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00:00Bienvenue sur Bismarck for Change.
00:09Nous sommes au sommet de la mesure d'impact.
00:11Je reçois Thomas Melonio, chef économiste à l'Agence française du développement.
00:14Bonjour.
00:15Bonjour.
00:16Cette année, le slogan, c'est « refaire société ».
00:19Qu'est-ce que ça vous inspire ?
00:21L'AFD, c'est une agence internationale.
00:23On finance des projets dans les pays en développement et dans les outre-mer français.
00:26Ce thème me parle beaucoup parce qu'on voit que l'idée même d'engagement international,
00:32de coopération internationale est aujourd'hui très disputée.
00:35On le voit aux États-Unis où il y a une forme de repli très rapide.
00:39On le voit aussi en Europe, peut-être dans une moindre mesure,
00:42mais où l'option du repli ou la tentation du repli est forte,
00:46ce qui pour moi est une grave erreur parce que le changement climatique,
00:50on ne va pas le combattre seulement sur notre territoire.
00:5230% des émissions ont lieu en Chine, beaucoup dans les pays émergents,
00:55beaucoup de maladies naissent dans les pays émergents.
00:58L'idée qu'on pourrait vivre isolément sur une île déserte,
01:03seul avec nous-mêmes et se protéger des dangers du monde,
01:06ce serait vrai aussi en matière de sécurité, je pense que c'est une fausse idée.
01:08Donc refaire société, certainement c'est vrai au plan national,
01:11mais j'y vois un intérêt aussi au plan international face aux défis qui sont les nôtres.
01:16Ces fractures sociales, environnementales, économiques maintenant,
01:21comment vous travaillez à l'AFD pour essayer de les réduire ?
01:24La première idée, je crois que la France doit être une nation qui est ouverte
01:30et qui essaie de tisser des ponts, une manière de contribuer à la paix ou la stabilité mondiale,
01:35parce qu'on pourrait avoir une attitude plus agressive,
01:37mais on est une des composantes de la diplomatie française et l'AFD en est un des instruments.
01:42À travers notre existence même et les financements qu'on peut apporter,
01:45on participe à réduire les tensions internationales.
01:47Donc ça peut être par exemple le domaine de l'environnement,
01:50un domaine qui devient conflictuel.
01:52Si tout le monde décide de renoncer à réduire ses émissions,
01:55ça va poser des problèmes mondiaux assez considérables.
01:58Donc on est vraiment dans une attitude de coopération, d'interaction avec d'autres.
02:01Ça c'est philosophique.
02:03Et puis au plan très concret, apporter des financements, des investissements
02:06pour répondre à ces problèmes.
02:07Par exemple dans le domaine de la finance climat,
02:09on apporte chaque année quasiment 7 milliards de finance climat internationales
02:13pour réduire les émissions de carbone ou accompagner des pays qui s'adaptent à une planète
02:18où il y a plus de catastrophes et qui est plus chaude.
02:20Ça je crois que c'est très important de ne pas revenir en arrière
02:23sur une perception très positive de la France à l'étranger
02:26qui est liée à son action par exemple dans le domaine climatique.
02:28D'accord.
02:29Alors le monde privé est de plus en plus sollicité pour intervenir sur ces questions,
02:32mais comment faire pour le faire travailler en bonne intelligence et de manière efficace
02:36avec les acteurs publics, avec les acteurs associatifs ?
02:40Est-ce que vous avez une réponse ?
02:42C'est vrai qu'on peut être un peu fasciné quand on regarde les domaines
02:46de l'investissement privé international par rapport aux fonds publics qui sont plus limités.
02:51Ce qu'on observe à l'AFD c'est beaucoup d'interactions avec le secteur privé.
02:54De manière directe, notre filiale secteur privé Proparco co-investit avec des privés
02:59dans des objets très concrets.
03:02Je vais donner un exemple.
03:03Il y a une dizaine d'années, une quinzaine d'années,
03:04on a commencé à investir dans le solaire, le lot photovoltaïque pour produire de l'électricité.
03:09C'était considéré comme un secteur risqué, incertain, au plan technique, au plan économique
03:13et on a réussi à faire la démonstration en prenant nous-mêmes des risques plus importants
03:17qui pouvaient y avoir une viabilité économique.
03:19Et ça a permis à beaucoup d'acteurs du secteur privé aujourd'hui d'investir dans ce domaine.
03:23Les prix ont beaucoup baissé et la perception du risque est beaucoup plus faible.
03:26Peut-être que demain on sera aussi sur des nouvelles formes, par exemple de gestion des réseaux,
03:30d'adaptation dans le domaine agricole qui vont permettre au secteur privé d'investir
03:35alors même que le risque initial peut être perçu comme trop important.
03:39Donc je dirais qu'une des missions qu'on se fixe à l'AFD, c'est d'arriver sur un road d'exploration,
03:43d'innovation pour dans des secteurs, soit investir directement avec le secteur privé,
03:48soit paver le chemin pour lui permettre d'investir dans la foulée de nos investissements pilotes.
03:53On a des fonds d'innovation, un fonds d'innovation pour le développement,
03:55un fonds d'innovation dans le domaine de l'environnement qui s'appelle le FFM,
03:58qui a cet objectif de rendre des investissements moins risqués pour les priver dans un second temps
04:02grâce aux expérimentations qui ont été faites par nos soins.
04:07Merci d'avoir répondu à nos questions et très bonne journée à vous.
04:09Merci beaucoup, bonne journée.
04:11Restez sur Bismarck for Change pour plus d'interventions au sommet de la mesure d'impact.
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