00:00– Effectivement, bonjour à tous, bonjour Thomas Ménager.
00:04– Bonjour, merci à vous.
00:05– Merci d'être notre invité ce matin.
00:07L'actualité, c'est le prix du carburant qui flambe
00:09à cause du conflit au Moyen-Orient.
00:10Emmanuel Macron a annoncé hier que les pays membres
00:13de l'Agence internationale de l'énergie
00:15allaient libérer jusqu'à 400 millions de barils
00:18des réserves stratégiques.
00:19La France va en libérer 14,5 millions.
00:23Est-ce que c'est une bonne chose ?
00:24– Oui, c'est une bonne chose parce que dès le début
00:26de l'augmentation des prix du carburant, du prix du baril,
00:29le Rassemblement national, Jordan Bardella et Marine Le Pen
00:31avaient indiqué qu'il y avait nécessité d'augmenter l'offre
00:35parce que c'est une question aussi d'offre et de demande,
00:38la situation que nous connaissons actuellement
00:39et de libérer une partie, pas la totalité bien entendu,
00:43de ces stocks stratégiques pour augmenter l'offre
00:45et ainsi faire baisser le prix du baril
00:48et faire baisser le prix à la pompe pour les Français.
00:50– Alors il y a certains experts aujourd'hui
00:51qui doutent du fait que ça fera vraiment baisser
00:54les prix à la pompe, que ça empêchera juste
00:56une situation de pénurie.
00:58Comment est-ce qu'on stoppe cette flambée des prix ?
01:00Est-ce que, comme d'autres, vous êtes pour un gel des prix ?
01:03C'est notamment ce que propose la France Insoumise.
01:05– Alors un gel, non, parce que le gel, bête et méchant,
01:07c'est ce qui existe dans les économies communistes,
01:10c'est ce qui existe au Venezuela, à Cuba,
01:12et on s'est rendu compte qu'à terme, ça provoque plus d'inflation,
01:14ça va créer une situation qui va être bien pire.
01:16Par contre, nous nous proposons une mesure simple
01:18que nous défendons même hors temps de crise,
01:20mais qui a encore plus d'intérêt aujourd'hui,
01:22c'est de baisser la fiscalité.
01:24– Ça coûte 20 milliards d'euros ?
01:25– Non, ça coûte, nous, le chiffrage très clair.
01:27– C'est ce que dit le gouvernement ?
01:27– Oui, le gouvernement se trompe, puisqu'en plus,
01:29ça ne coûte rien, parce qu'en finale, actuellement,
01:31le gouvernement, si on ne fait que compenser
01:33à due proportion la hausse, c'est nul.
01:36Puisqu'en fait, ce qui se passe aujourd'hui,
01:38c'est que le gouvernement, l'État,
01:39se met de l'argent dans les poches de manière plus importante,
01:42puisqu'on le sait, il y a quasiment 60%
01:45du prix du carburant qui sont des taxes.
01:47Quand le prix du pétrole augmente,
01:50la proportion de taxes, elle, augmente,
01:53et l'État s'enrichit.
01:54L'idée, c'est de baisser au minimum à due proportion.
01:57Nous, nous proposons même d'aller plus loin.
01:58C'est de baisser de 20 à 5,5% la TVA sur le carburant.
02:04Et ce n'est pas que nous qui le disons.
02:05Même le commissaire européen sur l'énergie,
02:07Dan Jorgensen, l'a dit hier, il faut le faire,
02:09il y a d'autres pays qui le font.
02:10– Mais ça veut dire que vous, vous préférez, par exemple,
02:12que l'État gagne moins d'argent,
02:14et que les distributeurs continuent à s'enrichir,
02:17à profiter de cette crise ?
02:19– Non, bien entendu, nous sommes clairs,
02:21Marine Le Pen, qui est invitée hier sur un autre plateau,
02:22l'a dit, il faut en parallèle qu'il y ait un contrôle des marges.
02:26Parce qu'on le sait, malheureusement,
02:27quand il y a des crises, il y a toujours des profiteurs de crise,
02:30toujours des gens qui cherchent à s'enrichir.
02:32Il faut qu'il n'y ait ni enrichissement de l'État,
02:35ni enrichissement de distributeurs, de spéculateurs,
02:38et qu'on puisse protéger le pouvoir de l'échelle des Français.
02:39– Le gouvernement, justement, réfléchit à plafonner ces marges.
02:42Est-ce que c'est une bonne mesure ?
02:43– Le plafonnement, oui, on peut regarder,
02:45c'est-à-dire de contrôler ces marges
02:46pour ne pas qu'ils n'augmentent artificiellement,
02:49enfin réellement, mais qu'ils profitent de cette situation
02:51pour gagner plus d'argent.
02:53Il ne faut pas, par contre, bloquer les prix
02:55parce que ça mettrait à mal totalement
02:57le système et notre économie de marché.
02:59– Est-ce qu'il n'y a pas aussi une forme d'hypocrisie
03:03quand on voit que certains distributeurs
03:04ont fait immédiatement monter les prix à la pompe
03:07quand le tarif du baril est monté
03:10et quand il est redescendu, le tarif des carburants,
03:14lui, n'est pas redescendu ?
03:15– D'où la nécessité de contrôler.
03:16Parce que, je vous le dis, oui, il y a des distributeurs,
03:19il y en a qui profitent de cette situation,
03:21sachant que les Français comprennent bien
03:23qu'il y a cette situation internationale
03:25qui va créer une augmentation des prix.
03:26Ils augmentent plus rapidement,
03:28ils augmentent plus fortement
03:30pour, au final, s'enrichir sur le dos des Français.
03:32Moi, je le vois sur mon territoire,
03:3384% dans l'agglomération ontarguoise sur mon territoire
03:36doivent utiliser leur voiture pour aller travailler.
03:39Ils n'ont pas d'autre choix.
03:41Ils cassent, ils payent.
03:42Mais attention, l'État aussi doit faire un geste
03:45et doit faire un effort.
03:45– Est-ce que cette flambée des prix du pétrole,
03:48ce n'est pas juste le signe
03:49qu'avec la raréfaction de la ressource,
03:51il faut peut-être passer à une autre énergie
03:53quand on voit l'instabilité dans la région ?
03:55– Bien entendu.
03:56Le pétrole n'est pas une fin en soi.
03:58Les énergies fossiles, il faut, à long terme,
04:00le plus tôt possible, avec de la recherche,
04:02s'en passer, mais il faut le faire intelligemment.
04:05Il faut le faire, ça fait partie
04:06de notre souveraineté énergétique,
04:08notre souveraineté économique,
04:09de pouvoir se passer de toutes ces énergies fossiles
04:11que nous n'avons pas ou très peu en France, bien entendu.
04:14– Alors hier, le Premier ministre Sébastien Lecornu
04:16a reçu les chefs de parti à Matignon
04:18pour leur faire état de la menace
04:20suite à ce conflit au Moyen-Orient.
04:22Vos patrons Marine Le Pen et Jordan Bardella
04:25étaient à cette réunion.
04:27Alors ils n'ont pas parlé aux journalistes à la sortie.
04:29Est-ce que vous, vous pouvez nous dire
04:30s'ils ont été rassurés par le Premier ministre hier ?
04:33– Vraisemblablement, aujourd'hui,
04:34les informations qui leur ont été données,
04:36notamment sur la capacité à libérer le détroit d'Hormuz
04:39et de libérer les voies qui permettent
04:41notre approvisionnement en certain nombre de matériaux,
04:44de matières premières,
04:45et notamment de carburant, de gaz et de pétrole,
04:49ne sont pas forcément très rassurants.
04:51Mais Jordan Bardella et Marine Le Pen
04:53ont été défendre les mesures que nous portons aujourd'hui,
04:55c'est-à-dire de préserver au maximum l'intérêt des Français,
04:59l'intérêt des 400 000 ressortissants qui sont dans cette zone,
05:02l'intérêt de nos bases militaires
05:03et l'intérêt du pouvoir d'achat des Français
05:05en défendant encore une fois ces mesures de baisse de la fiscalité.
05:07– Est-ce qu'envoyer le Charles de Gaulle
05:08dans Méditerranée orientale
05:10pour une mission défensive,
05:11c'est ce qu'a dit le chef de l'État,
05:12est une bonne chose ?
05:13Est-ce que globalement, vous trouvez
05:14qu'Emmanuel Macron a eu les bonnes réponses à ce conflit ?
05:17– Je considère qu'aujourd'hui,
05:18il nous considérait que la diplomatie française
05:20et donc le président de la République,
05:21qui est Emmanuel Macron,
05:22que nous combattons bien entendu sur sa politique nationale,
05:25vont dans le bon sens
05:26pour protéger les intérêts de la France.
05:28Il faut aujourd'hui être uni,
05:30uni pour, je vous le disais,
05:31protéger les ressortissants français qui sont là-bas,
05:33nos intérêts
05:34et le déploiement de notre porte-avions
05:37pour protéger notamment nos alliés,
05:39notamment Chypre,
05:40va dans le bon sens.
05:41C'est le devoir de la France
05:42de répondre présent dans ce genre de cas.
05:44– On voit depuis un peu plus de dix jours maintenant
05:45que les conséquences
05:46de ces bombardements israélo-américains
05:48sont très importantes pour le monde entier.
05:51Est-ce que, comme d'autres,
05:52vous estimez que cette intervention,
05:54elle est contraire au droit international ?
05:56– D'un point de vue juridique,
05:57on ne peut pas dire le contraire,
05:59le droit international.
06:00Après, d'un point de vue moral
06:01et d'un point de vue des intérêts,
06:03même des intérêts de la France,
06:05le régime arianien est un régime abominable,
06:08un régime violent,
06:09qui agit contre le peuple,
06:10mais qui agit aussi contre l'intérêt
06:12de la France, des démocraties,
06:14en ayant continué à développer
06:16cette arme nucléaire
06:17qui pourrait être dangereuse
06:18pour la stabilité du monde.
06:20– Mais quand on voit cette intervention
06:21sans passer par l'ONU,
06:22quand on voit ce qui s'est passé aussi
06:23au Venezuela,
06:24est-ce que Donald Trump est un danger
06:26pour le droit international, selon vous ?
06:28– En tant que tel,
06:29il ne respecte pas les règles
06:30du droit international.
06:31Donc oui, il remet en cause…
06:33– C'est un problème ?
06:33– Ce n'est pas une bonne chose.
06:34C'est-à-dire qu'à un moment,
06:35quand il y a des règles,
06:35elles ne sont pas respectées.
06:36Après, on ne va pas pleurer,
06:38ni sur le Venezuela
06:39et le pouvoir de M. Badoros,
06:41ni sur le régime des MOLA
06:44quand il tombe.
06:45Donc c'est la difficulté,
06:46c'est-à-dire que d'un point de vue juridique
06:47et d'un point de vue droit international,
06:49de la stabilité internationale,
06:50M. Trump prend des largesses
06:52qui ne vont pas dans le bon sens
06:54et que les règles doivent s'appliquer
06:55pour tous.
06:55Mais par contre,
06:56à chaque fois,
06:57il fait tomber des gouvernements,
06:58des personnalités
06:59qui sont mauvaises
07:00pour la stabilité du monde
07:01et mauvaises pour leur peuple.
07:02– Merci beaucoup Thomas Ménager
07:03d'avoir été notre invité ce matin
07:05au 4V.
07:05Maya Damien, c'est à vous.
07:07– Merci beaucoup à tous les deux.
07:08– Merci beaucoup à tous les deux.
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