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00:00Alex Butterfield dévoile le système d'écoute secret de Nixon devant la commission sénatoriale.
00:09Le public américain scandalisé exige la remise des enregistrements.
00:14Le refus de la Maison-Blanche annonce l'impasse finale dans laquelle se trouvera le président Nixon.
00:18Alors, comme nous l'avons vu, le Watergate est une suite de rebondissements improbables.
00:36Rappelez-vous les histoires de Martha Mitchell, John Dean et Alexander Butterfield.
00:41Cependant, un autre épisode pourrait apparaître comme le plus grand tournant de toute cette saga.
00:48C'est au soir du 20 octobre 1973
00:57que sortent les enregistrements secrets de Nixon.
01:07L'Américain moyen qui voit cette bataille à la télé ne sait que penser.
01:23Alors, imaginez ce que ça doit être pour ceux qui se trouvent en première ligne.
01:39Ils ne savent pas qu'ils vivent le fameux massacre du samedi soir.
01:44Ils vivent le chaos, l'incertitude et la peur.
01:47Il a insisté pour que les médias soient autorisés à entrer.
01:55Nous allons parler de leur histoire, de leur aptitude à braver la tempête.
01:59La presse était mobilisée, il y avait une sacrée histoire à raconter.
02:03Et de leur concours pour l'écriture du script de ce qui sera le début de l'acte final de Nixon.
02:07Comment vit-on le Watergate quand on ne connaît pas la fin de l'histoire ?
02:32Pour le savoir, nous allons observer cet épisode de l'histoire américaine
02:43à travers les yeux de ceux qui l'ont vécu,
02:47alors même qu'ils ignoraient ce que réservait l'avenir.
02:50Je m'appelle Leon Naifak.
02:59Voici Watergate, les dessous du scandale.
03:07En 1973, tous les Américains veulent savoir ce qu'il y a sur ces enregistrements secrets de la Maison Blanche,
03:14et ils ont raison.
03:15Mais pour Nixon, cette histoire a suffisamment duré.
03:19Il doit mettre un terme à ce tumulte,
03:22et le matin du 20 octobre,
03:24il semble avoir enfin trouvé la réponse.
03:32Nixon imagine un plan qu'il croit ingénieux
03:34pour empêcher le contenu des bandes magnétiques d'être un jour divulgués.
03:38C'est le tournant qu'espère le président.
03:51Du moins, c'est ce qui aurait dû se passer
03:53si personne n'avait fourré son nez dans ses affaires.
04:03Mais l'histoire commence réellement six mois plus tôt.
04:05Avant toute notion d'enregistrement secret ou de massacres,
04:11qu'il n'y a que cette embêtante affaire du Watergate
04:14et une solide série d'indices qui visent la Maison Blanche.
04:20Il y avait beaucoup d'incertitudes.
04:23Les gens, au début, étaient tout à fait certains
04:25que Nixon ne pouvait pas être impliqué.
04:28Puis, au bout de deux ans,
04:30le doute s'est développé et s'est propagé.
04:32Afin d'apaiser les critiques,
04:35Nixon nomme Elliot Richardson
04:36un pilier très respecté du monde politique de Washington,
04:40nouveau ministre de la Justice.
04:42Richardson, en échange, est chargé de recruter un procureur spécial
04:45pour enquêter sur l'affaire du Watergate.
04:47« Si vous deviez nommer un procureur spécial,
04:53quelqu'un pour examiner une situation controversée,
04:56intrinsèquement politique et aux enjeux majeurs,
04:59vous chercheriez sans doute une personne réputée pour sa neutralité,
05:03quelqu'un sans fort lien politique
05:05et qu'il serait difficile de renvoyer pour sa subjectivité. »
05:10Archibald Cox n'est rien de tout ça.
05:13En fait, il est tout ce que Nixon
05:14et ses plus grands supporters détestent.
05:17Il est professeur à l'université de droit de Harvard
05:19et porte un nœud papillon et un costume en tweed.
05:22Pire, il a travaillé pour John Fitzgerald Kennedy
05:25pendant sa campagne de 1960 contre Nixon
05:27et ses liens avec les Kennedy
05:29ne sont pas qu'un lointain souvenir.
05:31« Hi, Archibald Cox. »
05:33Lors de son investiture en tant que procureur spécial,
05:36Cox invite Ted Kennedy, le pire ennemi de Nixon, à y assister.
05:44À la fin du mois de mai 1973,
05:49Archibald Cox commence son travail.
05:51« Les secrets de Watergate sont été investigués
05:53dans ce bâtiment par le procureur spécial Archibald Cox. »
05:58Et même si ça paraît difficile à imaginer aujourd'hui,
06:00le bureau du procureur spécial autorise les caméras des journalistes
06:04à filmer leur emménagement et leur installation.
06:07Il filme même des ouvriers en train d'installer
06:09un système de sécurité élaboré
06:11censé permettre d'échapper au mauvais tour
06:13que Nixon pourrait jouer contre eux.
06:15« Le background de ce cas est un
06:17dans lequel il y a été allégations
06:19de burglary, électronique surveillance,
06:21bugging, surreptitieuse entrée dans la nuit, etc.
06:25Si il y avait une burglary,
06:27nous ne pouvons pas l'acheter. »
06:29Contrairement à ce qu'on attendrait
06:37d'un intellectuel de la haute société,
06:39Cox apparaît décontracté,
06:40même parfois un peu simplet.
06:41« Je peux mettre mes pieds sur le mur ? »
06:43Cette caractéristique le rend attachant
06:48auprès de son personnel.
06:50« Archie Cox était très modeste,
06:52il ne se mettait pas en avant.
06:55Il prenait des taxis
06:56alors que des limousines l'attendaient.
06:58C'était le genre d'homme qu'il était. »
07:03« Je le dirais simplement,
07:04on avait l'impression de travailler
07:06pour Abraham Lincoln.
07:08Et je sais que je pèse mes mots
07:10quand je dis ça.
07:13Il avait des grosses mains de travailleurs.
07:16Il avait une ferme dans le Maine.
07:19En gros, c'était un homme juste et brillant.
07:22C'était vraiment un individu admirable. »
07:27« Je me suis souvent dit
07:27que j'aurais dû m'habiller comme lui.
07:30Je n'aurais pas eu l'air
07:31si ridicule sur les photos. »
07:35« Je m'appelle Jim Doyle.
07:37J'étais conseiller principal
07:39auprès du procureur spécial.
07:42Chaque matin, je faisais le point avec lui
07:44sur ce que la presse disait
07:45et ce qu'il fallait comprendre.
07:47D'où et de qui provenait une fuite
07:49et quel était le but de cette fuite ?
07:52C'était un homme intelligent.
07:54Il connaissait tout ça
07:55et il savait ce qu'il faisait.
07:57On est devenus proches.
07:59C'était le meilleur travail
08:01que j'ai jamais eu.
08:03Je me réveillais chaque matin
08:05avec l'envie d'aller au bureau.
08:06J'étais substitut du procureur
08:12dans ma ville natale de Philadelphie
08:14et l'un de mes professeurs de droit,
08:16Henry Roos,
08:17venait d'être nommé procureur spécial adjoint
08:19au procureur spécial Archibald Cox.
08:23Je lui ai téléphoné pour lui dire
08:25que j'étais intéressé par ce qu'il faisait
08:27et s'il pouvait penser à moi
08:29pour travailler dans son service.
08:32Il m'a demandé
08:33quand je pouvais venir à Washington.
08:34On était un vendredi en fin d'après-midi.
08:37Je lui ai proposé lundi.
08:40J'ai pris le train le lundi
08:41et passé un entretien
08:43avec Henry Roos et Archibald Cox.
08:47Je m'appelle Carl Felbaum.
08:50J'étais assistant du procureur spécial
08:52dans le service du procureur spécial
08:53du Watergate.
08:57Curieusement,
08:57quand j'ai commencé à travailler
08:58sur le Watergate,
09:00un certain nombre d'avocats
09:01m'ont conseillé
09:01de ne pas me lancer là-dedans.
09:02Ils pensaient que c'était
09:05un poste sans avenir.
09:07Ils m'ont dit
09:07« Tu vas enquêter
09:08sur le président des États-Unis ?
09:10Tu vas enquêter sur Nixon ? »
09:13C'est un type vindicatif.
09:15« Tu n'obtiendras jamais
09:16de travail dans un cabinet.
09:17Personne ne voudra t'embaucher. »
09:20Bien sûr, ils avaient tort.
09:23C'est peut-être ma jeunesse
09:25qui a parlé.
09:25La plupart de mes collègues
09:26étaient jeunes.
09:27Le jour où Felbaum
09:38a commencé est historique.
09:39Sur un petit téléviseur
09:41en noir et blanc,
09:42on a vu Alexander Butterfield
09:43devant la commission sénatoriale
09:45sur le Watergate
09:46qui disait au monde
09:47pour la première fois
09:48que la Maison-Blanche
09:49avait un système d'écoute
09:51qui avait enregistré
09:52les conversations de Nixon.
09:53Lors de sa première journée,
10:00Felbaum a été directement
10:01plongé dans ce moment particulier
10:03où Cox a dû gérer
10:04cette nouvelle.
10:07Plus tard,
10:07on a eu une réunion
10:08avec Archibald Cox
10:10qui se demandait
10:11de manière très académique
10:12et avec le recul
10:13de façon très réfléchie
10:14s'il fallait exiger
10:16une injonction
10:17à livrer ses enregistrements.
10:21Il nous a exposé
10:22la suite d'événements possibles
10:24et leurs conséquences.
10:26Que se passerait-il
10:27si l'injonction
10:27était approuvée
10:28et si le président Nixon
10:29faisait appel ?
10:30S'il faisait appel
10:31devant la Cour suprême
10:32des États-Unis
10:33ou si le président
10:34refusait simplement
10:35de remettre
10:36les enregistrements ?
10:37On allait alors
10:39créer une crise
10:40constitutionnelle
10:41pour laquelle
10:42il n'y avait pas
10:43de réponse claire.
10:45Étions-nous prêts
10:45à faire face à ça ?
10:47Bien sûr,
10:49Cox et la commission
10:50sénatoriale exigent
10:52la remise des neuf bandes
10:53magnétiques
10:53qui, d'après le témoignage
10:54de Dean,
10:56devaient contenir
10:56des conversations
10:57en rapport
10:58avec le Watergate.
11:12Il va sans dire
11:13que Nixon n'est pas
11:14ravi de cette injonction.
11:15Pour Cox,
11:25c'est simple.
11:26Les enregistrements
11:27étant des preuves potentielles
11:28d'une affaire criminelle,
11:29il doit les écouter.
11:33La tension grimpe
11:36entre les deux hommes.
11:37Étrangement,
11:43Nixon ne tente pas
11:44de discréditer
11:45Cox en public.
11:46Cependant,
11:46ses vrais sentiments
11:47sont révélés plus tard
11:48dans ses conversations
11:49enregistrées
11:50avec son personnel.
11:59Au milieu de l'été,
12:01certains des assistants
12:02du président
12:03appellent en privé
12:04les membres du bureau
12:04du procureur spécial
12:06les gogos de Cox
12:07et continuent
12:10d'ignorer leurs demandes
12:11quant aux bandes magnétiques.
12:22En 1973,
12:24j'étais à Washington.
12:26J'avais commencé
12:27à écrire
12:28pour le New Yorker
12:29un peu plus tôt
12:30dans l'année.
12:33Je suis allée voir
12:34l'éditeur
12:34au début
12:35du mois de septembre
12:36et je lui ai dit
12:39« Je crois
12:41qu'on va changer
12:41de président
12:42et de vice-président
12:43dans l'année. »
12:45C'était bizarre.
12:46Personne ne parlait
12:47de ça.
12:48J'avais juste
12:48ce pressentiment.
12:50Il faut suivre
12:51ses instincts.
12:53Je m'appelle
12:53Elisabeth Drew,
12:54je suis journaliste
12:55et autrice
12:56à Washington
12:56et j'ai couvert
12:57la période
12:58du Watergate
12:59et de la destitution
13:00pour le magazine
13:00The New Yorker.
13:01Mi-octobre 1973,
13:05l'intuition
13:06de Drew
13:06s'avère
13:07à moitié exacte.
13:13Mais la démission
13:14du vice-président
13:15Spiro Agnew
13:15pour corruption
13:16est le dernier souci
13:17de Nixon.
13:22Puis le 12 octobre,
13:23on parle à nouveau
13:24de ces fichus
13:25enregistrements.
13:27La cour ordonne
13:28à Nixon
13:29de remettre
13:29les neuf bandes magnétiques.
13:31Mais celui-ci
13:33a encore un tour
13:34dans son sac.
13:35Vous vous souvenez
13:36du compromis
13:36de Stennis ?
13:38Un démocrate
13:39du sud
13:39du nom
13:39de John Stennis
13:40que beaucoup savaient
13:41proche du gouvernement
13:42de Nixon
13:43serait le seul
13:44à avoir accès
13:44aux enregistrements.
13:48Il est vieux,
13:49il est sourd,
13:50alors c'est lui
13:50qui les écoutera.
13:54Le travail
13:54du sénateur Stennis
13:56était de vérifier
13:57l'exactitude
13:58des résumés
13:58des enregistrements.
13:59et ses transcriptions
14:02devaient être envoyées
14:03au bureau de Cox.
14:06C'était absurde.
14:08Alors que Baker
14:09et Irvin
14:09acceptent timidement
14:10ce compromis,
14:11Cox n'en veut pas.
14:14Certains pensent
14:14que tout vient de là.
14:18Négocier
14:18avec le service
14:19du procureur spécial
14:20du Watergate
14:21n'a jamais été
14:22dans l'idée
14:22de collaborer.
14:23Le compromis
14:24de Stennis
14:25n'était qu'une manière
14:26de se débarrasser
14:27d'Archibald Cox.
14:30Au fur et à mesure
14:31que la semaine avançait,
14:32la tension était
14:33de plus en plus palpable
14:34jusqu'au vendredi.
14:40Le 19 octobre,
14:41Nixon parie
14:42que la réaction
14:43du public
14:43envers le compromis
14:44de Stennis
14:44lui sera favorable.
14:46Si Cox le rejette,
14:48Nixon se dit
14:48qu'il aura un motif
14:49pour le congédier.
14:51Le vendredi,
14:52on a entendu
14:52qu'il y avait eu
14:53un compromis.
14:56La Maison-Blanche
14:57a déclaré
14:57« On a un compromis
14:59qui a été accepté
15:00par la commission
15:00sénatoriale
15:01sur le Watergate.
15:02Il est accepté
15:03par John Stennis. »
15:05On ne sait pas
15:06si Cox l'a accepté,
15:07mais ça n'a plus
15:08d'importance.
15:10C'est à ce moment-là
15:11que nous avons
15:12vivement réagi
15:13en disant
15:13« Attendez une minute. »
15:16Il est alors
15:17presque 20 heures.
15:18Doyle sait que
15:19s'ils ne réagissent pas,
15:20la déclaration
15:21de Nixon
15:21conclurait l'affaire
15:22sans que personne
15:23ne puisse la contester
15:24pendant des jours.
15:27Pendant les deux jours
15:28de week-end,
15:28à une époque
15:29où il n'y avait pas
15:30de nouvelles 24 heures
15:31sur 24,
15:32on pouvait passer
15:33à côté
15:34de nombreuses infos
15:35dans les journaux.
15:38L'opinion publique
15:39sur le compromis
15:40de Stennis
15:40est en jeu.
15:41Ils font une rapide réponse
15:43dans la presse
15:43qui explique
15:44pourquoi ils ne veulent
15:44pas suivre le mouvement.
15:45Archie a écrit
15:48une déclaration
15:49très brève.
15:50Je crois
15:51qu'il a utilisé
15:51ma petite machine
15:52à écrire portable.
15:55C'est moi
15:55qui suis allé l'annoncer.
15:57J'ai pris le téléphone,
15:58les caméras filmaient.
16:00Je ne me souviens plus
16:01quelle chaîne,
16:01mais elles étaient là.
16:04J'ai eu
16:04Associated Press
16:06sur une ligne
16:06et United Press International
16:08sur une autre.
16:09Je ne sais plus
16:09si je me souvenais
16:10de leur numéro.
16:17Et j'ai dit
16:18« Ici Jim Doyle
16:21du bureau
16:22du procureur spécial
16:23du Watergate. »
16:27Et je leur ai lu
16:28l'annonce.
16:28Bien sûr,
16:49l'idée c'était
16:50de faire savoir
16:51que le lendemain,
16:52Archie Cox
16:52allait parler
16:53à une conférence de presse
16:54et répondre aux questions
16:56en rapport
16:56avec ce que les gens
16:57avaient entendu
16:58de la Maison-Blanche
16:59ce soir-là.
17:02Ceci nous amène
17:03à ce fatidique samedi
17:05d'octobre
17:05quand Cox
17:06s'apprête
17:07à présenter
17:07très clairement
17:08ses objectifs.
17:10Il refuse
17:10de laisser tomber.
17:13Archie et sa femme
17:14sont arrivés ensemble,
17:15la main dans la main,
17:16en ce beau jour
17:17ensoleillé.
17:18Et c'était
17:19son moment de gloire.
17:22« Il s'est assis,
17:29il a fait face
17:30aux caméras
17:30et il a parlé. »
17:33« Je lisais
17:33dans l'un des
17:34newspapers
17:34ce matin
17:35« Cox
17:36defiant. »
17:38Je veux dire
17:39que je ne
17:39me sens
17:40defiant.
17:42En fait,
17:43j'ai dit
17:43à ma wife
17:43ce matin
17:44que je n'aime
17:44de la lutte.
17:46Et je n'ai
17:47certainement
17:47pas
17:48pour
17:48obtenir
17:48le président
17:49des États-Unis. »
17:50Archibald Cox
17:51présente sa version
17:52à la majorité
17:52silencieuse
17:53de Nixon
17:54en expliquant
17:54pourquoi il lui
17:55semble raisonnable
17:56de rejeter
17:56le compromis
17:57proposé
17:58par le président.
17:59C'est Nixon
18:00qui n'est pas
18:00raisonnable,
18:01pas Cox.
18:02C'est Nixon
18:02qui conteste
18:03la décision
18:03de justice
18:04de remettre
18:04les bandes.
18:05« Vous considérez
18:08les takes
18:08absolument
18:09vital
18:09pour le cas
18:10que vous développez ? »
18:11« Je pense
18:12que c'est
18:12vital
18:13de savoir
18:14si c'est
18:14vital.
18:16Je pense
18:17que l'important
18:17est
18:18que
18:19ici
18:19c'était
18:47du Archibald Cox
18:48tout craché.
18:49Il était
18:50comme ça.
18:53C'était
18:54une très belle
18:54conférence
18:55de presse.
18:56Archibald
18:56a dit
18:57en revenant
18:57« Je sais
18:58que ce n'est
18:58pas ce qu'on
18:59est censé
18:59faire
19:00dans un
19:00établissement
19:01fédéral
19:01mais
19:02j'aimerais
19:03vraiment
19:04prendre
19:04un verre
19:04de whisky.
19:08On est revenu.
19:09Archie
19:10a pris
19:10un verre
19:10ou deux
19:11et on s'est
19:11dit
19:11« C'est
19:12comme un
19:12match
19:12de tennis.
19:13On a
19:14gagné
19:14ce set
19:14et on verra
19:15ce qui se
19:15passera
19:15par la suite.
19:19Cox ne se
19:20sent peut-être
19:21pas rebelle
19:21mais Nixon
19:22lui doit
19:23le voir
19:23comme tel.
19:24Cox a diffusé
19:25son rejet
19:25du compromis
19:26de Stennis
19:26sur les ondes
19:27et avec
19:28cette décision
19:28de justice
19:29qui plane
19:29au-dessus
19:30de la tête
19:30de Nixon
19:30lui imposant
19:31de remettre
19:31les bandes
19:32magnétiques,
19:33la situation
19:33doit évoluer.
19:34Un samedi soir,
19:51Laura, ma femme
19:52et moi
19:52avions invité
19:53à dîner
19:53deux collègues
19:54du Watergate
19:54chez nous.
19:55On dînait
19:56tous les quatre
19:57quand vers
20:018h39
20:02le téléphone
20:02a sonné.
20:04C'était
20:10Henry Roos,
20:11le procureur
20:12spécial adjoint
20:13qui m'a dit
20:14que Archie
20:14avait été
20:15congédié
20:16et qu'il fallait
20:18que je me rende
20:19au bureau
20:19le plus rapidement
20:20possible
20:20parce que le FBI
20:23allait arriver
20:23dans nos bureaux.
20:27On avait peur
20:27qu'il récupère
20:28et détruise
20:28toutes les preuves
20:29que nous avions
20:30collectées
20:30contre le président
20:31et son administration.
20:32nous sommes montés
20:46tous les quatre
20:46dans ma voiture
20:47et avons descendu
20:48Massachusetts Avenue
20:49aussi vite
20:50que possible.
20:52On s'est arrêtés
20:53juste devant
20:53le bureau
20:54et trois d'entre nous
20:55sommes descendus.
20:57On a pris
20:57l'ascenseur
20:58jusqu'au bureau.
20:58Feldbaum est allé
21:01directement au coffre
21:02et fébrilement
21:02a commencé
21:03à entrer
21:03la combinaison.
21:06C'était bien
21:06la première fois
21:07que j'arrivais
21:08à ouvrir
21:08le coffre
21:09du premier coup.
21:11J'ai sorti
21:12les documents
21:12du coffre
21:13et à ce moment-là
21:14ma femme
21:15s'est approchée.
21:17Je les lui ai donnés
21:18et les a mis
21:19dans sa ceinture.
21:21Au même moment
21:22où elle s'apprêtait
21:23à sortir,
21:24les portes
21:24de l'ascenseur
21:25se sont ouvertes
21:26et des agents
21:26du FBI
21:27y sont sortis.
21:32Ils ont dit
21:33« Rien n'entre
21:34et rien ne sort,
21:35tout s'arrête. »
21:39Laura est alors
21:39passée devant eux
21:40pour monter
21:41dans l'ascenseur
21:41dont les portes
21:42étaient encore ouvertes.
21:46Les agents
21:46sont entrés
21:47dans le bureau
21:48comme si c'était
21:49une scène de crime.
21:53Ensuite,
21:53on s'est dépêchés
21:54de sortir
21:54avec les documents.
21:56Et puis après,
21:58c'est une autre histoire.
22:03Au milieu de ce chaos,
22:05le ministre de la Justice
22:06Elliot Richardson
22:07démissionne
22:07quand on lui demande
22:08de congédier Cox.
22:10Quand le ministre adjoint
22:11refuse également,
22:12lui aussi est congédié.
22:13« Pour les journalistes
22:26qui couvrent Washington,
22:27c'est quelque chose
22:28de totalement nouveau. »
22:30« C'était comme si on était
22:31dans le centre-ville
22:32de Santiago.
22:33C'était comme un coup d'État. »
22:38Nixon était plus ou moins
22:40retranché dans la Maison-Blanche.
22:42C'était terrifiant.
22:44On ne savait jamais
22:45ce qui allait se passer.
22:48C'était difficile de comprendre,
22:49on n'avait pas l'habitude.
22:51On ne connaissait
22:52ni les limites,
22:53ni l'avenir
22:53de cette situation.
22:54Il faut reconnaître
23:06que Jim Doyle
23:07a bien fait d'insister
23:08pour que les médias
23:10soient autorisés
23:11sur place
23:12afin qu'on explique
23:13ce qui venait de se passer.
23:14« Nous allons continuer
23:16à être un gouvernement
23:17de la loi
23:17et non de l'homme
23:18qui est maintenant
23:19pour le Congrès
23:19et finalement
23:21pour les gens américains. »
23:22« J'étais en colère.
23:49C'était de la pure intrusion.
23:51On n'avait jamais vécu
23:53ce genre d'expérience,
23:55évidemment.
23:56Ils ne savent pas
23:57ce qui va se passer ensuite.
23:59Ils ne savent même pas
24:00s'ils ont encore un travail.
24:01« Il est encore
24:02confidieux
24:03à un membre
24:04de la Constitution
24:05de la Constitution
24:05? »
24:06« C'est une question intéressante.
24:10Je ne sais pas
24:11l' réponse. »
24:13Nixon doit enfin
24:15se sentir soulagé.
24:17Le départ d'Archibald Cox
24:18permet au compromis
24:20de Stenis
24:20d'avancer
24:21et de faire en sorte
24:22qu'il ne remettra
24:22jamais ses bandes.
24:24Il peut se concentrer
24:25sur des problèmes
24:25plus graves
24:26comme négocier
24:27un cessez-le-feu
24:27dans le conflit
24:28du Moyen-Orient.
24:29Pendant la durée
24:30de son deuxième mandat,
24:31il n'aura plus jamais
24:32à entendre parler
24:33du Watergate.
24:35C'est fini.
24:41Bien sûr,
24:42ça ne se passe pas
24:42comme ça.
24:43la réaction
24:49qui s'en est suivie
24:50a été incroyable.
24:52Les voitures
24:52s'arrêtaient,
24:53on klaxonnait
24:54et la foule
24:55était de plus en plus
24:56importante.
25:01Même une voiture
25:02de police
25:03est passée
25:03et a klaxonné doucement.
25:04C'est à ce moment-là
25:08que le terme
25:08de destitution
25:09a commencé
25:10à se faire entendre
25:11et à devenir
25:12une réelle possibilité.
25:15Mais l'opposition publique
25:16ne se limite pas
25:16à Washington.
25:18Des télégrammes,
25:19l'équivalent des courriels
25:20ou des réseaux sociaux
25:21dans les années 70,
25:22affluent à une telle vitesse
25:23que la Western Union
25:24est complètement submergée.
25:26Elle doit installer
25:27des imprimantes spéciales
25:28à grande vitesse
25:29et employer
25:30des salariés supplémentaires
25:31pour faire face.
25:32Bravo pour votre prise
25:37de position.
25:39Je supporte vivement
25:41votre franche opposition.
25:43Restez fidèles
25:44à vos principes.
25:46Félicitations.
25:48Votre action courageuse
25:50laisse espérer
25:50le retour
25:51d'un gouvernement
25:52honorable.
25:56Battez-vous
25:57et gagnez.
26:02Il est évident
26:11que Nixon
26:11a sous-estimé
26:12la réaction du public
26:13face à ses limogèges.
26:15Et au milieu
26:15de ce déferlement
26:16de soutien public,
26:17le service du procureur spécial
26:19sans patron
26:19se retrouve renforcé.
26:21Dans les journaux,
26:22on a vu un article
26:23en première page
26:24qui disait
26:24« Le service du procureur spécial
26:26fait le serment
26:27de poursuivre ».
26:28Le mardi 23 octobre,
26:37il se prépare
26:38à affronter
26:38les avocats
26:39de Nixon au tribunal.
26:42Trois jours après
26:43la date limite
26:43pour remettre les bandes,
26:45on s'attend
26:45à ce que Nixon
26:46demande un délai supplémentaire.
26:52Mais contrairement
26:53aux attentes,
26:53ses avocats
26:54annoncent
26:55que le président
26:55accepte de remettre
26:56les neuf bandes magnétiques.
27:02Bien qu'il n'ait plus
27:03de patron,
27:04le service du procureur spécial
27:05peut certainement
27:06se considérer vainqueur.
27:14Il semble
27:15que la réaction publique
27:16contre le massacre
27:17du samedi soir
27:18a tout changé.
27:22Mais la décision suivante
27:24de Nixon
27:24est accueillie
27:24avec suspicion.
27:26Le 5 novembre,
27:47Léon Jaworski
27:48est assermenté
27:49procureur spécial.
27:49De nombreux membres
27:55du service
27:55du procureur
27:56voient Jaworski
27:57comme un allié
27:58de Nixon,
27:59une personne
27:59qui pourrait
28:00contrecarrer
28:00leurs efforts.
28:03Archibald Cox
28:03était avant tout
28:04une personne difficile
28:05à égaler.
28:06Et bon nombre
28:07de jeunes procureurs,
28:09mes collègues,
28:10avaient été ses élèves.
28:11Et maintenant,
28:12on avait affaire
28:12à Léon Jaworski.
28:13C'était un démocrate
28:17conservateur du Texas.
28:19Évidemment,
28:21on avait des doutes,
28:22surtout parce que
28:23c'était Nixon
28:24qui l'avait nommé.
28:26On l'appelait Léon,
28:33comme on avait eu
28:34l'habitude d'appeler
28:34Archibald Cox
28:35Archie.
28:36On ne savait pas
28:37qu'à Houston,
28:38au Texas,
28:38dans son cabinet
28:39d'avocats,
28:40même ses associés
28:41de longue date
28:42l'appelaient
28:42Colonel Jaworski.
28:45Donc,
28:45on était vus
28:46comme des Yankees
28:47un peu trop décontractés.
28:50Quelqu'un du bureau
28:50m'a dit
28:51« Tu sais,
28:52il se fait appeler
28:52Colonel Jaworski
28:53au Texas.
28:54C'est un signe de respect. »
28:55J'ai répondu
28:56« Ah oui ? »
28:57« Eh bien,
28:58s'il nous met
28:58de la moutarde
28:59à la cantine,
29:00je l'appellerai
29:01Colonel. »
29:03Les doutes
29:04vont vite être vérifiés.
29:09Un samedi matin,
29:17j'étais au bureau
29:18et Léon Jaworski
29:20m'avait demandé
29:21de venir.
29:22On était en train
29:23de discuter
29:23quand il a reçu
29:24un appel
29:25de Fred Bezart,
29:26le conseiller
29:27du président Nixon.
29:30Jaworski m'a dit
29:31que les enregistrements
29:32étaient prêts,
29:33qu'on pouvait
29:33aller les chercher.
29:37Alors,
29:37je me suis proposé
29:38d'aller les regarder.
29:39et j'avais récupéré.
29:47C'était à peu près
29:48à Saint-Cru de là.
29:49Il y avait plein
29:49de touristes
29:50autour de la Maison-Blanche.
29:54On m'a fait entrer
29:55dans le bureau
29:56de Fred Bezart.
29:58C'était un militaire,
30:00un type comme il faut,
30:01avec un costume.
30:03Et moi,
30:04j'avais un pantalon rose
30:05avec des pattes d'éléphant.
30:06pour rien au monde,
30:12Fred Bezart
30:13n'aurait pu être habillé
30:14comme moi.
30:15Mais on était s'amenés.
30:18Il m'a dit quelque chose
30:19du genre,
30:20les voici.
30:22Les neuf bandes magnétiques
30:23étaient là,
30:24étalées sur la table,
30:26au milieu de son bureau.
30:27Il avait l'air un peu distrait.
30:30Je lui ai dit
30:31qu'il me fallait un sac
30:32ou un carton
30:33pour les transporter.
30:34Il a quitté son bureau
30:35une minute
30:36et il est revenu
30:37avec une boîte en carton.
30:39C'est à ce moment-là
30:40que je me suis dit
30:40qu'il me faudrait un reçu
30:42pour le transfert.
30:44Fred a pris un bout de papier
30:46et chacun de nous l'a signé.
30:48J'ai pris les bandes avec moi,
30:50j'ai quitté son bureau,
30:51j'ai marché au milieu
30:52d'une foule de touristes
30:53autour de la Maison-Blanche
30:55et puis je suis retourné
30:58dans le centre de Washington.
31:01On a du mal à croire
31:02que ces preuves
31:03n'ont pas été transportées
31:04dans une voiture blindée
31:05entourée de dizaines
31:06de policiers fédéraux
31:07mais dans la rue,
31:09à pied,
31:09par un hippie de 30 ans
31:11en patte d'effroze.
31:13Avec le recul,
31:14je me dis que c'était en fait
31:15un bon déguisement.
31:17J'ai regardé derrière moi
31:18une ou deux fois
31:19mais personne ne semblait me suivre.
31:21Il n'y avait pas d'hélicoptère
31:23de la presse
31:24et je ne crois pas
31:26qu'il y avait d'agents secrets
31:27étrangers non plus.
31:28J'ai juste fait attention
31:30au feu en traversant la rue.
31:34Quand Felbaum revient
31:35au bureau du procureur spécial,
31:37lui et trois autres employés
31:38se réunissent autour
31:39d'un magnétophone.
31:42Quand Felbaum demande
31:43quelle bande
31:43il devrait entendre en premier,
31:45quelqu'un suggère
31:46celle du 21 mars 1973.
31:49L'une des conversations
31:50décrites par John Dean
31:51comme étant particulièrement
31:52accablante pour le président.
31:55Mes collègues ont installé
31:56le magnétophone.
31:58On a mis la bande magnétique
32:00et on a mis nos écouteurs.
32:05Les quatre employés
32:06écoutent l'enregistrement
32:07pendant environ sept minutes
32:09puis ils entendent
32:10ce qu'ils cherchent.
32:26Exactement comme le révèle
32:27le témoignage de Dean.
32:28Alors j'ai appuyé
32:31sur le bouton stop.
32:33On s'est regardé
32:34et je ne crois pas
32:35qu'on ait dit
32:36quoi que ce soit.
32:38J'ai pris le magnétophone
32:40et j'ai toqué
32:40à la porte
32:41de Léon Jaworski.
32:43Je lui indiquais
32:44qu'il devait écouter ça
32:45le plus vite possible.
32:48Il a mis les écouteurs
32:49et pendant cinq
32:50ou sept minutes
32:51il m'a simplement regardé
32:53de l'autre côté
32:53de son bureau.
32:55Il me fixait
32:55sans montrer
32:56la moindre expression.
32:58Et puis
32:59le passage avec Dean
33:00et la réponse
33:00du président
33:01est arrivé.
33:04Il était clair
33:04qu'il y avait
33:05obstruction
33:06à la justice.
33:16Léon n'a montré
33:17aucune expression
33:18sur son visage.
33:19Il a simplement dit
33:19« Carl, ce sera tout,
33:22merci. »
33:24Alors j'ai repris
33:25le magnétophone
33:25et j'ai quitté son bureau.
33:27Mes collègues
33:28m'ont demandé
33:28ce qu'il avait dit,
33:30comment il avait réagi.
33:31« Vous allez peut-être
33:32devoir bipper
33:33ce que j'ai dit
33:33mais j'ai dit
33:34« putain, j'en sais rien. »
33:39C'était le visage
33:40le plus impassible
33:41que j'avais jamais vu. »
33:45Alors que Felbaum
33:45et ses collègues
33:46ignorent comment
33:47Jaworski va réagir,
33:48au Capitole,
33:49le Congrès avance
33:50vers une enquête
33:51de destitution.
34:01Cependant,
34:02le chapitre de l'histoire
34:03que nous allons raconter
34:04commence une année
34:05plus tôt à Brooklyn.
34:13En 1972,
34:15j'ai décidé
34:15de me porter
34:16candidate au Congrès.
34:18Je me suis présenté
34:20contre le titulaire
34:21qui siégeait
34:21à la chambre
34:22des représentants
34:23depuis 50 ans.
34:24Il n'était pas très visible.
34:25Les électeurs
34:26ne comptaient pas sur lui
34:27pour obtenir de l'aide.
34:28Il était très peu présent
34:29et je pensais pouvoir gagner.
34:32On n'avait pas d'argent
34:33pour l'élection.
34:34On n'était ni à la télé
34:35ni à la radio.
34:37On avait juste fait
34:38une annonce dans le journal
34:38et distribué un courrier.
34:43Mais j'ai compensé
34:44l'absence d'argent
34:45en usant mes semelles.
34:46J'ai fait campagne
34:50à chaque station
34:51de métro
34:51du district
34:52en continu.
34:54J'ai fait
34:55du porte-à-porte.
34:57Je suis allée
34:58dans les supermarchés,
34:59dans les queues
35:00de cinéma.
35:01Partout
35:02où il n'y avait
35:02plus d'une personne,
35:03j'étais là
35:04à faire campagne.
35:08Je m'appelle
35:09Elisabeth Holzman.
35:10J'étais membre
35:11de la commission judiciaire
35:12pendant le Watergate.
35:13Vous vous demandez
35:15peut-être
35:15pourquoi se plonger
35:16dans l'histoire
35:17d'une jeune représentante
35:18de Brooklyn
35:18au Congrès,
35:19mais c'est important
35:20pour deux raisons.
35:21Voici la première.
35:22À l'époque
35:23où j'ai été élue
35:24pour la commission judiciaire
35:25de la Chambre,
35:26personne ne savait
35:27qu'il y aurait
35:27une procédure de destitution.
35:29Parce que je sais
35:30que s'ils avaient su
35:31que ça allait arriver,
35:32ils ne m'auraient jamais
35:33choisi pour cette commission.
35:35Pour une nouvelle représentante,
35:37Elisabeth Holzman
35:38se retrouve à un poste
35:39bien plus important
35:40qu'elle ne l'aurait imaginé.
35:41« Je n'avais pas de poids,
35:45aucun partenaire politique.
35:47J'étais la personne
35:47qui avait gagné
35:48cette étrange course
35:49à Brooklyn. »
35:51La deuxième raison
35:52est bien moins évidente.
35:54L'homme qu'elle a délogé
35:55était auparavant
35:55le président
35:56de la commission judiciaire.
35:58C'était un personnage
35:59clivant
35:59et farouchement partiel.
36:01Si Elisabeth Holzman
36:02ne l'avait pas battu
36:03aux primaires,
36:04il aurait été l'homme
36:05qui aurait présidé
36:06les audiences
36:06de la destitution,
36:08ce qui aurait pu conduire
36:09à un résultat
36:10très différent.
36:10Mon opposant
36:12avait été président
36:13pendant 50 ans.
36:15Peter Rodino
36:15est devenu président
36:16de la commission
36:17parce que j'ai battu
36:18Emmanuel Seller.
36:25Revenons en 1973
36:26quand la commission judiciaire
36:28de la Chambre
36:28aborde la question
36:30de la présidence.
36:31« J'ai couvert les audiences
36:38de la commission judiciaire
36:39de la Chambre
36:40dès le premier jour.
36:42Le président
36:43était un représentant
36:44inconnu du New Jersey,
36:46Peter Rodino.
36:46« C'était un homme petit de taille
36:53que beaucoup ne pensaient
36:54pas capables
36:55de gérer la situation
36:56parce qu'il devait mener
36:58un gros travail. »
37:01En plus des inquiétudes
37:05sur la capacité
37:05de Rodino
37:06à honorer son poste
37:07de président,
37:08les membres
37:08de la commission judiciaire
37:10ont une autre crainte
37:11plus basique.
37:12Un président
37:13n'a pas été destitué
37:14depuis Andrew Johnson
37:15plus de 100 ans plus tôt
37:17et personne ne sait
37:18vraiment comment procéder.
37:19« Je ne savais pas vraiment
37:23ce qu'était la destitution
37:25parce qu'on ne l'étudiait pas
37:26à la fac de droit
37:26de Harvard.
37:27Je ne crois pas
37:28que beaucoup d'Américains
37:29savaient ce que c'était.
37:30Donc on a dû mettre
37:31le nez dans les livres. »
37:37Les pères fondateurs
37:38ont élaboré une clause
37:39dans les pouvoirs du Congrès
37:40concernant la destitution.
37:44Le président pouvait être
37:45destitué pour trahison,
37:47corruption
37:47et autres fautes
37:49et délits majeurs.
37:51Que voulait-il dire par ça ?
37:54Une faute majeure
37:55était l'un crime ?
37:56Autrement dit,
37:57un président peut-il
37:58être destitué
37:59pour quelque chose
37:59qui ne viole pas
38:00la loi américaine ?
38:02Finalement,
38:03ce n'est pas très clair
38:03dans la Constitution elle-même.
38:05Les membres doivent
38:06donc chercher plus loin.
38:08Ils se tournent
38:08vers les papiers fédéralistes
38:09et autres documents
38:10des pères fondateurs
38:11qui datent du temps
38:12où la Constitution
38:13a été écrite.
38:16Ça a commencé
38:17avec l'histoire
38:17du Parlement britannique
38:19et l'histoire du roi
38:20contre le Parlement.
38:22On pouvait se demander
38:23ce que cela avait à voir
38:24avec les États-Unis
38:25d'Amérique.
38:29Finalement,
38:30la Commission a déterminé
38:31qu'une faute
38:32et un délit majeur
38:33voulaient dire
38:34un grave abus de pouvoir.
38:36Ça ne voulait pas dire
38:37violation de la loi.
38:39Une fois que le délit
38:42passible de destitution
38:43est fermement déterminé,
38:45le problème est de prouver
38:46que le président Nixon
38:47a commis un tel délit.
38:51Si une majorité
38:52des 38 membres
38:52de la Commission
38:53votent oui,
38:54alors le vote ira
38:55à l'ensemble
38:55de la Chambre des représentants.
38:57Si l'ensemble
38:58de la Chambre
38:58vote la destitution,
39:00alors le vote
39:01partira au Sénat
39:01où Nixon sera jugé.
39:05Comme les démocrates
39:06possèdent la majorité
39:07à la Commission,
39:0821 à 17,
39:10on pourrait penser
39:11que le résultat
39:11sera évident.
39:14Mais pas du tout.
39:16Ce n'est pas parce
39:17qu'il y avait plus
39:18de démocrates
39:19que de républicains
39:20que la majorité
39:20en faveur de la destitution
39:22était automatique.
39:23Il y avait trois démocrates
39:26du Sud à la Commission
39:27et ces démocrates
39:28du Sud représentaient
39:29des districts
39:29qui étaient autant
39:30pronixons
39:31que n'importe quel
39:31républicain de la Commission.
39:34Alors,
39:34quand on a commencé
39:35la procédure de destitution,
39:36on ne savait pas
39:38si on aurait la majorité.
39:39Personne ne savait même
39:40à quel procès
39:41le président Nixon
39:42serait renvoyé.
39:44Et tout se résume en fait
39:45à sept membres
39:46de la Commission,
39:47trois démocrates
39:48conservateurs
39:48et quatre républicains
39:50modérés.
39:51Ils sont populairement
39:52appelés
39:53la coalition fragile,
39:54bien que certains
39:55l'appellent
39:55l'Alliance contre nature.
39:58L'Alliance contre nature
39:59est une coalition
40:00de républicains
40:01et de démocrates
40:02qui débattent
40:03sur l'idée
40:03de destitution.
40:05Ils hésitent beaucoup
40:06quand on fait
40:06de soutenir
40:07l'idée de destitution.
40:08Ils la trouvent
40:09d'ailleurs au début
40:10très radicales.
40:12Pendant une brève période,
40:13l'influence
40:14sur une possible
40:15destitution
40:16fait d'eux
40:16les hommes politiques
40:17les plus importants
40:18aux Etats-Unis.
40:25Mais malgré
40:26les délibérations
40:27au Congrès,
40:28l'étau autour
40:29de la Maison Blanche
40:30se resserre.
40:30Peu après avoir
40:39écouté l'enregistrement,
40:40le nouveau procureur
40:41spécial retourne
40:42à la Maison Blanche
40:43avec une injonction
40:44à remettre
40:4464 bandes supplémentaires.
40:48Après avoir
40:48pris connaissance
40:49des enregistrements,
40:50Jaworski a continué
40:51son travail.
40:53Je l'ai beaucoup
40:54admiré pour ça.
40:55Ce n'était pas Archie,
40:56mais il a fait
40:57son travail.
40:57que vous avez fait.
40:59Finalement,
41:00Jaworski s'est montré
41:01à la hauteur.
41:02Il a poursuivi
41:03le travail mené
41:03par Cox
41:04avec le même esprit.
41:07Il veut s'assurer
41:08que cette enquête
41:08ne cédera pas
41:09aux exigences
41:10de Nixon.
41:12Si ce n'était pas
41:12clair avant,
41:14à présent,
41:14ça l'est.
41:15Jaworski n'est loyal
41:16qu'envers son pays
41:17et la loi.
41:18La devise
41:19des Texas Rangers
41:20c'était
41:21une émeute,
41:22un ranger.
41:23Il faut reconnaître
41:24que Léon Jaworski
41:25a eu le mérite
41:26de ne faire appel
41:27à aucun collègue,
41:29aucun assistant,
41:30aucun employé.
41:32C'était tout
41:32à son honneur
41:33et ça a accéléré
41:34le respect
41:35que nous lui portions
41:36tous.
41:42Cependant,
41:42l'administration Nixon
41:44n'abandonnera pas
41:44avant un dernier combat.
41:45Le 29 avril 1974,
41:58Nixon annonce
41:59qu'il remettra
42:00non pas les enregistrements,
42:02mais 1200 pages
42:03de leurs transcriptions.
42:04Je me souviens
42:15de lui assis
42:16à côté
42:16de cette énorme pile
42:17de dossiers
42:18de feuilles volantes
42:19qui disaient
42:19« Regardez
42:21tout ce que je dévoile. »
42:24Bien que ce ne soit
42:24pas exactement
42:25ce que le procureur spécial
42:26ait demandé,
42:27c'est apparemment
42:28ce que le public américain
42:29réclame.
42:30Les copies des transcriptions
42:32s'arrachent des rayons.
42:32Le public a enfin
42:34un aperçu
42:35de ce que Nixon
42:35a dit en secret.
42:37CBS News propose
42:38même une émission
42:39où sont lus en direct
42:40les moments
42:40les plus croustillants.
42:42Mais il y a un problème.
42:49Les transcriptions
42:50étaient remplies
42:51de notes
42:51entre parenthèses.
42:52« Ils avaient retiré
43:01tous les jurons,
43:02tous les gros mots.
43:05Jurons effacés.
43:07Tout le monde
43:08s'est dit
43:08que c'était
43:09un homme grossier.
43:10Donc,
43:11ça ne l'a pas vraiment
43:11servi auprès
43:12de la population
43:13américaine.
43:15C'est même
43:15devenu une plaisanterie. »
43:18Naturellement,
43:19le public
43:19a des doutes.
43:20« Je suis sûre
43:21qu'ils sont docteurs.
43:22Au moins,
43:22c'est ma opinion. »
43:24« J'aimerais
43:24entendre
43:25l'exacte
43:26transcript
43:27comme ça
43:27a lieu. »
43:30« La publication
43:33des transcriptions
43:34de la Maison-Blanche
43:35ne fait qu'augmenter
43:40la montagne
43:40de preuves
43:41que la commission
43:41judiciaire
43:42de la Chambre
43:42a déjà récoltée.
43:44En fait,
43:45il y a tellement
43:46de documents
43:46au siège
43:46de la commission
43:47qu'à un moment donné,
43:49l'architecte officiel
43:50du Capitole
43:51doit appeler
43:51des ouvriers
43:52pour renforcer
43:52le sol.
43:53Le président Rodino
44:00a essayé de trouver
44:16un moyen d'avancer.
44:18La destitution
44:18n'allait jamais se faire
44:19si ça reposait
44:20sur des considérations
44:21partisanes.
44:24Les républicains
44:25devaient se sentir
44:26impliqués.
44:27C'était la seule façon
44:28de parvenir
44:29à persuader
44:30le peuple américain. »
44:31Rodino veut
44:32que la commission
44:32avance lentement
44:33et sûrement
44:34en évaluant
44:40chaque preuve
44:40les unes
44:41après les autres.
44:43« Certains d'entre nous
44:44trouvaient
44:45qu'on était
44:45un peu trop sympa
44:46avec l'opposition. »
44:47Rodino
44:59enferme la commission
45:00dans une pièce
45:01et fait lire
45:02chaque élément
45:03de preuve potentielle
45:04devant les membres.
45:06« Chaque membre
45:07de la commission
45:07devait entendre
45:08chaque fait.
45:09On ne pouvait pas
45:10y échapper.
45:11On nous a fait asseoir
45:12et on nous a lu
45:13les preuves.
45:14Si on n'était pas
45:15d'accord avec les faits,
45:17c'était notre problème
45:18parce qu'on pouvait
45:19toujours objecter.
45:20Mais si on n'avait
45:21pas d'objection,
45:22on devait se taire
45:23à jamais.
45:24Les faits ont été
45:24présentés,
45:25les uns après les autres,
45:26jusqu'au dernier.
45:33Le nombre
45:33de cas
45:34d'abus de pouvoir,
45:35d'obstruction
45:36à la justice
45:37et d'éléments
45:38délictueux
45:39dans lesquels
45:40Nixon était impliqué
45:41étaient ahurissants.
45:44« Je me souviens
45:47de ce que j'ai ressenti
45:48au bout d'un moment.
45:50C'était comme si
45:51je m'enfonçais
45:51dans du sable mouvant
45:52et qu'il n'y avait
45:54pas de fond. »
46:01Et le malaise
46:01ne fait que continuer.
46:04Toujours contre l'idée
46:05de remettre
46:05les bandes magnétiques,
46:07Nixon fait appel
46:08une dernière fois
46:09devant la Cour suprême.
46:10« Le dossier est allé
46:18à la Cour suprême
46:19et la Cour suprême
46:20l'a examiné
46:21et a dit
46:21« C'est du tout vu. »
46:24Le 24 juillet,
46:25à l'unanimité,
46:26les juges se prononcent
46:27à 8 contre 0
46:28contre le président.
46:29Nixon doit à présent
46:37remettre
46:37toutes les bandes magnétiques.
46:39Mais la commission judiciaire
46:40de la Chambre
46:41doit encore attendre
46:42avant d'écouter
46:42ces enregistrements.
46:44Les membres doivent
46:45d'abord voter
46:45pour ou contre
46:46la destitution du président.
46:47« C'est comme une course épique.
47:02Qui va gagner ?
47:04Qui va perdre ?
47:05Qui va voter pour ?
47:06Qui va voter contre ? »
47:09Comme je l'ai dit précédemment,
47:11de nombreux représentants
47:12abordent la question
47:13des méfaits de Nixon
47:14d'un point de vue juridique.
47:15En suivant les intentions
47:16des pères fondateurs
47:17sur ce que veulent dire
47:19vraiment fautes et délits majeurs.
47:20Mais une représentante démocrate
47:22au Congrès
47:22a une autre stratégie.
47:24« Je reconnais
47:25la femme de Texas
47:28qui est Jordan. »
47:31En 1972,
47:32Barbara Jordan
47:33fait partie d'un groupe
47:34de nouvelles représentantes
47:35féminines au Congrès.
47:37« Barbara Jordan
47:38du Texas
47:39était l'une des premières
47:40représentantes africaines
47:41américaines au Congrès.
47:43Une forte femme
47:44avec une voix profonde
47:46et un phrasé particulier. »
47:48« Jordan,
47:49en plus de sa victoire
47:59au Congrès,
47:59est familière
48:00des grandes premières.
48:01Mais c'est sa déclaration
48:03d'ouverture
48:03à la commission judiciaire
48:04qui la catapulte
48:05sur le devant
48:06de la scène nationale.
48:07Et elle en fait
48:08une affaire personnelle.
48:09« Nous, les gens,
48:18c'est un début très éloquent.
48:19Mais quand ce document
48:22est completé
48:23sur le 17 septembre
48:25en 1787,
48:26je n'étais pas
48:27inclusif dans
48:28ce « nous, les gens. »
48:30Mais au processus
48:31d'amendement,
48:32l'interprétation
48:33et la décision
48:34de la décision,
48:35j'ai finalement été
48:36inclusif
48:36dans « nous, les gens. »
48:39« Ma faith
48:40dans la Constitution
48:41est toute,
48:41elle est complète,
48:42elle est totale. »
48:44« Et je ne vais pas
48:45s'y être
48:45ici et être
48:46un spectateur
48:47de la diminution,
48:49la subversion,
48:52la destruction
48:53de la Constitution. »
48:56Elle a captivé
48:57la salle.
48:58Elle était
48:58vraiment incroyable.
49:00On se souvient
49:00de sa phrase
49:01« Ma foi
49:02en la Constitution
49:03est entière. »
49:04C'était un discours
49:05très émouvant.
49:08Mais les membres
49:09ne sont pas tous prêts.
49:10« Tous les membres
49:11de cette comité
49:12devraient considérer
49:13l'effet
49:14qu'un président
49:15de l'entrée
49:16auront
49:17sur la force
49:17de cette office
49:18et le respect
49:19qu'il s'enjie
49:20dans le monde. »
49:23« La parole
49:24est demandée
49:25après trois jours
49:28de procédure,
49:29l'heure du vote
49:30arrive enfin.
49:33Et de l'avis général,
49:35cette heure
49:35est très sombre. »
49:38« Je ne voulais
49:38pas le dire. »
49:39« Monsieur Kastenmeier. »
49:40« Monsieur Jordan. »
49:42« Oui. »
49:44« C'était difficile
49:45de prononcer
49:46le mot,
49:47mais je savais
49:48que je devais le faire. »
49:49« Monsieur Holtzman. »
49:50« Oui. »
49:52« Ça n'a pas été
49:54un moment joyeux
49:55quand on a voté
49:55la destitution
49:56du président. »
49:59« Ça a été
49:59un des moments
50:00les plus graves
50:00de toute ma vie. »
50:02« Je crois que ça a été
50:03la même chose
50:04pour chaque membre
50:05de la commission. »
50:06« Monsieur Ralesback. »
50:08« Monsieur Cohen. »
50:09« Les quatre républicains
50:10votent pour... »
50:12« Oui. »
50:12« Monsieur Flowers. »
50:13« Ainsi que les trois démocrates
50:15de la coalition fragile. »
50:17« Puis suivent
50:18deux autres républicains. »
50:20« Oui. »
50:21« Monsieur Odino. »
50:23« Oui. »
50:24« Personne n'a pris
50:26plaisir à voter
50:26la destitution
50:27d'un président
50:28des États-Unis. »
50:29« Même un président
50:30auquel on était opposés. »
50:32« Monsieur le président,
50:3427 membres
50:35ont voté
50:36« oui. »
50:37« 11 membres
50:37ont voté
50:38« non. »
50:39« Cette résolution
50:40est adoptée
50:41et sera
50:41reportée
50:42à la maison. »
50:43« L'impensable
50:45est arrivé. »
50:46« Avec le soutien
50:47des deux partis,
50:48la commission
50:49va recommander
50:50la destitution. »
50:52« On m'a dit
50:53que Peter Rodino,
50:54qui était un démocrate
50:55très libéral,
50:56était retourné
50:57dans son bureau
50:57et avait pleuré. »
51:01« On a souvent dit
51:06à l'époque
51:06que c'était la preuve
51:07que le système fonctionnait.
51:09Et généralement,
51:10c'est ce que je ressentais.
51:12C'était réconfortant,
51:13très réconfortant.
51:14avec ce vote,
51:26le président
51:26serait tenu
51:27responsable
51:28de ses actes.
51:30Avant Nixon,
51:31on ne destituait
51:32pas les présidents,
51:33on les respectait.
51:34Je pense que le pays
51:38et nous tous
51:38journalistes
51:39qui regardions
51:40tout ça
51:40en retenant
51:41notre souffle
51:41sommes parvenus
51:43à la conclusion
51:43que Nixon
51:44n'avait plus
51:45de voix de sortie.
51:48La prochaine étape
51:49est de transférer
51:49le vote
51:50à l'ensemble
51:50de la Chambre,
51:51puis au Sénat
51:52pour ouvrir
51:52un procès.
51:54Mais rien de tout cela
51:54ne va se dérouler.
51:55Pour moi,
52:10la fin est vraiment
52:11arrivée
52:12quand Barry Goldwater,
52:13son plus ardent défenseur,
52:15lui a demandé
52:15de démissionner.
52:17Quand le républicain
52:18le plus conservateur
52:19l'a abandonné,
52:20on a su
52:21que la fin
52:21était proche.
52:25Le 8 août 1974,
52:35Nixon prend la parole.
52:51Le lendemain,
52:52au bord des larmes,
52:53Nixon s'adresse
52:54au personnel
52:54de la Maison-Blanche
52:55une dernière fois.
52:59Je regarde ici
53:00et je vois
53:01tellement de gens
53:01dans ce staff
53:02que, vous savez,
53:04je devrais être
53:05par vos offices
53:06et m'a mis en main
53:07et j'ai aimé
53:08parler avec vous
53:09et j'ai trouvé
53:10comment faire
53:11le monde.
53:14Tout le monde
53:15veut dire
53:15ce qu'il faut faire.
53:18Et,
53:18il doit être
53:19dit
53:19beaucoup de fois.
53:24merci.
53:28Merci.
53:28Merci.
53:28Merci.
53:28Merci.
53:28Merci.
53:28Merci.
53:29Merci.
53:38Près d'un demi-siècle
53:39après le Watergate,
53:40la sagesse populaire
53:41est de dire
53:41que le système
53:42a fonctionné.
53:44Nixon ne s'en est pas
53:45sorti.
53:46Il a abusé
53:47de son statut
53:48de président,
53:49ce qui l'a finalement
53:50mené à sa chute.
53:51nombreux sont ceux
53:53qui le voient
53:53de cette manière.
53:54Mais je me demande
53:55encore si c'était
53:56vraiment inévitable
53:57dans ce système
53:58démocratique
53:58de frein et contrepoids
53:59ou si ça n'aurait
54:01pas pu finir autrement.
54:12Quand je regarde
54:13cette longue
54:13et sinueuse saga
54:14du Watergate,
54:15tout ce que je vois
54:16ce sont des événements
54:17qui auraient pu
54:18prendre des directions
54:19différentes.
54:19Le Washington Post
54:21aurait pu attribuer
54:21l'affaire du cambriolage
54:23à des journalistes
54:23moins déterminés
54:24que Woodward et Bernstein.
54:27James McCord
54:28aurait pu ne pas parler
54:29de la tentative
54:30de dissimulation.
54:31John Dean
54:32aurait pu rester loyal
54:33à Nixon
54:33et porter le chapeau
54:35ou avoir une mémoire
54:36défaillante.
54:38Nixon aurait pu décider
54:39de ne pas installer
54:40de micro dans le bureau
54:41ovale
54:41où Alexander Butterfield
54:43aurait pu garder
54:44ses enregistrements secrets.
54:46Ah !
54:47Et les démocrates
54:48auraient pu ne pas avoir
54:48la majorité
54:49à la Chambre
54:49des représentants
54:50et au Sénat.
54:51Ça, c'est drôle.
54:54Il y a toute une multitude
54:55de facteurs
54:56majeurs ou mineurs
54:57qui auraient pu se produire
54:58différemment
54:59et changer le résultat.
55:01Alors pour moi,
55:02la démission de Nixon
55:03ne semble pas si inévitable.
55:06Il est facile
55:07d'imaginer
55:07une autre réalité
55:08où chacun de ces éléments
55:10se serait passé différemment.
55:12Où Nixon aurait affronté
55:13la tourmente
55:13et poursuivi
55:14son second mandat
55:15après avoir écarté
55:16de scandale.
55:19Je suppose
55:20qu'on peut s'estimer
55:21chanceux
55:21mais je m'interroge.
55:22Comment se passera
55:23le prochain Watergate ?
55:25Quand les historiens
55:30regarderont le passé,
55:33pourront-ils dire
55:33que le système
55:34a fonctionné ?
55:36Ou le Watergate
55:38n'était-il
55:38qu'un coup médiatique,
55:40rarement,
55:41voire jamais voué
55:41à se répéter ?
55:48Leon Naifak,
55:51Watergate,
55:52les dessous du scandale.
55:53Sous-titrage Société Radio-Canada
56:04Sous-titrage Société Radio-Canada
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