00:00Bonjour à tous et bienvenue au Private Equity Exchange pour cette 23e édition qui vient de commencer.
00:11Nous sortons à l'instant de Seine pour la plénarie session, pour la session d'ouverture avec 4 intervenants.
00:17J'ai la chance d'avoir l'un d'entre eux avec moi pour échanger avec nous pendant quelques minutes
00:21et voir ce qui s'est dit sur cette grande plénière d'ouverture pour parler de l'état du marché en 2024,
00:25du Private Equity, cette classe d'actifs reine des marchés.
00:29Des marchés privés évidemment. Alors Sébastien Floch, bonjour.
00:32Bonjour.
00:33Vous êtes Head of France à Permira, donc Permira, grand fonds bien connu, vous êtes actif dans le monde entier.
00:40Oui, on est un fonds global.
00:42La France évidemment est un bureau important dans la stratégie du fonds.
00:47On a parlé à l'instant de beaucoup de sujets sur scène, de consolidation de marché,
00:52de comment faire des deals, de polarisation, d'alignement entre l'offre et la demande.
00:59Si on devait retenir les 2 ou 3 points les plus importants pour vous
01:02qui caractérisent le marché du Private Equity sur cette fin d'année 2024 ?
01:07Ce qui est très clair, c'est qu'on est dans un marché qui se professionnalise depuis des années,
01:13mais qui aujourd'hui voit émerger deux types d'animaux.
01:17Il y a les multi-spécialistes, qui sont des fonds qui font une course à la taille,
01:22qui évidemment enlèvent un nouveau fonds tous les 4-5 ans,
01:25mais qui ont aussi développé de nouvelles stratégies, notamment infrastructures, immobiliers, dettes et ainsi de suite.
01:33Et donc ils deviennent en fait des multi-stratégies fund,
01:36et qui naturellement évoluent sur un incentive qui est beaucoup plus lié à la taille des fonds
01:44et à la taille des AUM sous gestion.
01:48Et on a vu cette stratégie qui a été principalement menée par beaucoup de fonds américains,
01:54qui ont été les premiers à se diversifier et qui ensuite sont introduits en bourse
01:58et ont une stratégie qui est beaucoup plus liée à la performance des AUM
02:02et à la performance du bénéfice par action.
02:05De l'autre côté du marché, il y a les pure players,
02:10dont on avait pendant la plénière Astorg et nous.
02:13Et les pure players, c'est des fonds qui historiquement ont fait du private equity,
02:17qui continuent à considérer que le private equity est un marché extrêmement porteur,
02:21notamment en Europe avec un nombre très important de sociétés familiales et encore indépendantes,
02:27et où par définition la taille des fonds augmente parce que la taille des cibles augmente également,
02:33mais où la stratégie est vraiment d'être un pure play private equity.
02:38Alors souvent, ce qu'on a fait chez Permira,
02:41on est passé d'une stratégie où historiquement on ne faisait que du buy-out,
02:44donc des prises de participation majoritaire.
02:46On a rajouté depuis maintenant quelques années une stratégie minoritaire et de croissance.
02:51Mais on voit effectivement cette dichotomie entre des acteurs qui deviennent des pure play
02:55tout en étant multispécialistes.
02:57Souvent ils sont spécialistes parce qu'ils sont dans une région très fort
03:00ou parce qu'ils sont très forts dans un ou deux ou trois secteurs.
03:03Typiquement c'est le cas chez nous, chez Permira.
03:05On est un fonds global, mais on est très fort dans quelques secteurs très précis
03:08sur lesquels on a un track record depuis une vingtaine d'années.
03:11Et puis on a de l'autre côté des acteurs beaucoup plus généralistes,
03:14mais qui ont une force de frappe parce qu'ils ont la possibilité de regarder
03:18des transactions sous différents angles, la dette, l'equity et des solutions hybrides.
03:23Ça va changer la façon de faire le métier parce qu'on avait une industrie qui finalement est assez récente.
03:27En France, ça a 30 ans, ça a 60 ans, 50-60 ans, la création du PE aux US.
03:33Qu'est-ce que ça va changer d'avoir ces deux types d'acteurs ?
03:35Parce qu'on ne parle pas de la même chose.
03:37Un fonds pure player mid-cap, c'est quoi ? 15 personnes, 20 personnes, j'exagère, mais voilà.
03:41Une plateforme multi-asset, qu'elle soit française ou internationale,
03:44un Ardian ou un KKR ou même un AM qui intégrerait un fonds de PE,
03:48c'est des centaines de personnes qui bossent.
03:50Comment le mid-market, ou en tout cas les pure players même sur le large cap,
03:54comment vous allez réussir à exister dans ce contexte ?
03:59On pense que, en tout cas c'est ce qu'on essaie de faire,
04:02et ce que pour le moment on a réussi à faire assez bien,
04:04c'est qu'on considère que d'être un pure player permet un meilleur alignement avec nos investisseurs.
04:09On a une stratégie d'investissement très claire sur des segments et des types de cibles
04:14sur lesquels on a une expérience et un value play assez évident.
04:20Et surtout d'être un spécialiste du private equity,
04:24mais la même chose pour un fonds spécialiste de la dette.
04:27C'est assurer également un alignement très clair entre les dirigeants du fonds et nos investisseurs,
04:33puisque finalement l'objectif n'est pas de faire une course à l'AUM et à la taille des management fees,
04:38mais c'est de faire une course à la qualité du carried interest et de la performance du fonds.
04:42Ce qui crée un alignement total entre les équipes d'investissement,
04:47nos investisseurs et les équipes de management.
04:49C'est les incentives et le modèle de carried additionné aux management fees
04:54qui vient tout simplement clarifier la relation.
04:56Exactement.
04:57On a parlé des LPs à l'instant et de leur attrait pour la classe d'actifs.
05:02Comment la relation s'organise ?
05:06On voit que le TRI n'est pas forcément l'outil le plus regardé aujourd'hui.
05:13Il y a un nouvel outil qui émerge, vous m'en parliez.
05:15Oui, il y a le nouvel outil ou le nouveau terme, en tout cas pas magique,
05:20mais le terme qui a été très clé dans la tête des investisseurs,
05:24mais également des équipes d'investissement, a été le DPI.
05:27C'est le taux de distribution sur le montant investi.
05:29Le TRI est quelque chose de beaucoup plus théorique sur la performance d'un actif
05:34entre son prix d'acquisition et sa future session.
05:37Le DPI, c'est le ratio entre quel montant d'investissement a été appelé chez l'investisseur
05:43et comparé au montant qui a été redistribué en termes de produits de session ou de distribution.
05:50Et dans un marché où, depuis quelques années, le montant de distribution a été un peu moindre,
05:55aujourd'hui on est dans une situation où les investisseurs clés de Permira,
06:00mais également nos camarades et concurrents, demandent à ce que,
06:03avant de pouvoir lever un nouveau fonds, il y ait un taux de distribution suffisamment important.
06:07Tout simplement parce que pour ces investisseurs,
06:09ils ont besoin de ces distributions pour pouvoir remettre au pot dans les futurs vintage.
06:15C'est le premier point.
06:16Le DPI est devenu le nouveau TRI.
06:19C'est vraiment la phrase magique en 2024, mais ça a été l'élément clé.
06:23Et on a vu, que ce soit chez Permira, mais chez pas mal d'autres acteurs,
06:27un vrai focus sur essayer de maximiser le nombre de sorties possibles
06:30pour pouvoir faire tourner le portefeuille.
06:33De notre côté, on a réussi à faire pas mal de sorties cette année.
06:36C'est facile de faire des sorties, il nous reste 30 secondes,
06:38mais comment on fait un deal en 2024 alors qu'on voit bien le côté financing,
06:41côté alignement de l'offre et la demande, les prix aigus ?
06:44Comment on fait pour faire un deal en 2024 ?
06:46Une sortie aujourd'hui se fait si l'actif a démontré une certaine résilience,
06:50maintient un bon taux de croissance et a réussi à conserver ses marges.
06:53Et si vous avez un actif qui arrive à avoir ces trois éléments-là,
06:55même dans le marché actuel, avec un financement qui est difficile
06:58et un environnement macropolitique difficile, le deal se fait.
07:01Par contre, vous me disiez aussi, et c'est peut-être le mot de clôture,
07:03qu'il y a un phénomène qui est en train de se passer,
07:05c'est que se généralise de plus en plus la présence du fonds qui existe dans le tour d'après.
07:09Parce qu'en fait, c'est une façon de crédibiliser le BP et de l'acheter.
07:12Oui, tout à fait.
07:13Quand l'acheteur, le nouvel investisseur, est également un investisseur financier,
07:17on voit de plus en plus, parfois, un jeu d'équilibre entre le prix de sortie
07:23et la nécessité de réinvestir aux côtés du nouvel investisseur
07:26pour démontrer la crédibilité du plan et le degré de conviction
07:29que l'actionnaire en place qui connaît l'actif depuis pas mal d'années
07:32a encore sur les 4, 5, 6 prochaines années sur l'actif.
07:35En tout cas, le Private Equity continue d'évoluer.
07:37Merci infiniment Sébastien d'avoir passé un moment avec nous.
07:39Je vous souhaite une très belle journée et on se retrouve tout à l'heure pour de nouveaux échanges.
07:42Également, merci.
07:43Merci beaucoup.
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