00:00Face à l'ampleur des enjeux, nous avions besoin d'un diagnostic partagé
00:04et de réfléchir collectivement à une diversité de leviers à actionner.
00:10Ce texte prouve que le consensus est possible
00:14quand nous plaçons l'intérêt général au-dessus des lignes partisanes.
00:20Confirmé par deux premiers ministres successifs
00:23et annoncé lors de la déclaration de politique générale de Sébastien Lecornu,
00:28c'est le premier grand texte sur les transports
00:31depuis la loi d'orientation des mobilités en 2019.
00:36Mais au-delà de cette dimension historique,
00:38c'est surtout la preuve que nous savons encore construire
00:41des politiques publiques dans la durée.
00:45Les infrastructures de transport irriguent nos territoires,
00:48relient nos concitoyens à l'emploi, aux services,
00:52à la vie sociale, à la vie culturelle.
00:55Elles sont le patrimoine commun de tous les Français.
00:59Celui que l'on emprunte au quotidien,
01:01souvent sans même y prêter attention,
01:04tant il fait partie de notre environnement familier.
01:08Pourtant, ce patrimoine exige une vigilance constante
01:13et des investissements massifs pour préserver sa fonctionnalité.
01:18Or, ce patrimoine vieillit dangereusement.
01:20Notre réseau ferroviaire affiche 30 ans d'âge moyen
01:23contre 15 ans en Suisse.
01:25Si nous ne faisons rien,
01:27cette différence se traduira à l'avenir concrètement,
01:30par des trains qui tombent en panne,
01:32des retards qui s'accumulent,
01:33des lignes qui se ferment.
01:35Reporter l'entretien des infrastructures
01:37n'est jamais une économie.
01:39C'est une dette.
01:41Une dette que nous contractons sur le dos
01:43des générations futures.
01:45Chaque euro non investi aujourd'hui dans la régénération,
01:49ce sont deux euros ou plus
01:51qu'il faudra mobiliser demain
01:53pour réparer ce qui sera durablement détérioré.
01:57En outre,
01:58nos infrastructures ne doivent pas creuser
02:01les inégalités territoriales.
02:03Elles doivent au contraire les résorber
02:05en apportant à chaque territoire
02:07une réponse adaptée à ses besoins spécifiques.
02:11Car la mobilité est aussi une question
02:13de justice sociale et d'équité territoriale,
02:16deux principes fondamentaux de notre République.
02:20Un Français sur trois a déjà renoncé
02:22à une opportunité professionnelle,
02:24faute de moyens de transport pour s'y rendre.
02:27Elle est devenue la grande fracture de notre temps
02:30entre ceux qui se déplacent librement
02:32et ceux qui subissent l'assignation à résidence.
02:37Entre les métropoles souvent connectées
02:40et les territoires enclavés
02:41entre les centres-villes et les périphéries.
02:45Cette fracture alimente un sentiment d'abandon
02:48qui abîme notre cohésion nationale
02:50et qui nourrit parfois la défiance
02:53à l'égard des institutions.
02:55Nous ne pouvons nous y résigner.
02:58Dans un monde de plus en plus instable,
03:01marqué par des tensions géopolitiques,
03:04nos infrastructures de transport
03:06sont un attribut de souveraineté.
03:08Elle conditionne notre capacité à produire,
03:12à commercer,
03:13à créer de la richesse sur l'ensemble du territoire.
03:17Une nation dont les réseaux se délitent,
03:19c'est une nation qui perd sa capacité de résilience
03:23face aux chocs.
03:24Investir massivement dans nos infrastructures,
03:27c'est investir dans notre indépendance stratégique.
03:31Pour répondre à l'ensemble de ces défis,
03:34de nouveaux leviers de financement sont nécessaires.
03:36Ainsi, ce projet de loi acte le fléchage intégral
03:40des recettes issues des futures concessions autoroutières
03:43vers l'ensemble des infrastructures de transport.
03:46A partir de 2032,
03:47lorsque les concessions actuelles arriveront à échéance,
03:50ce sont progressivement 2,5 milliards d'euros
03:53supplémentaires par an
03:54qui seront mobilisés
03:56pour financer la modernisation
03:58et l'entretien de nos réseaux.
04:00Sans augmentation d'impôts,
04:02sans création de dettes nouvelles.
04:04Les revenus des péages autoroutiers,
04:06acquittés notamment par les poids lourds étrangers
04:08qui traversent notre pays,
04:10doivent servir à régénérer
04:12l'ensemble de nos réseaux,
04:14le fer, la route
04:16et le fluvial.
04:18Mais nous devons également planifier
04:20sur plusieurs années
04:22nos investissements dans nos infrastructures.
04:24C'est pourquoi ce texte
04:26acte pour la première fois
04:27une loi de programmation pluriannuelle
04:30pour les transports,
04:31à l'instar de ce qui se fait
04:32pour les armées ou la recherche.
04:34D'autant que le secteur des transports
04:36pèse parmi les trois premiers postes
04:38d'investissement public de notre pays.
04:42Il mérite de la visibilité,
04:44il mérite de la prévisibilité.
04:47Une loi de programmation,
04:48c'est un engagement de l'État
04:49sur le temps long,
04:50une garantie donnée
04:51aux collectivités territoriales
04:54et aux porteurs de projets
04:55qu'ils peuvent planifier sereinement,
04:58anticiper leurs investissements,
05:00construire des stratégies
05:01de développement territorial cohérentes,
05:04sans crainte de voir les financements
05:05se tarir au gré
05:07des arbitrages budgétaires annuels.
05:10Dans un contexte politique
05:11où l'immédiat prime trop souvent
05:13sur le long terme,
05:15adopter une programmation
05:16est un acte de responsabilité
05:18et de maturité collective.
05:21C'est affirmé que certaines politiques publiques
05:23exigent une continuité.
05:26Néanmoins,
05:27avant de débuter l'examen du texte,
05:29je tiens à rappeler
05:30que la ventilation précise
05:33des recettes et des dépenses
05:35entre les différents modes
05:36et les différents territoires
05:37fera l'objet de discussions
05:38approfondies dans le cadre
05:41de la loi de programmation.
05:42remédie de la loi.
05:43Bien.
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