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  • il y a 2 jours
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Aujourd'hui, dans « Les 4V », Astrid Mezmorian revient sur les questions qui font l’actualité avec Alice Rufo, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées et des Anciens combattants.

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Transcription
00:03Bonjour Alice Ruffeau, merci d'être avec nous.
00:05Israël annonce avoir lancé des frappes préventives vis-à-vis de l'Iran.
00:08Tout s'accélère. Que savez-vous précisément ?
00:11Alors, à l'heure où je vous parle, effectivement, on a eu l'information qui a été donnée par le
00:14ministère israélien de la Défense d'une frappe préventive.
00:19On sait très bien qu'il y a un état d'alerte maximum en Israël en cas de frappe de
00:23rétorsion iranienne.
00:24On sait aussi qu'il y a un gros déploiement américain dans la région qui, forcément, participera, ou en tout
00:30cas sera là pour la défense d'Israël.
00:32Voilà ce qu'on sait à ce chat.
00:33Qui participent déjà, a priori ? Les États-Unis sont déjà impliqués.
00:35Il y a quelques éléments qui disent, il faut là, vraiment, la crise est en cours.
00:38Donc, on a vu venir les choses. Il y a eu, évidemment, beaucoup d'annonces.
00:41On ne savait pas exactement le moment du déclenchement, puisque même le président américain, hier soir, disait qu'il ne
00:47savait pas.
00:47C'est le propre développement et hésitait.
00:48Donc, là, Israël a annoncé avoir frappé. Vous savez, en général, on ne prévient pas dans ces cas-là.
00:54Donc, voilà, on en est là. C'est en cours.
00:57Nous, évidemment, notre priorité dans ces cas-là, c'est la protection de nos ressortissants, la protection de nos forces
01:01dans la région
01:02et le suivi de la situation en temps réel, ce que nous faisons.
01:05Quel est votre message, justement, vis-à-vis des ressortissants français ?
01:09Peut-être très prudent de suivre les consignes qui sont données par l'ambassade de France.
01:13Et puis, évidemment, là, le ciel, évidemment, est fermé.
01:15Mais vous savez, il y a déjà eu la guerre des 12 jours.
01:18Nos services diplomatiques et consulaires sont, je parlais encore à l'ambassadeur ce matin, avant de venir sur votre plateau,
01:25sont prêts et sont extrêmement professionnels.
01:27Et donc, il faut faire confiance à nos services.
01:28Est-ce que ces frappes en cours signifient que les négociations, en cours également, sont terminées ?
01:33Je pense que les négociations, en fait, sur le nucléaire iranien, qui était l'objet des négociations,
01:40vous savez quelle est la position de la France et des Européens, c'est qu'il faut passer par la
01:44voie de la négociation.
01:45Bon, là, on est clairement dans une situation où il y a une escalade militaire qui est en cours.
01:50Il faut voir ce qui se passe dans les prochaines heures.
01:52Évidemment, quand il y a la guerre, et il y a eu déjà une confrontation directe entre Israël et l
01:56'Iran pendant la guerre des 12 jours,
01:57il y a quelques temps, il faut voir exactement quel est l'objet des frappes, comment les choses vont se
02:04passer.
02:04Mais effectivement, le temps n'est pas là à la négociation, mais nous sommes dans une situation de guerre.
02:09Alice Ruffeau, vous étiez hier encore en Scandinavie.
02:12Le porte-avions français Charles de Gaulle a été approché par un drone russe. Vous nous le confirmez ?
02:16Oui, je le confirme. En fait, les autorités suédoises, j'étais hier, effectivement, sur le porte-avions,
02:21et vous aviez justement une enquête des autorités suédoises qui était en cours.
02:25Je crois qu'elles ont confirmé dans la soirée ou dans la nuit que c'était bien un drone d
02:29'origine russe.
02:30Il y avait un bateau russe pas loin, effectivement.
02:33Durant des exercices de l'OTAN, c'est un symbole ?
02:35C'est un peu plus qu'un incident, si vous voulez.
02:38C'est un test, comme souvent dans cette région-là.
02:43Il y a eu ces derniers mois, au Danemark aussi, vous vous souvenez, en Pologne, en Estonie, des tests.
02:50Voilà. Il y a deux messages, en fait, qu'il faut passer.
02:52C'est qu'on voit bien qu'on est dans une situation d'hybridité quand même assez intense, surtout dans
02:59cette zone.
03:00Et puis, le deuxième, c'est quand même de dire, parce que je crois qu'il faut le rappeler,
03:03qu'à aucun moment, notre porte-avions n'a été menacé, mis en danger par ce type de manœuvres,
03:11qu'elles soient intentionnelles ou non.
03:13Si vous voulez, la protection du groupe aéronaval avec nos partenaires est extrêmement robuste.
03:17Il n'y a pas de sujet là-dessus. Je voulais quand même le dire.
03:19Alice Ruffeu, vous revenez donc de Suède et du Danemark.
03:22C'est aussi parce que l'architecture de la sécurité européenne se joue là-bas que ce drone a probablement
03:27approché de Charles de Gaulle.
03:28Pourquoi il se joue là-bas l'avenir de l'architecture européenne ?
03:30Parce que la Russie est très présente, évidemment, dans cette zone.
03:33Parce que dans toute la région Grand Nord, Arctique, Baltique, une grande partie de la flotte fantôme, d'ailleurs,
03:41circule dans cette zone.
03:45Évidemment, il y a des menaces russes avérées, constantes.
03:49C'est pour ça qu'il y a beaucoup de tensions dans cette zone.
03:51Mais il ne faut pas croire qu'elles ne sont que dans cette zone.
03:53Pour ce qui concerne la flotte fantôme, vous savez qu'il y en a aussi en Méditerranée et dans l
03:57'Atlantique.
03:58Évidemment, l'Atlantique Nord, par ailleurs, a une dimension très particulière.
04:02Et depuis les années 60, en raison du fait que les puissances dotées s'y intéressent tout particulièrement.
04:07Alice Ruffeau, la base navale de Lille-Longue, en Bretagne, abritant des sous-marins nucléaires,
04:12avait été survolé par des drones également en décembre.
04:14Emmanuel Macron s'y rend lundi pour un discours sur la contribution de la dissuasion française à l'échelle européenne.
04:20Vous y serez ?
04:21Oui.
04:22Et alors, c'est le sens de l'histoire d'élargir cette contribution de la dissuasion française à l'échelle
04:28européenne ?
04:28Je crois qu'il faut rappeler quelques fondamentaux.
04:30La dissuasion nucléaire française, elle reste souveraine, on ne partage pas la décision.
04:34J'entends beaucoup de choses qui sont un peu fausses.
04:37Ce qui est un peu grave en la matière, vu évidemment le caractère extraordinaire de ce type de sujet.
04:42Donc, il n'y a pas de partage, il n'y a pas de partage de la décision qui est
04:46programmée.
04:47Après, vous savez, le discours, c'est la doctrine.
04:50Ce que je sais, c'est qu'il est normal, il est habituel, traditionnel,
04:54qu'un président de la République, dans son mandat, fasse un discours sur la dissuasion nucléaire,
04:58qui est la doctrine.
05:00Il y en avait eu un en 2020, il y en a un effectivement dans les prochains jours.
05:04Et en 2020, le président avait affirmé une dimension européenne.
05:09Et puis surtout, et je tiens à le rappeler ici, dès 2017,
05:13le président a engagé un renouvellement complet de notre force de dissuasion,
05:18qui évidemment, aujourd'hui, montre quand même qu'on avait anticipé
05:21la situation, la dégradation du contexte stratégique dans lequel nous nous trouvons aujourd'hui.
05:26Le moteur franco-allemand est-il en panne ?
05:28L'avion de combat européen du projet SCAF semble au bord du crash.
05:32Il ne verra jamais le jour ?
05:33Je ne peux pas confirmer ça.
05:35Le moteur franco-allemand n'est pas en panne.
05:38Nous avons des difficultés sur le projet SCAF,
05:41du fait d'une non-entente entre les industriels,
05:44et du fait aussi d'une volonté française.
05:48La France, qui, et je voudrais le rappeler aussi ici,
05:51sait faire des avions de combat, je les ai encore vus hier,
05:56et a une entreprise évidemment qui a une expertise technique extrêmement importante en la matière,
06:04veut le faire en coopération avec ses partenaires européens.
06:08Donc là-dessus, il n'y a rien qui a changé.
06:09Il y a des difficultés sur un des piliers du projet SCAF,
06:12dont nous sommes encore en train de discuter avec nos partenaires allemands et espagnols.
06:15Alice Ruffeau, on voit que l'Europe est en train de devenir géopolitique,
06:18mais c'est une mue lente.
06:20Imaginez si l'ERN passait en 2027.
06:22Tout ce processus est stoppé net ?
06:24Moi, je ne fais pas de politique fiction,
06:26parce qu'en fait, vous avez vu, et d'ailleurs on le voit encore ce matin,
06:28c'est un peu maintenant que ça se passe.
06:30C'est un peu maintenant que ça se prend les décisions,
06:32donc il faut vraiment là être à la tâche et très concentré à tout à fait les moyens d'agir.
06:36L'Europe doit s'affirmer comme puissance,
06:38mais pas pour être en antagonisme avec les autres,
06:42parce qu'en fait, il faut se défendre, il faut se protéger,
06:44et il faut être souverain pour se protéger.
06:46Quatre ans de guerre en Ukraine, déjà la Russie ne gagne pas,
06:49elle subit même des pertes exponentielles,
06:50pour autant il n'y a pas de perspective de paix juste et durable.
06:53La Russie ne gagne pas, comme vous le dites exactement,
06:56et par ailleurs, depuis quatre ans, la Russie gagne très très peu de territoire en Ukraine,
07:00au prix d'une guerre extrêmement meurtrière pour elle,
07:04d'un effondrement de son économie,
07:06et puis d'une forme de vassalisation stratégique à l'égard de la Chine.
07:10Ce qui est extrêmement positif comme nouvelle,
07:14c'est que l'Ukraine tient,
07:15que l'Ukraine reconquiert des territoires avec notre soutien.
07:18Donc pour revenir à votre question précédente,
07:20ne nous sous-estimons pas collectivement.
07:22Merci infiniment, Alice Ruffaut, d'être passée parmi nous.
07:24Merci.
07:25Merci.
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