- il y a 6 mois
Aujourd'hui, dans « Les 4V », Jeff Wittenberg revient sur les questions qui font l’actualité avec Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discrimitations.
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00:02Bonjour Aurore Berger, merci d'être avec nous ce matin.
00:05Un soldat français a été tué dans une attaque au Kurdistan irakien,
00:09une attaque revendiquée par un groupe armé pro-iranien,
00:12qui avait déjà d'ailleurs menacé les intérêts français en raison de l'arrivée sur place,
00:16enfin dans la Méditerranée du porte-avions Charles de Gaulle.
00:19Est-ce qu'on peut dire ce matin, Aurore Berger, que la France est de fait entrée dans cette guerre,
00:23en tout cas à vos yeux ?
00:24Déjà je veux rendre hommage à l'ensemble de nos soldats qui sont engagés,
00:27ils sont plusieurs centaines à être présents en Irak sur des opérations qui sont essentielles,
00:32de lutte contre le terrorisme, de lutte contre Daesh en particulier.
00:36L'un d'entre eux est tombé, six autres sont blessés, donc je pense à eux, je pense évidemment à
00:40leur famille.
00:41Et je le répète, c'est un groupe armé pro-iranien qui revendique en tout cas cette attaque.
00:46Tout à fait, mais c'est la démonstration que le terrorisme justement tue, il a tué sur notre sol,
00:52et c'est la nécessité aussi pour la France, quand on préserve ses intérêts,
00:55c'est aussi justement d'avoir des soldats qui sont présents pour garantir la protection des intérêts nationaux français,
01:01et la préservation des intérêts nationaux français passe évidemment par la lutte et l'engagement contre le terrorisme.
01:06Ensuite, en ce qui concerne le conflit aujourd'hui, la France n'est pas partie prenante de ce conflit.
01:12Et ça je crois que c'est essentiel de le rappeler, la France n'a pas déclenché le conflit qui
01:17existe aujourd'hui,
01:18la France est présente, et présente pourquoi ?
01:21Elle est présente d'abord parce que nous avons 400 000 ressortissants français qui sont présents dans la région,
01:26vous savez que beaucoup d'opérations de rapatriement ont été organisées et vont se poursuivre.
01:30La France est aussi présente pour protéger et accompagner ses alliés,
01:34c'est le sens de la présence du président de la République à Chypre notamment,
01:37et c'est le sens de la présence de notre porte-avions.
01:39Vous dites, vous rappelez que la France n'est pas partie prenante et n'a pas déclenché ce conflit,
01:43mais qui néanmoins, encore une fois, l'un des arguments employés par ce groupe terroriste
01:48qui est sans doute, enfin qui est probablement à l'origine de la mort de ce soldat,
01:52c'est précisément la présence de la France.
01:54Donc est-ce que vous estimez que, si j'ose dire, cela en vaut la peine,
01:57est-ce que c'est une guerre juste dans laquelle nous ne sommes pas présents,
02:01mais nous avons quand même, la France a quand même une action,
02:04ne serait-ce que par la présence du porte-avions ?
02:05La France, c'est ce que je vous disais, la présence de la France, c'est deux raisons.
02:09400 000 ressortissants français à protéger et des alliés, évidemment,
02:15aussi pour lesquels nous sommes présents.
02:17Et faire tomber le régime iranien, est-ce que c'est un souhait que la France a ?
02:22Sur le régime iranien, il n'y a aucune ambiguïté sur le fait que la France,
02:27évidemment, que les intérêts de la France ont été directement menacés par ce régime.
02:32Quand on parle de terrorisme, quand on parle de terrorisme islamiste,
02:36évidemment que ce régime représente une menace.
02:39En revanche, la France, encore une fois, n'est pas partie prenante de ce conflit,
02:43elle ne l'a pas décidé et elle n'a pas souhaité au départ que ce conflit puisse exister.
02:48Donc elle ne le soutient pas ? Donc la France ne soutient pas cette action ?
02:51Donc la France préserve les intérêts de ses ressortissants,
02:54la France est présente pour ses alliés,
02:56la France combat à travers le monde le terrorisme islamiste,
02:59le terrorisme islamiste a fait des centaines de morts dans notre propre pays,
03:02qui a été touché par de nombreux attentats,
03:04de nombreux attentats.
03:05Donc la France, évidemment, préserve ses intérêts nationaux.
03:08Orberger, entre autres attributions, votre ministère est chargé de la lutte contre les discriminations.
03:13Est-ce que ce regain de tension au Moyen-Orient suscite en France un regain de tension aussi communautaire ?
03:19On sait ce qui s'était passé après le 7 octobre,
03:21est-ce que là aussi vous observez un changement et en tout cas une tension entre les communautés ?
03:25C'est la singularité de la France, c'est d'avoir toujours eu une vision universaliste
03:28qui fait que vous ne fragmentez pas le pays, vous ne fracturez pas le pays,
03:31vous communautarisez pas le pays.
03:33Certains espèrent fracturer et communautariser.
03:36C'est notamment le cas de la France insoumise,
03:37qui aimerait qu'on se renvoie communauté contre communauté.
03:41Ça ne doit jamais être le cas dans notre pays.
03:43Et c'est vrai qu'après le 7 octobre 2023,
03:46c'est-à-dire les attentats terroristes perpétrés par le Hamas en Israël,
03:501 200 personnes qui avaient été assassines, dont 51 Français,
03:55nous avions subi une vague d'antisémitisme dans toutes les démocraties.
03:59Heureusement, on voit que l'antisémitisme recule
04:02par rapport au niveau qu'il avait atteint après les attentats du 7 octobre.
04:05Il doit continuer évidemment à reculer
04:07parce que toute attaque et toute aide antisémite
04:09est une atteinte contre la République elle-même,
04:12contre la démocratie elle-même.
04:13Vous êtes chargée de la lutte pour l'égalité entre les femmes et les hommes.
04:18A ce titre, vous étiez aux Nations Unies cette semaine.
04:20Vous avez participé au rendez-vous annuel consacré aux droits des femmes
04:23dans la foulée de la journée du 8 mars.
04:26Est-ce que, vous l'avez écrit dans une tribune,
04:28les droits des femmes c'est un curseur des libertés dans le monde ?
04:31Est-ce qu'à ce titre, vous estimez,
04:33et on revient sur cette question sur l'Iran,
04:35puisqu'on se souvient du combat mené par des femmes courageuses là-bas,
04:39qu'il faudrait aussi que ce régime tombe
04:42pour que les droits des femmes soient améliorés ?
04:45Vous savez, le cri de ralliement dans les rues de Teheran
04:47et qui a traversé le monde entier,
04:49le premier mot c'est « femmes ».
04:50« Femmes, vie, liberté ».
04:52Le premier mot c'est « femmes ».
04:53Pourquoi ? Parce que ce sont les femmes
04:54qui ont été à l'avant-garde de cette révolution.
04:57Ce sont les femmes qui, les premières, ont été dans la rue,
05:00ont dansé, ont chanté, se sont découvertes,
05:02ont retiré leur voile, ont défié un régime au prix de leur vie.
05:05On parle de dizaines de milliers de civils qui ont été assassinés par ce régime.
05:10Des dizaines de milliers de civils qui ont défié le régime et qui ont été prêts à être présents.
05:15Et notamment cette révolution des femmes, elle a été absolument déterminante.
05:19Elles ont dit qu'elles allaient reprendre le pouvoir, reprendre le pouvoir sur leur corps,
05:22reprendre le pouvoir sur leur liberté.
05:24Et j'espère que c'est un mouvement qui est inarrêtable.
05:27En tout cas, ce que je sais, c'est que le régime tremble
05:29quand les femmes sont à l'avant-garde de ces révolutions.
05:32Et nous voyons à travers le monde,
05:34et nous l'avons constaté encore dans ce rendez-vous aux Nations Unies,
05:37à quel point, dans toutes les régions du monde,
05:39nous assistons à un recul sur la question des droits humains,
05:42singulièrement ceux des femmes.
05:42Donc oui, la question de la liberté des droits des femmes,
05:45c'est un curseur sur l'état du monde et l'état des démocraties.
05:48Une question politique pour finir.
05:49Après les élections municipales, dont le premier tour va avoir lieu dimanche,
05:52on va évidemment très vite se tourner vers l'élection présidentielle.
05:56Certains sondages placent...
05:57Il y a une hypothèse aujourd'hui que le second tour oppose
06:00Jean-Luc Mélenchon, le candidat de la France Insoumise,
06:03à Jordan Bardella.
06:04Est-ce que c'est une hypothèse à laquelle vous croyez ?
06:06Première question.
06:07Et comment vous comptez l'éviter ?
06:09C'est une hypothèse que je combats.
06:11Moi, je ne souhaite pas que notre pays n'ait uniquement le choix
06:13entre le Rassemblement National d'un côté et la France Insoumise de l'autre.
06:16Mais pour ça, ça veut dire qu'il ne faut pas que l'élection présidentielle
06:19soit confisquée par les ambitions de quelques-uns.
06:21Pour ça, ça veut dire qu'il va falloir une candidature unique.
06:25Une candidature unique du centre et de la droite.
06:27De plus en plus de voix s'expriment pour la primaire.
06:30Je me suis exprimée en faveur d'une primaire.
06:32Je vois que Gérald Darmanin l'a fait, que Gérard Larcher l'a fait,
06:35que Valérie Pécresse le fait, que David Lysnard.
06:37Donc ça veut dire qu'il y a de plus en plus de voix
06:39qui sont des voix de la raison.
06:42Nous avons besoin d'une candidature unique.
06:44Sans candidature unique, nous serons responsables
06:47de livrer les Français et de livrer le pays
06:49à un duel mortifère entre l'ERN et la France Insoumise.
06:53Mais Mme Berger, vous vous rangeriez derrière n'importe quelle candidature.
06:56Si elle émane de la droite ou du centre,
06:58vous iriez de Bruno Rotaillot à Gabriel Attal, par exemple.
07:01Question simple.
07:02Mais le principe même d'une primaire, c'est de laisser le choix aux Français
07:06de décider qui doit être leur candidat ou leur candidate
07:11pour incarner le centre et la droite.
07:13Sans cela, s'il n'y a pas de candidature unique,
07:15et donc ensuite un candidat ou une candidate soutenue par nous tous,
07:19alors c'est simple, on restera à la maison au soir du second tour
07:21parce qu'on ne sera pas partie prenante.
07:23On sera des spectateurs de cette élection, des commentateurs de cette élection.
07:26Et là, on parle du risque d'avoir soit le Rassemblement national,
07:30soit la France Insoumise au pouvoir.
07:32Je ne crois pas que ce soit le destin de la France.
07:33Cela pourrait vous intéresser, vous-même, d'être candidate
07:35à cette primaire que vous appelez de vos voeux ?
07:38D'abord, je me bats pour que cette primaire existe.
07:40Moi, j'essaie de faire les choses dans le bon ordre.
07:42Et le bon ordre, c'est garantir qu'une telle primaire puisse exister
07:45avant la fin de l'année, et ensuite, nous verrons.
07:47Mais moi, j'espère que déjà, nous arrivons à avoir une voie plus raisonnable.
07:51On le voit quand entre élections, on est divisé.
07:53On voit le risque de la défaite.
07:55Et là, le risque de la défaite, c'est non seulement celle des idées et des valeurs,
07:58mais c'est encore une fois une irresponsabilité qui serait la nôtre.
08:01Merci beaucoup, Ror Berger.
08:03Et c'est la suite de Télématin.
08:04Merci. Bonne journée.
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