- il y a 2 ans
Jean-Yves Le Gallou pense qu’il est possible de sauver du naufrage notre civilisation à l’échelle du continent en retrouvant ses sources les plus anciennes, notamment ses fondements helléniques - c’est le grand pari de l’Iliade, institut dont il est l’un des fondateurs ; de mon côté, il me semble possible de sauver la civilisation française à condition de rétablir la souveraineté de la France pour se dégager de l’euro-atlantisme et d’engager la rechristianisation de notre peuple. Si nous divergeons sur les remèdes, notre première Conversation, qui relate les pérégrinations de la droite, dont il fut un témoin et un acteur depuis les années 70 et 80, aboutit au même constat désolant : après avoir perdu les grands médias, c’est dire la parole, la droite française se divise au fil des années 80 et 90 pour finalement se diviser gravement. Relatant dans cette seconde Conversation son parcours de militant, quittant le PR pour rejoindre en 1985 le FN, dont il devient secrétaire général du groupe à l’Assemblée nationale, puis au Conseil régional d’Ile-de-France, puis député européen, Jean-Yves Le Gallou montre comment Jean-Marie Le Pen refusa de développer son mouvement, notamment en lui donnant une implantation locale, montrant ensuite les conséquences de la scission Mégret puis les étapes de la gauchisation du FN, épisodes toujours orchestrés par la manipulation des médias. Saisissant, parmi les premiers, les moyens de ré-information qu’offrent les "réseaux sociaux", il crée Polémia et s’investit infatigablement dans le "combat culturel", le développement de Radio Courtoisie, puis de TVLibertés, et de l’Institut Iliade. Un récit accablant, mais à suivre avec lucidité pour garder nos chances de restaurer une droite au moins française, peut-être européenne.
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00:00:00 *Musique*
00:00:24 J'arrive le galou, je suis très content que nous fassions une seconde émission car finalement il y a deux grands sujets.
00:00:35 Vous, votre vie, votre oeuvre et puis à travers vous les évolutions, involutions, pérégrinations de la droite française.
00:00:49 Involutions, pérégrinations et trop indulgents.
00:00:55 Vous la symbolisez cette droite française puisque comme on a vu lors de la première émission que j'incite nos amis à regarder,
00:01:05 je trouve très intéressant je dois dire, vous avez été longtemps au PR, c'était le parti présidentiel sauf jusqu'à l'instant.
00:01:14 Oui absolument.
00:01:15 Ce qui correspond à un aspect qu'on ne vous connaît pas, c'est une assez grande modération.
00:01:20 Oui absolument.
00:01:21 Vous êtes beaucoup plus modéré que vous n'en avez la réputation.
00:01:24 Mais bien sûr parce que je suis peut-être radical sur le fond de l'analyse mais modéré par le tempérament,
00:01:32 enfin je crois mais c'est pas comme ça que je me suis perçu.
00:01:35 Et puis l'aspect intellectuel des choses, vous êtes avant tout un intellectuel,
00:01:39 c'est pas parce que vous avez fait l'ENA que vous n'êtes pas un intellectuel mon cher, c'est pas compatible.
00:01:44 Quand nous vous retrouvons au milieu des années 80, à faire ce que vous faites, assez logiquement,
00:01:51 quel est votre modérantisme à entrer au Front National ?
00:01:56 Je vous l'ai dit dans l'émission précédente, ce qui me frappe c'est ce que me dit Alain Peyrefitte,
00:02:03 ce que vous décrivez dans la préférence nationale c'est ce qu'il faudrait faire.
00:02:07 On le fera pas.
00:02:08 On le fera pas.
00:02:09 Voilà, il y a des raisons qui m'exposent.
00:02:11 J'avais été d'ailleurs échaudé, on peut dire un petit peu avant,
00:02:17 quand j'avais essayé avec Aude de Quiroz, le maire de Saumur,
00:02:22 de monter une opération à l'échelle des communes, à l'échelle des adjoints à la culture,
00:02:29 à l'échelle des maires, pour développer des réseaux culturels de droite
00:02:36 et qui est littéralement torpillé par l'appareil RPR.
00:02:41 Donc si vous voulez, ça fait deux entrées préoccupantes.
00:02:45 Sur l'immigration, ils ne font rien, et sur la culture, ils ne font rien non plus.
00:02:51 Bon, à partir de là, j'en ai tiré la conclusion qu'il n'y avait rien à espérer de ce côté-là,
00:02:58 et j'ai adopté une attitude qui pouvait paraître transgressive à l'époque.
00:03:04 Mais très logique.
00:03:05 Je suis passé...
00:03:07 Vous l'avez fait sur un coup de tête ?
00:03:09 Non, non, ça c'est des décisions mûrement réfléchies.
00:03:15 Non, non, ça, si vous voulez, et avant de donner le top, on mûrit.
00:03:24 Non, non, c'est absolument pas un coup de tête, c'est une décision mûrement réfléchie,
00:03:28 sur plusieurs mois, voire même davantage.
00:03:34 Et puis il y a un moment, c'est comme quand vous êtes dans une course de montagne,
00:03:40 vous êtes au pied de la rête, au pied de la falaise, il faut y aller, il faut y aller.
00:03:44 Mais vous avez quand même réfléchi avant à ce que vous allez faire.
00:03:47 Alors comment vous allez voir Le Pen ?
00:03:50 Alors je vais voir Le Pen, en fait, je travaillais à l'époque avec Alain Grillotret,
00:03:55 et Alain Grillotret était très ami avec Jean-Baptiste Biaggi,
00:04:03 une personnalité flamboyante du barreau et de la vie politique,
00:04:10 résistant, anti-égoïste, après anti-égoïste, personnalité tout à fait flamboyante,
00:04:17 qui était à la fois l'ami de Grillotret et l'ami de Le Pen,
00:04:21 et c'est lui qui me met en contact avec Jean-Marie Le Pen,
00:04:28 et vous allez voir, dans un endroit qui est évidemment connu, les images sont connues,
00:04:34 c'est son bureau de Saint-Cloud, avec la longue vue qui permet de regarder Paris,
00:04:39 et puis tout le bric-à-brac sympathique qui se trouve dans ce bureau.
00:04:46 Oui, c'est peut-être joli cette périphérie, une parenthèse,
00:04:50 mais du coup le Front National est toujours resté à la périphérie de Paris,
00:04:54 comme s'il se voulait, Paris symbolisant le pouvoir, aussi à la périphérie du pouvoir.
00:05:00 Vous voyez ce que je veux dire ?
00:05:02 Le Front National n'a jamais, enfin a eu au début, mais pendant longtemps ça a été Saint-Cloud.
00:05:07 Oui, il a été quand même rue Bernoulli, il a été aussi rue Clergerie,
00:05:12 c'est-à-dire qu'au Front National il y avait deux choses,
00:05:16 il y avait les bureaux et le château, si je puis dire.
00:05:19 Les bureaux, c'est là où il y avait le parti, l'appareil, qui a été rue Bernoulli,
00:05:24 qui a été rue Clergerie, donc dans le 16e arrondissement,
00:05:27 qui était quand même au cœur du pouvoir.
00:05:29 Ensuite à Saint-Cloud, et puis il y avait le château,
00:05:33 c'est-à-dire la résidence de Jean-Marie Le Pen à Saint-Cloud,
00:05:38 dans ce très beau pavillon Napoléon III.
00:05:42 Alors, les relations sont bonnes avec Jean-Marie Le Pen, entre vous et lui ?
00:05:46 Oui, très bonnes.
00:05:47 Ça se passe très bien ?
00:05:48 Alors, si vous voulez, moi...
00:05:49 Vous n'êtes pas seul, Hénard qui est le premier en tous les cas au Front National.
00:05:52 Le premier, oui, il ne soit pas tout à fait, mais le premier, puis il y a eu Billiose aussi.
00:05:55 Oui, oui, il y en a eu d'autres.
00:05:56 Il y avait aussi un...
00:05:57 Enfin, vous lancez le mouvement.
00:05:58 Enfin, effectivement, je suis le pionnier, si on peut dire, de...
00:06:03 Il y aura plus tard Philippot, mais...
00:06:04 ...de l'hénarchie.
00:06:05 J'amène en près, il y a Yvan Blot qui vient quelques années plus tard.
00:06:09 Ancien député Herper.
00:06:12 Ancien député Herper.
00:06:13 Il y a Mégret qui vient, alors Mégret n'est pas Hénard,
00:06:15 mais il est polytechnicien, bon, on va l'associer.
00:06:17 Donc, voilà, mais je suis le premier, effectivement, à faire cette démarche, encore une fois...
00:06:24 De transgression pour quelqu'un qui est du CERA, en tous les cas.
00:06:27 ...transgressif et qui est effectivement interprétée aussi comme ça par les médias
00:06:32 et par les militants qui, objectivement, sont très contents.
00:06:36 Moi, je suis formidablement accueilli au Front National en 1985
00:06:40 et, objectivement, je travaille assez étroitement avec Jean-Marie Le Pen pendant 13 ans,
00:06:50 de 1985 à 1998, jusqu'à la rupture,
00:06:55 et je serais tenté de dire que jusqu'au dernier mois,
00:07:01 où là ça se tendait un petit peu, ça s'est toujours passé de manière très agréable.
00:07:07 Moi, j'ai toujours trouvé les rapports très agréables.
00:07:10 - Mais quoi vous faites, vous vous êtes mis en disponibilité, vous êtes salarié par le FN ?
00:07:14 - Bah, je suis... j'ai différents mandats, voilà.
00:07:18 - Ah, oui, parce que vous vous faites élire, pour commencer, le Conseil Régional de France.
00:07:24 - Je suis secrétaire général de...
00:07:26 - Arrive le groupe de 31 députés... - 35.
00:07:29 - 35 députés à la faveur de la proportionnelle en 1986
00:07:35 et vous êtes secrétaire général de ce groupe assez important quand même, de 35 députés.
00:07:39 - Je suis secrétaire général de ce groupe, qui est un groupe assez important...
00:07:42 - Bien que vous ne soyez pas du milieu, enfin vous arrivez...
00:07:45 - Mais alors, parce que vous êtes dans le groupe, alors le groupe c'est très intéressant,
00:07:48 parce que d'abord, c'est quand même, dans l'ensemble, de belles personnalités.
00:07:54 Il y a comme partout un ou deux médiocres, mais très peu.
00:07:59 - Il y en a un qui vous séduit, c'est Stirbois.
00:08:03 - Oh, Stirbois, enfin, Stirbois est un combattant politique.
00:08:08 Alors, si vous voulez, il y a beaucoup de personnalités différentes,
00:08:14 parce qu'il y a effectivement des combattants politiques, des gens qui ont fait la guerre, la résistance,
00:08:21 la guerre, qui, pour certains, ont été dans la clandestinité au moment de la guerre d'Algérie,
00:08:27 donc qui ont eu des vraies vies.
00:08:30 Ce qui est un peu le cas, d'ailleurs, encore, de la classe politique et RPR de l'époque,
00:08:35 où il y a des gens qui ont vécu des choses... - Mais c'est la fin de la génération.
00:08:38 - Mais c'est la fin de cette génération. - Des guerres en inculant la génération.
00:08:40 - Donc, le groupe du Front National à l'époque, il y a les gens, en gros,
00:08:44 qui ont connu la guerre et la clandestinité, alors évidemment, ils font un peu peur aux médias,
00:08:51 et puis il y a les KP qui arrivent, qui sont plus jeunes,
00:08:56 et qui ont des titres universitaires ou grandes écoles tout à fait notables.
00:09:03 C'est le cas de Bruno Maigret, qui est polytechnicien,
00:09:06 c'est le cas de Gollnisch, qui est professeur d'université,
00:09:09 c'est le cas de Martinez, agrégé de droit,
00:09:12 c'est le cas d'Arnaud Réilly, qui est professeur de médecine.
00:09:17 Il y a vraiment... et ça fait un groupe quand même très, très, très péchu.
00:09:24 Ça fait un groupe très péchu qui travaille, qui est sur tous les sujets.
00:09:30 - Et vous le cornaquez, ce groupe, l'adjudicateur général ?
00:09:33 - Je l'anime un peu. Alors, il y a des gens...
00:09:37 Il y a vraiment des gens de grande qualité intellectuelle, de grande qualité humaine.
00:09:43 Je pense par exemple à quelqu'un comme Georges Paul Wagner, l'avocat,
00:09:46 qui est en plus un bon camarade, ce qui n'est quand même pas toujours le cas dans le monde politique.
00:09:50 - Un bon gars à Versailles.
00:09:51 - Voilà. Donc c'est un groupe qui fait un travail remarquable et qui contribue à...
00:09:58 - Le travail parlementaire.
00:10:00 - Le travail parlementaire, qui contribue à crédibiliser le Front National
00:10:07 et qui est un élément de la dynamique qui se crée,
00:10:10 puisque en 1986, le Front National a 10% des voix.
00:10:17 On pense que pour la présidentielle, ça sera très difficile.
00:10:21 Ça va être plutôt à 5 ou 6% des voix.
00:10:23 Et en fait, Le Pen fait 15% des voix.
00:10:25 Et ça, c'est en partie grâce à la crédibilité qu'a apporté...
00:10:31 - 15% en 88.
00:10:32 - 15% en 88.
00:10:33 À la crédibilité qu'apporte le groupe parlementaire,
00:10:36 qui apporte aussi la preuve du bidonnage RPR-UDF,
00:10:42 puisqu'il propose toute une série d'amendements de principe,
00:10:50 y compris sur la réforme de la nationalité, y compris sur la sécurité.
00:10:55 - Copier du programme FN.
00:10:56 - Oui, mais copier aussi parfois ce programme RPR, mais qu'il ne vote jamais.
00:11:01 - Que le RPR ne vote pas.
00:11:04 - Que le RPR ne vote pas.
00:11:05 Et donc le travail parlementaire permet de montrer la distorsion
00:11:10 entre ce qu'ils disent et ce qu'ils font.
00:11:12 Vous me direz, c'est toujours le cas aujourd'hui,
00:11:16 où on explique qu'il y a une sorte de diabolisation du RN,
00:11:22 mais à l'Assemblée nationale, ils n'ont jamais eu...
00:11:28 Je parle là du groupe de Marine Le Pen.
00:11:31 Ils n'ont jamais eu un seul amendement repris. Jamais.
00:11:34 Alors, ils sont dans le paysage, ils se font un peu entendre,
00:11:39 tout ça c'est indiscutable.
00:11:41 Mais de ce point de vue-là, quant à la construction de majorité, il n'y en a pas.
00:11:48 Et même une majorité négative, si une motion de censure est votée un jour,
00:11:52 ce ne sera jamais la leur.
00:11:54 Ce sera peut-être celle de l'EFI, ou celle de l'ERM,
00:11:57 mais ce ne sera jamais la leur.
00:11:59 Donc si vous voulez, les choses de ce point de vue-là,
00:12:03 le rideau de fer n'est toujours pas levé.
00:12:13 Derrière cela, il y a la malice de Mitterrand,
00:12:15 parce que je pense que vous l'admettrez,
00:12:18 Mitterrand a voulu faire monter le FN pour diviser la droite,
00:12:22 et un des grands instruments, c'était le passage en 1986
00:12:26 à la proportionnelle pour élire les députés,
00:12:29 dont tout le monde savait, y compris Rocart,
00:12:32 qui du coup démissionne ou quitte bruyamment Mitterrand,
00:12:35 parce qu'il n'approuve pas la manœuvre,
00:12:38 tout le monde savait qu'il en sortirait un assez grand groupe du FN.
00:12:42 Mitterrand a à ce moment-là la volonté de casser la droite,
00:12:46 et ensuite de tout faire pour que cette droite,
00:12:50 la véritable droite qui est celle du FN de l'époque,
00:12:57 assez libérale, assez différente du FN de Marine Le Pen aujourd'hui,
00:13:01 qui est beaucoup plus à gauche,
00:13:03 n'arrive pas au-delà d'un certain degré de respectabilité
00:13:08 et d'efficacité politique.
00:13:12 D'où l'affaire de Carpentras,
00:13:15 et surtout cette façon de monter en épingle,
00:13:19 une affaire assez anodine, je crois que vous l'avez entendu dire déjà,
00:13:23 qui est l'épisode du détail, qui date de 1986.
00:13:26 Vous voyez le mouvement, ça consiste à pousser le FN,
00:13:30 mais ensuite à le casser, à imposer un rideau de fer,
00:13:34 à la droite, piège dans lequel tombe Chirac.
00:13:37 Absolument, alors si vous voulez, il faut quand même bien voir
00:13:40 que ce phénomène, à savoir l'émergence d'un parti
00:13:45 qui se préoccupe des questions de l'immigration, pour faire simple,
00:13:48 et qui en même temps est diabolisé,
00:13:51 c'est un phénomène qui apparaît d'abord en France,
00:13:56 mais qui apparaît ensuite dans tous les pays européens.
00:14:01 Et le cordon sanitaire, qui est l'autre expression du rideau de fer,
00:14:08 il se retrouve dans tous les pays européens.
00:14:12 À partir du moment où il y a des problèmes d'immigration
00:14:15 de plus en plus croissants, il y a les électeurs qui cherchent
00:14:19 une expression de protestation contre cela.
00:14:22 Cette expression de protestation contre cela,
00:14:25 c'est une formation politique populiste ou anti-immigration
00:14:29 qui existe aujourd'hui dans tous les pays européens.
00:14:32 - La mienne émerge bien plus tard en Autriche, au Pays-Bas,
00:14:34 mais bien après le changement national.
00:14:36 - Mais la diabolisation, à la fois l'émergence et la diabolisation
00:14:39 a lieu partout, sans qu'il y ait besoin du Florentin Mitterrand.
00:14:44 C'est vrai que j'ai assisté à une rencontre de Mitterrand et Le Pen
00:14:52 au Parlement européen, ou plus exactement à la préfecture de Strasbourg
00:14:57 à la suite d'une réunion où Mitterrand était venu en 1995.
00:15:02 - À ce moment-là, vous êtes député européen.
00:15:04 - Oui, en 1995.
00:15:06 - C'est très intéressant, je ne savais pas qu'il y avait une rencontre.
00:15:08 - Mitterrand fait le discours de clôture de la présidence française.
00:15:15 C'est l'époque, le début des guerres du Slavie.
00:15:19 Et il fait, objectivement, un très bon discours.
00:15:21 On dit que c'est un homme très malade, c'est vrai, il va mourir quelques mois plus tard.
00:15:24 Mais il fait un très beau discours, objectivement, très beau discours,
00:15:28 à la brillante, avec des formules "le nationalisme, c'est la guerre".
00:15:34 - Vous appelez ça un beau discours ?
00:15:36 - C'est un beau discours sur la forme.
00:15:38 - C'est une imposture intellectuelle, c'est l'impérialisme, la guerre.
00:15:41 - Mais je vous dis que c'est un beau discours au sens formel.
00:15:44 - Oui, pour voler ton ventre à la faveur.
00:15:46 - Par autres choses, ça ne prouve pas le propos, bien entendu.
00:15:48 Et après, le soir, il y a eu une réception à la préfecture de Strasbourg,
00:15:56 chez le préfet, et il se trouve que Mitterrand arrive,
00:16:00 évidemment, par la porte extérieure.
00:16:03 Et qu'est-ce qui se trouve vers l'extérieur, dans les réceptions ?
00:16:07 C'est la périphérie, et donc il tombe littéralement comme dans une nasse,
00:16:11 au milieu des députés du Front National.
00:16:13 Il se met à converser très tranquillement.
00:16:15 - Il se connaissait, de toute façon.
00:16:17 Il se connaissait sur les bandes de l'Assemblée de la 4ème République.
00:16:21 - Le Pen lui dit, précédemment, "vous avez été dur avec nous".
00:16:27 Et Mitterrand répond, "c'est le jeu".
00:16:31 - Il dit ça comme ça.
00:16:33 - Oui, il dit ça comme ça.
00:16:35 Mais, si vous voulez, indépendamment de Mitterrand,
00:16:41 il y a tout un ensemble de forces qui vont dans le sens de la diabolisation.
00:16:48 Si je prends la période 1986-1988, dans les éléments médiatiques marquants,
00:16:56 - 35 députés, elle fait... - Les éléments médiatiques marquants,
00:17:01 c'est la mort de Malik Ousekine.
00:17:03 Alors Malik Ousekine, ça remonte à 46 ans.
00:17:06 40 ans, pas 46 ans.
00:17:08 On en a fait quand même une série Netflix, récemment.
00:17:12 Donc ça prouve l'importance.
00:17:14 Alors que Malik Ousekine, c'est objectivement un pauvre garçon,
00:17:18 qui, lors des manifestations contre la loi de Wacken,
00:17:24 se trouve pris en 1986 par des motocyclistes de la préfecture de police,
00:17:32 qui le matraquent, et comme il est lui-même un peu malade, diabétique, il meurt.
00:17:37 Ça fait une affaire terrifiante.
00:17:39 Et ça amène le RPR à reculer à la fois sur la réforme de l'université
00:17:47 et sur la réforme du code de nationalité.
00:17:49 Et depuis Malik Ousekine, la droite... La mort de Malik Ousekine, pardon.
00:17:55 La droite parlementaire, RPR, LR, tout ça, n'a plus jamais osé faire quoi que ce soit d'important,
00:18:04 parce qu'ils vivent dans la crainte des manifestations de gauche et d'extrême gauche.
00:18:10 Et la différence entre les manifestations de gauche et d'extrême gauche
00:18:13 et les manifestations de droite,
00:18:15 c'est que les manifestations de gauche et d'extrême gauche,
00:18:18 elles sont soutenues par les médias, et donc on finit par leur donner raison,
00:18:22 alors que les manifestations de droite, je pense par exemple au gilet jaune,
00:18:28 où avant on la manif pour tous,
00:18:30 ils ne sont pas soutenus par les médias, et donc on peut y aller,
00:18:33 on peut les réprimer, on peut les taper, on peut les éborgner,
00:18:36 et de toute façon on n'entend rien.
00:18:38 Et là il y a vraiment une différence fondamentale,
00:18:41 et qui est construite d'un certain point de vue, en 1986,
00:18:46 avec l'exploitation, notamment par SOS Racisme et d'autres,
00:18:52 de l'affaire Malik Ousekine.
00:18:54 Et l'affaire du détail ?
00:18:56 Alors l'affaire du détail...
00:18:58 Vous ne la jugez pas si importante, je crois, vous avez dit.
00:19:01 Moi je crois que l'affaire du détail,
00:19:03 ce sont des propos qu'on peut trouver malheureux, qu'on peut trouver regrettables,
00:19:08 ça c'est certain.
00:19:10 Mais ce qui...
00:19:12 Le détail c'est la partie d'un tout.
00:19:14 Mais le...
00:19:16 Le...
00:19:18 Le détail c'est une phrase,
00:19:21 la partie d'un tout peut-être,
00:19:23 c'est une phrase sortie de son contexte,
00:19:25 et exploitée massivement,
00:19:28 avec 48 heures de retard.
00:19:31 Parce que la phrase digne du détail,
00:19:34 elle est prononcée un dimanche soir,
00:19:37 par Le Pen, à l'émission RTL Le Monde.
00:19:40 L'émission RTL Le Monde,
00:19:41 elle est suivie par tous les journalistes politiques.
00:19:44 Tous les journalistes politiques la suivent,
00:19:46 et tous les journalistes politiques en font un compte rendu,
00:19:49 le lendemain, dans les journaux du lundi.
00:19:52 Dans les journaux du lundi,
00:19:54 vous ne trouvez rien.
00:19:55 Vous trouvez un certain nombre de choses
00:19:57 qui ont pu être dites par Jean-Marie Le Pen,
00:20:00 on ne parle pas de ça.
00:20:01 Ça démarre 48 heures après.
00:20:03 Donc vous voyez qu'il y a...
00:20:04 C'est-à-dire qu'il y a une opération.
00:20:05 Il y a une opération,
00:20:07 on décortique,
00:20:09 on monte l'affaire,
00:20:11 on passe les coups de fil,
00:20:13 et puis après, c'est déroulé.
00:20:16 Et si vous voulez...
00:20:18 Alors, je crois que tout le monde a tendance à penser
00:20:21 que la diabolisation de Jean-Marie Le Pen
00:20:23 est liée aux détails,
00:20:25 y compris d'ailleurs Marine Le Pen,
00:20:27 y compris Marion, Marie-Charles, etc.
00:20:29 C'est vrai que cela y a contribué,
00:20:32 d'autant plus qu'il y a eu un peu des récidives.
00:20:35 Mais cela y a contribué,
00:20:37 mais la diabolisation est antérieure,
00:20:41 puisque l'absence d'accord avec le RPR et l'UDF,
00:20:47 à l'Assemblée nationale, est antérieure à ça.
00:20:49 Et la diabolisation du détail
00:20:51 n'est pas suffisante pour casser la dynamique,
00:20:57 puisque Le Pen part de 10% aux législatives de 1986...
00:21:04 Il arrive à 15%.
00:21:05 Il arrive à 15%.
00:21:07 Il rassemble des parrainages de maires,
00:21:11 et pas n'importe quelle maire.
00:21:13 Moi, j'aime bien citer parmi les maires,
00:21:16 il y avait le maire de Pomart
00:21:19 et le maire de Saint-Emilion.
00:21:21 La Bourgogne et le Grand Bordelais.
00:21:25 Donc, vous voyez qu'il y avait du répondant.
00:21:29 Et la preuve d'ailleurs que le détail
00:21:32 n'est pas en lui-même suffisant
00:21:35 pour une diabolisation durable,
00:21:38 c'est l'opération de Carpentras,
00:21:40 qui là, est une manipulation médiatique.
00:21:44 C'est une profanation ignoble, évidemment,
00:21:47 mais pour lequel le FN n'est en rien responsable,
00:21:51 ni de près, ni de loin.
00:21:53 Mais il est accusé,
00:21:56 et c'est une diabolisation très forte.
00:22:01 Moi, j'ai vécu les deux...
00:22:03 - C'est quelle année ? - C'est 1990.
00:22:07 - Alors, Mitterrand prend la tête d'une manifestation,
00:22:13 ce qui est très bizarre pour un président de la République.
00:22:17 - Absolument.
00:22:19 - Et alors, il y a le piège de l'SOS Racisme
00:22:22 et l'apologie de l'immigration.
00:22:25 - Absolument.
00:22:27 SOS Racisme, qui joue un rôle déterminant.
00:22:30 Je vois aujourd'hui M. Drey,
00:22:32 que j'ai beaucoup pratiqué au Conseil Général de l'Ile-de-France,
00:22:36 après, quelques années plus tard,
00:22:38 je vois M. Drey, aujourd'hui,
00:22:41 est extrêmement réservé sur l'immigration.
00:22:46 Mais je pense qu'il devrait faire repentance.
00:22:50 - Il faut faire repentance.
00:22:52 J.D. dira plus tard que le regroupement fédéral était une erreur.
00:22:56 - On en parle dans le prochain numéro du Nouveau Conservateur,
00:23:00 écrit dans Le Figaro que sur l'Europe, il a eu tout faux,
00:23:04 lui et son gouvernement ont eu tout faux,
00:23:06 qu'il fallait préserver la souveraineté,
00:23:08 beaucoup plus qu'ils ne l'ont fait.
00:23:10 Le repentir est très bien porté
00:23:12 par des gens qui ont foutu le pays en l'air.
00:23:14 - Si vous voulez, qui étaient,
00:23:16 moi j'ai vécu aussi, et on continue d'ailleurs de le dire...
00:23:19 - Excusez-moi, j'ai foutu la France en l'air, excusez-moi.
00:23:21 - Mais ils étaient compétents, si vous voulez, c'était la compétence.
00:23:24 - Ils étaient compétents, parce que dans l'argument
00:23:27 qui a été utilisé à la fois contre le FN,
00:23:29 et qui est aujourd'hui utilisé contre la RN,
00:23:32 il y a l'argument de la diabolisation,
00:23:34 ce sont des méchants, et il y a aussi l'argument,
00:23:36 les autres sont compétents.
00:23:38 Les autres sont compétents, c'est quand même fabuleux,
00:23:40 quand vous voyez le triplement ou le quadruplement
00:23:44 de la délinquance violente,
00:23:46 quand vous voyez l'endettement,
00:23:48 quand vous voyez...
00:23:50 - Tout, le délitement de l'éducation nationale.
00:23:52 - Heureusement, le délitement de l'éducation nationale,
00:23:54 heureusement qu'on était gouverné par des gens compétents,
00:23:56 parce que sinon, quel catastrophe !
00:23:58 - Et aujourd'hui ils disent "on a fait des bêtises".
00:24:00 - Oui mais ils continuent, mais on ne change pas.
00:24:02 - Excusez-nous.
00:24:04 - La ligne ne change pas.
00:24:06 - Non, la ligne ne change pas, de toute façon, c'est que tout est trop tard.
00:24:08 - Là où la situation, si vous voulez, par rapport à l'immigration,
00:24:10 si on fait un saut un petit peu dans le temps,
00:24:12 par rapport à l'immigration,
00:24:14 on est passé d'une attitude de déni,
00:24:16 il n'y a pas de problème,
00:24:18 on va vivre ensemble,
00:24:20 on va vivre ensemble,
00:24:22 - Le multiculturalisme à la Fabius,
00:24:24 François Castro...
00:24:26 - On est passé d'une attitude de déni,
00:24:28 aujourd'hui il y a une attitude de prise de conscience,
00:24:30 mais qui pour le moment,
00:24:32 n'a aucune conséquence pratique.
00:24:34 Et même, on peut dire que
00:24:36 ça continue,
00:24:38 jamais les flux d'entrée n'ont été aussi importants,
00:24:40 à la fois en France,
00:24:42 et de manière plus générale en Europe,
00:24:44 alors qu'il y a une prise de conscience de l'opinion.
00:24:46 - Oui, mais parce qu'on commence à reprendre le pouvoir intellectuel.
00:24:48 - Oui, mais on est perdu dans les années 70 et 80,
00:24:50 - Il y a deux aspects.
00:24:52 - On le reprend un peu, la droite reprend l'ascendant intellectuel.
00:24:54 - Il y a le pouvoir intellectuel,
00:24:56 et il y a l'expression médiatique.
00:24:58 - Ah oui, avec un hiatus entre les deux.
00:25:00 - Qui sont quand même différents.
00:25:02 Et aujourd'hui,
00:25:04 la grande différence,
00:25:06 avec les années 80,
00:25:08 ou 90, 2000,
00:25:10 c'est que,
00:25:12 dans ces périodes là,
00:25:14 il y avait
00:25:16 les grands médias audiovisuels,
00:25:18 les grands journaux,
00:25:20 et rien d'autre.
00:25:22 Rien d'autre, à part le tract et la photocopieuse.
00:25:24 Rien d'autre.
00:25:26 Aujourd'hui,
00:25:28 il y a Internet,
00:25:30 il y a les réseaux sociaux,
00:25:32 il y a les médias alternatifs,
00:25:34 et il y a les médias que moi j'appelle de transition,
00:25:36 qui sont
00:25:38 des médias qui vivent
00:25:40 de la publicité,
00:25:42 qui ont des connexions avec le système,
00:25:44 qui permettent quand même de faire passer
00:25:46 un certain nombre d'idées dissidentes.
00:25:48 Je pense en gros aux médias
00:25:50 bolloré,
00:25:52 qui sont les médias de transition
00:25:54 entre les médias alternatifs
00:25:56 et les médias du système.
00:25:58 - Il y a aussi quelque chose, c'est que les personnalités
00:26:00 qui se signalaient dans les années 70,
00:26:02 pour une certaine radicalité,
00:26:04 passent sous le tapis.
00:26:06 Le casse est longué,
00:26:08 et transposé
00:26:10 dans la sphère médiatique,
00:26:12 c'est
00:26:14 "Valeurs actuelles"
00:26:16 sous la houlette
00:26:18 d'un ancien
00:26:20 de
00:26:22 de
00:26:24 jeune Europe,
00:26:26 très à droite,
00:26:28 qui avait même écrit des ouvrages
00:26:30 avec Alain Benoît, et qui prend la tête
00:26:32 de "Valeurs actuelles", c'est François d'Orcival,
00:26:34 - Qui le normalise.
00:26:36 - Qui avale toutes les couleuvres,
00:26:38 et qui tourne
00:26:40 le mosaque. Il y a un espèce de vide intellectuel.
00:26:42 C'est à ce moment là qu'on perd pied,
00:26:44 et qu'on perd le pouvoir. Et est-ce que
00:26:46 ça ne se traduit pas, quand même,
00:26:48 par ce qui me paraît être
00:26:50 le bon sens, c'est-à-dire une
00:26:52 porosité, alors vous venez dire
00:26:54 le contraire, et on voit pourquoi,
00:26:56 c'est la logique des partis, une porosité
00:26:58 entre les deux groupes,
00:27:00 au moins entre 86 et 88,
00:27:02 RPR majoritaire
00:27:04 et Front National, vous avez insisté à ça,
00:27:06 il n'y a pas des tentatives de débauchage,
00:27:08 par exemple, de Charles Pasquoie,
00:27:10 - Alors, il y a à la fois...
00:27:12 - Aucun ne passe au RPR.
00:27:14 - Alors, c'est un petit peu plus compliqué que ça.
00:27:16 - Parmi les 35.
00:27:18 - Mais il y a des tentatives.
00:27:20 - Alors d'abord, il y a, au niveau
00:27:22 des idées,
00:27:24 il n'y a pas forcément
00:27:26 un très grand
00:27:28 écart entre
00:27:30 les élus du Front National et pas mal
00:27:32 d'élus RPR, au niveau des idées.
00:27:34 Au niveau des votes,
00:27:36 il y a
00:27:38 l'amuraille de Chine.
00:27:40 Voilà, là,
00:27:42 c'est vraiment... - Le rideau de fer.
00:27:44 - Le rideau de fer.
00:27:46 Voilà, bon.
00:27:48 Mais au niveau des idées, il y a une certaine porosité.
00:27:50 Alors après, il y a, mais là, on est dans la politique
00:27:52 politicienne,
00:27:54 on a
00:27:56 M. Pasquoie, M. Charles,
00:27:58 qui
00:28:00 essayent... - Qui rencontrent Jean-Louis Le Pen.
00:28:02 - Oui, qui
00:28:04 essayent un petit peu de débaucher.
00:28:06 Bon, ouais. - Comment vous expliquez
00:28:08 que Jacques Chirac tombe tellement dans le piège,
00:28:10 quand même ? Parce que là, c'est le piège du Mitterrand.
00:28:12 C'est lui, l'auteur du
00:28:14 rideau de fer. Au moins, autant
00:28:16 que les...
00:28:18 les inadvertances
00:28:20 ou les provocations de Jean-Marie Le Pen.
00:28:22 Enfin, elles se conjuguent pour
00:28:24 installer une division pérenne
00:28:26 dans les droites,
00:28:28 dont nous payons encore le prix aujourd'hui,
00:28:30 30 ans plus tard. - Si vous voulez, en
00:28:32 1998, dans les régions,
00:28:34 il y a
00:28:36 vraiment
00:28:38 un... - Un mouvement.
00:28:40 - Un sujet, une tentation
00:28:42 - De faire des majorités communes.
00:28:44 - De faire une majorité commune. - Et pas simplement à Lyon.
00:28:46 On l'a dit à Lyon, entre Lyon et Gognich.
00:28:48 - Il y a une tentation de faire une majorité commune.
00:28:50 - Mais dans 5 régions, je crois. - Oui, oui.
00:28:52 En Ile-de-France, en Provence, etc.
00:28:54 Il y a une tentation de faire une majorité commune.
00:28:56 - Et Midi-Pérou, Provence. - Qui n'était pas très
00:28:58 exigeante, d'ailleurs, puisque... - Bourgogne. - Voilà.
00:29:00 - Et... - Rennes-Alpes.
00:29:02 - Il y a...
00:29:04 Ça tintinabule. Le système
00:29:06 tintinabule pendant une semaine.
00:29:08 C'est-à-dire que les élections... - Parce qu'à la faveur des... Il faut dire,
00:29:10 à la faveur des élections régionales, des majorités
00:29:12 se composent spontanément, on peut dire,
00:29:14 par entente entre les chefs
00:29:16 locaux du...
00:29:18 du...
00:29:20 Front National, encore, à l'époque,
00:29:22 et de ce qui est aussi
00:29:24 soit l'ERPR, soit l'UDF.
00:29:26 Plus l'UDF, d'ailleurs. - Oui.
00:29:28 - Alors, il y a effectivement... - Qui sont cassés
00:29:30 par les États-majors à Paris. - Pendant une semaine,
00:29:32 le système tintinabule,
00:29:34 parce qu'on a effectivement l'impression
00:29:36 qu'il va y avoir des accords de majorité
00:29:38 avec, objectivement,
00:29:40 c'est pas non plus... C'est souvent
00:29:42 du soutien sans... Ce qui
00:29:44 se négocie... - Oui, c'est pas des alliances en bonne...
00:29:46 - C'est du soutien sans participation.
00:29:48 Enfin, bon.
00:29:50 Ça, ça se passe pendant
00:29:52 une semaine. Les élections au lieu de dimanche soir,
00:29:54 et le système tintinabule.
00:29:56 Et...
00:29:58 Il est repris en main
00:30:00 par une campagne médiatique,
00:30:02 un déchaînement médiatique,
00:30:04 un emballement médiatique, un orage médiatique.
00:30:06 Et...
00:30:08 Les types plient.
00:30:10 Celui qui ne plie pas,
00:30:12 c'est Charles Million,
00:30:14 mais qui va le payer très cher,
00:30:16 parce qu'on va monter contre lui
00:30:18 une affaire, en l'occurrence
00:30:20 le fait que
00:30:22 le logement de fonction qu'il avait
00:30:24 eu bien des années avant
00:30:26 comme président de la région
00:30:28 Rhône-Alpes avait pas été
00:30:30 formellement
00:30:32 bien défini
00:30:34 dans la délibération.
00:30:36 Donc on lui monte une affaire contre lui
00:30:38 et on le rend
00:30:40 inéligible. Et donc le seul
00:30:42 qui a
00:30:44 désobéi,
00:30:46 c'est bien ça, le seul qui a désobéi,
00:30:48 il est
00:30:50 flingué. Enfin, il est pas flingué
00:30:52 physiquement. Il y a Jean-Pierre Soisson en Bourgogne aussi.
00:30:54 Jean-Pierre Soisson lui a réussi... Il s'arrange pour
00:30:56 composer une majorité
00:30:58 avec des RL. Lui a réussi.
00:31:00 Alors il y a Jean-Pierre Soisson qui a réussi.
00:31:02 Et il y a Bors aussi
00:31:04 dans le...
00:31:06 Picardie. Picardie.
00:31:08 Mais...
00:31:10 Eux on les a laissés faire, ils l'avaient un peu fait,
00:31:12 mais Million... Cassé.
00:31:14 Million, il a été cassé, il a été détruit.
00:31:16 Alors, c'est assez pédagogique.
00:31:18 Si vous voulez, parce que on a
00:31:20 vécu... Tout le monde a peur. Les hommes politiques,
00:31:22 moi je suis sévère
00:31:24 vis-à-vis des hommes
00:31:26 politiques du RPR ou de l'UDF
00:31:28 ou maintenant de l'LR,
00:31:30 mais...
00:31:32 ils ont vécu dans la terreur...
00:31:34 Médiatique. Plus que la terreur intellectuelle,
00:31:36 la terreur médiatique, vous avez raison.
00:31:38 Et avec...
00:31:40 La peine, c'est la peine de mort.
00:31:42 C'est pas la peine de mort
00:31:44 physique, c'est la peine de mort
00:31:46 sociale, c'est la peine de mort
00:31:48 médiatique et...
00:31:50 On voit déjà que ce sont les médias
00:31:52 qui mènent le bal. Et alors on voit que les médias
00:31:54 mènent le bal de deux manières, si vous voulez,
00:31:56 dans toute cette période, jusqu'à
00:31:58 encore maintenant, il faut bien le dire.
00:32:00 Bon. Les médias mènent
00:32:02 le bal de deux manières.
00:32:04 En...
00:32:06 diabolisant
00:32:08 ceux qui...
00:32:10 débordent par rapport à la
00:32:12 DOCSA politiquement correcte,
00:32:14 sur l'immigration, et pas seulement sur l'immigration.
00:32:16 Il y a plein d'autres sujets aujourd'hui.
00:32:18 Donc,
00:32:20 les médias diabolisent ceux qui
00:32:22 s'écartent dans la DOCSA
00:32:24 et promovent
00:32:26 ceux qui en rajoutent dans la DOCSA.
00:32:28 Et donc, si vous êtes un homme politique
00:32:32 pas complètement idiot...
00:32:34 Il faut en rajouter...
00:32:36 Que le discours sociétés multiculturelles...
00:32:38 Je fais attention, alors là on voit...
00:32:40 L'avance vis-à-vis de l'immigration...
00:32:42 Alors vous avez ce que Martin Pelletier
00:32:44 a appelé l'idéologie arc-en-ciel.
00:32:46 C'est-à-dire...
00:32:48 immigrationniste,
00:32:50 LGBT,
00:32:52 climatiste,
00:32:54 mondialiste...
00:32:56 Culpabiliste...
00:32:58 Culpabiliste, et donc vous développez...
00:33:00 Tout ça...
00:33:02 Et à ce moment-là,
00:33:04 vous êtes...
00:33:06 Vous êtes invité, quoi.
00:33:08 Ça joue ici.
00:33:10 Y compris aujourd'hui au Rassemblement National.
00:33:12 Je sais mieux.
00:33:14 Plus ou moins vous êtes éloigné de la DOCSA,
00:33:16 plus vous avez une chance d'être invité.
00:33:18 Vous avez...
00:33:20 Par exemple,
00:33:22 Jean-Philippe Tanguy,
00:33:24 qui est le chouchou
00:33:26 de France Info
00:33:28 et de France Inter,
00:33:30 parce qu'il leur dit ce qu'ils ont envie d'entendre.
00:33:32 Il tape sur les petits camarades.
00:33:34 Récemment, il a fait campagne au sein du groupe RN.
00:33:36 Ça, c'était quelque chose qui m'a bouleversé.
00:33:38 Pour l'inscription de l'amortement,
00:33:40 le droit de tuer les enfants dans la Constitution nationale.
00:33:42 C'est lui qui...
00:33:44 Et du coup, il en recueille
00:33:46 les bénéfices médiatiques.
00:33:48 Je parle de Jean-Philippe Tanguy.
00:33:50 C'est extraordinaire.
00:33:52 L'arbitre est systématiquement le média.
00:33:54 L'arbitre est le média.
00:33:56 C'est assez intéressant de voir que ça fonctionne aujourd'hui
00:33:58 au sein du RN
00:34:00 comme ça fonctionnait au sein du RPR il y a 40 ans.
00:34:02 C'est ça.
00:34:04 Alors, c'est un petit peu plus compliqué
00:34:06 qu'il y a 40 ans
00:34:08 parce que
00:34:10 il y a, comme je l'ai dit,
00:34:12 comme on le sait tous,
00:34:14 il y a 40 ans, il y avait
00:34:16 les médias de grand chemin,
00:34:18 rien d'autre.
00:34:20 Aujourd'hui, il y a les médias de grand chemin,
00:34:22 mais il y a aussi
00:34:24 les radios sociaux, les médias alternatifs.
00:34:26 Ça vous conviendra d'ailleurs à faire plus tard,
00:34:28 on va y revenir,
00:34:30 lancer une organisation qui s'appelle
00:34:32 Polémia à travers laquelle
00:34:34 vous assistez
00:34:36 sur le rôle premier des médias
00:34:38 qui est devenu le premier pouvoir.
00:34:40 Avec l'immigration, c'est
00:34:42 l'autre grand combat
00:34:44 que vous menez qui est évidemment lié.
00:34:46 Là-dessus se greffent deux questions.
00:34:48 Il y a d'abord,
00:34:50 là je crois que vous en portez témoignage,
00:34:52 l'effort que fait Jean-Marie Le Pen,
00:34:56 je le dis de façon un peu brutale,
00:34:58 pour ne pas avoir d'implantation
00:35:00 locale.
00:35:02 Il ne se préoccupe pas
00:35:04 de développer son parti
00:35:06 pour l'asseoir sur des
00:35:08 grands barons locaux.
00:35:10 Et quand il a des grands barons locaux,
00:35:12 il les casse plus tôt, non ? On dit les choses brutalement.
00:35:14 Il vous le dit d'ailleurs
00:35:16 un jour, je crois.
00:35:18 Moi, si vous voulez, je vous l'ai dit,
00:35:20 Jean-Marie Le Pen, j'ai eu de très bonnes relations avec lui
00:35:22 pendant 13 ans.
00:35:24 Ça s'est mal terminé.
00:35:26 La fêlure,
00:35:28 la fêlure,
00:35:30 est arrivée en 1995.
00:35:32 En 1995.
00:35:34 Donc avant l'affaire Maigret.
00:35:36 Oui, avant l'affaire Maigret, mais c'est
00:35:38 le début d'un long processus.
00:35:40 La fêlure, bon, après,
00:35:42 je veux dire, j'ai continué à travailler avec lui
00:35:44 agréablement jusqu'en 1998,
00:35:46 mais la fêlure,
00:35:48 c'est en 1995.
00:35:50 En 1995, je rappelle le calendrier,
00:35:52 il y a les élections présidentielles,
00:35:54 et dans la foulée,
00:35:56 il y a les élections municipales.
00:35:58 Et donc,
00:36:00 au départ, on force un peu
00:36:02 la main de Jean-Marie Le Pen,
00:36:04 disant, il faut quand même s'occuper des élections municipales.
00:36:06 Il ne voulait pas. Alors que lui, il dit, non, non,
00:36:08 la présidentielle, c'est la reine des batailles.
00:36:10 Voilà, bon.
00:36:12 On s'occupe quand même des élections municipales,
00:36:14 pas ces élections présidentielles.
00:36:16 Il rassemble 15% des voix.
00:36:18 Il fait 15% encore.
00:36:20 En 88. Il les dépasse même, je crois, en 88.
00:36:22 Oui, il dépasse un petit peu 88.
00:36:24 Il est un peu au-dessus de 15, au lieu d'être un peu
00:36:26 en dessous de 15. C'est quand même pas un grand changement.
00:36:28 Et puis,
00:36:30 on sort des présidentielles,
00:36:32 on enchaîne sur les
00:36:34 municipales, où il y a
00:36:36 beaucoup de listes
00:36:38 qui sont présentées.
00:36:40 Beaucoup de listes qui sont présentées.
00:36:42 Le liste FN. FN.
00:36:44 Ce qui est difficile. Ça, c'est un exercice sportif.
00:36:46 Parce que localement, on sacrifie des gens
00:36:48 qui sortent du bois et qui le payent cher,
00:36:50 quelques fois professionnellement.
00:36:52 Il y a beaucoup de listes. Il y a plus de 500 listes.
00:36:54 C'est un travail de Romain.
00:36:56 Là, vous y contribuez ?
00:36:58 Ah oui, je m'investis beaucoup dans cette affaire.
00:37:00 Et,
00:37:02 je vais le voir entre la présidentielle
00:37:04 et la municipale.
00:37:06 Et je lui dis,
00:37:08 je suis très content de moi,
00:37:10 je lui dis "président,
00:37:12 nous allons sans doute
00:37:14 avoir des municipalités,
00:37:16 des mairies."
00:37:18 Et alors, il lève
00:37:20 les bras au ciel,
00:37:22 et il me dit "Dieu nous en préserve."
00:37:24 Et ça, je...
00:37:26 Il vous dit "Dieu nous en préserve
00:37:28 de gagner des municipalités."
00:37:30 "Dieu nous préserve de gagner des municipalités."
00:37:32 Rendez compte !
00:37:34 Et donc, ça, le soir des municipales,
00:37:36 alors le soir des municipales,
00:37:38 il y a un certain nombre de villes qui tombent.
00:37:40 Il y a Marianne,
00:37:42 une ville importante. Il y a Orange.
00:37:44 Il n'y a pas Vitrolles.
00:37:46 Il y a Toulon, mais il n'y a pas Vitrolles.
00:37:48 Il n'y a pas Vitrolles. Et, objectivement,
00:37:50 ceux qui le voient cette soirée-là,
00:37:52 ont quand même le sentiment
00:37:54 que la seule bonne nouvelle pour lui,
00:37:56 c'est que Vitrolles, maigré,
00:37:58 ne tombe pas. Et donc, ça...
00:38:00 - Et que Maigret ne soit pas élu local
00:38:02 avec son indépendance.
00:38:04 - Je pense qu'il avait suffisamment de...
00:38:06 - Par peur d'être concurrent, c'est ça.
00:38:08 - Oui, mais il pouvait jouer
00:38:10 différents marrons.
00:38:12 Il y a une manière... - Les uns contre les autres.
00:38:14 - Il y a une manière d'équilibre.
00:38:16 C'est normal, ça fait partie du jeu politique.
00:38:18 - Chirac, t'as beaucoup fait.
00:38:20 - Mais là,
00:38:22 il est...
00:38:24 Il est très négatif. Alors, c'est très dommage.
00:38:26 Moi, pour moi, le grand échec
00:38:28 de... Enfin, je peux dire
00:38:30 de ma vie politique
00:38:32 et de Jean-Marie Le Pen,
00:38:34 peut-être aussi,
00:38:36 c'est la rupture
00:38:38 de 98-99, sur laquelle
00:38:40 on va peut-être venir.
00:38:42 - Mais auparavant... - Et qui a comme...
00:38:44 qui a comme conséquence,
00:38:46 la pire conséquence
00:38:48 de 98-99,
00:38:50 c'est que c'est le démantèlement
00:38:52 de l'appareil
00:38:54 et de l'appareil municipal.
00:38:56 Les mairies vont être progressivement
00:38:58 perdues, alors que les maires
00:39:00 essaient de faire quelque chose.
00:39:02 - Et ensuite, le Front National
00:39:04 présente des candidats contre les élus
00:39:06 qui ont rallié Maigret.
00:39:08 C'est terrible. - Et donc, il y a la destruction.
00:39:10 - C'est l'auto-destruction.
00:39:12 - Et donc, il n'y a plus de présence municipale
00:39:14 du Front National
00:39:16 de
00:39:18 2000...
00:39:20 - 2005.
00:39:22 - 2001, 2006.
00:39:24 Il y a à nouveau une présence
00:39:26 en 2014
00:39:28 et 2021,
00:39:30 mais assez modeste.
00:39:32 Et avec des maires
00:39:34 qui ne donnent pas l'impression
00:39:36 de faire des gestions très différentes
00:39:38 de ce que ferait la gestion...
00:39:40 - Il y a le précédent.
00:39:42 On a beaucoup dit "Est-ce que c'est de la diffamation ?"
00:39:44 Mais vous êtes un acteur
00:39:46 et même, au moins un spectateur
00:39:48 direct de cette affaire,
00:39:50 que Germain et Le Pen voyaient dans un assez
00:39:52 mauvais oeil l'élection
00:39:54 de Jean-Marie Le Chevalier
00:39:56 à la tête de la municipalité
00:39:58 de Toulon. Et il contribue
00:40:00 à diviser sa majorité.
00:40:02 - Il contribue à diviser sa majorité.
00:40:04 - A casser Le Chevalier. - Et lorsque
00:40:06 Le Chevalier est déclaré inéligible
00:40:08 par le Conseil constitutionnel,
00:40:10 un désinnombrable
00:40:12 scandale
00:40:14 ignominie
00:40:16 de cette assemblée
00:40:18 a dissoudre le plus vite possible.
00:40:20 - Là, vous parlez du Conseil constitutionnel.
00:40:22 - Oui, je parle du Conseil constitutionnel.
00:40:24 Que Sandrine Le Chevalier
00:40:26 est candidate.
00:40:28 Il y a
00:40:30 localement une personnalité
00:40:32 quand même soutenue par Jean-Marie
00:40:34 qui fait qu'elle va être
00:40:36 au rétu. - Qui est le père.
00:40:38 - Ça, c'est quand même très...
00:40:40 - Le seul responsable n'est pas
00:40:42 le Conseil constitutionnel, c'est Jean-Marie Le Pen
00:40:44 lui-même. - Pardon ? - Le seul responsable
00:40:46 n'est pas le Conseil constitutionnel dans l'affaire
00:40:48 de Toulon. C'est aussi Jean-Marie Le Pen.
00:40:50 - Oui, tout à fait. - Qui présente un candidat contre...
00:40:52 - Alors, est-ce que c'est la cause
00:40:54 de la dissidence maigrée ?
00:40:56 Ce refus
00:40:58 de développer
00:41:00 le parti dans les régions
00:41:02 et de s'asseoir sur des élus locaux ?
00:41:04 Ou cette inappétence ?
00:41:06 Cette mauvaise volonté de la part
00:41:08 du maître Le Pen ? - Ça, c'est le fond,
00:41:10 si vous voulez, le fond de l'affaire
00:41:12 qui se noue
00:41:14 au congrès de Strasbourg.
00:41:16 C'est une opposition
00:41:18 qui se...
00:41:20 qui s'installe...
00:41:22 - Impalpable.
00:41:24 - Qui s'installe entre ce qu'on peut
00:41:26 appeler l'appareil
00:41:28 et le... - L'état-major.
00:41:30 - Et la présidence.
00:41:32 L'appareil et la présidence. - La personne même
00:41:34 de Jean-Marie Le Pen. - La personne de Jean-Marie Le Pen.
00:41:36 Ce qui crée
00:41:38 la source du conflit,
00:41:40 c'est le congrès de Strasbourg
00:41:42 où, effectivement,
00:41:44 les maigretistes arrivent en tête
00:41:46 et où Marine Le Pen est battue.
00:41:48 Et ça, c'est perçu
00:41:50 comme un...
00:41:52 un peu comme un crime de laïcité
00:41:54 et à partir de ce moment-là,
00:41:56 vous savez, c'est les
00:41:58 dynamiques... la dynamique
00:42:00 de division se mélange. - Ça, c'est l'année
00:42:02 98, je vous crois ? - C'est l'année 97.
00:42:04 - C'est avril 97.
00:42:06 Et ça, c'est la... - Et on est en route vers
00:42:08 le conflit de 99.
00:42:10 - On est en route vers le conflit
00:42:12 de fin 98.
00:42:14 - Fin 98, oui. Qui éclate
00:42:16 à la faveur d'un autre congrès.
00:42:18 - Eh ben, qui éclate à la faveur
00:42:20 d'une autre demande de congrès,
00:42:22 d'une réunion du Conseil national
00:42:24 qui a lieu... - À Paris.
00:42:26 - À la Maison de la Chimie, à Paris,
00:42:28 le 5 décembre 98. - Avec les dramates qui sont
00:42:30 quand même gilettiers. - Ah oui, oui, absolument, oui.
00:42:32 - Jean-Marie Le Pen
00:42:34 héberluée d'être mis en
00:42:36 minorité par Bruno Maigret.
00:42:38 - Mais bon, voilà, après...
00:42:40 - Et vous, vous suivez
00:42:42 Maigret ? - Oui, moi je suis Maigret,
00:42:44 mais honnêtement, j'ai pas vraiment
00:42:46 le choix. - Mais tous les
00:42:48 élus et la plupart des classiques
00:42:50 suivent Maigret.
00:42:52 - La majorité
00:42:54 des conseillers régionaux,
00:42:56 la majorité des secrétaires départementaux
00:42:58 et globalement
00:43:00 quand même les plus...
00:43:02 les plus
00:43:04 performants suivent Maigret.
00:43:06 Ceux qui restent avec
00:43:08 Le Pen et qui sont les plus
00:43:10 performants dans la défense
00:43:12 de Le Pen, à savoir des gens comme
00:43:14 Karl Lang ou Martial Bild.
00:43:16 - Ou Martinez.
00:43:18 - Sont ensuite...
00:43:20 sont ensuite
00:43:22 purgés lors
00:43:24 de l'avènement de Marine Le Pen.
00:43:26 Voilà, c'est ça l'histoire. Mais bon, c'est une histoire
00:43:28 politique assez classique. - Et vous gardez
00:43:30 votre admiration pour Jean-Marie Le Pen, je dis.
00:43:32 - Absolument, absolument.
00:43:34 J'ai eu
00:43:36 un conflit avec lui,
00:43:38 mais je garde mon admiration pour Jean-Marie Le Pen
00:43:40 parce que je pense que
00:43:42 c'est l'homme politique
00:43:44 français qui a
00:43:46 le premier et fortement
00:43:48 - Tiré la sonnette
00:43:50 d'alarme sur l'immigration.
00:43:52 - Sur le multiculturalisme.
00:43:54 - A fait face à ça avec beaucoup de courage,
00:43:56 a fait face à des campagnes
00:43:58 avec beaucoup de courage. - Faut dire le jeu.
00:44:00 - Donc je garde tout à fait mon admiration pour Jean-Marie Le Pen.
00:44:02 C'est d'ailleurs...
00:44:04 C'est pas tout à fait le premier homme politique européen
00:44:06 à l'avoir fait,
00:44:08 puisque avant lui il y a eu Enoch Powell,
00:44:10 on en a parlé en Grande-Bretagne,
00:44:12 mais
00:44:14 c'est le premier homme politique
00:44:16 européen qui a construit
00:44:18 une formation politique,
00:44:20 - Un appareil.
00:44:22 - Autour de cette
00:44:24 thématique qui a été
00:44:26 le premier.
00:44:28 - Qui n'a eu aucune traduction politique,
00:44:30 en fait de politique menée par le
00:44:32 gouvernement du pays, c'est-à-dire que c'est quand même
00:44:34 beaucoup arrangé pour rester marginal.
00:44:36 Il n'a pas vraiment cherché
00:44:40 à aucun moment,
00:44:42 alors qu'il y avait des voies de passage
00:44:44 avec Passepoix par exemple. - Non, ça je crois pas.
00:44:46 - Moi je crois que si. - Je crois pas.
00:44:48 Je crois, si vous voulez, que
00:44:52 le fossé,
00:44:54 le cordon sanitaire, - C'est les médias alors.
00:44:56 - Il a toujours été établi par les médias. - C'est à cause des médias.
00:44:58 - Objectivement,
00:45:00 des propositions
00:45:02 d'entente, des ententes...
00:45:04 - Mais il a été terrible avec Maigret
00:45:06 ensuite. - Oui, oui, oui.
00:45:08 - Et avec les maigretistes. - Pardon ?
00:45:10 - Et avec les maigretistes. - Oui, oui.
00:45:12 - Parce que Maigret garde
00:45:14 une formation qu'il appelle
00:45:16 le MNR. - Le MNR,
00:45:18 oui. - Est-ce qu'on peut
00:45:20 dire qu'il était un peu, lui, Maigret,
00:45:22 sur une pente, parce que lui aussi
00:45:24 il venait du RPR,
00:45:26 sur une pente plus
00:45:28 ocuménique, plus Union des Droites ?
00:45:30 - L'objectif, l'objectif,
00:45:32 Maigret a toujours défendu
00:45:34 l'Union des Droites. - L'Union des Droites. - C'est pas un sujet
00:45:36 très nouveau.
00:45:38 Le problème de l'Union des Droites... - Mais il fallait l'utiliser
00:45:40 pour ça. - C'est qu'elle n'a
00:45:42 jamais été...
00:45:44 Elle a toujours été refusée,
00:45:46 précisément, en raison
00:45:48 de
00:45:50 Lucas médiatique. Je vais vous donner un exemple.
00:45:52 On revient... - Allons-y.
00:45:54 - On revient aux élections municipales
00:45:56 de 1995. - Oui. - Et vous voyez
00:45:58 que, là,
00:46:00 de quel côté se trouve la responsabilité ?
00:46:02 Vous vous souvenez
00:46:04 qu'en 1989,
00:46:06 oui, ça commence à remonter,
00:46:08 il y a un
00:46:10 principal de collège
00:46:12 qui s'élève, Creil,
00:46:14 contre l'entrée de
00:46:16 jeunes filles voilées.
00:46:18 On est en 89, il y a 35 ans.
00:46:20 Qui s'élève
00:46:22 contre l'entrée de jeunes filles voilées
00:46:24 dans le collège
00:46:26 de Creil. Ce proviseur,
00:46:28 difficile de le
00:46:30 soupçonner, le principal,
00:46:32 d'être raciste,
00:46:34 d'être d'extrême droite,
00:46:36 c'est un envelier
00:46:38 franc-maçon. - Très jugulaire sur le refus...
00:46:40 - Et c'est un envié très franc-maçon,
00:46:42 et en même temps un homme courageux.
00:46:44 - De l'immigration ostentatoire.
00:46:46 - Et qui voit le problème.
00:46:48 Et donc, ça fait un grand âge...
00:46:50 - Il dira des choses terribles, d'ailleurs, ce proviseur.
00:46:52 - Il dira des choses terribles. Et il va, ce proviseur...
00:46:54 - Qui consonne tout à fait avec ce que disait
00:46:56 le Front National à l'époque.
00:46:58 - Ce proviseur, en 93,
00:47:00 il est candidat RPR,
00:47:02 il est élu
00:47:04 à Creil.
00:47:06 Pour être réélu
00:47:08 à Creil,
00:47:10 il sait qu'il faut devenir
00:47:12 maire de Creil.
00:47:14 Il est candidat à la mairie de Creil,
00:47:16 Ernest Chénière,
00:47:18 et il sait que pour être élu
00:47:20 à la mairie de Creil,
00:47:22 il faut fusionner
00:47:24 avec la liste Front National.
00:47:26 - Les deux. - Il propose la fusion
00:47:28 de la liste Front National.
00:47:30 - Excellent exemple. - Le RPR... - Le refuse.
00:47:32 - Le lui, interdit.
00:47:34 Et qu'est-ce qui se passe ?
00:47:36 Il perd la mairie de Creil,
00:47:38 il perd la circonscription de Creil,
00:47:40 et aujourd'hui, Creil,
00:47:42 c'est un sultanat islamiste.
00:47:44 Et pourquoi c'est un sultanat islamiste ?
00:47:46 - A cause du refus du RPR.
00:47:48 - A cause du refus du RPR, de faire l'accord
00:47:50 que lui proposait cette personne.
00:47:52 - Il y en a un qui joue un rôle terrible là-dedans,
00:47:54 c'est Juppé. - Oui, alors Juppé.
00:47:56 Et que devient
00:47:58 ce principal ?
00:48:00 Il n'est plus RPR.
00:48:02 Eh bien,
00:48:04 on pourrait quand même
00:48:06 le nommer, je ne sais pas moi,
00:48:08 le général de l'éducation nationale,
00:48:10 on voit, non, on le renvoie
00:48:12 dans un lycée,
00:48:14 alors, bon,
00:48:16 on est sympa,
00:48:18 on l'envoie dans un lycée
00:48:20 du Val-d'Oise
00:48:22 rural, encore pas touché par l'immigration,
00:48:24 et donc, il va pouvoir
00:48:26 terminer sa carrière
00:48:28 de manière paisible.
00:48:30 Voilà.
00:48:32 - Votre exemple est très parlant.
00:48:34 - L'affaire de Creil est absolument... - La responsabilité...
00:48:36 - Absolument admirable.
00:48:38 Et là, la responsabilité... - Du côté du nouveau RPR
00:48:40 et de Juppé, beaucoup.
00:48:42 - Peut-être de Juppé, en particulier. - Juppé, beaucoup de l'homme fort du RPR,
00:48:44 déjà, à ce moment-là. Alors,
00:48:46 avançons, parce que tout ça est passionnant,
00:48:48 on voit le drame se nouer.
00:48:50 2002, on oublie toujours qu'en 2002,
00:48:52 Jean-Marie Le Pen a fait au premier tour
00:48:54 16 et quel ? - Oui. - Pour 100,
00:48:56 16 et demi ? - Pendant que Maigret faisait
00:48:58 de 30, un peu moins de 3, oui.
00:49:00 - Parce qu'AE2... - Donc, j'ai 19 en global.
00:49:02 - AE2, ils sont entre 19 et 20. - Oui, absolument.
00:49:04 20% qu'on ne retrouve pas au second tour, Jean-Marie Le Pen.
00:49:08 - Non.
00:49:10 Mais non.
00:49:12 Mais le deuxième...
00:49:14 L'élection de 2002 est catastrophique.
00:49:16 - Mais bon, il y a le combat culturel
00:49:18 qu'il faut mener là-derrière.
00:49:20 Vous, à ce moment-là,
00:49:22 vous n'êtes plus élu nulle part.
00:49:24 - Alors, moi, je suis encore...
00:49:26 - Au Conseil régional, encore ? - Je suis encore élu
00:49:28 jusqu'en 2004. - Voilà.
00:49:30 - Et ma petite coquetterie
00:49:32 est de continuer à peser
00:49:34 jusqu'en 2004 à la région,
00:49:36 dans cette lumière.
00:49:38 - Mais vous n'êtes pas réélu.
00:49:40 - Ah non. - Parce qu'il y a le crime
00:49:42 d'avoir suivi Maigret. - Oui, oui.
00:49:44 Donc après, c'est terminé. Mais je dois dire...
00:49:46 - C'est là où il y a aussi une responsabilité
00:49:48 de Jean-Marie Le Pen, qui ne recycle pas
00:49:50 les maigretistes et les écarts. - Ma Marine en a recyclé
00:49:52 certains, mais c'est une autre histoire.
00:49:54 - Ah, mais 10 ans plus tard. - Oui, oui,
00:49:56 10 ans plus tard. En 2002,
00:50:00 moi, j'ai eu la chance d'avoir
00:50:02 un de mes proches,
00:50:04 Greg Martin Gau,
00:50:06 qui vient de disparaître,
00:50:10 et qui me dit, il me rend un service
00:50:12 formidable, il me dit
00:50:14 quelque chose de très désagréable,
00:50:16 et il me dit "c'est foutu".
00:50:18 C'est foutu.
00:50:20 Les élections, c'est foutu. Il faut faire autre chose.
00:50:22 Et il me propose
00:50:24 de faire ce qui va devenir... - Il avait bien raison.
00:50:26 - Paul Emia, il avait bien raison. - Les élections, c'est foutu.
00:50:28 - Il me propose de faire... - Ça ne sert à rien.
00:50:30 - De faire ce qui va
00:50:32 devenir Paul Emia, avec une analyse
00:50:34 extrêmement simple, qui aujourd'hui paraît
00:50:36 banale. - Tout dépend des médias.
00:50:38 - En gros, oui, l'analyse,
00:50:40 c'est "tout dépend des médias".
00:50:42 Comment on peut contourner ? Parce qu'on a vu,
00:50:44 parce que toute l'affaire Le Pen-Maigret,
00:50:46 c'est les médias qui mènent la danse.
00:50:48 On ne l'a pas dit, mais c'est aussi un élément.
00:50:50 - Le premier pouvoir. - Tout dépend des médias,
00:50:52 mais nous avons maintenant
00:50:54 un moyen de contourner les médias,
00:50:56 c'est Internet.
00:50:58 Et donc, on va faire
00:51:00 un site
00:51:02 Internet, on va se lancer
00:51:04 sur la bataille
00:51:06 sur Internet. Alors, aujourd'hui, ça paraît...
00:51:08 - Très précurseur.
00:51:10 - Mais à l'époque, il y a... - C'est quoi ? 2005, 2006 ?
00:51:12 - 2002. - 2002, Paul Emia.
00:51:14 - Et donc, on est parmi les premiers.
00:51:16 Alors après, il y en a
00:51:18 d'autres qui occupent un peu ce créneau,
00:51:20 avec des...
00:51:22 sous des formes différentes. Nous, on le fait sous forme...
00:51:24 En gros, Paul Emia,
00:51:26 c'est un cercle de réflexion,
00:51:28 un think-tank sur Internet.
00:51:30 On produit des textes... - En décryptant
00:51:32 le rôle des médias, en l'ensongeant...
00:51:34 - Alors, on a
00:51:36 trois thématiques, en fait. On a la critique
00:51:38 des médias, beaucoup. On a
00:51:40 la critique de l'immigration, beaucoup.
00:51:42 Et on a aussi beaucoup de textes géopolitiques.
00:51:44 - Oui. - Voilà. C'est les trois axes
00:51:46 principaux, on va dire. Donc, on fait ça,
00:51:48 et on diffuse,
00:51:50 et on part du principe que les idées
00:51:52 se développent de manière virale.
00:51:54 Alors, on est les premiers à le faire.
00:51:56 Il y en a d'autres qui le feront sous des formes différentes.
00:51:58 Il y aura le salon beige
00:52:00 qui le fera. Ce sera un peu
00:52:02 le même type d'opération. - Qui ont de tuéloir.
00:52:04 - En déclinaison...
00:52:06 - Catholique. - On va dire catholique.
00:52:08 Catholique conservatrice.
00:52:10 Il y aura deux souches qui vont le faire.
00:52:12 - F de souche. - En mode
00:52:14 F de souche, en mode...
00:52:16 - Guerrier. - Guerrier, immigration.
00:52:18 Et puis après, tout ça va
00:52:20 se développer.
00:52:22 Au départ, si vous voulez...
00:52:24 - Vous avez été le premier.
00:52:26 - On a été parmi les premiers.
00:52:28 Vous savez, c'est l'histoire
00:52:30 à la fin de l'ère secondaire,
00:52:32 les dinosaures
00:52:34 occupent la Terre,
00:52:36 la planète, puis il y a des tout petits mammifères
00:52:38 qui essayent...
00:52:40 - Qui commencent. - Qui commencent.
00:52:42 Aujourd'hui, c'est les mammifères qui occupent...
00:52:44 Evidemment, ça prend du temps.
00:52:46 Et donc, si vous voulez,
00:52:48 ce mouvement qui a commencé en 2002,
00:52:50 il n'a cessé
00:52:52 de progresser.
00:52:54 - Là, vous avez été très précurseur.
00:52:56 - Puisque le rôle d'Internet
00:52:58 et des réseaux sociaux
00:53:00 et des médias alternatifs,
00:53:02 qui en sont des déclinaisons, finalement,
00:53:04 n'a cessé de prendre
00:53:06 de l'importance. Alors, effectivement,
00:53:08 avec Polémia, on a été
00:53:10 précurseur de ça,
00:53:12 précurseur du
00:53:14 combat
00:53:16 métapolitique,
00:53:18 du combat culturel,
00:53:20 du combat contre les médias.
00:53:22 Il y a d'ailleurs...
00:53:24 Il y a déjà une thèse, maintenant,
00:53:26 qui est déjà sortie sur la réinformation.
00:53:28 Une thèse qui est parue...
00:53:30 - Alors, vous lancez le thème de la réinformation.
00:53:32 - On lance la réinformation.
00:53:34 La réinformation,
00:53:36 le thème est lancé,
00:53:38 d'abord sur Polémia,
00:53:40 et ensuite sur Radio Courtoisie,
00:53:42 où on crée le bulletin de réinformation
00:53:44 et le mot va s'imposer.
00:53:46 - Le matin.
00:53:48 - Voilà, donc on est sur la bataille...
00:53:50 - Vous commencez à publier beaucoup de livres là-dessus.
00:53:52 Là, vous partez dans le combat culturel.
00:53:54 Je vous découvre à ce
00:53:56 moment-là, vous êtes vraiment
00:53:58 prophétique et précurseur.
00:54:00 Ça suffit, les élections,
00:54:02 on les perdra toujours, puisqu'on n'a pas
00:54:04 le pouvoir principal, qui est le pouvoir médiatique.
00:54:06 Et Polémia est fait pour le pourfendre.
00:54:08 Vous lancez des opérations
00:54:10 qui m'ont beaucoup amusé, comme les Bobards d'or,
00:54:12 dans ces périodes-là.
00:54:14 C'est-à-dire une soirée au cours
00:54:16 de laquelle on cible
00:54:18 les Bobards des grands médias
00:54:20 jusqu'à faire rire,
00:54:22 tellement ils sont énormes,
00:54:24 des salles entières.
00:54:26 Ces Bobards d'or ont un certain
00:54:28 succès, vous mettez ça en scène de façon
00:54:30 très piquante, je dois dire,
00:54:32 très amusante.
00:54:34 Est-ce qu'on a réussi
00:54:36 pour autant à faire comprendre à nos contemporains
00:54:38 qu'ils étaient menés
00:54:40 par le bout du nez par les grands médias,
00:54:42 par les médias de grand chemin ?
00:54:44 Ils ont toujours confiance
00:54:46 dans des médias, y compris des services
00:54:48 publics, qui sont 100% à gauche.
00:54:50 Un journaliste,
00:54:52 je le témoigne,
00:54:54 un journaliste important
00:54:56 qui allait prendre sa retraite,
00:54:58 me dit, moi parti, il n'y aura plus
00:55:00 un homme de droite à la réélection de France Inter.
00:55:02 Plus un !
00:55:04 - Ah oui, ça ne m'étonne pas !
00:55:06 - C'est pareil à France Culture, avec un autre
00:55:08 qui part et il n'y a plus.
00:55:10 C'est un scandale ! - C'est un scandale, absolument !
00:55:12 - C'est une infraction à l'un
00:55:14 des principes généraux du droit,
00:55:16 qui est la neutralité du service public.
00:55:18 Le service public des médias,
00:55:20 constitutionnellement,
00:55:22 c'est attaquable,
00:55:24 n'obéit plus aux principes de neutralité
00:55:26 qui président à tout service public.
00:55:28 Il faut dire qu'il est déjà battu en brèche
00:55:30 à l'éducation nationale. Mais là,
00:55:32 l'hégémonie de gauche s'en donne un cœur joie
00:55:34 en dépit des règles constitutionnelles
00:55:36 et des principes généraux du droit
00:55:38 qui ont valeur constitutionnelle.
00:55:40 - Et l'ARCOM,
00:55:42 qui est censé réguler la communication,
00:55:44 - Oui, ça s'appelait le CSA,
00:55:46 ou la haute autorité l'autoritaire.
00:55:48 - La haute autorité de régulation,
00:55:50 - Elle ne fait rien !
00:55:52 - tape régulièrement sur les doigts
00:55:54 de Radio Courtoisie
00:55:56 ou de CNews,
00:55:58 beaucoup plus
00:56:00 que sur
00:56:02 France Info,
00:56:04 France Inter,
00:56:06 ou France 2, c'est incroyable !
00:56:08 Alors si vous voulez, là où la situation
00:56:10 est complexe,
00:56:12 c'est que les médias de grand chemin,
00:56:14 il n'y a pas que
00:56:16 les médias de service public,
00:56:18 TF1 ne vaut pas beaucoup mieux,
00:56:20 les médias de grand chemin
00:56:22 continuent...
00:56:24 - Oui, mais c'est plus choquant !
00:56:26 - Oui, c'est plus choquant !
00:56:28 - Parce qu'il y a des règles pour le service public,
00:56:30 - Je suis d'accord.
00:56:32 - Ils continuent
00:56:34 - Leur destruction.
00:56:36 - d'imposer leur propagande
00:56:38 à l'opinion, et ça continue
00:56:40 d'être dominant.
00:56:42 Le Doxa continue d'être imposé
00:56:44 par ces grands médias de propagande,
00:56:46 - Covid, Ukraine, on ne pense pas à la figure.
00:56:48 - Mais la partie de l'opinion qui est conscientisée
00:56:50 croit.
00:56:52 C'est-à-dire que
00:56:54 si vous prenez l'ensemble
00:56:56 de l'opinion publique,
00:56:58 la majorité reste conditionnée
00:57:00 par les médias
00:57:02 de propagande,
00:57:04 mais vous avez une petite minorité
00:57:06 croissante
00:57:08 qui est conscientisée.
00:57:10 - Alors autour de...
00:57:12 - Et donc, si vous voulez, en dynamique,
00:57:14 le rapport de force
00:57:16 se modifie.
00:57:18 Puisqu'en gros, il se modifie,
00:57:20 puisqu'on part de zéro, ou à peu près,
00:57:22 donc,
00:57:24 on progresse.
00:57:26 - Il y a Radiocomploisie, il y a TVL qui arrive en renfort.
00:57:28 - Il y a TVL, il y a
00:57:30 Boulevard Voltaire, il y a Livre Noir,
00:57:32 il y a le...
00:57:34 Et puis, encore une fois,
00:57:36 il y a une
00:57:38 contamination.
00:57:40 Il y a une contamination.
00:57:42 Vous pouvez...
00:57:44 Ce qui se dit
00:57:46 sur les réseaux sociaux,
00:57:48 aujourd'hui, les médias,
00:57:50 une de leurs sources d'informations,
00:57:52 c'est les réseaux sociaux,
00:57:54 en particulier Twitter.
00:57:56 C'est une information
00:57:58 dissidente qui se répand
00:58:00 et qui contamine...
00:58:02 J'emploie le terme
00:58:04 un peu à dessein...
00:58:06 qui contamine au-delà
00:58:08 de sa zone d'origine.
00:58:10 - Faiblement.
00:58:12 - Oui, c'est bien sûr.
00:58:14 - Regardez ce qui s'est passé dans une autre...
00:58:16 - Ce qu'on dit n'est pas incompatible.
00:58:18 - Oui, oui.
00:58:20 - Le côté positif, c'est qu'il y a
00:58:22 une conscientisation croissante
00:58:24 qui se répand.
00:58:26 Et en même temps, c'est macronien,
00:58:28 la majorité de l'opinion reste...
00:58:30 - Mais regardez l'épisode,
00:58:32 quand même, l'épisode
00:58:34 terrible des manifestations
00:58:36 contre le mariage homosexuel.
00:58:38 On réunit
00:58:40 un nombre de...
00:58:42 de citoyens
00:58:44 littéralement incalculables.
00:58:46 Plusieurs manifestations.
00:58:48 Et les deux dernières dépassent le million.
00:58:50 Peut-être même la troisième.
00:58:52 C'est la première totale.
00:58:54 Il ne se passe rien.
00:58:56 Alors que des mobilisations
00:58:58 dans les années 1984
00:59:00 contre l'école...
00:59:02 enfin, pour l'école libre,
00:59:04 aboutissent à un changement
00:59:06 de gouvernement, quand même.
00:59:08 - Oui.
00:59:10 - Morois se retire, on retire la loi.
00:59:12 - On retient la loi.
00:59:14 - Rien. Hollande, président de la République
00:59:16 de l'époque, en 2013,
00:59:18 fait passer la loi en catimini, d'ailleurs,
00:59:20 alors même que l'opposition est encore
00:59:22 plus vive dans la rue
00:59:24 et qu'il y a beaucoup de débats sur le sujet.
00:59:26 Parce que le sujet n'est d'ailleurs pas
00:59:28 le mariage homosexuel, mais tout ce qui s'en suit,
00:59:30 c'est-à-dire la PMA,
00:59:32 la GPA,
00:59:36 et une modification
00:59:38 de l'homme
00:59:40 biologique, même.
00:59:42 Bon.
00:59:44 Ce qui émergera à la faveur du Covid
00:59:46 et du vaccin,
00:59:48 c'est qu'il y ait dans la droite ligne
00:59:50 la législation sur l'euthanasie,
00:59:52 la constitutionnalisation de l'avortement,
00:59:54 on est en train de créer un autre homme
00:59:56 en cassant la famille. C'est énorme.
00:59:58 Mais notre opposition,
01:00:00 aussi vive soit-elle,
01:00:02 n'a pas de débouché politique.
01:00:04 - Non, à partir du moment... - Il ne bouge plus d'un iota.
01:00:06 L'hégémonie dominante
01:00:08 ne bouge plus d'un iota sur rien.
01:00:10 On aura l'euthanasie, la constitutionnalisation
01:00:12 de l'avortement,
01:00:14 y compris avec le secours du groupe RN,
01:00:16 d'ailleurs.
01:00:18 C'est-à-dire qu'il n'y a plus...
01:00:20 On croit qu'on reprend le pouvoir parce qu'on peut s'exprimer,
01:00:22 mais c'est un peu "cause toujours, tu m'intéresses".
01:00:24 - Oui, oui. - Excusez-moi de dire ça.
01:00:26 - Mais il n'y a pas de...
01:00:28 Mais encore une fois, ce n'est pas incompatible.
01:00:30 Il y a le...
01:00:32 L'appareil de propagande n'a jamais été
01:00:36 aussi puissant,
01:00:38 à cette nuance... - Aussi brutale. - Aussi brutale,
01:00:40 effectivement, à cette nuance près
01:00:42 qu'il est aujourd'hui.
01:00:44 Il a une concurrence.
01:00:46 D'ailleurs, si vous voulez,
01:00:48 c'est ça qui les met
01:00:50 tout à fait en rage.
01:00:52 Le simple fait qu'une expression
01:00:54 contraire à la DOXA
01:00:56 puisse exister
01:00:58 est insupportable.
01:01:00 - Et il recourt, d'ailleurs, vous observez
01:01:02 récemment, il recourt à l'interdiction.
01:01:04 L'interdiction des identitaires,
01:01:06 la dissolution
01:01:08 de mouvements comme Academia
01:01:10 Christiana, qui est en cours.
01:01:12 C'est-à-dire qu'ils arrivent
01:01:14 même, ce
01:01:16 contre-pouvoir médiatique
01:01:18 que vous annonciez dans Polémia,
01:01:20 que vous amorciez dans Polémia,
01:01:22 il marche,
01:01:24 TVL marche,
01:01:26 Radio Courtoisie a un rôle.
01:01:28 Et puis sans parler d'innombrables
01:01:30 sites, maintenant, qui sont suivis par
01:01:32 Youtube, dont l'influence
01:01:34 est décuplée par des documentaires
01:01:36 sur Youtube.
01:01:38 Aucune traduction politique pour autant.
01:01:40 - Non, non. - Là, nous sommes dans le totalitarisme
01:01:42 pur et dur. - Oui, absolument.
01:01:44 - Et il y a un moment majeur
01:01:46 qui va être la conclusion
01:01:48 de notre conversation,
01:01:50 parce qu'on pourrait l'amener beaucoup plus longtemps.
01:01:52 Jean-Yves Le Galou,
01:01:54 c'est le suicide
01:01:56 d'Éric Vénère.
01:01:58 À quelques jours de la dernière
01:02:00 des manifestations contre
01:02:02 le mariage homosexuel,
01:02:04 à Notre-Dame.
01:02:06 Alors là, vous avez été un...
01:02:08 Si vous voulez, ce suicide a quelque chose
01:02:10 d'emblématique,
01:02:12 d'un désespoir plein d'espérance,
01:02:14 d'après la lettre qu'a laissée Dominique Vénère.
01:02:16 - Dominique Vénère. - Dominique Vénère,
01:02:18 pardon, et qui se traduira
01:02:20 principalement, on va en parler
01:02:22 pour finir, par la création
01:02:24 de l'Institut Iliade.
01:02:26 Qu'avez-vous à dire sur cette journée terrible
01:02:30 que vous avez passée, déjeunant avec lui,
01:02:32 avec quelques-uns, Conrad,
01:02:34 Lugand, et il vous dit...
01:02:36 Vous comprenez à ce moment-là
01:02:38 qu'il se passe quelque chose dans ce déjeuner
01:02:40 de mai ou avril 2013.
01:02:42 - 21 mai 2013.
01:02:44 - 21 mai 2013.
01:02:46 Très souvent, il vous réunissait,
01:02:48 enfin, vous vous réunissiez pour déjeuner
01:02:50 assez régulièrement, mais ce déjeuner-là,
01:02:52 qui est,
01:02:54 dans l'esprit de Dominique Vénère,
01:02:56 fait pour galvaniser
01:02:58 les énergies en vue de la dernière
01:03:00 manifestation, celle
01:03:02 de l'espoir des invalides. Il le dit
01:03:04 explicitement.
01:03:06 Quinze jours après,
01:03:08 comment vivez-vous cette journée terrible ?
01:03:10 - Si vous voulez, le geste
01:03:12 de Dominique Vénère, c'est un geste
01:03:14 sacrificiel, où il veut
01:03:16 alerter
01:03:18 sur le grand
01:03:20 remplacement des populations,
01:03:22 le grand effacement
01:03:24 de notre mémoire, de notre culture,
01:03:26 et ce qu'il souhaite,
01:03:30 ce qu'il veut,
01:03:32 ce qu'il inspire, on peut dire,
01:03:34 c'est la création
01:03:36 de ce qui est
01:03:38 devenu l'Institut
01:03:40 Iliade, c'est-à-dire un instrument
01:03:42 de transmission
01:03:44 de la civilisation
01:03:46 et de la culture européenne,
01:03:48 de son histoire,
01:03:50 avec l'idée,
01:03:52 si vous voulez,
01:03:54 que
01:03:56 cela peut
01:03:58 servir
01:04:00 à éviter
01:04:02 aux européens de devenir minoritaires,
01:04:04 mais que même
01:04:06 si les européens devenaient
01:04:08 minoritaires sur leur propre
01:04:10 sol, ce qu'on ne peut plus exclure
01:04:12 aujourd'hui, ce qui est en voie
01:04:14 de réalisation
01:04:16 sauf que
01:04:18 il y a des îlots où c'est déjà fait.
01:04:20 - Où les français sont minoritaires, de souche.
01:04:22 - C'est déjà fait, et où parfois les français
01:04:24 s'assimilent aux autres, d'ailleurs, et non pas à l'inverse.
01:04:26 Eh bien, l'idée...
01:04:28 - C'est compris dans les accents, dans la situation.
01:04:30 On entend des jeunes français
01:04:32 avoir l'accent berbère ou arabe,
01:04:34 sans explication, mais...
01:04:36 - Non, l'explication, c'est l'assimilation.
01:04:38 C'est la contre-assimilation, on peut dire.
01:04:40 Et donc, si vous voulez, l'idée,
01:04:42 c'est que tant qu'il restera
01:04:44 des européens
01:04:46 de sang et aussi des européens
01:04:48 d'esprit, car il ne suffit pas
01:04:50 de porter dans ses gènes
01:04:52 l'histoire européenne,
01:04:54 la mémoire européenne,
01:04:56 il faut aussi...
01:04:58 - Il faut faire des connaissances.
01:05:00 Le grand combat, c'est la connaissance.
01:05:02 - L'appréhender par la connaissance,
01:05:04 par l'esprit.
01:05:06 - Par la conscience de l'histoire.
01:05:08 - La conscience de l'héritage.
01:05:10 - L'érudition littéraire aussi,
01:05:12 c'est très important.
01:05:14 Au sens où il y a très peu de français aujourd'hui.
01:05:16 - Oui, bien sûr.
01:05:18 - Il y a quelques millions de français, on peut dire, aujourd'hui.
01:05:20 - Mais si vous voulez, donc...
01:05:22 - Il y a quoi ?
01:05:24 - Il y a 10 millions de français en France ?
01:05:26 - Peut-être, oui, je ne sais pas.
01:05:28 - C'est incomptable !
01:05:30 - Oui, c'est incomptable.
01:05:32 - Au sens de français qui a un tel identité française.
01:05:34 - Absolument.
01:05:36 - Dans toutes ses dimensions historiques, littéraires, la langue.
01:05:38 - Donc, si vous voulez,
01:05:40 l'objectif, c'est effectivement
01:05:42 de transmettre et de faire.
01:05:44 Là où le travail paraît absolument
01:05:46 terrifiant,
01:05:48 c'est que
01:05:50 il faut parfois faire
01:05:52 pendant un week-end
01:05:54 ce qu'on faisait
01:05:56 de la sixième à la terminale.
01:05:58 - Sur quoi s'emploie l'Iliade.
01:06:00 - Nous nous employons effectivement à faire,
01:06:02 l'Iliade s'emploie à faire pendant un week-end
01:06:04 ce que l'éducation nationale
01:06:06 à une époque assez ancienne
01:06:08 pouvait faire de la sixième
01:06:10 à la terminale.
01:06:12 Le défi est absolument
01:06:14 immense.
01:06:16 - C'est gagnable.
01:06:18 - C'est décisif.
01:06:20 - C'est un des points qui est très bien,
01:06:22 dans la lettre très belle qu'il laisse
01:06:24 et qu'on découvrira
01:06:26 après son sacrifice, on peut dire,
01:06:28 à Notre-Dame.
01:06:30 Qui ne vous a pas étonné, si je comprends bien.
01:06:32 - Non.
01:06:34 - Qui ne vous a pas étonné.
01:06:36 Moi j'ai cru que
01:06:38 cet acte allait allumer
01:06:40 le feu.
01:06:42 J'étais tellement bouleversé moi-même
01:06:44 par la beauté du geste.
01:06:46 Je ne suis pas passionné
01:06:48 par tout ce qu'écrivait encore
01:06:50 que c'était de grande qualité Dominique Weiner.
01:06:52 J'étais à ma grande surprise
01:06:54 invité, parce que c'était trié sur le volet,
01:06:56 à ses obsèques.
01:06:58 J'ai cru que
01:07:00 c'était un moment de l'histoire de France.
01:07:02 Ça l'a été
01:07:04 en ce que ça s'est traduit par l'Institut Iliade.
01:07:06 Mais il est très vite
01:07:08 effacé de nos mémoires ce geste.
01:07:10 - Il est continué.
01:07:14 - Il reste l'Iliade
01:07:16 qui est un état d'esprit.
01:07:18 La recherche des racines
01:07:20 très lointaines de l'Europe
01:07:22 qui est une manière de recréer
01:07:24 le Grèce d'une certaine façon
01:07:26 avec un peu les mêmes
01:07:28 mais une nouvelle dynamique, une nouvelle esthétique.
01:07:30 - C'est tout à fait...
01:07:32 - Ce qui est la ligne de toute votre vie
01:07:34 puisque vous êtes entré en Grèce dans les années 70.
01:07:36 - Oui, on peut voir...
01:07:38 - Votre constance est admirable.
01:07:40 - On peut voir une continuité
01:07:42 mais c'est assez différent
01:07:44 dans le mode
01:07:46 d'action
01:07:48 et
01:07:50 dans la vision
01:07:52 du passé européen
01:07:54 de la culture européenne
01:07:56 qui est peut-être plus large
01:07:58 que ce qui pouvait être
01:08:00 celle du Grèce.
01:08:02 Il y a d'ailleurs un paradoxe assez...
01:08:04 - Parce que le Grèce avait un petit côté
01:08:06 est-ce que je dirais le mot
01:08:08 plus racial.
01:08:10 - Oui, enfin...
01:08:12 - C'était l'Europe blanche.
01:08:14 - Oui, on va remarquer.
01:08:16 Mais le côté...
01:08:18 ce que je pense,
01:08:20 même le Grèce au départ
01:08:22 avait beaucoup insisté par exemple
01:08:24 sur les héritages
01:08:26 celtiques.
01:08:28 Aujourd'hui, mais à l'époque
01:08:30 on avait l'héritage romain, on avait l'héritage grec.
01:08:32 Donc l'héritage celtique
01:08:34 c'était bien de venir le compléter.
01:08:36 Aujourd'hui on a même perdu l'héritage grec
01:08:38 et l'héritage romain
01:08:40 et c'est quand même ça aussi,
01:08:42 et principalement ça qu'il faut récupérer, retrouver.
01:08:44 Nous d'ailleurs, le nom
01:08:46 "Iliade" qui renvoie
01:08:48 évidemment à l'héritage
01:08:50 le plus ancien.
01:08:52 - Trois millénaires.
01:08:54 - Trois millénaires, exactement.
01:08:56 - Dernière question.
01:08:58 - Pour aller vers demain.
01:09:00 - Dans son nom, sans évoquer
01:09:02 je ne l'ai pas assez fait,
01:09:04 nous n'avons pas assez fait
01:09:06 la très belle continuité de vos ouvrages.
01:09:08 Regardez, chers amis,
01:09:10 la quantité d'ouvrages
01:09:12 qu'a publié notre invité
01:09:14 Jean-Yves Le Gallou.
01:09:16 Une ligne parfaitement droite
01:09:18 des informations, par exemple,
01:09:20 sur l'immigration,
01:09:22 indiscutable.
01:09:24 Un coup d'œil magnifique,
01:09:26 très tôt venu,
01:09:28 sur le caractère décisif
01:09:30 et omniprésent et totalitaire
01:09:32 des médias de l'enchemin.
01:09:34 Votre parcours a quelque chose
01:09:36 d'impeccable, je dois dire.
01:09:38 Je suis content de vous poser à vous,
01:09:40 parce qu'à qui d'autre
01:09:42 la poser
01:09:44 de façon plus instruite,
01:09:46 avec une réponse plus instruite,
01:09:48 est-ce que vous pensez
01:09:50 que la civilisation européenne
01:09:52 et la civilisation française,
01:09:54 que je distingue,
01:09:56 je ne suis pas sûr, je le répète,
01:09:58 qu'il y ait une civilisation européenne
01:10:00 en raison de la multitude des langues
01:10:02 et de la multitude des substrats.
01:10:04 Il y a une Europe latine et une Europe du Nord
01:10:06 qui ne sont pas très compatibles.
01:10:08 Je vais vous donner ma version.
01:10:10 Je pense que...
01:10:12 Point théorique.
01:10:14 C'est un point théorique.
01:10:16 C'est un point théorique, oui.
01:10:18 Je dirais que je suis de
01:10:20 civilisation européenne,
01:10:22 d'expression française.
01:10:24 Ça ne me suffit pas,
01:10:26 parce que je crois que la langue est une civilisation.
01:10:28 Il peut y avoir...
01:10:32 Oui, mais regardez,
01:10:34 vous avez les mêmes courants
01:10:36 sur le plan artistique.
01:10:38 Vous avez les mêmes courants artistiques
01:10:40 qui traversent
01:10:42 l'Europe,
01:10:44 que ce soit effectivement
01:10:46 architecture, musique, sculpture,
01:10:48 vous avez les mêmes courants
01:10:50 qui se répandent à chaque fois
01:10:52 sur l'Europe.
01:10:54 Alors, au moins,
01:10:56 sur une Europe assez large,
01:10:58 bon,
01:11:00 donc, c'est les mêmes...
01:11:02 Ce qui me chagrine, c'est que vous n'incluez pas
01:11:04 tout à fait la Russie qui me paraît
01:11:06 le socle le plus solide de l'Europe.
01:11:08 Ce qui me chagrine, c'est que vous n'incluez pas tout à fait la Russie
01:11:10 qui me paraît le socle le plus solide
01:11:12 de l'Europe aujourd'hui. Pour moi, l'Europe
01:11:14 est représentée politiquement par la Russie.
01:11:16 Je pense que la Russie,
01:11:18 ce n'est pas uniquement l'Europe.
01:11:20 Je pense quand même qu'il y a une...
01:11:22 La Russie,
01:11:24 c'est un empire...
01:11:26 C'est quand même un empire eurasiatique, si vous voulez.
01:11:28 C'est la culture chrétienne.
01:11:30 On pourrait peut-être... - Orthodoxe.
01:11:32 - Chrétienne. - Oui, chrétienne.
01:11:34 - Beaucoup plus chrétienne que la culture protestante.
01:11:36 C'est là où le babelège chez vous, c'est que vous incluez
01:11:38 un monde protestant qui n'est pas chrétien, à mon avis.
01:11:40 Mais enfin, c'est un conflit
01:11:42 entre nous, entre deux droites,
01:11:44 la droite identitaire, européenne,
01:11:46 et la mienne est plus capétienne,
01:11:48 on pourrait dire, et chrétienne. - Je vous dis d'ailleurs que je n'avais
01:11:50 qu'à moitié apprécié la fréquentation
01:11:52 des souverainistes protestants
01:11:54 du Danemark et du...
01:11:56 - Au Parlement européen.
01:11:58 - Et du Pays-Bas qui ont dû être
01:12:00 vos alliés quand vous...
01:12:02 - Ah oui, ils avaient voté non à la
01:12:04 constitution européenne, ils étaient louables.
01:12:06 Malraux disait,
01:12:08 mais ça pourrait être
01:12:10 l'objet d'autres débats
01:12:12 plus tard, on ne va pas rouvrir ce dossier,
01:12:14 qu'une civilisation c'était une religion
01:12:16 et tout ce qu'il y avait autour.
01:12:18 Là, on n'est pas d'accord.
01:12:22 - Il y a un problème...
01:12:24 - Il y a la question religieuse.
01:12:26 - Oui, oui, il y a la question.
01:12:28 - Sans foi,
01:12:30 sans la foi chrétienne qu'est la civilisation
01:12:32 européenne.
01:12:34 Je la vois mal survivre.
01:12:36 D'ailleurs, je la vois mal survivre l'une et l'autre.
01:12:38 La question est de savoir si on arrachera
01:12:40 la France à la gangue
01:12:42 atlantique et
01:12:44 à un ensemble européen qui est en train
01:12:46 de sombrer avec...
01:12:48 dans l'atlantisme. - Je pense qu'il faut
01:12:50 là distinguer de manière claire...
01:12:52 - Là, on n'est pas tout à fait d'accord.
01:12:54 - Si, si, je pense qu'il faut
01:12:56 distinguer l'Europe
01:12:58 de l'Occident
01:13:02 wauquiste. Pour le moment,
01:13:04 les Européens sont en train de disparaître
01:13:06 dans l'Occident wauquiste.
01:13:08 - Ce qu'on n'aurait pas fait il y a 50 ans...
01:13:10 - Pour échapper à l'Occident wauquiste,
01:13:12 il faut se ressourcer
01:13:14 dans les racines européennes
01:13:16 et les racines européennes
01:13:18 profondes. - Et non pas dans l'Occident
01:13:20 qui fut longtemps l'emblème
01:13:22 de l'extrême droite, au temps des
01:13:24 premiers combats des années 50 et 60.
01:13:26 - Le terme "Occident" a plusieurs sens.
01:13:28 - Oui, il est mal venu, je crois
01:13:30 qu'il faut s'en débarrasser. - Mais en tout cas,
01:13:32 l'Occident wauquiste qui gouverne aujourd'hui...
01:13:34 - Pour moi, la France n'est pas occidentale.
01:13:36 - Ce qui nous gouverne aujourd'hui, c'est l'Occident wauquiste.
01:13:38 - Oui, c'est très intéressant.
01:13:40 Il faut lire vos livres, donc,
01:13:42 je disais, ce que je fais toujours avec passion,
01:13:44 vous avez la gentillesse de me les envoyer,
01:13:46 dès que je reçois un livre de Jean-Yves Le Gallou, je fonce dessus.
01:13:48 Merci pour...
01:13:50 pour les contributions nombreuses
01:13:52 et éclairées que vous accordez
01:13:54 aux nouveaux conservateurs,
01:13:56 merci pour votre lucidité constante,
01:13:58 parfaite,
01:14:00 merci pour nous répondre
01:14:02 oui à la grande question
01:14:04 "Est-ce que c'est sauvable ?"
01:14:06 C'est oui ou oui mais ?
01:14:08 Parce que la civilisation est sauvable.
01:14:10 - C'est oui. - Française, européenne.
01:14:12 - C'est oui.
01:14:14 C'est oui, à partir du moment
01:14:16 il suffit d'un petit
01:14:18 d'un petit nombre d'hommes
01:14:20 et femmes
01:14:22 conscients, transmettant
01:14:24 - Une nouvelle aristocratie.
01:14:26 - Et à partir du moment, ça peut repartir.
01:14:28 Voilà, je pense que
01:14:30 il faut transmettre.
01:14:32 Il faut transmettre,
01:14:34 transmettre par le sang,
01:14:36 par la lignée,
01:14:38 et transmettre par la culture,
01:14:40 - Par l'école.
01:14:42 - Par l'État, j'ai un vaste problème.
01:14:44 - Un vaste problème.
01:14:46 Merci pour tout ce que vous avez fait,
01:14:48 pour tout ce que vous nous avez apporté,
01:14:50 merci pour cette continuité magnifique,
01:14:52 ce combat inaltérable,
01:14:54 qui n'a pas eu beaucoup de chance
01:14:56 sur le terrain électoral,
01:14:58 vous avez soutenu Eric Zemmour,
01:15:00 le succès était mitigé,
01:15:02 mais qui aura peut-être
01:15:04 du succès sur le terrain capital
01:15:06 qui est la culture,
01:15:08 la civilisation et la transmission.
01:15:10 Et là je pense que vous avez
01:15:12 un énorme rôle à jouer encore,
01:15:14 mon cher Jean-Yves Le Gallo.
01:15:16 - Merci Paul-Marie pour cette conversation.
01:15:18 - Merci pour tout, à bientôt.
01:15:20 ♪ ♪ ♪
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