- il y a 3 ans
Mardi 23 mai 2023, SMART BOURSE reçoit Éric Lafrenière (Gérant senior, Richelieu Gestion)
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00:00 (Générique)
00:10 Revenons sur le terrain immédiat des marchés à présent et des marchés américains,
00:13 notamment avec Eric Lafrenière, gérant Action Américaine, chérif lieu de gestion.
00:17 Bonjour et bienvenue Eric.
00:18 Bonjour.
00:19 Merci beaucoup d'être avec nous.
00:20 Bon, on parlait des 25 ans de la BCE.
00:22 Un mot quand même de la réserve fédérale américaine, ambiance 2023,
00:27 avec l'idée de cette pause signalée précédemment par Jérôme Poel lors du dernier meeting,
00:34 qui est soumise là aussi à interprétation.
00:36 On parlait de la manière d'interpréter effectivement les concepts de politique monétaire.
00:41 Beaucoup de banquiers centraux américains se sont exprimés hier,
00:43 des présidents de banques régionales notamment.
00:45 On comprend que tout le monde n'a pas forcément la même idée de ce qu'une pause implique
00:50 en matière de politique monétaire aux États-Unis.
00:51 Tout à fait, même si aujourd'hui le scénario central, en tout cas,
00:55 reste d'une dernière hausse qui a été faite sur la réunion du mois de mai
00:59 et d'une stabilité sur la réunion de juin.
01:02 Même si Boulard, qui est le président de la Flèche de Saint-Louis,
01:05 s'est exprimé hier en laissant sous-entendre qu'il faudrait deux hausses supplémentaires,
01:10 il faut rappeler qu'il est non-votant, il n'a pas exactement spécifié le moment de ces hausses,
01:15 ce qui a permis sur la prochaine réunion de renforcer le scénario d'une stabilité de la hausse des taux.
01:20 C'est vrai que certains membres aujourd'hui évoquent des hausses plus tard dans l'année.
01:25 Ce n'est pas nécessairement notre scénario,
01:27 on est plutôt nous positionnés sur une dernière hausse sur la réunion de mai.
01:32 On a vu les effets cumulés du durcissement de la politique monétaire sans précédent sur la dernière année.
01:39 Le durcissement aussi apporté par la crise qu'on a connue sur le secteur des financières en mars.
01:45 Et de faire une pause aujourd'hui pour être un petit peu rassuré ou confirmer
01:50 que l'inflation, même si elle ralentit sur un rythme sans doute à ce stade moins important qu'attendu,
01:55 que la tendance ou que la direction est la bonne.
01:57 Que certains banquiers centraux, qui pèsent,
01:59 Bollard ne vote pas mais il a quand même un poids dans le débat public important,
02:02 ni le Cachecari aussi moins agressif que Bollard,
02:05 mais qui estiment que la pause n'est pas forcément le prélude à une prochaine baisse de taux.
02:11 Vous restez solidement convaincu que dans quelques mois,
02:15 on aura quand même des indicateurs macroéconomiques qui permettront justement
02:21 de valider l'idée d'une pause pleinement du côté de la réserve fédérale américaine ?
02:25 Oui, en tout cas c'est notre scénario aujourd'hui.
02:26 Si on regarde que ce soit l'IPC ou le PCE et qu'on le prend sur six ou neuf mois,
02:31 donc à partir du moment où le durcissement de la politique monétaire aux Etats-Unis
02:35 a commencé à avoir ses premiers effets et qu'on annualise ces données,
02:38 on voit effectivement que la tendance de réduction de l'inflation semble se mettre en place.
02:42 Où j'ai peut-être une petite inquiétude par contre, c'est sur les anticipations du marché de baisse des taux.
02:47 Le marché anticipe environ deux baisses de 25 points de base sur l'année en cours.
02:52 Ça me semble sans doute prématuré.
02:54 Aujourd'hui on a une économie qui quand même tient bon an mal an avec des taux dans la fourchette 5,5,25.
03:02 Et je pense que la Fed, tant qu'on ne voit pas vraiment une dégradation relativement forte de l'économie,
03:07 sera tentée de garder les taux sur ces niveaux-là pour vraiment s'assurer de maintenir l'inflation sous contrôle.
03:12 Et ça, ça peut être un risque, et notamment sur les valeurs un peu plus croissance.
03:16 On l'avait vu tout à l'heure, on en parlait,
03:18 on a eu un retournement après un début d'année relativement porté sur les cycliques,
03:22 peut-être un petit peu plus sur les small cap en tout début d'année.
03:24 La crise sur les financières a entraîné un retournement assez fort via les boîtes de tech et notamment les grosses techs.
03:33 En anticipant, on le voyait au moment de la crise financière,
03:36 une baisse des taux ou en tout cas une politique monétaire plus accommodante de la Fed pour le reste de l'année.
03:41 Ça s'est un petit peu écarté maintenant,
03:43 mais c'est vrai que ces anticipations de baisse des taux sur 2023 me semblent un petit peu prématurées.
03:48 Dans les petits sujets du moment également,
03:51 alors intéressant, prochain meeting de la réserve fédérale américaine, 13-14 juin,
03:55 donc on attend un statu quo, on verra pour le meeting de juillet qui se tiendra le 26 juillet,
04:00 13-14 juin, est-ce que le sujet du plafond de la dette aux Etats-Unis sera réglé ?
04:04 De quelle manière ?
04:06 Est-ce que c'est un sujet qui va rester circonscrit entre le 1er et le 8 juin ou le 1er et le 15 juin
04:13 et puis on passera très vite à autre chose ?
04:15 Ou est-ce qu'il y a quand même des effets directs ou indirects délétères
04:18 qui peuvent, je ne sais pas, inquiéter un investisseur avec des horizons de temps d'investisseur ?
04:24 Aujourd'hui, c'est vrai qu'en se rapprochant, la date butoir est entre le 1er et le 7 juin ou le 7-8 juin,
04:31 est-ce qu'on peut voir ? Les pourparlers, en tout cas après un week-end difficile en termes de pourparlers,
04:37 les discussions ont repris avec le retour de M. Biden hier,
04:40 que ce soit les commentaires de M. McCarthy ou M. Biden suite à la rencontre d'hier sont plutôt positifs,
04:45 même si les écarts restent.
04:47 Le scénario, et en ce que semble pricer le marché aujourd'hui, c'est une solution sur ce plafond de la dette.
04:53 Il faut espérer que la bienveillance prévoit et qu'on arrive dans cette situation.
05:01 Il ne faut pas oublier que les élections présidentielles américaines sont en novembre 2024, le 5 de mémoire.
05:07 M. Biden va devoir faire campagne sur une politique un peu plus sociale, donc ne peut pas céder à tout.
05:13 On voit que les Républicains, eux, de leur côté, ne sont pas d'accord à exploser les dépenses,
05:20 veulent plutôt une réduction du budget pour pouvoir justement garder un petit peu sous contrôle le déficit américain.
05:25 Donc chaque partie va un peu tirer de son côté. On verra comment on va s'en sortir.
05:32 Notre scénario à nous, c'est qu'à priori un accord, et ça semble être le scénario du marché aujourd'hui.
05:37 Je pense qu'un scénario favorable est déjà dans les cours,
05:40 et que le prochain driver d'une éventuelle hausse complémentaire du marché viendra plutôt de la Fed,
05:45 d'une pause, voire des commentaires qui accompagneront ce discours.
05:49 - D'une pause validée pleinement et qui serait une pause... - Une vraie pause, oui.
05:55 - C'est ça. - Une vraie pause actée, déjà, et surtout les commentaires qui accompagneront en tout cas cette réunion de la Fed.
06:02 - Sur le plan de la dynamique de marché, vous l'avez déjà esquissé, Eric,
06:06 mais comment on gère la situation sur le plan d'un fonds action américaine
06:12 quand on a 5 valeurs sur 500, si on prend le S&P 500, qui font entre 80 et 100% de la performance de l'indice,
06:20 qui sont évidemment les méga-cap les plus connues du monde, pas forcément les plus chères,
06:25 mais en tout cas celles qui pèsent le plus lourd en termes de capitalisation boursière ?
06:28 - Oui, on parle donc encore ici d'Apple, Amazon, Microsoft, Nvidia, entre autres,
06:34 qui ont environ 80% de la perte du S&P, qui représentent environ 25% de l'indice,
06:40 3,2 fois l'indice Russell, donc Apple à elle seule représente la market cap du Russell.
06:47 Donc on a une concentration qui n'a pas été connue depuis la bulle sur les dot-com de 99/2000,
06:53 donc on a effectivement cette concentration de marché, mais ce n'est pas nécessairement si négatif que ça.
06:58 On peut avoir une espèce de pause sur ces valeurs-là, et les autres secteurs qui arrivent,
07:03 sur des niveaux de valorisation attractifs, et qui pourront, parce que quand on regarde ces valeurs-là,
07:09 ces cinq valeurs, se traitent environ à 31 fois en 2023, et le reste du marché est autour de 17/4 environ.
07:16 - Ah incroyable ! Il y a deux mondes ! - Oui, il y a deux mondes,
07:19 et donc il y a encore des affaires à faire.
07:22 - Et c'est plutôt cet univers des 495 eaux de valeur au sein du S&P 500 ou dans le Russell 2000,
07:27 c'est dans cet univers-là que vous avez envie de travailler, d'être actif aujourd'hui ?
07:31 - Oui, donc nous on n'est pas nécessairement absent de toutes ces valeurs de la méga cap,
07:35 on est présent sur Microsoft, on est présent sur Amazon, on est présent sur Nvidia.
07:38 Nvidia, il faut le rappeler, qui avait baissé de 50% l'année dernière, et qui en hausse de 113% cette année.
07:43 Elle va publier le 24, c'est vrai qu'on a allégé un petit peu notre position, en anticipation des résultats,
07:49 même si on s'attend à une croissance de la partie serveur, notamment liée à l'IA, sur la deuxième moitié de l'année,
07:56 qui va continuer de s'accélérer, et une stabilité dans la partie gaming, qui avait un peu souffert en sortie de Covid.
08:02 Vu le bon parcours depuis le début de l'année, on a allégé la position, mais on continue de la maintenir en portefeuille.
08:07 Mais effectivement, on regarde sur des thématiques qu'on avait certaines depuis longtemps,
08:12 notamment autour des modes de transport de demain, que ce soit principalement dans l'électrique,
08:16 mais on est aussi pas mal sur la partie reshoring, nearshoring, frenchoring,
08:20 qu'on continue de progressivement augmenter pour jouer à la diversification et au repatriement d'une partie de la chaîne de production sur le territoire américain.
08:28 - Ça c'est des thématiques fortes, qui peuvent d'ailleurs enjamber un épisode récessif,
08:34 qui pourra se matérialiser à un moment aux Etats-Unis, peut-être un peu plus tard toujours que ce qu'on imagine,
08:39 mais cet épisode récessif, ou ce point bas du ralentissement cyclique, il arrivera à un moment.
08:45 On a des niveaux de prix, des niveaux de valorisation, des thématiques structurelles qui permettent d'enjamber un peu ce moment qui est encore devant nous, Eric ?
08:53 - Oui, après il faut regarder, cette récession dont déjà on l'attendait sur la première partie de l'année, on la repousse.
08:58 - 18 mois quand même !
09:00 - On voit, on n'arrête pas de la repousser, c'est sans doute la récession qui est la plus anticipée de l'histoire.
09:04 Une bonne partie je pense est déjà dans les cours de certaines valeurs.
09:08 Le marché, vous l'aviez évoqué tout à l'heure, on est sur le S&P et le Nasdaq sur les points hauts de l'année.
09:14 On n'est pas très loin sur le Dow, on avait touché, je crois que c'était février avant les prochains points hauts sur le S&P, mars pour le Nasdaq.
09:22 Dans un marché, qu'il faut le rappeler, crise financière, crainte de récession des BPA, crainte de récession tout simplement,
09:30 durcissement de politique moter et on a un marché qui continue de monter.
09:34 Je regardais les prévisions des stratégistes pour l'année actuelle, on est sur un S&P attendu en moyenne par les stratégistes à 4017.
09:43 On est sur un médian en 4000, on est aujourd'hui à 4192.
09:46 Le marché pour le moment résiste et continue de monter, donc le pain de trade, comme on l'évoquait, est à la hausse.
09:52 Et le positionnement, quand on regarde des indicateurs de positionnement ou des indicateurs un peu techniques de marché,
09:58 le positionnement valide encore l'idée que le risque à la hausse est le risque qui peut faire mal encore aux investisseurs.
10:05 Ecoutez, moi je regarde le positionnement du cash dans les grandes gestions américaines, dans les grands fonds de pension.
10:09 On est sur des niveaux de cash qui demeurent élevés, on regarde les positions CFTC de short sur le marché,
10:14 on est sur des niveaux de short des investisseurs qu'on avait connus en tout cas pendant les dernières périodes de crise.
10:20 Donc c'est vrai que le potentiel de baisse additionnelle sauve événement sur la dette bien entendu qui est imprévisible.
10:28 - Soit il se passe un truc grave tout de suite, soit ces gens-là vont souffrir.
10:32 - De vrai, en tout cas c'est le scénario.
10:35 On regarde, on n'a pas parlé de la période des résultats, mais on a eu un Q1 qui est sorti en contraction,
10:39 mais par rapport aux estimations au début de la période...
10:41 - Bien moins que ce qu'on attendait.
10:43 - Bien moins et supérieur à ce qu'on... Le taux de BIT qu'on a eu sur le Q1 était supérieur à ce qu'on a eu sur le Q4 de l'année dernière.
10:49 Du coup on a un petit peu... Ce qui est marrant c'est que ce qu'on a fait un peu mieux sur le Q1, on a impacté sur le Q2,
10:56 du coup on a dégradé un petit peu les attentes du Q2. Je crois qu'on est autour de -5 attendus sur le Q2.
11:01 Après une petite stabilité légère hausse, je crois qu'on attend 1,7 sur le Q3 et 8,8 sur le Q4.
11:06 - Ça repart après. - Ça repart et surtout sur 2024 et 2025 on est sur des croissances à presque double-digit.
11:11 - On revient à 10.
11:12 - Et donc le marché va commencer à anticiper ça à un moment ou à un autre.
11:16 Il faudra être sur les bonnes tendances, les bonnes thématiques, les bons styles de gestion.
11:20 - Bon, séquence intéressante. On arrive à la fin du mois de mai.
11:23 La question du plafond de la dette qui paralyse un petit peu toutes les prises d'initiatives en ce moment.
11:28 On verra comment on en sort, comment les Etats-Unis en sortent par le haut.
11:32 On l'espère. Et puis la séquence Banque Centrale qui revient juste après, 13 et 14 juin,
11:37 pour la réserve fédérale américaine avec les nouvelles projections du staff également
11:40 qui éclaireront peut-être un peu mieux l'idée de la pause.
11:43 - Oui et puis une dernière remarque parce qu'on évoque souvent le "sell in May and go away".
11:48 Et je regardais la saisonnabilité des indices sur les 10-15 dernières années
11:52 et un des meilleurs mois, je crois que c'est le 3 ou 4e meilleur mois de l'année, c'est le mois de juillet en fait.
11:56 Historiquement en moyenne.
11:58 - Merci beaucoup Eric. Merci pour votre éclairage, cette mise en perspective
12:02 de la situation des marchés américains.
12:04 Eric Lafrenière, gérant Action US, chez Richelieu, gestion gérant du fonds, Richelieu, América, ESG.
12:09 Voilà pour cette demi-heure d'émission de Smart Bourse.
12:11 On se retrouve à 17h en direct sur Bsmart.
12:14 [Musique]
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