ne me paye pas 120 000 dollars le plus rapidement possible, j'aurais des choses intéressantes à dire sur ce qu'il a fait pour John Ehrlichman. »
50:05« Personne ne sait exactement ce qui s'est passé, mais Hunt n'a rien dit. »
50:11« Ils nous ont fait une offre. »
50:20« On devait plaider coupable, et ensuite le président nous gracierait tout de suite après. »
50:27« Mais tout ça, ce n'était que mensonge. »
50:31L'un des autres hommes mis en examen, James McCord, le responsable de Miss sur Écoute, reçoit probablement la même offre.
50:39« C'est lui qui avait été en charge de tout le système électronique à CIA. »
50:44« Il s'assurait que personne ne puisse installer de micro dans leur bureau de Langley. »
50:50« À la retraite, il avait prévu de monter une entreprise privée en conseil et sécurité. »
50:57« Ses projets sont mis à mal vu qu'il est déclaré coupable d'un crime fédéral. »
51:02« Les deux mois avant la date de la condamnation, McCord a amplement le temps de se rappeler comment il en est arrivé là. »
51:14« Tout ce qu'il savait, c'était ce que Liddy lui avait dit, et il y avait beaucoup de mensonges. »
51:20« Liddy avait besoin d'un technicien, comme il disait, quelqu'un qui savait comment installer une surveillance électronique. »
51:27« Il a réussi à ce que McCord s'y colle en lui disant tout simplement des mensonges sur qui était le donneur d'ordre et en le payant grassement. »
51:38« McCord avait besoin d'argent parce qu'il avait un enfant handicapé. Donc je crois que c'est comme ça qu'il a été impliqué dans la fête. »
51:49« Du coup, on considère McCord comme un traître. »
51:58« La situation devient critique le jour de la condamnation, le 23 mars 1973. »
52:04« Le juge Sirica a été malade ce jour-là. L'audience a commencé en retard. Le juge est allé dans son bureau pour prendre un médicament parce qu'il avait des douleurs d'estomac. »
52:14« Il a dit, je vais avoir quelque chose pour vous dans dix minutes. »
52:18« On ne savait pas du tout de quoi il parlait. »
52:24« Ce qui va se passer va transformer le Watergate. Après avoir été vu comme un simple cambriolage de pacotille, il est devenu cette riche affaire politique que nous connaissons de nos jours. »
52:35Le juge Sirica a révélé que l'un des accusés, James McCord, lui avait écrit une lettre.
52:45« La lecture de la lettre de James McCord a été un vrai coup de tonnerre. »
53:14« Les journalistes étaient sous le choc. Personne n'avait imaginé ça. Ils sont tous sortis en courant pour téléphoner. »
53:29« La lettre de McCord est le tournant de la saga du Watergate. »
53:58« Outre le fait d'allumer l'étincelle qui va ensuite réduire en cendres l'administration Nixon, elle provoque aussi quelque chose d'extraordinaire. »
54:06« Pendant au moins une journée, elle met toutes les mêmes brussels au niveau des Woodward et des Bernstein. »
54:11« Avec la lettre de McCord, le Watergate devient officiellement un complot. »
54:19« Tout à coup, tous ceux qui ne prenaient pas en compte les étranges coïncidences autour de l'accident du vol 553 à Chicago,
54:30qui par ailleurs sont restés des coïncidences, doivent maintenant commencer à prêter attention au développement de cette affaire. »
54:38« L'affaire du Watergate ne va pas en rester là. »
54:48« Mes sentiments sont partagés sur mes brussels. »
54:54« Je pense qu'elle cherchait des réponses pour mieux comprendre un monde en lequel elle n'avait pas confiance. »
54:59« Des réponses qui pourraient protéger ses enfants. »
55:02« Mais cet effort l'a mené, elle et ses auditeurs, vers des conclusions peu probables. »
55:07« Cependant, dans cet exemple, le Watergate lui a donné raison. »
55:11« Le gouvernement a en effet menti, triché et volé. »
55:15« Et il a abandonné son peuple pour rester au pouvoir. »
55:20« Je dois dire que ça n'a pas été facile de vivre l'histoire que j'ai vécue. »
55:28« J'ai toujours été un honnête homme. »
55:32« J'ai toujours été apprécié et j'ai toujours été une bonne personne. »
55:37« Malgré tout. »
55:43« Tout est maintenant en place pour le prochain volet de l'affaire. »
55:47« Et aux grandes dames de Richard Nixon, tout va se jouer en direct à la télévision. »
55:53« Les audiences au Sénat, quelques semaines plus tard, vont devenir le plus grand spectacle sur Terre. »
56:00« Programmes regularly scheduled for this time will not be seen today in order that we might bring you the following NBC News special report. »
56:10« Good morning. »
56:14« This is the Senate caucus room in Washington, D.C. »
56:17« And it's jammed this morning, jammed with spectators, newsmen, senators and their aides. »
56:21« And the scene adds to the sense of drama as the Senate opens what is likely to become the most serious investigation it has ever made. »
56:29« An investigation of the American political system and the presidency itself. »
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