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  • il y a 7 heures
Ce jeudi 16 avril, au micro de Public Sénat, le sénateur communiste Pierre Ouzoulias revient sur l’audition d’Éric Tegnér, directeur du média Frontières dans le cadre de commission d’enquête sur les « zones grises de l’information » et dénonce un « journalisme vautour ».  

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Transcription
00:00Et pour commenter cette audition, j'accueille en salle des conférences, Pierre Ouzulia, bonjour.
00:03Bonjour.
00:04Sénateur communiste des Hauts-de-Seine, vice-président du Sénat.
00:07Vous receviez donc les représentants de nouveaux médias en ligne, Blast et Frontières.
00:13Que dire de ces acteurs de l'information, de ces nouvelles plateformes ?
00:16Est-ce que vous diriez qu'ils font planer de nouveaux risques, notamment sur la lisibilité du débat public ?
00:21Bien sûr. Alors je ne fais pas partie de la commission d'enquête, mais je l'ai suivi avec attention
00:27parce qu'on sent bien qu'il y a des nouveaux médias en ligne
00:31qui aujourd'hui prennent une part non négligeable du marché de l'information.
00:38Certains ont un rôle pédagogique tout à fait essentiel et très intéressant
00:42qui vient en complément de ce que vous faites.
00:45On l'a vu avec Hugo Décrypte, il parle aux jeunes.
00:48Par exemple, c'est ça. Avec une façon renouvelée, très courte, et parfois c'est un défaut.
00:57Mais il y a d'autres médias qui utilisent cette espèce de zone de non-droit de l'actualité
01:04pour ne respecter aucune des règles de déontologie propre au métier du journalisme.
01:10C'est ça, les zones grises de l'information ?
01:11Oui.
01:12Et que l'on comprenne bien.
01:13Alors vous dites que vous n'êtes pas dans la commission d'enquête, vous êtes dans la commission de culture,
01:15mais qu'est-ce qu'on peut attendre de cette commission d'enquête ?
01:17C'est qu'elle revoit le cadre légal, notamment, qui s'applique à ces plateformes d'information ?
01:21Alors le cadre légal, c'est compliqué.
01:23C'est compliqué parce qu'en France, la liberté de la Bresse, c'est un des fondements de l'État
01:32de droit et de notre République.
01:35Mais après, on ne peut pas accepter que des médias, et j'en étais la victime, on en parlera après,
01:42puissent de façon manifeste, volontaire, tout en lancement considérer qu'il y a un certain nombre de règles déontologiques
01:53liées au métier, mais liées tout simplement au respect de la dignité humaine.
01:58Et on ne peut pas accepter que ces médias le fassent sans qu'il n'y ait aucune mesure possible
02:04contre eux.
02:05On va y revenir, mais précisément sur ce qui vous est arrivé.
02:08Mais parlons plus généralement de l'audition d'Éric Tegner, le fondateur du média d'extrême droite Frontière.
02:13Il a dit « on veut nous interdire, je pense, parce qu'on montre ce que les autres ne veulent
02:18pas qu'on montre ».
02:19Et il défend ses enquêtes sur le fond.
02:21Il a montré les magazines qu'il dit étayés sur l'immigration, les dangers de l'extrême gauche.
02:26Qu'est-ce que vous lui répondez ? C'est l'ambition de cette commission d'enquête, c'est de
02:29faire interdire à certains médias.
02:30Écoutez, c'est un discours qu'on entend toujours, et notamment aux États-Unis en ce moment,
02:37dans tous les petits milieux néo-fascisants qui gravitent autour de Trump.
02:44Quand on leur reproche de ne pas faire leur travail correctement, c'est-à-dire dans un cadre contradictoire,
02:52en apportant les sources de leurs informations, nous sommes responsables de leur censure.
02:59Dire à un journaliste qui ne respecte pas les règles déontologiques de son métier,
03:05qui ne fait pas bien son métier, ce n'est pas de la censure, c'est prendre acte d'une
03:09dérive.
03:10Et qui est une dérive qui me fait penser à celle de la France des années 30.
03:15Allons sur le point le plus tendu de l'audition, c'est donc Frontière, qui a diffusé des images de
03:19vous
03:19qui avez été malade un soir où vous présidiez la séance au Sénat.
03:23Est-ce cela votre conception de la déontologie ?
03:25A demandé la sénatrice socialiste Sylvie Robert, visiblement animée d'une colère froide en audition.
03:31Éric Tegner, qui a reconnu une erreur, mais plus tard a ajouté, il y a un problème, il y a
03:35un danger aujourd'hui dans ce pays,
03:36c'est qu'on va qualifier très facilement des journalistes de nazis.
03:39C'était ça, sa ligne de défense. Qu'est-ce que vous lui répondez là encore ?
03:44J'attends toujours ses excuses, que je n'ai pas obtenues.
03:48J'attends toujours qu'il publie sur son site le communiqué que j'ai publié dès le lendemain,
03:53en expliquant pourquoi j'avais été malade.
03:56Vous êtes attendu une maladie génétique.
03:57Tout à fait.
03:58Et là, on sent très bien que ce qui était visé, c'était ma dignité humaine.
04:04Et après, je ne suis pas néif en politique,
04:06mais ce monsieur voulait absolument se faire un sénateur communiste.
04:13Voilà. Je l'ai compris comme ça.
04:15Bon, je suis un peu sensible à la chose.
04:18Une partie de ma famille n'est pas revenue des camps de concentration.
04:21Et quand je l'écoute, je sens une forme de haine qui me fait très peur,
04:27parce que je sens que si ces personnes-là prenaient le pouvoir,
04:29je pourrais malheureusement, comme certains de mes aïeux, me retrouver dans les camps.
04:34Donc aujourd'hui, est-ce que vous dites Journal Frontier pose problème en matière de déontologie journalistique ?
04:39Vous avez commencé à le dire, mais notamment parce qu'ils ont aussi été pointés
04:42par le Conseil de déontologie journalistique sur ce qui s'est passé.
04:48Humilier l'élu concerné n'apportait aucune information d'intérêt public.
04:52Dans ces cas-là, il faut qu'il y ait comme ça une régulation de ce type de médias ?
04:55Écoutez, dans l'accident qui m'est arrivé, il y a au moins un point bénéfique.
04:59C'est que la totalité des médias respectueux de la déontologie
05:05m'ont envoyé des messages de solidarité et de soutien.
05:09Donc ce monsieur, il est seul.
05:11Il est seul aujourd'hui à pratiquer un journalisme que je qualifierais de charognard.
05:18C'est un journalisme vautour.
05:21Ce qu'ils aiment, c'est de lancer leur flèche sur des personnes qui sont en difficulté à un moment
05:28donné.
05:28Merci.
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