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  • il y a 9 mois
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Aujourd'hui, dans « Les 4V », Jeff Wittenberg revient sur les questions qui font l’actualité avec Joshua Zarka, ambassadeur d'Israël en France.

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Transcription
00:00– Bonjour à tous, bonjour M. l'ambassadeur Joshua Zarka.
00:05Aucune réponse strictement militaire ne peut produire les effets recherchés.
00:09Il faut une reprise des discussions diplomatiques et techniques.
00:12Ces mots, vous les avez entendus, ce sont ceux d'Emmanuel Macron.
00:14Hier soir, mon conseil de défense, après les frappes américaines sur l'Iran.
00:19Comment vous les recevez ?
00:20La France, finalement, et d'autres pays européens,
00:22prennent acte de ce qui a été fait dans la nuit de samedi, mais ne la prouvent pas.
00:26– Ce n'est pas qu'ils ne la prouvent pas, il faut comprendre.
00:30Pour chaque action militaire, il y avait une action diplomatique qui a échoué,
00:34avant celle-là, ensuite l'action militaire dont nous avions besoin.
00:40Et pour terminer l'événement, il faut terminer l'événement avec une action diplomatique.
00:47Et c'est donc, je pense que cela dont le président parle,
00:50ça ne veut pas dire qu'il n'approuve pas de l'opération.
00:55– Il ne dit pas qu'il l'approuve ?
00:57– Il dit qu'il faut la désescalade, il faut ne pas se contenter d'une opération militaire.
01:02– Voilà, ne pas se contenter de l'opération militaire.
01:03– Mais est-ce que c'est aussi votre position ?
01:05– Ne pas se contenter de l'opération militaire ne veut pas dire que l'opération militaire est désapprouvée.
01:10Le président a dit d'une façon très claire que le programme nucléaire iranien était un programme dangereux.
01:16C'est ce qu'ont dit d'autres dirigeants européens.
01:19Et je dirais même que le président, le conseiller allemand a dit qu'Israël faisait le travail sale du monde.
01:26Alors donc, il y a une grande différence entre dire qu'il faut terminer l'événement avec de la diplomatie
01:31et entre désapprouver. C'est deux choses différentes.
01:33– Mais monsieur l'ambassadeur, vous aussi vous dites qu'il faut terminer l'événement, comme vous dites, par la diplomatie
01:38ou bien vous avez l'objectif, parce que c'est quasiment affiché, de détruire le régime iranien par la force ?
01:43– Non, ça n'a jamais été le but de détruire le régime iranien.
01:47Nos buts sont très clairs. Il y a deux buts.
01:49Premièrement, détruire les capacités nucléaires qui peuvent être utilisées à des fins militaires.
01:54C'est ce que nous faisons, c'est ce que les États-Unis nous aident à faire.
01:56Et ensuite, détruire leur capacité balistique.
01:59Ce sont deux menaces qui peuvent être très dangereuses et même existentielles pour notre pays.
02:05Le régime n'est pas, le renversement du régime n'est pas un but, n'est pas une cible comme telle.
02:09Par contre, si ça arrivait, ce serait très bien pour les Israéliens, pour les Iraniens et pour la stabilité de la région.
02:15– Mais lorsque Benjamin Netanyahou, votre Premier ministre,
02:18dit que l'intervention américaine vous a rapproché de vos objectifs,
02:22encore une fois, vos objectifs, c'est juste détruire l'arsenal militaire et nucléaire iranien.
02:28Mais lui, M. Donald Trump, il dit que les capacités d'enrichissement nucléaire de l'Iran
02:33ont été, je le cite, complètement et totalement détruites.
02:35Quelle est la réalité ?
02:36Donc, vos objectifs, ils sont atteints ?
02:38– Non, non, j'ai bien dit, nous avions deux objectifs.
02:42L'un nucléaire, l'autre balistique.
02:44Les deux ne sont pas encore atteints.
02:46D'accord ?
02:46Ensuite, il est trop tôt pour savoir d'une façon claire et nette
02:50si ces frappes ont totalement réussi.
02:53– Donc, M. Trump a parlé trop vite ?
02:55– Non, non, ce n'est pas que M. Trump a parlé trop vite.
02:56M. Trump est le président des États-Unis, il sait ce qu'il dit.
02:59En tout cas, nous, pour l'instant, nous n'avons pas encore les preuves
03:02qui nous suffisent pour dire qu'effectivement, ces frappes
03:06ont mis fin complètement au programme nucléaire iranien.
03:10M. Grossi disait ce matin même, M. Grossi, le directeur général de l'AIEA,
03:14disait ce matin même qu'il est encore trop tôt pour savoir exactement ce qu'il en est.
03:19– Mais c'est aussi votre sentiment qu'il est trop tôt ?
03:21– Je pense que c'est trop tôt, effectivement.
03:23– Quand est-ce qu'on saura si effectivement les installations nucléaires ?
03:26– Justement, j'y ai arrivé.
03:27Je pense que d'abord, il faut voir, il faut que les choses se calment.
03:32Ensuite, il faut rentrer dans le site de Fordos, si c'est possible d'y rentrer,
03:35et ensuite vérifier.
03:36Alors, ça prendra un certain temps.
03:38Mais par contre, on voit clairement que ces bombardements
03:43ont eu un effet très important, et surtout à Natanz,
03:46ce qui est le site d'enrichissement principal.
03:49Là, c'est clair qu'il a été complètement détruit.
03:51– Mais M. l'ambassadeur, quand le président américain,
03:54quand son vice-président parle de paix, veut imposer, je cite,
03:57« la paix par la force », est-ce que c'est crédible,
04:00est-ce que c'est réalisable, selon vous, d'avoir ce résultat ?
04:05– Je pense que l'Europe…
04:06– Comment peut-on faire la paix sous un tapis de monde ?
04:08– Je pense que l'Europe est vraiment l'exemple parfait
04:12de l'idée qu'on peut faire la paix en utilisant la force.
04:16Parce que si la force n'avait pas été utilisée il y a 80 ans,
04:20il n'y aurait pas eu de paix.
04:22Alors, dire qu'il est impossible d'imposer la paix par la force,
04:25c'est vraiment oublier l'histoire de l'humanité, pratiquement.
04:28– Oui, mais la population iranienne,
04:30qui est pourtant loin d'être entièrement acquise à la cause du régime,
04:33n'est pas en train de se révolter ou de vouloir renverser le régime.
04:36– Non, mais encore une fois, vous mélangez un peu les choses.
04:40Les cibles ne sont pas le renversement du régime.
04:44– Donc vous pouvez composer avec ce régime actuel ?
04:46– Ce n'est pas que nous pouvons composer avec ce régime,
04:48c'est un régime ennemi.
04:49Mais si ce régime était renversé,
04:51c'est très bien pour Israël et pour le peuple iranien.
04:55Alors, est-ce que ça va être fait ?
04:57Ça dépend des Iraniens, c'est à eux de le décider,
04:59et à eux de le faire.
05:00– Quel prix des Israéliens, eux, sont-ils prêts à payer pour ces objectifs ?
05:04Votre capital économique, par exemple,
05:06Tel Aviv vit, par exemple,
05:09une grande partie de sa population dans les abris,
05:11on en est à une 25ème alerte, je crois,
05:12depuis le début des hostilités.
05:15Combien de temps cela va durer ?
05:16La population se tient ?
05:17– J'ai mes enfants là-bas, mes petits-enfants,
05:20à chaque fois je suis réveillé quand il y a d'ailleurs de chez eux,
05:22c'est difficile, mais nous sommes résilients.
05:25Vous savez, la question est l'alternative.
05:27L'alternative, c'était l'Iran
05:28avec la capacité nucléaire et la capacité de nous détruire.
05:31C'est un régime qui le disait d'une façon très claire.
05:34Nous voulons détruire Israël, nous détruirons Israël
05:36et nous développons la capacité de le faire.
05:39Alors, nous, avec l'histoire que nous avons,
05:41le peuple juif, l'État d'Israël,
05:44on ne peut que prendre ce genre de menaces très au sérieux.
05:47Et c'est ce qu'on a fait, on les a pris très au sérieux.
05:49La France compte de nombreux ressortissants
05:51qui souhaitent quitter Israël.
05:53Ils sont environ 100 000.
05:56Des avions, notamment A400M, vont être mobilisés.
06:00160 Français ont été rapatriés dès hier.
06:03Quelle est votre position là-dessus ?
06:05Vous leur dites, il faut rester ?
06:06Vous comprenez qu'ils veulent revenir en France ?
06:08Vous allez même les aider, peut-être ?
06:09Bien sûr, on les aide.
06:12La France n'aurait pas pu faire rentrer des avions
06:14sans l'aide de l'État d'Israël
06:15et sans l'accord de l'État d'Israël.
06:17Bien sûr, l'idée, c'est qu'ils puissent pas...
06:18Vous comprenez qu'ils partent ?
06:19Bien sûr, c'est l'idée, c'est qu'ils puissent partir tranquillement
06:22sans être menacés.
06:24Parce que vous savez, quand même,
06:25il y a des missiles qui tombent régulièrement
06:26chaque jour sur Israël.
06:28Et c'est tout à fait normal que des gens
06:29qui sont en vacances en Israël,
06:31qui étaient en vacances en Israël,
06:32veuillent quitter ou des Français qui habitent là-bas.
06:35Mais généralement, il faut dire,
06:36c'est plutôt l'inverse.
06:37Les gens qui ont la nationalité israélienne,
06:39dès qu'il y a un problème en Israël,
06:41veulent tous rentrer en Israël.
06:42Parce qu'on est solidaires,
06:44on veut être les uns avec les autres.
06:45Mais il arrive qu'il y ait des gens
06:46qui sont en vacances,
06:47il y ait des gens qui aient visité leur famille.
06:49Et donc, il est tout à fait normal
06:50qu'ils veuillent rentrer chez eux.
06:51Et Israël aide la France
06:53à repatrier ces personnes.
06:55Monsieur l'ambassadeur,
06:55pendant ce temps,
06:56la guerre continue dans la bande de Gaza.
06:58Les corps de trois otages
06:59ont été rapatriés hier en Israël.
07:02Benjamin Netanyahou avait dit,
07:03le 15 juin,
07:04qu'il avait identifié une ouverture
07:06à propos des otages,
07:06parler de nouvelles négociations.
07:08Et depuis, il n'y a plus rien.
07:09Si vous obtenez des résultats en Iran,
07:11est-ce que cela aura une conséquence
07:12sur ce qui se passe à Gaza ?
07:13D'abord, il faut dire qu'il y avait
07:14des négociations qui avaient lieu.
07:16Et nous espérions qu'elles aboutissent.
07:18On pensait que ce serait effectivement
07:21la fin de la guerre à Gaza.
07:23Mais il faut dire qu'il y a une solution
07:25qui est très simple.
07:27Le retour de nos otages.
07:29Il y a encore 23 otages israéliens.
07:3320 otages, mais en 3, on ne sait pas.
07:352, pardon, 22.
07:36On ne sait pas encore quel est leur statut.
07:39Mais il y a encore 20 otages en vie
07:41et encore 50 otages en tout.
07:44Est-ce que cela justifie la...
07:45Si ces otages étaient libérés demain,
07:49ce serait immédiatement à la fin de la guerre.
07:51Est-ce que ça se justifie ?
07:52Est-ce que ça justifie les souffrances
07:54de la population civile de Gaza ?
07:55La famine qui règne ?
07:57Les critiques que vous recevez du monde entier ?
07:59Les otages qui ont été kidnappés de leur lit,
08:05de chez eux, le 7 octobre, il y a deux ans.
08:07Ils sont dans les conditions les plus terribles
08:09dans les tunnels du Hamas.
08:11Est-ce qu'un pays a le droit de laisser tomber
08:14ses propres citoyens ?
08:15Quitte à ce qu'il y ait encore et toujours
08:17des centaines par semaine de victimes
08:21dans la bande de Gaza, M. l'ambassadeur.
08:23Si nos otages étaient libérés hier,
08:25la guerre aurait terminé hier.
08:27Si nos otages seront libérés ce matin,
08:29la guerre sera terminée ce matin.
08:30C'est très simple.
08:31Si nos otages ne sont pas libérés,
08:33malheureusement, cette guerre continuera.
08:35Merci, M. l'ambassadeur d'Israël.
08:37Je suis Azarka et c'est la suite de Télématin.
08:39Merci à vous.
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