- il y a 3 heures
Sociologue parmi les plus influents de sa génération et à la tête d’une œuvre considérable, Michel Maffesoli a consacré sa vie à décrypter les grandes mutations de notre époque. Dans son nouveau livre, "Mes tribus", il livre un récit intime et intellectuel où se croisent souvenirs d'enfance, rencontres décisives et réflexions sur plus d'un demi-siècle de vie universitaire et culturelle. Théoricien du "temps des tribus", observateur du déclin des grandes idéologies et du retour des appartenances affectives, Michel Maffesoli revient sur les idées qui ont façonné son œuvre et éclairent encore notre présent. De la fin de la modernité au réenchantement du monde, de la sagesse populaire aux nouvelles formes du lien social, cet entretien accordé à TVL est une plongée passionnante dans la pensée d'un homme qui n'a cessé d'interroger l'esprit de son temps. Une conversation riche, libre et inspirante avec l'un des grands témoins des transformations de la société contemporaine.
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00:00TVL a besoin de vous maintenant. Je sais que pour beaucoup d'entre vous, ma demande est synonyme de sacrifice.
00:06Et je vous remercie par avance pour le soutien que vous nous accorderez. Il n'y a pas de petits
00:10gestes.
00:10De notre côté, toutes les dépenses sont concentrées sur notre mission d'information.
00:15Au sein de TVL, nous n'avons ni milliardaires, ni millionnaires.
00:19TVL, ce n'est pas non plus le service public, je peux vous le dire. Personne ne se gave.
00:24Il n'y a pas de prétendu star chez TVL, il n'y a que des personnalités animées par la
00:29volonté de vous livrer une information libre.
00:31Et c'est uniquement notre indépendance totale qui nous permet cette liberté.
00:35Celle que vous avez appréciée pendant les Gilets jaunes et le Covid, celle qui vous ouvre les yeux sur l
00:39'actualité internationale.
00:40Parce que soyons clairs, si j'avais un oligarque derrière l'épaule pour souffler mes textes,
00:44si j'avais une puissance étrangère pour dicter les éléments de langage,
00:47un marchand de canons pour décrypter les guerres,
00:50ou des perfusions d'argent public à la gloire du pouvoir en place,
00:53je ne serais pas là à vous demander de l'aide.
00:56TVL a besoin de votre don car c'est la seule garantie d'une intégrité totale.
01:01C'est aussi pour ça que nos analyses sont confirmées par le réel.
01:04Elles ne sont pas biaisées par des intérêts privés.
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01:12La voie de TVL sera capitale.
01:14Alors aidez-la à raisonner.
01:16Soutenez TVL maintenant.
01:30À la tête d'une œuvre considérable consacrée à l'analyse de la société contemporaine,
01:35Michel Maffezoli est peut-être le plus grand de nos sociologues français.
01:38Il publie un témoignage personnel et intellectuel intitulé
01:42« Mes tribus, souvenirs, pensées et rencontres »
01:45et c'est en vente sur le site tvl.fr.
01:46Vous allez dans la rubrique boutique.
01:48Vous connaissez le chemin pour vous procurer directement l'ouvrage.
01:51Bonjour Michel Maffezoli.
01:53Bonjour, bonjour.
01:54De fils de mineur de fond à la chaire de sociologie générale à la Sorbonne,
01:58« Mes tribus » vous donne accès à 50 ans,
02:01nous donne accès d'ailleurs à 50 ans d'une vie riche en découvertes humaines.
02:06Et en préambule de cet ouvrage, vous dites,
02:07« Ce livre est une sorte de palimpseste ou une épistémée ».
02:11Je me suis dit, il cherche à perdre ses lecteurs dès le départ.
02:15Oui, d'ailleurs je voulais l'appeler palynchénésie.
02:18Ça serait encore plus simple.
02:20Et c'est mon éditeur qui a dit non, non, arrêtez avec ces mots trop compliqués, etc.
02:25Voilà, moi ma formation est à base de latin, de grec, d'hébreu même, vous voyez.
02:32Donc du coup j'aime bien ces mots qui pour moi signifient quelque chose.
02:36– Alors palimpseste c'est très beau, mais en vérité c'est un terme qui cache le terme de recyclage,
02:41de recyclage que tout a été écrit déjà.
02:42– C'est vrai, ça a été écrit, mais d'ailleurs de toute façon vous savez,
02:47on a une idée dans sa vie, c'est Heidegger qui dit cela.
02:49Moi j'ai une idée que je développe depuis 50 ans, si vous voulez,
02:54un peu avec les lames de la mer, vous voyez,
02:57qui vont éroder la falaise, qui reculent et qui reviennent, etc.
03:01Oui, alors voilà, on peut dire que c'est une répétition.
03:03– Alors le titre constitue effectivement une référence directe
03:09à une notion centrale de votre pensée.
03:11Vous avez décrit de très longues dates ce retour de la dynamique des tribus,
03:16ces dynamiques tribales, l'émergence de l'idéal communautaire,
03:20succédant à finalement la rigidité de l'État-nation.
03:23Les faits vous ont donné raison ?
03:25Vous êtes un visionnaire finalement Michel Fassé-Zoli.
03:27– Oui, mais vous savez ce que dit Léon Blois,
03:30le prophète est celui qui se souvient de l'avenir.
03:33Donc je me contentais de souvenir de ce dont nous venons,
03:36c'est-à-dire la tradition, c'est un livre, je suis traditionnaliste,
03:41Joseph de Mestre disait, je suis réactionnaire, mais pas conservateur.
03:45Je reprends cette idée-là.
03:46– Donc oui, en 1988, j'ai publié Le Temps des tribus.
03:52Et c'était pour montrer ce…
03:54Cela m'a valu pas mal d'ennuis parmi mes chers collègues qui m'ont critiqué.
03:58– On va en reparler.
03:58– On en reparlera.
03:59– Mais en gros, mon idée était la suivante, elle est fort simple.
04:02Ce qui a constitué la modernité,
04:05depuis Descartes, la philosophie des Lumières, le XIXe siècle,
04:09a abouti à la République une et indivisible, au XIXe.
04:14Et moi, de longue date, j'essaie de montrer que c'est fini,
04:18cette République une et indivisible.
04:20Et qu'on est en train de revoir, c'est ça la tradition.
04:23La res publica, la chose publique,
04:25qui va être une mosaïque d'entités, de petites tribus,
04:31où chacun garde sa configuration, sa couleur, sa structure,
04:34il peut y avoir une cohésion.
04:35Voilà mon hypothèse.
04:36– Et est-ce que vous êtes, quand vous faites cela,
04:38et aujourd'hui les faits vous donnent raison,
04:40est-ce que vous étiez considéré comme un visionnaire,
04:42vous me dites non, ou est-ce que vous aviez tout simplement fait
04:45une conclusion, celle de vos intuitions instinctives,
04:48pour reprendre des termes qui sont les vôtres ?
04:50– Oui, oui, moi je suis bergsonien,
04:52donc l'intuition est pour moi quelque chose d'important.
04:55Vous m'avez dit, sociologue, j'aime pas ce titre,
04:58quand je vois ce que sont mes chers collègues sociologues,
05:00je dis en renifleur.
05:02Voilà, j'avais reniflé quelque chose.
05:04Et le tribalisme est une des…
05:06soyons clairs, pour le meilleur et pour le pire d'ailleurs.
05:09Vous avez compris que pour moi je ne dis pas si c'est bien,
05:12si c'est mal, etc.
05:13Je constate, voilà.
05:15Oui, j'avais reniflé cela.
05:19Je disais à mes étudiants, et moi-même je l'ai fait,
05:21les livres et les bistrots.
05:23C'est-à-dire qu'il faut traîner un peu dans la rue,
05:25et c'est là qu'on peut sentir ce qui est en gestation.
05:28Et moi j'avais senti dès l'origine
05:29que les tribus allaient se développer dans nos mégapôles.
05:35– Autre notion, vous regardez la modernité
05:38qui annonçait normalement des deux mains meilleures,
05:42meilleures qu'aujourd'hui.
05:43Vous la regardez comme un échec,
05:45ce modèle est effectivement en train de s'épuiser.
05:48– Pas tout à fait un échec, pas tout à fait un échec.
05:51Je n'aime pas cracher dans la soupe.
05:53Disons, je constate que cette modernité,
05:55ce qu'on appelle les temps modernes,
05:56je l'ai dit il y a un instant,
05:57qui commence avec le XVIIe siècle,
05:59et qui pour moi s'achève à la moitié du siècle dernier,
06:04a marché, a bien marché.
06:06Je veux dire, ce n'est pas la peine de contester,
06:09Michel Foucault a bien montré,
06:10comment au XIXe siècle se sont élaborées
06:12les institutions modernes.
06:14Mais en même temps, vous voyez,
06:16quand on observe sur 2000 ans de temps,
06:18c'est ça notre champ d'observation,
06:20on se rend compte, et c'est un demi-dada,
06:22qu'il y a des époques.
06:23En grec, ça veut dire parenthèse, une époque.
06:26Et donc cette modernité, cette époque moderne,
06:28a fait son temps,
06:30la parenthèse est en train de se fermer.
06:32Quelque chose d'autre est en gestation,
06:34je suis un de ceux,
06:36nous ne sommes pas nombreux,
06:38qui parlent de post-modernité en gestation.
06:40Voilà, c'est tout.
06:41Alors, je ne dis pas que ce soit un échec,
06:44la modernité,
06:45elle a fait son temps,
06:47comme la Renaissance a fait son temps,
06:49comme le Moyen-Âge avait son temps,
06:50etc.
06:51Et du coup,
06:53alors que l'intelligentsia,
06:54quand je dis intelligentsia,
06:56ou les élites,
06:58politiques, journalistes,
06:59experts, maintenant on dit,
07:00on dit plus intellectuels,
07:01restent encore obnubilés par le progressisme moderne,
07:05moi je montre que d'autres valeurs,
07:07chez les jeunes générations,
07:08sont en gestation,
07:08et j'essaie de les décrire.
07:09– Vous considérez que nous sommes dans une forme de post-modernité,
07:13qui voit revenir les mythes,
07:16le sacré,
07:17les émotions collectives,
07:18ce sont là encore les termes que vous utilisez souvent,
07:20cette mutation pour vous,
07:22elle est achevée,
07:22ou nous sommes encore entre deux mondes ?
07:24– Non,
07:25vous voyez,
07:26pour être précis,
07:27les historiens montrent
07:28qu'une époque dure trois siècles,
07:30trois siècles et demi.
07:33Entre les époques,
07:34il y a une différence sémantique,
07:35il y a des périodes,
07:36ce que nous vivons,
07:37qui durent quelques décennies,
07:38où on pressent ce qui est en train de s'achever,
07:41et on a à dire,
07:43on ne peut que balbutier sur ce qui est en train de naître,
07:46voilà,
07:46alors on est dans cette période un peu crépusculaire,
07:48qui est la nôtre,
07:50où on voit bien comment il y a un décalage
07:52entre les élites et le peuple,
07:54les élites qui restent sur des valeurs,
07:56de mon point de vue,
07:57dépassées,
07:57et puis,
07:59d'autres types de valeurs sont en gestation,
08:01mais qui ne sont pas encore là,
08:03voilà.
08:04– Vous parlez de tribalisme,
08:05dites aussi,
08:06les trois principes qui caractérisent la post-modernité,
08:08donc le tribalisme,
08:09on vient de l'évoquer,
08:09le nomadisme et le dionisiac.
08:12Alors,
08:13il faut nous éclairer encore sur ces trois principes.
08:16– C'est vrai,
08:17ce sont mes trois livres un peu
08:20où j'essayais d'analyser.
08:23Alors,
08:24le tribalisme,
08:25donc on a dit,
08:26je ne vais pas y revenir,
08:27le nomadisme,
08:28oui,
08:28en rappelant que toute société
08:30voit intégrer des éléments hétérogènes,
08:34mais avec une nuance qui est la mienne,
08:37c'est que je suis inspiré par un sociologue allemand
08:41qui s'appelle Zimmel,
08:42qui est maintenant largement traduit,
08:44mais peu connu en France,
08:45et il montrait,
08:46il disait,
08:47il y avait deux mots qui définissaient une société,
08:49le pont et la porte.
08:51Le pont,
08:51c'est le nomadisme,
08:52ce qui nous ouvre,
08:53et puis une nécessité de la porte,
08:55il faut quand même fermer à un moment donné,
08:57voilà.
08:58Et mon analyse du nomadisme,
08:59c'est ça,
09:00reconnaissons qu'il y a nécessité d'intégrer
09:03et en même temps nécessité de fermer,
09:04si je puis le dire ainsi,
09:06voilà,
09:06ça c'est mon nomadisme.
09:08Alors Dionysos,
09:09ça c'est mon petit dieu chéri,
09:10Dionysos,
09:10c'est-à-dire que,
09:12je reprends l'idée,
09:13j'aime bien rendre à César,
09:14ce qu'il y revient,
09:15à Nietzsche,
09:16qui montre qu'il y a des grandes époques
09:18où prédomine Apollon,
09:21là où le dieu du ciel,
09:22ou Ranien en quelque sorte,
09:23et il y a d'autres moments
09:24où arrive une dimension
09:26beaucoup plus dionysiaque.
09:27Et mon hypothèse,
09:29moi là,
09:29c'est que la modernité
09:30a été apollinienne,
09:32rationaliste,
09:33pour dire au bref,
09:34alors que ce qui est en gestation,
09:36oui,
09:36c'est Dionysian,
09:37c'est Dionysiaque,
09:39c'est-à-dire où l'émotionnel,
09:41les affects,
09:41prennent une place importante.
09:43Voilà.
09:44Rationalisme,
09:45émotionnel.
09:46– On en reste sur les termes.
09:47Vous avez souvent évoqué ce terme-là
09:49de réenchantement du monde,
09:51vous êtes venu souvent l'évoquer
09:52sur ce plateau de TV Liberté,
09:54alors que dans l'ouvrage,
09:56vous affirmez
09:56que notre société est passée
09:58d'un totalitarisme doux
10:00à un totalitarisme strictus insu.
10:02Je me dis qu'en forme
10:04de réenchantement du monde,
10:05le totalitarisme,
10:06ce n'est pas la meilleure forme
10:07à trouver.
10:08– Oui, mais vous voyez,
10:09j'ai dit tout à l'heure,
10:10je le redis,
10:11c'est une espèce d'opposition chez moi.
10:12Il faut faire attention,
10:13on est dans ces périodes intermédiaires
10:16où il y a un décalage
10:17entre la société officielle
10:18et la société officieuse.
10:20Voilà.
10:21La société officielle reste
10:22sur le désenchantement du monde.
10:24Qu'est-ce que c'est
10:24que le désenchantement du monde ?
10:26C'est Weber,
10:27le rouleau compresseur
10:28du rationalisme
10:29qui va séculariser toute chose,
10:31qui va évacuer le sacré,
10:32pour dire en bref.
10:33Il y a des bons esprits
10:34comme Karl Schmitt
10:35qui ont bien montré
10:36que ce qui était
10:37constitutif de la modernité,
10:39c'était que
10:39de la sécularisation
10:40de concepts théologiques,
10:42judéo-chrétiens en la matière.
10:44Et alors eux,
10:45ils restent sur cette idée
10:46de désenchantement
10:48et nombre d'intellectuels
10:50restent sur cette idée
10:51de désenchantement.
10:53Moi, pour ma part,
10:54je montre que dans la société officieuse,
10:56je dis bien,
10:56ces jeunes générations,
10:58eh bien,
10:58il y a un réenchantement.
11:00Disons-le simplement.
11:02Je ne sais pas,
11:03moi, on a des indices.
11:04Chartres, il y a quelques semaines.
11:06Moi, j'habite à côté
11:08de Saint-Nicolas-Luchardonnay
11:10et je regarde cette messe complète
11:12chaque dimanche
11:13avec trois messes
11:14où il y a des jeunes en quantité,
11:15vous voyez,
11:16mais traditionnalistes
11:17en la matière.
11:20La fréquentation des monastères,
11:22également,
11:23le nombre de baptêmes,
11:24tout cela a été dit.
11:25Voilà pour moi des indices
11:27de ce réenchantement
11:28que l'intelligentsia rationaliste
11:30ne veut pas voir,
11:31ne sait pas voir d'ailleurs.
11:32Mais pour moi,
11:33la sagesse populaire le dit,
11:34ce qui crève les yeux,
11:35il faut le dire.
11:36Voilà, j'essaie de le dire.
11:38Mes tribus dans l'ouvrage,
11:39le mot prend un double sens.
11:40Il y a les tribus sociologiques
11:41que vous n'avez cessé d'étudier,
11:43mais aussi les tribus personnelles
11:45qui ont constitué votre propre vie.
11:46Il y a tout d'abord vos maîtres,
11:48les personnalités
11:49qui ont influencé votre pensée.
11:50Quelles sont celles
11:51qui ont véritablement orienté
11:53votre parcours intellectuel ?
11:54Elles sont citées dans l'ouvrage,
11:56mais si vous deviez en retenir
11:58une, deux, trois,
11:59pour vous faire plusieurs.
12:00Dites-moi trois.
12:02Bon, non,
12:04si je dis,
12:05à la gradation
12:06de mon parcours intellectuel,
12:09bon, bien sûr,
12:10il y a,
12:11ça sera le bout où j'ai fait mes études,
12:12Julien Freund.
12:13C'est lui qui m'a appris
12:15à être attentif
12:15à la vie quotidienne,
12:16justement.
12:17C'est lui qui m'a introduit
12:18à Max Weber,
12:19être à la hauteur du quotidien.
12:21Mais dans le sens,
12:24ce qu'on retrouve
12:24dans l'évangile de Saint-Luc,
12:26c'est-à-dire
12:27le pain substantiel,
12:30c'est ça,
12:30l'idée du quotidien,
12:32ce qui est le...
12:32Alors, je vais vous dire un mot
12:33qui vous fera plaisir,
12:34une hypostase,
12:35c'est-à-dire le support,
12:36le fondement,
12:37pour le dire.
12:39Le fondement de toute vie.
12:40Voilà,
12:41voilà, Julien Frey.
12:42Et puis,
12:42j'ai commencé ma carrière
12:43en 72
12:44à Grenoble,
12:46j'étais assistant
12:47à l'époque,
12:47et ce fut la découverte,
12:49vraiment,
12:50de Gilbert Durand,
12:51qui est un des premiers,
12:54qui est celui
12:54qui,
12:55d'une manière remarquable,
12:57a rendu attentif
12:58aux structures
12:59de l'imaginaire,
13:00aux structures anthropologiques
13:01de l'imaginaire.
13:02Alors que la vieille tradition française,
13:04j'allais dire,
13:04François Yard,
13:06de Malbranche
13:07jusqu'au XXe siècle,
13:10l'imagination
13:10était la folle du logis,
13:12la formule de Malbranche,
13:13ce qui ne permettait pas
13:14le bon fonctionnement
13:15des cerveaux.
13:15Et un pseudo-philosophe
13:17dont je parle
13:18et dont on a fait grand bruit,
13:19Jean-Paul Sartre,
13:21quand il écrit son premier livre
13:22en 1936,
13:24l'imaginaire,
13:25un autre petit livre
13:26en 1938,
13:27l'imagination,
13:27il reprend l'idée
13:28de Malbranche,
13:29c'est-à-dire
13:29la folle du logis,
13:30ce qui ne permet pas
13:31le bon fonctionnement.
13:32Alors que Gilbert Durand,
13:33lui, a montré
13:34comment,
13:35à certains moments,
13:36il y avait l'importance
13:37de ses mythes,
13:37de ses rêves,
13:38de ses symboles,
13:39un inconscient collectif.
13:41Voilà,
13:41et donc,
13:42voilà mon influence.
13:43– Ça, c'est votre maître.
13:44– Freund
13:44et mon maître essentiel
13:45qui est Gilbert Durand.
13:46Alors,
13:47accessoirement,
13:48je dois quand même le dire,
13:49c'était mon troisième
13:49si vous le permettez,
13:51il s'est trouvé
13:51qu'à Strasbourg,
13:52j'ai fait ma première thèse
13:54sur Heidegger
13:54et j'ai eu la chance
13:55de rencontrer Heidegger.
13:57Voilà,
13:58et Heidegger,
13:59il est toute son œuvre
14:01en français,
14:02en allemand
14:02et dans ma bibliothèque
14:03et puis régulièrement,
14:05je le cite dans mes livres
14:06parce que pour moi,
14:06c'est une pensée
14:08particulièrement d'actualité.
14:11Son idée,
14:11c'est phénoménologie,
14:13c'est-à-dire
14:15regarder les phénomènes,
14:16regarder ce qui est là.
14:17Je me suis inspiré de cela.
14:19– Au rang des souvenirs,
14:20des pensées,
14:21des rencontres,
14:22il y a en tout premier lieu
14:23le monde universitaire
14:25dont vous êtes issu.
14:26Vous avez des mots
14:27d'ailleurs très durs
14:27pour ce monde universitaire
14:28en 2026.
14:29Je vous cite,
14:30ce sont des spécialistes
14:31du baratin,
14:32ils manient des paroles
14:33sans importance
14:33ayant pour seul objectif
14:35de conforter
14:35l'empire du mensonge.
14:37– Oui,
14:38c'est un peu méchant
14:39mais je persiste les signes.
14:41C'est-à-dire que
14:43j'ai eu la chance,
14:44puisque vous m'avez fait
14:44nommer mes maîtres,
14:45d'avoir cette génération
14:46avant la mienne
14:48qui était des grands maîtres,
14:50oui,
14:50qui m'avaient formé.
14:52Il s'est trouvé,
14:53vous voyez,
14:53d'un point de vue anecdotique,
14:55que j'ai été nommé
14:56le plus jeune professeur
14:57titulaire en France
14:58à la Sorbonne,
14:59j'avais 37 ans à l'époque,
15:00c'était en 1981.
15:02– Par François Mitterrand.
15:04– Pardon ?
15:04Oui, c'est vrai
15:05qu'il y a une lettre.
15:07À l'époque,
15:08on recevait une lettre,
15:09il y avait des chaires encore,
15:10c'est en 1984
15:11que les chaires ont disparu,
15:12mais en effet,
15:13il y a la lettre
15:14me nommant en Sorbonne.
15:15Et puis,
15:17ma génération
15:18qui est arrivée après moi,
15:19eh bien,
15:20n'avait pas la même culture.
15:22Et il y avait une espèce de,
15:24au lieu de séparer
15:25le savant et le politique,
15:27c'était plutôt
15:27que des discours politiciens
15:30qui sont.
15:30Et puis,
15:31quand on dit sociologue,
15:32on dit de gauche,
15:33donc il fallait être de gauche.
15:34Voilà.
15:34Ce n'était pas mon cas.
15:36Mais du coup,
15:37oui,
15:38mon travail à la sorte,
15:39j'ai beaucoup aimé
15:41mes 35 ans d'enseignement
15:42et je continue
15:44à avoir des contacts
15:44avec mes anciens étudiants,
15:46maintenant qu'ils sont professeurs
15:47ici ou là,
15:48un peu partout
15:48de par le monde d'ailleurs.
15:50Voilà,
15:51ce fut une belle chose.
15:52Et il se trouve,
15:53alors peut-être
15:54que c'est abusif
15:55ce que je dis,
15:55mais qu'en effet,
15:57les générations
16:00après les miennes
16:01sont devenues
16:02de plus en plus
16:03abattardies,
16:03pour dire en vrai.
16:04– Vous dites que l'université,
16:05c'était le lieu
16:05où se formait pour moi
16:06l'aristocratie de l'esprit.
16:09En fait,
16:09c'est devenu
16:09un des lieux emblématiques
16:10de la faillite des élites.
16:12– En gros, en gros.
16:13– Et vous avez souffert
16:13des attaques
16:14dont vous avez été l'objet
16:14de la part d'une partie
16:15de votre corporation ?
16:17– Non.
16:19Je vous le dis simplement
16:20et franchement,
16:21vous voyez,
16:21c'est-à-dire que…
16:22– Je ne sais pas ce que je ressens
16:22dans l'ouvrage,
16:23je vous dis franchement.
16:23– Non, mais de fait,
16:24de fait,
16:24j'ai peut-être eu
16:25une espèce de sagesse
16:26qui me venait
16:27de ma sagesse populaire
16:28dans mon milieu
16:29à quelque sorte
16:29où je savais faire
16:31comme on le disait
16:31la part des choses.
16:32Voilà.
16:33J'étais conscient
16:34de ce que j'écrivais.
16:36J'écris quand même
16:37une quarantaine d'ouvrages
16:38qui sont traduits
16:40dans de nombreuses langues
16:41où il n'y a eu,
16:43je n'ose pas dire du succès,
16:44mais en tout cas,
16:45qui ont influencé
16:46à bien des égards
16:47le nombre d'analyses contemporaines.
16:50Alors, bien sûr
16:50que j'ai eu pas mal de critiques
16:52de la tradition bourdieusienne
16:54en particulier,
16:55les bourdieusiens.
16:56C'était ceux
16:57qui me critiquaient le plus,
16:58tout simplement
16:59parce que,
16:59à bien des égards,
17:00je ne rentrais pas
17:01dans ce matérialisme
17:03historique
17:04qui était le leur,
17:05cette grande tendance
17:05marxisante.
17:07Et j'essayais de développer,
17:08au contraire,
17:09encore une fois,
17:09je le redis Weber,
17:11une neutralité axiologique.
17:12Ce n'était pas à nous
17:13de dire ce que devrait être
17:15le monde,
17:16mais d'écrire ce qu'il était.
17:17Voilà.
17:18Donc, vous voyez,
17:19je ne vais pas...
17:19– Quand vous citez Platon,
17:20il n'y a pas de forfanterie
17:21de votre part
17:22quand vous dites,
17:23en citant Platon,
17:24tout ce qui est grand,
17:25s'expose à la tempête.
17:26– C'est vrai.
17:27Mais de toute façon,
17:28il n'y a pas que Platon
17:29qui a dit cette belle phrase.
17:30Vous voyez,
17:31Aristote,
17:32ou celui qui est
17:33un de mes maîtres
17:34aussi importants,
17:35je ne l'ai pas cité,
17:35je le regrette,
17:36saint Thomas d'Aquin,
17:39a souffert
17:39des quantités
17:40de critiques
17:41qui étaient les siennes
17:42en son temps.
17:43Vous voyez,
17:44il fut même
17:45par l'évêque
17:46Tempier
17:48de Paris
17:49condamné,
17:50fut-ce 2-3 ans,
17:51etc.
17:51Enfin, peu importe.
17:52– L'Église a vite
17:53récrisé le tir quand même.
17:54– Voilà,
17:55donc ce pour dire que,
17:57tenez,
17:58une formule de Pascal
17:59que je lisais
18:00il y a peu,
18:02j'aime le combat,
18:03peu importe la victoire.
18:05Et donc,
18:06ce combat,
18:06je l'ai mené
18:07en combat intellectuel.
18:09Il s'est trouvé
18:10que,
18:10soyons clairs quand même,
18:11il ne fut pas
18:12tout à fait négligeable.
18:13– Vous étiez,
18:14vous êtes mis en marche
18:15finalement
18:16de la tribu des bien-pensants,
18:17ça c'est une belle tribu
18:18aussi celle-ci
18:18qui est très consistante,
18:21très constante aussi d'ailleurs.
18:26et vous dites même
18:27quasiment subi
18:28une inquisition
18:29de ce que vous appelez
18:31les toutologues.
18:32– Oui,
18:33c'est vrai,
18:34l'expression.
18:34– Et pourtant,
18:35Michel Maffesoli,
18:36vous bénéficiez officiellement,
18:39vous l'avez écrit
18:39dans deux ouvrages
18:40de ce qu'on appelle
18:41un totem d'immunité,
18:42de cet soutien fraternel
18:44qu'est la formation.
18:45– Ça n'a pas permis pourtant
18:48que l'inquisition se fasse.
18:50– Non,
18:50je crois que nous avions ici
18:52parlé de mon livre
18:53sur la franc-maçonnerie,
18:54n'est-ce pas,
18:55qui est pour moi
18:56le Grand Orient,
18:56je disais,
18:57les lumières sont éteintes.
18:59– Les lumières sont éteintes.
18:59– C'est pour ça
19:00que je me permets
19:00de citer ce laps.
19:00– Oui,
19:01vous faites bien de le dire,
19:02disons que dans le milieu
19:04universitaire,
19:04non,
19:05j'ai pas véritablement,
19:06il y a eu des attaques,
19:07bien évidemment,
19:09mais encore une fois,
19:10comme,
19:11je ne sais pas,
19:11j'étais entouré
19:12d'une série de chercheurs,
19:13de collègues
19:15qui appréciaient
19:15ce que j'étais entrefaire,
19:18disons,
19:18je n'ai pas eu de problème.
19:19Alors par contre,
19:21certains bien-pensants
19:22comme le Grand Orient
19:23m'ont beaucoup critiqué
19:25parce que justement,
19:26je n'étais pas
19:26dans l'ordre des choses,
19:28je n'avais pas
19:29une pensée socialisante,
19:31on va dire,
19:31ou marxisante.
19:32Oui,
19:33ben voilà,
19:33il y a eu un débat,
19:34j'ai démissionné,
19:36curieusement,
19:36j'ai été exclu
19:37quelques temps après,
19:38après avoir démissionné,
19:39mais c'est ainsi,
19:40voilà,
19:41c'est encore une fois
19:41quelque chose
19:42qui n'est pas important.
19:42– Et qu'est-ce qui se cache
19:43derrière les toutologues ?
19:44– Alors toutologues,
19:45si vous voulez,
19:45c'est un peu
19:47les discours actuels
19:49où, vous voyez,
19:50ce grand sociologue
19:51qui s'appelle Raymond De Vos
19:53avait cette belle idée,
19:54quand je n'ai rien à dire,
19:55je veux que ça se sache,
19:56voilà,
19:57belle petite formule
19:58que je répète souvent,
20:00mais les toutologues,
20:01c'est ça,
20:01c'est-à-dire que,
20:02véritablement,
20:03ils n'ont pas
20:03grand chose à dire,
20:05ils n'ont pas
20:05de vraie spécialité,
20:07mais ça passe bien
20:08et dans les médias,
20:09c'est ce qui marche,
20:10soyons clairs,
20:11alors c'est en ce sens
20:12qu'il est toutologue,
20:13c'est-à-dire qu'il parle
20:14sur tout,
20:15si je puis dire,
20:16voilà.
20:16– Même si vous n'aimez pas
20:17le terme,
20:17les tribus,
20:17c'est quand même
20:18un traité de sociologie
20:18par petits points,
20:20et c'est aussi
20:21un récit de la transmission,
20:22ça c'est important aussi.
20:24– Pour moi,
20:24c'est important,
20:24la transmission.
20:25– Est-ce que,
20:27si vous deviez transmettre,
20:29comme vous le faites encore,
20:30d'ailleurs,
20:30aux jeunes générations,
20:31une seule leçon
20:33de votre parcours,
20:34tirée de votre parcours,
20:35de vos lectures,
20:36de vos rencontres,
20:36quelle serait-elle ?
20:37Une seule leçon,
20:38là je ne vous donne pas
20:38trois possibilités,
20:39Michel,
20:40une seule leçon.
20:42– Oui,
20:42non,
20:42il suffit,
20:43je vous l'ai dit tout à l'heure,
20:45il suffit de savoir renifler,
20:48il suffit de savoir voir,
20:51et que c'est si on sait voir
20:52qu'on devient un voyant,
20:53voilà,
20:54dans le sens simple du terme.
20:56Et c'est le conseil
20:57que je donne,
20:57moi,
20:58à tous mes étudiants.
20:58Pour tout vous avouer,
21:00j'ai fait passer 270 thèses,
21:03ce qui m'a valu aussi
21:04beaucoup de critiques
21:05de mes chers collègues,
21:06mais en même temps,
21:07si vous voulez,
21:08avec ces étudiants
21:09qui venaient me voir,
21:10je respectais même
21:12des citations
21:12qui ne me convenaient pas,
21:13vous voyez,
21:14des références
21:14à des auteurs
21:15qui n'étaient pas du tout
21:16dans ceux qui m'intéressaient.
21:18Donc vous voyez,
21:19il y avait cette espèce
21:19de liberté d'esprit,
21:21et pour moi,
21:22ce fut une chose importante,
21:23être un esprit libre,
21:25pas un libre-penseur,
21:26un esprit libre.
21:28Nietzsche disait,
21:29pour les libres-penseurs,
21:30ils ne sont ni libres
21:31ni penseurs.
21:34– Mais il s'affaire,
21:35embêter les gens.
21:36On ne peut pas s'empêcher
21:37de voir dans ce livre,
21:39par endroit,
21:40j'utilise le terme,
21:41mais il n'est pas de vous,
21:43il est de moi,
21:43une forme de testament.
21:45Et là,
21:45cette motion me semble bien,
21:46bien éloignée
21:47de votre personnalité
21:48que je connais,
21:49qui se nourrit
21:49de beaucoup de curiosité
21:50de comprendre le monde.
21:51Et le mot testament…
21:53ne me gêne pas.
21:56– J'en ai peur de ça.
21:57– Pardon ?
21:57– Les gens que je reçois,
21:59si je dis le mot testament,
22:00ils prennent peur.
22:01– Non, pas du tout,
22:01ce n'est pas mon ça.
22:03De toute façon,
22:04je n'ai jamais vu peur.
22:05Mais plus que ça,
22:07vous avez raison,
22:08c'est-à-dire que je suis
22:09à un moment de mon existence,
22:12vu mon âge,
22:13où il me paraît nécessaire
22:15de faire alors un bilan,
22:16mais en effet,
22:17testé monium,
22:18je livre,
22:19je donne quelque chose
22:20qui peut-être va rester.
22:22Alors, il y a eu
22:23un premier livre
22:23qui s'appelle,
22:25celui,
22:26mon livre précédent,
22:27Apologie,
22:28qui était là,
22:29le premier tome
22:30de ses mémoires.
22:31Il y a celui-ci,
22:32et pour tout vous avouer,
22:33il y a un troisième
22:35qui est en rédaction,
22:36qui va être
22:36sur l'agonie
22:37de la modernité,
22:38avec comme sous-titre
22:39un peu,
22:40qui va me valoir
22:41beaucoup d'ennuis,
22:42vers un nouveau Moyen-Âge.
22:43Voilà ce qui sera
22:44le troisième tome.
22:45Donc oui,
22:45c'est dans le sens simple
22:47du terme testament.
22:48Vous dites,
22:49« Je rassemble les morceaux »,
22:51ce qui a été un peu
22:52épargne dans tous mes livres.
22:54Là,
22:55sur ces deux premiers tomes
22:56et celui qui va apparaître,
22:57ça va être une manière,
22:58encore une fois,
22:59de léguer quelque chose.
23:00Une pédagogie ?
23:01Je n'aime pas
23:02le mot pédagogie,
23:04non,
23:05parce que je considère
23:06que la pédagogie
23:07a fait son temps.
23:09Vous disiez
23:10à un instant,
23:11transmission,
23:11on transmet.
23:13Ce que la modernité,
23:15et Rousseau le montre bien
23:16dans les milles,
23:17la transmission se fait
23:18par l'éducation,
23:19si je le dis en latin,
23:20ou la pédagogie,
23:21si j'en prends
23:21l'étymologie grecque.
23:23L'idée de pédagogie
23:25et d'éducation est au carré.
23:26Je te tire,
23:27pédagogie,
23:27je te conduis.
23:28Donc,
23:29il y a un côté
23:29qui ne me convient pas.
23:31Et je pense
23:32que ce qui est en jeu,
23:34je vous prie
23:34de m'excuser,
23:36la transmission
23:37post-moderne
23:38va être
23:38ce qui était
23:40antérieurement
23:40à notre époque,
23:41l'initiation.
23:43Donc voilà,
23:43moi,
23:43je me contente
23:44d'initier.
23:45initier,
23:45ça veut dire
23:47faire ressortir
23:47le trésor
23:48qui est en tout un chacun.
23:49On ne postule pas
23:51qu'il y a du vide
23:51et je tire
23:52ou que je remplis,
23:53mais au contraire,
23:54je fais ressortir
23:55le trésor.
23:55Voilà,
23:55donc je préfère
23:56le mot initiation.
23:57C'est noté.
23:58Face aux crises
23:58qui traversent
23:59nos sociétés occidentales,
24:00je ne pouvais pas gagner
24:00testament,
24:01je savais que j'allais perdre
24:03sur un des deux.
24:04Face aux crises
24:04qui traversent
24:05nos sociétés occidentales,
24:06trouvez-vous encore
24:07les raisons d'espérer ?
24:08Peut-être par l'émergence
24:09d'ailleurs d'une culture alternative,
24:11la preuve par TVL
24:12est fondatrice ?
24:14Oui,
24:14vous savez,
24:15l'idée simple,
24:16encore une fois,
24:17revenir à des idées fort simples
24:18qu'on a malheureusement oubliées.
24:21Décadence,
24:22renaissance.
24:23Permettez-moi quand même
24:24de vous dire
24:25la première phrase
24:26qui fut écrite
24:27dans la pierre dit-on
24:28dans la tradition culturelle
24:29qui est la nôtre,
24:30philosophe Anaximandre de Millet,
24:33la formule est splendide
24:34en grec.
24:35Genesis,
24:36kai phthora,
24:37phthora,
24:37kai genesis.
24:38Genèse et déclin,
24:41déclin et genèse.
24:42Voilà pour ce que j'essaie
24:43de décrire.
24:44Oui,
24:44il y a quelque chose
24:45qui est en train de décliner,
24:46la décadence,
24:46ce qui tombe,
24:47et on a toute une série d'indices
24:49si on sait regarder
24:50ces jeunes générations
24:52qui montrent
24:52que d'autres valeurs
24:53sont en gestation.
24:54Oui,
24:55une renaissance est en cours
24:56de mon point de vue.
24:57Mais elle ne va pas se faire
24:59sur ce qu'était
24:59le tripode moderne,
25:02individualisme,
25:02rationalisme,
25:03progressisme.
25:04Voilà sur quoi
25:05s'est élaboré
25:05la modernité.
25:06Pour moi,
25:07c'est en effet
25:08la communauté,
25:09la tribu,
25:10l'émotionnel
25:11et la tradition.
25:12Voilà un peu,
25:13si vous voulez,
25:14les éléments
25:15de la renaissance en cours.
25:17Il y aura donc toujours
25:17tes raisons d'espérer
25:18et nous continuerons
25:20à chanter
25:20puisque je l'ai découvert,
25:21le même chance-coute
25:22finalement.
25:23qui mène les plus noirs nuages
25:24à la fin de dehors.
25:27Merci beaucoup,
25:28Michel Maffezoli.
25:28Je rappelle,
25:29mes tribus,
25:29souvenirs,
25:30pensés,
25:30rencontres et des éditions
25:31du Cerf,
25:31c'est sur le site tvl.fr.
25:33Voilà pour l'été,
25:34un ouvrage pour penser
25:36plus qu'un témoignage.
25:37Ce livre est une véritable
25:40initiation érudite
25:40à la sagesse populaire.
25:42Merci beaucoup.
25:43Merci beaucoup.
25:43Merci beaucoup.
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