00:00 [Générique]
00:09 Qui va capter la rente de l'IA ?
00:11 La puissance de sa diffusion, son caractère générique font que toute organisation aujourd'hui est concernée par son usage.
00:18 Elle bouscule toutes les pratiques et amène à reprofiler les métiers, le design des organisations et des chaînes de valeur.
00:25 Avec dans un premier temps des acteurs producteurs de l'IA qui captent l'essentiel de la rente technologique,
00:32 puis une promesse de gain de productivité chez les utilisateurs qui redéfinit le partage de la valeur entre travail et capital,
00:40 entre qualifications et entre les entreprises elles-mêmes.
00:44 Concernant le premier aspect, celui de la captation de la rente producteur, l'histoire est déjà en marche.
00:50 Les GAFAM ou autres géants du net américain sont à la manœuvre et maîtres du jeu.
00:56 Microsoft et Google en tête, fort de leur alliance à la finance.
01:01 Avec d'un côté le capital risk qui surfinance les startups et de l'autre des géants surcotés qui cofinancent et intègrent les pépites prometteuses à leur écosystème,
01:11 à l'instar du français Mistral, déjà en partenariat avec Microsoft.
01:16 En l'état, l'accélération IA n'est pas une disruption qui ébranle les positions acquises.
01:22 Elle rallume certes la concurrence et redéfinit le partage de la valeur entre les mastodontes, mais il est peu probable qu'elle fasse des morts.
01:30 Des groupes comme Meta ou Amazon bénéficient de l'accélération de l'IA quand on aurait pu les croire bousculés.
01:38 Et même Apple n'est que peu malmenée en bourse par son retard à l'allumage.
01:42 Leur complémentarité les protège car l'IA entraîne dans son sillage tout l'écosystème du cloud, en passant par les semi-conducteurs jusqu'au ciblage publicitaire plus performant.
01:53 Grand donneur d'ordre, les GAFAM tirent toute la chaîne de valeur, comme en témoigne l'embrasement boursier de Nvidia, positionné en amont sur les puces.
02:03 Aujourd'hui, l'heure est à la concentration de la rente technologique et au vu de l'envolée des profits des GAFAM,
02:10 multipliés par 4,3 en 10 ans, et plus généralement de la tech, ce sont les États-Unis qui jouent gagnant.
02:17 La captation des gains de productivité liés à l'utilisation de l'IA est plus délicate à décrypter.
02:24 D'une part parce que, comme pour l'Internet, il n'est pas exclu que l'on voit l'IA partout, sauf dans la productivité.
02:31 Pourquoi ? Parce que ce tournant impératif crée d'abord de nouvelles astreintes et de nouveaux coûts fixes,
02:38 en mobilisant des compétences de pointe et des prestations externalisées rares et coûteuses.
02:44 Le consulting, les sociétés informatiques s'y engouffrent, déployant tous les outils marketing pour vendre des solutions,
02:51 dont le mimétisme ne permet pas toujours aux entreprises de créer un avantage concurrentiel.
02:56 Derrière les GAFAM, ce sont donc ces prestataires B2B spécialisés qui extraient la rente,
03:03 avec un pouvoir de négociation tel que dans un premier temps cela se fait souvent au détriment des entreprises utilisatrices.
03:11 Car pour qu'il y ait retour sur investissement, il faut une reconfiguration des produits, des métiers et des organisations, un processus à infusion lente.
03:22 L'IA génératif, produit d'appel spectaculaire, n'apportera des gains valorisables sur un marché que sous condition.
03:30 Elle permet aux organisations de fluidifier l'engorgement de data généré par le net, de démultiplier les chats et les synthèses.
03:38 Cet accélérateur pallie d'abord les dysfonctionnements issus de la prolifération de l'information et de la communication,
03:45 plus qu'il ne réduit le temps qui y est dédié.
03:48 Et seules les entreprises capables d'y adosser une amélioration de leur output pourront capter de la valeur.
03:55 L'IA, dans son acception large, augmente incontestablement l'efficacité des professions hautement qualifiées,
04:02 mobilisant des corpus de connaissances complexes (métiers juridiques, scientifiques, médecine, enseignement, programmation, etc.).
04:09 Mais là aussi, il s'agit moins d'une substitution de l'homme par l'outil,
04:14 que d'une opportunité de réaffecter un temps aujourd'hui gangréné par des tâches répétitives ou lentes, sur le cœur de métier et la relation humaine.
04:23 Avec pour promesse une amélioration des services, des externalités, une réduction des files d'attente, mais dont la valorisation par le marché n'a rien d'évident.
04:34 Et au fond, ce sont les professions de qualification intermédiaire, dans la gestion, la comptabilité par exemple,
04:40 mais aussi les métiers peu qualifiés de manutention, de sécurité, de logistique,
04:45 qui sont en première ligne d'une alliance toujours plus efficace entre les machines et l'intelligence.
04:52 Et si demain les entreprises doivent extraire une rente, ce sera d'abord par l'automatisation des services,
04:58 et au détriment des qualifications faibles ou intermédiaires.
05:02 [Musique]
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