00:00Et j'accueille en salle des conférences, Philippe Tabarro, bonjour.
00:03Bonjour.
00:03Vous êtes le ministre des Transports.
00:05Vous avez parlé d'une loi cadre historique, je vous cite.
00:08Pourquoi une telle expression ?
00:09Qu'est-ce qui se joue au Sénat aujourd'hui ? C'est historique.
00:12Oui, c'est historique pour le secteur des transports
00:14parce que ça fait bien longtemps qu'on n'avait pas eu une loi sur ce sujet.
00:19Je dirais un projet de loi qui puisse accaparer l'agenda si chargé parlementaire,
00:25notamment du Sénat, pendant pratiquement trois jours
00:28pour parler de sujets qui ne sont peut-être pas très populaires,
00:32dont on ne parle pas régulièrement et qui sont pourtant les sujets de mobilité,
00:36les sujets qui préoccupent nos concitoyens.
00:39Je rappelle que c'est budgétairement un des premiers postes dans le budget des Français.
00:44Je rappelle également qu'un Français sur trois dit avoir refusé une opportunité professionnelle
00:49parce qu'il n'avait pas de solution de mobilité.
00:52Donc pour toutes ces raisons, il est bien que ces sujets, ce sujet du transport,
00:56reviennent en haut de la pile et véritablement que ce soit un sujet
01:01qui puisse permettre à tous les sénateurs de débattre.
01:03Est-ce qu'une loi cadre comporte des mesures très concrètes pour les Français ?
01:06Est-ce que vous le dites avec ce texte, la vie quotidienne des Français va changer ?
01:10Oui, puisque nous allons acter le principe que dans les années futures,
01:14nous allons donner des moyens supplémentaires pour investir dans les transports.
01:17Aujourd'hui, il y a des infrastructures qui vieillissent, il y a une dette grise qui se constitue
01:23et l'idée, c'est de pouvoir notamment, à travers cet article 1 qui a été voté hier très largement,
01:30de dire que dans la fin des futures concessions autoroutières,
01:33nous pourrions récupérer 2,5 milliards pour financer les infrastructures de transport
01:38et notamment les infrastructures ferroviaires et le transport en commun,
01:42c'est-à-dire les services express régionaux métropolitains, les routes nationales, départementales, communales, les ponts,
01:49tous ces sujets qu'on aborde depuis un certain nombre d'années au Sénat à travers différents rapports.
01:54On va revenir sur les concessions autoroutières, mais sur l'idée générale du texte,
01:57c'est bien de donner la priorité à la régénération, la modernisation, la performance,
02:01l'adaptation des réseaux au changement climatique.
02:04Ce ne sont pas des nouveaux grands projets, c'est plutôt de s'occuper de l'existant, c'est bien
02:08ça la priorité ?
02:09Prioritairement, c'est de s'occuper de l'existant, de remettre à niveau pour des questions de sécurité,
02:16de performance, nos réseaux.
02:19Et puis bien sûr, si on arrive durablement à flécher ces sommes, c'est ce que je souhaite,
02:24pour ne pas que ça se fasse à chaque PLF, mais de manière, je dirais, sur 10 ans, sur 20
02:29ans,
02:30de pouvoir ensuite financer les grands projets.
02:33Les grands projets, c'est quoi ?
02:34Ce sont à la fois ces projets de SERM, de RER métropolitain, dans les territoires,
02:39de multiplier l'offre en transport en commun.
02:43Et puis également, le cas échéant, et en fonction des préconisations qui seront faites
02:48par le Conseil d'orientation des infrastructures,
02:51de mener à bien des projets sur certains territoires qui sont enclavés
02:55et qui ont besoin d'une certaine mobilité.
02:57Vous avez commencé à en parler.
02:58L'une des mesures phares du texte, c'est l'utilisation d'une partie des recettes,
03:01des péages, pour financer la rénovation de nos infrastructures de transport,
03:04qu'elles soient ferroviaires, routières, fluviales, portuaires.
03:07Mais on parle d'abord de renégocier les contrats des concessions autoroutières
03:10entre 2031 et 2036.
03:13Est-ce qu'on a les garanties, M. Tabarro, que ces nouvelles négociations,
03:16elles permettront bien d'avoir ces financements ?
03:18Oui, c'est l'objet de l'article 1 de cette loi cadre,
03:21et puis d'une loi de programmation qui viendra après.
03:23Vous savez, SNCF Réseau va jouer le jeu,
03:26puisqu'à travers ce qu'on appelle un contrat de performance entre l'État et Réseau,
03:31on va, grâce à ce qu'on a décidé tout à l'heure, je l'espère,
03:35de pouvoir monter ce niveau d'investissement.
03:38Aujourd'hui, il est environ de 3 milliards d'euros.
03:40Ça permet tout juste de régénérer notre réseau.
03:44Demain, on va le monter à 4 milliards et demi.
03:46Avec ces 4 milliards et demi, on pourra faire beaucoup de choses pour sécuriser.
03:50Les concessions autoroutières, on va les renouveler.
03:53Le système concessif est un bon système.
03:56Par contre, il faut remettre l'État au cœur de ces concessions.
03:59C'est notre patrimoine commun.
04:01Et le produit des péages doit revenir aussi en partie au secteur des transports.
04:07L'idée un peu, c'est que le transport finance le transport,
04:11que le transport à travers les autoroutes puisse financer tous les autres modes de transport.
04:16Parlons d'un ajout tard dans la nuit, hier, dans l'examen du texte.
04:20C'est les sénateurs qui ont créé une garantie de correspondance.
04:23Est-ce qu'on peut le dire ?
04:24C'est quelque chose qui va changer la vie des voyageurs ?
04:27L'idée de ce texte, c'est aussi d'améliorer le parcours voyageur, comme on dit.
04:31Si on rate une correspondance, on aura la garantie de pouvoir prendre n'importe quel train.
04:34C'est de prendre ce sujet à bras-le-corps et de se dire qu'on doit être à tous
04:40les niveaux,
04:40et notamment au niveau de la distribution, au niveau de la billetique,
04:44au niveau de l'information, améliorer les choses.
04:47On a beaucoup d'acteurs dans le transport, et notamment dans le transport ferroviaire,
04:51que ce soit les régions, que ce soit des opérateurs privés.
04:55Alors bien sûr, on connaît tous la SNCF, mais il y a de nouveaux entrants, je tiens à le dire.
04:59Tran Italia, il y aura dans les régions, il y a Transdev,
05:02il y aura d'autres opérateurs comme Belved dans le futur.
05:05Donc c'est essayer de rendre la vie la plus facile à l'usager possible
05:10dans l'achat de son titre de transport, et puis dans l'intermodalité.
05:14On s'aperçoit que les Français utilisent les transports en commun d'un transport d'un commun à l'autre,
05:21mais il faut leur faciliter à la fois, à travers le titre de transport,
05:25les bonnes correspondances d'utiliser et de laisser leurs véhicules.
05:29Et en ce moment, ça a du sens à domicile pour pouvoir prendre le plus facilement possible les transports en
05:35commun.
05:36Merci Philippe Tabarro.
05:37Je ne résiste pas à l'idée de vous poser une question sur la suppression des zones à faible émission
05:42mobilité.
05:42Le Parlement qui a définitivement adopté hier le texte de simplification de la vie économique,
05:46qui contenait cette suppression après l'ajout des députés de droite et d'extrême droite,
05:50il va y avoir un recours des députés de gauche sur le texte face au Conseil constitutionnel.
05:54Qu'est-ce qu'on peut dire aux Français ?
05:56Est-ce qu'elles vont être vraiment supprimées ces ZFE ?
05:58Alors écoutez, c'est bien que le texte sur la simplification a été enfin voté,
06:01ça faisait deux ans et demi, et ça me paraît une très bonne chose.
06:04Concernant les ZFE, j'ai beaucoup parlé de ce sujet dans cette maison quand j'étais sénateur.
06:09Exactement, vous proposez une alternative à l'époque.
06:11Exactement, avec un rapport qui s'appelait « Sortir de l'impasse ».
06:14Je pense que ce rapport est plus que jamais d'actualité,
06:18où on a la possibilité, avec un certain nombre de mesures,
06:21de garder les objectifs des ZFE au niveau de la santé,
06:25de nos concitoyens, au niveau des émissions.
06:28Et de revoir les dates contraignantes, c'est ça ?
06:30Mais également de revoir les dates et d'avoir des mesures d'accompagnement
06:33qui d'ailleurs arrivent avec le plan du Premier ministre sur l'électrification
06:37et notamment les véhicules électriques.
06:40Donc je pense qu'il y a...
06:41Ce n'est pas une mauvaise chose que le Conseil constitutionnel retoque cette mesure
06:44parce qu'il faut une alternative ?
06:44Le Conseil constitutionnel fera ce qu'il doit faire,
06:47mais en tout cas, il y a encore la possibilité de prendre des mesures
06:51qui ne soient pas trop contraignantes pour les Français,
06:53notamment ceux qui sont le plus en difficulté financière,
06:56mais qui puissent nous permettre d'avoir des objectifs également
06:59en matière de santé qui puissent aller dans le centre
07:03de la protection de nos concitoyens.
07:05Merci Philippe Tababraud d'avoir accepté de répondre
07:07à toutes nos questions dans cette émission.
07:08Merci à vous.
07:09Merci beaucoup.
07:10Merci.
07:10Merci.
07:10Merci.
07:10Merci.
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