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  • il y a 3 semaines
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Aujourd'hui, dans « Les 4V », Gilles Bornstein revient sur les questions qui font l’actualité avec Raphaël Glucksmann, député européen et co-président de Place publique.

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Transcription
00:00Bonjour à tous, bonjour Raphaël Glucksmann, le ton monte entre Donald Trump et les Européens,
00:08le Président de la République souhaite activer l'instrument anti-coercition contre les Etats-Unis.
00:14Est-ce que vous le soutenez et à quoi ça servirait concrètement ?
00:17Le Président a totalement raison, nous ne devons pas céder, nous ne devons pas scier face à Donald Trump.
00:23L'instrument anti-coercition c'est quoi ? C'est l'instrument qu'on a construit à l'échelle européenne
00:27pour justement faire face à ce genre de chantage venu de grandes puissances, de grands empires étrangers
00:33contre nos économies, contre nos industries, contre nos pays.
00:38Et aujourd'hui, nous devons lancer l'activation de cet instrument contre les Etats-Unis d'Amérique.
00:44Qu'est-ce que cela nous permettrait de faire ?
00:46Eh bien, par exemple, de cibler les entreprises américaines et de les exclure des marchés publics européens dont elles dépendent.
00:53Par exemple les GAFAM ?
00:54Par exemple les GAFAM, ça nous permettrait aussi de bloquer certaines exportations dans des secteurs stratégiques
01:00où les Américains ont absolument besoin, par exemple, des machines de ASML, l'entreprise néerlandaise,
01:06qui est en quasi-monopole sur la production des semi-conducteurs,
01:11dont Donald Trump a fait l'un des objectifs centraux de sa politique, c'est-à-dire la réindustrialisation des Etats-Unis.
01:17Nous avons des leviers en Europe et moi je ne supporte plus ce sentiment européen de fatalisme et de fatalité,
01:26comme si nous étions condamnés à être faibles.
01:28Ce n'est pas vrai.
01:29Nous pouvons dissuader Trump d'agir si nous lui montrons que nous n'allons pas céder
01:35et que nous allons utiliser les leviers à notre disposition.
01:38L'Europe est le premier marché du monde.
01:40L'économie américaine dépend du marché européen.
01:44Les grandes plateformes numériques américaines dépendent du marché européen.
01:48Et donc ce qui nous manque aujourd'hui, ce n'est pas l'instrument de la puissance, nous l'avons,
01:53c'est la volonté de puissance, c'est la volonté de résister.
01:56Et pourquoi Donald Trump nous traite comme des serpillards ?
01:58Parce qu'il est convaincu que nous ne réagirons pas.
02:01Ce que nous devons faire, calmement, c'est montrer que nous sommes indépendants, autonomes,
02:06et que nous sommes capables d'assumer un rapport de force fusse avec le président des États-Unis.
02:12L'Élysée laisse entendre que l'approche américaine actuelle pose la question de la validité de l'accord conclu.
02:18On s'en souvient, on était sur un golf américain par Ursula von der Leyen.
02:22En Écosse.
02:23En Écosse, exactement.
02:24Cet accord, je rappelle, qui dit que pour rentrer aux États-Unis,
02:27un produit européen doit acquitter 15% de droits de douane,
02:30alors que les produits américains rentrent en Europe gratuitement.
02:33Cet accord, le Parlement européen, va-t-il le ratifier ?
02:38Non.
02:39Et nous avons un accord désormais des principaux groupes du Parlement européen
02:42pour dire que nous ne pouvons pas ratifier cet accord.
02:46Moi, j'ai toujours pensé que cet accord était mauvais,
02:49et que de toute façon, il ne fallait pas le ratifier.
02:50Donc le Parlement européen votera non ?
02:52Nous avons la semaine prochaine une session plénière à Strasbourg,
02:54et nous n'allons pas donner suite à la ratification de l'accord.
02:58Il n'y aura même pas de vote.
02:59Il n'y aura même pas de vote.
03:00Nous ne pouvons pas discuter tant que Donald Trump menace d'annexer un territoire qui appartient au Danemark.
03:06Nous n'allons pas discuter de cet accord.
03:09Nous n'allons pas voter cet accord tant que Donald Trump cible des pays européens avec ses droits de douane.
03:15Annonce importante que vous nous faites ce matin, Raphaël Glucksmann,
03:18mais quand vous dites nous, c'est nous le groupe socialiste ou c'est nous l'ensemble du Parlement européen ?
03:22Non, il y a désormais un accord avec les libéraux et les conservateurs du Parti populaire européen
03:26pour dire que nous ne pouvons pas procéder à cette ratification, et c'est un geste fort.
03:31Parce qu'en fait, cela veut dire que l'Europe ne va pas baisser les yeux.
03:34Et ça veut dire que cet accord ne s'appliquera pas ?
03:36Cet accord ne s'appliquera pas tant que nous ne le voterons pas.
03:40C'est notre responsabilité en tant que Parlement, et cet accord ne doit pas s'appliquer.
03:44Vous savez, si nous cédons maintenant, si nous n'affirmons pas la souveraineté des Européens,
03:50Donald Trump annexera le Groenland, et ensuite Donald Trump nous considérera comme un État américain.
03:57Et vous savez qu'aujourd'hui, nous devons construire la souveraineté des Européens.
04:03Ça va très loin dans votre vie personnelle.
04:05Vous savez qu'aujourd'hui, les moyens de paiement que vous utilisez constamment, quotidiennement,
04:11appartiennent aux États-Unis d'Amérique, et que si les Américains le veulent,
04:16ils peuvent suspendre les paiements en Europe.
04:19C'est une situation, si vous voulez, de vassalisation qui est profondément insupportable.
04:23Et donc nous devons désormais mettre sur la table, et nous allons le faire avec le groupe socialiste
04:27à Strasbourg, la semaine prochaine, à Ninjava, de souveraineté de l'Union Européenne.
04:33Sur la défense, nous devons, et je suis rapporteur du Parlement européen sur le programme Edip,
04:37qui est l'embryon de défense européenne, nous devons acheter Europe.
04:41Nous devons réserver les fonds européens aux productions européennes.
04:45Sur le numérique.
04:46Par exemple, sur les 90 milliards que la Commission a donnés à l'Ukraine,
04:51ils doivent être réservés à des achats d'armes européennes.
04:54Il doit y avoir une préférence européenne.
04:56Si nous n'avons pas la capacité de produire ces armes, évidemment, l'Ukraine a besoin de se défendre.
05:01Mais plus important que cela, vous savez, et c'est là qui est la clé,
05:05c'est dans les investissements qu'on est en train de réaliser pour réarmer l'Europe.
05:09Pas l'Ukraine, l'Ukraine, il y a une urgence, on doit armer l'Ukraine quoi qu'il arrive.
05:12Mais pour réarmer l'Europe, il faut qu'il y ait une préférence européenne.
05:17Et il faut qu'il y ait une préférence européenne désormais sur tous les marchés publics en Europe.
05:23Qu'on accepte en Europe de préférer les productions européennes.
05:27Encore faut-il qu'on ait les systèmes informatiques, encore qu'on ait de quoi se fournir les entreprises.
05:32C'est pour ça qu'il faut un agenda de souveraineté et investir dans la production européenne.
05:36Qu'on ait un cloud européen.
05:38Voilà, ça prend du temps.
05:39Un mot de politique nationale.
05:41Quand même, un compromis budgétaire se dessine après que le Premier ministre a fait de nouvelles propositions.
05:47Est-il temps de dire, ok, ce budget est satisfaisant ?
05:51Est-ce qu'il a assez entendu les priorités de la gauche, non et les filles ?
05:56Dans son discours, dans sa présentation, il a posé les bases, oui, d'un accord de non-censure.
06:01D'accord.
06:02Je veux dire, il faut saluer, tout le monde tape tout le temps sur les députés, sur les partis politiques.
06:07Moi, je pense qu'il faut saluer l'attitude des députés socialistes et places publiques à l'Assemblée nationale.
06:12Parce que ce sont des gens qui ne font pas partie de la majorité,
06:15mais qui ont adopté une attitude que je trouve extrêmement responsable.
06:19Donc les deux députés places publiques ne voteront pas la censure ?
06:22Et les députés socialistes, ils font partie du même groupe, nous sommes partenaires.
06:26Et ce que ça veut dire, ça veut dire quoi ?
06:28Ça veut dire qu'ils ont préféré l'intérêt général du pays,
06:31quitte à se faire injurier par la droite comme étant des maîtres chanteurs
06:36et par la FI comme étant des traîtres, des sociotraitres et des vendus au macronisme.
06:42Ils ont préféré prendre le risque de la responsabilité, depuis le début,
06:47sur la sécurité sociale et sur le budget.
06:49Et moi, je trouve que c'est extrêmement important de le souligner.
06:53Il y a certains politiques qui préfèrent l'intérêt général à leur intérêt particulier.
06:57J'ai une dernière question concernant l'Iran.
07:00On a l'impression que ça y est, que tout le monde fait comme si cette histoire était terminée.
07:05Qu'est-ce que ça vous inspire très rapidement, s'il vous plaît ?
07:07Ça m'inspire une immense tristesse et une profonde colère.
07:11Parce que vous avez un peuple dont le seul crime est de vouloir vivre libre,
07:15qui nous donne à tous une leçon de courage et qui se fait massacrer, massacrer par ce régime.
07:21Et nous assistons à ce massacre en faisant des tweets et en faisant des communiqués de presse.
07:26L'Union européenne peut agir.
07:29Par exemple, nous demandons au Parlement européen, depuis des mois et même des années,
07:34l'inscription du corps des gardiens de la révolution.
07:36C'est le pilier du régime iranien, c'est le pilier de la répression
07:39sur la liste des organisations terroristes de l'Union européenne.
07:43Et ce n'est toujours pas fait.
07:45Les leaders européens doivent le faire.
07:48La France bloque, l'Italie bloque.
07:49La France bloque l'inscription des gardiens de la révolution comme organisation terroriste.
07:54Des gardiens de la révolution comme organisation terroriste.
07:55Ce blocage doit cesser.
07:57Il faut faire pression sur le gouvernement français.
08:00Il faut qu'on envoie ce message très clair.
08:01Ce régime est terroriste.
08:05Les gardiens de la révolution sont des terroristes qui sont impliqués dans le terrorisme dans toute la région,
08:09qui sont aussi impliqués dans des actes terroristes en Europe,
08:12par exemple contre la synagogue de Bochum en 2022.
08:15Et désormais, l'Europe doit faire plus que des communiqués disant
08:19« We are closely monitoring the situation, nous surveillons la situation ».
08:22Non, nous agissons.
08:25Nous ne sommes pas des commentateurs, nous sommes des acteurs.
08:27Et l'Europe doit se réveiller.
08:29Merci infiniment Raphaël Glucksmann, invité des 4V ce matin.
08:32Bonne journée à tous.
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