00:00RTL Soir, Yves Calvi et Agnès Bonfillon.
00:03Il est 18h18, bonsoir Joshua Zarka.
00:06Bonsoir.
00:06Vous êtes ambassadeur d'Israël en France.
00:08Merci de prendre la parole ce soir sur RTL.
00:10Les autorités israéliennes bloquent depuis le 2 mars l'entrée de toute aide humanitaire dans Gaza
00:15et l'ONG Human Rights Watch accuse aujourd'hui Israël d'avoir fait du blocus un outil d'extermination.
00:21D'extermination.
00:22Que répondez-vous ce soir ?
00:24Les accusations d'extermination sont ridicules.
00:26Mais je vais vous dire exactement ce qu'il se passe au sujet de l'assistance humanitaire.
00:30Nous avons vu, la dernière fois que nous avions ce cessez-de-le-feu,
00:37que le Hamas avait utilisé l'aide humanitaire pour s'enrichir.
00:41Il prenait l'aide humanitaire, il pillait l'aide humanitaire et ensuite il la revendait aux Palestiniens.
00:46Et donc on a compris que nous devions développer un mécanisme qui permettrait la distribution de l'aide humanitaire
00:52sans que cela tombe entre les mains du Hamas.
00:54Et c'est ce que nous avons fait, comprenant que la nourriture baissait,
01:00qu'on allait avoir besoin de distribuer cette aide humanitaire le plus rapidement possible.
01:05Nous avons développé ces mécanismes avec les Etats-Unis,
01:09afin que d'un côté on puisse distribuer l'aide humanitaire le plus rapidement possible,
01:13et de l'autre côté que cela ne tombe pas entre les mains du Hamas.
01:15Les ONG évoquent une menace de famine de masse, médecins du monde, médecins sans frontières, Oxfam.
01:21C'est un drame humanitaire inacceptable, disait Emmanuel Macron mardi soir.
01:25Qu'en répondez-vous au président français ?
01:26Premièrement, pour ce qui est de la menace de famine,
01:30franchement c'est une question qu'on m'a posée il y a un an quand je suis arrivé,
01:33et on m'a posé la question exactement la même chose, de la même façon.
01:36Il y a une menace de famine immédiate, et ce n'est pas le cas.
01:46Cette terminologie de menace de famine immédiate, c'est une terminologie que nous rejetons,
01:54et qui est une terminologie politique.
01:56C'est la propagande du Hamas qui malheureusement est utilisée et qui est adoptée par certains.
02:03Ce n'est pas le cas.
02:04Est-ce que l'aide humanitaire pourra rentrer à nouveau dans Gaza ?
02:06Tout à fait, tout à fait.
02:07Justement, les mécanismes dont je vous parlais,
02:10nous avons construit une infrastructure avec les Américains.
02:13Aujourd'hui, nous sommes le 15.
02:15Aujourd'hui, c'est la fin de la construction de ces mécanismes.
02:17Et le 24 mai, commencera la distribution justement de cette aide humanitaire
02:22par ces mécanismes américains.
02:26Israël s'occupera de la sécurité de ces centres, de ces hubs,
02:30dans lesquels il y aura, disons, l'aide sera reçue et distribuée,
02:35et les palestiniens pourront recevoir toute l'aide dont ils ont besoin.
02:38Et il fallait une infrastructure de ce style ?
02:40Oui, oui, tout à fait, tout à fait.
02:41Parce que justement...
02:43Vous comprenez qu'on se pose des questions ?
02:44Non, mais je comprends vos questions et j'y réponds.
02:46Justement, à cause du fait que le Hamas,
02:49au lieu de distribuer l'aide humanitaire aux Gazaouis,
02:52qui en avaient besoin,
02:54la prenait pour elle-même...
02:55Elle était détournée ?
02:56Elle l'a revendée, elle était détournée.
02:58Il ne manque pas aujourd'hui de nourriture à Gaza.
03:01Elle est entre les mains du Hamas.
03:03Simplement, le Hamas ne distribue pas la nourriture.
03:06Donc vous accusez le Hamas d'affamer sa population ?
03:08Tout à fait, tout à fait.
03:10Tout à fait, le Hamas non seulement affame sa population,
03:13mais en plus il la tue.
03:15Mais ça, nous le savons depuis le début.
03:16Nous l'avons dit d'une façon très claire.
03:18Le Hamas utilise sa population comme bouclier humain
03:21et tue ceux qui ne sont pas d'accord avec lui.
03:23Et aussi la femme.
03:24Mais vous avez des preuves de cela, monsieur l'ambassadeur ?
03:27Ça se voit.
03:28Regardez les vidéos qui sortent de la bande de Gaza
03:33et vous verrez qu'à chaque fois qu'il y a des Gazaouis
03:36qui viennent essayer de prendre la nourriture
03:38qui est sur des camions qui sont rentrés à la bande de Gaza,
03:41le Hamas leur tire sur les genoux.
03:42Ça se voit.
03:44Vous pouvez chercher ça sans aucun problème.
03:45Le président américain Trump,
03:47qui est entourné dans la région,
03:48ne s'arrêtera pas en Israël.
03:50Pourquoi ?
03:51Est-ce qu'on vous a donné des explications ?
03:52Et est-ce que vous entendez le message ?
03:54D'après ce que vous dites,
03:57vous pensez qu'il y a un message.
03:59Je ne pense pas qu'il y a un message.
04:00Vous savez, le premier Premier ministre,
04:02le premier dirigeant mondial qui a été reçu à la Moussion Blanche,
04:05c'était Netanyahou.
04:06Et donc, le message, factuellement, c'est fait.
04:09C'est juste.
04:09Non seulement cela,
04:10mais c'est la deuxième fois que le président est président
04:13et son premier voyage à l'étranger,
04:14la dernière fois, était en Israël.
04:16Il n'y a pas de message à recevoir.
04:18Il est dans une fournée pour relancer les efforts de médiation au Qatar en Égypte,
04:22où d'ailleurs les délégations israéliennes et du Hamas se sont rendues cette semaine.
04:26Donc, il faut croire que c'est important.
04:27Non, mais justement, c'est très important.
04:29Il est là pour essayer, justement, de faire la paix,
04:32de mettre fin à cette situation dans laquelle nous nous trouvons depuis un an et demi.
04:36C'est nous qui sommes en guerre depuis un an et demi.
04:39Ce n'est pas ni la France, ni les Etats-Unis, ni d'autres pays.
04:42C'est nous qui sommes en guerre.
04:43C'est nos enfants qui sont tués d'une façon régulière, malheureusement.
04:45Alors, c'est nous qui voulons terminer cette guerre horrible.
04:48Hier, Benjamin Netanyahou a accusé Emmanuel Macron
04:50de se ranger du côté d'une organisation terroriste
04:53et d'en relayer la propagande ignoble.
04:55On peut être critique d'une politique
04:57sans être suspecté de complaisance avec des terroristes, non ?
04:59Vous savez, M. Netanyahou et M. Macron, le président Macron,
05:03se parlent d'une façon régulière.
05:05Ils ont de bonnes discussions, franches,
05:08et des fois qui sont un peu des faciles
05:09et qui sont des gens, je dirais, un peu sportifs.
05:11C'est dommage que la position qui avait été présentée
05:17par le président a été faite d'une façon publique.
05:22J'imagine que si ce qu'a dit le président
05:26avait été dit au téléphone,
05:27dans les maintes conversations qu'ils ont,
05:29avaient été faites au téléphone directement
05:31avec le Premier ministre,
05:32il n'y aura pas eu de réponse.
05:33On ne peut pas dire qu'en ce moment,
05:36il n'y ait pas quand même de tensions
05:38entre nos deux pays ?
05:39Vous savez, je le dis et je le répète
05:41d'une façon régulière,
05:43il y a beaucoup de sujets,
05:45les sujets très importants pour Israël
05:47et pour la France,
05:48dans lesquels nous sommes totalement alignés.
05:50Il y a un sujet sur lequel nous ne sommes pas d'accord,
05:52et c'est le sujet palestinien.
05:54Et c'est pour cela d'ailleurs
05:55que la France entend désormais reconnaître
05:57un État palestinien.
05:58Personne ne dictera sa position à la France,
06:00a notamment déclaré notre ministre des Affaires étrangères.
06:02Il est clair que personne ne dictera
06:03la position française à la France,
06:05il est clair aussi que personne ne dictera
06:07la position israélienne à Israël.
06:09Sans doute.
06:10Et donc, la question est,
06:12est-ce que la reconnaissance d'un État palestinien
06:16aujourd'hui est une chose qui aide la paix,
06:18ou est-ce que c'est quelque chose
06:19qui met fin à des possibles efforts
06:22qui auraient lieu peut-être dans le futur ?
06:25Vous savez, faire la paix avec les Palestiniens,
06:27j'ai participé personnellement
06:29à des efforts de paix pendant de longues années.
06:31c'est quelque chose de très compliqué.
06:33Aujourd'hui, pour faire la paix avec les Palestiniens,
06:36il y a certains compromis que les Palestiniens doivent faire.
06:38Et si aujourd'hui, la France leur donne la reconnaissance,
06:42ça ne leur permettra pas de faire ces compromis
06:44dans 5, 10, 15 ans,
06:46quand nous pourrons reprendre le processus de paix avec eux.
06:50Avant de nous séparer...
06:51En plus de ça, je veux dire, il y a un point très important.
06:54Si la France reconnaissait aujourd'hui,
06:56la France et d'autres pays reconnaissaient aujourd'hui
06:58l'État palestinien,
07:00ce serait faire du 7 octobre
07:02le jour national palestinien.
07:04Et ça, c'est quelque chose que l'Occident
07:06ne peut pas se permettre.
07:07Eh bien, l'épouvantable attaque du 7 octobre
07:09a fait, je le rappelle,
07:091218 morts,
07:12là aussi en majorité des civils,
07:1453 000 victimes désormais chez les Palestiniens.
07:17Est-ce que vous percevez l'horreur des chiffres ?
07:19Je perçois l'horreur de la guerre.
07:22Mais vous savez, c'est une guerre qui est horrible,
07:23c'est la guerre la plus difficile.
07:24Ce que votre pays a subi est une monstrosité,
07:26tout le monde est d'accord là-dessus.
07:28Non, mais c'est une guerre...
07:281218 morts et depuis 53 000 victimes désormais chez les Palestiniens.
07:31C'est une guerre, d'abord, c'est tout,
07:34c'est des chiffres du Hamas,
07:36on ne les conteste pas
07:37parce qu'on n'est pas sur place pour compter.
07:39On sait exactement combien de terroristes on a tué
07:41et une grande partie de ce chiffre
07:45que nous ne contestons pas,
07:47je ne peux pas non plus le dire que c'est qu'il est réel,
07:49est un chiffre qui sont des combattants du Hamas.
07:53Nous savons exactement combien de terroristes du Hamas
07:56nous avons tués
07:56et presque la moitié de ce chiffre
07:59sont des terroristes du Hamas.
08:01C'est un point à prendre.
08:03Comment on sort de cette catastrophe, monsieur l'ambassadeur ?
08:05On sort de cette catastrophe
08:07premièrement en retournant tous nos otages.
08:10Une fois que nos otages seront chez nous,
08:12la guerre sera terminée.
08:13Vivants et morts.
08:14Tous, tous, les 58,
08:16tous ceux qui sont encore entre les mains du Hamas,
08:18une fois qu'ils seront chez nous,
08:19ce sera terminé.
08:20Nous n'aurons plus de raison de continuer la guerre.
08:22Merci Joshua Zarka,
08:23je rappelle que vous êtes ambassadeur d'Israël en France
08:25et merci d'avoir pris la parole ce soir sur RTL.
08:27Merci à vous.
08:28Dans un instant, nous partons au Festival de Cannes,
08:30deuxième jour de compétition
08:31et un premier film français en lice.
08:33On va retrouver nos envoyés spéciaux sur La Croisette.
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