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  • il y a 1 jour
Ils ne sont plus que 6 taillandiers d'armes en Europe. Nous vous invitons à suivre Pascal Turpin, qui continue à réaliser des armes, s’appuyant sur un savoir-faire ancestral, prolongeant ainsi cet art qui nous vient de l’Antiquité.

En suivant Natalia Krassikova et Laurent Poultier du Mesnil, Créateur du Cercle de France, nous vous invitons à découvrir les secrets d’un des tous derniers Taillandier d’arme, passionné par son arme plus que millénaire.

Plus d’informations :
https://pascal-turpin-racing-design.sumupstore.com/
Transcription
01:17Bonjour Nathalia. Bonjour Laurent.
01:19Désolée. Bonjour Pascal. Non, je ne bricole pas.
01:21Pascal Turpin est un ?
01:23Taillandier d'armes. Incroyable.
01:26Ça te dit quelque chose ?
01:27Oui, merci. Pas trop, mais...
01:29C'est normal, on va découvrir. Pascal,
01:31nous vous suivons. Si ce n'est pas un bricolage,
01:33je suis d'accord. Bébé, j'espère bien.
01:35Alors, taillandier, qu'est-ce que c'est que
01:37ce métier de taillandier ?
01:38Alors, le taillandier d'armes,
01:40mon cher Laurent, en fait, c'est celui
01:42qui appartient à la famille des
01:45taillandiers, qui fabrique des objets
01:47taillants et tranchants. Il y avait
01:48anciennement trois familles. Les premiers,
01:51c'est les ferrons et les fèvres, qui faisaient la maison
01:52et l'agriculture. Et les
01:55derniers, les armuriers, qui fabriquaient des armes.
01:57C'était les batteurs d'armure.
01:59Ils fabriquaient les casques, les boucliers, les codes de mâle.
02:01Alors, c'est une corporation qui existe
02:03depuis, donc,
02:05Saint-Louis, le roi Saint-Louis, et qui a
02:07un privilège, parce que l'épée, vous la remettez où ?
02:09Alors, l'épée, en règle générale, on la remet dans une église, avec l'assistance d'un
02:13ecclésiastique, d'un prêtre, qui va faire une messe spéciale. On utilise des textes du
02:18XIIIe siècle par rapport à ça, puisque c'est très codifié, et qui va ensuite bénir l'épée
02:24et le récipiendaire. Celui qui fait l'investiture de l'épée, c'est le taillandier, donc moi-même.
02:32Et pour pouvoir officier dans une église, nous sommes reconnus par le Vatican. Nous ne sommes
02:36que six en Europe, à être reconnus par le Vatican. Six en Europe ?
02:39Oui, six en Europe. C'est génial, ça.
02:41C'est quand même joli, non ? Ah oui, très, très joli.
02:44On est moins que les pandas.
02:46Oui, pour la comparaison, elle est sympathique.
02:48Mais là, ça veut dire que, finalement,
02:50c'est un peu comme une cérémonie
02:52du Moyen-Âge, c'est pas un peu comme un
02:53adoubement d'un chevalier ? C'est dans le même principe
02:55de l'adoubement du chevalier. Ah, c'est joli, ça.
02:57C'est pas romantique, ça, Natalia ?
03:00Quelque chose
03:01très romantique et intéressant.
03:03Je n'ai jamais attendu. Allez, on va découvrir ?
03:05Avec plaisir. Allez, suivez-moi.
03:08Il y a beaucoup de choses qui coupent.
03:10J'ai déjà vu comment Pascal, elle a fait
03:12l'épilation. Il y a la parole aussi.
03:14Et les paroles ? Oui.
03:16Quelles paroles ? Couper la parole ?
03:18Oui. Pour couper.
03:21Oui. C'est vrai. Mais t'as vu
03:22comment ça marche, les
03:24couteaux ? Non.
03:26Pascal, vous pouvez montrer ?
03:28Oui, oui. Qu'est-ce qu'il a fait, Pascal ?
03:30L'épilation, en direct.
03:32C'était pour montrer que c'était affûté.
03:35Regarde. Ah, la vache !
03:36C'est incroyable.
03:38Ouh là là.
03:40Alors, quelles sont les étapes, justement, pour arriver à ça ?
03:43OK. Alors, les étapes. La première étape,
03:45on va partir d'un morceau d'acier.
03:46C'est un classique. Alors, il peut être inox
03:49ou il peut être acier
03:51au carbone. Ça, c'est
03:53la forme initiale
03:55du couteau. D'accord ? C'est ce que je vais
03:57mettre dans la forge et je pars de ça.
03:59Oui, mais là, la largeur, elle n'est pas la même ?
04:00C'est parce qu'il va être aplatible ? Justement, non, parce que je vais le forger.
04:02D'accord. C'est ça, l'intérieur. Est-ce qu'on prend n'importe quel type d'acier ?
04:05Ça a une raison. On choisit ?
04:07Oui, on choisit. Il faut qu'il y ait de l'acier
04:08avec beaucoup de carbone à l'intérieur. D'accord.
04:10Et comment est-ce qu'on sait, ça ? Alors, maintenant,
04:12on les achète, ils ont une nomenclature.
04:14Oui. D'accord. Anciennement,
04:16ils faisaient des tests d'étincelles pour savoir
04:18quel était le taux de carbone.
04:21Alors, ils ne le connaissaient pas,
04:22mais ils savaient s'il y avait plus ou moins de taux de carbone.
04:24Comment on faisait ça ? Alors, ils faisaient ça sur des meules.
04:27Si c'était des grosses étincelles,
04:28il n'y en a pas beaucoup, il n'y a pas beaucoup de carbone.
04:30S'il y avait énormément d'étincelles très petites,
04:33c'est qu'il y avait beaucoup de carbone.
04:34Excellent.
04:34Et donc, il y avait un marquage, c'était des marteaux.
04:37Ils utilisaient un marteau.
04:38Et donc, ça allait de un à cinq marteaux.
04:41Un marteau sur la morceau d'acier,
04:43il y avait peu de carbone.
04:45Cinq marteaux, c'était un acier avec beaucoup de carbone
04:47qui servait, par exemple, pour faire des épées.
04:49Le un marteau, on va utiliser pour faire des outils.
04:52Pour faire... Mais voilà.
04:54Donc, c'était le seul moyen à l'époque
04:55qu'on avait de reconnaître si c'était un acier
04:58avec beaucoup de carbone ou pas.
05:00On ne connaît pas le taux de carbone.
05:01Par exemple, celui-là, aujourd'hui,
05:03on sait que c'est 0,75% de taux de carbone.
05:06Pendant des centaines d'années, on n'en sait rien.
05:09On ne sait pas.
05:10Alors, donc, on s'assure que ça soit un acier
05:13où il y ait beaucoup de carbone.
05:14Oui.
05:14Et ensuite, après, ça va être quoi ?
05:16Du martelage ?
05:17Alors, tout est fait à la forge.
05:19Oui.
05:19Vous verrez par rapport à ça.
05:21Et on obtient déjà cette première ébauche.
05:26D'accord.
05:27En fait, la qualité du couteau est faite à la forge.
05:30Tout le reste, c'est de la fioriture.
05:32C'est intéressant, ça.
05:33Je reviens là sur cette anecdote.
05:35Donc, ça veut dire, si ça, je passe à la meule,
05:37ça va faire des tas de petites étincelles
05:38parce que ça contient du carbone.
05:40C'est ça.
05:41Et si ça fait des grosses étincelles et moins...
05:43C'est qu'il n'y a pas assez de carbone.
05:44Excellent.
05:45Et donc, on ne va pas faire un bon couteau avec...
05:47On n'utilisera pas pour le couteau.
05:48On va l'utiliser pour de la serrurie,
05:51pour des ferrures, pour tout un tas de choses.
05:52Mais certainement pas,
05:53ni pour les couteaux, ni pour les armes.
05:55D'accord.
05:56Voilà, ça, on ne l'utilise pas.
05:57Tout est fait au...
05:58À la forge.
05:59À la forge.
05:59Au marteau.
06:00Au marteau, oui.
06:00Il n'y a rien de...
06:01Voilà.
06:01Donc, en fait, la qualité du couteau sera faite à la forge.
06:05Oui.
06:05Après, le travail entre cette partie-là,
06:09celle-là et la finition,
06:11c'est que de la finition.
06:12Ça ne changera en rien la qualité du couteau.
06:14La qualité initiale du couteau et finale du couteau,
06:18c'est la forge.
06:19C'est tout ce que je vais faire à la forge.
06:21Mais pour arriver à faire une lame lisse comme ça
06:25et brillante comme ça,
06:26qu'est-ce qui se passe ?
06:27Alors, anciennement,
06:28ils utilisaient des polissoirs à la main.
06:31Oui.
06:32Donc, c'était les polisseurs.
06:32En fait, dans une taillondrie,
06:34il faut partir du principe que ça s'appelait une taillondrie,
06:37mais c'était comme si on disait une usine.
06:39Il y a 15 corps de métier qui travaillent,
06:40qui sont différents.
06:42Ah oui.
06:42Il y a celui qui est le forgeron,
06:44c'est celui qui forge.
06:45Oui.
06:46Il est taillant des lames.
06:47Après, il va y avoir le polisseur.
06:50Pour polir une lame,
06:51une lame d'épée, par exemple,
06:53ils font en moyenne trois semaines
06:55parce qu'ils polient à la main.
06:57Ils polient avec des...
06:58Alors, ils avaient des papiers de verre
07:01qui étaient faits sur du tissu
07:02avec des graviers et des sables
07:04de plus en plus fins
07:05qui étaient collés dessus.
07:06et donc, ils travaillent à genoux
07:08ou assis dans l'eau quasiment en permanence
07:10pour éviter les frottements et la chaleur.
07:13Et donc, ils polissent.
07:14Mais c'est trois semaines de polissage.
07:15Aujourd'hui, il y a très peu de polisseurs à la main.
07:17Ça existe encore.
07:19Il faut compter à peu près 4000 euros
07:20pour faire polir une lame à la main.
07:22Et c'est tous les étapes,
07:23c'est vous qui font ?
07:24Alors, aujourd'hui,
07:25on utilise des machines
07:26qui remplacent en fait des personnes.
07:29En fonction des grains
07:31qu'on va utiliser de pâte à polir,
07:34le rendu ne sera pas le même.
07:37Donc, il y a le polisseur,
07:38il y a celui qui va faire les cuirs,
07:39celui qui va faire les fourreaux,
07:41il y a celui qui va faire les gardes,
07:42les montages.
07:43Donc, en fait,
07:44il y a une quinzaine de personnes
07:45qui travaillent avec des corps de métier
07:47qu'on prend différents.
07:48Pour faire ça à la fin ?
07:50Pour faire...
07:50Là, là-dessus, en fait,
07:52il y aurait...
07:52Si on part du principe,
07:54le forgeron, il va forger.
07:56Il va arriver à ça.
07:58Oui.
07:58D'accord ?
07:58Là, il va le passer au polisseur
08:01qui, lui,
08:02va commencer à sortir ça
08:04et la lame polie.
08:06Et après, il va y avoir le monteur.
08:07Oui.
08:08Le monteur, il va faire le manche,
08:09il va faire le montage.
08:11Et après, il y a l'affûteur.
08:12D'accord.
08:13Ah oui, bien sûr.
08:14Donc, on est à 5 corps.
08:15Pour que ça coupe le plus possible,
08:17l'affûteur, affûté.
08:18Donc, il y a 5 corps de métier
08:20déjà sur un tout petit couteau.
08:21Enfin, sur un couteau relativement simple.
08:23Mais c'est vous qui...
08:24Mais c'est moi qui fais.
08:25C'est tout.
08:26Vous en place, tout le monde.
08:27Toutes les étapes.
08:27Avec l'aide des machines.
08:29Oui.
08:29Et vous avez un petit peu plus de temps.
08:32Alors, en fait,
08:34c'est plus rapide de nos jours qu'avant
08:36parce qu'on a les machines.
08:37Oui.
08:38Un polissage.
08:39En fait, quand on va forger tout à l'heure,
08:41pour arriver à ça,
08:43il me faut un quart d'heure.
08:44Ah oui.
08:45D'accord.
08:45Et pour faire...
08:47C'est à peu près le même temps.
08:48Et faire du sein comme ça aussi ?
08:50Alors, ça, c'était fait soit à la lime.
08:53C'est pareil.
08:54C'est un monsieur qui était spécialisé
08:55dans le guillochage.
08:56Ça s'appelle le guillochage.
08:57Donc ça, il me faut un quart d'heure.
08:58Pour passer de là à là,
09:00il me faut 4 heures.
09:01Ah oui, quand même.
09:02Je mets plus de temps
09:03à faire tout le polissage,
09:05le montage, l'affûtage et autres
09:07que de forger la lame.
09:09Combien de coups de marteau
09:10pour une lame ?
09:11Pour une lame,
09:12pour faire un comparatif,
09:14une pointe de flèche,
09:16c'est à peu près 380 coups de marteau.
09:18Ah !
09:19Ça a l'air de rien.
09:20Ça, pour une flèche
09:20style Robin des Bois, quoi.
09:22Voilà.
09:22C'est à peu près 350
09:24à 380 coups de marteau.
09:26D'accord ?
09:26Pour un couteau comme ça,
09:28c'est environ 2500.
09:29Mais récupérer, alors, du coup...
09:31Alors oui.
09:31Alors, voilà.
09:32Le fait de faire de la récupération,
09:34ça a toujours été
09:35dans tous les siècles.
09:37Le fait de consommer,
09:38c'est après la Seconde Guerre mondiale.
09:40D'accord.
09:41Voilà.
09:41Donc, ça veut dire qu'autrefois,
09:43dès qu'il y avait une épée perdue,
09:44un morceau de ferraille haute,
09:46on le récupérait ?
09:46On le récupère tout.
09:47À la fin des batailles,
09:49il faut savoir que l'armée
09:50qui avait remporté la victoire,
09:52on ne laisse que les corps nus
09:53sur les champs de bataille.
09:55On récupère les vêtements,
09:56les bottes, tout.
09:57Parce qu'une chemise,
09:58ça coûtait cher
09:59de fabriquer une chemise.
10:01Une arme,
10:01on n'allait pas la laisser.
10:03Il faut savoir que,
10:04pour donner des comparatifs,
10:06jusqu'au 15e siècle,
10:08l'assiette coûte 5 fois plus cher que l'or
10:10est 40 fois plus cher que l'argent.
10:12Pourquoi ?
10:12Parce qu'avec de l'acier,
10:13on fait des armes.
10:13Avec des armes,
10:14on fait la guerre.
10:16Avec la guerre,
10:16on a le pouvoir.
10:17Ça n'a pas changé.
10:18D'accord.
10:19Donc, ça coûtait excessivement cher.
10:20Là, la cote de maille qui est à côté,
10:23une cote de maille au 14e siècle,
10:25on a ça dans le comté de Turenne,
10:26il fallait deux ans
10:27pour faire une cote de maille entière
10:29et ça coûtait 23 vaches.
10:30Juste pour les flèches là que je vois,
10:33elles n'ont pas la même,
10:35je ne vais pas dire utilité,
10:36parce que je n'aime pas le mot.
10:37Pas la même forme
10:38et pas la même utilité.
10:38Ça, ce n'est pas terrible.
10:40Alors ça, si, c'est terrible.
10:41Oui, mais j'imagine bien.
10:43Voilà, ça rentre,
10:44ça ne sort pas.
10:44Mais on la récupère toujours.
10:47Oui, mais ça,
10:47je ne veux pas savoir comment.
10:48Ah ben,
10:50ça fait partie de la vie.
10:51En fait, ça,
10:52c'est les Gaulois
10:52qui ont inventé
10:53cette pointe de flèche.
10:54Alors, les ancêtres,
10:56ce n'est pas très cool, ça.
10:57Non, c'est l'ancêtre métallique
10:58du harpon.
10:59D'accord, ça,
11:00c'est pour harponner les Romains.
11:01Alors, c'était pour le gibier.
11:02Alors, à l'origine,
11:03c'est pour le gibier.
11:04Le gibier.
11:05Le Romain,
11:05c'est une sorte de gibier.
11:07Exactement.
11:07Alors, ce que tu dis,
11:09c'est tout à fait vrai.
11:10On en a trouvé énormément
11:12sur le site de bataille
11:13de la bataille d'Alesia.
11:14Ah, intéressant.
11:14Donc, on sait que
11:15ils chassaient le changuilier.
11:16Ils chassaient le Romain
11:18avec ça.
11:19Donc, tu imagines un peu
11:21la pointe de flèche.
11:22Moyen.
11:23Alors, en fait,
11:23on récupère tout.
11:24Alors, dans les films,
11:26on va nous montrer
11:27parce que c'était un montage
11:28avec un bois.
11:29Et donc, dans le film,
11:30on tire le bois
11:31et on tire la flèche.
11:32Ça, ça n'existe pas.
11:33Si tu tires le bois,
11:35tu vas enlever le bois
11:35mais la pointe de flèche
11:36va rester à l'intérieur.
11:38Donc, il fallait pousser,
11:39transpercer.
11:40Et une fois,
11:41voilà, il fallait sortir
11:42de l'autre côté.
11:43On enlève la pointe de flèche
11:45métallique
11:45et après, on tire le bois.
11:47Et il fallait attendre
11:47une semaine
11:48pour savoir si la personne
11:49allait survivre
11:50à une blessure
11:51de pointe de flèche
11:52parce que si jamais
11:53elle touchait un os
11:54et que la moelle de l'os
11:56rentre dans le sang,
11:57il mourrait.
11:58Il mettait une semaine
11:59pour mourir.
11:59Mais John Rambo,
12:00il désinfecte tout ça,
12:01il met le feu
12:01et tout est bon.
12:03Extraordinaire.
12:04Celle-là ?
12:05Celle-là, c'est une feuille de saule.
12:06C'est une flèche classique
12:07pour la chasse.
12:08D'accord.
12:09Ça, c'est une gentille.
12:10Oui, ça, c'est une gentille.
12:10C'est une gentille
12:11contre les Romains.
12:12Voilà, comme celle-là.
12:13Ce n'est pas la même forme
12:14mais c'est le même principe.
12:15Ça, c'est joli.
12:16Oui, c'est...
12:17Alors, il s'inspirait...
12:18Celle-là, elle est sympa.
12:19Ça, c'est pour la chasse.
12:20Voilà.
12:20Il s'inspirait beaucoup...
12:21Ah, les deux.
12:22Il s'inspirait beaucoup
12:23de formes de feuilles.
12:24Alors, mais...
12:25Ah oui.
12:26Et ce n'est pas le même gibier ?
12:28Non, ce n'est pas le même fabricant.
12:30Ça, c'est le panoup-panoup
12:31et ça, c'est quoi ?
12:32Voilà, c'est ça.
12:32D'accord.
12:33C'est le panoup non plus.
12:34Voilà, c'est le panoup tout seul.
12:35Ok, entendu.
12:36Et là, celle-là,
12:37c'est une pointe de flèche carrée.
12:39Ça s'appelle un passadou.
12:41C'était spécial pour les cotes de maille
12:42parce que si tu utilises...
12:44Donc, il y en avait
12:44qui avaient une utilité particulière.
12:46Ah, mais tout ton...
12:46C'est ça.
12:47Non, mais ça, c'est pour le gibier...
12:48Le gibier classique.
12:50Et puis, même le soldat.
12:51D'accord.
12:52Mais celle-là, c'est...
12:53Ça, c'est pour la cote de maille.
12:54Ben oui.
12:54Pourquoi ?
12:54Parce que si tu fais un essai...
12:56Oui, ben oui.
12:57Voilà.
12:58Et là, avec la puissance...
12:59Ah non, là, il a eu de la chance.
13:00Ah, ça s'est coincé.
13:01Non, alors en fait...
13:02Il a eu de la chance.
13:03Avec la puissance, tu vas rentrer.
13:05Tu vois ?
13:05Ah oui, merde.
13:06C'est vrai qu'il y a la puissance.
13:07Il y a la puissance.
13:08En fait, il faut savoir
13:09qu'une pointe de flèche,
13:10la vitesse, c'est environ 200 km heure.
13:13Et le pouvoir de pénétration d'une flèche,
13:15c'est entre 17 et 34 cm.
13:18Si tu utilises une pointe de flèche classique
13:20sur une cote de maille,
13:22en fait, tu ne vas jamais rentrer dedans.
13:23Il faut savoir que normalement...
13:24Alors toi, tu vas pouvoir
13:25parce que tu n'as pas de cheveux,
13:26mais il est impossible à quelqu'un...
13:30Je ne pourrais pas voir la tête que j'ai.
13:32Ben si, tu vas la voir.
13:33Les auditeurs doivent voir, moi non.
13:35En fait, tu peux le faire
13:38parce que tu n'as pas de cheveux.
13:39Ça va, c'est agréable.
13:40Tu mets ça à Natalia, je ne vais pas sortir.
13:42Non, puis tous tes cheveux
13:44vont se mélanger avec les anneaux.
13:46Et donc, ça va te faire une épilation gratuite.
13:49Pascal, est-ce que vous pouvez nous raconter
13:54si cette passadeau...
13:56Passadeau, oui.
13:57Passadeau, s'il rentre
13:58et jusqu'à quelle longueur
14:02et si elle peut tenir le pot ou pas ?
14:04Alors, en fait, si on prend une pointe de flèche,
14:07s'ils la jettent...
14:08Oh my God !
14:08Elle va rebondir.
14:10Vous nous avez dit tout à l'heure
14:11que ça va rentrer à 220 km heure.
14:13Alors, 220 km heure,
14:14ça fera exactement la même chose.
14:15D'accord.
14:16Pourquoi ?
14:16Parce qu'ici, sur l'arrête centrale,
14:19on va...
14:19En fait,
14:19l'épaisseur va diminuer sur les flancs.
14:24D'accord ?
14:24Oui, donc l'épaisseur,
14:25elle est là sur le ventre.
14:25L'épaisseur, elle est là
14:26et la forme d'une armure,
14:28en fait,
14:29elle n'est pas plate,
14:30elle est arrondie comme ça.
14:32Pourquoi ?
14:32Parce que ça va glisser sur l'armure.
14:34Donc, si je veux avoir l'attention
14:37de toucher quelqu'un,
14:38il faut que je l'attaque par le côté.
14:40Alors, c'est ce qu'on appelait
14:41toutes les...
14:42En fait,
14:42les faiblesses des armures.
14:43C'était dans les coups...
14:45Oui, dans les coups,
14:46d'où le crâne-cheval.
14:47Exactement, c'était les aisselles.
14:48Les lambrequins, c'est ça ?
14:49Oui, tout à fait.
14:50C'était les aisselles.
14:51Oui.
14:51Parce qu'en fait,
14:52quand ils soulevaient le bras,
14:53quand ils combattaient,
14:54en fait,
14:55ils ouvrent ici.
14:57Donc, du coup,
14:58ça faisait...
14:58Évidemment.
14:59C'était une faiblesse dans l'armure.
15:02Bien sûr.
15:02Alors que les armures
15:04étaient faites de telle manière
15:05qu'en fonction des époques,
15:07c'était tellement bien articulé,
15:08on ne pouvait même pas passer
15:10l'épaisseur d'un papier à cigarette
15:11entre les lames des armures.
15:13Tellement,
15:14elles sont super bien.
15:14Comment ça, les lames ?
15:15En fait,
15:17les armures étaient construites
15:19comme des queues des crevisses.
15:21D'accord.
15:21Si on veut utiliser le bras,
15:23les jambes et autres.
15:24J'ai compris.
15:24Et en fait,
15:25entre chaque partie de l'armure,
15:27c'est tellement bien fait
15:29qu'on ne peut pas insérer
15:30un papier de papier à cigarette.
15:32Tellement c'était fait.
15:33D'accord.
15:33Donc ça, évidemment,
15:34ça, c'est la fameuse armure
15:35des sans-gardes.
15:36Voilà, ça, c'est la fameuse
15:37des sans-gardes.
15:38Alors, pourquoi est-ce qu'il porte ça ?
15:39Il y a une utilité
15:40ou c'est uniquement de l'esthétisme ?
15:42Non, non, non.
15:42C'est une utilité.
15:43Parce que ça...
15:45Oui, c'est une utilité.
15:46Ah oui, oui.
15:46Mais contre quoi ?
15:48Contre déjà les coups de sabre,
15:50les fusils,
15:51alors les revolvers.
15:52On se bat encore
15:52aux coups de sabre ?
15:53Ah bah oui,
15:53les charges de cavalerie
15:55de Reichshoffen
15:55en 1870,
15:57ils se battent
15:58à coups de sabre.
15:58Bien sûr.
15:59Pistolet.
15:59En fait,
16:00il faut qu'une cuirasse,
16:02à l'époque de Napoléon III,
16:03il faut qu'une cuirasse,
16:05l'impact rentre,
16:06mais elle ne transperce pas.
16:08C'est-à-dire que
16:08sur les cuirasses du Second Empire,
16:10on tire un coup de pistolet
16:11sur la cuirasse,
16:12elle va s'enfoncer,
16:14mais la balle n'est pas
16:15assez puissante pour traverser.
16:16Comme un gilet pare-balles.
16:17Exactement.
16:18C'est le même principe.
16:19C'est l'ancêtre, en fait,
16:19du gilet pare-balles.
16:20Et sa configuration
16:22fait qu'à un moment donné,
16:24les coups de sabre
16:24vont glisser
16:25ou même les balles
16:27vont glisser.
16:27C'est ce qui est arrivé
16:28pendant la campagne d'Italie.
16:31Napoléon III
16:32étant sur le champ de bataille
16:33de Solferino,
16:34il a ses gardes avec lui.
16:35On voit, l'ennemi voit,
16:37ça brille,
16:39inévitablement.
16:40Ils sont à côté de lui,
16:41de l'empereur.
16:42Donc, il commence à tirer
16:43sur les sans-gardes.
16:44Un sans-garde
16:45va recevoir une balle
16:47dans la cuirasse.
16:48La balle va être déviée
16:49par la cuirasse.
16:51C'est Verli
16:51qui va être touchée
16:52par la balle.
16:53La cuirasse va dévier
16:55et elle va finir
16:55dans la jambe
16:56d'un sans-garde
16:57qui est à côté de lui.
16:59Mais la cuirasse n'a rien.
17:00Elle a juste eu un impact.
17:02Pascal,
17:03vous avez beaucoup
17:03des chapeaux
17:05Non, comment ça ?
17:06Une coiffe ?
17:06Oui, j'ai beaucoup de coiffe.
17:08Oui, voilà.
17:09Ça s'appelle comme ça ?
17:10Et vous portez ?
17:11Oui, je les porte.
17:12Voilà.
17:12Donc ça, c'est une bourguignotte.
17:14La bourguignotte,
17:15on la voit à partir
17:15de 1570.
17:17Alors, la différence,
17:18c'est qu'en fait,
17:19c'est par rapport
17:19au ventail
17:20qui est accroché derrière
17:22et on l'enlève.
17:23Alors que ça coûtait moins cher
17:25à faire en plusieurs parties
17:27que de faire en une seule partie
17:28comme beaucoup
17:29de casques de l'époque.
17:31Donc ça, 1570.
17:33Et alors, il faut beaucoup
17:35de couleurs pour identifier aussi
17:36parce que quand c'est fermé,
17:39on ne voit pas qui c'est
17:40à l'intérieur.
17:40Donc, il faut les couleurs,
17:42des plumes de couleurs
17:43pour savoir qui est qui.
17:45Là, il y a une anecdote
17:45par rapport
17:47aux plumes d'autruche blanches.
17:49Puisqu'on est en 1570,
17:51on est à l'époque
17:51d'Henri IV.
17:53Et donc,
17:53il y a cette fameuse phrase
17:55« ralliez-vous à mon pannage blanc »
17:57qui n'a jamais existé
17:58dans l'absolu.
17:59Ça, c'est jamais dit ?
18:00Non, en fait,
18:01c'est son poète,
18:02voilà,
18:03Agrippa de Bigné,
18:03qui a, en fait,
18:04pour enjoliver un peu
18:06l'histoire d'Henri IV,
18:07a créé cette maxime.
18:08Par contre,
18:09ce qui va être intéressant,
18:10en fait,
18:11c'est ce qu'elle va donner
18:11dans l'histoire,
18:13puisque les nobles
18:14qui se sont ralliés
18:15à Henri IV
18:17arboraient un panache blanc,
18:18d'accord ?
18:19En autruche et autres.
18:20Si bien que ça va perdurer
18:21jusqu'à la Révolution française.
18:23D'où la cocarde blanche.
18:24La cocarde blanche
18:25et les plumées blanches
18:26pour les officiers.
18:28Et les petits...
18:29Alors, les abeilles,
18:30en fait,
18:31là, c'est une personnalisation.
18:32C'est la mienne.
18:33Donc, du coup,
18:33je l'ai personnalisé
18:34avec plein de symboles
18:35qui vont être
18:36par rapport à moi.
18:37Ce que faisaient anciennement
18:38les princes ou autres.
18:40En fonction de ce qu'ils aimaient,
18:42de leurs attirances,
18:43de leurs plaisirs,
18:44de leurs désirs.
18:44Et pourquoi vous avez choisi...
18:46L'abeille ?
18:46Parce qu'en fait,
18:48l'abeille,
18:48moi, j'aime bien
18:48la symbolique de l'abeille.
18:50C'est la protection.
18:51C'est la protection des autres.
18:53Donc, ça, j'aime bien.
18:54C'est le symbole de Charlemagne.
18:55C'est ça.
18:56C'est le symbole de Charlemagne.
18:57De l'Empereur Napoléon Ier.
18:58Voilà.
18:58Donc, on va la réutiliser
19:00pendant très longtemps.
19:01Mais on la voit
19:02dans les premiers temps
19:02avec les Égyptiens.
19:04Celui que je vais préférer,
19:06en fait,
19:06c'est celui-là.
19:06Celui de l'Empereur Napoléon III ?
19:07Non ?
19:08Ah non.
19:08Non, c'est celui-là.
19:09J'aime bien Chaco.
19:10Donc, ça, Chaco,
19:11alors on en parle...
19:12Premier empire.
19:13D'accord.
19:13Premier empire, oui,
19:14mais porté par...
19:15Alors, celui-là,
19:16c'est pareil.
19:17En fait, j'ai un personnage
19:18par rapport à tout à l'heure.
19:20Mon personnage
19:21étant de Suède à l'origine,
19:22en fait, je fais voyager
19:23mon personnage
19:24dans différentes histoires.
19:25Oui.
19:26Et donc, j'essaye toujours
19:27d'avoir un personnage
19:28qui ait plein de symboles
19:30par rapport à ça
19:32et qui soit richement
19:33puisqu'en fait,
19:34mon aïeul étant le bâtard
19:36du roi Frédéric Ier de Suède.
19:38Oui.
19:38Donc, du coup,
19:39j'essaye de le faire véhiculer
19:40avec des ornements
19:42et des uniformes
19:43qui sortent un peu de l'ordinaire.
19:44Ça vous embête de l'essayer ?
19:46Non.
19:48Non, ça ne m'embête pas.
19:50Voilà.
19:51Donc, chaco ?
19:52Donc, c'est un chaco.
19:53Oui.
19:53Alors, ça, c'est pour l'attacher,
19:55en fait,
19:56quand il l'avait sur la tête.
19:58Voilà.
20:00Voilà.
20:01On met ça derrière.
20:02Hop.
20:03Et on vient le remettre
20:05autour du cou
20:05parce que si jamais,
20:07à cheval,
20:07il le perdait
20:09pour des raisons
20:10x, y ou autre,
20:11en fait, le chaco tombait
20:12mais il restait attaché
20:13autour du cou.
20:14Est-ce que je trouve juste ?
20:16Ah, ça va.
20:17Je voulais...
20:18Non, ce n'est pas super lourd.
20:19Non, non.
20:19Mais quand même...
20:20Ce n'est pas super lourd.
20:21Par contre,
20:22c'est contraignant,
20:23en fait,
20:23quand on le porte
20:24parce qu'on a 70 cm
20:27en plus
20:27au-dessus de la tête.
20:29Donc, je fais 1,76 m,
20:30je suis à 2,46 m
20:32à cheval
20:32au-dessus de moi.
20:33Donc, ce n'est pas
20:34le plus embêtant.
20:36Après, il y a celui-là
20:37qui est la reproduction
20:39du casque de Napoléon Ier.
20:42Donc, l'original
20:43est conservé...
20:44Pardon ?
20:44Ça, de Napoléon Ier ?
20:45Oui, Napoléon Ier.
20:46Il ne l'a porté
20:47qu'une seule fois.
20:48On ne l'a jamais vu avec.
20:49L'original est conservé
20:50au musée de la Légion d'honneur
20:51à Paris.
20:52En fait, il s'était aperçu,
20:54Napoléon Ier,
20:55il s'était aperçu
20:55que les gens tiraient
20:58sur les maréchaux,
20:58les généraux.
20:59Oui.
20:59Donc, il s'est dit
21:00pourquoi pas,
21:01parce qu'il y a les cuirassiers,
21:03autant utiliser un casque
21:04et une cuirasse
21:05pour les hautes dignitaires
21:06de l'Empire.
21:07Donc, il en avait fait deux,
21:09une pour lui
21:09et une pour Berthier.
21:11Il les a portés
21:12au traité de Tilsit
21:13en 1807
21:14dans la tente.
21:15Et en fait,
21:16tous ces maréchaux
21:17se sont un peu moqués de lui
21:18et lui ont dit
21:19mais on ne va jamais
21:20vous reconnaître.
21:21Tout le monde avait l'habitude
21:22de le voir
21:22avec son bicorne
21:23et autres.
21:24Donc, ils ont dit
21:25non, non,
21:25il ne faut surtout pas la mettre.
21:26Donc, il ne l'a jamais porté.
21:27C'est Berthier
21:27qui l'a récupéré après.
21:29Et ça, c'est Napoléon III ?
21:30Ça, c'est Napoléon III.
21:31C'est par rapport
21:32au casque des sans-gardes
21:33qu'on a vu tout à l'heure.
21:34Oui.
21:35En fait,
21:35c'est le premier modèle
21:36qu'on a connu.
21:37Il a été fabriqué
21:38à 12 exemplaires seulement
21:40parce que l'Empereur
21:41et l'Impératrice
21:42sont partis à Biarritz
21:43au mois de juillet 1854.
21:46Les sans-gardes
21:46ont été créés
21:47en mars 1854.
21:48Et donc,
21:49ils ont fait un essai
21:50avec les 12 sans-gardes
21:51qui étaient avec l'Empereur
21:52et l'Impératrice
21:53à Biarritz.
21:54Mais l'Empereur
21:55n'a pas apprécié le casque.
21:57Ça ressemblait trop
21:58aux Prussiens,
21:59aux Russes.
22:00Donc, du coup,
22:01il a été porté
22:02pendant deux mois.
22:03Après, il a disparu.
22:04On n'en connaît que trois.
22:06Les autres,
22:06on ne sait pas
22:07ce qu'ils ont disparu.
22:08Et donc,
22:09j'ai reproduit celui-là
22:10parce qu'en fait,
22:10personne ne le connaît.
22:12Pascal,
22:13j'étais toujours intéressant
22:14avant à voir ça.
22:18Oui.
22:19C'est pas grave.
22:19Vas-y.
22:20Tu peux la sortir du fourreau.
22:21Il était comment ?
22:23Vous,
22:23vous commencez par quoi ?
22:25Eh bien,
22:26quand on commence une épée,
22:27c'est une bonne question,
22:28Nathalia.
22:29En fait,
22:30quand on va commencer une épée,
22:31au départ,
22:32elle est comme ça.
22:33Waouh !
22:33Voilà.
22:34C'est un ancien outil.
22:36Ça s'appelle
22:36une dent de consquille.
22:37Ça servait à faire des sillons.
22:39D'accord ?
22:40Ça, c'est la première étape.
22:41La deuxième étape,
22:42il va falloir qu'on la redresse.
22:44Oui.
22:44Parce que là,
22:45je ne peux pas faire grand-chose.
22:46Voilà.
22:47On va la redresser.
22:48Et pourquoi est-ce que
22:49vous prenez ça, justement ?
22:50Alors, c'est un super acier.
22:51Il a servi pendant 50 ans.
22:53Comme il est en forme de S,
22:55il a fait ressort.
22:55Il n'a jamais cassé.
22:57Donc, c'est un super acier aussi lisse.
22:58D'accord.
22:59Donc, ça, c'est vraiment...
23:00Ça veut dire que celui-là,
23:01comme l'histoire des petites lames,
23:02si on le passe...
23:03C'est le même principe.
23:04Très bien.
23:04On pourra faire un essai tout à l'heure.
23:06Tu verras.
23:08Et ça, pardon, Nathalia,
23:09ça, ça va servir à faire
23:11aussi bien ça
23:11que les autres épées ?
23:13Oui.
23:13Ah, OK.
23:13Ça peut...
23:14Après,
23:15on aura des finitions différentes.
23:17Bien sûr.
23:18Mais sinon,
23:18c'est le même principe.
23:20Voilà.
23:21Alors, celle de Nathalia,
23:23c'est celle qu'elle préfère.
23:24Oui.
23:24C'est que vous avez fait.
23:25Ah oui ?
23:25Oui.
23:26Celle-là,
23:27c'est moi qui ai tout fait.
23:29Mais celle-là,
23:30elle est 16e, 17e.
23:32C'est ce qu'on appelle
23:33une épée forte de cavalerie.
23:36D'où la largeur de la lame.
23:38Elle ressemble à une rapière.
23:40On les voit en Espagne,
23:41jusqu'en 1740, 1750.
23:43Mais au début,
23:43quand elle était dans son fourreau,
23:44j'ai pensé que c'était une rapière.
23:45Voilà.
23:45Mais la rapière serait
23:46beaucoup plus fine.
23:47Oui.
23:48D'accord ?
23:48Alors que là,
23:48c'est une épée de cavalerie lourde.
23:50Donc, on est pour les cuirassiers.
23:52Tout à l'heure,
23:53j'ai montré...
23:55Voilà le début.
23:58Voilà le début.
23:58Et voilà la lame de l'épée.
24:00Très bien.
24:00C'est un modèle,
24:01on peut en avoir...
24:02Oui, bien sûr.
24:02Ça veut dire que c'est...
24:03Ça vient de là ?
24:04Oui, c'est un pièce.
24:05C'est une pièce.
24:06C'est une seule pièce.
24:07C'est pas collée...
24:07Non, on ne pourrait pas le souder.
24:10Parce que là où on ferait une soudure,
24:12il y aurait obligatoirement une fragilité.
24:13D'accord.
24:14Donc, on va redresser.
24:16C'est ce que j'ai fait.
24:17Donc, sur toute la longueur.
24:18Et après, on va forger
24:20pour écarter la lame.
24:22Pour créer la lame.
24:23Et combien...
24:24Eh bien, alors, sur une...
24:26Oui.
24:27Beaucoup de fois.
24:28C'est entre 70 et 80 000 coups de marteau.
24:31Et il faut entre...
24:32On ne va pas faire aujourd'hui.
24:33Entre 5 heures et 9 heures de forge.
24:35Ah, c'est sûr.
24:35C'est pas aujourd'hui.
24:36Non, on ne fait pas ça.
24:37Tu vois, pour me rentrer une idée dans la tête,
24:39il faut aussi...
24:40Voilà.
24:41Faut que tu me répètes souvent les choses.
24:42Tu vois, 70 000.
24:4470 000 fois.
24:45Là, c'est une épée à une main.
24:47À une main.
24:48Oui.
24:48Parce qu'on ne la tient qu'à une seule main.
24:50Ah.
24:50D'accord.
24:51Et l'autre, c'est avec deux ?
24:52Et l'autre, c'est à une main et demie.
24:53C'est pas à deux mains encore.
24:55Celle-là...
24:56Tiens, voilà.
24:57Celle-là, elle a une main.
24:58Non, vas-y.
24:58Et celle-là, elle va être à une main et demie.
25:01Je veux comprendre, c'est la demi.
25:04Voilà.
25:04Une main.
25:05Et maximum, c'est combien ?
25:06C'est quoi, c'est ça, la demi ?
25:07La demi, elle est à moitié sur la poignée et sur le pommeau.
25:10Ah oui, d'accord, entendu.
25:11Voilà.
25:12Combien ça pèse, le maximum ?
25:13Natalia !
25:15Donc, une épée va peser entre 900 grammes et 6 kilos pour les plus grosses,
25:20qui étaient les épées de l'Anse-Quenay,
25:21qui étaient des épées à deux mains, mais qui faisaient deux mètres de haut.
25:246 kilos ?
25:246 kilos, oui.
25:25C'était les plus grosses.
25:26Et pourquoi est-ce qu'il y a la différence ?
25:29La moyenne, les épées de l'Anse-Quenay, c'était pour casser les membres des chevaux,
25:33pour casser les jambes des chevaux et casser les lances.
25:36Elles ont des noms ?
25:39Les miennes ont des noms, oui.
25:41Autrefois, on leur donnait des noms ?
25:42Ah oui.
25:43Alors, sur les épées de chevaliers, sur les épées de personnages puissants,
25:48oui, exemple, on a Durandal, on a Joyeuse, qui était l'épée de Charlemagne.
25:53Donc, moi, ma forge s'appelle la forge d'Omas,
25:56parce qu'Omas, c'était le nom de l'épée de l'archevêque Turpin.
26:00Les gens, elles font quoi ? Juste pour décorer ?
26:04Alors non, justement.
26:06Si la personne veut décorer sa maison en disant, tiens, je mets une épée sur le mur,
26:10il y en a plein sur Internet, ce n'est pas moi.
26:12D'accord.
26:13Moi, c'est obligatoirement lié à l'aspect chevalerie,
26:18puisque l'épée symbolise la justice, il faut que la personne soit juste.
26:22Et en fait, ça représente qui il est.
26:25Un peu comme le principe des académiciens.
26:27Une épée d'académicien, c'est sa vie qui est représentée au travers d'une épée.
26:31Là, c'est la même chose. C'est le même principe.
26:33Et combien par an vous faites ?
26:36Des fois, j'en fais zéro dans l'année, et puis l'année suivante, je vais en faire deux.
26:40Pascal, je touche, déjà, et elle n'est pas très...
26:43Alors, parce que tu ne touches pas au bon endroit.
26:45Ah bon ?
26:46Parce que si tu touches ici, elle va être affûtée.
26:51Alors, en fait, il y a différents endroits où on va affûter la lame.
26:56On va l'affûter sur cette partie-là, sur le milieu non, et sur l'avant.
27:00Pourquoi ? Parce que c'est en fonction des stocks ou de taille.
27:03Des stocks, c'est les coûts, c'est la pointe, et de taille, c'est les coûts.
27:08D'accord ?
27:08Si on fait des stocks, à ce moment-là, c'est la pointe.
27:11Donc là, la pointe est nécessairement affûtée.
27:13Ici, c'était pour couper les jarrets derrière les genoux.
27:17D'accord ?
27:18Et là, quand on tient une épée, en fait, on a la possibilité d'utiliser à différents...
27:23On peut l'attraper par la main, parce que je vais taper avec le pommeau.
27:27Mais si elle est affûtée, c'est un peu gênant.
27:31Et puis, les épées vont s'entrechoquer le plus souvent possible entre cette partie-là et là.
27:38Alors, les lames, il y a une histoire de vibration et de sonorité ?
27:42Oui.
27:43Et une histoire d'équilibre également ?
27:44Quand on va forger une épée, en fait, l'équilibre de l'épée, elle doit être...
27:49Il doit y avoir plus de poids à l'avant qu'à l'arrière.
27:53D'accord ?
27:54Mais pas trop non plus.
27:55On va prendre celle-là, en fait.
27:57On va regarder l'équilibre.
27:58Alors, l'équilibre doit être à peu près à 5 cm au niveau de la garde.
28:04Voilà.
28:05À peu près.
28:06Voilà.
28:07D'accord ?
28:07Ça, c'est l'équilibre.
28:08Pour que toutes les épées soient équilibrées comme ça, Nathalie.
28:10Alors, si j'ai une rapière, n'importe quelle épée, c'est toujours comme ça.
28:13Si elle est équilibrée, s'il y a trop de poids vers l'avant, en fait, c'est très inconfortable
28:18quand on la tient dans l'avant.
28:21À combattre, c'est super difficile parce qu'on va prendre, en fait, tout le poids va être...
28:25On va forcer sur l'avant-bras.
28:27Alors, si tout le poids est à l'arrière, donc dans la poignée, en fait, on ne sent pas la
28:31force des coups.
28:33Donc, il faut juste avoir ces 5 cm qui vont être à peu près au niveau de la garde.
28:37Et la sonorité, par rapport à la question, en fait, c'est super important parce que la sonorité qui va...
28:44Donc, on va trouver l'équilibre.
28:45Voilà.
28:48On doit se rapprocher le plus possible du La parce que ça va déterminer si on a forgé correctement sur
28:54toute la longueur de la lame.
29:04Pascal, qu'est-ce que j'ai remarqué que vous... Je ne sais pas.
29:07Oui, oui.
29:07Vous faites tic, tic, tic et après...
29:10À côté.
29:10À côté.
29:11Voilà.
29:11En fait, quand je vais forger, là, je vais forger et après, je vais tourner ma pièce, d'accord ?
29:21Mais je suis obligé d'arrêter de forger.
29:23Si je fais ça, comme ça, en fait, je prends toute l'onde de choc dans l'avant-bras.
29:28Donc, en fait, je tourne ma pièce, je laisse rebondir et après, je reforge.
29:31D'accord.
29:32C'est pour se reposer, en fait.
29:34C'est pour se reposer, d'accord.
29:36Oh my God !
29:40Mes amis ?
29:45Ça marche ou pas ?
29:48Il faut regarder.
29:50Non, ça marche pas.
29:53Non, ça marche un petit peu, non ?
29:55Je crois.
29:57Oui, ça marche un petit peu.
30:04C'est tout.
30:05Il faut vous remettre à chauffer.
30:07Ouh !
30:08C'est chaud.
30:10C'est chaud, hein ?
30:33Moi, en moyenne, quand je forge une épée, je bois à peu près un litre et demi d'eau par
30:39heure.
30:40Ah oui.
30:42En fait, je transpire énormément.
30:44Alors, en fait, pourquoi boit-on ?
30:46C'est pour deux raisons.
30:47La première, on doit transpirer, c'est pour se protéger de la chaleur.
30:50Oui.
30:51Parce que le fait de transpirer, en fait, on dégage de l'eau, de la vapeur d'eau, et on
30:55va se protéger de la chaleur.
30:56Oui.
30:56La deuxième raison, il faut hydrater les muscles.
30:59Parce que, vous avez vu, c'est hyper violent.
31:01Oui.
31:02D'accord ?
31:02Donc, c'est pour éviter d'avoir des tendinites, pour éviter d'avoir des crampes dans les muscles, on va
31:08boire énormément.
31:10Voilà, ça, c'est obligatoire.
31:12Pascal, comme ça, je vous propose peut-être, Elia, un verre d'eau.
31:16On ne peut parler tranquillement.
31:18On va aller boire un verre d'eau, oui.
31:19C'est ça.
31:19Ça va faire du bien pour tout le monde.
31:21C'est ça.
31:21Pourquoi un ?
31:23Allez, des verres d'eau.
31:24Allez, hop.
31:25Pascal, comme on dit, qui a bien travaillé, il mange bien.
31:29Chez vous, pour vous, c'est qui a bien travaillé, on boit bien.
31:34On est en France, hein.
31:35Mais monsieur, il n'a pas travaillé, juste.
31:37T'as un problème ?
31:40J'ai trouvé ça.
31:41Tiens, tu veux rire ?
31:42Ça ne marche pas, ça ?
31:43Si, ça fonctionne bien.
31:44Tiens, ça fonctionne bien.
31:46J'ai trouvé ça, là, moi, en passant, là, chez Pascal.
31:49Tu nous dis ce que c'est, d'ailleurs, Pascal, au passage ?
31:51C'est un pistolet réglementaire modèle 1733.
31:55Voilà, c'est le premier pistolet réglementaire français.
31:59T'as encore un problème, Nathalie ?
32:02Contrer ça, ça ne marche pas.
32:05Je remarque, Nathalie, je vous fais remarquer que je ne bois que de l'eau, quand je forge.
32:10Oui.
32:11Heureusement.
32:12Heureusement.
32:13Oui, ça, je vais croire.
32:15Comment est venue cette passion ?
32:17En fait, depuis très longtemps, je suis né dans l'histoire.
32:20Papa était architecte et décorateur et maman était antiquaire.
32:24Donc, en fait, très vite, à la maison, on avait plein d'objets historiques, que ce soit des meubles, des
32:28tableaux, des armes anciennes et autres.
32:31Voilà.
32:31Et très vite, je me suis intéressé aux armes anciennes.
32:34Et en fait, ce qui m'intéressait, dans les armes anciennes, il y a toujours des poinçons de fabrication.
32:40Et ça permettait d'identifier, en fonction des poinçons que l'on avait, ça permet d'identifier le fabricant, le
32:47contrôleur.
32:48Et donc, c'était le côté humain de l'arme.
32:51Ce n'était pas l'arme en elle-même qui m'intéressait.
32:53Mais ça, c'est une reproduction.
32:54Oui, c'est une reproduction.
32:56Et ce n'était pas l'arme qui m'intéressait pour faire la guerre.
32:59C'était savoir qui l'avait fait.
33:00L'histoire.
33:00Et après, ça permettait de chercher qui avait été le contrôleur dans la manufacture, de telle à telle époque et
33:05autres.
33:06Et ça, ça m'intéressait.
33:07Quand j'étais jeune, quand j'avais 12 ans, on habitait Paris avec mes parents.
33:11Et papa, à l'époque, il n'y a pas tous les logiciels d'aujourd'hui pour faire des dessins
33:16d'architecture et autres.
33:17Donc, il allait au Louvre et il dessinait des éléments qui lui serviraient pour son architecture, pour construire.
33:25Pendant ce temps-là, moi, je m'amusais dans le Louvre.
33:28Pendant que papa dessinait, je me promenais dans le Louvre.
33:30Et à l'époque, il y avait une exposition sur la Grèce antique.
33:35Et dans des vitrines, il y avait des épées en bronze grecque.
33:38Et moi, ce qui m'intéressait, j'aurais aimé qu'elles me parlent pour qu'elles me racontent leur histoire.
33:42Ce qui m'intéressait, ce n'était pas l'arme qui m'intéressait.
33:44C'est que j'aurais voulu savoir dans quelle main elles avaient été, qui elles avaient rencontré, ce qu'elles
33:48avaient fait, machin.
33:49Bon, c'était un peu délirant, mais en fait, c'était ça.
33:51C'est pour ça que j'ai voulu faire des armes plus tard, quand j'ai eu l'occasion.
33:55Parce que quand on fabrique une arme, et en l'occurrence des épées,
33:58eh bien, on fabrique une arme pour quelqu'un.
34:01Créer votre histoire.
34:03Et elle crée son histoire.
34:04En fait, chacun, quand les gens m'achètent un couteau ou une épée,
34:07en fait, ils créent leur histoire.
34:09Le fait de fabriquer une épée ou un couteau pour quelqu'un,
34:12ça permet de rencontrer des gens qu'on ne rencontrerait pas autrement.
34:15Et ça permet de connaître leur histoire.
34:17Donc ça, c'est ce qui m'intéresse.
34:20Un jour, je suis allé forger à Jersey.
34:23On m'invite à Jersey pour le 800e anniversaire de l'indépendance de Jersey.
34:28J'étais le seul forgeron français là-bas.
34:31Et puis, quand on forge une épée, il y a deux options.
34:34La première option, on la forge pour quelqu'un.
34:36La deuxième option, on se lève, on se dit, il faut forger une épée.
34:41On sait juste que c'est pour une femme ou pour un homme.
34:43Mais on ne sait pas qui exactement.
34:46Et donc, à Jersey, je savais qu'il fallait que je forge une épée pour une femme.
34:51Mais je ne savais pas qui.
34:53Donc, j'ai passé ma journée à forger une épée.
34:56Et donc, je ne savais pas à qui elle allait aller.
34:59J'ai gardé cette lame d'épée pendant 18 ans.
35:02Ouh là !
35:03Pendant 18 ans, j'ai traîné cette lame d'épée
35:06parce que je ne rencontrais pas, en fait,
35:08la personne qui était liée à cette lame d'épée.
35:12Et au bout de 18 ans, je rencontre quelqu'un, une femme.
35:16Et on commence à discuter de son histoire.
35:18Et en fait, la date, et Jersey était importante,
35:22elle était là, le jour où j'ai forgé sa lame d'épée.
35:26Mais je ne le savais pas, je ne la connaissais pas.
35:27Incroyable !
35:28Et je l'ai gardé 18 ans.
35:30On s'est rencontrés 18 ans après, comme ça.
35:32Alors, il n'y a jamais de hasard.
35:34Et donc, je savais que j'avais forgé sa lame d'épée
35:35sans savoir qu'elle était là.
35:36Et vous êtes toujours en contact ?
35:37Oui, toujours.
35:38C'est amusant, ça.
35:39Alors, mon cher Pascal, on peut peut-être donner,
35:41ça serait bien de donner pour nos auditeurs.
35:44Et j'ai un Instagram, Pascal Turpin.
35:47Et donc là, on trouve facilement mon Instagram.
35:50Et c'est très intéressant, je vous conseille.
35:52Ah oui, c'est passionnant de voir ça, de toute façon.
35:54Et puis toutes ces collections,
35:56et de rencontrer le personnage.
35:57C'est un personnage, Pascal.
35:59Et ça a permis aussi à Nathalia
36:00de forger son premier couteau.
36:02Voilà.
36:03C'est magnifique.
36:04Je vais me méfier, maintenant.
36:06Maintenant, elle s'est donné des coups de marteau.
36:07Ouais, absolument.
36:08Elle s'est donné des coups de marteau, nous.
36:10Merci, Nathalia.
36:12Laurent, viens là.
36:14Je dois te montrer quelque chose.
36:16Oui, non mais...
36:16Non mais...
36:17Non mais...
36:17Non mais...
36:18Non mais...
36:19Non mais...
36:19Nathalia, on se calme.
36:20On se calme.
36:21Non mais...
36:22Non mais dis donc.
36:23Et on se calme.
36:24Non mais c'est bon, là.
36:25Non mais c'est bon, là.
36:26Je te promets.
36:26Je ne voulais pas te faire mal.
36:28Tu veux rien, oui ?
36:30Non mais démarrer.
36:30Non mais...
36:31Non !
36:31Sous-titrage Société Radio-Canada
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