00:00 Ma question s'adresse à Madame la Première Ministre.
00:03 Madame la Première Ministre, vous vous seriez vantée, il y a peu,
00:06 d'avoir réussi en quelques jours ce que Gérald Darmanin n'avait pas su faire en un an.
00:10 Mais à quel prix ? Vous avez jeté la majorité présidentielle et le pays dans les bras du Front National.
00:16 Au soir de son élection, face à Marine Le Pen, grâce aux voix de la gauche,
00:21 Emmanuel Macron promettait d'être un barrage face au Front National et ses idées.
00:25 Il ajoutait "J'ai conscience que ce vote m'oblige".
00:27 Aujourd'hui, l'extrême droite n'a plus besoin d'être élue.
00:30 Vous appliquez son programme et faites vote la préférence nationale.
00:33 Vous affirmez pourtant que ce projet de loi est conforme à vos valeurs.
00:38 Madame la Première Ministre, supprimer l'AME est-ce conforme à vos valeurs ?
00:43 Priver des étrangers en situation régulière de prestations sociales est-ce conforme à vos valeurs ?
00:47 Fermer la porte de nos universités aux étudiants étrangers est-ce conforme à vos valeurs ?
00:52 Écarter des étrangers des dispositifs d'hébergement d'urgence est-ce conforme à vos valeurs ?
00:57 Soutenir un texte dont plus de 20 mesures sont inconstitutionnelles est-ce conforme à vos valeurs ?
01:03 Vous vantez de ne pas respecter les décisions de la CEDH, est-ce cela vos valeurs ?
01:08 Madame la Première Ministre, ressaisissez-vous.
01:11 Vous devez mettre un terme à cette dérive que nous continuerons, pour notre part, de combattre à chaque étape.
01:17 Merci. La parole est à M. Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur et des Outre-mer.
01:25 A vous, M. le ministre.
01:27 Merci, M. le Président, Mesdames et Messieurs les Sénateurs.
01:31 Madame la Sénatrice, ce que l'on peut constater, c'est quand même votre vision extrêmement partiale et partielle du texte qui a été adopté hier par le Sénat et par l'Assemblée nationale.
01:45 D'abord dire que non, il n'y a pas de fermeture des étudiants étrangers en venant en France.
01:50 Il y a une volonté du législateur de pouvoir vérifier qu'il ne s'agit pas de personnes qui utilisent en effet la grande générosité de la France.
02:05 Le président de la République a fixé à 100 000 étudiants chaque année. Vous n'avez jamais fait ça lorsque vous étiez en responsabilité.
02:11 Des personnes qui pourraient venir sans faire des études et étant irréguliers.
02:16 Il n'y a pas de l'aide médicale d'État supprimée. Il n'y a pas la fin du titre d'étranger valide supprimée.
02:23 Il y a en revanche tout ce que vous n'avez pas fait quand vous étiez en responsabilité.
02:27 Vous avez voté hier contre l'irrégularisation des personnes qui n'ont pas de papier et qui travaillent dans nos entreprises.
02:34 On retiendra ça de la nupèce dont vous faites partie.
02:38 Il y a aussi, madame de La Gontry, de votre part, avoir voté contre un texte qui pour la première fois interdit les mineurs dans les centres de rétention administratifs.
02:49 On retiendra ça de votre position. Mais c'est pas très étonnant, madame de La Gontry, que vous agissiez ainsi.
02:55 Parce qu'en fait, la nupèce à l'Assemblée nationale, sans doute sur votre recommandation, a mêlé ses voix avec le Rassemblement national pour ne pas discuter.
03:05 Et vous n'avez que le fruit de votre petite politique politicienne.
03:09 Mais nous, hier, nous avons su faire voter un texte sans compter les voix du Rassemblement national.
03:14 Car nous avions le sens de l'honneur, alors que vous, vous n'avez que le sens de la petite politique.
03:21 Merci, monsieur le ministre. Chers collègues, pour 43 secondes, je vous en prie.
03:28 Monsieur le ministre, je connais bien ce texte. J'ai passé 14 heures en commission mixte paritaire.
03:34 Si vous ne croyez pas ce que je viens de vous dire, ou si vous pensez que c'est un mensonge, écoutez les présidents d'universités et les responsables de grandes écoles.
03:43 Vous savez que vous pouvez très bien attendre que le Conseil censure cette disposition.
03:50 La première ministre s'est engagée à la réformer. Et d'ailleurs, Aurélien Rousseau est parti.
03:55 Concernant les mineurs en crâ, vous savez que la Convention européenne des droits de l'homme vous interdit d'ores et déjà de les placer en rétention.
04:03 Donc c'est une habileté. Monsieur le ministre, madame la première ministre, rappelez-vous le mot de Churchill.
04:08 Vous aviez à choisir entre la guerre et le déshonneur. Vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre.
04:14 C'est sans doute aujourd'hui ce que vous êtes en train de faire.
04:18 (Applaudissements)
04:21 (Générique)
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