00:00Retrouvez le débat de Smart Impact avec Veolia.
00:12C'est le Zoom de Smart Impact. Je vous présente tout de suite mon invitée Cécile de Normandie. Bonjour.
00:17Bonjour.
00:18Bienvenue. Vous êtes directrice générale du pôle nature et biodiversité du groupe SOS et également directrice des moutons de l'Ouest.
00:25On va parler d'éco-pâturage. Peut-être qu'on peut commencer par définir de quoi il s'agit.
00:30Alors effectivement, l'éco-pâturage, c'est un mot un peu technique qui veut dire en fait qu'on remplace les tondeuses, les débroussailleuses par des moutons.
00:42Donc aujourd'hui, si vous vous promenez dans la ville de Nantes, dans la ville de Rennes, si vous amenez votre enfant à l'école dans le Grand Ouest,
00:50puisque les moutons de l'Ouest sont situés dans la zone ouest de la France, vous verrez peut-être nos moutons en train de brouter les espaces verts environnants.
00:59Et en fait, ils remplacent finalement tout le travail de la tondeuse et des débroussailleuses.
01:06C'est une activité marginale en développement. Quand on parle d'éco-pâturage, ça représente quoi en France aujourd'hui ?
01:12Alors aujourd'hui, c'est une activité qui reste encore niche, je dirais, mais qui se développe à toute allure.
01:19Nous, c'est vrai qu'on a démarré l'activité en 2016 et aujourd'hui, nos clients ne sont que des clients rentrants.
01:28C'est-à-dire que les démarches commerciales sont uniquement entrantes chez nous parce qu'en fait, les moutons font notre propre publicité, si vous voulez,
01:38puisqu'on nous voit un petit peu partout, dans l'espace urbain, dans l'espace rural et ça fait envie à nos futurs clients de nous rejoindre.
01:48Mais d'ailleurs, qui sont vos clients ? Plutôt des collectivités locales ou aussi des entreprises qui ont finalement des espaces verts à gérer ?
01:54Alors ce qui est intéressant, c'est que c'est très varié. On a aussi bien des clients publics, des métropoles, des grosses collectivités.
02:02Je vous parlais de Nantes, de Rennes, dans lesquelles on intervient. Par exemple, au centre des impôts de Nantes, vous pouvez voir nos moutons.
02:10Les bassins d'orage de Rennes, vous pouvez voir nos moutons aussi aux alentours. On intervient dans beaucoup de communautés de communes du bassin nantais.
02:20Mais on intervient aussi auprès des PAD, dans des écoles, dans les jardins des écoles, dans des centres pénitentiaires.
02:28Donc là, c'est vraiment faire venir l'animal, les moutons auprès de publics auxquels ça fait beaucoup de bien.
02:36Ça crée un lien qui est très riche avec les personnes âgées des PAD, par exemple.
02:40Vous imaginez l'animation que ça crée d'avoir subitement des moutons au lieu de tondeuses qui viennent dans les espaces verts de l'EPAD.
02:50Et puis, on a aussi des clients privés qui ont, comme toute société, entreprises, des espaces verts à entretenir.
02:58Par exemple, Airbus, par exemple Lidl, des grosses PME aussi du bassin de l'Ouest.
03:04Et là, il y a un lien très intéressant qui se crée aussi avec les salariés puisque tous les matins, les salariés arrivent et voient les moutons.
03:11Souvent, on leur donne un petit nom. Il y a un attachement qui se crée. Donc, c'est tout à fait intéressant.
03:17Est-ce qu'il y a des races spécifiques ? J'y connais rien. Est-ce que vous avez choisi une race plus qu'une autre ? Et si oui, pourquoi ?
03:25Effectivement, on a choisi des races rustiques qui étaient d'ailleurs des races en voie de disparition.
03:31Ça a aussi permis de contribuer. C'est notre petite pierre à l'édifice pour contribuer à sauvegarder aussi ces races de moutons.
03:38On a des lampes de Bretagne, des moutons lampes de Bretagne qui sont des gros moutons un peu rustiques qu'on utilise beaucoup plutôt dans les zones rurales ou périurbaines.
03:47Et en zone urbaine, on a des moutons douaissants qui sont des petits moutons noirs très agiles et très rustiques qui peuvent du coup rester sur les lieux toute l'année.
04:00Qu'est-ce qu'ils deviennent en fin de vie ? Est-ce qu'ils vont à l'abattoir ? Qu'est-ce que vous avez choisi comme système en quelque sorte ?
04:08C'est une question centrale qui a beaucoup animé et qui anime beaucoup nos bergers notamment parce que voilà, qu'est-ce qu'on fait des moutons en fin de vie ?
04:17Nous, on a fait le choix très assumé et c'est vraiment revendiqué aussi par nos bergers de les laisser mourir de leur belle mort.
04:25Donc on a certaines parcelles un peu plus éloignées des zones urbaines qui sont un peu nos centres de vieillesse pour les moutons et puis meurent de leur belle mort.
04:38Donc il y a, on l'a bien compris, des préoccupations même plus, des engagements en termes de bien-être animal.
04:45Par exemple, pour le transport, là je rentre vraiment dans les choix que vous avez dû faire. Quand vous les transportez d'une parcelle à l'autre, d'un lieu à l'autre, ça dure longtemps ? Comment ils sont transportés ?
04:56Alors on est organisé en six zones géographiques sur l'ouest de la France, donc entre Angers et le nord de la Normandie.
05:03Donc on a six bergers qui sont en CDI, ce qui est aussi une particularité parce que souvent dans les copaturages, les bergers ne sont pas forcément salariés.
05:11Nous on fait le choix des salariés en CDI. Chacun a donc une zone qui lui est dédiée et en gros, il n'est jamais à plus d'une heure d'une de ces zones d'intervention.
05:21Donc ça nous permet de rationaliser les déplacements. On réfléchit aussi en termes d'impact carbone, évidemment.
05:29Ça limite notre impact carbone et puis ça permet aux bergers d'être très réactifs, d'aller sur le terrain rapidement s'il y a quoi que ce soit.
05:37Et donc ils sont transportés sur un petit véhicule roulant, sur cette petite zone géographique en gros.
05:43Est-ce que l'écopaturage est possible partout ? Parce qu'en préparant l'émission, il y a quand même des articles assez critiques sur des moutons en ville, au bord de périphériques, etc.
05:56Est-ce que c'est possible partout ?
05:58Alors c'est surtout une question de surface disponible. Parce que le mouton, il n'aime pas être tout seul, donc il faut mettre au moins deux moutons.
06:04Et nous, on intervient sur des surfaces qui sont au moins de 1500m². Donc ce n'est pas énorme 1500m², mais ce n'est pas un tout petit jardin dans un centre-ville.
06:14Et on va évidemment jusqu'à plusieurs hectares. On met sept moutons par hectare en gros.
06:18Mais en réalité, on peut intervenir à partir de ces surfaces-là, partout.
06:23Et même, on encourage justement nos partenaires et nos clients à nous faire intervenir aussi dans des zones urbaines.
06:31Parce qu'on trouve, et on le constate tous les jours sur le terrain, que ça crée un lien avec les populations, qui est vraiment très riche.
06:39Ça crée une animation, les gens viennent voir les moutons.
06:42Donc il y a quelque chose qui se passe quand il y a des moutons dans une zone urbaine, dans un quartier très urbain justement.
06:48C'est au contraire très intéressant.
06:51Et d'ailleurs nous, on ajoute à notre offre d'entretien des espaces verts, une offre d'animation.
06:58Donc on a des animations tontes, une animation chien de berger.
07:02Donc le berger vient avec le chien.
07:04C'est très impressionnant de les voir travailler avec le chien et faire rassembler les moutons.
07:08Et ça, nos clients aiment beaucoup.
07:10Ça contribue aussi à les fidéliser et au succès des moutons de l'Ouest.
07:15Vous êtes, je l'ai dit, directrice générale du pôle nature et biodiversité du groupe SOS,
07:20le plus grand groupe européen d'économie sociale et solidaire,
07:24qui est donc devenu actionnaire des moutons de l'Ouest.
07:28Peut-être pourquoi ? Et puis quelles conséquences a ce partenariat ?
07:33Alors effectivement, le groupe SOS est actionnaire majoritaire des moutons de l'Ouest depuis un an maintenant.
07:40Comme vous l'avez dit, on est le premier groupe de l'économie sociale et solidaire d'Europe et de France.
07:45On intervient beaucoup sur les secteurs du médico-social historiquement,
07:50la protection de l'enfance aussi, mais également le secteur de la transition écologique
07:55en faisant le lien entre transition écologique et lien social.
08:00Et nous, aux moutons de l'Ouest, on a vraiment une ambition forte sur la dimension RSE
08:07et on espère aller très loin sur les impacts sociaux en faisant intervenir des gens dans un parcours d'insertion professionnelle
08:16qui intégrerait du coup la société les moutons de l'Ouest.
08:20L'insertion professionnelle, c'est quelque chose que le groupe SOS maîtrise bien,
08:24qu'on fait dans de nombreuses associations ou entreprises d'insertion.
08:28Et là, l'éco-pâturage, ça s'y prête particulièrement aussi du fait de ce lien avec l'animal.
08:34Donc voilà, des gens qui sont éloignés de l'emploi depuis longtemps,
08:38qui rentrent dans une démarche d'insertion professionnelle, c'est un parcours qui dure deux ans,
08:42donc on peut les accompagner pendant deux ans, leur remettre le pied à l'étrier dans vraiment une démarche de retour à l'emploi.
08:47Et donc c'est ce qu'on va essayer de mettre en place aux moutons de l'Ouest.
08:50Merci beaucoup Cécile de Normandie et à bientôt.
08:53Sur Bismarck, on passe à notre rubrique consacrée aux startups éco-responsables.
Commentaires