- il y a 3 ans
La question de l’identité apparait plus que jamais dans toute sa gravité. Tout semble remis en question : l’individu, l’école, la famille, la démocratie, l’Europe. Longtemps portée par des courants de pensée, des instituts ou des formations politiques, on a considéré que l’identité était un rempart… en devenir. Aujourd’hui, face à la mondialisation qui s’impose, face à des nouvelles idéologies qui nous secouent, face à la dépossession, l’identité semble en panne.
Pour évoquer ce sujet, TVL a décidé d’inviter quatre personnalités qui s’affirment identitaires :
- Jean-Yves Le Gallou, président de l’Institut Iliade et animateur de I-Media,
- Julien Rochedy, auteur et éditeur,
- Philippe Vardon, conseiller régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur.
- Solenn Marty, porte-parole de l’Institut Iliade.
(Un débat dirigé par Martial Bild)
Pour évoquer ce sujet, TVL a décidé d’inviter quatre personnalités qui s’affirment identitaires :
- Jean-Yves Le Gallou, président de l’Institut Iliade et animateur de I-Media,
- Julien Rochedy, auteur et éditeur,
- Philippe Vardon, conseiller régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur.
- Solenn Marty, porte-parole de l’Institut Iliade.
(Un débat dirigé par Martial Bild)
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00:00:06 La question de l'identité apparaît plus que jamais dans toute sa gravité.
00:00:10 Tout semble remis en question, l'individu, l'école, la famille, la société, la démocratie, l'Europe.
00:00:16 Longtemps, porté par des courants de pensée, par des formations politiques, des instituts,
00:00:21 on a considéré que l'identité était un rempart en devenir.
00:00:25 Aujourd'hui, face à la mondialisation qui s'impose, à de nouvelles idéologies qui nous secouent,
00:00:31 face à la dépossession, l'identité semble en panne.
00:00:34 C'est le thème de notre émission, l'identité, la grande panne avec un point d'interrogation.
00:00:39 Et pour en parler, j'ai invité sur le studio de TV Liberté,
00:00:44 Jean-Yves Le Gallou, président de Polémia.
00:00:47 Merci d'être présent avec nous et aussi, bien évidemment, animateur de l'émission Immédiat sur TVL.
00:00:53 Merci à vous d'être venu, Solène Marti aussi, qui est le porte-parole de l'Institut Iliade.
00:00:59 Julien Rochdy, vous êtes éditeur et auteur.
00:01:02 Merci d'être là, Julien, et merci à Philippe Vardon d'être présent aussi parmi nous.
00:01:07 Vous êtes notamment conseiller régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur
00:01:11 et aussi cadre du mouvement Reconquête d'Éric Zemmour.
00:01:14 Messieurs, madame, messieurs, la première question que je vous pose, elle est très simple.
00:01:19 Je vous l'ai dit, jamais le problème n'a été aussi grave.
00:01:22 Jean-Yves Le Gallou.
00:01:24 Trois chiffres.
00:01:25 Il est entré 500 000 étrangers en France l'année dernière,
00:01:32 c'est-à-dire cinq fois la ville de Versailles et l'équivalent du Grand Bordeaux.
00:01:37 Premier chiffre.
00:01:38 Deuxième chiffre.
00:01:39 Entre 2008 et 2018, il est né 18% d'enfants de parents français en moins.
00:01:49 Et il est né 60% d'enfants d'un parent étranger en plus
00:01:57 et 40% d'enfants de deux parents étrangers.
00:02:01 En Europe, plus d'un million d'entrées de clandestins
00:02:05 aux différentes frontières sud et est de l'Europe au cours de l'année 2022.
00:02:11 Voilà la situation.
00:02:13 C'est un phénomène de submersion qui est en cause.
00:02:17 Et pourtant, c'est le constat que je faisais à l'instant,
00:02:21 on a l'impression que cette question de l'identité,
00:02:23 que ce sujet est tout simplement sorti des écrans.
00:02:26 Comment vous expliquez cela, les uns et les autres ?
00:02:28 Qui souhaite intervenir en premier ?
00:02:30 Philippe Vardon, Julien Rochely ?
00:02:32 Solène Barty ?
00:02:33 Moi, je suis pas tout à fait sûre qu'il soit entièrement sorti des écrans
00:02:36 dans la mesure où on n'a pas un mois sans qu'on ait un livre sur l'identité,
00:02:41 pas un jour sans qu'il y ait une revendication sur les droits LGBT
00:02:46 ou des dites minorités étrangères.
00:02:48 Alors certes, notre identité est remise en cause,
00:02:52 on a une culpabilisation constante,
00:02:55 mais au final, c'est un sujet qui est central
00:02:56 et qui occupe l'espace médiatique en tant que peuple
00:03:00 et en tant qu'individu de manière assez omniprésente.
00:03:03 Philippe Vardon ?
00:03:05 L'occultation dans le débat public ou dans le débat politique
00:03:09 ne vaut pas pour autant "acceptation".
00:03:12 Parce qu'on pourrait avoir tendance à se dire,
00:03:13 "Eh bien finalement, puisqu'on en parle moins,
00:03:15 c'est que les gens l'acceptent, le veulent."
00:03:17 Et moi, j'ai pris soin de noter un certain nombre de sondages
00:03:20 récents sur l'année écoulée.
00:03:23 En octobre 2021, 67% de Français inquiets par l'idée d'un grand remplacement.
00:03:28 D'un grand remplacement.
00:03:29 La question était posée de la sorte.
00:03:31 Le même mois, octobre 2021, toujours,
00:03:34 63% des Français qui pensent que l'islam est un danger pour la France et la République.
00:03:38 63% qu'il y a trop d'immigrés.
00:03:40 Et puis, mars 2022, 66% des Français qui se déclarent favorables à la remigration.
00:03:46 Et d'ailleurs, parmi ceux-ci, 60% par exemple,
00:03:50 des électeurs déclarés d'Emmanuel Macron.
00:03:52 Je pourrais continuer, 64% des Français
00:03:55 qui pensent qu'il faut stopper l'immigration extra-européenne.
00:03:57 Ça, c'est très récent.
00:03:58 C'est avril 2023.
00:03:59 Et d'ailleurs, assez intéressant dans ce sondage,
00:04:02 on voit que pour la première fois, il me semble,
00:04:04 les femmes sont plus nombreuses que les hommes.
00:04:05 66% des femmes qui pensent qu'il faut stopper l'immigration extra-européenne.
00:04:10 66% aussi chez les 25-34 ans.
00:04:13 Et puis, là encore, si on regarde les électeurs macronistes,
00:04:15 et ça peut sembler, quelque part, contre-intuitif,
00:04:18 même si je pense qu'on aura l'occasion, peut-être, d'en reparler,
00:04:20 et bien, ils sont 56% à partager cet avis.
00:04:24 Je pourrais continuer comme ça avec un certain nombre de sondages.
00:04:26 Ce que je veux dire par là, c'est que le fait que le sujet soit effectivement,
00:04:30 quelque part, sorti des écrans, et pour un certain nombre de raisons,
00:04:34 médiatiques, politiques aussi, ne signifie pas pour autant
00:04:39 que les Français, dans leur ensemble, on voit qu'on a un continuum d'opinion
00:04:44 entre 60 et 70% selon comment la question est tournée.
00:04:48 On voit aussi que c'est une question, la question de l'identité,
00:04:50 qui est transversale, c'est-à-dire qu'on a, un certain nombre de fois,
00:04:54 je ne vais pas vous faire les pages et les pages de l'IFOP,
00:04:57 mais on a très régulièrement, y compris chez les électeurs déclarés du PS,
00:05:01 y compris parfois même chez ceux de LFI, on dépasse aussi les 50% de rejet.
00:05:07 Ça continue d'être une transversale dans la vie politique française,
00:05:10 ça continue d'être un élément structurant dans l'opinion.
00:05:15 Maintenant, effectivement, notre rôle à nous, en tout cas,
00:05:18 notre rôle à nous, responsables politiques qui considérons
00:05:22 que la question de l'identité est essentielle parce qu'elle est la question existentielle,
00:05:26 celle qui conditionne qu'on puisse se poser toutes les autres,
00:05:29 c'est à nous aussi de faire en sorte qu'elle soit au cœur du débat.
00:05:32 Je regarde l'actualité, l'Ukraine, il y a eu le Covid, il y a l'inflation,
00:05:37 il y a le pouvoir d'achat, il y a les retraites qui ont fait sortir
00:05:40 des millions de Français dans la rue.
00:05:42 Identité, elle est où ?
00:05:45 Déjà, ça fait un certain nombre d'années, même depuis le départ,
00:05:48 depuis les années 80, que la culpabilisation est tellement grande sur le peuple français
00:05:52 que je pense qu'ils n'oseraient pas sortir dans la rue pour émettre ce genre d'opinion.
00:05:57 C'est-à-dire qu'il y a certaines opinions dissidentes qui sont plutôt autorisées,
00:06:01 celles de la gauche, nous les connaissons,
00:06:03 donc toutes les questions liées au social, aux retraites,
00:06:06 ça on a le droit de sortir dans la rue pour se plaindre,
00:06:08 mais c'est passer pour le monstre absolu que de se plaindre des questions migratoires.
00:06:13 Donc il faut quand même remettre ça en perspective,
00:06:16 c'est que quand même la culpabilisation demeure,
00:06:19 c'est-à-dire que même si nous avons de plus en plus de chaînes de télévision,
00:06:21 comme CNews par exemple, pour citer un de vos concurrents,
00:06:23 ou même vous sur internet, ou de plus en plus de gens sur les médias,
00:06:27 dans les médias dissidents, et un peu partout, nous parlons de ces questions,
00:06:32 il faut quand même constater que c'est toujours une question problématique,
00:06:35 parce qu'elle fait toujours passer ceux qui les portent pour les méchants.
00:06:40 D'ailleurs la dernière élection présidentielle l'a prouvé,
00:06:42 celui qui a voulu faire un "all in" sur la question,
00:06:45 c'est-à-dire parler essentiellement de cette question existentielle,
00:06:47 comme disait Philippe,
00:06:48 est passé pour le grand méchant de l'élection présidentielle.
00:06:50 Donc il n'est pas vraiment facile d'en faire,
00:06:53 même pour des gens qui partageraient ses opinions sans problème,
00:06:57 il n'est pas vraiment facile d'en faire une question primordiale,
00:07:01 une question essentielle,
00:07:02 parce que c'est toujours passé pour quelqu'un d'obsessionnel,
00:07:06 de raciste, de méchant, d'étriqué, quelqu'un de fermé,
00:07:11 et ce ne sont pas des adjectifs, des qualificatifs
00:07:13 qui sont très bien apportés en société.
00:07:16 Donc toujours demeure cette culpabilisation qui se fait de moins en moins grande,
00:07:20 quand même il faut le constater avec espoir,
00:07:23 mais elle demeure toujours.
00:07:24 – Est-ce que je vais faire un peu provocateur,
00:07:26 est-ce que cette notion d'identité,
00:07:29 vous dites qu'elle n'existe pas ou qu'on la voit moins
00:07:31 parce qu'il y a la culpabilisation ?
00:07:32 Vous dites aussi la censure, vous dites aussi la persécution,
00:07:37 est-ce que ce n'est pas un peu la volonté de chouiner pour cacher une réalité,
00:07:40 c'est que l'identité est sortie de l'esprit des gens ?
00:07:45 – Moi c'est ce que je crois, mais je ne sais pas,
00:07:46 on en parlera peut-être un petit peu plus tard.
00:07:48 – Vous êtes pas des esprits chouineurs ?
00:07:49 – Moi je ne crois pas que l'identité soit sortie de l'esprit des gens,
00:07:52 d'abord, je crois qu'on comprend peut-être un petit peu,
00:07:55 mais la réalité c'est aussi de se dire,
00:07:57 nous qui sommes ici je pense réunis,
00:07:59 parce que le sujet nous préoccupe, c'est aussi…
00:08:05 – Vous dites identitaire ?
00:08:05 – Oui, je considère que l'identité est le sujet…
00:08:07 – Appartement, oui.
00:08:08 – Sylvain de Marti ?
00:08:09 – J'ai rien reçu.
00:08:10 – Absolument.
00:08:11 – D'accord.
00:08:12 – D'accord, oui, oui, j'ai déjà ça.
00:08:15 – Si on regarde la façon dont nos adversaires imposent leurs sujets politiques,
00:08:20 moi je crois qu'on a aussi toujours à apprendre en observant nos adversaires,
00:08:23 en observant ceux qui sont les maîtres du combat culturel,
00:08:25 qui sont d'abord ceux qui l'ont théorisé,
00:08:27 même nous on parle de leurs théoriciens du combat culturel à eux,
00:08:30 c'est la gauche.
00:08:31 On rigole quand une Sandrine Rousseau crée une polémique
00:08:35 sur la masculinité toxique autour d'un barbecue.
00:08:37 On en rigole, mais pendant dix jours, on parle de la masculinité toxique.
00:08:41 Quand Jean-Luc Mélenchon parle du Covid,
00:08:45 la première chose dont il parle c'est du productivisme.
00:08:50 Quand on voit cette jeune manifestante qui danse,
00:08:55 pas de "retraité sur une planète brûlée, je ne vais pas vous imiter la danse ni la chanson",
00:08:59 là aussi on rigole, on dit "ah, vraiment à gauche, ils n'ont pas le sens du ridicule".
00:09:04 Oui, mais au sein du débat sur les retraites,
00:09:07 elle le lit d'une manière festive,
00:09:09 mais d'une manière qui là aussi a eu son impact sur les réseaux sociaux,
00:09:12 sur un certain nombre de jeunes,
00:09:14 elle le lit à la question qui lui semble être la question politique centrale,
00:09:18 sans doute à ses yeux existentiels,
00:09:20 qui est celle du réchauffement climatique.
00:09:22 Et on a là des adversaires qui ont cette capacité à toujours imposer leur paradigme.
00:09:27 Là où je crois qu'à droite en général,
00:09:31 on a un complexe permanent.
00:09:34 Et sans doute on se dit "ah bah non,
00:09:36 parce qu'on en parle tellement, parce que ça nous tient tellement à cœur,
00:09:39 on se dit non, cette fois-ci je ne vais pas encore parler de ça, ce n'est pas possible".
00:09:43 Et puis ce complexe fait qu'on se dit non,
00:09:46 il faut que je me donne un air un peu intelligent,
00:09:48 alors aujourd'hui je vais parler d'économie ou je vais parler d'écologie.
00:09:52 Sujet passionnant, sujet fondamentaux,
00:09:55 mais si on les aborde, ça ne doit pas être en nous disant
00:09:58 "ah mais vraiment, je ne vais pas encore parler d'immigration".
00:10:01 Ah certes, il y a un million de clandestins qui rentrent dans l'Union européenne,
00:10:05 certes on a aujourd'hui, la presse quotidienne régionale se fait l'écho chaque jour,
00:10:11 d'agressions, de meurtres, de viols de plus en plus sordides,
00:10:15 qui sont directement liés à des personnes issues de l'immigration,
00:10:19 de plus en plus souvent, il faut bien le dire aussi, des clandestins.
00:10:22 Et donc nous, souvent, je crois que notre camp,
00:10:26 que les gens qui considèrent que l'identité est le sujet primordial se disent
00:10:29 "non, je ne vais pas encore, je vais avoir l'air un peu lourd".
00:10:31 Moi je crois qu'il faut être comme cette jeune fille qui danse
00:10:35 au milieu d'une manifestation sur les retraites et qui remet son sujet au centre,
00:10:38 ne pas oublier de dire que le sujet de l'immigration et de ses conséquences,
00:10:43 cette substitution de population, ce remplacement en cours,
00:10:47 ce n'est pas une question conjoncturelle,
00:10:51 c'est encore une fois une question fondamentale, systémique, dirait-on à gauche,
00:10:54 qui a un impact sur toutes les autres questions.
00:10:57 Parce que quand on parle d'inflation, quand on parle de pouvoir d'achat,
00:11:00 quand on parle d'impôt, quand on parle de logement,
00:11:02 est-ce que le sujet de l'immigration est vraiment très loin ?
00:11:05 Si on dit par exemple, il y a aujourd'hui,
00:11:06 moi je pense qu'un des sujets politiques fondamentaux des années à venir,
00:11:09 c'est la question du logement en France.
00:11:11 Est-ce que la question du logement est totalement déliée du sujet de l'immigration ?
00:11:14 Eux égards, moi j'ai grandi dans une cité HLM,
00:11:17 je sais qu'aujourd'hui, et nous le savons tous, je pense,
00:11:20 les logements sociaux ne sont plus vraiment destinés à la solidarité nationale,
00:11:26 mais une solidarité mondiale.
00:11:27 Est-ce que si on parle du coût de la vie,
00:11:30 est-ce que ce n'est pas une conséquence de l'immigration
00:11:32 qu'une super aide doive embaucher deux vigiles à temps plein ?
00:11:36 En partie, sans doute.
00:11:37 Et ainsi, l'immigration irrigue l'ensemble de notre vie.
00:11:41 Si on veut parler du coût de la vie, le coût de l'essence,
00:11:43 ça n'a pas de lien, le coût de l'essence, avec l'immigration ?
00:11:46 Le fait qu'on soit obligé de sortir de certains quartiers,
00:11:49 qu'on ne puisse plus habiter dans d'autres, qu'on s'éloigne,
00:11:51 qu'on veuille mettre ses enfants à l'abri,
00:11:52 et donc qu'on doit prendre sa voiture pour aller travailler,
00:11:54 pour les amener à l'école,
00:11:55 et donc le coût de l'essence devient évidemment une question centrale,
00:11:58 mais quelque part en bout de course.
00:12:00 Je rappelle ma question qui était, est-ce que la censure,
00:12:03 la persécution sont aussi des éléments à prendre en considération
00:12:07 dans la difficulté de défendre cette notion d'identité ?
00:12:10 Alors, je crois que Philippe Vardon a justement souligné l'intimidation
00:12:16 qui fait que nous n'osons pas toujours poser les questions.
00:12:21 Je prends la question de l'environnement.
00:12:23 La question de l'environnement, l'immigration est un problème majeur.
00:12:27 Ils rendent 500 000 personnes.
00:12:29 500 000 personnes, c'est 150 000 logements.
00:12:31 150 000 logements, c'est des terrains à bâtir,
00:12:35 c'est de l'artificialisation des sols.
00:12:38 – Pour l'immigration et contre la bétonisation, ça ne va pas ensemble.
00:12:41 – Voilà, exactement, mais c'est un vieux sujet.
00:12:44 Donc, il faut résister à l'auto-intimidation en quelque sorte.
00:12:48 Par contre, c'est plus difficile d'échapper à la censure,
00:12:55 d'échapper au shadow banning, à l'occultation discrète.
00:13:00 Je prends un exemple précis sur la censure.
00:13:05 L'Iliade, Solène Marti pourrait le confirmer,
00:13:07 avait un compte YouTube avec beaucoup de vues
00:13:12 et une vidéo qui avait fait 6 millions de vues consacrées à l'identité européenne.
00:13:17 Elle est tombée en un jour.
00:13:20 Pourquoi ?
00:13:21 Parce que l'Institut Iliade avait invité Renaud Camus à un colloque,
00:13:29 qu'imprudemment, le colloque, le texte de Renaud Camus
00:13:34 et la vidéo de Renaud Camus avait été mise en ligne.
00:13:37 Renaud Camus, censure.
00:13:40 Voilà, et donc, ça c'est évidemment du képan.
00:13:43 Et quand on parle des influenceurs,
00:13:45 c'est plus confortable pour un influenceur de faire du souverainisme
00:13:50 que de parler des questions d'immigration ou d'identité
00:13:54 parce qu'il sera moins censuré dans un cas que dans l'autre.
00:13:58 Il pourra toucher davantage de royalties, de revenus.
00:14:03 Donc il y a effectivement une pénalisation du discours identitaire.
00:14:08 Ça c'est indiscutable.
00:14:09 Ce n'est pas chouiner que de dire ça.
00:14:12 – Il y a un continuum là-dedans
00:14:14 puisque avant même la dissolution de Génération Identitaire par Gérald Darmanin,
00:14:17 il y avait eu la suppression de la page Facebook de Génération Identitaire
00:14:20 qui était à plus de 100 000 personnes.
00:14:22 Donc c'est vrai qu'il y a un espèce de continuum qui va déplateformer
00:14:26 ce qui vous est arrivé sur YouTube.
00:14:28 Essayez aujourd'hui de mettre dans un message sur Facebook Damien Rieu par exemple,
00:14:32 votre message ne sera pas posté, ça ne fonctionnera pas, c'est impossible.
00:14:36 Et donc c'est vrai que ça commence comme ça et ça se termine par la justice.
00:14:40 – Et la dissolution, alors c'est vrai que la dissolution de Génération Identitaire
00:14:44 a aussi été un phénomène grave
00:14:48 puisqu'il a empêché une expression publique de protestation contre l'invasion
00:14:54 et de protestation intelligente avec des moyens de communication intelligents
00:14:58 et donc pacifiques et donc ça a été supprimé.
00:15:01 – Mais Reconquête a pris le relais,
00:15:03 Reconquête est devenue une génération identitaire beaucoup plus grande.
00:15:07 – Oui, ce qui était la patte de Génération Identitaire au-delà de la ligne
00:15:11 c'était aussi la modalité d'action,
00:15:14 de nombreux toits ont été visités par les militants, il y avait cet aspect…
00:15:18 – Ce qu'ils avaient parlé c'était de mettre le sujet au cœur du débat
00:15:20 et pour le coup je trouve que Reconquête fait le travail.
00:15:23 – On essaie de mettre le sujet au cœur du débat en tout cas
00:15:25 mais je pense que la pratique militante qui était celle de Génération Identitaire
00:15:28 était aussi liée à son succès.
00:15:32 – Oui, Céline Barthé voulait rajouter.
00:15:33 – Des autres modalités je pense qui rendent aussi difficile la question de l'identité
00:15:39 c'est qu'au-delà de la censure, la censure fonctionne
00:15:42 quand on a encore des personnes capables d'aller défendre une identité
00:15:45 et il n'y a pas uniquement le sujet de l'immigration
00:15:48 mais aussi une question d'américanisation de la société qui joue beaucoup
00:15:51 parce que vous pouvez avoir des jeunes militants identitaires
00:15:55 et tout ce que vous voulez qui sortent du système scolaire français,
00:16:01 qui ont l'université française, qui ont la télévision, les réseaux sociaux
00:16:05 et tout un tas de choses qui font qu'on a une américanisation des modes de vie,
00:16:10 une uniformisation des sociétés et on a beau lutter contre l'immigration clandestine ou non,
00:16:18 on finit par avoir des modes de vie qui sont des modes de vie similaires
00:16:22 sur toute la planète et c'est aussi un problème qui restreint la capacité
00:16:27 à se battre pour son identité quand on n'est plus capable de la définir
00:16:31 et qu'on a un mode de vie qui est un mode de vie qui est partagé sur toute la planète.
00:16:36 – Julien Rougy, est-ce qu'il n'y a pas aussi dans le fait de cette dilution,
00:16:42 dissolution quelquefois de cette notion d'identité,
00:16:45 le fait que politiquement ce n'est pas très vendeur ?
00:16:48 La preuve d'ailleurs par les résultats d'Éric Zemmour à la présidentielle.
00:16:53 – Oui alors moi… – C'est toujours assez provocateur.
00:16:55 – Je ne suis pas d'accord avec ce qui a été dit justement parce que
00:17:00 quand Philippe dit que l'immigration est reliée à tout un tas de sujets économiques,
00:17:08 sociaux, écologiques bien sûr, c'est vrai, mais en fait il ne faut pas,
00:17:13 il faut utiliser l'immigration pour, comment dire,
00:17:17 utiliser tous ces thèmes-là pour parler d'immigration, il faut faire l'inverse.
00:17:19 Il faut utiliser ces thèmes pour en arriver à l'immigration.
00:17:22 C'est-à-dire qu'il faut justement se faire aujourd'hui le relais de pensée comme l'écologie
00:17:27 dont l'essence première et principale sera de fixer les populations sur place,
00:17:30 il n'y aura pas de solution à l'écologie si l'on ne fait pas ça
00:17:33 et on montrera par le biais de l'écologie pourquoi il faut arrêter l'immigration
00:17:36 et je pourrais vous développer ça sur tous les autres sujets.
00:17:39 Pourquoi ? Parce que je crois en effet que nous sommes arrivés à une époque
00:17:43 où l'identité ne parle plus à grand monde en tant que concept,
00:17:46 en tant qu'héritage.
00:17:47 Pourquoi ? Tout simplement parce que la plupart des gens n'ont rien reçu en tant qu'héritage.
00:17:51 C'est comme si vous voulez, je vais vous faire un rapprochement avec des militants
00:17:55 qui dans les années 20, des militants de droite,
00:17:58 continuaient de défendre le trône et l'autel en disant qu'il fallait…
00:18:00 – 1920 ? – 1920 pardon, en 1920.
00:18:03 Des militants de droite qui continuaient à dire qu'il faut des militants contre-révolutionnaires,
00:18:08 royalistes et catholiques, qui défendaient le trône et l'autel.
00:18:11 Eh bien les années 20, donc du dernier siècle, ne pouvaient pas comprendre ça,
00:18:14 ils devaient sans doute avoir des millions de français
00:18:17 qui encore tenaient au grand principe de la contre-révolution de 1820.
00:18:22 Mais ils arrivaient à un moment où les temps avaient changé
00:18:24 et où les enjeux étaient différents.
00:18:26 Et donc il fallait se faire socialiste pour apporter une certaine idée de la droite.
00:18:32 Bon je ne détaillerai pas ça maintenant, mais je crois que vous m'avez compris.
00:18:35 Il fallait se modifier, modifier le corpus d'idées pour faire passer des idées
00:18:41 qui finalement étaient en droite ligne avec des idées contre-antimodernes on va dire.
00:18:46 Donc là nous arrivons à une époque où la jeunesse, par exemple,
00:18:48 pour ne prendre qu'elle, mais même en réalité les gens de 40 ans, 50 ans,
00:18:52 souffrent bien sûr de nuisances, c'est-à-dire qu'ils vont être contre l'immigration,
00:18:55 en majorité, ça bien sûr, les sondages le montrent.
00:18:57 Mais ce dont ils souffrent c'est des nuisances que cela aborte.
00:19:00 Et ça il n'y a pas de problème.
00:19:01 Mais pour ce qui est de l'identité en tant que telle,
00:19:03 ce sont des gens qui, je vous le rappelle par exemple,
00:19:06 le premier public qui regarde Anouna est le public qui vote Marine Le Pen.
00:19:12 C'est des gens qui n'ont pas reçu la littérature.
00:19:15 La littérature, parce que la France en tant que concept,
00:19:19 comme disait Swaterdijk, la toute nation est un club de lecture élargi.
00:19:22 C'est le fait de lire les mêmes livres qui vous donne une identité.
00:19:26 Les gens ne lisent plus.
00:19:27 Les musulmans ont une identité commune parce qu'ils lisent le Coran.
00:19:29 Le fait de lire les mêmes livres vous donne une identité. On ne lit plus.
00:19:32 Au niveau de la nourriture, c'est le couscous qui est le plat préféré des Français.
00:19:35 La junk food est en train d'exploser de partout.
00:19:38 Ça bouffe des tacos et des McDo comme jamais.
00:19:41 Au niveau musical, ça me fait penser à de la musique.
00:19:43 Le rap explose dans toutes les hits, parades ou je ne sais pas quoi.
00:19:47 Tout le monde écoute du rap, des maths désormais.
00:19:49 Moi dans ma jeunesse, c'est allé très vite.
00:19:51 Il y a encore 15, 20 ans, ça écoutait de la pop, du rock.
00:19:55 Aujourd'hui, c'est rap de partout.
00:19:57 Et même des gens qui votent Seymour écoutent du rap.
00:19:59 Croyez-moi, j'en ai vu.
00:20:01 Je peux comme ça continuer pendant très longtemps pour vous dire que tout simplement,
00:20:05 l'identité est un concept qui est devenu, malheureusement,
00:20:07 je ne m'en satisfais absolument pas bien sûr,
00:20:10 est devenu élitiste parce qu'il y a peu de familles qui conservent encore
00:20:14 au sein de leur foyer une transmission d'héritage français.
00:20:17 Parce que tout cela est devenu quelque chose de flou.
00:20:19 L'anomie de Durkheim a eu lieu et on peut refuser de voir la réalité en face,
00:20:24 mais elle est celle-ci.
00:20:24 Donc, il faut utiliser les grands enjeux idéologiques actuels
00:20:29 qui font parler les gens, qui mettent les jeunes dans la rue,
00:20:32 l'écologie, des questions sociales et d'autres choses.
00:20:36 Et par là, on en arrivera à la lutte contre l'immigration
00:20:39 et non pas faire l'inverse.
00:20:40 Donc, l'opportunisme politique aujourd'hui, c'est d'éviter les sujets qui fâchent.
00:20:44 C'est ce que vous me dites ici.
00:20:45 C'est d'éviter les sujets qui fâchent, des sujets qui ne répondent plus.
00:20:47 C'est-à-dire que, je vous dis, on se retrouve,
00:20:49 les gens qui parlent d'identité aujourd'hui se retrouvent, pour moi,
00:20:52 j'espère que vous comprenez bien cette image,
00:20:56 comme des militants, de catholiques contre-révolutionnaires
00:20:59 qui en 1920 continuaient de dire "mais si nous sommes dans cette tourbe,
00:21:02 c'est parce qu'il y a eu la mort de Dieu et que le roi ne règne plus".
00:21:06 Et c'était très vrai.
00:21:07 – Je vous renvoie à 1920, c'est vous.
00:21:09 – Non mais, tout va bien.
00:21:13 Évidemment, on a un point de désaccord.
00:21:16 Tu parles, Julien, de l'identité comme un concept.
00:21:20 – On va dire que c'est ça, je suis plus heureux.
00:21:21 – Tu as parlé de concept.
00:21:23 C'est-à-dire que tu, immédiatement, tu politises,
00:21:27 tu conceptualises, tu intellectualises,
00:21:30 et c'est ta partie, le sujet.
00:21:32 Mais quand on a préparé cette émission…
00:21:35 – Il y a des exemples concrets.
00:21:36 – Quand on a préparé cette émission,
00:21:40 effectivement, je savais que tu voulais amener ça,
00:21:42 et ça m'a laissé perplexe.
00:21:44 Je dois vous le dire à tous, moi, pendant trois jours,
00:21:45 j'ai réfléchi, je me suis dit "ah oui, en fait, il n'y a plus d'identité,
00:21:48 on n'a pas reçu, etc."
00:21:49 Puis ce matin, tout à l'heure, avant de prendre mon avion,
00:21:52 je suis parti, j'avais ma petite-fille qui dormait,
00:21:55 qui allait traîner ma mère, j'ai croisé mes deux garçons
00:21:58 qui se préparaient à aller à l'école,
00:22:00 il y en a un qui a mon regard, l'autre qui a la démarche de son grand-père.
00:22:04 Je me suis dit "tiens, il doit y avoir peut-être l'identité, c'est peut-être ça."
00:22:07 Et puis j'étais dans ce taxi qui m'a amené jusqu'à l'aéroport,
00:22:10 et puis lui, tu as raison, il m'a parlé de tous ces sujets, autour.
00:22:14 Un taxi qui m'a reconnu, ça nous arrive à tous,
00:22:17 et qui donc a parlé de politique,
00:22:19 et il m'a expliqué qu'il avait dû quitter Nice,
00:22:22 qu'il avait dû faire quitter Nice à sa mère
00:22:24 qui habitait dans un des quartiers chauds du nord de Nice,
00:22:27 et qu'il avait quitté Nice pour fuir l'insécurité,
00:22:30 conséquence de l'immigration massive dans ce quartier,
00:22:32 et puis il m'a expliqué que,
00:22:34 bien même là où il était allé quelque part se réfugier,
00:22:36 il avait dû aussi changer ses enfants d'école,
00:22:39 pour les mettre dans une école sous contrat.
00:22:41 Et comme il lisait le Figaro, il me disait "mais est-ce que c'est vrai M. Vardon,
00:22:45 le ministre il va venir même dans nos écoles privées là ?"
00:22:50 Alors, il faisait peut-être de l'identité à la manière de M. Jourdain.
00:22:54 Effectivement, effectivement, effectivement,
00:22:56 il avait sans doute peut-être pas les mêmes bibliothèques
00:22:58 qu'un certain nombre d'entre nous, sans doute n'avait-il pas tout lu,
00:23:01 mais pour parler de bibliothèque,
00:23:04 moi une phrase de Dominique Vénère que j'aime beaucoup,
00:23:06 et je pense que ça concerne notre peuple,
00:23:09 notre peuple a peut-être en matière d'identité,
00:23:12 peut-être les idées courtes, mais toujours les instincts profonds,
00:23:15 et je crois que l'identité,
00:23:18 ce qui ne veut pas dire que je sois en désaccord
00:23:21 avec ce que tu dis sur le plan politique,
00:23:22 mais l'identité ce n'est pas qu'un concept,
00:23:24 les gens se reconnaissent,
00:23:26 les gens se rassemblent parce qu'ils se ressemblent,
00:23:33 et on voit ce phénomène de réappropriation, etc.,
00:23:36 on le voit partout.
00:23:38 – Julien peut-être répondra à ce que vous l'avez…
00:23:41 – Je crois que je me suis mal fait comprendre,
00:23:44 ce qui est sans doute le cas,
00:23:45 j'ai parlé d'identité comme concept,
00:23:47 mais dans lequel justement j'ai intégré quelque chose
00:23:49 de beaucoup plus profond, l'héritage,
00:23:50 je n'ai parlé que de choses concrètes,
00:23:52 à savoir la musique, la nourriture, le mode de vie,
00:23:54 ce dont tu résumais par l'américanisation,
00:23:58 qui est en fait plus profond que ça,
00:23:59 c'est le fait de vivre en société industrielle,
00:24:02 et de vivre dans une économie tertiaire
00:24:04 qui produit nécessairement malheureusement ce genre d'effet.
00:24:06 Le gauchisme est un effet direct de l'urbanisme
00:24:08 et de l'industrialisation.
00:24:11 Et puis bon, d'autres choses, mais ce serait trop long de les évoquer.
00:24:13 Ce que je voulais dire c'est que justement ce concept-là
00:24:16 a des implications concrètes, très réelles dans la vie de tous les jours,
00:24:18 et les gens souffrent des nuisances,
00:24:21 des nuisances liées à l'immigration.
00:24:22 Donc on peut en parler, mais le fait de faire,
00:24:24 hélas, un focus sur l'immigration plutôt que de parler
00:24:26 par exemple de l'insécurité en particulier,
00:24:29 eh bien ça crée malheureusement cette idée
00:24:31 qu'il y a une obsession raciste derrière tout cela.
00:24:33 Et ce truc-là, même si moi je suis identitaire,
00:24:36 nous sommes tous sur ce plateau,
00:24:37 je pense que politiquement ce n'est pas intéressant.
00:24:40 Et même par rapport, je vais plus loin,
00:24:41 même par rapport à la dialectique des esprits du temps,
00:24:44 parce que je crois que les esprits du temps,
00:24:46 c'est comme ça, Z. Geist, Hegelien, ça passe,
00:24:49 il y a des esprits du temps, voilà.
00:24:50 Et puis il y a des dialectiques, ça avance,
00:24:51 peut-être qu'un jour l'identité au sens très concret
00:24:54 ou conceptuel, pourquoi pas, reviendra très fortement,
00:24:56 mais là nous sommes à un moment où il n'est pas dans l'air.
00:24:59 Mais en revanche, effectivement,
00:25:00 les nuisances liées à l'immigration, c'est autre chose.
00:25:02 On peut parler de toutes ces nuisances-là,
00:25:04 on peut parler du gaspillage, on peut parler de la sécurité,
00:25:06 et ça je crois qu'il faut le faire.
00:25:07 Et je pense que même Macron et même les centristes
00:25:09 feront comme les Danois, finiront par s'y mettre d'ailleurs.
00:25:11 Ils commencent déjà.
00:25:12 – Ils commencent déjà.
00:25:13 – Mais voilà, je pense qu'il faut arriver à s'adapter,
00:25:16 parce que quand nous parlons d'identité,
00:25:18 quand je vous entends dire, par exemple avec Marion,
00:25:20 vous savez comme je vous aime bien,
00:25:21 quand je vous entends dire "nous sommes la droite civilisationnelle",
00:25:24 Marion Maréchal, quand je vous entends dire
00:25:26 "nous sommes la droite civilisationnelle",
00:25:27 je vous dis simplement, les gens qui ont cette civilisation,
00:25:32 qui ont conscience de cette civilisation,
00:25:33 se révèlent être très minoritaires aujourd'hui en France.
00:25:36 Et je le regrette, et c'est ainsi.
00:25:39 – On va donner la parole à Jean-Yves Le Gallo,
00:25:40 à Jean-Yves Le Gallo, et puis après on revient à ça,
00:25:43 je ne vous empêcherai pas de parler.
00:25:44 – Je pense qu'on est en partie d'accord sur une partie du constat,
00:25:48 néanmoins je pense qu'il y a une difficulté
00:25:49 sur la compréhension de l'identité, dans la mesure où,
00:25:54 pour le coup, je pense que pendant longtemps,
00:25:55 on n'a pas parlé d'identité,
00:25:56 parce que l'identité était quelque chose d'évident.
00:25:59 Quand on est dans des sociétés homogènes,
00:26:01 qui vivent ensemble, qui ont un héritage commun,
00:26:04 et un destin commun, on n'a pas besoin de parler d'identité,
00:26:07 et on ne se pose pas la question de qui est-on.
00:26:09 Et on se la pose aujourd'hui justement,
00:26:11 parce qu'on a cette difficulté.
00:26:13 Et après, je pense qu'il y a autre chose que Marcan,
00:26:16 vous définissiez l'identité à partir du mot d'héritage,
00:26:20 et je pense que l'identité ce n'est pas seulement un héritage,
00:26:23 c'est une volonté en effet, c'est-à-dire qu'il y a évidemment
00:26:26 une part d'héritage, avec des parts qui nous plaisent,
00:26:28 des parts qui ne nous plaisent pas, il y a ce qu'on nous a légué,
00:26:31 mais il y a aussi le choix d'en faire quelque chose en commun,
00:26:33 et le choix de faire quelque chose après.
00:26:36 Et en effet, la citation de Dominique Vénère sur l'instinct profond
00:26:39 est très vraie, dans la mesure où ce n'est pas uniquement
00:26:42 lire des livres, puisqu'il y a toujours eu des gens
00:26:45 qui ne lisaient pas de livres, et ce n'est pas pour autant
00:26:47 qu'ils avaient perdu leur identité ou qu'ils ne partageaient pas
00:26:50 cette identité.
00:26:51 Il y a ceux qui lisent des livres, il y a plein de choses
00:26:54 dans l'identité, que ce soit la gastronomie,
00:26:55 que ce soit les coutumes locales, et c'est la revalorisation
00:26:59 de toutes ces choses-là qui…
00:27:00 – Qui ont disparu justement, c'est ça le problème.
00:27:02 – Mais qui n'ont pas entièrement disparu.
00:27:03 – Evidemment, pas entièrement, heureusement,
00:27:05 moi j'habite en Ardèche, je suis attaché à mes racines,
00:27:10 et j'essaie de les faire vivre avec d'autres personnes,
00:27:12 évidemment, mais nous sommes, il faut l'admettre,
00:27:14 je pense, après vous pouvez peut-être refuser ce constat
00:27:16 si vous le souhaitez, je pense qu'il faut admettre
00:27:18 que nous sommes une minorité.
00:27:19 Ça ne veut pas dire que cette minorité n'arrivera pas
00:27:21 à raviver la flamme de l'identité, je l'espère,
00:27:24 j'ai grand espoir là-dedans, mais si vous voulez,
00:27:26 on se retrouve, c'est comme des catholiques aujourd'hui,
00:27:27 les catholiques n'ont pas aujourd'hui à défendre la foi,
00:27:31 parce qu'ils se retrouvent en face d'un athéisme,
00:27:32 les gens n'ont pas la foi, il faut qu'ils ravivent la foi.
00:27:36 Et voilà la différence sur la question purement identitaire,
00:27:39 il s'agit moins en réalité de défendre quelque chose
00:27:41 qui a, hélas, sinon disparu, au moins c'est énormément étiolé,
00:27:46 il s'agit de raviver tout cela.
00:27:48 – Jean-Luc Gallou, dans ce débat.
00:27:50 – Moi je crois que les gens se retrouvent quand même
00:27:54 dans des communautés, et ces communautés sont assez identitaires.
00:28:00 De fait, la première communauté autour de laquelle
00:28:04 les gens se retrouvent, en fait, c'est l'école.
00:28:07 C'est ça qui structure les populations
00:28:12 et qui font que les différentes identités vont prospérer.
00:28:16 C'est autour de l'école, et ça pose effectivement le problème
00:28:20 de la transmission et du fait que l'éducation nationale
00:28:24 n'est plus réellement jouée ce rôle,
00:28:30 notamment en évacuant plus ou moins complètement
00:28:34 la littérature classique et l'histoire
00:28:37 qui étaient effectivement des éléments de transmission.
00:28:40 Mais il y a encore des choses qui continuent dans ce domaine-là.
00:28:44 La deuxième chose, c'est que je ne suis pas sûr
00:28:47 qu'il y ait quand même une fatalité,
00:28:50 ça c'est un peu un raisonnement marxiste, si je puis me permettre,
00:28:54 une fatalité dans le sens de l'histoire,
00:28:59 une fatalité industrielle.
00:29:01 Je prends un exemple.
00:29:02 Le rap, qui est effectivement une musique
00:29:05 extrêmement répandue aujourd'hui en France,
00:29:09 il est venu, bon, en partie des États-Unis,
00:29:11 mais il a été promu par le service public,
00:29:16 par la mouv', par les radios de service public.
00:29:18 Ce n'est pas seulement un phénomène spontané,
00:29:21 il y a eu derrière une volonté idéologique.
00:29:25 Et donc, ça veut dire qu'il y a la possibilité
00:29:30 de combattre cette volonté idéologique
00:29:33 et de produire d'autres éléments,
00:29:38 de promouvoir d'autres éléments.
00:29:40 Il y a des choses d'ailleurs qui se produisent
00:29:42 de manière périphérique,
00:29:45 sans finalement qu'il y ait derrière une volonté politique.
00:29:49 Par exemple, dans certains groupes musicaux,
00:29:52 dans certains groupes de danse traditionnelle,
00:29:56 où on a vu, tiens, exemple de communautés,
00:30:01 il y a eu un petit scandale autour de l'application "canto".
00:30:06 Puisque le président de la République s'est retrouvé,
00:30:09 après un discours sur les retraites,
00:30:12 à chanter avec des jeunes dans la rue sur l'appli "canto".
00:30:18 Bon, l'appli "canto", elle permet à des communautés différentes
00:30:21 de se retrouver, puisqu'il y a des champs tout à fait différents.
00:30:24 Il y a des champs traditionnels, il y a des champs militaires,
00:30:27 il y a des champs syndicalistes, voilà.
00:30:29 Il y a des comptines familiales.
00:30:32 Et donc, ça c'est des éléments où l'identité,
00:30:36 elle continue quand même de se poursuivre.
00:30:39 Alors, est-ce qu'elle est majoritaire ?
00:30:41 Ce n'est pas sûr, mais elle continue de...
00:30:43 – Le public majoritaire qui arrive devant un NOUNA,
00:30:45 c'est le public qui vote Marine Le Pen.
00:30:46 – Mais oui, mais il ne faut pas raisonner uniquement...
00:30:50 – C'est symbolique, ce symbole veut dire énormément.
00:30:53 Ça veut dire que des gens, et ces gens-là, un jour, je l'espère,
00:30:57 reviendront dans un socle civilisationnel français, je l'espère.
00:31:01 Mais ce sont des gens qui peuvent voter Marine Le Pen
00:31:04 parce qu'ils souhaitent bénéficier davantage de minima sociaux,
00:31:09 que leurs salaires soient augmentés,
00:31:11 qu'ils en ont marre de la sécurité qui est dans la rue.
00:31:13 Toutes ces volontés sont absolument légitimes,
00:31:16 mais n'allez pas parler à ces gens de civilisation française.
00:31:19 Ce que je dis là vous paraît peut-être complètement terrible,
00:31:23 mais je vous dis que ces gens-là, moi j'en viens aussi déjà de ces gens-là,
00:31:27 je les connais, je vois ce qui s'est passé autour de moi,
00:31:29 et je vois des gens qui ont subi de plein fouet l'anomie fameuse de Durkheim.
00:31:35 Malheureusement !
00:31:36 – Julien Rochdy parle de l'expression politique de ce qu'il vient de dire,
00:31:42 c'est le choix que fait Marine Le Pen,
00:31:44 de parler des questions que se posent les Français
00:31:46 sans théoriser son identité.
00:31:48 Et peut-être que M. Zemmour a fait le contraire, c'est peut-être cela.
00:31:51 – D'abord je pense qu'il y a peut-être une mauvaise lecture,
00:31:53 si on considère que sur le terrain électoral,
00:31:56 qui n'est pas l'intégralité du terrain politique,
00:31:58 qui est encore moins l'intégralité du terrain de l'opinion,
00:32:01 la question de l'identité a été évacuée lors de la présidentielle,
00:32:05 parce qu'Éric Zemmour a fait le score non négligeable,
00:32:08 sur une ligne d'énonciation du grand remplacement
00:32:10 et de promotion de la remigration quand même, de 7%.
00:32:13 Parce que tous les électeurs qui considèrent qu'il y a un énorme problème
00:32:17 avec l'immigration dans ce pays et ses conséquences,
00:32:20 n'ont pas voté pour Éric Zemmour, loin sans faux.
00:32:22 Le vote Rassemblement National, que ça satisfasse ou pas ses dirigeants,
00:32:28 c'est un vote très largement, essentiellement identitaire.
00:32:35 Les gens qui vont voter, je citais tout à l'heure quelques sondages à l'appui,
00:32:38 qui vont voter pour Emmanuel Macron, ils ne sont pas tous des "no borders".
00:32:43 – Qui est un identitaire ?
00:32:45 – Je pense, la conscience d'un peuple,
00:32:49 justement c'est là que je voulais en venir.
00:32:52 Toi tu considères que parce que quelqu'un est assis devant Cyril Hanouna,
00:32:55 alors il n'a aucune…
00:32:57 – Ne m'injure pas, tu comprends le symbole que je mettais derrière.
00:32:59 – Bien sûr que je comprends, mais si tu veux, pour moi ce n'est pas efficient.
00:33:03 – Il y a plein de jeunes chez moi qui…
00:33:06 Malheureusement qui sont des individus qui ont été déracinés absolument,
00:33:10 c'est tragique, ces gens-là sont perdus,
00:33:11 et ils peuvent venir, comme l'Institut Iliade,
00:33:14 et vers des gens qui justement essayent d'incarner une véritable identité française,
00:33:17 ils le feront, j'espère, demain.
00:33:18 Mais moi je vois des gens qui écoutent du rap,
00:33:20 qui sont habillés n'importe comment,
00:33:21 qui n'ont jamais lu un livre de leur vie, mais même si ce n'est pas grave,
00:33:23 et qui ne vivent plus en tant que français,
00:33:25 parce qu'ils n'ont pas reçu l'épouve au satéritage français,
00:33:27 qu'être capables de voter Zemmour,
00:33:29 parce que l'immigré d'à côté nous a un peu embêtés.
00:33:33 Mais ce n'est pas ça d'être de la civilisation française.
00:33:35 – Non, non, mais quand tout le monde vous entend…
00:33:38 – Tu nous amènes sur, je dirais, le faisceau d'indice.
00:33:41 Mais est-ce que le peuple est toujours là ?
00:33:43 Est-ce que c'est toujours ton peuple ?
00:33:44 Est-ce que l'Ardècheois qui est assis devant un nouna,
00:33:46 qui est peut-être en train d'écouter du rap et qui fume un joint,
00:33:48 est-ce que c'est toujours un Ardècheois ?
00:33:50 Toi tu vas dire, culturellement, est-ce qu'il l'est encore ?
00:33:53 Et moi je reviendrai sur ce que disait Zemmour.
00:33:54 – Si j'avais envie d'avoir ce suffrage, je n'irais pas le voir en lui disant,
00:33:58 on a sauvé l'Ardèche civilisationnelle,
00:34:00 et je vais lui parler occitan alors qu'il ne le parle plus.
00:34:02 – Mais tu poses une autre question alors Julien.
00:34:05 Tu viens de déplacer le sujet de savoir
00:34:07 est-ce que les gens ont encore une identité sur,
00:34:09 est-ce que pour aller prendre leur voix,
00:34:11 il faut que je dise, je suis drapeau au vent l'identité ?
00:34:15 Débat, là il y a un sujet, moi je crois, si tu veux,
00:34:17 que la vocation du politique, ce n'est pas forcément de se dire,
00:34:21 alors donc, comme il regarde un nouna,
00:34:23 je vais me mettre à faire l'annonce de la sardine.
00:34:25 Moi je crois que la vocation du politique,
00:34:27 mais peut-être qu'il y a une vocation à être un appui, un pivot, un soutien,
00:34:32 que sais-je, mais je pense que le terrain électoral
00:34:37 laisse toute sa place à ce champ aussi,
00:34:40 c'est aussi d'aller amener les sujets,
00:34:44 enfin j'ai passé moins de temps qu'un certain nombre d'entre vous
00:34:49 au Front National puis au Rassemblement National,
00:34:50 un tout petit peu plus que toi, pas beaucoup plus,
00:34:53 mais moi ce que j'ai toujours reconnu à ce parti dans son histoire,
00:34:56 et je crois d'ailleurs, honnêtement, on se trompe si on pense
00:35:00 que le résultat de l'élection présidentielle de Marine Le Pen
00:35:02 n'est que le résultat de l'intuition dingue du pouvoir d'achat,
00:35:05 ce qui ne veut pas dire que j'évacue le pouvoir d'achat,
00:35:07 mais on sait tous…
00:35:08 – Le pouvoir d'achat.
00:35:09 – Mais on sait tous qu'il y a aussi l'inertie de la vie politique
00:35:13 et que sur les… pardon j'ai oublié le résultat au premier tour
00:35:16 de Marine Le Pen, je ne voudrais pas dire une bêtise,
00:35:18 23, 24, 25, 22 ?
00:35:21 – C'est très haut.
00:35:21 – D'accord, sur ceux-là il y en a quand même 15 ou 16%
00:35:26 qui votaient déjà pour Jean-Marie Le Pen, a priori,
00:35:29 donc ce qui veut dire qu'il y a aussi l'inertie de la vie politique,
00:35:32 qu'on a aujourd'hui un électorat d'habitude, Front National,
00:35:36 c'est ce à quoi s'est confronté très durement Éric Zemmour,
00:35:39 on n'est pas là pour refaire la présidentielle,
00:35:40 mais c'est un sujet central sur l'élection présidentielle,
00:35:43 c'est qu'il y a un vote d'habitude et qu'un certain nombre de gens,
00:35:45 et il faudra longtemps avant que ça passe,
00:35:47 se disent, quand ils en ont marre de l'immigration en sortant du RER
00:35:50 ou qu'il y a un nouveau kebab au mat' chez eux,
00:35:52 se disent "bon maintenant ça suffit", qu'est-ce qui tilte dans leur tête ?
00:35:55 Parce que pendant 50 ans, le phare qui disait "attention, attention, je t'éclaire",
00:36:01 aujourd'hui tu n'as pas vu, le ciel est clair, la mer est calme,
00:36:05 et là tu dis "oh là là, il me saoule le phare avec l'immigration",
00:36:09 et puis un jour l'immigration elle est arrivée jusqu'à chez toi
00:36:12 et tu te rappelles du phare,
00:36:13 et c'est ce qui fait qu'un certain nombre d'électeurs,
00:36:14 y compris dans les nouveaux électeurs,
00:36:16 parce que quand on sondait, il n'y a pas eu de sondage de ce type-là,
00:36:18 mais par exemple lors des régionales de 2015,
00:36:22 lorsqu'on sondait les nouveaux électeurs du Front National,
00:36:24 ceux qui votaient pour la première fois au régional de 2015 pour le Front National,
00:36:29 quelles que soient leurs origines politiques,
00:36:31 ceux qui avaient voté Sarkozy à la présidentielle de 2012,
00:36:34 ceux qui avaient voté Hollande à la présidentielle de 2012,
00:36:36 quels étaient les items pour lesquels ils étaient allés voter Front National ?
00:36:40 La priorité nationale, qui est un sujet social aussi évidemment,
00:36:44 c'est pour ça que je dis que tout est lié,
00:36:46 la question de la sécurité et la question plus large de l'immigration,
00:36:49 qu'ils viennent de l'ancien électorat socialiste,
00:36:52 de l'ancien électorat sarkoziste,
00:36:53 et plus intéressant encore, quand on rapprochait cette question
00:36:57 de l'électeur traditionnel du FN,
00:37:01 qui disait "mais moi ça fait 20 ans, on en croise,
00:37:03 souvent chez moi, dans le sud, il y a des gens qui disent
00:37:05 "mais moi je vote pour Jean-Marie Le Pen depuis 30 ans".
00:37:09 Eh bien en fait, les pourcentages étaient les mêmes.
00:37:13 À quelques points près, le néo-électeur FN de 2015,
00:37:18 bien sûr les choses ont un peu évolué,
00:37:19 mais enfin la politique, ça met toujours du temps à évoluer,
00:37:22 donc on ne doit pas être si loin,
00:37:23 le néo-électeur, même celui qui venait de chez François Hollande,
00:37:26 finalement il répondait de la même façon que l'électeur très ancien,
00:37:29 très traditionnel du Front National.
00:37:31 Donc ce que je veux dire c'est que, et pardon d'être un peu long,
00:37:34 derrière ce vote Rassemblement National,
00:37:36 il y a aussi cette volonté, qu'est-ce que c'est l'identité ?
00:37:39 La volonté de persister, de continuer,
00:37:42 de dire "il y en a eu avant moi, il y en aura après moi",
00:37:44 à peu près pareil.
00:37:45 Et peut-être que ces gens, je le disais tout à l'heure,
00:37:48 oui, devant Anouna, qui écoute du rap etc.,
00:37:50 il y a même, c'est vrai, des militants, c'est vrai,
00:37:53 il y a des gens qui militent,
00:37:54 qui donnent toute une partie de leur temps, de leur énergie,
00:37:57 parfois de leur liberté, pour cette idée,
00:38:01 ce concept de l'identité, bien même eux,
00:38:03 c'est sûr, ce n'est pas des parfaits, ni des parfaits de Nice,
00:38:06 ce que je ne suis pas non plus, ni des parfaits d'Ardechois.
00:38:09 Mais ils ont ce petit truc.
00:38:11 On est à la moitié de notre débat,
00:38:12 à la moitié de notre débat, et qu'est-ce que j'entends ?
00:38:15 Moi je me mets comme observateur, que soit les faits sont acquis,
00:38:22 vous ne parlez aucunement des solutions,
00:38:24 j'ai une petite voix sur ma droite qui dit, en gros,
00:38:28 qu'il n'y a plus d'identité à sauver,
00:38:30 si j'ai bien compris votre propos.
00:38:33 Les téléspectateurs qui nous regardent se disent,
00:38:34 mais alors, c'est quoi les solutions ?
00:38:37 Ils ne nous ont rien proposé.
00:38:38 Je pensais que vous alliez nous parler du pouvoir des juges, etc.
00:38:41 Et là, en fait, vous me dites que l'identité,
00:38:44 c'est la grande panne, parce que c'est normal.
00:38:46 Je pense qu'il y a quand même un sujet qui a été évoqué à un moment,
00:38:49 qui est que l'identité, ce n'est pas uniquement le domaine politique,
00:38:53 au sens politique, politicard, entre guillemets.
00:38:55 Ça vaut mieux, parce que vous pratiquez les pouvoirs comme en Italie,
00:38:58 ça ne réussit pas.
00:38:59 Ça ne réussit pas, en effet.
00:39:02 On a quand même parlé mieux que moi.
00:39:04 C'est cela de terminé, parce qu'on a dit que je ne parle pas.
00:39:06 Je pense que l'identité rentre aussi très largement
00:39:09 dans le domaine métapolitique.
00:39:11 Ce qui est important, on parlait globalement
00:39:13 de désenchantement du monde,
00:39:15 et du fait que ce soit des habitudes de vie,
00:39:18 une transmission qui n'ait pas eu lieu.
00:39:20 Et je pense que l'enjeu est aussi d'aller chercher là.
00:39:23 On parlait d'associations comme Canto,
00:39:25 mais il y a des dizaines d'autres projets
00:39:27 qui participent à faire renaître une forme d'identité,
00:39:31 puisque l'identité, j'en parlais certains,
00:39:33 mais c'est aussi une construction.
00:39:35 Ce n'est pas juste un héritage,
00:39:36 c'est quelque chose qui se construit continuellement,
00:39:38 qu'on choisit de construire, on fait des choix identitaires.
00:39:41 L'identité est quelque chose de complexe,
00:39:43 puisqu'on a une multitude de facteurs identitaires
00:39:46 qui parfois se croisent et se "choquent",
00:39:49 parce qu'il faut choisir parfois ce qu'on préfère dans notre identité.
00:39:52 Et ce n'est pas toujours simple.
00:39:54 Mais c'est aussi ce travail-là d'aller faire émerger certaines choses,
00:39:58 que ce soit par du combat militant ou politique,
00:40:02 que ce soit par des applications de champs,
00:40:05 la multiplication de différentes choses.
00:40:10 On avait évoqué plusieurs fois le terme de communauté.
00:40:13 La capacité des gouvernements actuels à lutter contre la communautarisation
00:40:17 est assez révélatrice du phénomène d'identité
00:40:21 et du fait que communauté et identité sont extrêmement liées et dérangent.
00:40:26 Et elles dérangent parce qu'une communauté permet de faire naître
00:40:29 et de faire vivre une identité.
00:40:31 Et que c'est aussi quelque chose qui dérange,
00:40:34 mais qu'on va faire vivre de différentes façons.
00:40:37 Et c'est là que je rejoins le côté social qui a été évoqué.
00:40:41 C'est-à-dire que si on veut un système social cohérent pour notre peuple,
00:40:45 il faut aussi avoir une identité cohérente,
00:40:47 parce qu'on arrive à avoir une écologie cohérente.
00:40:51 Vous disiez que la bétonisation du monde
00:40:54 pouvait pas aller de paire avec l'immigration,
00:40:59 et c'est parfaitement vrai.
00:41:00 Pour être enraciné, pour défendre l'écologie,
00:41:03 pour défendre une économie saine,
00:41:04 il faut évidemment avoir une identité commune.
00:41:07 Donc c'est tout un tas d'autres biais qui vont y participer.
00:41:10 Mais je crois que je vous ai coupé sur l'Italie.
00:41:12 Non, mais pas coupé sur l'Italie.
00:41:13 J'ai posé la question,
00:41:14 j'ai l'impression que les défenseurs de Mme Mélanie
00:41:16 ne sont pas nombreux autour de cette thème.
00:41:19 Je supporte.
00:41:20 Vous êtes pas loin de l'Italie,
00:41:21 vous voyez bien le problème de l'immigration et des migrants
00:41:24 de chaque côté de la frontière.
00:41:25 Je le vois bien, pour vous répondre d'abord,
00:41:27 avant de défendre Georgia Mélanie, sur l'espoir,
00:41:31 parce que c'est ça que vous nous dites en fait.
00:41:33 Moi, je me permets de le répéter,
00:41:34 j'ai commencé notre discussion en citant un certain nombre de sondages.
00:41:38 Les Français et les Européens rejettent massivement
00:41:44 l'immigration, ses conséquences,
00:41:47 l'immigration, l'islamisation d'ailleurs,
00:41:49 qui est un sujet en soi, de manière...
00:41:52 On l'a bien compris.
00:41:53 Moi, je parle de Mélanie,
00:41:54 j'ai l'impression que ça va être difficile aujourd'hui
00:41:56 de trouver un avocat.
00:41:58 Ah non, je suis là.
00:41:59 Non, non, non.
00:42:00 À leur plaisir.
00:42:01 Mais, quelle est l'accusation ?
00:42:04 L'accusation, c'est qu'elle ne fait rien,
00:42:06 alors qu'on l'attendait sur ce sujet-là.
00:42:09 C'est encore la grande panne.
00:42:10 Oui, je crois que c'est un petit peu plus compliqué que ça quand même.
00:42:15 Est-ce qu'on a d'abord conscience tous ici
00:42:18 de ce à quoi est confrontée l'Italie ?
00:42:19 Parce que l'Italie, ce n'est pas la frontière de l'Italie.
00:42:21 L'Italie, c'est la frontière de l'Europe.
00:42:22 Aujourd'hui, et Jean-Yves l'a largement dit,
00:42:25 on a un assaut migratoire vers l'Europe,
00:42:27 un assaut migratoire,
00:42:28 du regard à ce qu'est aujourd'hui la démographie de l'Afrique,
00:42:31 sans dire de bêtises,
00:42:32 plus de naissances dans le seul Nigeria chaque année
00:42:35 que dans l'Europe toute entière.
00:42:37 Tout ça, c'est un phénomène historique
00:42:39 auquel nous sommes confrontés.
00:42:42 Et aujourd'hui, eh bien oui,
00:42:44 des masses s'élancent vers l'Europe
00:42:47 et la principale porte d'entrée,
00:42:48 le principal circuit, c'est la Méditerranée,
00:42:50 la principale porte d'entrée, c'est l'Italie,
00:42:52 et puis on en retrouve juste dans le 16e arrondissement.
00:42:54 Et en général, ils sont passés par chez moi à Nice
00:42:56 et puis ils ne s'y comprennent pas très bien,
00:42:59 de manière évidente.
00:43:00 Et tout ça, clairement, ce phénomène historique,
00:43:03 ce n'est en réalité que le début.
00:43:05 Alors, Giorgia Meloni, que fait-elle ?
00:43:09 D'abord, elle porte le sujet au cœur du débat européen,
00:43:13 elle a mis le sujet à l'agenda du Conseil européen
00:43:16 avec une voix qui porte.
00:43:18 Et ensuite, je vais vous dire les choses de manière très simple,
00:43:22 aujourd'hui, elle fait ce qu'elle peut
00:43:23 pour demain pouvoir faire ce qu'elle veut.
00:43:25 Elle est dans une situation, Giorgia Meloni, contrainte.
00:43:29 J'ai lisé, il y a un excellent article du Point
00:43:32 sur Giorgia Meloni, cette semaine en kiosque,
00:43:35 où un député de Fratelli d'Italia disait
00:43:37 "on est dans une souveraineté contrainte".
00:43:40 Je crois que c'était ça sa formule.
00:43:42 Pourquoi ? Parce que l'Italie est un pays
00:43:43 extrêmement affaibli financièrement.
00:43:47 On a une dette qui correspond à 144% du PIB,
00:43:49 c'est encore mieux, j'allais dire encore pire que nous.
00:43:54 L'Italie dépend grandement de l'argent de l'Union européenne,
00:43:58 ils se battent actuellement, je vais essayer de ne pas être trop technique,
00:44:01 mais le sujet est là, pour récupérer 190 milliards
00:44:05 du fonds Recovery qui était lié au Covid,
00:44:07 parce que les précédents gouvernements italiens
00:44:09 n'ont pas été capables de récupérer l'argent et de l'utiliser.
00:44:13 Évidemment, ils sauraient quoi en faire.
00:44:15 Donc, et d'ailleurs sur la question de la dette,
00:44:16 je me permets de le dire, parce que je vois,
00:44:18 les attaques contre Giorgia Meloni viennent très généralement
00:44:21 d'une galaxie que je vais qualifier de souverainiste,
00:44:25 souverainiste de gauche, je ne sais pas trop,
00:44:26 mais enfin de gens qui considèrent que le vert est plus important
00:44:29 que ce qu'on met dedans, de manière générale.
00:44:32 Moi c'est un peu l'inverse.
00:44:33 Et qui exactement ? Qui en réalité l'attaque sur ce sujet-là,
00:44:37 dont d'ailleurs on apprend qu'ils s'en préoccupent,
00:44:39 parce qu'un certain nombre d'entre eux,
00:44:41 j'en ai vu certains passer sur vos plateaux en attaquant
00:44:43 avec virulence Giorgia Meloni sur l'immigration.
00:44:46 C'est pour ça que je ne les nomme pas, par politesse.
00:44:48 Mais les mêmes me disaient,
00:44:49 quand on se croisait à l'époque au Rassemblement National,
00:44:52 que la question de l'euro était éminemment plus importante
00:44:55 que celle de la substitution de population.
00:44:57 Donc je suis content de voir qu'aujourd'hui ils s'en préoccupent
00:44:59 quand il s'agit d'attaquer Giorgia Meloni,
00:45:00 à laquelle ils reprochent essentiellement sa position sur l'Ukraine,
00:45:05 un positionnement atlantiste, ce à quoi je réponds
00:45:07 qu'ils ne connaissent pas bien la droite italienne,
00:45:08 parce que le positionnement atlantiste est un positionnement constant
00:45:11 depuis des décennies dans la droite italienne.
00:45:13 Donc aujourd'hui Giorgia Meloni, elle fait…
00:45:15 – Elle est liée aux États-Unis.
00:45:16 – Bien sûr, évidemment en vue de France tout ça est particulier,
00:45:19 mais on a eu un certain Général De Gaulle qui est passé par là,
00:45:21 bon, tout ça on n'a pas…
00:45:22 – C'est des coupes américaines, maritimes.
00:45:24 – Tout ça, et Giorgia Meloni, et je le dis à tous ces souverainistes
00:45:27 qui en général ont la distribution d'argent public assez facile,
00:45:31 elle est contrainte par la question de la dette, voilà.
00:45:34 Et donc la question de la façon dont on gère aussi nos affaires publiques,
00:45:39 nos finances, le sérieux budgétaire qu'on peut avoir,
00:45:42 ça conditionne aussi les marges de manœuvre et de liberté
00:45:44 qu'on a dans cet autre domaine.
00:45:45 Donc aujourd'hui Giorgia Meloni, voilà, elle fait aujourd'hui ce qu'elle peut
00:45:50 pour pouvoir au mieux ensuite faire ce qu'elle veut.
00:45:53 Il y a quand même une action qui est menée,
00:45:54 parce que évidemment les chiffres sont ce qu'ils sont,
00:45:57 mais par exemple, est-ce que vous savez l'action qui est menée par rapport aux ONG ?
00:46:01 Aujourd'hui, les ONG, en réalité on leur impose le vrai droit,
00:46:06 qui est celui non pas de se balader et de récupérer une barque,
00:46:10 puis une autre, puis une autre, pour gonfler son bateau,
00:46:12 rentabiliser son action, à la fois financièrement
00:46:15 et en matière de communication, mais normalement le droit de la mer,
00:46:18 quand on voit des gens, on les secourt et immédiatement
00:46:20 on les ramène à un port.
00:46:21 Je ne vais même pas aller jusque sur le sujet qui serait de dire
00:46:23 qu'on n'est pas sûr que les côtes italiennes soient plus proches
00:46:25 que les côtes tunisiennes, mais déjà rien que ça.
00:46:27 Aujourd'hui, l'Italie impose ça aux ONG pour casser leur modèle économique,
00:46:31 pour dire "vous récupérez une barque avec trois migrants,
00:46:34 il faut la ramener immédiatement, vous ne vous en prenez pas trois cents,
00:46:37 et puis vous faites trois fois le tour de la Méditerranée
00:46:38 jusqu'à arriver à Toulon".
00:46:39 – Vous êtes un bon avocat.
00:46:40 Je reviens sur l'identité, parce que le temps avance.
00:46:43 Est-ce qu'il y a des solutions ?
00:46:45 Julien Roche dit "des solutions", vous en avez apporté,
00:46:47 vous avez écrit des livres pour former les jeunes,
00:46:49 pour les motiver, pour leur inculquer ces notions-là,
00:46:53 donc je suis toujours un peu inquiet sur cette notion
00:46:55 qu'il n'y a plus d'identité à sauver, je le trouve bien pessimiste.
00:46:58 – Pas du tout, je me suis encore une fois très mal fait comprendre,
00:47:02 mais apparemment j'ai des problèmes de délocation aujourd'hui.
00:47:05 – Non, non, c'est pas un problème de compréhension,
00:47:07 c'est possible aussi, ou d'audition même.
00:47:09 – Je distingue deux choses, je distingue le combat politique,
00:47:13 et je distingue ce que nous pouvons faire à titre communautaire,
00:47:15 à titre culturel, bien entendu que je crois aux influenceurs,
00:47:20 aux écrivains, aux gens qui vont prendre en charge les associations locales,
00:47:26 aux gens qui vont essayer de rassembler ces petites flammes qui existent encore,
00:47:29 je le crois ça, et je pense que ces petites flammes un jour
00:47:31 s'embraseront à nouveau et feront de la France à nouveau une France européenne,
00:47:34 j'y crois profondément, je ne suis pas du tout pessimiste
00:47:36 et dépressif sur la question, je le suis sur d'autres peut-être,
00:47:39 mais pas sur celle-ci.
00:47:41 Pour ce qui est de l'identité, je crois que tout ça peut ressurgir,
00:47:43 mais je pense que ces petites flammes, aujourd'hui,
00:47:45 vivent dans le cœur de quelques familles, dans quelques individus,
00:47:50 qui peuvent chacun se transformer en aimant bien sûr,
00:47:53 et rassembler des gens autour d'eux,
00:47:55 mais n'est plus un sujet assez puissamment ancré dans le pays,
00:48:00 en profondeur dans le pays, pour être un sujet fondamental aujourd'hui.
00:48:03 Donc nous pouvons évoquer politiquement les nuisances liées à l'immigration,
00:48:07 car Dieu sait que l'immigration produit des nuisances,
00:48:10 les tas, tous les gens ressentent tous les jours ces nuisances,
00:48:15 y compris d'ailleurs des gens d'origine immigrée.
00:48:17 C'est pour ça qu'en fait le problème, c'est que d'un point de vue purement politique,
00:48:20 faire le focus sur l'immigration,
00:48:22 plutôt que sur toutes les nuisances que l'immigration implique,
00:48:26 c'est aussi d'une certaine façon s'aligner à certains votes
00:48:28 qui pourraient être bien utiles dans le processus électoral.
00:48:30 – C'est pas de tactique électorale en vrai.
00:48:32 – C'est pour ça que je distingue les deux.
00:48:34 – Il ne faut pas tout ramener à la tactique électorale.
00:48:37 Il ne faut pas tout ramener à la tactique électorale.
00:48:39 – Je veux bien.
00:48:39 – La tactique électorale, c'est un élément, les élections c'est un élément,
00:48:43 mais c'est pas l'ensemble du spectre.
00:48:46 D'abord l'élection n'est qu'une partie de la politique
00:48:49 et la politique n'est qu'une partie de l'ensemble du combat.
00:48:52 – Mais là, Mélanie, vous en parlez de Marine Le Pen,
00:48:53 vous en parlez de Zemmour, vous en parlez de politique.
00:48:55 Maintenant justement, je fais bien la distinction,
00:48:56 je dis en revanche, de point de vue culturel,
00:48:59 il y a possibilité de faire, de raviver la flamme de l'identité,
00:49:03 je ne parle que de ça.
00:49:04 Mais de quoi parlons-nous ?
00:49:06 Là nous avons un politique en face de nous,
00:49:08 nous avons quelqu'un aussi qui a participé à la campagne d'Éric Zemmour,
00:49:11 un petit peu en tout cas de ce que je comprends.
00:49:13 Non, là c'est plus culturel, à la limite,
00:49:15 laissez la culture à mademoiselle, à madame.
00:49:17 – Et ben voilà, c'est ce qu'il faut.
00:49:21 – Je termine avec vous encore deux secondes.
00:49:23 Il y a partout, vous voyez, il y a des gens qui manifestent par exemple
00:49:27 contre l'implantation des migrants dans les villes
00:49:30 et qui le font malgré la répromotion générale médiatique et politique,
00:49:34 et ils le font.
00:49:35 Dans des villages, il y a des gens qui financent la reconstruction
00:49:38 ou la préservation de l'église, où il n'y a plus de culte.
00:49:41 Donc c'est vraiment l'église patrimoniale.
00:49:42 Ça c'est l'identité, c'est partout.
00:49:45 C'est pour ça que je trouve que c'est vivant.
00:49:46 – Je vais vous donner une source d'espoir.
00:49:48 – Ben moi aussi, je vais vous la transmettre.
00:49:50 – Je vais vous en donner une justement.
00:49:51 Il faut aujourd'hui, si on veut raviver l'identité française,
00:49:56 la civilisation française, européenne,
00:49:59 comment on pourrait raviver la foi ?
00:50:00 – D'expression française.
00:50:01 – D'expression française, comment on pourrait raviver la foi ?
00:50:05 Encore une fois, c'est ce que je disais tout à l'heure,
00:50:06 nous sommes dans une situation, imaginons, nous étions catholiques,
00:50:09 non plus de défense de la foi, mais de besoin de raviver la foi.
00:50:12 C'est ça l'identité pour moi.
00:50:14 Et donc il faut réfléchir du coup à la question subsidiaire,
00:50:16 comment est-ce qu'on ravive l'identité ?
00:50:18 Comment recréer-t-on les conditions dans notre civilisation,
00:50:20 dans notre société, pour qu'une identité,
00:50:24 c'est-à-dire une coïncidence de goûts et de dégoûts et de croyances,
00:50:28 se rassemble et crée de la ressemblance en se rassemblant et vice-versa ?
00:50:32 Comment est-ce qu'on recrée les conditions de tout cela ?
00:50:34 Et bien effectivement, le localisme, le fait qu'il y ait des gens
00:50:37 qui quittent les villes grâce au télétravail de plus en plus,
00:50:40 pour travailler de leur village,
00:50:42 le fait de se rassembler plus, de quitter la méga-machine urbaine,
00:50:47 le fait de parler d'écologie, donc, comme je disais au tout début,
00:50:50 d'obliger les gens à une certaine sobriété,
00:50:53 à une certaine solidarité avec le voisin,
00:50:56 ce qu'on a commencé à revoir avec le Covid par exemple, ce genre de choses.
00:51:00 Et bien c'est plein de petits éléments qui, à l'avenir,
00:51:02 vont faire que l'identité française va ressurgir.
00:51:05 Donc j'y crois profondément.
00:51:06 Je dis simplement qu'il faut maintenant approcher le sujet
00:51:10 avec l'adaptation nécessaire que l'esprit du temps nouveau implique.
00:51:16 Vous vous êtes bien fait comprendre, j'ai bien entendu cette fois-ci.
00:51:18 Céline Martin.
00:51:19 Et en effet là-dessus, je pense qu'il y a une vraie source d'espoir
00:51:21 et qu'il faut faire preuve d'intelligence, pour le coup politique,
00:51:24 puisque beaucoup des projets qui permettent de soutenir cette identité
00:51:27 ne viennent pas forcément de chez nous,
00:51:29 et bien au contraire, viennent de personnes qui, sur le papier,
00:51:33 ont des idées complètement différentes.
00:51:35 Et c'est aussi là qu'on peut aller chercher quelque chose,
00:51:37 je vais parler d'un endroit que je connais, si je prends la Bretagne.
00:51:40 Il y a 50 ans, en Bretagne, c'était interdit de parler breton.
00:51:43 Aujourd'hui, vous prenez la Bretagne, vous avez 47 écoles d'Iwan,
00:51:47 dans lesquelles les enfants ne parlent donc pas français
00:51:50 et apprennent le français en CE1.
00:51:52 Alors on reprend un autre échelon, qui est évidemment l'échelon régional,
00:51:58 mais ces projets-là, la majorité du temps,
00:52:00 les écoles d'Iwan sont tenues par des syndicalistes, gauchistes,
00:52:04 ou ce que vous voulez.
00:52:06 Néanmoins, quand ils apprennent le breton à des enfants,
00:52:07 ils ne peuvent pas leur apprendre l'écriture inclusive,
00:52:10 parce qu'en breton, ça n'existe pas.
00:52:13 Ils les font jouer dans des bagades,
00:52:15 ils leur apprennent des danses traditionnelles,
00:52:17 et en fait, vous avez des enfants qui sont profondément enracinés,
00:52:20 qui reprennent le contrôle de leur identité, au final.
00:52:24 Alors certains vous diront "oui, mais c'est du breton reconstruit,
00:52:27 c'est pas le breton de la source ou je ne sais quoi.
00:52:30 La langue française a évolué, toutes les langues évoluent,
00:52:32 et ça c'est normal, et c'est aussi un processus de construction.
00:52:36 Parce que des maths, c'est pas tout, c'est assez neuf.
00:52:39 Voilà, c'est ça.
00:52:41 Et c'est ce qui a été dit tout à l'heure,
00:52:42 il y a une partie qui ne nous a pas été transmise,
00:52:44 donc à nous d'aller construire à partir de ce qu'on a déjà,
00:52:48 ce qui est possible.
00:52:49 Et dans la même logique, on a des dizaines d'AMAP qui se montent,
00:52:53 et les AMAP...
00:52:54 Des AMAP ?
00:52:55 Oui, les AMAP qui sont donc un système
00:52:58 qui permet de se communautariser et d'acheter en gros
00:53:04 auprès d'agriculteurs les éléments de la nourriture du quotidien.
00:53:09 Alors c'est un système qui sur le papier,
00:53:11 ça paraît très détaché de l'identité, mais au final c'est très lié.
00:53:15 Alors c'est le genre de choses que le système n'aime pas,
00:53:17 puisque ça ne participe pas au capitalisme,
00:53:19 ça ne participe pas à une économie internationale et tout ça,
00:53:23 mais c'est profondément identitaire dans la mesure où
00:53:25 le paysan qu'on va faire fonctionner,
00:53:27 c'est le paysan d'à côté qu'on va connaître.
00:53:30 Et c'est des systèmes qui permettent aux gens de se regrouper,
00:53:33 indirectement, et qui leur permettent aussi de défendre une identité locale,
00:53:37 puisqu'en fait ils vont consommer des produits locaux
00:53:39 qui correspondent à ce qu'ils sont à la base.
00:53:43 Donc des initiatives, il y en a des dizaines,
00:53:45 qu'elles soient musicales, qu'elles soient dans les écoles éducatives ou autres,
00:53:51 il faut juste aller les prendre aussi.
00:53:53 Une solution, le localisme, très souvent théorisé,
00:53:58 c'est une des solutions, est-ce qu'il y en a d'autres solutions ?
00:54:01 La politique martiale, moi j'écoute tout ça avec beaucoup d'intérêt,
00:54:05 je suis enraciné, pas autant que je le voudrais,
00:54:07 j'espère que mes enfants seront davantage que moi
00:54:09 et que leurs enfants seront encore davantage,
00:54:11 parce qu'on est tous tributaires d'une société
00:54:13 qui nous a déracinés les uns après les autres,
00:54:15 il ne fallait pas parler niçois non plus,
00:54:17 et je regrette que mon arrière-grand-mère ne parlait quasiment que niçois
00:54:21 et mon grand-père ne me l'a pas transmis.
00:54:23 J'espère que mes enfants le parleront beaucoup mieux que moi.
00:54:26 Ceci étant dit, là on est un peu dans la seringue.
00:54:32 Très bien, les petits Vardons seront les rois des Danserades,
00:54:37 parleront niçois bien mieux que leur père, connaîtront tout, et puis...
00:54:42 et puis...
00:54:44 Moi je me méfie, si vous voulez, de cette solution
00:54:48 qui se veut communautaire mais qui est une solution très individuelle en réalité,
00:54:51 où on est quelques-uns à se sauver, c'est-à-dire juste 5 x 1 ou 10 x 1.
00:54:57 Oui, moi je crois à la politique, je crois à l'action collective,
00:55:00 et je crois même, je vais vous dire très franchement,
00:55:02 que je ne sauverai pas les petits Vardons si je ne sauve pas les autres.
00:55:05 C'est-à-dire que, il y a une citation, pardon,
00:55:08 je crois que c'est de Jean-Gilles Maliarakis, regardez-moi ce que je l'ai lu,
00:55:11 qui dit "espérons que nous ne mourrons pas du suicide des autres".
00:55:14 Et en réalité, pour sauver les petits Vardons, je dois sauver tous les autres,
00:55:18 y compris peut-être les enfants du type d'Utopia 56,
00:55:22 avec qui j'ai eu une discussion vive il y a deux jours,
00:55:27 y compris ceux qui votent Macron, tout cela,
00:55:32 parce que je ne pourrai pas me sauver.
00:55:35 Il y a des gens qui essayent, on est confronté à quoi ?
00:55:38 On parlait, Martial vous parlait des mobilisations contre les implantations de migrants,
00:55:42 il y a des gens qu'on fuit, la région parisienne,
00:55:44 pour l'immigration et ses conséquences,
00:55:46 ou peut-être pour les conséquences de l'immigration en premier,
00:55:48 c'est peut-être là qu'on…
00:55:50 Ils ont fui, ils sont allés à Calac par exemple en Bretagne.
00:55:54 Et puis un jour, il y a eu un projet pour amener les migrants qu'ils avaient fuit chez eux,
00:55:57 c'est un projet qui est porté par une association,
00:55:59 enfin un fonds de dotation en l'espèce,
00:56:02 il y en a d'autres qui sont portés par le gouvernement,
00:56:05 on est allé les rattraper.
00:56:06 Puis il y a ceux, mon taxi, mon taxi niçois de ce matin,
00:56:09 lui il a sorti ses gamins de l'école publique parce qu'il n'en pouvait plus,
00:56:12 des attaques contre l'identité de manière générale,
00:56:15 y compris tout ce qu'on voit aujourd'hui sur le genre, etc.
00:56:18 Il a dit "moi c'est plus possible".
00:56:19 Et donc tous les mois, en plus des impôts qu'il paye pour l'école publique,
00:56:23 il met aussi une partie de l'argent qu'il gagne au volant de sa voiture
00:56:28 pour payer l'école de ses enfants dans le privé, sous contrat.
00:56:31 Et là il a un ministre qui va là aussi le rattraper,
00:56:34 qui dit "moi je suis ministre de l'éducation nationale
00:56:36 et maintenant on va imposer la mixité sociale,
00:56:38 je fais les guillemets comme les profs d'anglais, dans l'école".
00:56:42 Alors bien sûr, peut-être il enlèvera, c'est la discussion que j'ai eue avec lui,
00:56:46 peut-être qu'il les enlèvera pour les mettre dans une école hors contrat,
00:56:49 où on sera plus libre, mais là aussi il assouviendra.
00:56:51 Alors on peut créer des espaces de liberté,
00:56:53 j'ai participé dans mes engagements militants pré-électoraux
00:56:57 à en construire un certain nombre avec les identitaires,
00:57:01 des maisons de l'identité, des clubs de sport,
00:57:03 plein d'endroits où on se solidarise, où on vit ensemble,
00:57:07 où on fait vivre notre identité au sens où, sans doute, nous on l'entend.
00:57:11 Mais je vous le dis très franchement, je pense que ce n'est pas suffisant.
00:57:16 Et comme communauté, après, comme j'ai commencé tôt,
00:57:20 bientôt presque 30 ans de militantisme,
00:57:22 je dois dire que je n'ai pas trouvé de communauté plus performante
00:57:26 pour la défense de notre identité,
00:57:28 je n'ai pas trouvé de communauté où on rassemble plus de gens que les partis politiques.
00:57:32 C'est très imparfait la politique, c'est très désagréable.
00:57:36 On en a tous, peut-être hormis vous Madame, souffert.
00:57:41 On y a perdu du temps, de l'argent, de l'énergie, souvent quelques illusions.
00:57:47 C'est très compliqué.
00:57:49 Mais je pense que ça reste le seul endroit où on peut agir de manière collective
00:57:54 sur l'avenir collectif.
00:57:56 Ensuite, sinon, il y a plein de macronistes qui se mettent à l'abri,
00:58:00 y compris entre macronistes, et on peut dire c'est super.
00:58:03 Mais je crois que l'action politique, c'est d'abord là où on trouve le plus de gens.
00:58:06 Voilà, moi j'étais dans un dîner débat hier avec Stéphane Ravien,
00:58:11 on avait 200 personnes, et chez Reconquête c'est assez impressionnant,
00:58:13 on peut reprocher tout ce qu'on veut, mais il y a plein de gens,
00:58:16 il y a plein de gens qui ont soif de politique, qui ont soif de réenracinement.
00:58:19 Et c'est aussi notre mission d'ailleurs, aller apporter à cette communauté politique
00:58:23 de gens qui se rassemblent en disant "nous ça suffit",
00:58:25 selon la formule de Lugan, à partir de là on ne recule plus.
00:58:29 Il y a des gens qui disent "à partir de là on ne recule plus".
00:58:31 Et à cela, nous aussi, on a à leur apporter.
00:58:35 On a aussi à leur apporter ces éléments de civilisation.
00:58:39 Mais à travers le discours politique, qui est celui qui porte au plus grand nombre encore,
00:58:43 avec ses imperfections, plein de gens ne croient plus en la politique,
00:58:46 plein de gens ne votent plus, à certaines élections la majorité des gens ne votent plus.
00:58:50 Mais le discours politique a encore un poids dans ce vieux pays,
00:58:53 parce qu'il garde sa mystique, son sacré.
00:58:56 Quand Éric Zemmour raconte très justement dans son livre,
00:59:00 à qui d'autre dit-on "sauvez-nous",
00:59:03 oui en politique les gens se tournent toujours vers les politiques,
00:59:06 pour leur demander, parce qu'on garde cette vision-là,
00:59:10 eh bien je dis si chacun nous disons,
00:59:15 il ne faut pas caricaturer Solène,
00:59:18 uniquement l'AMAAP, le renracinement et les cours de Niçois pour les petits Vardons,
00:59:23 ça va faire super cours, et ils viendront nous chercher.
00:59:25 Et ils viendront nous chercher, encore une fois,
00:59:27 on ne se sauvera pas sans sauver les autres.
00:59:29 Espérons que nous ne mourrons pas du suicide des autres.
00:59:31 Il faut les empêcher de se suicider pour vivre.
00:59:33 Philippe Vardon s'est spécialisé pour attaquer Julien Rogis dans un premier temps,
00:59:39 et maintenant Solène Marti.
00:59:40 Donc voilà, c'est une spécialisation,
00:59:42 donc avant de vous donner la parole, je laisse Solène Marti.
00:59:45 Oui, c'est surtout que je pense qu'on est parfaitement d'accord
00:59:47 sur l'importance du politique,
00:59:49 évidemment les AMAAP et tout ça c'est très bien,
00:59:51 mais ce n'est pas en allant tous élever des chefs dans le Larzac
00:59:53 qu'on sauvera qui que ce soit,
00:59:55 parce que c'est un projet particulièrement individualiste.
00:59:57 J'ai rien contre le Larzac.
00:59:59 Moi je suis, oui, j'adore les chefs dans le Larzac,
01:00:01 j'adore les chefs qui ont chez moi,
01:00:03 mais je suis tout à fait d'accord avec ce que vient de dire Philippe Vardon.
01:00:06 Justement, puisqu'il faut faire de la politique,
01:00:09 il ne faut pas en seulement la stratégie politique.
01:00:10 – Et il faut prendre tous les terrains.
01:00:12 – Donc c'est bien pour ça que moi je faisais la distinction.
01:00:14 Qu'est-ce qu'on dit entre nous culturellement,
01:00:16 et qu'est-ce qu'on dit s'il faut faire de la politique,
01:00:18 et bien sûr qu'il faut autant faire,
01:00:19 qu'est-ce qu'on dit pour gagner ?
01:00:20 Parce que le but de la politique ce n'est pas de faire de la philosophie,
01:00:22 c'est de gagner.
01:00:23 – Non, je crois que c'est l'exercice du pouvoir.
01:00:25 – C'est de gagner.
01:00:26 – C'est de gagner l'exercice du pouvoir,
01:00:27 ce n'est pas juste l'exercice du pouvoir.
01:00:29 – C'est de gagner pour ensuite exercer le pouvoir.
01:00:31 Mais c'est quand même au préalable quand même si tu veux.
01:00:32 – Oui, mais pour se donner l'envie de gagner,
01:00:35 il faut savoir ce qu'on va en faire.
01:00:37 – Certainement.
01:00:38 – Je pense qu'il y a un problème en ce qui concerne la politique,
01:00:42 ou les partis politiques,
01:00:44 qui est la question de l'offre politique.
01:00:46 Est-ce que le parti politique qui se contente d'écouter la demande,
01:00:51 la demande qui est souvent suscitée par les médias,
01:00:54 parce que lors de la dernière élection présidentielle,
01:00:57 le débat sur le pouvoir d'achat,
01:00:59 il a été assez largement imposé par les médias,
01:01:02 on a dit "c'est le sujet".
01:01:04 Et donc, est-ce que le politique, il suit la demande de l'opinion
01:01:08 et de la demande de l'opinion fabriquée par les médias,
01:01:11 ou est-ce que le politique, il propose et il construit ?
01:01:15 Ce que disait Philippe Vardon tout à l'heure à propos du fait
01:01:19 que ça permettrait de rassembler du monde et de donner du sens,
01:01:24 de donner du discours aux gens qui viennent,
01:01:27 c'est à mon avis une mission importante du politique.
01:01:30 Le politique, il n'est pas seulement là pour écouter,
01:01:33 il est là aussi, je dirais, pour former et même,
01:01:37 je serais tenté de dire,
01:01:39 non pas seulement former ses cadres et ses militants,
01:01:42 mais d'un certain point de vue, former ses électeurs.
01:01:45 Car les électeurs, ils reprennent aussi ce qu'ils écoutent.
01:01:48 Et il est évident que si le chef d'un parti politique
01:01:51 ou un parti politique tient un discours creux, vide de sens,
01:01:55 parce qu'il pense qu'il plaira aux médias, il ne sert à rien.
01:01:59 Par contre, s'il tient un discours où il porte des idées fortes,
01:02:05 notamment, oui, en matière de défense civilisationnelle,
01:02:09 je crois que c'est utile.
01:02:12 Alors, on a parlé, c'est un autre aspect, de l'exercice du pouvoir.
01:02:18 Le politique est là pour exercer le pouvoir, certes.
01:02:21 Mais aujourd'hui, là, on change tout à fait de registre,
01:02:25 la vraie question du pouvoir, c'est celui des juges.
01:02:30 Bon, pourquoi Mélanie ne fait rien ou ne fait pas grand-chose ?
01:02:37 Parce que, en matière de politique migratoire,
01:02:43 elle ne fait pas assez, bien sûr,
01:02:44 mais elle est sous le contrôle des juges.
01:02:48 – Et des juges italiens en premier.
01:02:49 – Des juges italiens, les juges français ne valent pas mieux.
01:02:51 – Oui, oui, bien sûr.
01:02:53 Les juges nationaux ne sont pas…
01:02:55 – Pourquoi en France, il n'y a jamais eu de vraie maîtrise de l'immigration ?
01:03:00 Le dernier, ça va être ma partie sarkoziste, il faut…
01:03:05 Bon, le dernier ministre qui a fait un petit peu quelque chose
01:03:09 en matière d'immigration, c'est Guéant,
01:03:12 qui a limité les entrées de 15% et qui a limité l'accès à la nationalité.
01:03:20 Bon, alors 15%, on peut dire, bravo, bah oui bravo,
01:03:23 on lui fait payer d'ailleurs,
01:03:25 c'est une des raisons de l'hostilité qu'il a dans les médias, c'est les 15%.
01:03:28 On peut dire 15%, c'est peu de choses, effectivement c'est peu de choses.
01:03:32 Mais pour prendre plus de 15%, c'est-à-dire aujourd'hui on est à 500 000,
01:03:37 et je suis désolé mais il faut arriver à zéro, ça n'est pas possible.
01:03:41 Si on ne met pas en cause le pouvoir des juges.
01:03:43 Et il y a un problème d'ailleurs du point de vue de l'offre politique,
01:03:48 c'est que jusqu'ici, personne n'osait dire mettre en cause le pouvoir des juges,
01:03:54 parce qu'on dit "attention, le pouvoir des juges,
01:03:57 c'est les juges qui protègent les libertés".
01:03:59 On a vu au moment du Covid, la grande efficacité des juges
01:04:02 pour protéger nos libertés alors qu'on ne pouvait plus pas sortir de chez soi.
01:04:06 Et donc il faut avoir le courage de dire qu'on va mettre en cause le pouvoir des juges,
01:04:12 sinon on ne fera rien.
01:04:13 Et effectivement…
01:04:14 - Tout ce que Laurent Wauquiez, il y a quelques jours dans "Le Point",
01:04:17 a fait un énorme pavé sur ce pouvoir des juges,
01:04:21 dénonçant ces cours suprêmes françaises et européennes,
01:04:26 indiquant aussi qu'il faut réduire le conseil constitutionnel dans ses fonctions,
01:04:30 s'en prendre au conseil d'État, supprimer les organismes indépendants comme l'ARCOM etc.
01:04:34 Donc là ça va dans le sens que vous indiquez.
01:04:37 - C'est un combat essentiel, sinon, c'est pas la peine de dire "on accède au pouvoir".
01:04:43 Alors peut-être qu'on peut accéder dans les palais ministériels,
01:04:45 ce qui est plutôt confortable, ce qui est sans doute plutôt sympathique,
01:04:48 mais ça ne sert à rien si on n'attaque pas le pouvoir des juges.
01:04:53 Donc il y a deux pouvoirs essentiels en fait.
01:04:55 Il y a le pouvoir culturel, qu'il faut établir dans les esprits,
01:04:59 il y a le pouvoir culturel qu'il faut établir par la transmission,
01:05:03 il faut rétablir la transmission, alors qu'il y a eu effectivement
01:05:06 une rupture assez complète à cause de l'éducation nationale,
01:05:08 et puis il faut prendre le pouvoir politique réel,
01:05:12 qui aujourd'hui est accaparé par les juges, conseil constitutionnel,
01:05:17 conseil d'État, cours de cassation, en arrière-main, cours de justice européenne,
01:05:25 et surtout c'est des cours européennes des droits de l'homme.
01:05:28 C'est ça l'essentiel, en termes politiques.
01:05:31 Ils viennent donner les outils aux juges nationaux,
01:05:33 qui s'emparent de manière extrêmement zélée en réalité,
01:05:37 se pressent de faire entrer dans le droit positif, dans la jurisprudence,
01:05:40 tous les éléments qui leur conviennent le plus.
01:05:42 Et vous avez évidemment raison Jean-Yves, quand on voit quand même l'histoire à Mayotte,
01:05:49 on lance une opération qui en français s'appelle "reprise",
01:05:51 ils auraient pu l'appeler "reconquête" s'ils voulaient.
01:05:53 Et dix jours plus tard, alors que Darmanin s'est tapé sur le torse,
01:05:58 dix jours plus tard, il y a deux juges qui ont décidé,
01:06:00 et une en l'occurrence, issue du syndicat de la magistrature,
01:06:04 qu'on ne pouvait pas finalement raser les bidonvilles,
01:06:06 et on a obligé la France à reprendre des clandestins.
01:06:11 C'est-à-dire, on est parvenu, miracle, à les expulser,
01:06:15 et un juge dit "ah non non non, en fait on ne les a pas expulsés comme il faut",
01:06:18 oui mais ils sont clandestins quand même,
01:06:20 "eh bien vous allez les refaire rentrer,
01:06:22 et là on va voir si on peut les expulser dans les règles".
01:06:25 Et le ministre de l'Intérieur qui dit sur tous les plateaux
01:06:29 "on lance l'opération, la reprise de Mayotte etc."
01:06:32 en plus de se faire humilier par les Comores,
01:06:34 parce que celui qui dit le plus de mal de Mélanie,
01:06:36 ça m'étonne que vous soyez du même avis que lui,
01:06:38 c'est Darmanin, le type qui a accueilli l'Ocean Viking,
01:06:42 qui a tous les records d'immigration, qui a tous les records d'insécurité,
01:06:44 et qui va donner des leçons.
01:06:46 Mais lui, il va insulter l'Italie, et il se prend des fessées par les Comores.
01:06:50 Pardon, mais pour ceux qui ont un peu de mémoire,
01:06:52 les Comores c'est un pays où une cinquantaine de mercenaires
01:06:54 belges et français peuvent faire un coup d'État, il me semble.
01:06:57 Et c'est ce pays-là qui aujourd'hui met des fessées à la République française.
01:07:01 Il ferait mieux de s'occuper de ça plutôt que d'aller donner des leçons à Mélanie à mon avis.
01:07:04 – Vous savez, je ne donne pas mon avis, je pose des questions.
01:07:07 Est-ce que vous avez sur ces questions de pouvoir des juges
01:07:09 une intervention à faire, Solène Marty ?
01:07:11 – Moi je ne peux rien rebondir sur ce que disait Jean-Yves,
01:07:13 je suis parfaitement d'accord, c'est-à-dire que
01:07:15 outre le fait de gagner le pouvoir, il faut avoir le pouvoir là où il est.
01:07:18 Et avoir une présidence et faire des grandes déclarations
01:07:22 si on ne peut pas les appliquer,
01:07:23 parce que derrière on a des juges qui ne les appliquent pas,
01:07:25 c'est un vrai problème.
01:07:27 Et je pense que ce pouvoir des juges est tout de même à nuancer en un sens,
01:07:30 parce qu'il y a un énorme pouvoir des juges,
01:07:31 renforcé par les courries européennes et le fait qu'on puisse prendre des décisions
01:07:34 qui soient contrecarrées évidemment par des juges.
01:07:37 Mais il y a aussi en ce moment, de manière assez visible,
01:07:40 une sorte de confusion de ce grand principe
01:07:43 qu'on a normalement de séparation des pouvoirs.
01:07:46 On a l'exécutif qui fait une grande déclaration en disant
01:07:49 "on va interdire par exemple toutes les manifestations d'extrême droite,
01:07:52 on va interdire la manifestation de Paris Fierté au début de l'année,
01:07:58 qui était la marche Sainte Geneviève, marche culturelle,
01:08:00 dont l'annonce de l'interdiction avait été faite par Darmanin,
01:08:06 qui n'est pas censé être celui qui fait ce genre d'interdiction.
01:08:10 Et c'est vrai qu'on a aussi une sorte de mélange de tout ça
01:08:14 qui est aussi problématique sur la maîtrise du pouvoir.
01:08:19 – Sainte Geneviève c'était une guerrière, une combattante dangereuse.
01:08:23 Julien Roger ?
01:08:24 – Oui alors je pense qu'on s'est éloigné un petit peu du sujet là,
01:08:27 mais bon si vous voulez en parler on peut en parler.
01:08:30 Il est clair que prendre le pouvoir, exercer le pouvoir,
01:08:32 ce n'est pas du tout la même chose.
01:08:34 Prendre le pouvoir, pour y parvenir il faut, malheureusement cher Jean-Yves,
01:08:39 il faut que ce soit un peuple qui rencontre une personnalité
01:08:43 et c'est le peuple qui est préalable.
01:08:45 Alors peuple manipulé par l'opinion, par les médias, tout cela bien sûr,
01:08:48 mais il n'en demeure pas moins que dans l'histoire,
01:08:50 c'est toujours comme ça que ça marche,
01:08:51 c'est des revendications, des aspirations à une sorte d'esprit du temps
01:08:54 qui rencontre un parti, qui rencontre un homme.
01:08:56 Mais ce n'est pas à lui d'impulser quelque chose,
01:08:58 et d'ailleurs je me permettrais peut-être de faire une petite parenthèse là-dessus,
01:09:01 je pense que Zemmour en tant que responsable culturel
01:09:04 lorsqu'il est passé à la télévision pendant 10 ans,
01:09:06 en tant que chroniqueur dans différentes émissions,
01:09:10 là il a eu ce pouvoir culturel qui a infusé,
01:09:12 ce qui est, il a produit son propre phénomène en quelque sorte,
01:09:14 il y avait d'autres aussi éléments, mais c'est ça qui comptait.
01:09:17 Bon, en tout cas, l'exercice du pouvoir a été extrêmement inquiétant
01:09:21 à cause du pouvoir des juges, à cause des bastions médiatiques par exemple,
01:09:24 et d'autres bastions qu'on pourrait énumérer.
01:09:26 Et c'est ce qui m'inquiète avec Marine Le Pen par exemple,
01:09:28 moi je pense que Marine Le Pen est dans une position actuellement
01:09:31 qui pourrait faire en sorte qu'elle prenne le pouvoir en 2027.
01:09:34 Le problème, non, on va pas rentrer dans ce débat,
01:09:36 je dis qu'elle pourrait, voilà, je pense qu'elle pourrait, elle ou un autre.
01:09:42 – Elle pourrait accéder dans les palais ministériels.
01:09:45 – Très bien, voilà, c'est là où je veux en venir.
01:09:48 Ce qui m'inquiète, c'est que la personne qui prenne le pouvoir,
01:09:51 elle ou un autre, un parti populiste qui rencontrerait des aspirations du peuple,
01:09:55 c'est qu'il n'ait pas conscience que derrière,
01:09:58 ce n'est pas simplement le fait de mettre le chapeau de cow-boy
01:10:01 de président de la République qui lui permettra d'exercer un pouvoir
01:10:03 qui sera véritablement efficient pour le peuple français.
01:10:06 Et nous avons eu un exemple immense sous nos yeux ces dernières années
01:10:09 avec l'élection de Donald Trump.
01:10:11 Donald Trump, qui était pourtant soutenu et qui avait derrière lui
01:10:15 le parti républicain, qui est autre chose quand même que le Rassemblement National
01:10:18 en termes d'influence, de pouvoir, d'argent et ainsi de suite.
01:10:22 Eh bien, Donald Trump qui avait le parti républicain,
01:10:25 qui avait une population qui répondait en tout cas à ses propres idées,
01:10:31 il y avait une sorte d'osmose avec la population américaine des rednecks
01:10:36 et ainsi de suite, eh bien, il a eu le pouvoir,
01:10:39 il avait une grande puissance, du pays le plus puissant au monde
01:10:42 et il s'est pris dans la tronche, et nous tous avec,
01:10:44 parce que nous faisons partie du même monde occidental,
01:10:47 il s'est pris dans la tronche la plus grosse opération contre notre peuple,
01:10:52 contre ce que nous sommes, contre notre essence de civilisation européenne
01:10:54 et occidentale, à savoir Black Lives Matter.
01:10:57 Donc, ça prouve que même un type qui est multimilliardaire,
01:11:01 qui a une grosse partie derrière lui, qui est la tête du pays le plus puissant
01:11:05 au monde, a pu se prendre dans la tronche, fabriqué en sous-main par ces bastions
01:11:11 qui résisteront également en France, une opération qui a été catastrophique
01:11:14 et désastreuse pour les peuples blancs, pour les peuples européens
01:11:17 et pour l'Occident.
01:11:18 Donc, si Donald Trump a pu récupérer cela, a pu se prendre ça dans la tronche
01:11:21 et nous avec, alors que se prendra Marine Le Pen
01:11:24 lorsqu'elle se retrouvera en face de tous les bastions médiatiques du monde
01:11:27 et tout le reste, où ils seront, où on leur donnera enfin l'occasion
01:11:30 de se la jouer Jean Moulin de leur salle de rédaction,
01:11:34 sans prendre aucun risque bien entendu, et avec une Marine Le Pen
01:11:37 qui sans doute, si c'est elle ou je ne sais pas si c'est quelqu'un d'autre,
01:11:39 qui n'aura pas conscience qu'en réalité, si elle veut exercer le pouvoir,
01:11:42 c'est-à-dire même le conserver, il faudra qu'elle coupe des têtes,
01:11:46 au sens métaphorique bien sûr, qu'elle affronte,
01:11:48 mais aussi qu'elle sache être, comme je disais par rapport à Donald Trump,
01:11:54 qu'elle puisse être appuyée par des gens qui est une clone vertébrale
01:11:58 militante, idéologique, extrêmement puissante,
01:12:01 qui puissent prendre les postes de la haute fonction publique,
01:12:05 de l'état profond en quelque sorte, des médias et tout cela,
01:12:07 parce que si on ne fait pas ça, si Marine Pence,
01:12:10 qu'en faisant des grands sourires et en donnant quelques gages,
01:12:12 toutes ses forces lui répondront en disant "on te laissera faire ta politique,
01:12:16 t'inquiète pas ma grande", elle se met le doigt dans l'œil et plus que cela.
01:12:19 – Elle n'a pas conscience de ce qui se passe.
01:12:21 – Non je ne pense pas justement, c'est ce qui m'inquiète beaucoup,
01:12:22 je pense que le Rassemblement National,
01:12:24 certains je sais ont conscience de ce que je viens de dire,
01:12:26 mais au Rassemblement National il y a peu de gens qui ont conscience du "backlash"
01:12:30 comme on dit en anglais aujourd'hui, qui se prendraient dans la tête
01:12:33 si jamais ils étaient au pouvoir, ils ne pourraient pas exercer le pouvoir.
01:12:36 Et c'est pour ça que je crois qu'il faut qu'il y ait des institutions culturelles
01:12:39 très fortes à côté qui forment des militants à la colonne vertébrale en acier,
01:12:43 et que ces gens-là puissent ensuite prendre le pas,
01:12:46 une fois qu'on aura récupéré le pouvoir, grâce à une stratégie,
01:12:50 à une tactique qui soit sans doute pas de votre goût.
01:12:52 – Ce que tu illustres aussi Julien, c'est quand même aussi
01:12:55 quelque part l'isolement du Rassemblement National,
01:12:57 parce qu'autant, moi tout à l'heure je plaidais pour la "forme partie"
01:13:00 en disant que c'était…
01:13:01 – Permettez-moi juste de conclure, le problème c'est que
01:13:05 vous avez ces militants, elles ont la stratégie.
01:13:08 – Sur ce point on peut prendre aussi comme exemple Orban,
01:13:10 pour le coup qui en Hongrie a réussi un peu ce phénomène-là,
01:13:13 à prendre le pouvoir, et certains analystes avaient dit que si Orban
01:13:18 perdait les dernières élections, il aurait quand même le pouvoir
01:13:21 parce qu'il avait réussi à placer des pions dans l'éducation,
01:13:25 dans des systèmes culturels, Orban n'étant pas parfait mais…
01:13:28 – Il ne suit pas le même chemin Orban, Orban c'est un démocrate chrétien
01:13:31 radicalisé, c'est-à-dire qu'il prend le pouvoir finalement
01:13:36 comme un centriste, et puis la marge du monde étant ce qu'elle est,
01:13:39 il s'énerve un peu, si je puis dire.
01:13:41 – Oui, là où Marie fait l'inverse.
01:13:42 – Et il mène une révolution conservatrice, appelons-ça comme on veut,
01:13:46 mais une véritable réforme culturelle et morale de son pays,
01:13:51 qui fait qu'aujourd'hui effectivement la question électorale
01:13:53 est peut-être même un peu secondaire par rapport à ce qui est redevenu
01:13:58 la Hongrie.
01:13:59 – Orban subit la même chose que ce qu'évoquait Julien Roche dit
01:14:01 pour peut-être Marine Le Pen, une personne, après c'est-à-dire un véritable feu.
01:14:06 – Oui mais sauf qu'il y a beaucoup… enfin les médias c'est beaucoup plus…
01:14:09 enfin c'est pas la même chose.
01:14:11 C'est-à-dire qu'il y a des médias du système, il y a des médias voquistes
01:14:17 comme chez nous, mais il y a aussi des médias qui sont conservateurs,
01:14:22 et donc il y a une véritable liberté, alors que chez nous le rapport
01:14:27 n'est pas le même en dehors de TV Liberté, de quelques…
01:14:30 – Ecoutez, là on va être dans les dernières minutes
01:14:31 et vous allez donner vos conclusions, on n'est plus à identité la grande panne,
01:14:34 mais à identité, de toute façon, c'est plus possible.
01:14:39 Bah si, bah non, vous nous expliquez que politiquement
01:14:41 ça ne sera impossible à mettre en place, je veux dire que…
01:14:45 et les solutions elles sont faibles, vous m'avez parlé de localisme,
01:14:47 vous m'avez parlé du pouvoir des juges, vous m'avez parlé de choses formidables,
01:14:50 les amapes, j'ai tout compris, sauf que j'aboutis,
01:14:53 moi j'écoute là cette fois-ci, je crois avoir bien compris vos propos,
01:14:57 c'est que de toute façon, une fois que l'expression politique de cela
01:15:02 se fera, comment dire, sera au pouvoir, de toute façon on ne pourra pas agir.
01:15:06 Et vous dites ça, au bout d'une heure et demie des discussions.
01:15:09 – Non, non, non, non, mais ce que dit Julien, je pense qu'il dit
01:15:10 qu'il faut être prêt et préparé, si je voulais résumer,
01:15:14 ce que je dis, ah mais on a un certain nombre, Martial,
01:15:18 à être prêt à s'y préparer depuis des années.
01:15:20 – Il faut avoir des âmes fortes, des hommes et des femmes formés
01:15:25 pour effectivement agir et pas seulement subir le politique mental.
01:15:32 – Mais à force, on a un système qui est blindé,
01:15:34 comment marche une munition perce blindage ?
01:15:37 Eh bien il y a le fuselage qui pénètre,
01:15:39 et puis derrière il y a l'explosion qui fait péter vraiment le blindé.
01:15:43 Eh bien la politique et la stratégie politique,
01:15:45 c'est juste ce qui doit pénétrer le blindage,
01:15:47 et derrière, nous, on doit faire péter le truc.
01:15:49 – Ça c'est la métaphore.
01:15:50 Je vous laisse une conclusion, vous avez chacun une minute
01:15:53 pour apporter une conclusion à ce débat, quelle que soit votre conclusion.
01:15:56 On commence par peut-être Solène Barty, par politesse et courtoisie.
01:16:00 – Eh bien, si je devais apporter une conclusion,
01:16:03 je dirais que la question de l'identité aujourd'hui
01:16:05 est loin d'être à l'écart des écrans, qu'au contraire elle est centrale,
01:16:09 même si elle ne va pas dans notre sens,
01:16:11 même si on est condamné pour ce qu'on est,
01:16:13 mais on ne culpabilise pas des gens et on ne les accuse pas de quelque chose,
01:16:17 si on n'a pas quelque chose à accuser,
01:16:18 donc c'est bien qu'on reconnaît déjà une identité.
01:16:21 Donc je pense que l'identité en soi est la question du siècle,
01:16:24 est la question du moment,
01:16:26 qu'on n'est évidemment pas en position de force pour la défendre,
01:16:28 mais qu'il y a des dizaines de possibilités de le faire,
01:16:32 qu'elles soient politiques, culturelles ou autres,
01:16:34 et que la question c'est à la fois de retrouver le fil
01:16:37 de quelque chose qu'on a perdu, de récupérer une part d'héritage,
01:16:41 mais aussi de choisir d'en faire quelque chose,
01:16:43 et de choisir de mettre en place les solutions
01:16:45 qui permettent en soi de se retrouver à la fois en tant qu'individu,
01:16:50 d'être capable de dire qui on est,
01:16:52 dans une société où on nous pousse à ne plus savoir qui on est,
01:16:55 et à la fois en tant que peuple,
01:16:57 pour affirmer une identité ethno-culturelle,
01:17:02 une identité civilisationnelle complète et assumée,
01:17:06 afin de pouvoir faire quelque chose
01:17:07 qui se traduise de manière politique ou autre.
01:17:10 Philippe Bardot, votre conclusion ?
01:17:12 Quand les athéniens et les spartiates ont rencontré les Perses,
01:17:16 ils ont compris qui ils étaient,
01:17:17 puisque là ils croyaient qu'ils étaient l'autre absolu,
01:17:20 et ils se sont découverts le commun.
01:17:23 C'est aussi la confrontation qui fait que l'on sait qui l'on est.
01:17:29 On n'a jamais eu autant de gens
01:17:32 qui avaient conscience de l'importance du phénomène migratoire,
01:17:35 on n'a jamais eu autant de gens qui le refusaient,
01:17:37 on n'a jamais eu un tel étiage électoral
01:17:39 qui s'exprime de manière différente,
01:17:41 mais qui s'exprime,
01:17:42 on n'a jamais eu une telle conscience de l'urgence migratoire
01:17:46 qu'aujourd'hui dans notre pays, et de ses conséquences, Julien.
01:17:50 Donc je dis, il n'y a pas aujourd'hui lieu de perdre espoir,
01:17:55 loin s'en faut, à nous d'être à la hauteur.
01:17:57 Notre peuple, il est toujours là, il n'a pas disparu,
01:18:00 tant qu'on aura encore des berceaux qui ne sont pas vides,
01:18:03 l'identité ne sera pas en panne.
01:18:05 Nous sommes encore là,
01:18:07 il y a des Français qui ne se rendent pas,
01:18:09 il y a des Européens qui ne se rendent pas,
01:18:11 à nous d'être à la hauteur.
01:18:12 C'est souvent, j'ai entendu moi, trop de soirées électorales
01:18:14 où on disait "ils n'ont pas compris",
01:18:17 voire pire "les Français sont des cons", etc.
01:18:20 Moi à chaque soirée électorale qui n'est pas une victoire,
01:18:21 je me dis "qu'est-ce qu'on n'a pas fait correctement ?"
01:18:23 Voilà, tout est devant nous.
01:18:25 – Julien Rochedy.
01:18:27 – Oui, oui, bah oui, la politique,
01:18:32 avoir et avoir de bonnes stratégies politiques
01:18:34 et donc regarder la France telle qu'elle est,
01:18:36 et non plus comme on pourrait la fantasmer,
01:18:37 s'y sortir de nos petits milieux
01:18:39 pour voir ce qu'est la France profonde,
01:18:40 et voir la France profonde qui, voilà,
01:18:42 ce que je disais donc au départ,
01:18:44 c'est pas du tout méprisant,
01:18:45 c'est au contraire la réalité pour être capable
01:18:46 d'aider ces gens-là un jour.
01:18:48 Donc faire des stratégies politiques
01:18:49 pour être capable de prendre le pouvoir,
01:18:51 penser également à l'exercice du pouvoir
01:18:53 en s'appuyant sur des bases de militants
01:18:55 et de jeunes, de gens, de gens formés
01:18:57 et qui ont une colonne vertébrale en acier,
01:19:00 et des gens qui justement pourront faire raviver
01:19:03 la foi, la flamme de l'identité.
01:19:04 Mais pour le moment, je crois en effet
01:19:06 que ce n'est pas le porteur idéologique
01:19:11 qui est le plus puissant actuellement.
01:19:14 Je pense qu'il y en a d'autres,
01:19:16 et je reprends ma métaphore d'origine,
01:19:19 je pense que nous nous retrouvons
01:19:20 comme la droite au siècle dernier,
01:19:22 il nous faut réadapter notre logiciel
01:19:24 et pas parler de choses
01:19:26 qui ne parlent plus à grand monde.
01:19:28 – Jean-Yves Le Gallou ?
01:19:29 – Moi je crois que dans les âges sombres,
01:19:33 il faut en revenir aux choses fondamentales
01:19:36 et à la transmission.
01:19:39 Quand l'Empire romain s'est effondré,
01:19:42 il s'est poursuivi, la culture hellénique,
01:19:45 la culture romaine, elle s'est transmise
01:19:48 dans des petits milieux, dans des monastères
01:19:50 notamment, mais pas uniquement,
01:19:51 et elle est repartie.
01:19:53 Et il y a eu d'ailleurs toute une série de renaissances,
01:19:56 l'Histoire européenne, c'est une série de renaissances,
01:19:58 on connaît la grande renaissance du XVIème siècle
01:20:02 ou du Quattro Santo italien,
01:20:04 mais il y a eu avant la renaissance ottonienne,
01:20:07 il y a eu la renaissance carolingienne,
01:20:09 et donc ce qui est important pour qu'il y ait des renaissances,
01:20:11 c'est qu'il y ait la transmission.
01:20:14 Et ça c'est une des vocations de l'Institut Lyade,
01:20:17 notamment qu'avait voulu Dominique Wehner,
01:20:19 c'est de transmettre, de transmettre la culture européenne,
01:20:24 de transmettre l'Histoire européenne,
01:20:25 parce que si on transmet, eh bien cela pourra repartir,
01:20:30 vous avez beaucoup utilisé Julien l'expression
01:20:31 "de la flamme qui allait repartir",
01:20:33 ça c'est la première chose.
01:20:35 Maintenant, ça je me place dans une perspective de long terme,
01:20:40 et même dans la perspective où les Européens
01:20:43 deviendraient minoritaires sur le sol européen.
01:20:47 C'est quand même pas forcément une fatalité,
01:20:51 parce que si on regarde la situation politique globale
01:20:57 sur l'ensemble de l'Europe, qu'est-ce qu'on voit ?
01:20:59 On voit quand même qu'il y a partout une montée des mouvements,
01:21:06 allez populistes, nationalistes, identitaires,
01:21:10 en tout cas il y a une progression, alors qu'elle n'est pas assez rapide.
01:21:16 Moi je me souviens quand je siégeais au Parlement européen,
01:21:19 il y a 25 ans, nous étions 13, 13, isolés, tout seuls.
01:21:24 Aujourd'hui, bon, des députés européens
01:21:27 qui pensent plutôt bien en termes identitaires,
01:21:30 je pense qu'il y en a autour de 150 peut-être, peut-être 180.
01:21:35 – Si on prend le groupe idée et le groupe des conservateurs,
01:21:37 on est à 180 et une partie du PPE.
01:21:40 – Donc il y a un mouvement, le problème c'est la course de vitesse,
01:21:44 mais il y a quand même un mouvement qui se produit dans tous les pays européens.
01:21:49 Il y a aussi un mouvement qui se produit en termes de discours,
01:21:52 très honnêtement, le discours sur le pouvoir des juges,
01:21:56 moi je l'ai tenu très timidement il y a 20 ans,
01:22:00 je n'ai jamais cessé de le tenir depuis, 25 ans,
01:22:03 Zemmour l'a tenu d'ailleurs il y a aussi 25 ans,
01:22:05 et maintenant on voit que ça commence à se répandre.
01:22:08 Des gens qui étaient terrorisés à l'idée de dire
01:22:11 "on va toucher au quart du tiers du cheveu d'un juge en le mettant en cause",
01:22:16 sont maintenant libérés, donc il y a une certaine libération de la parole.
01:22:20 Je crois qu'il y a aussi une certaine libération de l'action,
01:22:26 moi je suis très heureux de ce qui s'est passé à Calac,
01:22:33 où peut-être pour la première fois, ou une des premières fois,
01:22:37 il y a eu une opposition locale, une populaire,
01:22:43 qui fait que les immigrationnistes ont reculé,
01:22:47 et que le maire de Calac a dit "je suis obligé de reculer,
01:22:51 sinon je vais être renversé et ce sera l'extrême droite qui prendra Calac".
01:22:57 Ça c'est une victoire, la victoire de Calac,
01:22:59 je dois dire d'ailleurs, si je veux être tout à fait complet sur Calac,
01:23:02 je vais saluer les deux héros de la victoire de Calac,
01:23:05 qui sont deux anciens trotskistes, Pierre Cassin et Olivier Germain,
01:23:10 qui sont passés du camp du bien au camp du mal,
01:23:13 et qui sont passés du côté obscur de la force,
01:23:16 et qui ont eu cette victoire-là.
01:23:19 – Alors, je vais aller plus loin dans la provocation, une minute,
01:23:23 je me réjouis de la démission du maire de Saint-Brévin,
01:23:30 alors on va dire le malheureux a subi des pressions,
01:23:32 ben oui, la politique c'est un combat,
01:23:34 il a voulu imposer contre sa population
01:23:38 un foyer de migrants à proximité d'une école,
01:23:41 il y a eu une vraie bataille politique,
01:23:44 et finalement il baisse les bras, il démissionne,
01:23:49 c'est très bien, je pense que c'est pédagogique,
01:23:51 et que beaucoup de maires qui pourraient être tentés
01:23:54 d'écouter les sirènes des associations,
01:23:56 ou les sirènes des préfets, leur disant "il faut accueillir des migrants",
01:23:59 vont se dire "c'est peut-être pas une si bonne idée que ça".
01:24:04 – J'arrive, on ne peut pas se réjouir de ce qui lui est arrivé personnellement,
01:24:07 notamment parce que nous sommes un certain nombre
01:24:08 à avoir eu à le subir dans nos vies personnelles,
01:24:11 eu égard à nos engagements, je pense que voilà, c'est aussi…
01:24:15 – Mais la politique c'est un combat !
01:24:17 – Oui, mais je pense que si demain c'était mon domicile qui était incendié,
01:24:24 sans doute…
01:24:25 – On ne peut pas dire incendieux le domicile, on ne fait pas…
01:24:27 – Non mais ce que je veux dire c'est qu'on ne peut pas non plus
01:24:29 se réjouir de cette limite-là.
01:24:30 – Je conclue ce débat, et Camille j'ai besoin encore de quelques minutes
01:24:34 pour vous laisser encore à nouveau la parole,
01:24:35 je voudrais déjà remercier les téléspectateurs,
01:24:37 nous avons lancé cette série de débats,
01:24:39 on a commencé avec la Vendée, sur un débat avec Philippe de Villiers,
01:24:42 Renat Seychère et notamment Guillaume Bernard,
01:24:45 nous poursuivons sur cette notion d'identité,
01:24:47 si vous êtes au rendez-vous, nous poursuivrons thème après thème
01:24:51 avec des invités qui arrivent de plusieurs horizons,
01:24:54 je remercie Philippe Vardon d'être venu de Nice,
01:24:56 Julien Rodit d'être venu de l'Ardèche, Solène Marty de la Bretagne…
01:25:00 – Je suis un cœur fidèle ! – Oui absolument, c'est très bel…
01:25:03 – Tête de bois aussi ! – Voilà, tête de bois !
01:25:04 – On ne l'a pas vu à l'Ardèche moi !
01:25:07 – Venu de Bretagne, et puis vous venu de Sainte-C'est-Moine-Loin,
01:25:10 mais en ce qui concerne cette émission,
01:25:13 je vous remercie de la faire connaître, de la partager,
01:25:16 de mettre le pouce bleu si vous avez apprécié ce débat.
01:25:20 Il vous reste vraiment chacun quelques secondes pour la suite des événements.
01:25:23 Julien Rodit, qu'est-ce que vous nous préparez ?
01:25:25 Qu'est-ce que vous faites demain ?
01:25:27 – Moi personnellement ? – Oui, personnellement oui !
01:25:30 Un livre rien, mes chèvres dans l'Ardèche ?
01:25:33 – Un livre, le mien prochainement, d'autres livres aussi,
01:25:36 parce que ma maison d'édition prend de l'ampleur,
01:25:37 je me réinstalle dans mon Ardèche également…
01:25:40 – Votre livre, sur quoi ?
01:25:41 – Ah là, je ne peux pas vous le dire…
01:25:43 – Un mot, un mot, on ne va pas rester pendant trois heures,
01:25:46 donc vous me faites un mot, une expression…
01:25:48 – Euh… honnêtement, je ne vais pas vous spoiler,
01:25:52 je ne peux pas vous le faire maintenant.
01:25:53 – Ce n'est pas chic.
01:25:55 – Je sais, mais vous me réinviterez.
01:25:56 – D'accord, c'est fait.
01:25:57 Céline Marty ?
01:25:58 – Si c'est l'activité de l'Institut Iliette, on continue l'activité.
01:26:02 À titre personnel, la publication d'un livre sur Dominique Wehner,
01:26:06 qui peut rentrer en cohérence avec le sujet.
01:26:10 Voilà, qui est un livre collaboratif qui paraîtra le 21 mai,
01:26:14 à l'occasion des 10 ans de la mort de Dominique Wehner,
01:26:19 donc qui était aussi un chantre de l'identité,
01:26:23 et avec la logique qu'on a voulu avoir,
01:26:26 de se dire que là où croit le danger, croit aussi ce qui sauve,
01:26:28 et que si l'identité européenne est en mission, elle a encore un avenir,
01:26:31 et que c'est aussi ce qu'on va dire lors de cette journée.
01:26:34 – Philippe Vardon, Conseil national de reconquête ?
01:26:37 – Le Conseil national de reconquête, puisque c'est assez original,
01:26:40 chez reconquête non seulement on fait élire des conseillers nationaux,
01:26:42 mais en plus on les réunit, et on leur demande même leur avis,
01:26:44 puisque demain après-midi, les conseillers nationaux de reconquête
01:26:46 pourront voter sur les orientations des futures élections européennes.
01:26:49 Dimanche, un déjeuner débat dans l'Aisne,
01:26:51 et c'est un peu particulier pour moi puisque j'irai,
01:26:54 notamment après ce déjeuner débat, à la ferme d'Urteubise,
01:26:56 où mon arrière-grand-oncle est tombé pendant la grande guerre,
01:27:00 et puis lundi, un apéro débat dans le Vaucluse.
01:27:02 Voilà, on va les convaincre des gens,
01:27:04 et leur donner envie de sauver notre civilisation,
01:27:06 comme on en a tous envie ici.
01:27:07 – Voilà, et comme j'ai précisé cela, il faut que vous sachiez
01:27:09 que cette émission est enregistrée le vendredi 12 mai.
01:27:13 Jean-Yves Le Gallou, immédiat, évidemment, pour nous, pour TVL.
01:27:16 – Eh bien je suis à la chaîne de TVL chaque semaine.
01:27:21 Le 21 mai, je participerai à la journée d'hommage à Dominique Wehner,
01:27:29 organisée par l'Institut Liade et Solène Marti.
01:27:33 Au mois de décembre, Paul Emia organisera son forum de la dissidence
01:27:38 sur le pouvoir des juges.
01:27:40 Et puis j'ai quelques ouvrages en préparation.
01:27:45 – Merci, à bientôt, merci à vous.
01:27:47 [Musique]
01:27:51 Sous-titres réalisés para la communauté d'Amara.org
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